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L’éditeur espagnol du Trône de Fer n’a plus les moyens de continuer à publier la saga

L’éditeur espagnol du Trône de Fer n’a plus les moyens de continuer à publier la saga

L’annonce peut sembler anecdotique, mais l’éditeur espagnol Gigamesh, éditeur historique de la saga en Espagne, a annoncé vendredi sur Twitter qu’il est au regret de devoir abandonner la publication de la saga du Trône de Fer en raison des montants de droits éditoriaux trop importants demandés par les agents pour la publication de la saga, et du risque trop élevé que cela fait prendre à la maison d’édition.

Aunque nos dé mucha pena, no podremos seguir publicando #CancióndeHieloyFuego porque el agente nos exige demasiado. Hay riesgos que no podemos asumir.

Même si cela nous peine beaucoup, nous ne sommes pas en mesure de continuer à publier #CanciondeHieloyFuego [ndlt : Le Trône de Fer] car l’agent exige trop de nous. Il y a des risques que nous ne pouvons prendre.

Le souci ne date pas d’hier : en 2011, lors de la publication de ADWD, les négociations financières avaient été si tendues qu’il avait fallu que George R. R. Martin intervienne personnellement pour faciliter l’achat des droits par Gigamesh.
Gigamesh n’avait par ailleurs pas été en mesure de publier Feu et Sang en 2019 pour des questions de coûts trop élevés pour eux. C’est l’éditeur « Penguin Random House Spain » (filiale espagnole de la maison mère qui édite ASOIAF aux États-Unis, implantée en Espagne en 2013 et dont l’influence ne cesse de croître dans le paysage éditorial espagnol) qui avait remporté la mise.

Gigamesh est un éditeur indépendant, de moins de 10 employés. On imagine donc qu’avec l’incertitude sur la date de publication de TWOW (et à plus forte raison d’ADOS), l’éditeur ne peut se permettre de financer les droits réclamés par l’agent : les montants en jeu affecteraient probablement durablement leur trésorerie, les empêchant vraisemblablement d’investir sur d’autres projets ou tout simplement de faire tourner leur maison d’édition dans un contexte éditorial particulièrement tendu.

Édition espagnole du premier tome du Trône de Fer – Gigamesh

Au delà des droits de TWOW, c’est finalement l’ensemble des droits qui a été perdu par l’éditeur : les fans espagnols de la saga ne pourront donc bientôt plus trouver les tomes de la saga principale dans leurs librairies jusqu’à nouvel ordre. (Gigamesh détient en revanche toujours les droits de publication pour l’encyclopédie The World of Ice and Fire et pour les nouvelles de Dunk et l’œuf.)

Si cette rupture de production n’impacte que l’Espagne – la publication des tomes en Amérique Latine étant assurée par Random House Latam – la cession de droits pourrait avoir des impacts sur le texte disponible dans les contrées hispanophones. En effet, le texte utilisé par l’éditeur latino-américain était la traduction officielle fournie jusqu’alors par Gigamesh. Avec la cession des droits, le glossaire de noms propres utilisés dans la traduction pourra être modifié à l’envie par le nouvel éditeur, et cela pourrait impacter le texte disponible dans tous les pays hispanophones.

La nouvelle est assez mal reçue par les lecteurs espagnols : le travail d’édition de Gigamesh était particulièrement apprécié des fans. La petite maison d’édition est assez proche des communautés, a fait intervenir Enrique Corominas pour des illustrations de toutes les éditions du Trône de Fer pour leur plus grand plaisir, et organisait beaucoup d’événements autour de la saga.

En France, rappelons que les droits sont détenus par Pygmalion, filiale du groupe Flammarion. Avec un marché du livre considérablement plus restreint que le marché hispanophone (et donc des droits d’éditions moindres), Florence Lottin, l’éditrice des livres chez Pygmalion, nous avait confié lors d’une interview que les droits de TWOW étaient déjà achetés.

Pour plus d’informations sur le sujet (en espagnol) : l’analyse du site los siete reinos.

4 Comments

  1. Ça me rappelle la perte récente des droits de publication des comics de l’UE Légendes SW en France par les éd. Delcourt, après 20 ans.

  2. J’imagine la rage des lecteurs espagnols !

  3. Je trouve cela frustrant que les petites boites d’édition, qui font pourtant un super boulot, ne puissent continuer à cause de problèmes de budget. Ils devraient avoir l’aide de l’Etat. Et cela pénalise les lecteurs qui n’ont pas le choix sur ce sujet.
    Et Martin ne peut rien y faire de plus en cette période trouble.

  4. Un vrai coup dur pour nos frères espagnols.
    Le travail de qualité des petites maisons d’éditions qui suivent la saga depuis le début n’est pas valorisé, c’est vraiment dommage.
    En ces temps difficiles, il faudrait que l’augmentation des droits soit plus mesuré, en rapport avec l’investissement demandé aux éditeurs …

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