ACOK 17 – Bran II

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    RichardIII
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    ACOK 17 – Bran II
    Au fil des pages – liste des sujets

    ACOK 16, Tyrion III ACOK 18, Tyrion IV

    Bran II : Le prince de Winterfell !

    « Écoute, et tu t’initieras peu à peu à l’exercice de la souveraineté »

    Mestre Luwin à Brandon Stark.

    J’ai essentiellement pris ce chapitre parce que comme pour Bran, il nous initie aux arcanes des luttes de pouvoir nordiennes. Loin d’être une entité monolithe loyale aux Stark, le Nord est pluriel et pas si uni que ça, comme le montre ce chapitre. Comme il est, avec Bran VI d’AGOT, notre entrée sur la noblesse nordienne. Et vu l’importance qu’elle prend dans ADWD, GRRM profite de ce chapitre pour poser quelques bases et présenter des personnages.

    L’intrigue a un enjeu, Corbois et ses terres, vouées à la déshérence, ainsi que des protagonistes. Il y a évidemment d’autres enjeux, mais qui restent secondaires par rapport à cet os essentiel.

    D’un point de vue scénaristique, elle permet de présenter une palanquée de personnages qui se révèleront importants pour A Dance With Dragons et la bataille de Winterfell : les deux Omble, Wyman Manderly, et… Ramsay Snow (pardon Bolton !).

    I) Mais avant de se lancer, parlons des Frey :

    « Sur leurs deux coursiers gris pommelés vifs, et solides et superbement dressé, tous deux chargèrent côte à côte, heurtèrent tous deux de plein fouet les boucliers, s’esquivèrent tous deux bien avant que les triques eussent pivotés. Petit Walder avait frappé plus vigoureusement, mais grand Wader se tenait mieux en selle (…) ».

    C’est un joli clin d’œil à la personnalité profonde des deux Walder, et même de leurs branches. Grand Walder sait ce qu’il veut et fait, alors que Petit Walder est plus cruel, plus porté à donner des coups pour son intérêt intrinsèque. En cela, on peut même dire qu’ils rejoignent leur branches respectives. Merret, le père de Petit Walder, était un de ces bourreaux de cour d’école à Crackehall, quant il était écuyer. Sa sœur grosse Walda, et Hosteen son oncle semblent tout deux partager aussi ce primat de la force et de la moquerie. On ne connait à Grand Walder qu’un seul parent direct de sa branche qui soit évoqué à plusieurs reprises : Lothar Frey, bien assis sur son poste d’intendant aux Jumeaux.

    La prise de bec qui suit entre Bran et les deux Walder révèle encore plus leur caractère : là où Petit Walder va loin dans la moquerie et l’insulte, Grand Walder sait s’arrêter à temps.

    Comme le dira Osha : « Grand dehors et dans petit, mesquin jusqu’aux moelles ».

    II) Wyman Manderly, seigneur de Blancport.

    En voilà un qui a des sujets sur lequel s’exprimer !

    Dans son entretien il parle :

    • Du renvoi et de la nomination de nouveaux douaniers de Blancport.
    • De l’idée de lancer la propre monnaie royale de Robb.
    • De proposer la création d’une nouvelle flotte.
    • Du remariage de lady Corbois.
    • De son fils otage des Lannister.

    Wyman a des idées et les moyens de les réaliser. Sa jovialité et sa bonhomie permettent de faire passer plaisamment ses propositions. Celles-ci vont clairement dans le sens de l’affirmation du nouveau royaume du Nord et du Conflans, et quel mal il y a-t-il à cela si celles-ci renforcent le pouvoir et l’influence des Manderly en passant ?

    En tout cas, les Manderly ne sont pas à dédaigner. Tywin prend la peine d’essayer d’acheter leur neutralité, en vain.  Qu’il ait tenté ça avec Manderly et non par exemple avec les Cerwyn, Karstark ou autres montre que même dans le Sud, on connait suffisamment bien la politique nordienne et l’importance de Blancport pour essayer de contraindre les Manderly.

    Le deuxième seigneur à se présenter est une dame, Donella Corbois. Techniquement elle n’est pas née Corbois et ne devrait pas normalement avoir de droit dans la succession. Mais sa présence dans la maisonnée Corbois depuis des décennies, et sa légitimité stable bien que faible fait qu’elle contrôle Corbois pour le moment. Mais qui le contrôlera demain ?

    Lady Corbois, dans son entrevue permet à son tour de donner un personnage qui aura une importance grandissante par la suite. Par sa discussion, on apprend que Ramsay est peu connu du Nord et qu’il masse des troupes à Fort-Terreur. La première information ajoute à la notion que Roose Bolton est un opportuniste. Il a laissé Ramsay avec les moyens de malfaire pour le bénéfice de la maison Bolton, mais également pour éviter que lesdites malfaisances ne retombent sur lui, qui pourra se désolidariser de son gouverneur.

    III) les deux Omble :

    Ce qui est intéressant chez eux, c’est leur répartition des demandes. Freuxchère parle de son potentiel mariage avec la veuve Corbois, et fanfaronne à loisir.

    C’est Pestagaupes qui fait le sérieux de l’entretien. C’est lui qui réclame hommes et navires, lui qui est conscient des problèmes de récolte du fief, lui qui semble le moins révulsé à l’idée d’une coopération avec les Manderly. Il semble être le cerveau de la maison Omble, et une réfutation de l’idée que les Omble ne sont que des géants écervelés.
    Cet entretien est intéressant parce que pour une fois une décision est prise :

    « Pour être gras, protesta ser Rodrik, il ne manque pas de jugeote. Vous coopérerez ou bien le roi saura la raison de votre refus ». A la stupeur de Bran, les deux ogres tombèrent d’accord, non sans maugréer pour obtempérer.

     

    Rodrik qui pour le moment ne faisait que recevoir et transmettre plaintes et requêtes, use de son autorité de gouverneur et demande une coopération aux conséquences inattendues. Pestagaupes sera celui qui suivra les Bolton à Winterfell, rejoint par… Wyman Manderly.

    Les Omble ont donc dès ACOK une coopération avec les Manderly. Et Davos compte au moins une vingtaine de bateaux Manderly.

    Ensuite Glover déclare qu’il ne stocke qu’un dixième de ses denrées au lieu du cinquième auquel le poussera Luwin (Stannis pas content) et la question de légitimer le bâtard Corbois se pose également.

    Léobald Talhart arrive ensuite, se plaint de son fils, propose son propre fils en succession à Corbois.

    Enfin les Cerwyn arrivent, ne semble t-il que parce qu’ils sont tout proches. Ils ne font pas de demandes, et n’ont pas de visées sur Corbois. Ils apportent avec eux les calomnies de Stannis, ce qui permet à Bran de se remémorer, en quelque sorte, des actions de Jaime. Reste que c’est de toute façon trop tard pour avoir une quelconque influence sur les intrigues politiques.

     

    On rembobine !

    -les absents : Mormont, Flint, Flint, Locke, Bolton, Karstark (et Reed).

    D’ailleurs, Bran dit que les Karstark sont partis au sud alors qu’Arnolf, sa descendance et Alys sont là.

    La succession Corbois : candidats et dénouement.

    On découvre donc les trois solutions pour le fief Corbois. Soit il passe au futur mari de Donella Corbois, soit à son neveu Beron soit au bâtard de feu lord Corbois, Larence.
    On sait que théoriquement dans ADWD, Tommen a tranché en faveur du « mari » de la défunte lady Corbois, Ramsay Snow tandis que Wyman Manderly tient toujours le fief.

    Ce qui en vient à ma petite théorie concernant le sujet de la succession de ce fief. Luwin nous en donne une clé :

    « Ce Beren Talhart pourrait bien être notre meilleure carte, leur confia-t-il après que ce fut retiré Léobald. IL est à demi-Corbois par le sang, et s’il prend le nom de son oncle…

    -… il n’en demeurera pas moins un gosse, coupa ser Rodrik, et un gosse harcelé par les rapaces comme Mors Omble ou le bâtard de Roose Bolton. Cela mérite un examen sérieux. Qu’avant de prendre une décision Robb dispose d’éléments solides.

    -Elle peut dépendre d’intérêts triviaux, repartit le mestre. Du seigneur qu’il paraitra le plus nécessaire de cajoler. Surtout à présent que le Conflans fait partie du royaume. Peut-être souhaitera-t-il en cimenter l’intégration en accordant lady Corbois à un lord du Trident. Un Nerbosc par exemple, ou un Frey…

    Luwin commence par soutenir (comme tout les mestres en général d’ailleurs) le candidat du droit successoral classique : Beren Talhart. Et c’est logique, par les droits de successions purement théoriques, les neveux de lord Corbois sont en tête de liste. Mais si on sait bien une chose dans ASOIAF, c’est que les successions sont rarement aussi simples que cela. Quel est le seigneur « à cajoler » maintenant ?
    Vu comment les choses ont évolué, c’est Wyman Manderly.

    Le calcul est simple, il n’y a pas que les Bolton qui ont grandi dans le Nord pendant notre saga. La maison Manderly est l’une des rares à avoir conservé l’essentiel de ses moyens et de son leadership. Ils ont également Corbois et ont montré lors de ce chapitre l’intérêt qu’ils ont envers ce fief voisin, intérêt qu’ils semblent avoir depuis longtemps vu que feu lord Corbois avait épousé Donella Manderly.

    Or, le paradoxe de Manderly tient à cela : une fois les Bolton tombés, il aura toute l’influence nécessaire pour imposer sa vision de la succession tout en n’ayant aucun droit sur Corbois. Il lui faut donc un candidat, qui pourrait légitimer l’emprise Manderly sur Corbois.
    Beren Talhart pourrait faire l’affaire mais les Talhart sont en chute libre depuis ACOK. Le maître, son héritier, et son frère sont morts, le château est occupé par les fer-nés.

    Les Glover ont quant à eux récupérés Motte-la-Forêt grâce à Stannis, et Robett manigance avec Wyman Manderly une restauration Stark. S’ils s’entendent sur cela, j’imagine qu’ils ont dû s’entendre sur la succession Corbois : Larence Snow deviendra Corbois, épousera une petite-fille Manderly et rendra tout le monde content.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine et 5 jours par RichardIII.
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    #153436
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    C’est un chapitre étonnant car si je me souvenais vaguement de la venue de tout le monde à Winterfell, j’avais complètement occulté le « gros morceau » du chapitre à savoir la succession Corbois (que RichardIII a bien détaillée). Par rapport à l’intrigue principale (fin du monde, guerre des cinq rois), on est à un niveau beaucoup plus local, et ultra détaillé.

    On commence pourtant par du standard. Bran doit « jouer » au lord alors qu’il voudrait être chevalier. Je note qu’on parle du « Stark à Winterfell » sans donner plus d’explication ni de raison.

    “You are your brother’s heir and the Stark in Winterfell,” Ser Rodrik said, reminding him of how Robb used to sit with their lord father when his bannermen came to see him.

    Bran se prépare et il souligne qu’Hodor est un géant aux mains douces
    They went quicker with Hodor’s help. Once he had been taught to do something, he did it deftly. His hands were always gentle, though his strength was astonishing. “You could have been a knight too, I bet,” Bran told him. “If the gods hadn’t taken your wits, you would have been a great knight.”
    En vrai, Hodor fonce un peu partout et Bran doit protéger sa tête, donc il a un casque qui le rend aveugle (paye ton symbole^^)
    Mikken had given him a rusty old visorless helm from the armory, but Bran seldom troubled to wear it. The Walders laughed whenever they saw it on his head.
    Et là déjà, on voit que Bran souffre du regard des autres. Il est handicapé et tout le monde le lui fait ressentir.
    The sight of Bran in his basket drew stares from those who had not seen it before, but he had learned to ignore stares.
    Ensuite, on a une nouvelle animosité avec les Frey, surtout Little Walder. Luwin intervient pour calmer tout le monde et comme indiqué plus haut, Big Walder confesse.
    Première arrivée de la veuve Corbois mais on sait peu de choses car Bran n’en a rien à faire des mariages (sacré George^^). L’auteur nous parle à nouveau de Harrenhal et c’est bien malin pour faire le lien. On a aussi des nouvelles de Janos Slynt.
    Look at what’s befallen this Janos Slynt. Raised up to Lord of Harrenhal by the queen, and cast down by her brother. Shipped off to the Wall, they say.
    J’ai noté aussi ce lien « étrange », je pense que ça ne peut pas être une coïncidence
    And that night, as he sat to supper, a horn sounded to herald the arrival of another guest. Lady Donella Hornwood brought no tail of knights and retainers
    On discute beaucoup plus en détails de la situation Corbois. Personne ne nomme le bâtard Bolton, c’est assez intéressant (en deux (?) ans, personne n’est au courant de son prénom ?)
    Là, Bran est plus impliqué et propose une solution, mais on ne l’écoute pas (alors que ça aurait pu changer des choses… et par ricochet aussi à Winterfell lors de l’attaque des fer-nés ?)
    Bran wanted to give the lady a hundred men to defend her rights, but Ser Rodrik only said, “He may look, but should he do more I promise you there will be dire retribution. You will be safe enough, my lady . . . though perhaps in time, when your grief is passed, you may find it prudent to wed again.”
    /
    “I shall wed again if His Grace commands it,”
    Bran ensuite cherche également une solution maritale au conflit. Bref, il s’implique, et apparemment par goût (et devoir ?) plus que parce qu’il s’y sent forcé.
    On quitte ces lieux pour aller à l’extérieur où Osha se baigne nue. S’ensuit un dialogue un peu à double-sens, non ?

    “I wanted to touch the bottom.”

    “I never knew there was a bottom.”

    “Might be there isn’t.” She grinned. “What are you staring at, boy? Never seen a woman before?”

    “I have so.”

    Quand ça dévie sur Hodor, j’ai noté ce passage que j’ai trouvé assez dérangeant (j’ai mis en gras) si on pense au futur
    “Aye,” she said, “and hands strong enough to twist a man’s head off his shoulders, if he takes a mind to. All the same, he better watch his back around that Walder. Him and you both. The big one they call little, it comes to me he’s well named. Big outside, little inside, and mean down to the bones.”
    Elle recause encore avec mystère des rêves de loup.
    Bran retourne auprès de Rodrik et j’ai bien aimé quand il lui dit que rien n’est certain, en parlant de sa lignée. D’ailleurs, il mourra prochainement
    “It may be so, Bran,” Ser Rodrik said, “but I was wed three times and my wives gave me daughters. Now only Beth remains to me. My brother Martyn fathered four strong sons, yet only Jory lived to be a man. When he was slain, Martyn’s line died with him. When we speak of the morrow nothing is ever certain.”
    On termine par un lien Stannis (pour voir avec les autres POV), puis Joffrey et ensuite Jaime. Et le cerveau de Bran se rappelle un peu à lui et à sa chute. Un peu, mais pas assez.

     

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #153438
    darkdoudou
    • Pas Trouillard
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    En première lecture, je me souviens que les chapitre de Bran me semblaient ne pas avancer, trop loin de l’intrigue principale et sans évolution du personnage. En relecture c’est du régal car je vois maintenant toutes ces petites graines qui ne demandent qu’à éclore par la suite comme relevé par Richard III : j’ai bien aimé ton analyse des enjeux de la succession Corbois.

    On discute beaucoup plus en détails de la situation Corbois. […] Là, Bran est plus impliqué et propose une solution, mais on ne l’écoute pas (alors que ça aurait pu changer des choses…

    Bien vu sur la protection que proposait Bran et qui n’a pas été suivie d’effet. La faiblesse de Lady Corbois semble évidente à son arrivée avec aucun vassal, aucun chevalier, et six hommes d’armes poussiéreux et las.

    Ce chapitre m’a donné l’impression d’une parade des monstres (freak show) avec Hodor le géant simple d’esprit, Manderly l’obèse, Osha la femme à cicatrices et sans courbes, les ogres Omble. Bran l’handicapé reste fasciné par le monde des chevaliers, pourtant il se sent plus à l’aise dans la compagnie des monstres, spécialement autour de l’arbre-coeur. Et surtout derrière la façade des chevaliers se cachent aussi des monstres : Petit Walder ou l’homme doré. Alors que les monstres abritent des coeurs en or.

    Et le cerveau de Bran se rappelle un peu à lui et à sa chute. Un peu, mais pas assez.

    A ce stade de l’histoire, il n’y a plus vraiment d’enjeu à ce que Bran se rappelle ou pas ce qui a provoqué sa chute : la guerre Stark-Lannister est engagée, l’inceste est devenu « de notoriété publique », plusieurs personnes (Tyrion, Catelyn) ont déjà deviné qui a poussé Bran et pourquoi. Le point de vue de la corneille (et de l’auteur ?) est que se rappeler est une prison pour Bran.

    En tout cas, les Manderly ne sont pas à dédaigner. Tywin prend la peine d’essayer d’acheter leur neutralité, en vain.  Qu’il ait tenté ça avec Manderly et non par exemple avec les Cerwyn, Karstark ou autres montre que même dans le Sud, on connait suffisamment bien la politique nordienne et l’importance de Blancport pour essayer de contraindre les Manderly.

    Il est possible que Lord Tywin a essayé d’acheter d’autres seigneurs nordiens dont il détient des rejetons en otages – comme les Cerwyn et Karstark que tu cites –  sans que ceux-ci en fassent état à leur seigneur suzerain. En relatant ouvertement cette prise de contact Wyman montre sa loyauté et en même temps montre aux Stark qu’il est important de continuer à récompenser cette loyauté.

    Il arrive quelquefois sur le forum qu’on se plaint des traductions. Ici j’ai particulièrement apprécié cette traduction très à-propos qui transforme le « bizness » en oignons dans la bouche d’Osha :

    Well, your dreams are your business. Mine’s in the kitchens
    Enfin, tes rêves sont tes oignons. Mes oignons à moi sont à la cuisine.

    #153442
    RichardIII
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 341

    Il arrive quelquefois sur le forum qu’on se plaint des traductions. Ici j’ai particulièrement apprécié cette traduction très à-propos qui transforme le « bizness » en oignons dans la bouche d’Osha :

    Personnellement je n’ai pas la VO des livres. J’ai cependant été assez surpris par l’insulte « Joffrey le Mauné » lancé par un chevalier des Cerwyn. J’ai fait le tour de quatre dictionnaires, et personne ne connait ce mot.
    Je ne sais pas si c’est un mot de vieux français, ou simplement un mélange ou un mot-valise pour « mal-né ».

    #153443
    Ysilla
    • Pisteur de Géants
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    Merci, Richard III pour la présentation des enjeux politique du Nord. J’avais perdu le souvenir de la complexité de la succession Corbois.

    Techniquement elle n’est pas née Corbois et ne devrait pas normalement avoir de droit dans la succession. Mais sa présence dans la maisonnée Corbois depuis des décennies, et sa légitimité stable bien que faible fait qu’elle contrôle Corbois pour le moment.

    Donnella a-t-elle des droits ? … non…mais oui quand même, sinon, elle n’aurait pas de prétendants aussi assidus, c’est donc que sa capacité à être épousée entraîne bien au moins l’usufruit d’un bien pour le nouvel époux, quitte à ce que le problème successoral se pose de nouveau, en cas de veuvage, comme le souligne ser Rodrik.

    C’est gentil de le penser, mon prince, mais je suis un simple chevalier, et trop vieux, en plus. Je tiendrais ses terres quelques années mais la laisserais, sitôt disparu, dans le même pétrin qu’aujourd’hui, et l’avenir de Beth risquerait d’en être lui-même compromis.

    La pauvre Donella semble condamnée par avance, si son ou ses veuvages remettent en cause l’usufruit des biens Corbois tant que ses neveux sont trop jeunes, c’est sûr que le meilleur moyen d’éviter qu’elle soit veuve, c’est de la trucider après mariage. CQFD Ramsay.

    Luwin commence par soutenir (comme tout les mestres en général d’ailleurs) le candidat du droit successoral classique : Beren Talhart.

    En fait, Luwin, à l’initiative de Bran, mentionne d’abord la possible candidature à la succession du fils bâtard d’Halys Corbois : Larence Snow. Le mestre, d’ailleurs, ne mentionne pas à Bran que Larence ne peut hériter les biens de son père qu’ à la condition que le roi – en l’occurrence, Robb Stark – le légitime, ce qui ne manquerait pas d’offenser Donella Corbois, vu ce qu’elle pense de l’autre bâtard évoqué dans le chapitre : Ramsay Snow.

    lorsque je me suis informée de ses intentions, il m’a fait répondre qu’aucun Bolton ne daignait répondre aux questions d’une femme. Comme s’il était légitime et avait le moindre droit de porter ce nom… !

    C’est donc mal parti pour Larence.

    Ce contexte nous annonce aussi bien les débats houleux entre Robb Stark et sa mère lorsqu’il s’agira par testament de nommer l’héritier du Nord que la légitimation de Ramsay par Joffrey.

    En l’absence de branche mâle légitime Corbois, la solution du fils cadet de Berena Corbois, lépouse de Téobald Tallhart semble bien plus simple par comparaison aux vagues lointains cousins à xxxx degrés du Val, mentionnés par Catelyn Stark pour y rechercher un possible héritier à Robb, Sansa devenue Lannister étant hors-jeu.

    Mais le chapitre de Bran montre que la légitimité par le sang compte bien peu lorsque vient s’en mêler le bon plaisir d’ambitieux ou le bon plaisir diplomatique du roi.

    edit :

    Je ne sais pas si c’est un mot de vieux français, ou simplement un mélange ou un mot-valise pour « mal-né ».

    en Ancien Français « mau » est attesté par mal, mauvais, méchant, on retrouve ce « mau » en composition avec le terme « maumarié » dans de nombreuses chansons anciennes pour désigner les mal mariés; Donc mauné désigne bien ici celui qui est mal né puisque né de l’inceste.

    J’ai fait une recherche rapide dans les dictionnaires d’ancien français 

    Je n’ai pas trouvé « mauné », mais je parierais que le mot doit se trouver dans des chansons anciennes, vu la fréquence du terme « maumarié ».

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 5 jours par Ysilla.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #153466
    Obsidienne
    • Pas Trouillard
    • Posts : 723

    J’ai cependant été assez surpris par l’insulte « Joffrey le Mauné » lancé par un chevalier des Cerwyn. J’ai fait le tour de quatre dictionnaires, et personne ne connait ce mot. Je ne sais pas si c’est un mot de vieux français, ou simplement un mélange ou un mot-valise pour « mal-né ».

    Effectivement,  « mau » signifie « mal » en vieux français. Penser à « maudire » !

    J’ai entendu dire que le nom de le nom de la place Maubert fait référence à Albert le Grand, alchimiste que d’aucun taxaient de diablerie d’où Maubert = le mauvais Albert …
    Je n’ai pas davantage que Richard III trouvé trace de « mauné » : invention de notre cher traducteur ?
    P.S. : posté avant de lire la réponse d’Ysilla !

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 4 jours par Obsidienne.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 4 jours par R.Graymarch. Raison: espaces

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #153502
    Ser Aemon Belaerys
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 830

    Comme vous dites, ce chapitre qui peut paraitre fastidieux en primo-lecture à cause du nombre de personnages et de maisons, traite de la succession Corbois sans rapport avec la guerre Stark-Lannister, et pourtant quand on relit en se souvenant de comment Ramsay a épousé Lady Corbois, puis comment il s’en est débarrassé, et enfin des conséquences pour ADWD, c’est juste génial.

    Cet entretien est intéressant parce que pour une fois une décision est prise : « Pour être gras, protesta ser Rodrik, il ne manque pas de jugeote. Vous coopérerez ou bien le roi saura la raison de votre refus ». A la stupeur de Bran, les deux ogres tombèrent d’accord, non sans maugréer pour obtempérer. Rodrik qui pour le moment ne faisait que recevoir et transmettre plaintes et requêtes, use de son autorité de gouverneur et demande une coopération aux conséquences inattendues. Pestagaupes sera celui qui suivra les Bolton à Winterfell, rejoint par… Wyman Manderly.

    J’avais l’article du blog sur la grande conspiration nordienne en tête quand j’ai relu, et j’avais pas pensé à cela. Je me demande si c’est du hasard ou fait exprès par l’auteur.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    #153517
    Pandémie
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2116

    J’avais l’article du blog sur la grande conspiration nordienne en tête quand j’ai relu, et j’avais pas pensé à cela. Je me demande si c’est du hasard ou fait exprès par l’auteur.

    Il avait très probablement les grandes lignes, comme toujours, mais son idée a évolué avec l’ajout de, par exemple, Barbrey Ryswell, entre autres.

    En tout cas ce chapitre est intéressant car il montre que les Nordiens sont certes moins retors que les Sudiers et moins fourbes que les Bolton, mais qu’ils ne sont pas non plus ignorants des manœuvres politiques pour le bien de leur maison.

    #153522
    RichardIII
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 341

    Donnella a-t-elle des droits ? … non…mais oui quand même, sinon, elle n’aurait pas de prétendants aussi assidus, c’est donc que sa capacité à être épousée entraîne bien au moins l’usufruit d’un bien pour le nouvel époux, quitte à ce que le problème successoral se pose de nouveau, en cas de veuvage, comme le souligne ser Rodrik.

    Je me suis demandé s’il y avait pas un cas particulier dans les droits successoraux nordiens. Entre elle et Barbrey Dustin, il semble qu’il y ait un véritable droit des veuves.  Dustin est vraiment un cas, parce que Barbrey mentionne spécifiquement un oncle et un grand-oncle vivants.

    Pour moi justement, Donella représente la solution « à court terme ». Elle se remarie avec quelqu’un qui la protégera ainsi que son fief, permettant une succession en douceur.

    La solution à long terme c’est soit Larence, soit un neveu Talhart.

    Sur Karstark et Cerwyn, c’est peu probable. Cerwyn est trop proche de Winterfell pour être véritablement autonome et lord Cerwyn meurt trop tôt, quant à Karstark, eh bien lord Rickard semble pas être un chaud partisan de la paix.

    En tout cas ce chapitre est intéressant car il montre que les Nordiens sont certes moins retors que les Sudiers et moins fourbes que les Bolton, mais qu’ils ne sont pas non plus ignorants des manœuvres politiques pour le bien de leur maison.

    Je pense que ce qu’il se passe avec Corbois doit se passer de manière similaire avec d’autres Couronnes. Je vois mal en quoi les sudiers seraient plus violents/retors que ce qu’on voit là.
    Au final, Ramsay agit violemment parce que c’est le voisin et qu’il a les moyens d’agir. Il est particulièrement violent mais je ne pense pas que les Omble ou certains clans n’auraient pas tenté la même chose si l’opportunité s’en présentait (dans des lignes moins violentes j’imagine).

    D’ailleurs, historiquement parlant, ce dont GRRM parle a déjà eu lieu: Aliénor d’Aquitaine une fois divorcée a failli se faire enlever deux fois en deux mois avant d’épouser le duc de Normandie Henri d’Anjou. Quant à Renaud de Dammartin, il enlève la comtesse de Boulogne et répudie sa propre femme. La mère d’Ide de Boulogne avait d’ailleurs été enlevée d’un couvent par son père.

    J’aurais beaucoup voulu parler du conflit Corbois qui éclate après mais il faut le laisser à Bran III. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il a des conséquences dramatiques sur les capacités du Nord à s’unir face aux fer-nés.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 3 jours par R.Graymarch.
    #153527
    Yfos
    • Pas Trouillard
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    La prise de bec qui suit entre Bran et les deux Walder révèle encore plus leur caractère : là où Petit Walder va loin dans la moquerie et l’insulte, Grand Walder sait s’arrêter à temps.

    Grand Walder ne s’arrête que pour éviter des problèmes avec le Mestre de Winterfell, pas de son propre mouvement. Et, puisque son oncle Lothar est évoqué, à Vivesaigues celui-ci se montre affable, conciliant avec Robb alors que, à ce moment, il a déjà préparé les Noces Pourpres.

    Bran n’est quand même pas très charitable avec les Walder, se moquant de leurs armoiries qui font apparaître les armes de leurs mères et grand-mères. Les petits-fils de Lord Walder, dont beaucoup se prénomment Walder, n’ont pas vraiment le choix s’ils veulent se différencier.

    Jon s’était de même moqué de Joffrey qui portait les armoiries Baratheon et Lannister.

    Là, Bran est plus impliqué et propose une solution, mais on ne l’écoute pas (alors que ça aurait pu changer des choses… et par ricochet aussi à Winterfell lors de l’attaque des fer-nés ?) Bran wanted to give the lady a hundred men to defend her rights, but Ser Rodrik only said,

    Je ne sais pas si Bran l’a réellement proposé ou s’il n’a fait qu’y penser. Il est censé se contenter des formules de politesse. De plus, je ne sais pas si Ser Rodrik avait les moyens de les donner. Il part défendre Quart Thorren avec seulement 600 hommes en ne laissant que peu de gardes à Winterfell et il a pour cela besoin de prendre des troupes aux fortins environnants.

    En tous cas, Bran est vraiment impliqué: il n’a que 8 ans (presque 9) et s’intéresse vraiment à ce qui se dit, réfléchit.

     

    #153559
    Ysilla
    • Pisteur de Géants
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    Je voudrais revenir sur la structure du chapitre. Il s’amorce sur une scène de fin de nuit où Bran s’est précocement éveillé : 

    Les premières pâleurs du jour étaient fort loin de s’insérer dans l’interstice des volets qu’il avait déjà les yeux ouverts.

    et il s’achève sur une scène de début de nuit où Bran est sur le point de plonger dans le sommeil :

    Le soir, il supplia les dieux de Père de lui accorder un sommeil sans rêves.

    Anecdotiquement, sommeil et corneille font d’ailleurs le lien textuel avec le chapitre suivant, Tyrion IV :

    Je dors moins que dans ma jeunesse, commenta le Grand Mestre Pycelle (qui doit par ailleurs envoyer un corbeau messager sur l’injonction de Tyrion.)

    Entre cette scène d’éveil et cette scène d’endormissement plusieurs jours se sont écoulés, consacrés, du point de vue des événements, par la fête des moissons et  la succession Corbois.

    Je voudrais ici m’arrêter sur ce qui se passe dans la tête de Bran : il est tiraillé entre trois destins : 

    L’un est devenu un douloureux fantasme inaccessible : être chevalier, le deuxième qui lui échoit au nom du principe de réalité est pénible : apprendre à gouverner le Nord en tant qu’héritier provisoire de son frère et enfin le troisième destin qui lui est proposé, il le repousse encore car il est tout autant effrayant qu’ indéchiffrable, c’est le “vole ou meurs” de la corneille en fin de chapitre.

    Les références à la chevalerie rythment l’ensemble du chapitre , par exemple :

    Être prince ne l’avait jamais tenté. Son rêve de toujours, c’était chevalier, c’étaient l’éclat de l’armure et le flottement des bannières, c’étaient la lance et l’épée, c’était entre les cuisses un destrier.

    La nostalgie d’être et n’être pas l’un d’eux [les écuyers de la quintaine] tourmentait si fort Bran qu’il en avait mal au ventre.

    On retrouve dans l’idéalisation de Bran des échos des rêveries de Sansa, des illusions vite détruites d’Arya sur le comportement des supposés chevaliers en temps de guerre, sans oublier Jon qui magnifie la Garde de Nuit au travers de la figure de Benjen et qui découvre au Mur son premier chevalier en la personne d’Alliser Thorne.

    Petite question vite fait en passant : a-t-on des références sur une idéalisation identique chez Robb ? 

    Les rêves de Bran sont dans le chapitre constamment battus en brèche par une réalité nettement moins reluisante : 

    Les “chevaliers” de la fête des moissons que découvre Bran sont de simples écuyers qui courent la quintaine, sans parler de la prestation des deux Frey. À défaut d’être un chevalier de terre, Bran se verrait bien chevalier de mer mais la proposition de l’énorme Manderly – qui n’a physiquement rien d’un modèle de chevalier – ne rencontre pas un franc succès auprès de ser Rodrik. De même, Bran associe d’emblée la détresse de lady Corbois à la défense chevaleresque de la veuve mais ser Rodrik n’a pas la réponse flamboyante que Bran escomptait.

    Bran aurait volontiers donné cent hommes à la dame pour défenseurs, mais ser Rodrik se contenta de dire : « Libre à lui de les lorgner mais, s’il faisait pis, je vous jure qu’il le paierait cher.

    Mais les rêves de chevalerie ne se dissipent pas si vite ; Bran est prompt à s’enthousiasmer, même pour des parodies d’exploits chevaleresques tels que ceux de Benfred Tallhart et des ses compagnons de chevauchée : 

    Il a monté sa propre compagnie de lances. Avec des garçons dont le plus âgé n’a pas dix-neuf ans, et qui le considèrent tous comme un second louveteau. […] ils se sont eux-mêmes dénommés « les Bouquins sauvages » et courent à bride abattue la campagne avec des peaux de lièvre accrochées à leurs hampes, chantant à tue-tête des chansons de chevalerie. » Bran trouva cela grandiose.

    Mais l’admiration de Bran est vite douchée par l’inévitable Cassel :

    Ser Rodrik manifesta, lui, sans ambages sa réprobation.

    Que reste-t-il en fin de chapitre de chevalerie ? La sortie ratée de Bran ficelé sur Danseuse comme une pâle et parodique copie du chevalier qu’il aurait tant désiré devenir.

    La captivité de lord Cerwyn n’empêcha cependant pas son fils, quatorze ans, de franchir la porte, un beau matin venteux, suivi d’une bonne vingtaine de lances. Et Bran, qui se trouvait pour lors faire évoluer Danseuse autour de la cour, prit le trot pour se porter au-devant de ce vieux copain. […]

    Sans seulement voir les regards abasourdis des Cerwyn, Bran fit pivoter Danseuse en direction des écuries. Les rugissements de son sang l’assourdissaient et, sans les sangles qui le maintenaient en selle, il eût vidé les étriers.

    Néanmoins on retrouvera pendant longtemps encore mention de la chevalerie dans les chapitres de Bran d’ACOK sans parler dans ASOS du fameux conte de chevalier réclamé par Bran et raconté par Meera Reed : la légende du chevalier d’Aubier rieur.

    Je ne reviens pas sur son apprentissage du destin de seigneur que son entourage lui voit réservé. Les commentaires ont largement abordé le contexte politique du chapitre.

    Au fond, la question du destin de lady Corbois recoupe dans son urgence tragique celle du destin de Bran. Que vont-ils devenir tous les deux ? Bran a déjà une partie de la réponse : 

    M’est avis qu’un jour Winterfell n’aura qu’à se louer d’un maître tel que toi.

    – Il n’en aura pas l’occasion, objecta Bran, conscient qu’il ne serait pas plus lord qu’il ne pouvait être chevalier.

    Reste donc  le troisième destin : “vole ou meurs” de la Corneille (On pourrait dire à Donella Corbois : “choisis-toi un mari et vite  ou meurs”).

    En parallèle des fantasmes de chevalerie, saillent dans le chapitre les rêves de loups par deux fois. Je cite intégralement la seconde occurrence :

    « Vole ou meurs !» piaulait la corneille aux trois yeux tout en le becquetant. Et il avait beau pleurer et la conjurer, elle s’acharnait impitoyablement. Elle lui dévora l’œil gauche puis le droit et, après l’avoir bien aveuglé, dûment plongé dans les ténèbres, s’en prit à son front et se mit à lui fouailler cruellement la cervelle. Et il poussait de tels hurlements que ses poumons, devina-t-il, allaient éclater. La douleur lui fendait la tête à la manière d’une hache, mais, lorsque la corneille extirpa son bec tout barbouillé d’esquilles et de matière grise, il recouvra soudain la vue.

    Les modalités de ce second rêve sont assez curieusement annoncés par le récit de Vieille Nan sur Mors Omble : 

    Le croyant mort, un corbeau avait jadis picoré l’œil du premier, Mors, qui depuis portait un cabochon de verredragon dans l’orbite vide ; son surnom de Freuxchère lui provenait de ce qu’il s’était vengé de l’oiseau, contait Vieille Nan, en lui arrachant la tête d’un coup de dent.

    On a le même motif de l’œil dévoré par un corbeau/ corneille et l’air de rien, on trouve aussi l’obsidienne et l’œil manquant commun à Brynden Bloodraven Rivers, Euron Greyjoy et Mors Omble (les deux derniers partageant même des surnoms à base de “crow” : Crowfood et Crow’s eye).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 1 jour par Ysilla.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #153818
    Eridan
    • Fléau des Autres
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    Merci à Richard III pour la présentation (et à Darkdoudou pour le parallèle avec la foire aux monstres, qui m’avait échappé jusque là).

    RichardIII wrote: Cet entretien est intéressant parce que pour une fois une décision est prise : « Pour être gras, protesta ser Rodrik, il ne manque pas de jugeote. Vous coopérerez ou bien le roi saura la raison de votre refus ». A la stupeur de Bran, les deux ogres tombèrent d’accord, non sans maugréer pour obtempérer. Rodrik qui pour le moment ne faisait que recevoir et transmettre plaintes et requêtes, use de son autorité de gouverneur et demande une coopération aux conséquences inattendues. Pestagaupes sera celui qui suivra les Bolton à Winterfell, rejoint par… Wyman Manderly.

    J’avais l’article du blog sur la grande conspiration nordienne en tête quand j’ai relu, et j’avais pas pensé à cela. Je me demande si c’est du hasard ou fait exprès par l’auteur.

    On pourrait en rediscuter dans le sujet de la GNC ^^ Pour moi, ce passage n’est pas un argument validant, mais au contraire, un de ceux qui m’invitent à me méfier de la théorie de la GNC. Manderly et Omble ont collaboré pour construire des bateaux ? Super … Cersei et Aurane Waters aussi ont collaboré pour construire 10 dromons … On sait comment ça s’est fini. En définitive, c’est celui qui fournit l’équipage qui contrôle les bateaux. Donc ici, plutôt Manderly a priori.
    Et justement, on remarque dans ce passage qu’ils ne le font pas spontanément : il faut l’autorité des Stark pour les contraindre à la coopération. Après les noces pourpres, quand l’autorité des Stark a disparu, chaque famille se retrouve à devoir jouer au jeu des trônes seule de son côté pour s’en sortir, ignorante du jeu auquel se prête les autres … Et chacune essaie de duper son monde. Est-ce qu’avoir construit des bateaux ensemble suffit à se faire confiance ?

    Je me suis demandé s’il y avait pas un cas particulier dans les droits successoraux nordiens.

    Non, ce n’est pas une particularité locale. Il y a bien un mince droit successoral pour les veuves. Il est faible, généralement remis en question et bien souvent, il faut un remariage (parce que comme dit Rodrik, une femme seule qui règne sur un fief, ça attire les convoitises et amène les dégénérés à envisager le mariage forcé pour récupérer les terres) mais ça fait partie des solutions qu’on envisage en dernier recours.

    Il me semble qu’on en parlait dans le sujet suivant : [TWOIAF] Des règles de succession dans le royaume

    Et sinon, je vous recommande la lecture (en anglais) de ce ssm, qui apporte justement son lot de réponses sur les questions de succession, particulièrement celle de Corbois : The Hornwood Inheritance and the Whents

    « Stark à Winterfell »

    « the Stark in Winterfell » comme on parle de « the King in the North » ( « roi dans le Nord » ) … Un choix de titre curieux : d’habitude, les autres lignées royales ou seigneuriales n’utilisent pas cette préposition in (= « dans » « à » « en » ), mais plutôt la préposition of (= « de » ) J’ai jamais bien compris les implications qu’il y a derrière, j’avoue, mais c’est un détail de plus qui éveille mon intérêt.

    Personne ne nomme le bâtard Bolton, c’est assez intéressant (en deux (?) ans, personne n’est au courant de son prénom ?)

    La situation de Ramsay est un peu … atypique, pour un bâtard. D’habitude, le bâtard noble classique est reconnu à la naissance par son père, et on pourvoit à son éducation ou à lui trouver une place dans le monde (Larence, Jon, Edric, même Mya Stone) … ou alors, il est abandonné à lui-même (Gendry, Barra). Ramsay est sur une sorte d’entre-deux : comme le dit Rodrik, il n’a pas été reconnu par son père. On en apprend plus dans ADWD, où Roose nous refait tout l’historique : il a fourni Schlingue comme serviteur à la mère de Ramsay, mais sans reconnaître son fils. Ramsay n’a pas reçu d’éducation de château, il n’a eu ni mestre, ni maître d’armes. A la mort de Domeric, Roose a fait venir Ramsay à Fort-Terreur et lui a donné une place dans sa maisonnée, mais toujours sans le reconnaître officiellement, apparemment.

    Et le cerveau de Bran se rappelle un peu à lui et à sa chute. Un peu, mais pas assez.

    Ca viendra ^^ (#teaser)

    Jon s’était de même moqué de Joffrey qui portait les armoiries Baratheon et Lannister.

    Il n’y a pas que Jon. Beaucoup de gens (Renly, entre autre) sont gênés de voir la place « culturelle » que prennent les Lannister : le lion d’or et l’écarlate sont partout chez les enfants de Robert et Cersei. Le physique des enfants, leurs armoiries, le nom de leurs épées, leurs vêtements … Tout est fait pour souligner d’avantage l’héritage Lannister que Baratheon. Or la dynastie royale, c’est bien celle des Baratheon, pas celle des Lannister.

    Du coup, la réflexion de Bran se comprend (même si comme toi, je l’ai trouvée assez méprisante et inconsciente des réalités des Jumeaux) : au sein d’une lignée, ce qui compte le plus, ce sont les armes du père.

    Tant qu’on est sur les Frey, j’en profite pour relever un indice de worldbuilding, discret mais important pour la suite :

    The Walders were mounting up, he saw. They’d brought fine armor up from the Twins, shining silver plate with enameled blue chasings. Big Walder’s crest was shaped like a castle, while Little Walder favored streamers of blue and grey silk. Their shields and surcoats also set them apart from each other. […]
    Their dappled grey coursers were swift, strong, and beautifully trained.
    – – – –
    Les Walder étaient en train de se mettre en selle. Ils avaient apporté de leurs Jumeaux de belles armures de plates argentées repoussées d’émaux bleus. Le cimier de Grand Walder avait la forme d’un château, celui de Petit Walder s’ornait de faveurs flottantes de soie grises et bleues. Leurs écus et surcots respectifs achevaient de les différencier. […]
    Sur leurs coursiers gris pommelé vifs et solides et superbement dressés, […]

    Malgré leur jeunes âges, les deux Frey ont des armures personnelles et ils possèdent leurs propres chevaux, le tout à leur couleur. Ca paraît normal, mais il faut se souvenir qu’ils ne sont que des petits-fils de lord Walder et qu’assurer la formation militaire d’un enfant coûte déjà un prix exorbitant (cf. le cas de lord Sunderland : « Pour un pot de l’or des Lannister, il vous vendrait à la reine. Le pauvre homme a besoin de chaque dragon qu’il trouve, avec sept fils résolus à devenir chevaliers. » ADWD Davos I). Cependant, Walder paye, même pour des petits-fils éloignés … C’est un premier jalon pour le futur : on découvrira plus tard que sous ses dehors revêches, lord Walder protège tous ceux qui font partie de sa famille, même éloignée et qu’il s’investit pour que tous finissent par avoir une place à peu près décente. Robb le découvrira aussi, mais trop tard.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 jour et 16 heures par R.Graymarch.
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