Riverdream

Ce sujet a 7 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  Babar des Bois, il y a 1 semaine.

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  • #15444

    Babar des Bois
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1693

    Bon, et bien je vais profiter du retour du forum pour créer un sujet tout beau tout neuf sur un des romans de Martin que j’adore particulièrement : Riverdream.

    (Attention, je ne suis pas objective DU TOUT, et je vais vous faire une déclaration d’amour à ce bouquin)

    Riverdream, késako ?

    Petite présentation avant tout. Riverdream, ou Feverdream en VO, est le deuxième roman de GRRM (après l’Agonie de la Lumière), sorti originellement en 1982, mais arrivé en France qu’au début des années 2000.

    Et cher lecteur, la première erreur à ne pas faire si tu tombes sur ce livre, c’est de ne SURTOUT SURTOUT SURTOUT PAS lire la 4ème de couverture qui non seulement donne un faux synopsis , mais en plus te spoile un peu. Ok, il spoile le deuxième chapitre surtout. Mais Riverdream étant un roman qui joue beaucoup sur les ambiances et la découverte, c’est bien dommage de casser comme ça la découverte du début du livre.

    Comment qualifier ce livre ? Difficile, surtout que je ne suis pas du tout spécialiste des dénominations. Ce n’est clairement pas un livre d’horreur, comme il est qualifié sur wikipédia, même si certains passages sont angoissants et assez poissards. Ce n’est pas un livre historique, parce que même si tout son univers est celui de l’Amérique du 19ème siècle, il y a un univers de fantasy qui vient s’y mêler. Ce n’est pas du fantastique à proprement parler (parce que les éléments « non réels » sont clairement définis et établis). Ce n’est pas vraiment une uchronie non plus. Donc je qualifierais Riverdream de roman de Fantasy historique (ça existe ça ?).

    Et donc, enfin, de quoi ça parle :D. Et bien, sans spoiler plus que les premières pages, voici un petit synopsis :

    Nous sommes dans l’Amérique du 19ème siècle, et plus précisément sur le Mississipi et ses bateaux à vapeur, en 1857. Abner Marsh, est un marinier d’un certain âge, fou amoureux des bateaux à vapeur ; il a lui-même une petite compagnie de transport fluvial. Abner est un homme imposant, au caractère bien trempé, qui ne se laisse pas impressionner et qui est têtu ; il porte toujours une casquette de marinier sur la tête (et toute ressemblance avec GRRM est purement fortuite).

    Au tout début de notre histoire, notre cher capitaine Marsh est au fond du gouffre : une tempête d’hiver particulièrement violente a détruit la quasi-totalité de ses bateaux. Sa compagnie est sur le point de disparaitre. Mais il reçoit une proposition d’association (qui tombe à pic, comme par hasard), qui lui permettrait de créer une nouvelle société, et surtout de faire construire le plus beau bateau de la flotte du Mississipi. Il va alors à la rencontre de celui qui lui a fait cette proposition : un certain Joshua York.

    Et je m’arrête là, parce qu’en dire plus spoilerait beaucoup trop.

    Avis (pas du tout objectif)

    Je trouve Riverdream absolument merveilleux, j’ai été transportée dès la première lecture, et je crois que je pourrais le lire trois fois d’affilée sans m’en lasser.

    Sur l’univers :

    Il faut dire aussi que le pitch de départ me plait beaucoup : je trouve ce moment d’histoire de l’Amérique, Le Mississipi, ses bateaux à Vapeur, les bayous, les plantations, etc… passionnant. Et Martin, comme à son habitude, a fait des recherches précises et détaillées pour maîtriser son sujet, aussi bien sur le côté historique, que sur l’aspect technique des bateaux à vapeur. Et comme à son habitude, il dépeint une société complexe et nuancée, avec ses bons côtés, comme ses mauvais, sans escamoter, et de façon très réaliste

    Spoiler:
    Le traitement de l’esclavagisme est particulièrement bien réussi je trouve. L’esclavagisme est en fond de teint tout du long du livre, mais Martin ne nous l’envoie pas dans la tronche en mode « etttt ya des esclaves à cette époque, c’est pas bieeeeeen ». Non, il le décrit parfaitement bien comme étant quelque chose qui est inscrit dans la vie des gens, dans leur quotidien, mais il nous fait bien ressentir l’horreur de la chose en décrivant une scène d’achat d’esclave dès le deuxième chapitre (qui met tellement mal à l’aise X_X).

    Ses personnages aussi sont complexes et tout en nuance : pas de stéréotypes, mais des humains, avec leurs forces, leurs faiblesses. Des connards, des gens imbus d’eux-mêmes, d’autres qui veulent bien faire (mais se trompent), des gens gentils, etc… Et comme toujours, Martin a le talent de donner une existence propre à ses personnages secondaires (voire tertiaires).

    Bref, l’univers historique est très bon et réaliste.

    Sur l’écriture :

    Je précise que j’ai lu en VF uniquement pour le moment.

    Une écriture que je trouve très agréable et très poétique. Martin a vraiment le talent de décrire des scènes qui prennent vie (visuellement, auditivement, ambianstistiquement – oui je sais ça existe pas, tant pis).

    Certaines scènes sont effroyables, glauques et atroces, d’autres sont comme une sorte de rêve brumeux et agréable. J’avais peur dans certaines scènes de tension, j’étais mal à l’aise dans d’autres, j’avais le cœur qui battait dans les scènes de courses de bateaux. Bref, j’ai été pleinement happée dans cette histoire et dans son univers (j’avais dit que ce serait pas objectif :p )

    Sur le scénario :

    Quelques éléments de spoiler du coup :

    Spoiler:
    J’adore la façon dont Martin revisite le mythe du « vampire », en en faisant une race à part qui possède des capacités différentes. Notamment tout ce qui tourne autour du mimétisme animal. Leur capacité de longévité (et le fait que certains d’entre eux aient pu voir des portions de notre histoire disparues) me fait rêver : qu’est-ce que j’aimerai que ce soit possible en vrai O_o (comment ça c’est qu’un livre ?). Mais quand Julian commence à parler de Rome, de sa construction, de sa chute, Rahlala, je serais bien allée discuter avec lui de tout ça moi (oui, mon gout pour les personnages chelous me perdra).

    Et j’aime beaucoup la puissance tragique que Martin met dans ses personnages. Le rêve d’Abner qu’il touchera, mais n’atteindra jamais ; le rêve de Joshua qui cause la mort de plusieurs des siens ; le Rêve de Fevre en lui-même a une histoire tragique : le plus beau bateau, le plus puissant, le plus rapide, qui ne fera qu’un seul voyage.

     

    Et vous, l’avez vous lu ? (sinon, posez tout de suite ce que vous êtes en train de faire, et filez le lire !) qu’en avez vous pensé ?

    • Ce sujet a été modifié le il y a 8 mois et 1 semaine par  Babar des Bois.

    #hihihi

    #15490

    Tomcat
    • Pas Trouillard
    • Posts : 661

    Ah mais je plussoie totalement mon cher Babar. Fevredream est fantastique, un véritable voyage dans le temps et l’espace. Comme dans ASOIAF, on est emporté direct dans l’univers, on sentirait presque les eaux du Mississipi rouler sous nos pieds. J’adoré ce bouquin, beaucoup plus que les autres de Martin que j’ai lu jusqu’à présent.

    J’avais trouvé aussi qu’Abner Marsh ressemblait beaucoup à Martin, grand, imposant, avec sa casquette. Mais décrit à longueur de bouquin comme particulièrement laid (des choses à régler Mr Martin ?).

    Bref, si vous êtes là, c’est que vous aimez ASOIAF, donc vous aimerez Fevredream, bien que l’histoire n’ait rien à voir. Et en plus, on a la fin, et elle est géniale, l’excipit m’a tout secoué les boyaux.

    "When I'm king in my own right, I'm going to outlaw beets." Tommen. Best manifesto ever.

    #16453

    Nymphadora
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1924

    Je plussois les copines ! Riverdream est un superbe roman de Martin, où il joue avec son environnement avec brio et nous transporte sur le Mississippi, tout en proposant une réécriture fascinante d’un poncif de la littérature fantastique. Un petit bijou !

    Donc je qualifierais Riverdream de roman de Fantasy historique (ça existe ça ?).

    Alors moi je le mettrais dans la case de l’uchronie de fantasy (mais la fantasy historique semble en être un sous-genre donc ça colle impec )

    ~~ Always ~~

    #17712

    DroZo
    • Pas Trouillard
    • Posts : 588

    Ah vous trouvez que le Cap’tain Marsh ressemble à Martin ? Je veux dire oui y’a quelques ressemblances comme ce côté rêveur ou le béret (la grosse barbe GRRM ne l’avait pas si grosse à l’époque je crois) et quand on connaît l’histoire familiale de GRRM on sait d’où il tient une partie de son inspiration… Mais sinô il reste très différent. Pour moi le perso qui ressemble le plus à Martin c’est la Tortue dans Wild Cards ^^

    Sinon je viens de finir et j’ai adoré ce livre. Que ce soit l’époque, l’ambiance ou l’esprit tout est absolument génial. Les deux personnages principaux sont absolument géniaux, de même que pas mal de persos secondaires.

    Je note aussi que l’on repère bien les gros gimmiques de Martin, avec ces persos détestables mais terrifiants (Billy fait pas mal penser à un Ramsay ou un Varshé Hèvre par exemple)

    Spoiler:
    Ou cette idée que quand un perso est dans une très très grosse merde ça ne peut par définition qu’empirer à chaque fois qu’on croit qu’il va s’en sortir

    Par contre si j’ai beaucoup aimé le livre j’ai regretté les derniers chapitres, qui font un peu en trop. Le livre aurait mieux fait de s’arrêter quatre chapitres avant. Mais bon, ça reste génial et je vous’le conseil.

    La plume est plus puissante que l'épée, et la mouche est plus puissante que la tapette

    #17720

    Prydain
    • Éplucheur avec un Économe
    • Posts : 29

    Un très joli roman de GRRM, à l’ambiance des bayous du grand fleuve Mississipi ; je plussoie avec vous Abner Marsh c’est George himself, la ficelle est big. Le roman est un petit bijou, qui je crois repose sur une recherche historique de l’auteur, sur la vie fluviale et les concurrences qui se produisaient entre ces navires à vapeurs, véritables palais flottants ; je me rappelle avoir lu ça un jour, je sais plus où. Le livre m’a rappelé  aussi un fameux film, Maverick, avec cette ambiance de pays pionnier propre aux Etats-Unis. et cette vie particulière sur ces navires marchands et en même temps lieux de plaisance et de débauche.

     

    #25628

    R.Graymarch
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3036

    J’ai trouvé ça bien mais je n’irai pas plus loin, perso.
    Y a de bonnes idées, des détours (et des fausses pistes) fluviaux. On retrouve déjà le thème de la décrépitude, de la corrosion qui gagne les gens et les choses. Et aussi une vision complexe, bien amenée et intéressante des « méchants » et des gentils, avec en arrière fond mais pas trop loin une réflexion sur la nature humaine, sur ce qui nous pousse à nous allier ou à nous faire la guerre ou à (nous faire) asservir. Et je pense que c’est cet arrière-fond qui plaide subtilement pour l’humanisme et l’entente qui ajoute une grande valeur à l’ouvrage, bien plus que l’intrigue et même que l’ambiance.

    Abner Marsh a tout de même un sale caractère… et une « sacrée » volonté, à un point quasi inhumain.

    (On a une raison sur le choix du titre en VF ? Parce que franchement….)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 7 mois par  R.Graymarch. Raison: un peu plus de positif quand même

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    Venez jouer avec nous à Chanson d'Encre et de Sang https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/ces-presentation-du-jeu/
    DOH. Fondateur de la #TeamLoyalistsForeverUntilNow. Le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #27756

    Dima
    • Frère Juré
    • Posts : 73

    C’est une oeuvre intéressante, le mythe du vampire est ici exploité de manière intéressante. L’association entre la Louisiane, un des plus beaux endroits de la planète, selon moi en tout cas et le vampirisme ne date pas d’hier. La particulière ici, c’est, selon moi que l’auteur ne s’intéresse pas aux esclaves, aux maîtres des plantations et ainsi de suite, mais à un capitaine de bateaux et à un riche homme d’affaire et cela nous permet de découvrir le Mississippi. J’aime beaucoup la nature des vampires, ils ont des projets intéressants et on part d’un road-movie faisant la part belle à la nature humaine.

    Le roman préfigure tout un courant de romans/séries actuelles et la plume de GRRM un très beau roman. Cela fait quelques années que je n’ai pas eu l’occasion de lire, mais je le recommande. Sinon pour le choix du titre, je ne sais pas, remplacer un titre en anglais par un autre titre en anglais, une grande spécialité de la France, je ne comprends pas l’idée. Ce n’est pas plus vendeur, surtout dans le cas de ce roman.

    "I'm a slow learner, it's true. But I learn"
    "En fait, j’avais la robe qui s’était totalement baissée et tel une amazone, j’étais seins nus sur mon scooter." Audrey Fleurot
    "Ce qui est mort ne saurait plus mourir."

    #64764

    Babar des Bois
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1693

    Dans l’interview donnée par Florence Lottin (directrice éditoriale de Pygmalion) à Elbakin, on apprend que Pygmalion va ressortir, en 2019, une édition de Riverdream, avec un nouveau titre : Rêve de Fèvre .

    #hihihi

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