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Recommandations d’avril : livres adaptés en série télé

Recommandations d’avril : livres adaptés en série télé

En ce moment, l’actualité brûlante, c’est Game of Thrones ! Mais notre saga favorite est loin d’être la seule à avoir fait l’objet d’une adaptation télévisuelle. Aujourd’hui, dans le cadre de nos recommandations mensuelles, quelques uns de nos membres vous proposent des livres qui leur ont particulièrement plu et qui ont fait l’objet d’adaptation en série télé.

American Gods de Neil Gaiman

Couverture de l’édition augmentée (VO) d’American Gods de Neil Gaiman.

Ombre sort de prison après le décès de sa femme (qui le trompait avec son meilleur ami) et rencontre Voyageur (Wednesday en VO), un drôle de borgne qui semble vouloir l’entraîner sur les routes. Sans le savoir, Ombre met les pieds dans un conflit qui oppose les anciens dieux importés par les colons ou révérés par les natifs aux incarnations divines plus modernes que sont Média, Argent, etc. Le tout dans un road-trip façon Jack Kerouac où pointent noirceur (Thor s’est suicidé faute d’adeptes), et humour (des blagues sur des corbeaux, principalement).

Le récit, à la fois dynamique et complètement contemplatif du fait de son personnage un peu passif, constitue le portrait d’une Amérique faite de motels et de banlieues, mais aussi une belle lettre d’amour aux mythologies de toutes origines confondues, comme si cette pluralité était finalement universelle. On joue bientôt à cache-cache avec les personnages croisés par Ombre et Voyageur, dans une ambiance que je n’ai jamais retrouvée ailleurs. Neil Gaiman a le don des formules simples qui font mouche et des personnages attachants en deux répliques. L’univers construit par l’écrivain d’origine britannique s’étend d’ailleurs au-delà du récit principal : Ombre connaît d’autres aventures en Écosse (avec Le Monarque dans la Vallée, superbe ambiance) et en Angleterre (Le Dogue noir, récit façon Chien des Baskerville), tandis qu’Anansi Boys prolonge de manière plus légère les histoires de passation de pouvoir au propre comme au figuré chez les descendants du dieu farceur africain.

Mais alors, que vaut l’adaptation ? Bien que chapeautée par Gaiman en personne, pas grand chose selon moi. L’univers criard et putassier mis en place sur Starz est loin de la vision sobre et élégante que je m’étais forgée du récit, sans doute car il s’agissait du premier travail de Gaiman que je lisais sans avoir en tête son background fait de comics (entre autres). Je me suis arrêté au premier épisode, dérouté par les choix épileptiques de mise en scène et l’interprétation anti-charismatique du personnage principal. Dommage, car Ian McShane était plutôt convaincant en Voyageur, et pourtant cet acteur ne me revient pas habituellement.

Crys

Agatha Raisin de M. C. Beaton

Agatha Raisin enquête, tome 1 : La Quiche fatale (Editions Albin Michel)

Agatha Raisin enquête, tome 1 : La Quiche fatale, par M. C. Beaton (Editions Albin Michel)

Sur un coup de tête, Agatha Raisin, citadine pugnace et sans trop de scrupules, décide de quitter Londres pour une retraite anticipée dans un charmant village de la campagne anglaise. Mais la campagne est nettement moins paisible qu’on ne le croirait, et Agatha va vite se retrouver embarquée dans des enquêtes policières savoureuses.
Miss Marple d’aujourd’hui, Agatha Raisin est à la fois exaspérante et attendrissante, mais elle est surtout très drôle. La série de romans (28 parus à ce jour) se veut divertissante et sans prise de tête. Avec un premier titre comme Agatha Raisin enquête – La Quiche fatale on se doute bien qu’on n’est pas là pour se prendre au sérieux ^^. Agatha Raisin n’est pas de la grande littérature et n’a jamais prétendu l’être, mais pour une lecture détente de plage ou au coin du feu, rien de tel. Vite lu, vite oublié, mais entre temps, on s’amuse bien avec cette lecture légère et pleine d’entrain.

La série de livres fait l’objet d’une adaptation sur la télé britannique… mais je serais bien en peine de vous dire ce qu’elle vaut, je ne l’ai pas vue ^^. Mais j’imagine assez bien que les intrigues s’adaptent bien à une série sympatoche, qu’on ne va pas binge-watcher avec passion, mais qui doit être assez distrayante.

Nymphadora

Hannibal Lecter (la tétralogie) de Thomas Harris

Hannibal, par Thomas Harris (éditions Dell)

Hannibal, par Thomas Harris (éditions Dell)

Si le Silence des Agneaux est son roman le plus connu, Thomas Harris a en fait écrit une tétralogie dont le personnage récurrent est Hannibal Lecter, effrayant psychiatre psychopathe et cannibale, dont l’intelligence n’a d’égale que la cruauté. Le personnage est fascinant parce qu’il est aussi monstrueux qu’élégant, et étonnamment séduisant parfois. On se prend à être attiré par ce fou qui mange des humains certes, mais après les avoir cuisinés avec art et toujours accompagnés d’un bon vin.
La tétralogie dite d’Hannibal Lecter comporte quatre livres inégaux en qualité qui retracent la vie du psychopathe :

  • Hannibal Lecter : Les Origines du mal (Hannibal Rising, 2006)
  • Dragon Rouge (Red Dragon, 1981)
  • Le Silence des Agneaux (Silence of the Lambs, 1988)
  • Hannibal (Hannibal , 1999)
  • À titre personnel, je conseillerais les deux premiers écrits : Dragon Rouge et Le Silence des Agneaux. Et le second si vous ne deviez en lire qu’un. C’est à la fois un thriller psychologique, une histoire d’amour, un roman d’horreur, un polar. Ce bouquin vous tiendra en haleine, et souvent vous coupera l’appétit.
    La synopsis : alors que le FBI est pris en défaut par la recherche d’un tueur en série surnommé Buffalo Bill, Jack Crawford, directeur des sciences du comportement, charge une étudiante, Clarisse Starling, d’interroger Hannibal Lecter, alors emprisonné à vie pour de nombreux meurtres. Une relation étrange va alors se développer entre le meurtrier et la jeune femme, pendant que Buffalo Bill kidnappe une nouvelle victime.

    Dragon Rouge raconte l’histoire de Wiil Graham, profileur de génie, et de Jack Crawford lors de la poursuite du Dragon Rouge, tueur de familles entières les soirs de pleine lune. Will Graham va alors se diriger vers Hannibal Lecter, déjà interné. Ce livre est antérieur au Silence des Agneaux, et bien que la structure narrative soit sensiblement la même, se lit aussi d’une traite.

    Les deux autres m’ont moins passionnée, mais restent agréables pour qui veut en savoir plus sur le personnage d’Hannibal le Cannibale.

    Le Silence des Agneaux a été adapté d’abord en film (du même nom) par Jonathan Demme avec Anthony Hopkins et Jodie Foster. L’adaptation est magistrale, et Hopkins y campe un Hannibal Lecter parfait. La série télévisée Hannibal s’intéresse à la vie de Lecter avant son arrestation, alors qu’il commet ses crimes et lors de ses premières rencontres avec Will Graham. Étant très fan du Hannibal d’Hopkins, j’ai regardé la série avec une énorme appréhension, qui s’est vite muée en fascination étrange. Mads Mikkelsen y campe un Hannibal différent, mais terriblement fidèle aussi à l’Hannibal des livres : élégant, soigné, racé, courtois mais aussi monstrueux, cruel et abominable.
    Je vous conseille tout donc : les livres, le film, et la série. Bon appétit !

    Tomcat

    Erased (Boku dake ga Inai Machi) de Kei Sanbe

    Erased, tome 1, par Kei Sanbe (Editions Ki-oon)

    Erased, tome 1, par Kei Sanbe (Editions Ki-oon)

    2006. Le jeune Satoru Fujinama, 29 ans, est un mangaka (auteur de mangas ; pour ceux du fond, il s’agit du nom donné aux bandes-dessinées japonaises) sans grand succès, arrondissant ses fins de mois en travaillant comme livreur de pizzas. Il est désillusionné, introverti, relativement blasé par le cours de sa vie. Une particularité le démarque néanmoins : il possède une capacité innée, se déclenchant d’elle-même sans qu’il puisse la contrôler, le faisant revenir en arrière quelques instants avant qu’un drame ne survienne, jusqu’à ce qu’il trouve un moyen de l’empêcher. Il appelle ces phénomènes « Revival ».
    Un beau jour, un événement tragique et inattendu va ramener Satoru non pas quelques jours, mais 18 ans en arrière, lorsqu’il était encore un jeune écolier, dans la ville de son enfance où il va devoir défaire un drame survenu à l’époque, un drame qui avait affecté son école, et plus particulièrement ses camarades de classe… et ayant des répercussions dans son futur.

    Erased est un manga de Kei Sanbe paru entre le 4 juin 2012 et le 4 mars 2016, prépublié dans le magazine Young Ace. Il s’agit d’un thriller avec une petite touche de fantastique, bien que cet aspect ne soit présent qu’en filigrane, peu envahissant, subtil, et au final presque accessoire. La force de l’œuvre de Sanbe repose avant tout sur sa facette de drame, et sa puissance émotionnelle : à travers ce retour dans le temps du héros, et par conséquent cette introspection involontaire, le protagoniste et nous-mêmes serons témoins de nombreuses situations troublantes, déchirantes, émouvantes, abordant des sujets divers et variés tels que la violence parentale, le deuil, l’isolement social – et surtout, vis-à-vis du protagoniste, les rêves d’un individu et les désillusions qui s’ensuivent. Rarement du mélo, souvent très juste, un ton épuré et subtil. L’œuvre n’en fait jamais trop et sait trouver le ton juste, puissante ou légère selon la nécessité, mais sait également aborder le drame parfois sans fioriture.

    Erased, c’est huit tomes vraiment prenants de tension, de larmes, de joie, de peines ; bref, émotions garanties. La partie purement enquête peut se montrer parfois peu surprenante, voire assez prévisible, mais son importance est relativement moindre par rapport à tout ce qui l’entoure ; à se demander si le manque de surprise n’est pas intentionnel.

    Comme beaucoup de mangas, Erased a été adapté en 2016 par les studios A-1 Pictures en un « anime » (série d’animation japonaise) de 12 épisodes. L’adaptation est non seulement fidèle mais apporte une véritable valeur ajoutée grâce à sa direction artistique, sa musique prenante (notamment les chansons du générique d’intro, et du générique de fin, toutes deux fantastiques, surtout la seconde). La différence se fait légèrement sentir sur la fin, dans laquelle l’adaptation télévisée choisit de se passer d’une partie des derniers chapitres, amenant à une conclusion pouvant sembler plus facile et hâtive que dans son homologue papier. Mais nul doute que, manga ou anime, vous prendrez votre plaisir et serez émus à coup sûr. Une vraie bonne surprise.

    PS : J’étais initialement parti pour parler de Shingeki no Kyojin, connu aussi sous le nom de L’Attaque des Titans en France. Mais, devant la popularité de l’œuvre, je me suis dit qu’il serait plus intéressant de parler d’un manga qui a eu son petit succès à sa sortie mais dont on ne parle plus beaucoup. Malgré tout, n’hésitez pas à lire L’Attaque des Titans (ou regarder, bien que le manga soit en avance), vous ne regretterez pas. Et écoutez Tomcat, aussi. Le Silence des Agneaux, c’est bien. Film, livre, série, tout.

    Jean Neige

    Conclusion

    Nous espérons vous avoir fait découvrir de chouettes lectures ! N’hésitez pas à réagir, ou ajouter vos propres idées dans les commentaires. Et si vous n’avez pas trouvé votre bonheur ici, vous pouvez toujours retrouver les conseils des mois précédents dans l’annuaire de toutes les recommandations publiées sur le blog de la Garde de Nuit.

    Compte collectif de La Garde de Nuit.

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