Armageddon Rag

Ce sujet a 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  Lapin rouge, il y a 11 mois et 2 semaines.

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    R.Graymarch
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    Armageddon Rag, publié en 1983 en VO. Livre maudit (ou « tournant ») car il fut un échec commercial même si un succès critique (prix Balrog du meilleur roman 1984 (sans dec, prix « Balrog »!!!) et nommé pour le prix Locus du meilleur roman de fantasy et le prix World Fantasy du meilleur roman 1984), ce qui poussa GRRM à arrêter d’écrire des livres et a se tourner vers Hollywood et les scénarios de film comme gagne-pain.

    A la fin des années 1960, Les Nazgûl étaient un groupe mythique qui aurait pu être des superstars si le chanteur n’avait pas été tué par balle lors d’un concert en 1971. Cela a mis une fin au groupe. Une douzaine d’années plus tard, l’ancien manager est retrouvé mort de façon très graphique et cela intéresse un journal de rock qui envoie son ancien journaliste (fondateur, parti quelques années auparavant et qui tente de survivre en écrivant de la fiction) sur cette étrange affaire.

    Alors déjà, si vous aimez le rock (plutôt US) des années 1960, arrêtez-vous là et allez lire ce livre car sur ce plan, c’est un bijou.

    Pour ceux qui sont restés. J’ai énormément de mal avec ce livre pour plein de raisons (du coup, je vais en faire des tonnes). Quand on lit la quatrième de couverture et la classification du genre du livre, on se doute vers quoi ça va. Mais au début, cela prend des détours. Et j’ai adoré cette première moitié, mais alors de tout mon coeur. Sandy se balade et va revoir les anciens de la bande, un par un. C’est brillant, poignant, émouvant. Car se dessine un portrait de la génération contestataire des années 1960, mais 15 ans après. Et forcément le bilan n’est pas trop flatteur. Bien sûr, ils ont changé des choses, mais pas autant qu’ils l’auraient voulu. Et certains se sont rangés voire ont trahi la cause. Toute cette partie là est magnifique et on sent que GRRM en parle avec chaleur (être objecteur de conscience pour éviter le Vietnam, il sait ce que c’est). Franchement, pour moi, l’intérêt du roman est là : parler de cette génération quinze ou vingt ans plus tard.

    Mais en sachant de quoi allait parler le livre, je me disais bien que ça ne pouvait pas durer. Alors, je me délectais et lisais de plus en plus tout en voulant en même temps freiner pour ne pas arriver trop vite à la suite. Et, forcément, elle est arrivée. Et là, l’intrigue principale est quand même un ton (ahah) en dessous, voire plusieurs. Certes GRRM parle super bien de musique et de concert mais j’ai trouvé que ça « déroulait l’intrigue » (une intrigue un peu à la Cthulhu jeu de rôle) : ça se lit, certes, mais la magie est partie.

    Et donc je suis fort partagé entre une moitié extraordinaire et une plus lambda. Je ne sais pas si on peut parler d’un « grand livre malade » comme Truffaut parlait des « grands films malades » ou s’il est juste en partie raté donc loin d’être complètement réussi.

    Spoiler:

    « Un grand film malade : ce n’est rien d’autre qu’un chef-d’œuvre avorté, une entreprise ambitieuse qui a souffert d’erreurs de parcours : un beau scénario intournable, un casting inadéquat, un tournage empoisonné par la haine ou aveuglé par l’amour, un trop fort décalage entre intention et exécution, un enlisement sournois ou une exaltation trompeuse. Cette notion de « grand film malade » ne peut s’appliquer évidemment qu’à de très bons metteurs en scènes, à ceux qui ont démontré dans d’autres circonstances qu’ils pouvaient atteindre la perfection. Un certain degré de cinéphilie encourage parfois à préférer, dans l’œuvre d’un metteur en scène, son « grand film malade » à son chef-d’œuvre incontesté, donc Le Roi à New York à La Ruée vers l’Or, ou encore La Règle du Jeu à La Grande Illusion. Si l’on accepte l’idée qu’une exécution parfaite aboutit le plus souvent à dissimuler les intentions, on admettra que « les grands films malades » laissent apparaître plus crûment leur raison d’être. Observons aussi que, si le chef-d’œuvre n’est pas toujours vibrant, « le grand film malade » l’est souvent, ce qui explique qu’il fera, plus aisément que le chef d’œuvre reconnu, l’objet de ce que les critiques appellent un « culte ».

    (François Truffaut) »

    On peut noter avec amusement deux mentions de « rêve de fièvre », un morceau qui s’appelle « Agonie de la lumière » (de l’art de mettre ses deux précédents bouquins dans le troisième). L’auteur est un écrivain raté, qui sait qu’il ne rendra pas son manuscrit à l’heure et ne le cache pas à son éditeur (1983, George…). Sinon, le chien agit un peu comme un direwolf, et toute la partie tolkienneuse fait assez groupe rock étudiant potache (peut-être comme les Nazgûl dans les 1960s, cela dit). Un peu de sang-magie, également ? Gros bémol (ahah) sur les rôles féminins (Ananda en particulier mais pas que. A part Maggie, les autres sont quand même bien faibles).

    Et vous, vous en avez pensé quoi ?

    • Ce sujet a été modifié le il y a 11 mois et 2 semaines par  R.Graymarch.

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    #28918

    de-mil
    • Pas Trouillard
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    VO : The Armageddon Rag
    VF : Armageddon Rag

    Je ne sais que penser de cette traduction.

    Qoof^g hfosd_ow do fkj isl ùqdk hnfkj ersl oq armmf hqskfv Fj esdk hnfkj jfh:md,sfùfmj sm hrif if ksakjdjsjdrm irmh *q uqv Fj ksljrsj do fkj ksefl ilyrof w h:d!!lfl VE

    #29217

    Nymphadora
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2935

    Les grands esprits se rencontrent, j’ai fini le roman hier ^^

    Globalement, je te rejoins sur la qualité de la première partie : suivre Sandy sur la route des souvenirs et voir sa désillusion face au déclin de ses idéaux de jeunesse, mais aussi au déclin physique de la vieillesse… c’est magnifiquement bien écrit. La détresse de Sandy face au destin de Slum est également tellement touchante et me marquera très très longtemps je pense. Ce portrait d’une génération est à la fois précis, sans fards, et on sent beaucoup de Martin dans le livre.

    Et la façon donc GRRM écrit sur la puissance de la musique est également hyper belle, j’ai trouvé. Le fait de voir la musique non pas comme le marqueur du temps mais comme un véritable pouvoir de changement, ça m’a beaucoup parlé.

    Contrairement à toi, je n’ai pas lu le 4ème de couverture, et ne fais donc pas du tout de la partie « fantasy » du bouquin « l’intrigue principale » du livre parce qu’on ne me l’avait pas vendu comme ça (vu que j’ai commencé le livre sans le moindre a priori sur le thème). Pour moi, il s’agit d’un élément annexe du bouquin, clairement pas le cœur du propos (mais effectivement ça rend la seconde partie un peu faible, car ça part en sucette maladroitement…). Du coup, c’est sûr que si les gens s’attendent à ce que ça soit l’intrigue principale du livre… bah du coup c’est pas étonnant que le livre ait mal marché : le point « fantastique » est la partie la plus faible du livre, et en plus c’est pas du tout le cœur du livre : si les gens s’imaginent lire un livre fantastique et se retrouve à lire un portrait d’une génération perdue, ils sont perdus ^^

    Mais je te rejoins sur le fait que cette seconde partie soit du coup moins bonne avec en plus le « méchant » qu’on voit à des km…

    Spoiler:
    sérieux Ananda, c’est tellement convenu : la succube qui manipule celui que le héros pense méchant et envoûte le-dit héros… pffffff

     

    ~~ Always ~~

    #29281

    R.Graymarch
    • Fléau des Autres
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    Ah ben moi, avant-hier (environ 20 minutes avant d’ouvrir ce topic). Je pensais qu’on aurait eu plus de réactions, cela dit.

    J’ai un pote un peu plus vieux (mais moins que GRRM), gros fan de concerts et de musique du genre de celui qui est décrit dans le livre qui a préféré la fin (tout en aimant bien le début qui « met en place » l’intrigue).

    Le tour de force de la première partie c’est d’être à la fois très spécifique (que sont devenus les personnes de la contre-culture ?) et en même temps universel (tout adulte a forcément des regrets par rapport à ce qu’il a fait, pas fait, ce qu’il aurait pu faire etc). GRRM paraît hyper sincère dans son approche et en même temps, il analyse avec précision (et sans prendre de gants) le devenir de sa génération. Comme il enrobe ça d’enquête policière, road-trip pour retrouver des témoins, description hyper précise du groupe (albums, titres, musiciens, pochette etc) puis…. la suite, cela permet de donner un tour unique à son livre. Et qui fait que pour moi, malgré ses défauts pas vraiment mineurs, ce livre garde une saveur incomparable (au sens propre, « qu’on ne peut comparer à rien »)

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    #29344

    Lapin rouge
    • Terreur des Spectres
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    Je pensais qu’on aurait eu plus de réactions, cela dit.

    Tout le monde n’a pas forcément lu Armageddon Rag. Et, parmi ceux qui l’ont lu, tous ne l’ont pas forcément lu récemment (c’est mon cas), et n’en ont pas un souvenir suffisamment précis pour en parler.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
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