ACOK 63 – Sansa VII

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  • #163402
    Samyriana
    • Pas Trouillard
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    Et voici enfin le chapitre final de la bataille de la Néra. Après un cliffhanger haletant dans le chapitre précédent, on retrouve Sansa et Cersei au Bal de la Reine pour le dernier acte de la bataille de la Néra. Je commencerai par un bref résumé du chapitre, avant de m’attarder sur trois personnages en particulier : Cersei, Sansa et le Limier.

    En primo-lecture, je ne m’y attendais pas. La défaite Lannister. Lancel est celui qui vient apporter la nouvelle au Bal de la Reine, et se heurte à une Cersei particulièrement fidèle à elle-même, qui quitte la pièce « comme une furie » pour aller rejoindre Joffrey. Sansa, après avoir brillamment endossé le costume d’hôtesse (et de reine en devenir), quitte à son tour la pièce, terrorisée par Ilyn Payne et sur le conseil de Dontos, pour se réfugier dans sa chambre. Là, dans une ambiance visuelle d’apocalypse, elle est soudainement agressée par un Limier ivre et terrorisé qui lui propose de s’enfuir avec lui puis qui l’oblige à lui chanter une chanson. Il quitte la pièce, « ne lui laissant rien d’autre qu’un manteau sanglant ». Enfin, à l’aube, alors que les cloches de la ville carillonnent,  ser Dontos, tout aussi ivre que Sandor, lui annonce la nouvelle dans une forme d’extase : les Lannister ont finalement triomphé, Stannis est vaincu, les renforts sont arrivés, menés par… Renly ?

    Commençons par Cersei. Son fils, le roi, est parti au combat. Il n’a jamais été en première ligne, elle a donné des ordres stricts. Déjà, elle l’a fait rappeler, ce qui provoque la débandade d’une partie des troupes. Mais elle demande à présent à ce qu’il soit rapatrié vers le Bal de la Reine. C’est une mère qui a peur pour son fils, certes. Mais son attitude montre une nouvelle fois que Cersei peut faire preuve d’un très, très mauvais sens politique. Les exemples de femmes protectrices envers leurs fils ne manquent pas dans la saga : Visenya avec Maegor, Rhaenyra et Alicent avec leurs fils, Catelyn avec Robb… Aucune de ces femmes n’agit de la sorte, car toutes savent qu’un roi ou un héritier ne peut pas sembler faible. Les rois faibles sont conspués (Aenys I<sup>er</sup>), les héritiers faibles peuvent être écartés. De plus, un roi doit inspirer du respect et de la loyauté à ses troupes. Tout cela est connu, est évident. Cersei doit le savoir. Elle choisit délibérément de mettre en péril la réputation, l’image, l’honneur de son fils. J’interprète cela comme de l’hubris, une certitude si forte de l’importance de son sang et de sa capacité à régner par la crainte que tout cela ne lui traverse même pas l’esprit à ce moment-là. Pourtant, Lancel est très clair dans sa manière de présenter les choses :

    « Et vous, Cersei, sacre-dieux ! pourquoi diable avoir fait ramener Joffrey au château ? En le voyant partir, les manteaux d’or se sont complètement dégonflés, et, maintenant, ils jettent leurs piques et déguerpissent – par centaines ! »

    […] « — Non ! » Dans son indignation, Lancel avait omis de parler bas, et tous les yeux de l’assistance étaient fixés sur l’estrade quand il glapit : « On ne va pas renouveler l’exploit de la Gadoue ! Laissez-le où il est, c’est le roi, et… »

    « — C’est mon fils. » Cersei se dressa. »

    Bref, durant cette bataille et par rapport à Joffrey, Cersei ressemble davantage à Lysa Arryn qu’à Catelyn Stark.

    À présent, Sansa. Le chapitre est scandé par sa peur. D’abord, celle qu’elle éprouve envers Ilyn Payne, allégorie de la mort, qu’on ne peut voir mais qui rôde si près. Il est la guerre personnifiée dans la Citadelle de Maegor, et on croirait qu’il pourrait se jeter à tout moment sur Sansa pour lui trancher la tête. Sansa a si peur qu’elle considère pendant un instant de demander de l’aide à Dontos. Ensuite, c’est le Limier qui représente une menace, et une menace non voilée. Le Limier est un personnage que j’affectionne particulièrement, mais son attitude envers Sansa est inqualifiable. Le fait qu’il soit clairement en syndrôme de stress post-traumatique ne peut pas l’excuser. Il la menace de mort et pointe une arme sur elle.

    « D’une rude secousse, il la fit pivoter, la jeta sur le lit. « J’aurai ma chanson. Jonquil et Florian, t’as dit. » Il avait tiré son poignard, le lui appuyait sur la gorge. « Chante, petit oiseau. Chante, pour sauver ta petite vie. » Elle avait la gorge sèche, la peur l’étranglait, et toutes les chansons qu’elle avait sues par cœur s’étaient envolées de sa mémoire. Pitié, ne me tuez pas ! criait tout son être, pitié, non, non ! Sentant la pointe du poignard lui vriller la peau, la poussée s’en accentuer, elle faillit à nouveau clore les paupières, et puis elle se souvint. Pas de la chanson de Jonquil et Florian, mais ça se chantait. La voix lui revint, guère mieux, lui sembla-t-il, qu’un filet de voix presque inaudible et tremblotant […].  Elle avait oublié les autres versets. En entendant s’éteindre la dernière note, elle crut sa mort imminente mais, au bout d’un moment, le Limier, sans un mot, rengaina son arme. »

    À la relecture, je suis de plus en plus impressionnée par les capacités de résilience de Sansa, confrontée à des traumatismes psychologiques importants. Dans ce chapitre, elle parvient à : surmonter sa terreur pour calmer les convives du Bal de la Reine, jouer le rôle de l’hôtesse parfaite en digne fiancée de Joffrey (quelle incroyable reine elle aurait été…) ; chanter pour un homme ivre, dégoulinant de sang, qui lui pointe une épée sur la gorge ; éprouver de la pitié envers cet homme et faire montre de tendresse ; attendre, tout simplement, l’aube et le dénouement. Le Limier lui a offert une porte de sortie, mais comment aurait-elle pu s’y engouffrer à ce moment précis ?

    Pour terminer, Sandor. D’habitude, celui qui sauve plus qu’il n’effraie. Pour sa dernière scène avec Sansa jusqu’à présent, il n’est pas vraiment à son avantage.  Dans un chapitre précédent, nous avons déjà discuté des liens qui unissent Sansa et Sandor. Ce chapitre permet de les approfondir encore un peu. Quels sentiments Sandor éprouve-t-il pour Sansa ? Est-ce simplement un instinct de protection ? S’identifie-t-il à elle ? Ivre, terrorisé par le feu, il va se coucher dans son lit pour l’attendre, alors qu’il aurait pu fuir Port-Réal depuis longtemps. Son attitude envers Sansa est extrêmement ambigue :

    «  Avec moi, tu serais en sécurité, grinça-t-il. Je leur fous la trouille à tous. Ils n’oseraient plus, plus personne, te faire de mal, ou je les tuerais. » Il l’attira violemment vers lui et, un instant, elle crut qu’il voulait l’embrasser. S’y opposer ? il était trop fort. Elle ferma les yeux, toute au désir d’en avoir fini, mais il ne se passa rien. « Peux toujours pas supporter de regarder, hein ? » l’entendit-elle hoqueter. D’une rude secousse, il la fit pivoter, la jeta sur le lit. »

    Le fait que Sansa s’invente un souvenir de baiser plus tard ne me surprend pas. On pourrait pense que Sandor éprouve des sentiments amoureux envers Sansa, et qu’il l’agresse ensuite face à son refus, à la fois de partir et de le regarder. Néanmoins, je pense toujours que ce n’est pas ça. Pour moi, Sandor n’est pas au clair avec lui-même : il fait tout pour que Sansa le repousse, il cherche à lui faire peur, comme pour se prouver que son masque tient avec tout le monde. En même temps, il développe un lien fort avec elle car elle perce sa carapace et comprend ses faiblesses :

    « Quelque chose d’instinctif alors la poussa à lever la main et à la poser délicatement sur la joue de Sandor Clegane. Il faisait trop noir dans la chambre pour qu’elle le voie, mais elle sentit sous ses doigts la poisse du sang et une fluidité qui n’était pas du sang. « Petit oiseau », dit-il une fois de plus de sa voix âpre et râpeuse comme sur la pierre l’acier. Puis il se releva. Sansa perçut quelque chose comme un déchirement de tissu, puis, plus mat, le bruit de pas qui s’éloignaient. »

    Enfin, Sandor lui laisse son manteau blanc, ultime preuve qu’il s’enfuit, abandonnant derrière lui sa fonction de garde royal. Les autres interprétations concernant le manteau et le « presque baiser » avec Sansa sont à lire ici. Et c’est la fin du Limier à Port-Réal, mais pas la fin des liens entre Sandor et la famille Stark…

    Pour conclure, à la sortie du Limier succède l’entrée de Dontos, complètement ivre et complètement extatique, que Sansa doit littéralement secouer pour obtenir un semblant de récit cohérent. La bataille de la Néra est terminée, Stannis a été défait. Et, chose étrange, il semblerait que Renly ait conduit l’avant-garde. Un chapitre de Sansa a ouvert le récit de l’évènement, un chapitre de Sansa le clôt. Mais le primo-lecteur doit encore ronger son frein après cette révélation…

    "Des chefs de guerre, y en a de toutes sortes. Mais une fois de temps en temps, il en sort un, exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, y en a presque jamais. Et tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles."

    #163404
    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 8182

    On repart dans la bataille, côté Cersei. Là première stupeur, Cersei pense que Tyrion n’est pas au courant que la bataille est perdue ? C’est sympa de le prévenir (je suppose qu’elle ne parle pas de son autre frère qui est loin) mais vu qu’il était dedans, il pourrait être déjà au courant
    Comme écrit plus haut, Cersei n’est pas du tout rationnelle quand il s’agit de Joffrey. Même Lancel le lui fait remarquer (ce qui l’énerve au plus haut point.. gifle et fuite). Cela dit, au vu des infos, on peut imaginer que Tyrion est mort. Sansa écoute tout ça sans rien dire et a des pensées contradictoires sur la défaite des Lannister : se faire tuer par Ilyn ou être prisonnière (au mieux) de Stannis, bof

    Gods be good, Sansa thought, it is happening, Joffrey’s lost his head and so have I. She looked for Ser Ilyn, but the King’s Justice was not to be seen. I can feel him, though. He’s close, I’ll not escape him, he’ll have my head.

    Bref, Lancel est contre Cersei sur le fait de ramener Joffrey. Cersei se barre, furieuse et Sansa se sent oubliée. Elle prend l’initiative de rassurer les femmes (en mentant un peu), ce qui est singulier.

    Je reste perplexe sur la phrase de Lancel cela dit
    “Madness,” he gasped. “Gods, the Imp was right, was right . . .”
    Sansa de son côté a bon cœur tout en se disant que ce n’est pas forcément bien malin vu qu’il est dans le camp de l’ennemi
    Lancel was one of them, yet somehow she still could not bring herself to wish him dead. I am soft and weak and stupid, just as Joffrey says. I should be killing him, not helping him.
    Sansa remonte dans sa chambre (suggestion de Dontos même si elle pense que ce n’est pas lui qui va la sauver mais peut être Ilyn qui va la tuer), voit un garde qui pille… la routine
    Après une vision horrifico-féérique du dehors, Sansa pense à Lady
    “Lady,” she whimpered softly, wondering if she would meet her wolf again when she was dead.
    et hop qui apparaît ? Le Limier (encore). Un messager (?), ange, étymologiquement

    “Don’t you want to ask who’s winning the battle, little bird?”

    “Who?” she said, too frightened to defy him.

    The Hound laughed. “I only know who’s lost. Me.”

    He is drunker than I’ve ever seen him. He was sleeping in my bed. What does he want here? “What have you lost?”

    “All.” The burnt half of his face was a mask of dried blood. “Bloody dwarf. Should have killed him. Years ago.”

    “He’s dead, they say.”

    “Dead? No. Bugger that. I don’t want him dead.” He cast the empty flagon aside. “I want him burned. If the gods are good, they’ll burn him, but I won’t be here to see. I’m going.”

    OK sympa mais qu’est ce qu’il fait là, le Limier ? Sansa le demande aussi mais la réponse reste peu plausible

    “Why did you come here?”

    “You promised me a song, little bird. Have you forgotten?”

    MOUAIS. Si ça se trouve, Sansa est un point d’équilibre pour Sandor (même s’il ne l’avouera jamais), sa chambre un quasi sanctuaire. Ou sinon il cherche une souffre-douleur
    Et il est encore moins séduisant que d’habitude
    The blood masked the worst of his scars, but his eyes were white and wide and terrifying. The burnt corner of his mouth twitched and twitched again. Sansa could smell him; a stink of sweat and sour wine and stale vomit, and over it all the reek of blood, blood, blood.
    Et il n’est pas vraiment rassurant…
    “I could keep you safe,” he rasped. “They’re all afraid of me. No one would hurt you again, or I’d kill them.” He yanked her closer, and for a moment she thought he meant to kiss her.
    En revanche, j’avais oublié à quel point il la menace au sens littéral du terme. Une dague sur la gorge tout de même (d’un mec aviné et repoussant).
    His dagger was out, poised at her throat. “Sing, little bird. Sing for your little life.”

    Sansa reste calme. J’ai pensé à Tyrion qui disait qu’elle était comme une biche au milieu des lions (loups ?). Je pense qu’on n’en est pas loin que c’est de la sidération plutôt qu’un self control conscient.

    When her voice trailed off, she feared he might kill her, but after a moment the Hound took the blade from her throat, never speaking.

    Sansa chante et le Limier s’en va dans une foultitude de symboles. Et là encore le temps passe sans que Sansa ne s’en rende compte.

    “Little bird,” he said once more, his voice raw and harsh as steel on stone. Then he rose from the bed. Sansa heard cloth ripping, followed by the softer sound of retreating footsteps.

    When she crawled out of bed, long moments later, she was alone. She found his cloak on the floor, twisted up tight, the white wool stained by blood and fire. The sky outside was darker by then, with only a few pale green ghosts dancing against the stars. A chill wind was blowing, banging the shutters. Sansa was cold. She shook out the torn cloak and huddled beneath it on the floor, shivering.

    How long she stayed there she could not have said, but after a time she heard a bell ringing, far off across the city.

    La vie (?) reprend quand Dontos raconte la fin de la bataille. Lui aussi est ivre comme Sandor, mais ce n’est pas vraiment le même genre (pour deux « faux chevaliers » cela dit)

    Sansa pense même que le héros revenu serait son frère

    “Robb?” It was too much to be hoped, but . . .

    Ah ben non, c’est Renly. HEIN ???? Mais il était mort !

    (argh c’est déjà fini)

     

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #163414
    DJC
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 166

    Sansa pense même que le héros revenu serait son frère “Robb?” It was too much to be hoped, but . . . Ah ben non, c’est Renly. HEIN ???? Mais il était mort ! (argh c’est déjà fini)

    haha mais c’est tellement ça… et même exclamation ensuite dans AFFC avec Pat.. 😀

    j’ai trouvé extrêmement bizarre et habile de faire annoncer la défaite Lannister par Lancel, un homme de confiance, et de terminer par la narration de la victoire via Dontos bourré.. le lecteur devra patienter pour en savoir plus 😀 j’ai souvenir d’un peu de déception/frustration, après avoir été tenu en haleine par ces quelques chapitres !

    #163469
    PierreKirool
    • Frère Juré
    • Posts : 77

    Je rejoins DJC, d’autant plus que ce que Tyrion a vu en étant désorienté et alors qu’on est encore sous le choc de sa tentative de meurtre dans le chapitre précédent, bah en primo-lecture j’avais pas saisi que Stannis était aux prises avec un ennemi sur la berge opposée à Port-Real. Donc là, Dontos quand il déclare ça, on tombe des nues.

    #163472
    Sandor Debout
    • Frère Juré
    • Posts : 86

    Moi non plus en première lecture je n’avais pas tiqué sur la réflexion de Tyrion par rapport aux combats sur la rive opposée. Il faut dire que dans le chapitre 62 est bourré d’action et qu’en tant que primo lecteur on a tendance à lire vite pour découvrir la suite…

    Une fois de plus GRRM a bien réussi son coup en maintenant le suspense jusqu’à la fin du chapitre. Et même au delà car on peut se demander quel crédit il faut apporter aux dires de Ser Poivrot.

    Un mot sur Sandor. Ses derniers instants à Port Réal sont quelque part tout à fait représentatifs du personnage. Il se montre à la fois parfaitement ignoble et en même temps particulièrement sensible.

    Son départ est nécessaire à partir du moment où il a refusé d’obéir aux ordres de Tyrion et d’ailleurs à ce moment là il ne sait pas que la bataille va tourner en faveur des Lannister, donc il cherche avant tout à sauver sa peau.

    On peut comprendre aisément que Sansa ait refusé de le suivre. Bien que, en relisant à nouveau ce passage, Clegane n’insiste pas vraiment. Il aurait pu essayer de la convaincre, il aurait pu l’enlever, mais il n’en fait rien. Peut-être parce qu’elle l’a ému par son geste (la main sur sa joue). Ou bien peut-être qu’il n’y a jamais cru (quand il lui propose de l’accompagner il ne lui demande pas explicitement et il emploie le conditionnel).

    Sansa sort grandie de ses trois chapitres POV autour de la bataille. Elle a montré sa capacité à garder la tête froide (et à garder sa tête tout court). La comparaison avec Cersei est clairement en sa faveur. Et en même temps elle garde une certaine naïveté qui la rend plus humaine que la plupart des courtisans de Port Réal.

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 6 jours par R.Graymarch.
    #163479
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1622

    Son regard chercha ser Ilyn sans parvenir à l’apercevoir.Mais il rôde par là, je le sens. Tout près. Je ne lui échapperai pas, il aura ma tête.

    Mon sentiment est que Sansa n’a jamais vraiment été en danger d’être décapitée et que les paroles menaçantes de Cersei dans Sansa 61 n’étaient que du flan. Une poussée de sadisme chez Cersei, excédée par les remarques de Sansa.

    Je pense que ser Ilyn est la seule personne disponible, digne de confiance pour Cersei, capable de défendre l’accès du Bal, au cas où. Elle n’a pas de confiance illimitée dans les Potaunoir, trop récemment dans son entourage proche.

    Si Sansa n’aperçoit pas Ilyn (contrairement à ses deux précédents chapitres), c’est peut-être qu’il a quitté le Bal de la Reine à la suite de Cersei. Et ce n’est pas parce que Sansa pense deviner sa présence, que son impression est avérée.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 6 jours par R.Graymarch.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #163497
    Tizun Thane
    • Pisteur de Géants
    • Posts : 1115

    Quel chapitre, les amis! Quel chapitre!

    En relecture, ce qui me paraît frappant:

    • C’est le chapitre où se révèle le plus les qualités de Sansa. Ce moment où elle agit en reine pour calmer les dames de la Cour alors que Cersei a fui la salle! Cersei qui divaguait sur les dames qui vanteront son courage après la bataille. Je me demande si en réalité, les dames n’ont pas loué le calme de Sansa en fait. On n’a pas de retour sur la suite, mais j’y crois! Ce moment aussi où elle trouve contre toute attente la façon de Calmer le Limier!
    • C’est également le moment où la compassion de Sansa transparait. Ce moment où elle arrive contre toute attente à calmer le Limier en priant pour lui. Sa prière à la Mère fait écho à celle qu’elle avait chanté pour lui avant la bataille. Deux prières à la Mère pour Sandor Clegane, qui miraculeusement, feront effet. Non seulement cette nuit là où sa prière va provoquer les pleurs de Sandor, mais également à terme. J’y crois moi, que la Mère d’en Haut ou le Septuaire d’en bas de l’Ile de Repose apaisera sa rage.
    • Envers Lancel aussi, qui l’avait malmenée et avait participé à sa maltraitance. Sansa lui sauve probablement la vie par ses actions. On ne sait pas vraiment ce que Lancel pensera de Sansa après la bataille, mais je me demande si l’intervention de Sansa ne participe pas à son virage religieux ultérieur.

    Sur la présence de Sandor Clegane/le Limier dans sa chambre, je vois que nous y allons tous de notre petite interprétation personnelle. Alors, mon analyse (après avoir lu bien des fois ce chapitre) perso est la suivante.

    Le Limier est le masque de férocité derrière lequel se cache Sandor Clegane, qui n’est au fond qu’un petit garçon terrifié. Pour ne plus être une victime, il s’est forgé ce masque du Limier, toujours féroce, toujours loyal, pour que ce soit lui qui terrifie les autres, plus le contraire. Sauf que se faisant, il est devenu presque aussi monstrueux que son propre frère. Sansa avec son idéalisme sur les « vrais chevaliers » (true knights) la renvoie à son propre nihilisme, et à son propre idéalisme enfoui (il jouait avec un jouet de chevalier étant enfant).

    Je ne me prononcerai pas sur la nature de la relation qui les unit (des guerres sur le forum ont déjà éclaté pour moins que ça), mais disons qu’un lien unique s’est forgé entre eux.

    Durant la Néra, le masque du Limier s’est fissuré. Lui qui se vantait de son courage et de sa loyauté inconditionnel est confronté au feu, sa plus grande peur. Il a déserté.

    Perdu à lui-même, ivre, désespéré, en pleine décompensation si on utilise des termes psychiatriques, l’idée lui vient d’aller voir Sansa. Pourquoi?

    Déjà je voudrai écarter l’idée du viol. Le chapitre est muet là dessus, et Sansa n’éprouve pas cette crainte. Le lecteur peut y penser lui, mais rien ne vient confirmer qu’il avait cette intention. D’un point de vue sexuel, il n’a d’ailleurs aucun geste déplacé. Même pas un baiser 😉

    En relisant attentivement la scène, je crois qu’il faut prendre très au sérieux sa proposition de fuir avec lui, de partir vers le Nord. Sandor Clegane veut sauver Sansa. Il pense pouvoir profiter de la confusion pour fuir avec elle, la ramener à sa famille, et se mettre au service des Stark. Il recyclera d’ailleurs le même plan avec Arya plus tard.

    Sauf que, au moment où Sansa croit qu’il va l’embrasser, et qu’elle ferme les yeux, Sandor Clegane interprète le fait qu’elle se détourne par du dégoût de son visage. Il est évidemment très sensible au dégoût de Sansa sur son visage, et réagit donc violemment dans son état dégradé.

    Il l’a déjà sauvée. Il vient la sauver une nouvelle fois, et elle le rejette? C’est insupportable. Dans son état, Sandor vrille. Le Limier reprend le dessus, la colère, la rage.

    Il exige sa chanson. Elle le lui avait promis après tout. Il s’agissait d’un jeu pour lui de lui réclamer. Mais plus maintenant. Il veut sa récompense. Il veut quelque chose. Le Limier dérape complétement. Il fait la seule chose qu’il sait faire. Menacer. Faire peur. Tuer?

    Les choses n’iront pas jusque là, puisque la chanson de Sansa le ramène à la raison. Pourquoi? Difficile à dire. En tout cas, Sandor Clegane a un sursaut de lucidité. Il réalise sa propre monstruosité, confronté à sa propre noirceur.  Sous le choc, il se met à pleurer. De manière invraisemblable, Sansa le console. A ce moment là, les rôles entre eux sont inversés.

    Il déchire son manteau blanc, geste symbolique pour montrer qu’il n’en est plus digne et se dégoûte. Il quitte la pièce. Sansa et Sandor ne se reverront plus de la saga.

    Je ne résiste pas à souligner le fait que Sansa se recouvre elle-même de son manteau blanc après son départ. C’est la deuxième fois.

    Au passage, Sansa n’a pas répondu explicitement à sa proposition (tuer tous ceux qui la menacent. Aller quelque part ensemble). Tant qu’on y est, il est évident à la relecture qu’aucun baiser n’a eu lieu. ni de gré, ni de force. rien. Sur le forum, j’ai rédigé un post très complet sur ce Unkiss. Je ne vais donc pas développer ici ^^

    #163499
    Yfos
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 986

    Merci pour la relecture de ce chapitre où Sansa démontre toutes les qualités d’une reine.

    Aucune de ces femmes n’agit de la sorte, car toutes savent qu’un roi ou un héritier ne peut pas sembler faible.

    Il n’y a en effet guère que Lysa qui n’a pas peur de faire passer son fils, héritier des Eyrié pour faible. Ce n’est pas forcément une bonne référence.

    elle parvient à : surmonter sa terreur pour calmer les convives du Bal de la Reine

    C’est de plus surtout par son attitude, son calme, qu’elle parvient à le faire: la réalité qu’elle décrit n’est pas brillante (pont relevé, Joffrey qui a quitté la bataille). Elle prend aussi la décision de faire intervenir les fous, histoire de changer les idées des convives.

    Je reste perplexe sur la phrase de Lancel cela dit “Madness,” he gasped. “Gods, the Imp was right, was right . . .”

    Je pensais qu’il faisait allusion à la piètre opinion de Tyrion au sujet de Cersei.

    Comme dans les chapitres précédents, il y a ici une description très colorée de la bataille avec le orange et le vert du feu grégeois. De loin, ce n’est pas plus engageant que depuis le cœur du combat.

    #163515
    O’Cahan
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 750

    Ce chapitre.

    Je n’ai malheureusement pas le temps de commenter le chapitre, mais je tenais à remarquer qu’à la fin d’ASOS, il y a un autre moment poignant où l’on retrouve le souvenir de la bataille de la Néra, du point de vue de Sandor, lorsqu’il adresse à Arya ses dernières paroles, entre deux-trois injonctions à l’achever.

    “Don’t lie,” he growled. “I hate liars. I hate gutless frauds even worse. Go on, do it.” When Arya did not move, he said, “I killed your butcher’s boy. I cut him near in half, and laughed about it after.” He made a queer sound, and it took her a moment to realize he was sobbing. “And the little bird, your pretty sister, I stood there in my white cloak and let them beat her. I took the bloody song, she never gave it. I meant to take her too. I should have. I should have fucked her bloody and ripped her heart out before leaving her for that dwarf.

    On retrouve les pleurs (!), et beaucoup de regrets… Et personnellement, je trouve qu’on ne peut pas échapper une interprétation d’ordre romantique de leur relation. En tout état de cause, cette scène semble avoir été marquante dans la mémoire personnelle des événements des deux.

    please mind the gap between your brain and the platform

    #163541
    DJC
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 166

    Perso, je n’ai pas pris ça pour des regrets, juste une pâle tentative d’exciter Arya pour qu’elle l’achève..

    C’est très très fort de la part de l’auteur de jongler avec les ressentis et leurs verbalisations par les personnages.

    #163549
    Liloo75
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2291

    Merci Samyriana pour ce beau commentaire du chapitre de Sansa.

    Encore une fois, Cersei ne sort pas grandie de cette situation de crise. Elle ne se préoccupe que d’une chose : son fils. Il faut le mettre à l’abri, le pauvre petit, même si cela va décourager les gardes qui le suivent. Elle n’a vraiment aucun sens politique. Si son fils doit être amené un jour à gouverner, que vont penser les nobles, les soldats, le peuple ? Que Joffrey est un couard qui a peur de se frotter à l’ennemi pour défendre la capitale de son royaume ?

    J’avais oublié qu’elle frappait Lancel juste à l’endroit où il est blessé. Une belle façon de récompenser sa bravoure. C’est Sansa qui se porte à son secours en réclamant un mestre, malgré le peu d’amitié qu’elle éprouve pour les Lannister. Et Lancel se dit que Tyrion avait raison, Cersei est folle.

    Comme vous l’avez tous déjà relevé, Sansa sort la tête haute de ce chapitre. C’est elle qui rassure les dames présentes dans le Bal de la Reine, n’hésitant pas à mentir pour les calmer. Elle joue le rôle qui a été abandonné par Cersei, celui de reine.

    Sur la relation entre le Limier et Sansa, je pense qu’il y a une part d’ambigüité. Certes, Sandor ne lui aurait pas fait de mal, il n’a jamais eu l’intention de la forcer à un rapport non consenti, mais il doit être attiré par Sansa. Sinon, pourquoi l’attendre dans sa chambre, dans le noir. Et puis, il doit se douter qu’elle ne le trahira pas. Il l’a protégée bien des fois, Sansa doit se sentir redevable.

    Il lui demande de chanter pour lui. Il fait preuve d’une grande brutalité, mais je ne pense pas qu’il l’aurait blessée si elle avait refusé. C’est son cadeau d’adieu (je doute qu’il ait eu l’intention de l’emmener avec lui, j’imagine mal Sansa sur les chemins de traverse).

    Il lui laisse son manteau de chevalier, signe qu’il abandonne la Garde royale. Et en s’enroulant dedans, Sansa accepte une part de leur relation ambivalente. Même s’ils ne se reverront plus.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 5 jours par Liloo75.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #163585
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
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    @tizunthane

    Waouh, défense et illustration de Sansa !👍

    Deux prières à la Mère pour Sandor Clegane, qui miraculeusement, feront effet. Non seulement cette nuit là où sa prière va provoquer les pleurs de Sandor, mais également à terme. J’y crois moi, que la Mère d’en Haut ou le Septuaire d’en bas de l’Ile de Repose apaisera sa rage. […]

    Envers Lancel aussi, qui l’avait malmenée et avait participé à sa maltraitance. Sansa lui sauve probablement la vie par ses actions. On ne sait pas vraiment ce que Lancel pensera de Sansa après la bataille, mais je me demande si l’intervention de Sansa ne participe pas à son virage religieux ultérieur.

    Pour un peu, je pensais que tu allais déposer un dossier de canonisation pour Sansa à Rome, Villevieille. 😂

    Bon, je taquine, je taquine !

    La conversion de Sandor me semble surtout devoir au fait qu’il a été recueilli par le doyen de l’Île de Repose (ce qui reproduit d’ailleurs l’ancien cheminement spirituel du doyen). Arya, elle, en tout cas, n’aura pas noté la pieuse influence de Sansa chez Sandor.😋

    Pour Lancel, je ne vois pas pourquoi le fait que Sansa ait fait appeler le mestre – si seulement Lancel s’en souvient – aurait provoqué sa crise de foi. Voir la mort de très près me semble un déclencheur plus probant d’autant que la dévote passe un mois plus tard pour une Lannistericide.

    Mais il est vrai que :

    C’est le chapitre où se révèle le plus les qualités de Sansa.

    Je suis bien d’accord et si l’on se souvient de la Sansa d’AGOT, quelle évolution !

    On a eu une mijaurée énamourée, menteuse par omission devant Robert, qui se fiche comme d’une guigne qu’un garçon boucher ait été équarri par Sandor, qui déplore que sa propre soeur ne soit pas morte à la place de Lady, se moque des élans de Jeyne Poole pour Béric Dondarrion pour finir par dénoncer les projets de son père à Cersei.

    ACOK nous offre une Sansa soucieuse des autres (Dontos, les dames, Lancel, Sandor) et qui pense à sa famille – même à Jon – !

    Je me demande si en réalité, les dames n’ont pas loué le calme de Sansa en fait. On n’a pas de retour sur la suite, mais j’y crois

    Je n’y crois pas du tout : 

     Sansa a le même mauvais karma que Tyrion pour ce qui touche à la bataille de la Néra : “son moment” est aussi vite oublié que celui de Tyrion. Déjà, dans le prochain chapitre de Sansa, toute la cour n’aura d’yeux que pour les héros du camp Tyrell et applaudira à tout rompre aux noces de Joffrey et de Margaery, sans oublier que dans une lune, Sansa sera, avec Tyrion, accusée de l’assassinat de Joffrey.

    Alors même si, sur l’instant, peut-être, quelques dames ont eu des mots louangeurs…les mots sont du vent ! 😉

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 4 jours par Ysilla.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #163631
    Tizun Thane
    • Pisteur de Géants
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    La conversion de Sandor me semble surtout devoir au fait qu’il a été recueilli par le doyen de l’Île de Repose (ce qui reproduit d’ailleurs l’ancien cheminement spirituel du doyen). Arya, elle, en tout cas, n’aura pas noté la pieuse influence de Sansa chez Sandor.😋 Pour Lancel, je ne vois pas pourquoi le fait que Sansa ait fait appeler le mestre – si seulement Lancel s’en souvient – aurait provoqué sa crise de foi. Voir la mort de très près me semble un déclencheur plus probant d’autant que la dévote passe un mois plus tard pour une Lannistericide.

    Très sincèrement, je suis en désaccord. Dans une saga littéraire, qu’une prière se retrouve exaucée, ce n’est jamais neutre. Evidemment que c’est la rencontre avec le Doyen qui va être le catalyseur du changement de Sandor. Mais qui peut dire que la prière de Sansa était vaine avec certitude? Heureuse coïncidence? Miracle? clin d’oeil de l’auteur ? Il n’y a pas de réponse fixe, on ne le saura jamais, et c’est paradoxalement ce qui est le plus beau.

    Quant à Lancel, on ne sait pas du tout ce qui pousse sa crise de foi. Son rendez-vous raté avec la mort sûrement, Sansa peut-être. De toute façon, il serait mort sans elle, donc elle est sans aucun doute responsable de ce qui lui arrive par la suite, d’une manière ou d’une autre.

    ACOK nous offre une Sansa soucieuse des autres (Dontos, les dames, Lancel, Sandor) et qui pense à sa famille – même à Jon – !

    C’est avant tout ça que je voulais souligner. Ce chapitre fait ressortir ce qu’il y a de meilleur en Sansa. Nul doute que d’autres chapitres (passés ou futurs) la montreront sous un jour moins flatteur. Ce n’est pas une sainte.

    C’est une jeune fille au caractère nuancé, mais qui paradoxalement, développe son empathie dans le malheur.

     

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