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Accueil – Créations / Recommandations littéraires

Recommandations de juillet : invitation au voyage

Coucher de Soleil (crédits photo : Nymphadora)

En ce beau mois de juillet, la Garde de Nuit a décidé de se pencher sur le thème du voyage : que vous soyez en voyage et ayez besoin d’un livre pour vous occuper dans l’avion, le train, sur la plage… ou que vous soyez chez vous et rêviez de voyage, nous vous amenons avec nous dans des contrées lointaines !

En espérant que nos recommandations diverses et variées vous plairont !

Le Feuilleton d’Ulysse : La mythologie grecque en cent épisodes (2015), de Murielle Szac

Le feuilleton d'Ulysse par Murielle Szac, aux éditions Bayard Jeunesse

Le feuilleton d’Ulysse par Murielle Szac, aux éditions Bayard Jeunesse

Ulysse représente sans doute le premier voyageur de la littérature occidentale et reste une référence quand on parle d’errance. L’accès à L’Odyssée d’Homère est un peu ardu, surtout pour les enfants, mais ce serait dommage qu’ils passent à côté du cheval de Troie, des sirènes, de Pénélope et des prétendants, de Polyphème et de toutes les aventures qu’a connues le rusé (filou) Ulysse. Murielle Szac a rédigé un tome joliment illustré par Sébastien Thibault qui narre la vie d’Ulysse en feuilleton de deux à trois pages par histoire. Chaque épisode a un titre explicite, un « rappel des épisodes précédents » et une durée qui permet de lire ça avant de dormir. Ou du moins essayer, car attendez-vous à entendre des « Un de plus, s’il te plaît ». Avec cent histoires, cela va prendre pas mal de temps pour retourner à Ithaque.
Attention, tout de même, certains passages peuvent être un peu impressionnants avant le coucher pour des enfants de sept ans (les Atrides, c’est quand même assez éprouvant). Je pense qu’on peut leur lire dès cet âge et on peut espérer que quand ils seront plus grands, ils pourront d’eux-mêmes prendre le livre pour le relire en solitaire. Et eux aussi revivre les périples du roi d’Ithaque. Sans compter que le lecteur adulte aura plaisir à (re)découvrir les détails d’un voyage qu’il avait peut-être oubliés.
Si vous êtes fans, l’auteure a aussi publié des feuilletons de cent histoires sur Thésée et également sur Hermès.

R.Graymarch

Le Guide du voyageur galactique (The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy) (1978), de Douglas Adams

Le Guide du voyageur galactique par Douglas Adams aux éditions Folio SF

Le Guide du voyageur galactique par Douglas Adams aux éditions Folio SF

Ce livre plus qu’un peu loufoque, à l’humour un peu décalé à la fois dans le temps, début des années 80, et dans l’espace, en Grande-Bretagne, fait toujours mouche des décennies après sa sortie. H2G2, de son petit nom, est l’adaptation d’un feuilleton radiophonique anglais, suite de sketchs bien barrés dans un univers SF, limite les Monty Python dans l’espace. On suit le voyage rocambolesque d’Arthur Dent, un Terrien banlieusard qui, un bon matin, voit des bulldozers débarquer pour raser sa maison pour faire place à une autoroute, sans savoir que quelques heures plus tard, des soucoupes volantes vont raser la Terre pour faire place à une voie rapide hyperspatiale. Heureusement pour lui, un de ses potes est un routard de l’espace en rade sur Terre faute de vaisseau passant dans ce coin perdu, et il va l’emmener avec lui.
L’intrigue anecdotique qui fait se succéder les sketchs et les fréquentes digressions peut déstabiliser, mais si vous êtes fan d’humour un peu absurde et de bons jeux de mots, le tout mâtiné d’un peu de critique sociale, alors vous risquez de vous retrouver à vous marrer tout seul devant votre bouquin. Essayez-le, il est assez court et facile à lire. Si vous accrochez, il y a quatre « suites » Le Dernier Restaurant avant la fin du monde (1980), La Vie, l’Univers et le Reste (1982), Salut, et merci pour le poisson (1984) et Globalement inoffensive (1992). Cette curiosité a marqué la pop culture, et H2G2 a été adapté sous de nombreuses formes. Donc n’hésitez pas, d’autant que vous découvrirez la réponse à La Grande Question sur la vie, l’univers et le reste que tout le monde se pose.

Pandémie

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (2009), écrit par Jonas Jonasson

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire par Jonas JONASSON aux éditions Presse de la Cité

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire par Jonas JONASSON aux éditions Presse de la Cité

Allan Karlsson a cent ans aujourd’hui, la maison de retraite est en ébullition. Tout est prêt pour célébrer l’évènement, les notables et la presse locale sont là pour féliciter le vieil homme de la longévité dont il fait preuve. Allan, assis près de la fenêtre de sa chambre, se dit qu’il n’a pas envie de fêter son anniversaire avec des politiciens avides de publicité facile et Alice la Colère, l’irascible infirmière. Il met donc ses plus jolies charentaises, saute par la fenêtre (du rez-de-chaussée) et part à pied vers la gare la plus proche.
Allan va nous emmener dans une course folle autour de la Suède, au cours de laquelle il va rencontrer des personnages plus étranges et loufoques les uns que les autres. Il en profite pour nous raconter aussi le siècle qu’il a traversé en voyageant autour du monde.
Ce roman est à la fois un voyage dans le temps et l’espace, avec ce Forrest Gump centenaire, moins tragique mais très drôle et revigorant. Le livre de plage parfait : facile à lire, plein d’humour, mâtiné d’absurde mais pas idiot, sous de faux-airs de légèreté. De l’URSS aux États-Unis, à travers l’Himalaya, la Chine, Allan nous offre un tour du monde et du XXe siècle.
Vous vous demandez comment faire rentrer un éléphant dans un avion ? Vous voulez connaitre le secret de la bombe atomique ? Vous avez toujours rêvé de rencontrer le frère d’Albert Einstein ? Jetez-vous sur ce bouquin, bourré de références et de clins d’œil, qui s’arrange parfois avec l’Histoire pour nous raconter son histoire (rassurez-vous, nul besoin d’être historien pour repérer les faits imaginaires, ils sont gros comme… un éléphant dans un magasin de porcelaine).

Tomcat

Le Tour du Monde en quatre-vingts jours (1872), de Jules Verne

Le tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, aux éditions Le Livre de Poche

Le tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, aux éditions Le Livre de Poche

Il y a des Jules Verne qui ont marqué plus que d’autres la psyché collective. Le Tour du Monde en quatre-vingts jours fait partie de ceux-là. Pourquoi ? Probablement parce que c’est un roman qui a contribué à rétrécir le monde, à faire prendre conscience au grand public que l’on vivait sur une toute petite planète, et une planète que la technologie faisait rétrécir chaque jour un peu plus.
Mais pas seulement. Le Tour du Monde en quatre-vingts jours, c’est aussi, mine de rien, un très bon roman d’aventures, même si son twist final est scientifique. Ici, Jules Verne reste loin de la science-fiction ou de l’anticipation. Toutes les machines utilisées existent, tout est réaliste. Et on accroche quand même, et sûrement plus que dans d’autres voyages un peu trop extraordinaires pour certains publics.
Alors, qu’est-ce qui rend Le Tour du Monde en quatre-vingts jours toujours intéressant à lire aujourd’hui ?
Ses personnages, verniens en diable, monomaniaques et excessifs, et en même temps généreux, inventifs, astucieux, et loyaux en amitié. Des héros comme Phileas Fogg, gentleman anglais obsédé par l’exactitude, mais en même temps cinglé, capable de partir pour un tour du monde sur un coup de tête (mais en finissant sa partie de cartes avant, quand même), et tout cela juste pour la beauté du geste, et pour gagner un pari. Des personnages comme le domestique français Passepartout, astucieux et plein de ressources. Des personnages, aussi, comme la belle et sincère Mrs Aouda, l’un des rares véritables personnages féminins de Jules Verne. Rien que pour elle, Le Tour du Monde en quatre-vingts jours se démarque des autres Voyages Extraordinaires. Mais si ce roman touche aussi particulièrement le lecteur, c’est qu’il ne décrit pas un simple exploit géographico-scientifique, mais une vraie évolution dans la tête du personnage qui lance l’intrigue. Phileas Fogg, métronome humain au début, montre au fil du voyage de purs morceaux d’humanité, et est… assez différent, dans les dernières pages, de ce qu’il était au départ. Le Tour du Monde en quatre-vingts jours, c’est aussi ça : un voyage intérieur, discret, du personnage principal, qui en chemin trouve ce qui lui manquait. Et c’est bien ce qu’on demande aux voyages, finalement.

DNDM

La Cité des Anciens (2009-2013) de Robin Hobb

Les Cités des Anciens de Robin Hobb, aux éditions Pygmalion

Les Cités des Anciens de Robin Hobb, aux éditions Pygmalion

Cette saga se situe dans l’univers bien connu de l’auteur et s’intercale entre le deuxième et le troisième cycle de l’Assassin Royal, bien après les Aventuriers de la Mer. Constituée de huit tomes, la saga a été regroupée en deux intégrales en français, aux éditions J’ai Lu. Je sais que l’auteur ne remporte pas tous les suffrages parmi mes frères et sœurs de la Garde, mais en ce qui me concerne, je trouve son style agréable à lire et elle réussit à m’emmener dans son univers à chaque fois. Dans la Cité des Anciens, Robin Hobb nous emmène vers des contrées de plus en plus hostiles, sauvages et déroutantes… Mais je m’emporte, je dévie, mille excuses… Voici donc le résumé :

Alise Kincarron est une jeune femme issue d’une famille de Marchands de Terrilville. Ruinés mais notables et respectés, les Kincarron éprouvent des difficultés à relancer leur commerce.
Alise participe assez peu aux festivités et aux événements mondains dont raffolent les Marchands. Érudite, et de ce fait étrange aux yeux des siens, elle aime lire et peindre, elle se résigne à ne jamais se marier, et à rester à jamais dans la demeure familiale.
C’est avec méfiance et affolement qu’elle reçoit les avances et la demande en mariage du jeune Hest Finbok, un des jeunes Marchands les plus accomplis. Poussée par sa famille qui y voit l’espoir d’un regain dans les affaires, elle décide d’accéder au contrat – car chez les Marchands de Terrilville, un mariage est avant tout un contrat – et y ajoute une clause : un voyage.
En effet, selon les dernières nouvelles, des serpents des mers sont arrivés au désert des Pluies et, protégés par Tintaglia, ils sont prêts à éclore. Alise rêve d’assister à un tel événement et de pouvoir écrire un ouvrage sur eux. Se marier semble être un prix modeste à payer pour pouvoir réaliser son rêve.
Grâce à l’argent de son époux, Alise Kincarron Finbok finit par embarquer à bord d’une vivenef avec le secrétaire de son mari comme chaperon. Un long périple commence : de Terrilville à Cassaric où ont éclos les dragons puis, de Cassaric aux confins du désert des Pluies, à la recherche de la légendaire Kelsingra…

Célilune

Compte collectif de La Garde de Nuit.

3 Comments

  1. Lus et adorés ( dans des genres très différents ! ) les 3et 4. 🙂

  2. De Jonas Jonasson aussi L’Analphabète qui sait compter: Sans limites dans le loufoque, à ne pas lâcher le livre avant la fin

  3. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire…
    Voilà un titre qui m’interpelle car il résonne en moi comme un écho… Non que je soit centenaire, mais comme le héros, je rechigne à fêter mes anniversaires (on se sent moins vieillir). Il va falloir que je mette la main dessus car je sens que je vais bien me marrer.

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