ACOK 33 – Sansa III

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    darkdoudou
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    ACOK 33 – Sansa III
    Au fil des pages – liste des sujets

    ACOK 32, Catelyn III ACOK 34, Catelyn IV

    Sansa had prayed so hard. Could this be her answer at last, a true knight sent to save her?
    Se pouvait-il que tant et tant de prières ardentes fussent exaucées, à la fin, par l’envoi d’un sauveur ? d’un véritable chevalier ? Mais qui, qui ? ACOK Sansa II

    Le chapitre précédent finissait par Catelyn appelant à prier. Ici nous verrons qui sont ceux que les dieux ont cru bon d’envoyer à Sansa suite à ses prières au bois sacré.
    Sansa une fois de plus est humiliée et battue suite aux caprices d’un roi monstrueux. Joffrey en plus des coups fait déshabiller la jeune Stark devant un large public jusqu’à ce que Tyrion mette fin au supplice. La suite se passe dans la tour de la Main où Tyrion donnera à Sansa de réelles explications sur la victoire de Croixboeuf et aussi des raisons d’espérer un avenir meilleur.
    Je vais me concentrer sur les trois principaux protagonistes : Joffrey, Sansa et Tyrion, chacun entouré de trois chevaliers servants.

    Le Roi et ses chevaliers

    Joffrey se montre très détestable, comme d’habitude : son activité du jour est de tuer des chats en public avec son arbalète. Je ne trouve pas les mots pour qualifier ce passe-temps et je ne comprends pas qu’il n’y a personne pour l’empêcher : Cersei regarde ailleurs et Tyrion est fournisseur d’arbalète.

    Le motif de la colère de roi est l’annonce de la défaite Lannister à Croixboeuf ; Joffrey réagit en convoquant Sansa pour la « punir ». Son attitude n’a rien de royal et contraste fortement avec ce qu’on peut voir des autres dirigeants (Tywin, Stannis, Robb, Daenerys, Jeor). La seule comparaison possible, c’est Tyrion qui l’amène dans sa réponse à Joffrey :

    — Le roi est libre de faire ce qui lui plaît.
    — Aerys Targaryen fit ce qui lui plaisait. Ta mère ne t’a jamais conté ce qui lui arriva ?

    Comme souvent Joffrey se réfère à sa mère en public : s’il parle d’elle en conseillère, c’est maladroit car il montre qu’il ne comprend pas vraiment la situation. S’il parle d’elle en tant que mère c’est encore plus maladroit car cela montre qu’il n’est pas adulte et qu’il ne gouverne pas.

    « Je vous descendrais bien aussi, mais Mère affirme qu’on tuera mon oncle Jaime, si je le fais. Aussi me contenterai-je de vous châtier, puis nous aviserons votre frère de ce qui vous pend au nez s’il ne se rend pas.[…]

    — Mieux vaut la peur que l’amour, dit Mère. » Joffrey montra Sansa du doigt. « Elle a peur de moi. »

    Meryn Trant et Boros Blount sont les deux chevaliers brutaux du chapitre : rien qu’à voir le noeud qui se forme dans les entrailles de Sansa dès qu’ils apparaissent le ton est donné.

    Campé au centre de la foule, Joffrey tripotait une arbalète de parade. Ser Boros et ser Meryn se trouvaient avec lui. Leur seule vue suffit à nouer les tripes de Sansa.

    Boros se met un peu plus en avant que Meryn dans les coups donnés à Sansa et le jeu de mots avec Tyrion, mais ils apparaissent tous deux comme des « chevaliers sans tête ». Beaucoup plus intéressant est Lancel Lannister qui va tromper les attentes de Sansa en se révélant odieux.

    Elle avait toujours vu en Lancel Lannister un jeune homme amène et courtois, mais le regard qu’il lui décocha ne témoignait ni compassion ni bienveillance.

    Le récit que fait Lancel de la bataille est particulièrement fantaisiste comme Tyrion le démontrera, le jeune homme est loin d’avoir le niveau de son père comme conseiller utile : il cherche juste à marquer des points avec le Roi.

    La cour présente lors de la scène ne brille pas par son courage : Gyles Rosby, Horas et Hobber Redwyne, les garçons d’écurie et les autres présents restent passifs ou ricanent. Parmi eux personne ne s’oppose à Joffrey comme le constate amèrement Sansa :

    Les chevaliers font vœu de défendre les faibles, de protéger les femmes et de combattre en faveur du droit, mais aucun d’eux n’est intervenu.

    Le roi et les chevaliers qui l’entourent ne sont pas à la hauteur, qui va venir au secours de la jeune Stark ?

    Sansa et ses protecteurs

    Ser Dontos seul avait tenté, mais il n’était plus chevalier, et le Lutin ne l’était pas, le Limier non plus… il haïssait les chevaliers, le Limier… Moi aussi, je les hais, se dit-elle, ils ne sont pas de véritables chevaliers, aucun d’eux

    Le premier à qui Sansa rend grâce est Dontos. En tant que bouffon, son aspect représente une parodie de chevalier :

    À califourchon sur son canasson de bruyère, […] Il brandissait une plommée dont la tête n’était qu’un melon.

    Sa manière de protéger Sansa est également parodique : en faisant mine de l’insulter et de la frapper, il essaie de lui éviter d’autres coups plus violents :

    Tout en décrivant au trot de son balai des cercles autour d’elle, il beuglait : « Traître ! traître ! », et lui martelait la tête avec le melon.

    Cependant son procédé n’est pas très efficace et Dontos n’empêche pas une pluie de coups de s’abattre sur Sansa.

    L’autre protecteur de Sansa est le cadet Clegane : Sandor dans cette scène a clairement choisi son camp et ce n’est pas celui du Roi dont il est garde. Envoyé par Joffrey il va en profiter pour donner à Sansa des informations utiles pour la préparer. Quand il a des contacts physiques avec elle, la jeune Stark observe encore ici qu’il le fait « sans la rudoyer » (non ungently).

    Ensuite Joffrey donne un ordre clair à Sandor : Frappe la, Chien. Sandor pourtant n’obéit pas, utilisant le prétexte de l’intervention boufonne de Dontos pour ne pas frapper Sansa. Quand Meryn et Boros font pleuvoir les coups, Sandor prend la parole encore en s’opposant au Roi :

    « Assez », entendit-elle. Le timbre râpeux du Limier.

    Enfin, dès l’apparition de Tyrion, Sandor s’empresse d’obéir à l’ordre du lutin de couvrir Sansa et lui envoie son manteau. Ce manteau blanc posé sur les épaules de Sansa évoque le symbole du mariage à Westeros avec en plus le caractère sacré et chaste des membres de la Garde Royale, il rappelle celui – noir – de Sam posé sur les épaules de Vère.

    Pourtant, malgré toutes ses actions positives, Sandor va s’en vouloir longtemps après de n’avoir pas fait plus pour Sansa comme il le dira sur le lit de mort du Limier :

    he was sobbing. « And the little bird, your pretty sister, I stood there in my white cloak and let them beat her. » ASOS Arya XIII

    Le dernier protecteur de Sansa est Tyrion : c’est lui qui met fin aux mauvais traitements infligés à Sansa et qui fait une leçon d’honneur en humiliant publiquement Boros, Meryn et Joffrey :

    « Quelle espèce de chevalier rosse les filles sans défense ? […]
    « Cette petite est censée devenir ta reine, dit le Lutin à Joffrey. Son honneur t’importe-t-il si peu ?[…]
    [Joffrey]— Elle a un sang de loup.
    [Tyrion] — Et toi une cervelle d’oie

    Sansa de son côté présente une évolution très intéressante dans ce chapitre ; d’abord elle cherche à savoir pourquoi elle est convoquée par Joffrey et parvient à obtenir des réponses qui lui seront utiles dans sa préparation :

    Il me faut être jolie, Joffrey se plaît à me voir jolie, il s’est toujours plu à me voir porter cette robe, cette couleur.

    Devant la cour, Sansa applique les conseils de Sandor (prodigués dans AGOT Sansa VI) et adopte un comportement humble en se mettant à genoux. En même temps elle ne se prive pas de contredire le Roi :

    « Vous autres Stark êtes aussi monstrueux que vos maudits loups. Je n’ai pas oublié comment votre fauve m’a saccagé.
    — C’était le loup d’Arya, dit-elle. Lady ne vous avait fait aucun mal

    Malgré le lourd malaise qui la saisit devant le climat aggressif de la cour, les chats morts, et malgré les menaces directes sur sa vie, Sansa ne perd pas la tête et arrive à faire baisser l’arbalète à Joffrey.
    Plus tard, pendant l’entrevue avec Tyrion, Sansa se montre à la hauteur et Tyrion lui en fait le compliment, révisant son jugement sur elle :

    « Eh bien ! quelqu’un vous a bien appris à mentir… Vous lui en saurez peut-être gré, un jour ou l’autre, mon enfant. […]

    Tyrion Lannister la scruta longuement. […] Peut-être êtes-vous plus avisée que je ne croyais.
    Tyrion Lannister studied her face. […] Perhaps you are wiser than I knew.

    Entre parenthèses ce dernier passage ressemble beaucoup à ce que disait Joffrey le jour de son anniversaire :

    Le roi l’observa un moment. « Peut-être n’êtes-vous pas si niaise, au fond, que le prétend Mère. »
    The king studied her a moment. « Perhaps you’re not so stupid as Mother says. » ACOK Sansa I

    Sansa a donc progressé dans l’art du mensonge, notamment dans son dernier mensonge qui est le plus crédible de tous et lui évitera d’être confinée à la tour de la Main. Ce n’est certes pas très honorable, mais dans sa position sa seule chance de survie est de devenir une meilleure intriguante. Elle utilise la courtoisie et le mensonge pour obtenir ce qu’elle veut : survivre et se garder une porte de sortie.

    Les aspects royaux de Tyrion

    Dans les chapitres précédents de Tyrion nous avons mis en évidence les nombreux défauts de Tyrion : en analysant ses pensées de près on voit bien son égoïsme, ses illusions et ses limites. Ici au travers des yeux d’une observatrice avisée j’ai voulu souligner ses aspects royaux.
    Tyrion est entouré par Bronn, Timett et Chella. Tous trois se montrent dans ce chapitre à l’image de ce que devrait être la Garde Royale : discrets et efficaces. Ils obéissent aux ordres et protègent la faible orpheline en usant de dissuasion plutôt que de brutalité gratuite. Les trois sont plus impressionnants que les chevaliers qui assistent Joffrey :

    ils terrifient Joffrey et ce nid de vipères sournoises et de chiens lécheurs qu’il appelle sa Garde. Avec Timett ou Chella près de vous, nul n’oserait vous donner une pichenette.

    La description de Chella et de ses trois colliers est particulièrement frappante :

    Sur le seuil se tenait une femme aux traits rudes, à la peau brune comme du cuir, et au col décharné de laquelle pendouillaient trois sautoirs – un d’or, un d’argent et un d’oreilles humaines.

    Tyrion aussi a quelque chose autour du cou alors qu’il rend visite à Sansa dans la tour de la Main :

    Il portait la chaîne aux mains d’or qui attestait ses fonctions.

    Cette chaîne d’or souligne l’aspect officiel de la rencontre : ce n’est pas Tyrion et Sansa, c’est la Main du Roi et lady Stark. En tant que Main du Roi, il fait deux promesses à Sansa : la fin des fiançailles et un retour à la maison.

    je n’ai nullement l’intention de vous voir jamais épouser Joffrey. Aucun mariage ne réconciliera Stark et Lannister après ce qui s’est passé, je crains. Et c’est grand dommage. Cette union était l’une des meilleures idées du roi Robert. […]
    Une fois que le royaume aura réintégré la paix du roi, je vous renverrai chez vous.

    Tyrion cherche à donner un garde du corps à Sansa pour la mettre hors d’atteinte de Joffrey, dans ses discussions diplomatiques il montre aussi une profondeur de vue qui le voit chercher la paix au-delà du conflit en cours. Ainsi on peut dire que le lutin correspond à la définition qu’avait donnée Vère :

    « On dit que le roi fait justice et protège les faibles. » ACOK Jon III

    La voix de Tyrion qui met fin au triste spectacle m’a fait penser à celle du Roi Robert mettant fin au combat des frères Clegane, la parole est immédiatement suivie d’effet.

    La voix du Lutin claqua comme un fouet, et Sansa se retrouva libre, subitement.

    Pendant la confrontation avec Joffrey Tyrion s’est montré clairement au dessus du Roi dans l’affrontement verbal. Bien sûr on peut rajouter un petit bémol en précisant qu’il devrait s’appliquer souvent sa propre phrase :

    Apprends à utiliser davantage tes oreilles et moins ta langue, sans quoi ton règne sera plus bref que je ne suis.

    Conclusion

    Sansa s’est trouvée un nouveau protecteur puissant qui a réussi à mettre fin à certains des mauvais traitements infligés par Joffrey : à partir de cet instant elle ne sera plus agressée physiquement. La fin des fiançailles donne l’espoir d’une fin de cauchemar. Pourtant Sansa garde tous ses espoirs en ser Dontos et, tirant les leçons du passé, n’accorde pas sa confiance à Tyrion Lannister.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois et 1 semaine par R.Graymarch.
    #157007
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    C’est un chapitre étrange où l’intrigue globale avance assez peu, celle des personnages un peu plus, mais c’est pourtant passionnant, principalement grâce à Tyrion. A la relecture d’ACOK on voit ses grossiers défauts mais là, je comprends pourquoi il séduit autant en première lecture : on voit moins les failles de son plan et de son tempérament, alors que ses coups d’éclat (face à des personnes détestables en plus) sont flamboyants. Mais il n’y a pas que ça que j’ai revu à la relecture

    Début In media res avec un conseil de tonton Sandor. Sansa en a toujours peur. Il faut dire qu’elle se méfie à raison de qui pourrait la trahir surtout qu’elle a quelque chose à se reprocher : ses entrevues avec Dontos (et aussi, le fait que son frère soit en guerre contre Joffrey, comme si c’était sa faute)

    The Hound was always rough-tongued, but something in the way he had looked at her filled her with dread.

    When she emerged, Sansa walked on the Hound’s left, away from the burned side of his face. “Tell me what I’ve done.”

    “Not you. Your kingly brother.”

    “Robb’s a traitor.” Sansa knew the words by rote.

    /

    The Hound snorted. “They trained you well, little bird.”

    L’entrée dans la salle du trône où Sansa a été convoquée est assez sinistre

    Loitering stablehands eyed her insolently, but Ser Horas Redwyne averted his gaze as she passed, and his brother Hobber pretended not to see her. A yellow cat was dying on the ground, mewling piteously, a crossbow quarrel through its ribs. Sansa stepped around it, feeling ill.

    Le seul regard un peu bienveillant vient de Dontos qui chevauche un balai. Ambiance de décadence, de fin de règne.
    J’ai aussi noté le « not ungently » de Sandor, une nouvelle fois
    Lancel balance ses énormités et c’est comme si des mains froides saisissaient Sansa à la gorge (image, elle aussi saisissante)

    “Using some vile sorcery, your brother fell upon Ser Stafford Lannister with an army of wargs, not three days ride from Lannisport. Thousands of good men were butchered as they slept, without the chance to lift sword. After the slaughter, the northmen feasted on the flesh of the slain.”

    Horror coiled cold hands around Sansa’s throat.

    Dontos tente un peu maladroitement d’aider Sansa. Il est peut-être intéressé, n’empêche qu’il a beaucoup à perdre. On reparle de loup, de Lady, de qui a tué qui et Joffrey se vante d’avoir tué quelqu’un la veille (et blessé une autre personne). Hum

    “ Dog, hit her.”

    “Let me beat her!” Ser Dontos shoved forward, tin armor clattering. He was armed with a “morningstar” whose head was a melon.

    My Florian. She could have kissed him, blotchy skin and broken veins and all. He trotted his broomstick around her, shouting “Traitor, traitor” and whacking her over the head with the melon. Sansa covered herself with her hands, staggering every time the fruit pounded her, her hair sticky by the second blow. People were laughing. The melon flew to pieces. Laugh, Joffrey, she prayed as the juice ran down her face and the front of her blue silk gown. Laugh and be satisfied.

    Sandor s’en sort bien, à être pris de vitesse par Dontos. Je me demande s’il aurait osé s’opposer (et si oui, de quelle manière) à Joffrey. Dontos est en effet prompt et preux, même si ça ne sert à rien. Meryn s’en prend à Dontos et Boros à Sansa
    Boros slammed a fist into Sansa’s belly, driving the air out of her. When she doubled over, the knight grabbed her hair and drew his sword, and for one hideous instant she was certain he meant to open her throat. As he laid the flat of the blade across her thighs, she thought her legs might break from the force of the blow. Sansa screamed. Tears welled in her eyes. It will be over soon. She soon lost count of the blows.
    La scène est affreuse. L’auteur aime bien les coups dans les cuisses pour les frangines Stark, on dirait.
    Sandor réagit mais il n’a pas assez de pouvoir

    “Enough,” she heard the Hound rasp.

    “No it isn’t,” the king replied. “Boros, make her naked.”

    On s’attend au pire (on a déjà lu des trucs horribles avec Arya alors du coup..)

    “Beat her bloody,” Joffrey said, “we’ll see how her brother fancies—”

    Et là, Tyrion intervient. Tel un fouet qui… libère

    The Imp’s voice cracked like a whip, and suddenly Sansa was free.

    A partir de là, je pourrais tout citer tellement c’est délicieux. Tyrion est impertinent, merveilleux, honorable. Il ferme le clapet de son idiot de neveu cruel, c’est un bonheur. Je vais quand même me limiter un peu.

    Sansa est ravie d’être secourue mais elle ne connait pas le nom de ceux qui accompagnent Tyrion. Ah, Sansa et les petites gens^^

    His pet sellsword stood with him, and one of his wildlings, the one with the burned eye.

    Bronn menace Boros et Meryn. Audacieux.

    “She has the blood of a wolf.”

    “And you have the wits of a goose.”

    Tout le reste de la tirade est magnifique (même si Tyrion a agi aussi avec cruauté, comme avec Pycelle, du coup je trouve aussi qu’il n’écoute pas totalement les conseils qu’il prodigue)

    Sansa est sauvée et part avec Tyrion. Comme dans un conte, on la soigne. Il y a tant de servantes chez Tyrion ? Ca poppe comme des fées ?

    Je note qu’avec « dream / bad dream » (dreamwine/vinsonge), on entre dans le domaine du rêve. Sauf que ça ne marche pas vraiment. Sansa qui devait tout oublier et se réveiller fraiche comme une rose a des séquelles physiques de son mauvais traitement

    As she rose, a stab of pain went through her legs and brought it all back.

    J’ai noté aussi qu’elle était dans la chambre d’Arya, après que les meubles ont été bougés. J’avais vu aussi qu’on parle des colliers de Chella peu avant celui de la Main du roi

    Tyrion explique la bataille qui a eu lieu 6 jours plus tôt (pour les fans de calcul). Sa vision est bien plus réaliste que celle de Lancel

    Ser Lancel’s a wineskin warrior who wouldn’t know a warg from a wart.

    Tyrion envisage aussi l’avenir (c’est heureux)

    No marriage will reconcile Stark and Lannister after all that has happened, I fear. More’s the pity. The match was one of King Robert’s better notions, if Joffrey hadn’t mucked it up

    Puis comme noté plus haut, Sansa passe de « ne sait pas mentir » à « y arrive enfin »

    It was as if her face were an open book, so easily did the dwarf read her hopes.

    Intéressant que Tyrion la croit quand elle parle de cauchemars. Comme quoi avec les rêves plus hauts, on n’était pas si loin.

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par R.Graymarch.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #157008
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1575

    Juste un petit ajout à ta belle analyse, Darkdoudou :

    Le melon finit par voler en pièces. Ris, Joffrey, pria-t-elle, tandis que le jus lui dégoulinait le long de la figure et maculait le devant de sa robe en soie bleue. Ris, et sois satisfait.

    L’épisode du melon qui vient s’éclater sur la robe de soie bleue de Sansa est à mettre en parallèle avec l’orange sanguine lancée par Arya dans AGOT 45, Sansa III

    L’orange, traversant la table, vint avec un floc visqueux la frapper en plein front puis s’effondra dans son giron.[…] La pulpe [qui] lui piquait les yeux, lui dégoulinait le long du nez, mais les dégâts causés à sa belle robe de soie ivoire lui arrachèrent un nouveau cri d’indignation. « Tu es horrible ! piailla-t-elle. Ce n’est pas Lady, c’est toi qu’il fallait abattre ! »

    Dans la scène d’AGOT, Sansa prend la défense de Joffrey et du Limier tout en se montrant très menaçante vis à vis d’Arya ( cf. « c’est toi qu’il fallait abattre »)

    Dans la scène d’ACOK, Le Limier tente de limiter la punition de Sansa et c’est elle qui est bien sur le point d’être abattue par Joffrey dans un simulacre d’exécution.

    Point chiffon : Sansa et ses robes de soie, c’est pas de chance pour une fille qui accorde tant d’importance à ses toilettes ! 😉

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #157026
    Obsidienne
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Bravo et merci pour vos analyses qui améliorent grandement mes piètres compétences en explication de texte !
    Je n’ai rien à ajouter à vos précieuses analyses mais je réagis au sujet de la traduction (merci, R Graymarch !)
    Si on peut aimer ou pas le fait que celle-ci soit dans un style plus élégant que celui de l’auteur, je râle sur la traduction en « zoman » du mot « warg » !
    En lisant que Lancel parlait de zomans, mon imagination avait galopé sur le thème « Mais comment donc peut-il connaitre  les change-peau ? » pour construire des théories bien capillotractées !
    En fait, je vois qu’il parle de « wargs ». Wikipédia me dit que  : chez Tolkien « Ils sont décrits comme des sortes de loups plus grands que la moyenne au service de Sauron

    Dans la mythologie nordique, le terme warg correspond à des loups mythologiques nommés FenrirSköll et Hati. Ce terme désigne donc avant tout de grands loups. »
    Donc, dans notre contexte, Lancel multiplie simplement les Direwolves ! Comme le rectifie d’ailleurs plus loin Tyrion en disant que Robb était bien accompagné de son seul loup garou !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par R.Graymarch.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par Obsidienne.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #157029
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Je ne sais pas si à ce stade du récit, le traducteur distinguait bien les direwolves et les zomans (surtout que certains zomans vont dans l’esprit des direwolves). Ou même s’il avait le temps de vérifier. Cela dit, je conçois que ça change le détail du récit de la bataille (pas le fond : Lancel pipote).

    Quant au terme « warg », je ne sais pas à quel point il est familier en anglais pré-Tolkien (Tolkien s’intéressant énormément à la mythologie nordique, il est fort possible qu’il connaisse des choses plus pointues que la personne moyenne), mais en tout cas en français, j’ai l’impression que le terme est apparu (ouargue) dans son œuvre et lui est donc très lié, ce qui peut embêter un traducteur à utiliser le terme d’une oeuvre qui n’est pas encore passé dans la langue commune (à la différence de « robot » par exemple) pour un terme d’une autre oeuvre. Sola aurait pu traduire « warg » par « loup garou » mais ça aurait été différent de « direwolf » (que n’utilise pas Lancel)… avec en plus le souci habituel de « loup garou » qui dans l’imaginaire est un humain qui se transforme en loup. Bobo la tête

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    #157030
    Obsidienne
    • Exterminateur de Sauvageons
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    … et nous revoici sur le pressurage de méninges sur la traduction de  « direwolf  » ! Il est d’ailleurs surprenant que G. Martin le remplace ici par « warg » !
    En fait, puisque  « warg » existait déjà pour désigner les loups mythologiques de la tradition nordique, pourquoi avoir crée « direwolf » ?
    G.Martin aurait-il hésité sur l’emploi de ces deux termes ?
    D’ailleurs, « warg » apparait-il ailleurs dans ASOIAF ?

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par Obsidienne.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par R.Graymarch. Raison: direvolf -> direwolf. + espaces

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
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    #157041
    Ysilla
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    S’il faut en croire le site A search of Ice and Fire, le terme warg apparaît 44 fois dans ASOIAF : 
    15 fois dans ACOK, 15 dans ASOS et 14 dans ADWD.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par Ysilla.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #157048
    Obsidienne
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    S’il faut en croire le site A search of Ice and Fire, le terme warg apparaît 44 fois dans ASOIAF : 15 fois dans ACOK, 15 dans ASOS et 14 dans ADWD.

    Merci Ysilla !
    Je suis allée voir sur ce site et, effectivement, on ne trouve QUE direwolf dans AGOT .
    La première fois pour désigner l’emblème des Stark , la deuxième, la louve morte : aucun de ces loups n’est donc explicitement rattaché à la mythologie nordique au moment où on parle d’eux pour la première fois.

    Warg apparait ensuite dans Acok, la première fois dans Arya VII puis dans Sansa III …
    Pourquoi pas un seul terme ?

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #157052
    Ysilla
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    En lisant que Lancel parlait de zomans

    Donc, dans notre contexte, Lancel multiplie simplement les Direwolves ! Comme le rectifie d’ailleurs plus loin Tyrion en disant que Robb était bien accompagné de son seul loup garou !

    Je suis allée voir sur ce site et, effectivement, on ne trouve QUE direwolf dans AGOT .

    Warg apparait ensuite dans Acok, la première fois dans Arya VII puis dans Sansa III … Pourquoi pas un seul terme ?

    Obsi, je n’ai pas la même lecture que toi des propos de Lancel : dans le chapitre précédent d’Arya, apparaît pour la première fois le mot « warg » ; Arya écoute les ragots colportés par les habitants d’Harrenhal dont :

    [Lord Tywin] avait acheté une tonne d’argent pour forger des épées magiques qui égorgeraient ces zomans de Stark.

    Le « zomanisme », si je puis m’exprimer ainsi, doit être connu jusqu’au sud, mais les connaissances de ce phénomène propre au lointain nord sont parcellaires, déformées, fantasmées, jusqu’à ne plus avoir qu’un lointain rapport avec les véritables zomans.

    Dans le chapitre de Sansa, je crois que Lancel se fait l’écho des ragots colportés depuis Harrenhal et que lorsqu’il parle de warg, il évoque les soldats du nord comme des hommes-loups déchirant à belles dents l’ennemi Lannister ; il ne parle pas du tout, à mon avis d’une meute de loups géants escortant Robb.

    Par contre, Tyrion essaie de rationaliser le propos de Lancel : pour lui, seule la présence de Vent-Gris le direwolf est attestée et il est suffisamment effrayant pour que des  esprits faibles ( Lancel, par exemple ˆˆ) aient pu élucubrer au point de voir ou de croire à la présence d’hommes-loups.

    Donc pour moi, il y a bien deux emplois distincts de direwolf et warg dans le chapitre, histoire pour GRMM de nous préparer au terme dans les propos de Jojen dans le prochain chapitre de Bran, terme « warg » dégagé cette fois-ci des fantasmes des sudiers.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #157057
    darkdoudou
    • Pas Trouillard
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    J’ai regardé sur a search of ice and fire puis sur westeros.org.

    J’ai compris que  les warg dans la saga sont des change-peau qui ont un lien particulier avec les loups. Dans la traduction française ils sont appelés zoman. Notre wiki précise bien tout ça.

    Comme R.Graymarch j’avais assimilé au début les wargs de ASOIAF aux ouargues de Tolkien, mais en fait non.

    La traduction de Jean Sola me semble très correcte et cohérente : il traduit warg par zoman, et il met une allitération plaisante avec « zozoter », ne pouvant pas traduire wart en verrue bien sûr.

    C’est drôlement intéressant cette histoire de bataille dont nous aurons plusieurs témoignages, toujours indirects comme dans le chapitre d’Arya par Ysilla et parlant de l’argent (comme les balles qui servent à tuer nos loups-garou). Dans la plupart des témoignages il y a des rumeurs différentes, y compris à Vivesaigues. En six jours l’information est arrivée de Croixboeuf à Port-Réal et s’est répandue à plusieurs niveaux.

    L’épisode du melon qui vient s’éclater sur la robe de soie bleue de Sansa est à mettre en parallèle avec l’orange sanguine lancée par Arya dans AGOT 45, Sansa III

    Merci pour ton ajout ! j’avais relevé d’autres points montrant que Sansa a un comportement très Arya-esque dans ce chapitre mais ma présentation était déjà beaucoup trop longue. Au fur et à mesure de la relecture je me rends compte que les soeurs sont finalement assez proches l’une de l’autre.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par R.Graymarch.
    #157061
    Yfos
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Merci pour cette analyse.

    Joffrey se montre très détestable, comme d’habitude : son activité du jour est de tuer des chats en public avec son arbalète. Je ne trouve pas les mots pour qualifier ce passe-temps et je ne comprends pas qu’il n’y a personne pour l’empêche

    Dans un chapitre précédent, il tirait sur des lièvres mais, en le voyant par les yeux de Tyrion qui constatait surtout la maladresse de Joffrey, c’était moins choquant. Joffrey se vante d’avoir « crevé la gueule » d’un homme et personne ne réagit, alors des chats …

    Comme souvent Joffrey se réfère à sa mère en public …  S’il parle d’elle en tant que mère c’est encore plus maladroit car cela montre qu’il n’est pas adulte et qu’il ne gouverne pas.

    Vu que, comme son père putatif, il ne s’intéresse pas au gouvernement, j’ai toujours eu l’impression qu’il parlait d’elle comme mère, sans se rendre compte de ce que cela impliquait.

    La voix de Tyrion qui met fin au triste spectacle m’a fait penser à celle du Roi Robert mettant fin au combat des frères Clegane, la parole est immédiatement suivie d’effet.

    Je n’avais pas fait attention. Normalement, les chevaliers de la garde auraient dû obéir de préférence au roi. On voit en effet bien là le peu de pouvoir réel de Joffrey et de ses hommes par rapport à Tyrion et ses « chevaliers ». À nouveau l’énigme de Varys?

    Dommage que, vu son caractère, Joffrey ne réfléchira jamais à ce que lui dit son oncle. Dommage également que, a priori, personne ne lui le dise en tête à tête. Il serait alors peut-être plus disposé à écouter (on peut rêver) qu’en public, quand il prend les remarques comme des insultes.

    Tyrion Lannister la scruta longuement. […] Peut-être êtes-vous plus avisée que je ne croyais.

    Tyrion Lannister studied her face. […] Perhaps you are wiser than I knew.

    Je ne comprends pas plus cette remarque, faite lorsque Sansa prend prétexte la mort des hommes de son père dans cette tour, en anglais qu’en français. Avisée de ne pas vouloir rester? Avisée de trouver un bon motif pour cela? Ou est-ce que la remarque porte sur toute leur conversation durant laquelle elle montre que, malgré son jeune âge, elle a perdu sa naïveté, parvient à cacher ce qu’elle pense et commence à être plus réfléchie (surtout s’il la compare à Joffrey)?

     

    #157093
    darkdoudou
    • Pas Trouillard
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    Je ne comprends pas plus cette remarque, faite lorsque Sansa prend prétexte la mort des hommes de son père dans cette tour, en anglais qu’en français. Avisée de ne pas vouloir rester? Avisée de trouver un bon motif pour cela? Ou est-ce que la remarque porte sur toute leur conversation durant laquelle elle montre que, malgré son jeune âge, elle a perdu sa naïveté, parvient à cacher ce qu’elle pense et commence à être plus réfléchie (surtout s’il la compare à Joffrey)?

    Ta question est très intéressante. On ne peut pas vraiment savoir ce que pense Tyrion à ce moment, comme toi je suppose que ses compliments s’appliquent à l’ensemble de la conversation et aussi à sa conclusion.

    La réputation de stupidité de Sansa, nous savons qu’elle vient de Cersei qui le répète sans cesse à Joffrey notamment. Tyrion l’a forcément entendue aussi. Cersei ne voit pas et ne comprend pas l’intelligence de Sansa.

    Joffrey avait fait sa remarque valorisante alors que Sansa venait d’obtenir de lui ce qu’elle voulait (sauvegarde de la vie de Ser Dontos) d’une manière qu’il ne pouvait pas refuser, en complimentant le Roi et en lui disant que Dontos ne mérite pas une mort rapide.

    Ici aussi Sansa s’oppose à la volonté de Tyrion. Nous savons que Tyrion est très à l’aise en tête-à-tête et arrive souvent à mener son interlocuteur par le bout du nez : Janos Slynt ou Cersei par exemple. Même dans des situations de danger avec les clans des montagnes, Lysa Tully ou Mord il est très habile et obtient ce qu’il veut.
    La protection que Tyrion offre à Sansa n’est pas totalement désintéressée à mon avis : c’est aussi une manière de marquer des points face à Cersei et Joffrey comme il le fait en se débarrassant du Guet et de Janos ou en s’accaparant Tommen et Myrcella. La vie de Sansa est la garantie de la vie de Jaime, Tyrion le rappelle plusieurs fois.
    Malgré les belles paroles Sansa à la tour de la Main n’est pas une véritable hôte comme elle l’a constaté en discutant avec Chella ; en acceptant sa proposition elle deviendrait en quelque sorte prisonnière, otage, et dépendante de Tyrion. Le refus de Sansa est courtois, argumenté et sonne vrai ; il marque une (petite) défaite pour Tyrion et une véritable victoire pour Sansa qui garde une certaine liberté de mouvement.

    #157095
    Tizun Thane
    • Pisteur de Géants
    • Posts : 1088

    Je ne comprends pas plus cette remarque, faite lorsque Sansa prend prétexte la mort des hommes de son père dans cette tour,

    Sansa venait de parler des fantômes des hommes de son père hantant cette tour, et Tyrion a répliqué juste avant qu’il comprenait, car il avait en lui ses propres fantômes. Je pense que Tyrion fait référence à cela tout simplement.

    Plus généralement, très bon résumé Darkdoudou, notamment dans la façon dont les trois « protecteurs » de Sansa se manifestent. Même maintenant, son strip tease forcé devant la Cour me hérisse le poil, par sa cruauté et sa stupidité.

    Symboliquement, comme Cersei par la suite, on cherche à l’avilir en la dénudant. Même si les motivations diffèrent (Joffrey étant plus intéressé par un côté voyeur tout simplement), Je trouve piquant que Cersei, grande absente de la scène, ne fasse rien.

    De manière anecdotique, le dialogue surréaliste entre Chella des Oreilles Noires, et Sansa Stark, vaut aussi son pesant de cacahuètes. Sansa fait référence au bois sacré, et Chella répond « Prie d’ici, les dieux t’entendront. », ce qui démontre qu’elle comprend le concept, et partage d’ailleurs probablement la foi dans les Anciens Dieux. Une démonstration de plus que les Clans des Montagnes de la Lune, et les Sauvageons descendent tous deux des Premiers Hommes.

    Enfin, le plat de résistance, l’attitude de Sandor/Limier dans ce chapitre. Sansa le classe (plus ou moins inconsciemment) parmi ses amis, et son attitude le démontre.

    Son refus d’obéir aux ordres de la frapper d’abord, en faisant mine de ne pas avoir entendu. Quelqu’un comme le Limier, qui tire sa réputation d’obéir instantanément à tous les ordres sans poser de question, désobéit.

    Puis son  « Assez », entendit-elle. Le timbre râpeux du Limier contre Joffrey pour lui intimer l’ordre de faire cesser la violence. Pour poursuivre la métaphore animale, c’est l’équivalent du chien qui gronde contre son maître quand il est en désaccord. Un pas de plus dans la désobéissance.

    Et enfin, quand Tyrion donne l’ordre d’aider Sansa, c’est Sandor Clegane le premier à obéir, en recouvrant d’autorité sa cape sur les épaules de Sansa. Quand on connaît l’inimitié entre Tyrion et lui, qu’il obéisse immédiatement démontre qu’il bouillonnait intérieurement de l’injustice, le petit Sandor ^^

    Evidemment, je ne peux pas commenter sans signaler la symbolique de la cape sur  les épaules de la promise dans la coutume du mariage à Westeros. J’ai développé sur ce forum tout un topic dans le lien ci-dessous, donc je ne m’étendrai pas ici. Juste que Sansa en réaction empoigne cette cape pour couvrir sa nudité. Quelque part, par ce geste, le Limier lui rend sa dignité.

    Et Sansa se fait la remarque que si la laine en est un peu rugueuse, aucun velours n’aurait été plus doux. Comme  Sandor Clegane  en somme? ^^

    https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/sur-le-mariage-symbolique-de-sansa-unkiss/

     

    #157132
    Sandor Debout
    • Éplucheur avec un Économe
    • Posts : 26

    Comme d’habitude vous avez déjà brillamment analysé ce chapitre, assez anecdotique du point de vue de l’intrigue, mais intéressant par rapport à notre perception des personnages.

    Comme le dit Tizun, l’alliance de circonstance entre Tyrion et Sandor en dit long sur le positionnement de ce dernier vis à vis de Sansa.

    Si j’osais tenter un nouveau parallèle entre les situations d’Arya et de Sansa, on peut constater que chacune a trois amis/alliés dans ses malheurs. Alliés qui ont des points communs :

    – Le bouffon : Dontos/Tourte, qui paraît inutile et maladroit mais fait de son mieux.

    – Le tueur : Sandor/Jaqen, redoutable et qui cache bien son jeu.

    – Le noble bâtard : Tyrion/Gendry, courageux et plein de bons principes.

    Bon je sais c’est un peu tiré par les cheveux, il y a en réalité beaucoup de différences entre ces protagonistes, mais le chiffre symbolique de trois n’est pas dû au hasard.

    Sinon, pour revenir sur l’infâme Joffrey, j’ai déjà lu sur ce forum l’excellente remarque sur l’absence de figure paternelle et ses conséquences. On peut se demander si Joffrey se serait comporté de manière aussi odieuse en présence de Jaime. Même en étant aussi occupé que Tyrion, il n’aurait pas laissé passer de telles incartades.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par R.Graymarch.
    #157150
    Liloo75
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2052

    Merci Darkdoudou pour cette analyse approfondie du chapitre de Tyrion.

    Tu as songé à écrire un sujet sur sa personnalité et sa relation au pouvoir ? Je crois que tu pourrais le faire sans difficultés 😉

    Dans ce chapitre, les chevaliers en prennent pour leur grade. Que ce soient ceux qui ignorent ostensiblement Sansa, pour ne pas froisser le roi, ou encore ser Lancel qui a pris le melon (n’est pas bouffon qui l’on croit) depuis qu’il partage la couche de Cersei. Et qui se met à divaguer sur les Stark qui seraient des zoman mangeurs de chair humaine…

    Sans parler de ser Meryn et Boros qui se précipitent pour frapper Sansa, dès que Joffrey le leur demande, en violation totale de leur serment de gardes royaux. Ils ne sont pas censés protéger que le roi.

    Heureusement que Tyrion arrive. Quoi qu’on ait pu lui reprocher dans les chapitres précédents, il est magistral ici. Et son sens de la répartie fait mouche à l’encontre de Joffrey et de Boros. Notamment lorsqu’il explique la différence entre éduquer son neveu et menacer quelqu’un (Boros en l’occurrence).

    L’histoire du chat qui souffre, blessé à mort, m’a mise mal à l’aise. Quelle violence gratuite. De plus, le chat est de la famille des félins, tout comme le lion, symbole de la maison Lannister. Joffrey, de par son attitude stupide et cruelle, n’est-il pas en train de préparer sa propre chute ? Le chat qui agonise, ce pourrait être lui dans un avenir pas très lointain…

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par R.Graymarch.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

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