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Game of Thrones : Origins

Game of Thrones : Origins

Game of Thrones, la série de tous les records. Celle dont les fans de sa version papier A Song of Ice and Fire (couramment abrégé ASOIAF), à l’image des lanceurs d’alerte de la Garde de Nuit, avaient depuis longtemps annoncé le potentiel dévastateur d’une éventuelle adaptation. Celle qui, non contente de faire céder le Mur qui sépare de la télévision du cinéma, emportera tout sur son passage, plongeant des millions, peut-être des milliards de téléspectateurs dans un froid polaire absurde en ces temps réchauffés.
Pourtant, lorsque la nouvelle de cession des droits est postée par George R R Martin sur Not a blog, rien n’est joué. L’aventure qui sépare l’adoubement des chevaliers Benioff et Weiss par le roi de Santa Fe de la consécration mondiale immédiate lors de la diffusion du premier épisode commence à peine.
À l’heure de la huitième et dernière saison de la série, retour sur son origin-story.

Martin, le Stannis moderne

« Avouez qu’elle a la classe la Reine des Epines ! »
(GRRM dans son costume de caméo disparu)

Qu’est-ce qui a pu entraîner un tel engouement pour la série télévisée ? Difficile aujourd’hui de répondre à cette question. À la fois pari improbable et succès annoncé par un matraquage promotionnel digne des plus grands films, la série Game of Thrones s’impose comme la suite logique de la vague d’adaptations de romans de Fantasy au début des années 2000. Elle se pose en héritière du Seigneur des Anneaux d’une part, destinée à ceux qui ont grandi avec Harry Potter à l’heure où le sorcier à lunettes vit sa dernière aventure sur grand écran.

La saga, parue dès 1996 avec le premier tome, A Game of Thrones (qui donnera son nom à la série télévisée), est déjà au faîte de sa gloire en 2005 alors que paraît le quatrième volume de son épopée, A Feast for Crows. Les producteurs de cinéma lorgnent déjà sur son potentiel, pourtant, George R R Martin, aussi inflexible que Stannis en son île dragonne, refuse de céder ses droits. De ses propres dires, plusieurs adaptations lui ont été proposées, notamment à la suite de la première trilogie de Peter Jackson, mais il les refuse catégoriquement, arguant que sa saga comporte déjà trois fois plus de pages que l’épopée de Tolkien et que le nombre d’arcs narratifs, de batailles dantesques et de personnages seraient impossibles à porter proprement sur grand écran, même avec trois films de trois heures.

Il faut dire que l’auteur de Santa Fe connaît son affaire : scénariste pendant plusieurs années à la télévision, c’est avec un bonne raison qu’il l’a quittée : ne plus jamais être contraint par un producteur ou un budget. En cela, l’écriture le libère : A Song of Ice and Fire fera dans la démesure quitte à être inadaptable, à l’image de son modèle littéraire Tolkien… lui aussi réputé inadaptable.

Finalement, après avoir constaté que Lost pouvait fonctionner en tant que série à twist, il se laisse convaincre par l’idée que son œuvre puisse être adaptée, non pas sous forme cinématographique, mais télévisuelle. Cette idée le convainc d’autant que les antihéros apparaissent sur le petit écran avec Walter White dans Breaking Bad, dont il est un énorme fan. Après tout, ASOIAF aussi comporte son lot de personnages en nuances de gris, sans compter que son découpage narratif et ses dialogues tout en punchlines se prêteraient bien au format où s’enchaînent les cliffhangers qui tiennent les fans en haleine entre chaque diffusion, véritable marque de fabrique d’un auteur qui a forgé ses armes à la télévision. Reste la question du budget. Et de qui pour tenir la barre du navire, puisque Martin n’entreprendra jamais cette aventure comme scénariste, ni comme producteur.

HBO : la Banque de Fer

Rome, ou la jeunesse de Mance Rayder.

Ce qui séduit et épouvante à la fois le lecteur d’A Song of Ice and Fire, c’est l’univers mature dans lequel évoluent les personnages, fait de complots politiques, de violences et de sexe, voire parfois les trois en même temps. Une atmosphère qui choquerait n’importe quel Américain ou Britannique habitué à ses programmes dénués de morts dans le champ sur les chaînes publiques. Il faudra donc se tourner vers le câble pour trouver une porte à laquelle frapper, pour avoir le droit de représenter sexe et gerbes de sang à l’écran. Et justement, parmi elles, HBO, reine dont la réputation est à la mesure de ses budgets, semble intéressée par ce type de projets.

La chaine, dont le modèle a inspiré Canal + en France, est arrivée en bout de course pour la plupart de ses séries phares. Deadwood, côté intrigues en costumes, est déjà loin. The Wire n’a pas encore acquis son statut de série culte et Les Sopranos vient de se terminer. En ce sens, la saga de George R R Martin, avec ce qu’elle compte de luttes fratricides, de politique et de guerre de clans où les maisons nobles remplacent les différentes mafias, est parfaite pour la chaîne en manque de ce qui fait sa marque de fabrique. Dans le même temps, le pronostic vital de Rome est engagé : les deux saisons ont coûté bien plus qu’elles n’ont rapporté avec pas moins de 125 millions de dollars pour une saison 2 hors frais de promotion, un budget que même les dernières saisons de Game of Thrones n’ont pas dépassé. C’est donc dans ce contexte, en 2006 que Benioff et Weiss rencontrent Martin.

L’écrivain accepte de les recevoir le temps d’un dîner. La discussion durera finalement une bonne partie de la nuit. Sans se fier à leur réputation pourtant peu amène, Martin leur pose l’ultime question, celle qui attestera de leur lecture entre les lignes d’A Song of Ice and Fire : qui sont les parents de Jon Snow ? Leur réponse, connue depuis la saison 6 de Game of Thrones, leur acquiert l’aval de Martin. Les négociations débutent pour ceux qui à l’époque, sont tristement célèbres parmi les scénaristes pour avoir commis le naufrage de Poseïdon ou la chute de Troie.

Tous deux sont convaincus du potentiel de la série télévisée, trépignant d’impatiences à l’idée de choquer les téléspectateurs, d’abord avec la mort d’Eddard Stark, mais surtout, lors des Noces Pourpres, dont ils considèrent le risque fou au sein d’un programme télévisé. Lorsque Martin approuve le projet, ils sont fous de joie, mais c’est au seul et unique roi de Westeros qu’il convient de faire son annonce.

Sur son blog, le 17 janvier 2007, Martin annonce que HBO a acheté les droits d’adaptation. Reste encore à concevoir et tourner un pilote, chose qui occupera l’équipe nouvellement formée pendant plus d’un an et demi.

Le pilote : sangsue jetée dans le feu ?

« La Nuit se regroupe et voici que commence ma Garde ? »

Benioff et Weiss, aux côtés de Martin, endossent les rôles de producteurs, même si la tâche scénaristique est réservée aux deux premiers, au moins pour le pilote. Mais Martin négocie une garantie : écrire un épisode par saison si la série se fait, ce qu’il fera jusqu’à l’épisode 2 de la saison 4 avant de délaisser le projet pour mieux se consacrer à l’écriture de ses romans.

Après deux brouillons de script, HBO aligne en novembre 2008 8 millions de dollars pour un pilote. Même s’il semble difficile d’y croire a posteriori, cette commande d’un épisode-pilote est loin d’être la garantie d’une commande de saison complète. Il s’agit avant tout d’un test pour savoir si le projet est viable. Et la somme allouée pour la réalisation de ce qui ne sera peut-être rien de plus qu’un mois de vacances en Europe devant les caméras est déjà colossale compte tenu des budgets de la télévision de l’époque (ex : Breaking Bad, produite par une chaîne câblée, n’a droit qu’à 3 millions par épisodes).

Le silence est ensuite de mise jusqu’en juillet 2009 lorsque Martin commence à faire deviner et à révéler à ses followers (même si le terme n’est pas encore employé à l’époque) les membres de la distribution du pilote pour un tournage en novembre de la même année. La distribution a toutefois ses contraintes : comme la série risque d’être tournée en Grande-Bretagne, elle se doit d’être composée d’un certain pourcentage d’acteurs britanniques. Sean Bean, pour lequel il n’y a jamais eu d’autre choix, tout comme pour Peter Dinklage (lequel doit travailler son accent car il est américain), ouvrent le bal aux côtés de Jennifer Ehle. Les révélations s’étalent jusqu’au 21 octobre, lorsque Martin dévoile en guise d’épilogue que Jason Momoa sera Khal Drogo. Une annonce dont la fin du tournage un mois plus tard se fait l’écho, à en croire la soirée bien arrosée de l’acteur et de l’écrivain lors de la fin du tournage au Maroc.

Ce dernier pays est utilisé pour représenter Pentos et le mariage entre Daenerys Targaryen et le chef dothraki Khal Drogo. Le reste des scènes ne concernant que le Nord (ou presque), elles seront tournées en décors naturels et réels en Écosse, plus précisément au Glencoe, qui sera le lieu de l’exécution du déserteur Gared, tandis que le château de Doune (connu pour avoir accueilli les tournages de Monty Python : Sacré Graal, et plus tard, la série Outlander et le film Outlaw/King) représente Winterfell.

Tom McCarthy, aujourd’hui oscarisé pour le film Spotlight, est alors embauché pour réaliser le pilote, mais à la surprise générale, celui-ci est rejeté. Toutefois, HBO, qui ne souhaite probablement pas jeter 8 millions de dollars à la poubelle, donne son feu vert à la série en mars 2010 en échange de nombre de changements dans le premier épisode.  Le réalisateur, lui, est congédié au profit de Timothy Van Patten, qui a déjà travaillé pour la chaîne sur ses projets à gros budgets comme The Pacific, Rome, Deadwood et Les Sopranos. Il est également producteur exécutif sur les cinq saisons de Boardwalk Empire.

Des mots, du vent : le script du pilote

Illyrio V1 ou « Avouez qu’on a gagné au change au moins on est plus à la Cantina ! »

En 2013, le site Gizmodo dévoile des éléments d’un script de travail de l’épisode pilote que certains de ses rédacteurs auraient réussi à lire avant qu’il ne soit supprimé d’Internet. Depuis, d’autres révélations en interview ont permis d’étayer le portrait du scénario maudit dont les changements ne concernent pas uniquement le casting et les lieux de tournage. En voici quelques-uns (assortis de réflexions) :

  • Pour reprendre les changements dans l’ordre d’apparition de l’épisode 1, les Autres ou du moins les marcheurs blancs, comme les scénaristes les nomment dans leur version TV, devaient apparaître avec peau blanche et armures de glace dès le prologue. Une apparence donc, similaire à celle des livres. Au lieu de cela, leur version définitive sera repoussée au final de la saison 2, l’épisode 1 lui préférant silhouettes en contrejour et yeux bleus phosphorescents.
  • Toutefois la séquence d’introduction était réservée à Jon Arryn que l’on voyait mourrir dans d’atroces souffrances devant Cersei. L’acteur, John Standing, qui apparaît bel et bien dans la série en tant que cadavre (avec les cailloux sur les yeux) aurait décrit la scène comme « étrange, lunatique ». Cela permet aussi de noter que la série mettait en avant dans son prologue, non pas une scène d’au-delà du Mur mais bien quelque chose de l’ordre du complot, comme le suggère son titre, Game of Thrones et non A Song of Ice and Fire.
  • Moins graphique, le générique délaissait les astrolabes et autres fioritures davinciennes au profit du parcours d’un corbeau envoyé par un mestre depuis Châteaunoir. L’oiseau parcourait les différents lieux de Westeros avant de se poser à Port-Réal. L’idée d’installer la géographie dès le début de la série était en tout cas déjà présente.
  • La séquence d’introduction des jumeaux Lannister pendant la veille de Jon Arryn n’existait pas dans le script d’origine. Elle était remplacée par une scène entre Cersei et Pycelle qui portait davantage sur des éléments de scénario comme le départ de Lysa pour les Eyriés ou encore le décès improbable de la Main du Roi. Les liens fraternels et amoureux étaient bien plus flous, et de l’aveu de certains acteurs, il était impossible de deviner dans le pilote que Jaime et Cersei étaient frère et sœur. S’agissait-il d’une mesure destinée à tromper le producteur quant à l’inceste présent dans l’œuvre afin d’avoir les financements ? Les mystères sont de mise !
  • Dans le même genre, la scène de sexe entre Cersei et Jaime est presque présentée comme un viol de la part du Régicide, comme s’il fallait appuyer sur la valeur morale néfaste de l’inceste plutôt que sur la relation symbiotique des deux amants, ce qui rejoint le précédent point sur la volonté de ménager une Amérique peut-être trop puritaine pour aimer les jumeaux Lannister.
  • Par ailleurs, la scène de sexe entre Daenerys Targaryen et Khal Drogo était plus amoureuse, ce dernier demandant son consentement à la jeune mariée. Une fois de plus, le pilote misait peut-être sur une approche morale plus consensuelle que ce qui en a résulté. Il est intéressant de constater qu’à la sortie de l’épisode 1, les deux atmosphères entourant les ébats amoureux se sont inversées.
  • Des essais avaient été menés pour que les Targaryen aient les yeux violets. Toutefois, l’effet kitsch a été rapidement délaissé sur le tournage. Au rayon suppressions, Alfie Allen incarnait Theon avec sa couleur de cheveux naturelle, à savoir le blond, ce qui a été supprimé au profit d’une perruque par la suite. De même, Tyrion était affublé d’une perruque, ce qui peut encore s’apercevoir lors de certains plans au bordel en début d’épisode.
  • Daenerys, alors incarnée par Tamzin Merchant, apparaissait dès la troisième séquence, et non au bout de 33 minutes comme dans l’épisode final, en train d’essayer une robe à Pentos.
  • George R R Martin s’était rendu sur le tournage au Maroc et avait fait un caméo lors du mariage en interprétant un noble pentoshi. Toutefois, il a été coupé au montage dès le pilote. Au moins, il aura fait la bringue avec Jason Momoa.

    Une des rares images des enfants acteurs à l’époque du pilote.

  • Les Stark étaient moins établis en tant que fratrie soudée que ce qui est présenté lors de la séquence de tir à l’arc. Au contraire, le pilote décrivait une scène de duel entre Tommen et Bran telle qu’elle se déroule dans le livre ainsi que des rapports plus froids.
  • Les enfants Stark n’étaient pas les seuls à être en froid. Eddard et Catelyn n’étaient pas présentés au lit, mais à table lors de la scène où la dame de Winterfell supplie son mari de ne pas se rentre à Port-Réal. Elle devait s’achever d’ailleurs par la réplique de Ned « Je ne suis pas un chien à votre service, madame ! ». Difficile de créer de l’empathie en prévision de sa mort, dès lors.
  • Beaucoup de scènes du banquet ont été remplacées : elles servaient à introduire de nombreux éléments de background concernant la rébellion de Robert et le règne d’Aerys. Les scénaristes ont ensuite choisi de privilégier les interactions des Stark afin de les rendre attachants, reléguant les informations à des épisodes ultérieurs, même si une séquence de Jon Snow bourré (avec une perruque et non ses vrais cheveux à l’époque), finira à la poubelle.
  • « Brandon Stark exécuté par le roi Fou »

    Un flashback incluant la mort de Brandon Stark dans la salle du trône avait été tournée et incluse dans l’épisode. Toutefois, à partir de là, les deux scénaristes ont décidé de les éviter au profit de dialogues (jusqu’à ce qu’un autre Brandon leur fournisse une bonne raison de s’y mettre).

  • Enfin, dans les changements qui auraient eu une réelle incidence sur la série aujourd’hui, il y a une scène supplémentaire dans la crypte où Cersei brûle la plume laissée par Robert sur la tombe de Lyanna. D’un côté cela permettait au spectateur de deviner tout de suite qu’il y avait anguille sous roche dans le couple royal, mais cela rendrait impossible la scène de découverte de la plume par Sansa bien des années plus tard.

En somme, de ces changements, on pourrait retenir que de nombreux éléments de background, nécessaires à la compréhension de la série, mais placés avec un chausse-pied dans l’intrigue du pilote, l’alourdissaient. Avec l’atmosphère inversée des scènes d’amour, tout convergeait vers un épisode davantage tourné dans l’optique de convaincre un producteur que d’être présenté à un public. Quelque part, le pari est réussi pour Benioff et Weiss, car si le pilote est rejeté en tant que tel, la série elle, est validée.

Rassemblez la flotte… tous au Mur !… pardon, en Irlande !

Toutefois, Benioff et Weiss l’ont évoqué en interview, la projection test du pilote parmi les acteurs et les amis des producteurs a été une véritable purge. De leur aveu, ceux qui pensaient comprendre n’avaient rien compris et les autres avaient l’impression d’être pris pour des débiles. HBO reprend alors la production en main, et quelques conseils d’amis scénaristes plus tard, certains acteurs sont recastés, de même que le réalisateur des deux premiers épisodes.

Jennifer Ehle, originellement Catelyn Stark.

Tamzin Merchant, qui incarnait Daenerys Targaryen, est alors renvoyée au profit d’Emilia Clarke. Le jeu de l’actrice est jugé trop « tudorien », et les showrunners préféreront la tête ronde de la brune plutôt que le visage anguleux de la blonde. Mais elle n’est pas la seule victime collatérale du pilote maudit. Jennifer Ehle, encensée par Martin sur son blog lors de l’annonce de casting, jouait en effet Catelyn Stark, avant d’être remplacée par Michelle Fairley pour la version diffusée. Ian McNeice, qui avait déjà incarné le crieur du forum pour HBO dans Rome, incarnait un Illyrio Mopatis plus… coloré, avant d’être remplacé par Roger Allam. Richard Ridings jouait Gared et c’est Dermot Keaney qui a récupéré le rôle dans la série. Enfin, Jamie Campbell Bower y apparaissait sous les traits de ser Waymar Royce, finalement joué par Rob Ostlere. Le jeune acteur, engagé par la suite sur le projet concurrent de Starz, Camelot, récidive en tournant dans le pilote du préquelle de Game of Thrones actuellement en cours de production.

Emilia Clarke VS Tamzin Merchant

Parmi les changements pour des raisons davantage médicales qu’artistiques, on peut noter Roy Dotrice, ami de George R R Martin depuis leur collaboration sur La Belle et la Bête, dont la voix était connue des fans de la saga papier via les livres audios en version originale. Il incarnait le Grand Mestre Pycelle dans le pilote. Malheureusement son état de santé ne lui permet pas de poursuivre l’aventure lors du tournage de la saison 1 en 2010 et il devra se contenter du petit rôle de Sagesse Hallyne le Pyromant avant de s’éteindre en octobre 2017 à l’âge de 94 ans.

Quelques scènes issues de l’épisode pilote se sont toutefois frayées un chemin jusqu’à la télévision, comme des plans de la course-poursuite dans le prologue, la discussion entre Ned et Robert dans les cryptes, la scène au bordel de Tyrion ou son premier échange avec Sandor Clegane (dont le maquillage n’est pas définitif). De même, les yeux aiguisés remarqueront que c’est un Theon blond qui part à la chasse avec le roi et sa nouvelle Main tandis qu’étonnamment, lorsqu’elle est présentée à la reine Cersei, Sophie Turner rajeunit d’un coup. En effet, ses plans ont été gardés, et seuls ceux avec Lena Headey et Michelle Fairley ont été retournés.

Un dernier regard au Glencoe et aux cheveux blonds de Theon.

Bref, une fois tout ce petit monde rassemblé et les enjeux fixés aux côtés des chefs décorateurs, costumiers, linguistes et autres monteurs et compositeurs, la série déménage de l’autre côté de la mer d’Écosse en Irlande du Nord, où les taxes sur les productions audiovisuelles semblent plus intéressantes. Le mariage dothraki est lui délocalisé à Malte, mais l’équipe du film sera bannie après avoir saccagé un écosystème fragile sur le site de l’Azur Windows. Le sort semble s’acharner sur cette arche aperçue en arrière-plan car le 8 mars 2017, elle s’effondre à cause d’une tempête.

Certains décors du film Votre Majesté avec Danny McBride, Nathalie Portman et James Franco (et Charles Dance !) seront d’ailleurs recyclés pour former la salle circulaire des Eyriés. Le tournage s’arrête avec l’arrivée de l’hiver 2010 et un premier trailer arrive sur les écrans (d’ordinateur) début 2011 avant la véritable bande-annonce début mars. Un petit festival pour les fans qui accueillent ces premières images aux côtés de l’annonce de sortie d’A Dance with Dragons, cinquième tome attendu depuis 2005, et dont la suite est encore à venir.

Depuis le 17 avril 2011, c’est sur vos écrans que se déroule la saga de Martin version HBO. C’est cette année qu’elle se termine.

(plaisir coupable, la bande-annonce de la saison 1 qui a pris un coup de vieux)

6 Comments

  1. Ce que j’adore avec ces rappels sur le début de la série c’est que ça remontre à chaque fois à quel point D&D sont incompétents, et on leur a pourtant donné les clés de la plus grosse série événement du monde. Incroyable.

    Sinon, la décision de Martin de faire une série (deal signé en janvier 2007) influencée par Breaking Bad (premier épisode sorti en janvier 2008) ? Hum ?

    • Mauvaise expression de ma part, mais il a déjà mentionné en interview (après le lien doit dater et je ne me souviens plus de l’intitulé), que si le deal a été signé en 2007, le fait qu’une série comme Breaking Bad sorte l’avait conforté dans ce choix a posteriori (même si dans les faits, il s’était déjà engagé). Plus clair ?

  2. Marrant !

    Ceci dit, les inversions concernant les deux scènes de sexe sont aussi plus conformes aux livres.

  3. Ce que je retiens de tout ça c’est que nous sommes vraiment faibles face à l’image car si la série ne vaut évidemment pas le livre avec le talent des acteurs, costumiers, la musique….et le reste que j’ignore nous sommes malgré tout avide de juger sur pièce.
    Autre constatation cette série et l’industrie qu’elle suppose fonctionne comme un rouleau compresseur: Outre les dégâts mentionnés dans l’article , au vu des photos des plus jeunes acteurs quelle marque laissera-t-elle sur les personnes?

  4. On a du mal à réaliser également que quand la série a débuté, le seul acteur connu par la plus grande partie du public était Sean Bean… et un peu Jason Momoa pour ceux qui avaient regardé Stargate Atlantis.

    • Sean Bean était clairement la star, mais Lena Headey avait déjà sa petite notoriété (300, Les Frères Grimm, Les Chroniques de Sarah Connor), Mark Addy est également une tête connue du public, notamment britannique (Chevalier, The Full Monty, le Robin des Bois de Ridley Scott). Dans un autre registre, Charles Dance est un très gros acteur, dont la carrière est moins connue en France, mais qui a tourné dans pas mal de films connus des années 90 pour les « geeks » (Last Action Hero, Alien 3) ou chez Woody Allen. Il est aussi connu de la télévision britannique. Même combat pour James Cosmo (Jeor Mormont) ou Harry Lloyd (Viserys) qui ont fait pas mal de petits rôles dans des séries/films en costume.
      Donc en comptant Momoa connu justement des fans de Stargate comme tu dis, ils ont tapé dans un casting qui leur a permis de rallier directement les fans de SF, de Fantasy et de films en costumes, et qui depuis évolue pas mal dans ces sphères là.

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