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Approfondissements / Les livres

Les Mormont : et dans les livres, alors ?

Les Mormont : et dans les livres, alors ?

Rares sont les maisons secondaires de Westeros qui ont été développées dans la série. Au mieux, on voit passer un Karstark, un Omble, quelques Tarly, mais ces nobles ne s’attardent guère dans le show : une ou deux saisons, et puis s’en vont … À une exception près, une maison secondaire qui, depuis la saison 1, a eu la chance unique de voir ses membres devenir des personnages récurrents de l’intrigue : les Mormont.

C’est un privilège d’autant plus incroyable que les personnages du show issus de cette maison ont tous un fort potentiel de sympathie et qu’ils ont des caractères très reconnaissables, entre « le vieux bougon », « l’amoureux transi » et « la gamine badass ».

La Garde de Nuit vous propose de découvrir ce que sont ces Mormont dans les livres.

La maison Mormont

Blason de la maison Mormont (Crédits : La Garde de Nuit)

Blason de la maison Mormont (Crédits : La Garde de Nuit)

Les Mormont sont une famille noble du Nord. Vassaux des Stark, ils résident sur l’Île-aux-Ours, située dans la baie des Glaces, à l’ouest du Mur et au sud de terres occupées par les sauvageons. Isolées et froides, leurs terres ne produisent que peu de ressources. Les Mormont dominent l’île depuis que le roi du Nord, Rodrick Stark, en a chassé les Fer-nés. Bien que peu fortunée, cette famille jouit d’une grande réputation d’honneur et de bravoure. Leur devise serait « Here we stand ! » (ce qui signifie : « Ici, nous nous dressons ! », ou, moins littéralement, « On ne bougera pas d’ici ! »).

La demeure ancestrale de la maison est à l’image de ses habitants, rude et brute. Elle est bâtie en rondins de bois et protégée par un remblai de terre. La porte est ornée d’une statue représentant une femme couverte d’une peau d’ours, portant d’une main un nourrisson en train de téter et dans l’autre une hache. Cette statue est à l’image des femmes de l’île qui se battent traditionnellement aux côtés des hommes contre les Fer-nés ou contre les sauvageons (parfois, elles doivent se défendre seules, lorsque leurs maris sont à la pêche). La légende prétend que les femmes de la maison Mormont sont des change-peaux qui se transforment en ourses afin de s’accoupler avec des ours dans les bois.

La maison possède depuis cinq cents ans une épée en acier valyrien, appelée Grand-Griffe. Sa lame est plus grande d’un bon demi-pied que les épées longues à une main traditionnelles, et comporte trois profondes rainures. Son pommeau représente une tête d’ours en argent.

Lorsque la saga débute, c’est lady Maege, sœur de lord Jeor, qui dirige la maison en tant que dame de l’Île-aux-Ours.

Les membres de la maison

La maison Mormont a une histoire atypique, ce qui explique comment une fille cadette peut diriger une maison du Nord, alors que son frère aîné et son neveu sont encore en vie.

Jorah Mormont, un amoureux malheureux

Jorah Mormont (Crédits : <a href="http://www.amokanet.ru/">Amok</a>, avec son autorisation)

Jorah Mormont (Crédits : Amok, avec son autorisation)

Lord Jeor Mormont n’a eu qu’un fils, Jorah, né en 255 (et qui a donc quarante-trois ans au début de la saga). Alors qu’il est encore jeune, son père le marie à une Glover de Motte-la-Forêt (dans le Nord). Jorah vit dix ans avec elle, jusqu’à ce qu’elle meurt lors d’une troisième fausse couche.
Lord Jeor Mormont ayant décidé de rejoindre la Garde de Nuit, Jorah devient le nouveau seigneur de l’Île-aux-Ours. Il participe à la rébellion de Robert Baratheon, où il se joint aux forces de son suzerain, lord Eddard Stark. Il combat notamment à la bataille du Trident et au sac de Port-Réal.
Alors qu’il a trente-quatre ans, lord Jorah se joint une nouvelle fois à son suzerain, lord Eddard, pour mater la rébellion de Balon Greyjoy contre le trône de Fer. Il est l’un des premiers à monter sur les remparts de Pyk. Récompensé pour sa bravoure, lord Jorah est fait chevalier par le roi Robert (alors que les nobles du Nord, ne croyant pas aux Sept, ne sont pas des adeptes de la chevalerie).

Le roi organise un grand tournoi organisant un tournoi à Port-Lannis pour célébrer la victoire. C’est là que Jorah rencontre Lynce Hightower, dernière fille de lord Leyton, seigneur de Villevieille. Il en tombe profondément amoureux et lui demande s’il peut porter ses couleurs pendant le tournoi. Elle accepte, transfigurant ainsi Jorah, qui démonte tour à tour Jason Mallister, Yohn Royce, Ryman et Hosteen Frey, Walter Whent, Lyle Crakehall et Boros Blount de la Garde Royale. Lors de la finale, il rompt neuf lances avec le garde royal Jaime Lannister, et manque de le désarçonner. Le roi Robert le déclare vainqueur. Lord Jorah demande lady Lynce en mariage, ce que celle-ci accepte.

Jorah croit alors connaître le bonheur… pendant quinze jours, à peine, le temps de rentrer à l’Île-aux-Ours. Lynce se révèle être une femme coquette et exigeante. Sa nouvelle demeure lui déplaît profondément. Habituée à la prospérité du Bief et à l’opulence de la maison Hightower, Lynce ne parvient à s’adapter ni au climat rigoureux du Nord, ni aux mœurs rustiques des Nordiens.
Pour tenter de la satisfaire, lord Jorah s’efforce de reproduire le style de vie luxueux auquel Lynce est habituée : il se ruine en faisant venir jongleurs et musiciens ou en offrant de splendides cadeaux à sa dame. Mais ces dépenses restent vaines. Il décide alors de retourner dans le sud, pour y retrouver les tournois et les fêtes qui ont fait sa gloire… Mais il ne connaît plus de victoire, et les rançons qu’il doit payer alourdissent encore ses dettes. Pour payer ses créanciers, il se déshonore en vendant des braconniers à un marchand d’esclave de Tyrosh, alors que la loi des Sept Couronnes l’interdit. Apprenant ce méfait en 293, lord Eddard Stark décide de se rendre sur l’Île-aux-Ours pour exécuter Jorah en personne. Ne souhaitant ni mourir, ni rejoindre son père au sein de la Garde de Nuit, ser Jorah choisit de s’enfuir avant l’arrivée de son suzerain.

Il s’exile avec sa femme et devient mercenaire dans les cités libres d’Essos. Mais Lynce s’est lassée de son époux : à Lys, elle devient la concubine de Tragar Ormollen, un prince marchand. Celui-ci menace Jorah : soit il abandonne sa femme et quitte la cité immédiatement, soit le prince le réduit en esclavage pour paiement de ses dettes. Ser Jorah s’enfuit encore, seul.
Durant les cinq années de son exil en Essos, Jorah Mormont fréquente nombres de mercenaires (comme les Puînés), apprend les coutumes et le langage de certains peuples (comme les Dothrakis). Il gagne le surnom de « l’Andal », ironique pour un personnage issue d’une maison qui descend plus probablement des Premiers Hommes.

En 298, au début de la saga, il se présente au mariage de Daenerys Targaryen et de Khal Drogo. Il est alors un chevalier vieillissant (quarante ans, le pôv’petit vieux) et ses cheveux sont déjà clairsemés. Toutefois, il reste un combattant imposant et vigoureux, au corps couvert d’une toison rude et brune. Avec les derniers Targaryen, auxquels il prête hommage, il se montre à la fois dévoué (surtout avec Daenerys) et assez balourd.
Mais sa loyauté est feinte : ser Jorah est en effet entré au service de Viserys Targaryen afin de l’espionner pour le compte de Varys, le maître des chuchoteurs du roi Robert Baratheon. Il espère de cette manière obtenir une amnistie pour ses crimes, qui lui permettrait de rentrer à Westeros. Mais le temps passant, ser Jorah s’attache de plus en plus à Daenerys Targaryen (dont les traits lui rappellent sans doute son ancien amour, Lynce). Il continue néanmoins d’informer Varys, notamment lorsque Daenerys tombe enceinte. Il la sauve cependant d’une tentative d’assassinat, soi-disant commanditée par Robert Baratheon.

Après la mort de Khal Drogo et la naissance d’un monstrueux enfant mort-né, Daenerys fait de Jorah le premier membre de sa Garde Régine (équivalent de la Garde Royale), juste avant la naissance de ses dragons. Il reste son conseiller et son protecteur, tout en continuant à renseigner Varys sur ses faits et gestes. Il donne cependant à Daenerys de sages conseils, et lui recommande sans cesse la prudence et la méfiance. Bien qu’il se montre très protecteur et qu’il se permette de discuter les ordres de sa reine, il finit toujours par lui obéir. À Qarth, il envoie son ultime message à Varys, et cesse ensuite d’espionner sa reine.
Après être devenue indésirables à Qarth, Daenerys et Jorah quittent la ville pour Pentos, à la demande d’Illyrio Mopatis, qui leur a envoyé des émissaires (dont le fameux Barristan Selmy, ex-commandant de la Garde Royale, incognito). Méfiant, Jorah parvient à convaincre Daenerys de détourner les navires vers Astapor, pour tenter d’y acheter des Immaculés. Il se laisse entraîner par l’intimité du moment et embrasse sa reine comme un amant. Celle-ci le repousse et refuse d’aller plus loin, en lui rappelant ses devoirs vis-à-vis d’elle. Elle évite par la suite d’être seule avec lui, même si elle continue à suivre ses conseils, et qu’elle lui garde sa confiance.

Une fois son armée acquise, Daenerys ordonne le sac de la ville. Ser Jorah devient le nouveau commandant de ses armées. Il conseille toujours sa reine dans le sens de la prudence, mais celle-ci finit par se rebiffer, l’accusant d’écarter d’elle tout autre conseiller que lui-même.
Après que l’armée commandée par Jorah a remporté la bataille de Yunkaï, Daenerys progresse vers Meereen. Sur le chemin, Jorah démasque Barristan Selmy, qui révèle alors le double-jeu auquel Jorah s’était livré en informant Varys. Daenerys est partagée entre la rage que lui inspire leurs mensonges et la reconnaissance qu’elle éprouve pour leurs services et leur dévouement. Après que Meereen a été prise, elle les reçoit pour décider de leur avenir. Daenerys comprend que Jorah, en informant le conseil restreint de sa grossesse, a en partie provoqué les tentatives d’assassinat dont elle a été la cible. Ser Jorah aggrave la situation en ne parvenant pas à reconnaître pleinement ses torts, et en manquant de respect à sa reine. Celle-ci n’arrive pas non plus à lui pardonner, car elle avait confiance en lui, et elle le condamne à l’exil.

Le chevalier mène alors une vie d’errance désespérée, qui le conduit, environ huit mois plus tard, dans un bordel de Selhorys, où il paie une prostituée aux cheveux d’argent. Bien qu’enivré, il reconnaît Tyrion Lannister parmi les clients. Il le capture et prétend le ramener à la reine. Ils se rendent à Volantis, où ils rencontrent une naine, Sol, qui a déjà croisé la route de Tyrion.
Sol, Tyrion et Jorah montent sur un bateau à destination de Qarth. Une violente tempête les fait dériver, jusqu’à ce qu’ils rencontrent un navire esclavagiste. Jorah tente de se défendre, mais il est dépassé par le nombre. Il est battu presque à mort, affamé et marqué au fer d’une face de démon sur la joue.
Les trois compagnons sont ramenés à Meereen laquelle est assiégée par les Yunkaïis, qui veulent faire ployer Daenerys Targaryen. Jorah, Tyrion et Sol sont vendus comme baladins à un riche esclavagiste de Yunkaï. L’ancien chevalier, ne mettant aucune conviction dans le rôle qu’il est censé jouer, est quotidiennement battu et retenu en cage.
Lorsqu’une terrible maladie survient dans le camp, Tyrion trouve un stratagème pour qu’ils échappent tous à leur propriétaire. Ils rejoignent une compagnie de mercenaires que Jorah connaît bien, les Puînés, alliés temporaires de Yunkaï, et que Tyrion espère retourner du côté de Daenerys.

Dans la série, Jorah Mormont est atteint de grisécaille, une maladie proche de la lèpre. Dans les livres, il est peu probable qu’un tel sort l’attende… Car ce rebondissement appartient à la trame d’un autre personnage, Jon Connington, dont le rôle est comparable à celui de Jorah : conseiller d’un des prétendants au trône de Fer, la maladie le force à précipiter certains événements.

Le Vieil Ours et son corbac

Jeor Mormont, la figure paternelle

Jeor Mormont (Crédits : <a href="http://www.amokanet.ru/">Amok</a>, avec son autorisation)

Jeor Mormont (Crédits : Amok, avec son autorisation)

Lord Jeor Mormont a choisi de quitter son domaine et sa famille pour se consacrer à la Garde de Nuit lorsque Jorah a été en âge de lui succéder (à environ vingt ans). Après environ quinze ans de service dans la Garde, Jeor en devient lord Commandant. Quelques années plus tard, lorsque son fils s’enfuit en exil, lord Jeor est accablé de tristesse et de honte. Étant attaché par serment à la Garde de Nuit, il ne peut (ni ne veut) retourner sur l’Île-aux-Ours. Toutefois, sa sœur, devenue dame de l’Île-aux-Ours, lui renvoie l’épée ancestrale de la famille, Grand-Griffe, que Jorah n’a pas emportée avec lui en exil. Lord Mormont préfère la remiser, car elle lui rappelle trop son fils.

Au Mur, Jeor est confronté au déclin des effectifs, qui le contraint à envoyer des patrouilleurs de manière aléatoire, et non plus régulièrement comme auparavant. Il s’inquiète des rumeurs de phénomènes étranges au-delà du Mur. Des patrouilleurs disparaissent de plus en plus fréquemment, notamment Benjen Stark, leur chef.
Sur les conseils de mestre Aemon, il prend Jon Snow comme aide de camp. Un jour, on lui ramène le cadavre d’Othor, un patrouilleur qui accompagnait Benjen Stark. La nuit venue, le cadavre se relève et tente de tuer Jeor Mormont. Il est sauvé de justesse par Jon Snow et son loup géant albinos, Fantôme. En remerciement, lord Jeor lui confie Grand-Griffe, dont il a fait remplacer le pommeau par une tête de loup aux yeux rouges.

Lord Mormont expédie la main d’un des morts-vivants, enfermée dans un bocal et encore agitée de mouvements, à Port-Réal pour réclamer au trône de Fer une aide plus conséquente pour la Garde de Nuit. Il envoie également des messages aux différents rois qui se disputent le royaume après la mort du roi Robert, pour leur rappeler leur devoir d’assistance. Il décide ensuite de prendre la tête d’une forte expédition au-delà du Mur, pour tenter de comprendre ces événements mystérieux et d’aller vérifier les rumeurs alarmantes concernant le rassemblement d’une armée de sauvageons menée par le patrouilleur félon, Mance Rayder.

Le détachement fait étape chez Craster, qui leur donne des renseignements sur la localisation des sauvageons. L’expédition remonte ensuite encore plus au nord, jusqu’à la colline du Poing des Premiers Hommes, où doivent les rejoindre une centaine d’hommes supplémentaires venus d’un autre château du Mur. La position est facile à défendre et bien placée pour surveiller les sauvageons.
Lord Mormont y fait réparer la muraille, creuser des fossés munis de piques et poser des chausses-trappes. Il ordonne à Samwell Tarly de tenir les corbeaux prêts, afin de pouvoir envoyer des messages immédiatement en cas d’attaque surprise.

Jeor apprend que Mance Rayder est devenu roi d’au-delà du Mur et qu’il a réuni son peuple pour trouver un moyen magique de faire tomber le Mur. Il décide d’avertir les rois de Westeros de cette menace et envoie trois groupes de cinq éclaireurs pour estimer les forces des sauvageons. Dans l’immédiat, il préfère éviter les affrontements, bien qu’il sache que la Garde de Nuit a l’avantage, car ses hommes sont mieux équipés et mieux disciplinés. Le Poing des Premiers Hommes leur fournit une position défensive stratégique, qui barre la route du Mur aux sauvageons.

Sur les trois groupes, un seul revient, qui alerte le lord Commandant : les sauvageons sont trente mille, qui avancent sur leur position. Lord Mormont tergiverse, alors que ses officiers sont divisés : certains veulent se replier vers le Mur, d’autres prétendent que la horde des sauvageons désordonnée, comprenant des femmes et des enfants, est vulnérable à des attaques brusques.
Avant qu’une décision ait pu être prise, les Marcheurs Blancs attaquent le Poing des Premiers Hommes pendant la nuit. Malgré l’organisation de lord Mormont, des centaines de spectres débordent rapidement les défenses et massacrent les hommes de la Garde de Nuit. Les quelques rescapés, dont le lord Commandant, sont forcés de battre en retraite vers le sud. Harcelée chaque nuit par les spectres ou les Marcheurs blancs, la petite troupe parvient péniblement à rejoindre le manoir de Craster. Ce dernier leur accorde l’hospitalité à contre-cœur et exige leur départ après la naissance du fils de Vère. Lors du dernier repas, une mutinerie éclate et Jeor est poignardé par Ollo le Manchot.
Avant de mourir, il ordonne à Samwell Tarly de revenir au Mur pour tout raconter de l’expédition. Dans son dernier souffle, il pardonne à son fils, Jorah, en souhaitant qu’il prenne le noir.

Le corbeau de Mormont

Quand on parle de Jeor Mormont, il faut évoquer son corbeau. Complètement oublié par la série, il a pourtant une importance certaine dans les livres.

Jeor Mormont est en effet généralement accompagné d’un vieux corbeau de taille peu commune. Ce volatile présente la singularité de préférer le blé et les céréales à la viande. Si, dans l’univers du Trône de Fer les corbeaux peuvent prononcer quelques mots, celui-ci a un vocabulaire particulièrement riche. Généralement, il reprend le dernier mot qu’il entend. On ignore s’il y a un sens à ses paroles.

Il a une relation ambigüe avec Jeor Mormont, ce dernier semblant souvent exaspéré par ses remarques mais le conservant quand même toujours à ses côtés. Tyrion le trouve également horripilant. Par la suite, lorsque Jon devient lord Commandant, il conserve l’oiseau et est agacé lui aussi par ses manières.

Lorsque le cadavre d’Othor tente d’assassiner Jeor Mormont, son corbeau encourage Jon Snow à utiliser le feu pour vaincre le mort-vivant. Il est ensuite présent lorsque Mormont donne son épée en acier valyrien à Jon, et se montre particulièrement remuant à cette occasion. Il accompagne l’expédition menée par Jeor Mormont. À mesure qu’ils s’enfoncent dans la forêt hantée, passant au manoir de Craster puis arrivant au Poing des Premiers Hommes, le corbeau se montre de plus en plus renfrogné et utilise très fréquemment le terme « mort », exacerbant le pessimisme sur les chances de survie de l’expédition.

À la mort du lord Commandant Jeor Mormont chez Craster, son corbeau disparaît (non sans lui avoir d’abord becqueté le visage) puis sauve Samwell Tarly, Vère et son enfant d’une attaque de morts-vivants dans un village sauvageon abandonné : il intervient avec d’autres corbeaux qui attaquent les morts-vivants, et ordonne à Samwell de fuir.

Lors du vote des frères jurés de la Garde de Nuit pour élire le successeur de Mormont au poste de lord Commandant, un corbeau sort du chaudron qui sert à recueillir les votes des frères et, après avoir tourné dans la salle, vient se percher sur l’épaule de Jon en l’appelant « Snow ». Samwell s’exclame alors qu’il reconnaît ce corbeau comme étant celui de Jeor Mormont, ce qui déclenche l’hilarité de ser Alliser Thorne, qui fait remarquer que celui du lord Commandant avait plus de vocabulaire. Le corbeau demande alors du blé, puis réclame le chaudron pour le vote. Cette intervention décisive fait pencher le vote de nombreux homme en faveur de Jon, qui est élu lord Commandant. Il accompagne ensuite Jon sur son épaule après cette élection.

Il est présent quand Jon demande à Samwell de s’embarquer pour Villevieille afin de devenir son nouveau mestre. Le corbeau appuie lord Snow quand ce dernier demande à Sam d’obéir. Il l’accompagne encore lorsque Jon négocie avec Tormund Fléau-d’Ogres les conditions de sa reddition. Le matin même de cette reddition, il interrompt un rêve de Jon en lui picorant le torse, ce qui lui vaut une gifle. Le jour où Jon reçoit la lettre envoyée par Ramsay Bolton, il est inhabituellement agité (comme Fantôme), ne cessant de croasser « Snow ».

Si le corbeau de Mormont est si important dans les livres, c’est parce qu’on se doute qu’il est bien plus qu’un simple corbeau qui parle. Ses prises de paroles ont sans doute un sens caché. Le fait qu’il sauve Sam avec d’autres corbeaux et qu’il semble être attaché à la Garde de Nuit laisse entrevoir un lien avec l’ancien lord Commandant, Brynden Rivers, devenu la corneille à trois yeux.

Maege et ses filles, les femmes guerrières

Après la fuite de son neveu, Jorah, lady Maege Mormont est devenue la dame de l’Île-aux-Ours. Corpulente, trapue et arborant une chevelure grisonnante, elle porte cotte de mailles et armures. Lady Maege est une femme de caractère et une combattante chevronnée, peu impressionnable, et se battant avec une masse hérissée de pointes. Elle est dite tenace, emportée, butée, et est comparée à un vieux snark rance par son frère, avec lequel elle a des relations distantes. Elle a cinq filles, dont les plus âgées sont déjà des combattantes émérites.

Le ou les pères de ses filles nous sont inconnus. Toutefois, le fait que ses filles portent son nom semble indiquer qu’elles sont des enfants légitimes et non des enfants naturelles. Cela peut aussi indiquer leur force de caractère ou les mœurs spécifiques de l’Île-aux-Ours. Georges R. R. Martin semble indiquer que seul lady Maege connaît le nom de son époux, une rumeur prétendant qu’il serait en fait un ours.

Dacey Mormont (Crédits : <a href="http://www.amokanet.ru/">Amok</a>, avec son autorisation)

Dacey Mormont (Crédits : Amok, avec son autorisation)

Son héritière, Dacey est une grande femme (plus d’un mètre quatre-vingt) d’environ vingt-trois ans. Svelte, elle est aussi à l’aise en robe qu’en armure. Elle porte généralement une masse d’arme.

Lorsqu’Eddard Stark est arrêté, lady Maege, répondant à l’appel de Robb Stark, se rend à Winterfell. Elle se fait accompagner de trois de ses filles : Dacey, son héritière, Lyra et Jorelle. Elle conseille à Robb Stark de se marier avec une de ses petites-filles. Lady Mormont s’illustre dans la guerre qui s’ensuit et fait partie des Nordiens qui acclament Robb Stark comme nouveau roi du Nord. Son héritière Dacey devient l’un des gardes du corps réguliers du roi.
Lady Maege et sa fille Dacey font parties des seigneurs qui comprennent et excusent le geste de Catelyn Stark, qui a libéré leur prisonnier, Jaime Lannister, dans l’espoir que les Lannister lui rendront ses filles Arya et Sansa.

Après avoir mené campagne dans le Conflans et dans l’Ouest, les Nordiens sont enlisés dans la guerre des Cinq Rois, alors que, militairement, ils n’ont remporté que des victoires. Quand il apprend la mort de Balon Greyjoy, Robb envoie lady Maege Mormont auprès de lord Howland Reed, afin qu’il les aide à affronter les Fer-nés qui demeurent à Moat Cailin. Avant qu’elle ne parte, lady Maege et d’autres nobles sont sommés par leur roi d’apposer leur sceaux sur un parchemin, où Robb Stark nomme un héritier pour lui succéder s’il devait mourir (le nom reste mystérieux pour le lecteur, mais il s’agit probablement de Jon Snow).

Lyra et Jorelle accompagnent leur mère (et on est sans nouvelle d’elles depuis), mais Dacey demeure aux côtés de son roi. Celui-ci se rend au mariage de son oncle, lord Edmure Tully, avec Roslin Frey. Bien qu’un banquet nuptial ne comporte en principe aucun péril mortel, Robb est constamment sous la protection ses gardes du corps. Il partage une danse avec Dacey, qui se révèle être une danseuse charmante, mais lorsque celle-ci propose une danse à Edwyn Frey, il la repousse sans ménagement. Les Pluies de Castamere se font alors entendre… et les Noces Pourpres débutent. Dacey Mormont parvient à assommer ser Benfrey Frey (à coups de carafe de vin sur la tête), avant d’être assassinée par Ryman Frey d’un coup de hache au ventre.

Alysane et Lyanna Mormont, Stark for ever

Alysane, parfois surnommée Aly ou encore l’Ourse, est la seconde fille de lady Maege Mormont. Elle a pratiquement le même âge qu’Asha Greyjoy. Elle ressemble plus à sa mère Maege qu’à sa sœur Dacey, étant courtaude, large, musclée, avec une poitrine opulente et des mains calleuses. Elle a un sourire tendre et des dents de travers. Combattante confirmée, elle garde ses mailles même pour dormir lorsqu’elle est en campagne. Assez peu loquace, elle se montre féroce sur un champ de bataille.
Cependant, elle est demeurée sur l’Île-aux-Ours lorsque le roi Robb Stark a débuté sa guerre contre les Lannister. On peut supposer que son absence est due à la naissance de son fils, concomitante avec le début de la guerre. En effet, Alysane a deux enfants : une fille, née en 291, et un fils, né en 298. Elle prétend que leur père serait un ours auquel elle se serait accouplée après s’être transformée elle-même en ourse. Au décès de sa sœur Dacey, c’est elle qui devient l’héritière de l’Île-aux-Ours.

Game of Thrones saison 7 : Lyanna Mormont (crédit HBO)

Game of Thrones saison 7 : Lyanna Mormont (crédit HBO)

La dernière fille de Maege, Lyanna Mormont est une fillette d’une dizaine d’années. Elle a reçu son nom en l’honneur de Lyanna Stark, le sœur de lord Eddard, morte quelques années avant sa naissance.

Sans nouvelle de leur mère ou de leurs sœurs, Alysane et Lyanna dirigent la maison Mormont et l’Île-aux-Ours. Lorsque le roi Stannis Baratheon, siégeant à Châteaunoir, demande l’allégeance des Nordiens, il reçoit une lettre de Lyanna lui répondant vertement : « L’île-aux-Ours ne se reconnaît d’autre roi que le roi du Nord, qui a pour nom STARK » (une réponse devenue célèbre depuis).
Mais, à l’instar de nombreuses autres maisons nordiennes depuis les Noces Pourpres, les Mormont jouent un jeu plus complexe qu’il n’y paraît. En apparence, ils refusent de suivre Stannis, mais une personne avertie (comme Jon Snow, lorsque Stannis l’en informe) aura remarqué que la lettre est signée par la benjamine, celle qui, de toute évidence, ne peut pas être le gouverneur de l’Île-aux-Ours.
« Le Nord se souvient », et la plupart des Nordiens conservent leur allégeance aux Stark. Toutefois, ils se rendent bien compte qu’en l’absence d’un Stark, aider Stannis à combattre les Fer-nés, les Bolton, les Frey et les Lannister n’est pas incompatible avec leur volonté de rester loyaux aux Stark.

Malgré le refus apparent de Lyanna, Alysanne Mormont et ses guerriers de l’Île-aux-Ours (on espère qu’il y en a plus de soixante-deux) rejoignent Stannis. Dissimulés dans une flottille de bateaux de pêche, ils prennent les navires fer-nés de Motte-la-Forêt par surprise, s’en emparent ou les incendient, et capturent les équipages survivants. Cette manœuvre permet de couper la retraite des Fer-nés lorsque Stannis attaque Motte-la-Forêt.
Avec ce mouvement, Stannis parvient à s’imposer auprès des Nordiens comme un libérateur, plutôt que comme un roi intéressé par ses seuls intérêts. Il prétend même que d’autres Nordiens l’ont rejoint, et ensemble, ils marchent vers Winterfell, à la rencontre des Bolton.

Alysanne, avec les autres Nordiens participant désormais au conseil de guerre du roi Stannis, insiste pour qu’on marche sur Winterfell et qu’on en déloge les Bolton, malgré l’avis contraire des seigneurs Sudiers. Stannis se range à leur avis, ne souhaitant pas passer l’hiver à Motte-la-Forêt.
Alysanne se voit confier la tâche de surveiller Asha Greyjoy pendant le voyage. En effet, la fille de Balon Greyjoy et prétendante malheureuse à la royauté des Îles-de-Fer a été capturée lors de la prise de Motte-la-Forêt. Asha profite donc des ronflements spectaculaires de l’Ourse. Les deux femmes ne s’entendent guère, Alysanne n’aimant ni parler, ni les Fer-nés qui envahissaient souvent son île.

Alors que le voyage devait prendre quinze jours, l’ost royal est pris dans une tempête de neige qui l’empêche d’avancer. Au quinzième jour, l’ost n’a pas parcouru la moitié du chemin. Au vingt-huitième jour, la tempête bloque complètement la progression de l’armée dans un village qui ne se trouve d’ordinaire qu’à trois jours de cheval de Winterfell. Bloquée pendant dix-neuf jours dans ce village, l’armée de Stannis meurt de faim : toutes les vivres ont été consommées, les chevaux et les poissons du lac gelé à proximité commencent à manquer. Alysane désapprouve le sacrifice à R’hllor des criminels, et lorsqu’un des chevaliers de Stannis menace Asha Greyjoy de lui faire subir le même sort, Alysane lui défend de la toucher, arguant qu’elle n’est pas destinée au bûcher. Pourtant, du fait de sa parenté avec un roi et des croyances des adorateurs de R’hllor concernant la puissance du sang des rois, Asha est effectivement menacée.

Le petit plus des théoriciens : Papa ours

Tormund Fléau d'Ogres (Crédits : <a href="http://www.amokanet.ru/">Amok</a>, avec son autorisation)

Tormund Fléau d’Ogres (Crédits : Amok, avec son autorisation)

Pour le moment, on ignore tout des maris ou des amants qui ont permis à Maege Mormont et sa fille Alysane d’avoir des enfants. Ces personnages font pourtant partie de la famille Mormont, et il faut donc bien les évoquer.
Si on écoute les légendes des femmes de la maison, elles seraient des change-peaux qui se transforment en ourses pour procréer avec d’autres ursidés… Mais tout cela relève de la légende. Si on en croit ce que dit Varamyr, le zoman sauvageon au début d’ADWD, lorsqu’il se glisse dans la peau de ses loups et que ceux-ci mangent, Varamyr sent les odeurs et les impressions… Mais son vrai corps a toujours faim et besoin de manger quand son esprit y revient. Lorsque Varamyr évoque les ébats de ses propres loups, il semble également qu’un change-peau soit capable d’éprouver le plaisir du corps dans lequel il est entré. Mais pour autant, la fécondation est réservée à l’animal, non au change-peau.

Contrairement à ce qu’elles diront, les femmes de l’Île-aux-Ours ont donc des amants bien humains. Mais alors, qui ?

Un personnage pourrait correspondre et être le père d’un ou de plusieurs enfants Mormont. Et ce personnage, c’est… Tormund Fléau-d’Ogres, lequel possède toute une panoplie de titres, tous plus fantasques que le précédent, et notamment celui-ci : époux d’Ourses (et au pluriel, en plus, le veinard !). Et quand il en raconte l’origine à Jon, certains passages sont intéressants.

« C’était un autre hiver, encore plus froid que çui dans le ventre à la géante, et il neigeait jour et nuit, des flocons gros comme ta tête, pas des morpions comme aujourd’hui. Il neigeait si dur que tout le village était à moitié enfoui. J’étais dans ma demeure de Cramoisi, avec rien qu’un fût d’hydromel comme vis-à-vis, et rien à fiche que le boire. Plus que je buvais, plus que je pensais à cette femme qui vivait tout près, une belle forte femme, avec les nichons plus gros que t’as jamais vu. Un caractère de cochon, celle-là, mais, ah…, des moments de chaleur aussi, et, en plein hiver, un homme, faut que ç’a son chaud.
Plus que je buvais, plus que je pensais à elle, et plus que j’y pensais, plus que l’engin me venait dur, tant qu’à la fin je peux plus tenir. Fou que j’étais, je m’empaquette dans les fourrures de pied en cap, je m’enroule la figure dans le lainage, et me v’là parti chez elle. La neige tombait si fort qu’elle me fait toupiller deux trois tours, et le vent me passait au travers et me gelait les os, mais finalement je tombe sur elle, empaqueté comme j’étais.
Un de ces caractères qu’elle avait, terrible, et de se battre comme une furie quand j’y pose la main dessus. Tout ce que j’arrive, c’est la charrier chez moi et la sortir quand même de ses fourrures, mais ça terminé, ah…, la voilà plus bouillante encore que je me rappelais, tant y a qu’on se donne du bon vieux temps, et puis je m’endors. Le matin suivant, quand je me réveille, la neige avait cessé et le soleil brillait, mais j’avais pas la forme pour en jouir. Tout lacéré que j’étais, tout déchiqueté, et l’engin tranché ras, là, d’un coup de dents, et y avait sur mon sol une pelure d’ourse. Et ç’a pas tardé que le peuple libre, y se mette à jaser de cette ourse à poil qu’on voyait dans les bois, avec derrière deux petits qu’étaient pas banals. Har ! » Il claqua sa cuisse viandue.
« Si seulement je pouvais la retrouver… Elle était fameuse à coucher avec, cette ourse. Y a pas jamais eu de femme que j’ai dû tant me battre avec, et qui m’a non plus donné des fils si vigoureux.
– Que pourriez-vous faire si seulement vous la retrouviez ? demanda Jon en souriant. Vous avez dit qu’elle vous avait tranché l’engin à ras d’un coup de dents.
– Qu’à moitié. Et ma moitié d’engin est deux fois plus longue que l’engin à n’importe qui. »
[ASOS, chapitre 16, Jon II]

On se rappellera que Maege comme Alysanne sont des femmes corpulentes, qu’Alysane a eu deux enfants… Et que Maege est décrite par son frère comme « un vieux snark rance, tenace, emporté, buté », ce qui semble à tout le moins correspondre à la description que Tormund donne de la femme qu’il désirait. Sans dire que l’île-aux-ours est toute proche de Cramoisi, elle est tout de même suffisamment proche pour que d’autres sauvageons, avant lui, s’y soient risqués.

Le passage sur sa virilité tranchée est symptomatique : Tormund préfère les bonnes histoires aux histoires vraies. À partir de là, toutes les spéculations sont possibles. Et quand à savoir qui de la mère ou la fille…

Lire la théorie originale (en anglais) sur westeros.org.

En conclusion

Que ce soit dans la saga ou la série, la famille Mormont tient une place à part, car ses membres sont des personnages secondaires dans de nombreuses intrigues. Et il ne fait aucun doute qu’ils ont encore de beaux jours devant eux… Surtout quand on voit l’engouement qu’a créé le personnage de Lyanna Mormont.

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