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La chasse dans le Trône de Fer

Image : Extrait du Livre de la Chasse ; montage Nymphadora

À de nombreuses reprises tout au long de la saga, la chasse, sous toutes ses formes, est mentionnée ou vécue directement par les personnages du Trône de Fer. Pourtant elle n’a guère intéressé nos frères et sœurs de la Garde de Nuit et il a fallu attendre plusieurs années avant qu’un article ne lui soit consacré dans l’encyclopédie de notre site. Cependant, par le biais de la chasse, il est possible de mieux comprendre les sociétés de l’univers de George R.R. Martin.


Illustration de couverture : enluminure du « Livre de chasse » de Gaston Phébus (Ci devise comment on doit aller laisser courre pour le cerf). XVème siècle, BnF – Paris, Département des manuscrits, Français 616 folio 68. Le livre a fait l’objet d’une exposition virtuelle de la BnF.

Avant-propos : le monde de Martin et le Moyen Âge

Étudier les sociétés des Sept Couronnes ou d’Essos est toujours difficile. Un angle d’approche intéressant est celui de la comparaison avec notre société médiévale (et féodale) ; il ne faut néanmoins jamais perdre de vu que l’œuvre de George R.R. Martin est anachronique et anhistorique.

Anachronique car elle mélange allègrement diverses périodes de notre histoire. Les anachronismes les plus connus concernent les éléments matériels. On trouve ainsi des armures du Moyen Âge tardif (XIVème-XVème siècles) dans une société très féodale (qui correspondrait davantage aux IXème-XIIème siècles) où l’horlogerie, pour prendre un exemple parmi tant d’autres, est inconnue. Mais il y en a bien entendu d’autres, notamment dans les mentalités, les symboliques et les sensibilités de nos personnages. On oublie souvent que la société médiévale d’Europe de l’Ouest est aussi différente de nous que l’est la Chine contemporaine. Cette altérité ne se limite pas à une exclusion des femmes, à des coutumes qui peuvent nous sembler plus violentes, mais également à des perceptions (notamment symboliques) très différentes. Ainsi sur plusieurs points (perceptions des couleurs, représentations symboliques, etc.), les personnages du Trône de Fer sont beaucoup plus proches de nous que les médiévaux. Le Trône de Fer est avant toute chose une œuvre de George R.R. Martin, un auteur des XXème et XXIème siècles, bon connaisseur de la période médiévale certes, mais un auteur d’aujourd’hui tout de même. Cela n’empêche pas les comparaisons avec notre période médiévale. La résurgence d’une symbolique médiévale (le cerf blanc par exemple) pouvant être une volonté de l’auteur, voire une démarche inconsciente issue de notre « imaginaire médiéval » qui nous est propre (comme à Martin).

Westeros est également une société anhistorique. Il y a bien une chronologie, une histoire, une succession de règnes ou de conquêtes. Mais les évolutions de la société (organisations politiques, mentalités, technologies, religion, vie intellectuelle, nourriture) sont assez limitées. Si l’on prend seulement la période targaryenne (soit près de 300 ans), la société a certes connu quelques évolutions (une centralisation du pouvoir, une unification des lois, etc…), mais elles sont très peu nombreuses et ne touchent que certains domaines précis (la politique essentiellement). On peut dire que la vie d’un noble sous Aegon le Conquérant semble être sensiblement la même que sous Aerys II. Cela n’a jamais existé dans notre monde. Si nous avions la possibilité de voyager dans le temps, nous serions vite frappés par les différences très importantes entre la société du XIème et celle du XIVème siècle. En cela le monde du Trône de Fer est anhistorique.

Cette petite étude sur la chasse que je vous propose est conçue comme une gymnastique intellectuelle. Son sujet n’est finalement pas tant la chasse elle-même, mais les sociétés du Trône de Fer, car toute pratique sociale met en jeu bien d’autres aspects d’une société (souveraineté, art, alimentation, justice, organisation politique, mort etc.). Pour ce faire j’ai utilisé les livres qui sont parus jusque là (les cinq tomes de la saga principale, les aventures de Dunk et l’Œuf, les chroniques targaryennes : Les origines de la saga et Feu et Sang).

L’un des événements les plus importants du premier tome est sans conteste la mort du roi Robert. Or celle-ci intervient au cours d’une chasse. C’est cet événement singulier qui va nous permettre de réfléchir au niveau de la société des Sept Couronnes tout entière.

La mort de Robert

Robert Baratheon sur son lit de mort (illustration par Magali Villeneuve – AGOT)

En l’an 298 apr.-C. (après la Conquête), le roi Robert Baratheon part pour une chasse dans le Bois-du-Roi qui doit durer plusieurs jours. Il se lance d’abord à la poursuite d’un cerf blanc. Mais l’animal rarissime et réputé merveilleux étant dévoré par les loups, le roi se rabat alors sur un sanglier. Il affronte la bête qui l’éventre. Ramené à Port-Réal, le roi décède quelques temps après.

Nous n’assistons pas directement à l’évènement. Il nous est rapporté par bribes dans différents chapitres de Sansa et d’Eddard Stark.

– Des nouvelles du roi ? demanda Ned. Seulement combien de temps il compte chasser ?
– Vu ses prédilections, je présume que la forêt le retiendrait volontiers jusqu’à ce que la reine et vous-même soyez morts de vieillesse, répliqua Petyr avec un demi-sourire. Faute de quoi, nous le reverrons dès qu’il aura tué quelque chose. Pour autant que je sache, on a débuché le cerf blanc…, ses restes, du moins. Des loups l’avaient découvert les premiers, n’en laissant guère plus à Sa Majesté qu’une ramure et un sabot. Robert n’a recouvré un semblant de sang-froid qu’en s’entendant promettre un monstre de sanglier au plus profond des bois. Dès lors, le monde peut crouler : il le lui faut. Joffrey nous est revenu ce matin, avec les Royce, ser Balon Swann et une vingtaine d’autres. Le restant suit toujours le roi.

(AGOT, Eddard XII)

Des chapitres suivants révèlent l’implication de la reine Cersei dans cet « accident ». Cette dernière a ordonné à son cousin, l’écuyer du roi, Lancel Lannister, de faire boire Robert (AGOT, Eddard XIII et XV ; ACOK, Tyrion I). Il s’agit d’un évènement très important de la saga, celui par lequel tout commence. Avec la mort du roi Robert, débute véritablement le jeu des trônes.

Ainsi, il n’est pas exagéré de dire que tout commence par une partie de chasse. Cet évènement aux conséquences multiples est le parfait prétexte à une petite étude sur cette pratique sociale.

Chasse et noblesse

Ce n’est pas la première fois que Robert part à la chasse. Il semble même que ce soit (avec l’alcool et les femmes) l’un de ses passe-temps favoris. On sait par Stannis que Robert Baratheon pratique la chasse bien avant de monter sur le trône. Dans un passage, il nous parle de Fière-aile, son autour (un rapace) qu’il utilisait dans sa jeunesse et qui ne pouvait être comparé à Foudre, le gerfaut (un rapace également) de son frère aîné.

« Quand j’étais gosse, je ramassai un autour blessé et le soignai jusqu’à ce qu’il se remette. Fière-aile, je l’appelais. Il aimait à se percher sur mon épaule et à voleter à ma suite de pièce en pièce, à manger dans ma main, mais il refusait de prendre son essor. Cent fois je l’emmenai chasser, jamais il ne dépassa la cime des arbres. Robert le surnomma Bat-de-l’aile. Lui possédait un gerfaut, nommé Foudre, qui ne ratait jamais sa cible. »

(ACOK, Davos I)

La chasse est d’abord et avant tout (au moins pour le gros gibier), une activité pratiquée par la noblesse. Il s’agit d’un divertissement, l’un des préférés du roi mais également d’une bonne partie de l’aristocratie du royaume. Ainsi Theon et Robb passent-t-ils de long moment à chasser à Winterfell.

Mais cette activité n’a pas que pour rôle de divertir. Dans notre Moyen Âge, c’est avant tout un entrainement à la guerre. On le voit avec le souvenir de Stannis ou les chasses de Theon et Robb, les jeunes nobles chassent très tôt, c’est là qu’ils semblent se perfectionner dans le maniement des armes et de la monte. On sait d’ailleurs le rôle important de l’art équestre dans la définition de la noblesse à Westeros (la chevalerie) ; d’ailleurs Eddard nous apprend que l’on utilise des coursiers pour la chasse, un type de cheval qui est également le plus utilisé pour la guerre (AGOT, Eddard VII). Ce lien entre guerre et chasse est aussi souligné, dans l’histoire de Westeros, par l’expédition militaire de l’an 37 apr.-C. contre le roi Vautour qui sévissait dans les Marches de Dorne, expédition dont les derniers moments furent surnommés la « Chasse au Vautour » (TWOIAF).

La chasse semble être une des activités les mieux partagées par la noblesse de Westeros, et on n’y retrouve pas la traditionnelle différence entre Premiers Hommes et Andals. Seuls les Fer-nés ne semblent pas la pratiquer. Ainsi le Nordien Eddard chasse-t-il avec le roi (AGOT, Bran II), comme les seigneurs du Conflans, à l’image d’Hoster Tully que la jeune Catelyn observait revenir de sa partie de chasse du haut des remparts de Vivesaigues. Même Dorne, dont les coutumes sont pourtant si différentes du reste des autres Couronnes, connait la chasse. Les membres de la maison Wyl, sur ordre du prince Doran, retiennent ser Balon Swann en lui proposant des chasses à courre et au vol (AFFC, chap. 41, La Princesse en la Tour). Dans l’histoire de Westeros, que l’on découvre dans les écrits de mestre Yandel (Les origines de la saga) et d’archimestre Gyldayn (Feu et Sang), les chasses sont monnaie courante au sein des grandes familles, et c’est une activité qui se pratique souvent lorsque le roi rend visite à l’un de ses vassaux.

Le Livre de chasse – Folio 85 – « ci devise comment le bon veneur doit chasser et prendre le renne »
(XVème siècle, BnF, Paris)

Être noble, c’est aussi vivre comme un noble, c’est-à-dire avoir un mode de vie et des pratiques reconnues comme « nobles ». La chasse en fait véritablement partie. Ainsi Cersei demande-t-elle à Balmain Boulleau et Falyse Castelfoyer d’organiser un accident de chasse pour Bronn de la Néra (AFFC, chap. 25, Cersei). Au-delà de l’anecdote, le fait important est que lord Bronn, sire de Castelfoyer, ancien reître, marque son entrée dans la noblesse par l’adoption de cette pratique, la chasse récréative. Celle-ci n’est plus alors une simple pratique de la noblesse, elle fait aussi partie des signes distinctifs de la vie de noble.

Cette définition de la noblesse par la chasse peut aller très loin. Ainsi la maison Tarly a-t-elle pour emblème un « chasseur en marche, rouge sur fond vert » (AFFC, chap. 10, Brienne) et dit descendre des jumeaux légendaires Harlon le Chasseur et Herndon du Cor (TWOIAF). Les « trois chiens courant sur champs jaune » des Clegane sont des références directes aux chiens de chasse, le grand père de ser Gregor étant le maître-chien de lord Tytos Lannister avant son adoubement (ACOK, chap. 19, Sansa). Et que dire de la maison Veneur (Hunter en VO) dans le Val, qui tire directement son nom de la pratique de la chasse ? À ces cas significatifs on pourra ajouter la multitude de blasons renvoyant à des animaux utilisés pour la chasse ou que l’on chasse. Au premier rang desquels le fameux cerf de la maison Baratheon.

Blason des plusieurs maisons des Sept Couronnes

Si la chasse est une activité de la noblesse, c’est aussi pour son coût et par l’entretien de personnels spécialisés au sein de la maisonnée du seigneur. Ainsi Winterfell comprend un chenil, dirigé par Farlen, qui a le titre de maître-piqueux. Toujours dans le Nord, on retrouve Ben-les-Os, qui s’occupe des chiens de chasse de Fort-Terreur. Comme nous l’avons déjà dit, le fondateur de la maison Clegane était le maître-chien des Lannister, ce sont ses chiens qui ont sauvé lord Tytos d’une lionne des montagnes, aux prix de la mort de trois d’entre eux (ACOK, chap. 19, Sansa). Le chenil et le maître piqueux, plus que de simples « outils » pour la chasse, sont d’abord des attributs seigneuriaux.

Notons enfin que ces chasses nobles sont surtout de deux types : la chasse à courre et la chasse au faucon. Ce sont d’ailleurs les deux chasses que proposent les Wyl à ser Balon Swann (AFFC, chap 41, La Princesse en la Tour). La première, appelée également vénerie, se pratique en poursuivant un animal avec une meute de chiens. La seconde, la fauconnerie, consiste à chasser avec des rapaces ; c’est celle que pratiquent les frères Baratheon dans leur jeunesse. Il serait intéressant de savoir si le blason des Arryn, au-delà de la légende de ser Artys Arryn monté sur un faucon gigantesque, ne renvoie pas également à ce type de chasse. Il s’agit bien de chasses nobles, de divertissement, qu’on peut aisément différencier de la chasse commune, de subsistance.

Plan de Winterfell (par La Garde de Nuit). On remarquera que la porte ouest (10) qui donne sur le Bois-aux-Loups est surnommée la porte du veneur et qu’elle se trouve à proximité du chenil (11) et des cuisines (16).

Chasse et alimentation

Pour beaucoup d’entre nous, les hommes du Moyen Âge mangeaient de grandes quantités de gibier. Cette image, nous la devons à ces multiples tapisseries et enluminures représentant des banquets médiévaux où les tables sont couvertes d’animaux provenant de la forêt. En réalité les seigneurs médiévaux ne mangeaient pas souvent de tels plats, ils étaient réservés à des occasions exceptionnelles justement dignes d’être représentées sur une tapisserie. Les relevés du premier tome de la saga, semblent montrer qu’il en va de même pour les Sept Couronnes.

Sur l’ensemble des viandes identifiées, on est surpris de découvrir qu’il n’y a que quatre mentions de plats provenant manifestement de la chasse. La venaison, comme son nom l’indique, provient de la chasse, puisqu’il s’agit de chair de gibier. On en mange lors du tournoi de la Main avec, en sus six aurochs (AGOT – Sansa II) qui ne sont pas sans rappeler ceux que le cortège royal avait rencontré sur son chemin (AGOT – Sansa I). Au Mur, le cuisinier Hobb en prépare (AGOT – Jon VIII). Un soir au bivouac, Tyrion complète son repas par de la viande fraîche d’écureuil (AGOT – Tyrion I). Ce n’est pas du gibier noble, simplement un complément de voyage. Cela ne semble pas prévu d’ailleurs, puisqu’il semble que les rations de voyages sont ordinairement composées de bœuf salé. Il faudrait compléter ces données, mais il semble bien que le gibier n’a pas une très grande place dans l’alimentation de la société noble de Westeros. Et, dans tous les cas, ces plats n’ont pas pour origine une chasse noble.

La « chasse alimentaire » est une chasse moins noble, plus utile et dont ne s’occupe pas le seigneur. En effet, comme nous l’avons montré plus haut, la chasse a d’autres rôles pour les nobles que celui de trouver à manger. Néanmoins, pour garnir les tables, les seigneurs des Sept Couronnes doivent faire appel à des professionnels qui sont souvent des roturiers. On en trouve mention ici et là. Ainsi on connaît le très bon archer Tim-la-Grêle et Murch, qui sont des chasseurs au service des Stark (ACOK, chap. 51, Theon). Le personnage le plus important est sûrement le « veneur dingue ». Habitant de Pierremoûtier, c’est un roturier, grand propriétaire terrien qui possède de très nombreux chiens de races diverses. Ce futur membre de la Fraternité sans Bannière est intriguant. Il semble faire profession de chasseur et on suppose qu’il est au service du seigneur local, c’est-à-dire ser Wilbert, chevalier fieffé de Pierremoûtier (ASOS, chap. 30, Arya). On rencontre encore ce type de chasseurs professionnels dans le Nord. Par exemple ce sont des « chasseurs Lideuil » qui fournissent des provisions à Bran et à ses compagnons en fuite vers le Mur (ASOS, chap. 25, Bran).

La Garde de Nuit est bon exemple pour la chasse alimentaire. On trouve du gibier dans les réserves de la Garde que visite Jon Snow (ADWD, chap. 18, Jon), comme du daim ou du lièvre. Bien plus tôt, Jon note que l’après-midi, l’une des tâches des gardes est de « prendre du gibier » (AGOT – JOon IV). C’est d’ailleurs au cours d’une de ces chasses que Mance Rayder, encore frère juré de la Garde, est attaqué par un lynx de fumée et laissé pour mort par ses compagnons (ASOS, chap. 8, Jon). Le rôle de maître-chien à la Garde ne semble pas (ou plus) avoir la même signification qu’au Sud. Il ne s’agit pas d’un poste visant à servir les nobles de la Garde ou le lord Commandant dans des parties de chasse, mais à fournir de la nourriture aux frères de la Garde, notamment lors des expéditions. On se souvient que c’est durant une chasse autour du Poing des Premiers Hommes que Chett, le nouveau maître-chien, prépare son complot (ASOS, Prélude). La chasse à la Garde est donc d’abord utilitaire, elle vise à trouver des moyens de subsistance dans une région difficile où la nourriture n’abonde pas. En cela, on peut rapprocher cette pratique à celles du Nord. Durant l’hiver les Nordiens vivent surtout de la chasse et de la pêche (So Spake Martin du 21 juin 2001 : (en) « The Effects of Winter » sur westeros.org) et les clans des montagnes du Nord vont jusqu’à envoyer leurs vieux chasser, dans l’espoir de réduire les bouches à nourrir, une pratique qui est également en vigueur dans la région de Winterfell (ADWD, chap. 50, Jon).

C’est donc une chasse bien différente de celle du roi Robert, malgré les rumeurs de Port-Réal qui disent que le roi est mort, non en chassant, mais en mangeant le sanglier (AGOT – Arya V).

Chasse et souveraineté

Lorsque Robert Baratheon part à la chasse à la fin de l’an 298, il n’est plus un simple seigneur, il est roi. La chasse a une autre dimension, cette fois-ci politique et royale.

La chasse a un rôle dans la politique du royaume. C’est un honneur pour les deux jeunes Lannister d’accompagner le roi en tant qu’écuyers. Chasser avec le roi (ou un membre de la famille royale) c’est aussi montrer qu’on a sa faveur. Eddard participe à une dernière chasse avec Robert avant de quitter Winterfell (AGOT – Bran II), une règle d’hospitalité mais surtout une confirmation de sa nomination en tant que Main du Roi. Cet honneur est digne de mention, comme on peut le voir pour Yohn Royce qui a participé à des chasses royales. C’est également le cas de lord Estremont, lors de la visite de Robert à Vertepierre (chasse durant laquelle Cersei trompe son mari avec Jaime) (AFFC, chap. 35, Cersei). La tradition n’est pas récente, puisque les premiers rois Targaryen, au cours de leurs pérégrinations royales, étaient conviés par leurs hôtes à des chasses à courre ou au faucon (Feu et Sang). C’était aussi le cas pour des membres de la famille royale : Jacaerys Velaryon (le fils de la princesse Rhaenyra Targaryen) et Cregan Stark passent du temps à chasser ensemble, tout comme le firent le prince Aemond Targaryen (fils de Viserys I) et Borros Baratheon (Feu et Sang).
Le rôle politique de la chasse passe aussi par la mise en scène du pouvoir royal. Ainsi on sait que Robert fait faire des tapisseries le représentant en pleine chasse et qu’il fait exposer dans la salle du trône, lieu ô combien symbolique (AFFC, chap. 18, Cersei). Inversement, le roi Aegon III Targaryen n’aimait pas chasser (Feu et Sang), élément qui participe à construire son image d’homme déconnecté de sa condition, coupé des préoccupations et des intérêts traditionnels de son statut : on attend d’un roi qu’il chasse.

Robert va chasser au Bois-du-roi, cette grande forêt au sud de Port-Réal. Ce n’est pas n’importe quel bois, comme le rappelle son nom. La chasse renvoie à un territoire réservé, un domaine où le pouvoir du roi est total. On sait que Robert a sûrement chassé au nord du Bois-du Roi, puisqu’il s’agit là du domaine royal qui n’englobe donc pas toute la forêt (AFFC, chap. 31, Jaime). Sur ces terres, rien ne peut être fait sans l’accord de la couronne, véritable propriétaire de la forêt. On en trouve l’illustration par le décret royal de 281 d’Aerys II qui accorde aux habitants du Bois-du-Roi des droits de chasse et de coupe de bois, une stratégie pour venir à bout de la Fraternité du Bois-du-Roi qui trouvait des alliés parmi ces habitants (AFFC, chap. 31, Jaime). La chasse est donc également une forme de souveraineté sur un domaine, ce qu’on peut rapprocher des bois seigneuriaux réservés à la chasse des seigneurs (le Bois-aux-Loups des Stark). C’est une question très importante. Le seigneur chasse sur ces terres, les autres braconnent. Will de la Garde de Nuit a le choix entre sa main ou le Mur après avoir braconné un daim sur les terres Mallister (AGOT – Prélude). La sanction est significative, c’est celle des voleurs. Le daim, comme le bois, est une propriété du seigneur. C’est une question de souveraineté qui est en jeu. Lors de la Danse des Dragons, l’un des prétendants au trône, Trystan Vrayfeu, accorde aux pauvres le droit d’attraper lapins, lièvres et daims dans le Bois-du-Roi (mais l’interdit pour les orignaux et les sangliers), preuve là encore que la chasse est très réglementée, et qu’elle peut-être un argument pour renforcer sa popularité ou dans ce contexte, de s’attirer des partisans et de limiter la famine (Feu et Sang). Mais même dans ce cas là, certaines proies demeurent l’apanage des nobles.

La chasse est aussi un moyen pour le roi (et la noblesse en général) d’occuper visuellement et auditivement l’espace : des tentes sont dressées, la troupe de chasse compte de nombreuses personnes (plus de vingt personnes pour la chasse de Robert), des chiens, le son des cors, etc… C’est une des façons, pour le seigneur, de marquer concrètement l’appropriation de ces territoires d’où la paysannerie est exclue. Il est intéressant à ce propos de rapporter une anecdote. Dans Le Feu ne Tue pas un Dragon, George R.R. Martin évoque la scène qu’il a le moins aimé dans l’adaptation télévisuelle Game of Thrones :

Là où le budget nous a vraiment fait défaut, c’est la scène que j’aime le moins sur les huit saisons de la série, quand le roi Robert part à la chasse. On voit quatre types à pied dans les bois, avec une lance à la main, et Robert qui emmerde Renly. Dans le roman, Robert part à la chasse, on apprend qu’il a été éventré par un sanglier, ses hommes le ramènent, et il meurt. Je n’ai jamais écrit [une scène de chasse]. Mais je sais à quoi ressemble une chasse royale. Le cortège comprend au moins une centaine de personnes, il y a des tentes, des chasseurs, des chiens, des cors qui résonnent. Voilà comment un roi chasse ! Il ne se contente pas de marcher dans la forêt avec trois copains en espérant croiser un sanglier. Mais, à ce stade, on ne pouvait s’offrir ni les chevaux, ni les chiens, ni les tentes.

George R.R. Martin, répondant à James Hibberd (Le Feu ne tue pas un Dragon, 2020, pp. 78-79)

On retrouve ici l’attrait de Martin pour des scènes grandioses et visuellement marquantes. Mais, et Martin n’en est pas forcément pleinement conscient, ce que notre auteur favori décrit aussi dans ce regret, c’est bien cet enjeu de représentation de la domination seigneuriale (royale en l’occurrence).

Le Livre de chasse – Folio 13 (XVème siècle, BnF, Paris)

Enfin, si la chasse est une pratique royale comme le montre également l’engouement du prince et futur roi Joffrey (AGOT – Sansa III), elle peut parfois être mal vue pour un souverain. À la fin du Moyen Âge, on reproche à certains princes de passer trop de temps à la chasse, c’est aussi ce qu’on dit de Robert qui délaisserait le royaume pour les femmes, la boisson et la chasse. Une fuite des responsabilités qui est mal vu aussi bien par le peuple que par les grands.

Chasse et gibier

Au Moyen Âge, tous les gibiers ne se valent pas. Il y a le petit gibier et le gros gibier, ce dernier souvent considéré comme le plus noble. Dans le premier tome on a relevé de nombreux animaux qui pourraient être chassés. C’est le cas des passereaux (AGOT – Bran II) ou des zibelines (AGOT – Prélude) que l’on chasse pour leur peau. On trouve des aurochs (AGOT – Sansa I), des daims (AGOT – Prélude, Bran IV et V, Jon IV), des sangliers (AGOT – Bran I) ou des cerfs. Le type de bête a une grande importance. Plus que le fait de braconner, ce qui condamne Will est le braconnage d’un daim, animal noble, et non un lapin ou d’une perdrix (AGOT – Prélude).

Notons d’abord un certain type de chasse particulier, la battue, qui n’a rien de noble mais vise à éliminer des espèces indésirables ou dangereuses. Ainsi lord Roose Bolton lance-t-il une battue dans les environs d’Harrenhal pour se débarrasser d’une meute de loups féroces (ACOK, chap. 65, Arya). Cette pratique à quelque chose à voir avec une souveraineté seigneuriale, il s’agit d’assurer la sécurité d’un territoire pour ses habitants, un rôle important de protection qui fonde le pouvoir seigneurial. Lord Manderly fait chasser les otaries du Roc aux Otaries par des arbalétriers pour y installer des engins de guerre (ADWD, chap. 16, Davos). Il est également à noter que pour se débarrasser des nuisibles, les seigneurs peuvent parfois employer des spécialistes, comme le fameux Fromage, un chasseur de rats du Donjon Rouge qui fut chargé de tuer Jaehaerys lors de la Danse des Dragons (Feu et Sang).

Le Livre de chasse – Folio 27 – « l’ours et toute sa nature »
(XVème siècle, BnF, Paris)

On notera aussi la place des bêtes féroces à chasser qui ont une très forte symbolique, comme l’ours. Comme l’a démontré Michel Pastoureau, l’ours a une histoire au Moyen Âge. Craint et vénéré par les populations païennes, il est le roi des animaux, associé fortement aux rois (la racine du nom Arthur vient de l’ours). Comme les khals tuent des hrakkars (AGOT – Daenerys VII), les rois se devaient, dans les légendes, de tuer des ours, qui étaient souvent leur géniteur. En effet, pour les médiévaux, les ours se reproduisaient comme et avec les êtres humains (position du missionnaire, idée venue de Pline). On voit au passage un rapprochement avec les légendes des Île-aux-Ours (où les femmes Mormont s’accoupleraient avec des ours selon les rumeurs) ou le surnom de Tormund Époux-d’Ours. Dans notre Moyen Âge, l’Église tentera, avec succès, de promouvoir des animaux plus rares, moins connotés et donc moins dangereux comme l’aigle et surtout le lion (qui est toujours notre roi des animaux).

Mais il ne s’agit pas du seul animal à forte symbolique. Robert Baratheon chasse un cerf blanc avant de se tourner vers un sanglier. Or ces deux animaux, au Moyen Âge, connaissent un destin opposé dans la symbolique. Le sanglier, admiré par les Romains qui lui reconnaissent force et courage (il se bat jusqu’à la mort) et vénéré par les Celtes, est progressivement diabolisé par l’Eglise qui en fait un être vil qui compte 6 des 7 péchés capitaux (il n’est pas avare). Bête et monture du diable, le sanglier n’est pas aimé. Le cerf, auparavant considéré comme un être faible, lâche et peureux, est promu et devient la chasse noble par excellence, figure du Christ. De plus, cela correspond à une évolution de la société qui réserve la chasse aux grands seigneurs capables de pratiquer une chasse au cerf qui demande un domaine forestier beaucoup plus grand. Dans les romans du XIIIème siècle, le sanglier fantastique que poursuivait le roi Arthur dans les versions précédentes est devenu un cerf blanc légendaire, possiblement l’inspiration de Martin. Cette symbolique (probablement inconsciente de la part de l’auteur) est intéressante. Le monstre qui tue, c’est le sanglier. Au passage, la symbolique du cerf est renforcée par le blason des Baratheon.

Surtout la mort du roi Robert n’est pas une mort du Xème siècle. Au haut Moyen Âge, mourir dans une chasse au sanglier était quelque chose d’honorable. Or cela ne semble pas être le cas pour Robert. Les rumeurs de Port-Réal sur le roi mourant en mangeant le sanglier ne sont pas très reluisantes (AGOT – Arya V). La mort de Robert se rapproche de celle de Philippe IV le Bel dont on se gausse puisqu’il est mort en chassant le sanglier (rappelons que Philippe IV le Bel est le personnage principal du premier tome des Rois Maudits, inspiration du Trône de Fer et qu’a préfacé Martin dans sa version anglaise). Cela rappelle également la mort honteuse de Philippe, fils de Louis VI, en 1131, d’une chute de cheval à la suite du passage d’un cochon (dont le sanglier devient de plus en plus proche au cours du Moyen Âge).

La mort de Philippe de France d’après une enluminure des Grandes Chroniques de France, 1332-1350

Chasse et mort

Comme le montre la mort de Robert Baratheon, la chasse est une pratique dangereuse. A tel point qu’elle permet de maquiller des assassinats qui deviennent de simples accidents de chasse. Outre l’assassinat de Robert Baratheon on trouve une multitude d’autres exemples. Ainsi on murmure que la mort du père de ser Gregor Clegane, lors d’une chasse, n’était pas tout à fait accidentelle (AGOT – Eddard VIII). Lorsque lord Tarly menace de tuer Samwell s’il ne prend pas le noir, il mentionne un accident de chasse (AGOT – Jon IV). Pour se débarrasser de Bronn, Cersei suggère à Balmain Boulleau et à Falyse Castelfoyer de le tuer et de maquiller son meurtre en « accident de chasse » (AFFC, chap. 25, Cersei). On devrait plus s’interroger sur ce moyen de tuer, couramment utilisé à Westeros.

Reste le cas très particulier de la chasse à l’être humain, qui semble unanimement condamnée. L’exemple type étant bien entendu Ramsay Snow qui chasse des jeunes filles avant de les violer et de les tuer. Il donne d’ailleurs les noms de ses victimes à ses chiennes. En cela il rejoue peut-être, et de façon macabre, la scène du viol de sa mère par lord Roose Bolton, qui revenait justement d’une chasse au renard (ADWD, chap. 33, Schlingue).

Chasse et genre

Aujourd’hui on ne parle plus d’histoire des femmes, mais d’histoire des genres. Il s’agit d’étudier les genres (à ne pas confondre avec le sexe) et les pratiques sociales qui y sont associées (donc également étudier les pratiques viriles ou typiquement masculines). La place des femmes dans l’univers du Trône de Fer mériterait une étude détaillée, que je laisse à d’autres. Nous nous intéressons surtout à la condition féminine par rapport à la chasse à Westeros.

La chasse semble au premier abord une pratique éminemment masculine. C’est d’abord parce qu’elle est liée à la fonction guerrière, incompatible avec la condition féminine. Elle demande également de monter à cheval comme un homme et donc de porter des vêtements qui n’ont rien de féminin pour la société des Sept Couronnes. La septa a un rôle central dans l’éducation des jeunes filles nobles du royaume. C’est elle qui inculque le rôle de la femme dans cette société. Elle a donc un puissant rôle dans la formation des genres au sein de l’élite des Sept Couronnes. Septa Mordane reproche ainsi à Arya de vouloir partir à la chasse avec son père (ACOK, chap. 20, Arya).

Toutefois des femmes de la noblesse semblent participer régulièrement à des chasses. Il s’agit alors le plus souvent de chasses au faucon, comme le montrent les chevauchées de Margaery Tyrell. Les princesse Baela et Rhaena Targaryen pratiquaient la chasse au faucon, ainsi que la chasse à courre. Et c’est d’ailleurs au cours d’une chasse que mourut lady Rhea Royce, la femme du prince Daemon Targaryen, en l’an 115 (Feu et Sang). Ces chasses sont alors à comprendre comme des pratiques de sociabilisation entre membres de la noblesse, des moments de rencontre, d’échanges, de mise en scène, pourquoi pas de tractations politiques. Mais contrairement aux hommes, ces chasses sont moins importantes dans la construction de leur identité de noble : ainsi la jeune Rhaena Targaryen (fille d’Aenys I) refuse de participer à aux chasses à courre ou au faucon auxquelles elle a été invitée (Feu et Sang).

Nous pouvons également nous pencher sur le cas de deux femmes de la famille royale qui pratiquaient la chasse. Ce fut d’abord le cas de la reine Alysanne Targaryen qui aimait chasser. Il semble que cela n’ai nullement nuit à son image puisqu’elle reste encore associée à l’idée de « bonne reine ». On connait aussi le cas de la princesse Daena Targaryen, fille d’Aegon III. Là l’image est bien différente, ses penchants pour la chasse sont associés à son surnom, la Rebelle (the Defiant). Figure de l’amazone opposée aux codes de la société, la pratique de la chasse par la princesse est plus vue comme un défi à la cour. Son image est bien sûr compliquée dans les Sept Couronnes, car elle reste la mère de Daemon Feunoyr, qui a désobéi au roi. En brisant les codes (dont ceux de la pratique de la chasse), elle a entraîné, indirectement, une guerre civile.

Meera et Jojen Reed à la chasse aux grenouilles (illustration par Nilah Magruder)

Meera est une autre figure de la chasse féminine. Mais il ne s’agit pas d’une chasse noble. Elle chasse d’abord des grenouilles avec son trident et son filet. Une coutume des Paludiers, très mal vue des autres habitants de Westeros, qui les appellent les « bouffe-grenouilles ». Mais cette permission faite aux femmes de chasser dans le Neck, plus qu’une simple question de coutumes particulières préservées par les Paludiers, peut également être le signe d’un lien fort entre ce peuple et les Enfants de la Forêt, qui chassaient également en groupe de deux, un homme et une femme, avec les mêmes armes.

Chasse et arts

Il serait vraiment intéressant de mieux étudier les mentions de chasse dans les œuvres d’arts, comme les chansons par exemple. Nous n’avons que deux exemples intéressants, qui montrent un intérêt de la société pour cette pratique. D’abord les fameuses tapisseries de Robert Baratheon évoquées plus haut, où le roi est représenté en pleine chasse et qui sont accrochées dans la salle du trône. Elles démontrent que le roi tient à ce que ses sujets voient la figure royale en train de pratiquer la vènerie. Il y a une image très positive de cette activité. Dans une missive, Littlefinger demande à la reine Cersei d’envoyer ces tapisseries au Val d’Arryn (AFFC, chap. 18, Cersei).

L’autre exemple est une scène de chasse en marqueterie d’ébène qui orne les deux vantaux de la porte du forgeron Tobho Mott (AGOT – Eddard VI). C’est un motif qui est donc également apprécié par des non-nobles et, fait encore plus intéressants, par un Oriental.

La chasse en dehors des Sept Couronnes

La chasse n’est pas un phénomène circonscrit au royaume actuel des Sept Couronnes. On en trouve même des traces dans les sociétés anciennes. Ainsi Jon découvre-t-il, au pied du Poing des Premiers Hommes, une cache avec des armes en verredragon qui sont peut-être antique mais également un cor de chasse (ACOK – chap. 35, Jon). Les Enfants de la Forêt pratiquaient la chasse, et c’est d’ailleurs la caste des selvedanseurs (ou danseurs des bois), spécialisée dans la chasse, qui mène le combat contre les Premiers Hommes (TWOIAF). Si l’on en croit la légende de Garth Mainverte, ces derniers étaient des chasseurs-cueilleurs avant leur arrivée à Westeros. Nous disposons en tout cas de nombreux indices prouvant que les Premiers Hommes d’avant l’invasion andale pratiquaient couramment la chasse : le premier seigneur Castral, Corlos fils de Caster, était réputé pour être un chasseur (TWOIAF). Il est donc logique qu’elle soit encore pratiquée par le Peuple Libre.

Au-delà du Mur, comme dans les Montagnes de la Lune, il semble par contre que la chasse n’ait pas de valeur aristocratique. Il s’agit d’une chasse utile, pour manger ou se vêtir. Par exemple un des chefs des clans des montagnes de la Lune porte-t-il un manteau en peau de lynx (AGOT – Tyrion IV), or cet animal pullule dans cette région (AGOT – Catelyn VI). Affronter un lynx est peut-être un signe de force et de courage, indispensable pour ces chefs, d’où la symbolique du manteau. Au-delà du Mur, le cas intéressant est sans conteste Varamyr qui est un change-peau mais également un chasseur, comme son maître Haggon qui était un trappeur (ADWD – Prélude). D’ailleurs, l’un des loups de Varamyr a pour nom Chasseur.

Sur la chasse à Essos, nous ne savons pratiquement rien. Dans les Cités Libres, le pouvoir est avant tout urbain et donc éloigné d’une véritable pratique de la chasse. Une exception toutefois avec Qohor dont les ressortissants sont réputés pour être d’excellents chasseurs (TWOIAF). À Ibben, on parle de chasse à la baleine, dont les habitants font le commerce (AGOT – Catelyn X), mais cela touche plus à la question passionnante de la pêche qu’à celle de la chasse.

Un hrakkar, lion blanc des plaines dothrakis (illustration par Kevin Catalan)

Une exception sur Essos toutefois, avec les Dothrakis. Ces derniers connaissent et pratiquent la chasse. Dans le canon de la série TV, leur vocabulaire l’illustre également : Fonakosar veut dire partie de chasse, et fonas clek (bonne chasse) est devenue une expression. Il semble que ces nomades chassent en groupe, d’où la présence d’un idrik ou meneur de la chasse. Le khal part assez souvent chasser, comme à Westeros, il s’agit d’une pratique de pouvoir. Khal Drogo part à la chasse au hrakkar, un grand lion blanc des plaines de Vaes Dothrak, cette chasse est très importante et symbolique. C’est une bête féroce et l’adversaire des khals, qui doivent prouver leur valeur en les affrontant et les tuant (AGOT – Daenerys VI). On voit encore ici l’association de la chasse et du pouvoir. Le Khal Drogo fait d’ailleurs tanner la peau de la bête et l’offre à Daenerys qui la revêt. Ainsi, par le symbole il souligne aussi le pouvoir de la khaleesi qui partage cet insigne royal, mais qui reste un présent du khal. Comme à Westeros, la pratique de la chasse chez les Dothrakis reste masculine. La femme ne chasse pas, tout comme elle ne partage pas la chevauchée de son mari, Khal Drogo ignorant sa femme pendant la journée (AGOT – Daenerys III).

Conclusion

Ainsi, grâce à un événement (la mort du roi Robert) et à une pratique sociale bien précise (la chasse), nous avons pu nous intéresser à de multiples aspects des sociétés du Trône de Fer. Il serait bon d’approfondir certains sujets, sans nous en tenir à la chasse, ou bien de comparer avec d’autres pratiques (la pêche notamment). Pour cela, je pense qu’il est impératif de continuer notre travail de relecture et d’enrichissement du wiki, tant le monde de Martin est vaste et riche.

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