AFFC 03 – Le Capitaine des Gardes

Forums Le Trône de Fer – la saga littéraire Au fil des pages AFFC 03 – Le Capitaine des Gardes

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    Worgen Stone
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    AFFC 03 – Le Capitaine des Gardes
    Au fil des pages – liste des sujets

    AFFC 02, Le Prophète AFFC 04, Cersei I

    Résumé succinct

    Dans ce chapitre de présentation de Dorne et de l’entourage du Prince Martell, nous commençons par visiter les jardins aquatiques alors que Doran vient d’apprendre la mort de son frère Oberyn. Les filles de celui-ci, les Aspics des Sables, ont également reçu ces nouvelles et viennent confronter leur oncle. Une à une, elles réclament vengeance. D’abord Obara, dont la visite provoque le départ du Prince de son heureuse retraite des Jardins Aquatiques, ensuite Nymeria qui l’intercepte sur la route de Lancehélion et enfin Tyerne qui l’attend sur place. Chacune souhaite que Dorne entre en guerre contre le Trône de Fer et excite la population qui se fait le relais de leurs revendications. Le chapitre se clôt sur l’ordre de Doran Martell à son capitaine des gardes de faire arrêter et emprisonner ses nièces. Il fait suite au premier chapitre d’Aeron où le prophète apprend la mort du roi Balon, et précède celui où Cersei découvre celle de son père Tywin Lannister, qui fut Main de trois rois.

    Le capitaine des gardes

    Le chapitre débute par une scène bucolique aux jardins aquatiques qui sollicite tous nos sens. La vue, avec des couleurs pastels (le rose pâle du marbre), l’odorat (le parfum entêtant des oranges sanguines), le son (les éclaboussures des jeux des enfants, le crissement du fauteuil, le monologue du Prince Doran à lui-même) voire le toucher à travers les douleurs du Prince ou le confort de son fauteuil.

    Paf, les fruits

    Le chapitre commence par une observation curieuse : « Les oranges sanguines sont plus que mûres ».
    Les couleurs n’en sont pas anodines puisque ce sont celles des armes de Dorne : un soleil rouge transpercé par une lance dorée sur champ orange. Peut-on y voir un rappel de la mort violente du Prince Oberyn, écho du soleil de Dorne qui, ayant lâché prise, explose dans le sang ?

    Ou une métaphore de la vengeance à venir telle un fruit qui ne peut plus attendre avant de s’écraser au sol, fragmentant son contenu et en particulier ses graines, personnalisation des Aspics des sables ?

    Sont-elles pourries, comme les plans de Doran semblent l’être ?

    Elles marquent l’entrée en scène d’Obara, la plus âgée mais aussi la plus altérée de sang, et plus tard s’imposent à l’esprit du capitaine juste avant qu’il ne s’endorme. Et c’est avec le regret de ne pas avoir pu ramasser les oranges tombées que le Capitaine des Gardes s’endort enfin.

    Ces oranges sanguines apparaissent également dans les chapitre de Sansa. Dans A Game of Thrones – Sansa III, lors de la dispute entre les filles de Lord Stark à l’évocation de la mort de Micah, Arya endommage irrémédiablement la robe ivoire offerte par Cersei à Sansa, contraignant celle-ci à la teindre et transformant cette robe de fiancée en robe de deuil.

    Beaucoup plus tard, dans A Storm of Swords – Sansa VI, Petyr et Sansa partagent un de ces fruits en évoquant la mort de Dontos et concluant sur la nécessité de garder les mains propres.

    Enfin, dans A Feast for Crows – Cersei VIII, la Reine mange de ces oranges en provenance de Dorne tout en se souvenant des sévices infligés à Pat et à Lady Falise.

    Les oranges qui tombent semblent avoir une signification spéciale pour le Prince et son Capitaine. Doran déclare que « ça suffit » lors de la dernière chute et Areo se fait la réflexion, après s’être rappelé son entrainement et sa longue hache :

    « J’aurais dû ramasser les oranges tombées, songea-t-il, et il s’endormit en rêvant à leur saveur aigre-douce et, d’une façon singulièrement tactile, à leur jus rouge empoissant ses doigts

    Areo, exo-squelette de Doran ?

    Doran Martel fait partie des quelques seigneurs des Sept Couronnes à devoir composer avec un lourd et douloureux handicap. La goutte chronique dont il souffre implique une perte de fonction au niveau des mains et des pieds et celle de Doran, qui touche de nombreuses articulations, semble bien installée. Il est incapable de marcher depuis deux ans, et ses mains sont également atteintes, ce qui en fait un des personnages les plus invalides.
    Il dépend donc d’une tierce personne pour quasiment tous les actes du quotidien.

    Doran, malade, invalide, et contemplatif forme avec Areo Hotah un couple curieux, bien que leur relation ne soit pas inhabituelle dans un duo où l’un des deux est handicapé et où l’autre est son aidant proche. Le Prince dépend de son capitaine pour sa sécurité mais aussi pour sa mobilité. Incapable de quitter son fauteuil, il est cantonné à la méditation et à la réflexion. En effet, là où nombre de seigneurs se reposent sur leur Mestre ou leur famille (comme Walder Frey ou Lord Manderly), Doran ne peut se passer d’une aide extérieure, que ce soit pour ses déplacements mais apparemment aussi pour son alimentation. Les repas qu’on le voit prendre ont tous été découpés ou n’en ont pas besoin. Areo est en quelque sorte son Hodor avec des voeux qui datent de sa formation à Norvos « Servir. Obéir. Protéger ».

    Mestre Caleotte est trop petit et âgé pour être d’une aide véritable. Sa valeur ajoutée, outre la préparation du lait de pavot et les soins qu’il prodigue à son prince, serait donc d’aider celui-ci à prendre des décisions. Ce qu’Areo n’a pas été entrainé à faire comme il le déplore lui-même. Cependant, comparé aux autres Mestres, Caleotte semble particulièrement insignifiant. A aucun moment on ne le voit vraiment conseiller Doran.
    Le soir où arrive le corbeau, il propose du lait de pavot au Prince. Celui-ci le refuse sous prétexte qu’il a besoin de tous ses esprits. Pourtant, il passe le reste de la soirée à regarder les enfants, prend deux coupes d’un genre de porto (corsé?) puis s’endort dans son fauteuil.

    Walder Frey est également atteint de la goutte mais il peut compter sur sa famille (alors que Doran est le dernier, comme il le dit lui-même, et sa descendance bien moins nombreuse). La goutte dont souffre le seigneur du Pont ne semble pas être douloureuse alors que Doran, qui a quarante ans de moins, fait enrober ses jambes de lotions calmantes et consomme du lait de pavot, ce qui me donne à penser qu’il pourrait être atteint d’arthrite rhumatoïde, qui se déclare à un plus jeune âge. Les doses semblent cependant très faibles (il ne réclame que trois gouttes après son entretien avec Tyerne). Doran a acquis énormément de contrôle sur lui-même tant au niveau de la douleur qu’il arrive à dissimuler et supporter qu’au niveau politique car personne ne semble savoir ce qu’il pense vraiment.

    Nous découvrons également les jardins aquatiques qui sont fréquentés par un nombre important de gosses qui passent la journée à profiter de tous les amusements imaginables que l’eau et le soleil peuvent offrir : batailles, châteaux de sable, … En contraste avec le Prince qui ne peut plus profiter d’aucun des plaisirs de la vie (même la nourriture, qui lui est servie préalablement coupée et qu’il ne peut plus apprécier et refuse en fin de chapitre ou se limite à grignoter).

    Un endroit bien serein que ne troublent que les chutes des oranges, les mauvaises nouvelles et les visiteuses impromptues.

    Cette scène tranquille vole en éclats avec l’arrivée de la furieuse Obara que nous rencontrons pour la première fois à travers les yeux du Capitaine des Gardes de Doran Martell.

    C’est d’ailleurs un chapitre où nous lions connaissance avec nombre de personnages :

    • Les Aspics des Sables (Obara, Nymeria et Tyerne), les autres flles d’Oberyn étant mentionnées en fin de chapitre, en particulier Sarella qui, absente pour cause de …jeux… pique la curiosité du lecteur.
    • Le capitaine des gardes, et à travers lui Norvos, la cité libre dont il est originaire.
    • Mestre Caleotte qui est affecté aux soins de Doran (il le suit quand il rentre à la capitale et ne reste pas aux jardins pour le cas où un des enfants se blesserait)
    • Et enfin le prince Doran lui même.

    Ainsi qu’avec le pays de Dorne, en particulier les Jardins Aquatiques et la capitale, Lancehélion. Obara fera mention, sans plus, d’autres lieux : les Osseux, le Bras Cassé, les berges de la Sang-vert… qu’il est possible de visualiser sur les cartes établies par Evrach et Babar des Bois.

    Les jardins aquatiques

    C’est un lieu où les enfants de bonne naissance (et en particulier les enfants princiers, mais aussi ceux du personnel du palais) passent environ cinq ans (de l’âge de 5 à 10 ans) à profiter de l’eau et du soleil.

    « les dix autres (gardes) demeureraient sur place afin de garder le domaine et les enfants, certains de ceux-ci étant les fils et les filles de grands seigneurs et de riches marchands.»

    Obara elle-même y séjourne, vingt ans auparavant, mais n’y reste que peu de temps (elle a donc environ huit ans). Est-ce parce que son père a eu du mal a la retrouver (ignorait-il son existence ?) et que sa mère prostituée ne voulait pas qu’il l’emmène. Ce n’est sans doute pas à cause de la profession de celle-ci dont personne ne semble avoir cure.

    On sait qu’ils rentrent pour le souper, mais pas où ils vont. Rien n’indique s’ils logent sur place ou s’ils retrouvent leur famille une fois la journée terminée.
    D’ailleurs, combien et qui sont-ils ? On n’a aucune idée de leur nombre, mais on sait qu’il y a là des enfants de haute et de basse naissance, mais certains sont-ils des otages ?

    Une trentaine de gardes veillent sur les lieux et les enfants, et quand Doran change de résidence, il n’en laisse que dix sur place. A quel point est-il inquiet pour sa propre sécurité ?

    Doran se plaisait à assister aux jeux de son frère Oberyn (pas d’Elia ?) quand il venait y rendre visite à sa mère. Ils y ont évoqué les talents du cadet (et sans doute leurs objectifs) avant son son départ pour Port Real.

    Lancehélion

    La résidence princière se situe dans la forteresse nommée Palais Vieux, et plus particulièrement au sommet de la Tour du Soleil, dont l’accès est particulièrement malaisé pour le Prince qui n’a plus l’usage de ses jambes.
    Myrcella et sa suite (dont Arys du Rouvre) y résident outre des espions qui y pulluleraient.
    Doran y déménage cependant avec sa suite dès le lendemain, après avoir accompli nombre d’activités alors que sa litière était prête dès le point du jour.

    • prendre un bain et faire soigner ses articulations
    • déjeuner d’oeufs de mouette (coucou Petyr) découpés en cubes. Sans doute parce que Doran n’est plus en mesure de couper sa nourriture. A aucun moment, on ne le voit utiliser un couteau, et les plats qu’il prend seul ont été préalablement découpés à son intention
    • et faire ses adieux à certains enfants, qu’on ne nous présente que par rapport à leurs parents : les enfants de Lady Noirmont, de Dalt et d’une orpheline de la Sang Vert. Lady Noirmont et Ser Deziel Dalt chevauchent en tête de la suite du Prince Oberyn à Port Real.

    Pourquoi retourner à Lancehélion ?

    « Je dois être vu. Il est nécessaire que les trublions trouvent à qui parler. Il est nécessaire de rappeler à Dorne qu’elle possède encore un prince. » Il eut un sourire las. « Si vieux et goutteux soit-il. »

    En fin de chapitre, les jardins et la capitale seront comparés l’un avec l’autre mais aussi avec les cités libres.

    Areo, doté de super-pouvoirs ?

    Areo pourrait sembler doté d’une certaine clairvoyance : il sait qu’Arys mourra de sa main même si les détails lui échappent encore, qu’Obara est incapable de le vaincre dans un combat, pourquoi il lui a fallu quitter sa famille à Norvos quand il était enfant. Il doute cependant de la raison pour laquelle le prince arbore des cernes qu’il ne sait attribuer à l’insomnie ou au chagrin. Il comprend également à demi-mots ce que Caleotte entend quand il prévient Doran « qu’il va être vu ».

    Plusieurs indices donnent à penser qu’il est plus probablement doué d’une ouïe exceptionnelle et qu’il a surpris un certain nombre de conversations. En effet, il rapporte certain propos tenus par Doran à sa fille, entend Obara arriver depuis l’autre extrémité du palais… Il est discret et bénéficie de la confiance du Prince qu’il semble suivre partout, mais surtout personne ne fait attention à lui. On a d’autres exemples dans la saga.

    « J’entends des tas de choses depuis que je ne suis plus chevalier » (Dontos)
    « Qui regarde des servantes ? » (Houssie)

    Il est également possible que Doran ait demandé à Areo de tuer Arys du Rouvre.

    Plus tard dans le chapitre, Areo évoquera son enfance et décrira au lecteur la ville où il a vécu avant d’accompagner Lady Mellario, l’épouse du Prince, pour lui servir de bouclier juré.

    Areo a épousé sa hallebarde (sa longue hache en fait), qui est comparée à une femme au cours du chapitre et dont il prend grand soin chaque soir.
    « Le contact satiné du frêne au creux de sa paume évoquait celui d’une peau de femme.»
    A plusieurs reprises dans le chapitre, il la caresse, ce qui n’est pas sans rappeler le comportement de Daario Naaris avec ses armes, et de Garth, le geôlier l’Antre du Loup avec Madame Lou, une autre hache très grande.

    Obara, premier Aspic des Sables

    Obara vient s’assurer que la nouvelle du décès d’Oberyn, qui semble être le véritable leader charismatique de Dorne est bien parvenue au Prince Doran. Elle y ajoute le compte-rendu de la réaction de la population dornienne qu’elle a peut-être pu constater de ses propres yeux lors de ses chevauchées.
    Les Aspics des sables semblent étonnement émancipées (à l’instar d’Ellaria Sand), et la première d’entre elles, mais aussi la plus brutale, montre beaucoup de caractère. Elle n’est impressionnée ni par le capitaine des gardes ni par le Mestre ni par son oncle. Elle ne respecte en lui ni la personne plus âgée, ni son parent, ni son Prince. Brutale et impulsive, elle fait fi des règles de courtoisie voire de toute compassion. Elle est furieuse de la mort de son père mais, comme ses sœurs, n’exprime pas de chagrin.
    Le Prince Doran a été informé par un message la veille, probablement déjà ouvert : en effet, le sceau a été reformé, et le Mestre « pressent » son contenu.

    Doran choisit de voir la mort d’Oberyn sous l’angle juridique, et uniquement sous l’angle juridique, adoptant la thèse selon laquelle son frère a été tué lors d’un duel judiciaire pour lequel il s’est proposé comme champion quand Obara, ses sœurs et la population crient à l’assassinat.

    « Mon père a été assassiné.
    — Il a été tué au cours d’un combat singulier qui tenait lieu d’épreuve judiciaire », répliqua le prince Doran. Au regard de la loi, il ne s’agit pas là d’un assassinat.»

    Dorne est confirmé comme un pays divisé, ainsi que Tyrion l’avait déjà présenté dans le chapitre où il accueille la délégation Dornienne (A Storm of Swords, Chapitre 39, Tyrion). Il y existe plusieurs sortes de Dorniens : dans les montagnes, les sables et le long de l’eau (les côtes ou la Sang-Vert qui est mentionnée ici pour la première fois et le sera dans chaque chapitre de AFFC) .

    « Il y avait trois sortes de Dorniens, s’était avisé le premier le roi Daeron. Si les Dorniens salés vivaient le long des côtes, les Dorniens sableux dans les déserts et au creux des vallées fluviales, les Dorniens rocheux s’étaient bâti leurs citadelles dans les passes et les hauts des montagnes Rouges. Les salés avaient dans les veines le plus de sang rhoynien, les rocheux le moins. La suite de Doran comportait des représentants typiques des trois sortes.»

    Obara nous informe que la religion du Maître de la Lumière est bien implantée à Dorne, peut-être autant que celle des Sept, et dans un chapitre ultérieur, Arianne ajoutera les croyances du peuple Rhoynar.

    « Les septuaires sont bondés à craquer, et les prêtres rouges ont allumé les feux de leurs temples »

    Cependant, l’ensemble de la noblesse de Dorne accompagne Oberyn à la capitale et assiste au banquet de bienvenue de Balon Swann. Le pays est-il donc aussi divisé que Doran essaye de le faire penser ?

    Spoil et fun fact !

    Dans le dialogue entre Obara et Doran, Obara réclame la permission de

    « Permettez-moi seulement de venger mon père moi-même. Vous avez une armée dans le Pas-du-Prince. Lord Ferboys en a une autre aux Osseux. Accordez-moi la première, et la seconde à Nym. » (..)
    — Il se pourrait que tu n’aies pas tort. Je te ferai parvenir un mot à Lancehélion.
    — Pourvu que ce mot soit guerre. »

    Et voici le premier des chapitres provisoires d’Arianne :

    Spoiler:

    « Dans les Osseux et le Pas-du-Prince, deux armées de Dorniens s’étaient massées, et elles étaient assises là, aiguisant leurs lances, polissant leurs armures, coupant, buvant, se querellant, leur nombre diminuant de jour en jour, attendant, attendant, attendant que le Prince de Dorne les lâche sur les ennemis de la Maison Martell. Attendant les dragons. Pour le feu et le sang. Et moi. Un mot d’Arianne et ces armées se mettaient en marche… tant que ce mot était dragon. Si au contraire le mot qu’elle envoyait était guerre, Lord Ferbois et Lord Fowler et leurs armées resteraient en place. Le Prince de Dorne n’était rien si ce n’est subtil ; ici la guerre signifiait attendre.»

    (traduction automatique)

    Caleotte, la voix de la prudence

    « Mon prince, est-il…Est-il bien prudent de permettre à lady Obara de regagner Lancehélion ? »

    Caleotte s’inquiète à l’idée que Obara enflamme les gens du commun, ensuite à la perspective que Doran soit vu. Ce que Doran, a contrario, semble considérer comme indispensable : rappeler à Dorne qu’elle possède encore un prince.
    Enfin, il semble s’inquiéter à l’idée qu’Arys assiste à l’audience avec Myrcella et en fasse rapport à la reine Cersei.
    Comment se déroule ce genre de correspondance ? Est-ce qu’Arys dicte son courrier au Mestre ou est-ce qu’il l’écrit puis le lui remet ? Quel est le contenu de ces correspondances ? Elles passent par les Mestres et sont susceptibles d’être lues donc on peut imaginer qu’elles sont plus ou moins codées, par exemple avec des mots clés (comme on voit Doran Martell et Cotter Pyke le faire), soit les correspondants se cantonnent à des généralités. Et Myrcella, n’écrit-elle pas à sa mère ?

    Bien qu’assigné entièrement au service de Doran, Caleotte semble être relativement tenu à l’écart par le Prince. On le voit à plusieurs reprises écarté sous prétexte d’accomplir des missions pour lesquelles il semble surqualifié (s’occuper de la préparation de la litière).
    Doran s’en méfierait-il ? L’échange avec Caleotte nous apprend que la cour de Dorne pullule d’espions. Le petit Mestre serait-il le premier d’entre eux ? Rien ne vient démentir l’hypothèse que Doran souhaite préserver une certaine confidentialité vis-à-vis de lui, en particulier lorsqu’il donne les ordres à son capitaine.
    Le Mestre ne donne pas d’avis ou de conseils à Doran, il lui pose des questions – la plupart du temps détournées – sur ses intentions. Mais s’il espionne Doran, pour compte de qui le fait-il ?

    Nymeria, second Aspic des Sables

    Nymeria belle, élégante et gracieuse, est très différente de sa soeur ainée. Bien que née bâtarde, elle dispose d’une ravissante jument, de vêtements de prix et d’une suite de douze piques, attributs qui dénotent une certaine aisance financière contrastant avec ceux de sa soeur ainée. C’est avec Nymeria que l’on apprend une des particularités physiques que partagent les filles d’Oberyn avec leur père : les cheveux qui descendent en V sur le front. Les trois filles ainées sont nées de mères différentes. Ainsi, celle de Nyméria est du sang le plus noble de l’antique Volantis, cité libre qui abrite – quelle heureuse coïncidence ! – le Temple du Maître de la Lumière. Nymeria s’exprime de la même manière qu’un autre personnage qui apparaîtra plus tard, le lecteur s’en rendra mieux compte en lisant la version originale.

    « Well met, Uncle » she sang out.

    C’est en ces termes qu’elle intercepte le convoi, ce qui laisse supposer qu’elle a été prévenue de son départ. Elle est également au courant des souhaits d’Obara. Pourtant, celle-ci ne semble pas s’être préalablement concertée avec sa cadette quand elle demande à ce qu’elle prenne le commandement de l’autre armée dornienne, celle que Lord Ferboys fait stationner aux Osseux.

    Nymeria annonce avoir appris la nouvelle du décès de son père par un message que lui aurait adressé l’ancien écuyer de celui-ci, Daemon Sand. C’est peut-être également lui qui a fait envoyer le message fermé « scellée par une grosse goutte rouge de cire durcie » à Doran ? Ce n’est en tout cas pas la Main du Roi en poste, Tywin Lannister, lequel utilise une cire à cacheter dorée (ACOK, Tyrion I, Varys « Trop aimable à lord Tywin. Et exquise, sa cire à cacheter, ce ton doré…»).
    Où donc est passée la lettre que lord Tywin a adressée au prince Doran en lui renvoyant le corps de son frère ? (ASOS IV, Jaime IX).

    « — Dans ce cas, ser Gregor périra, je crains.
    — Indubitablement. J’en ai du reste juré mes grands dieux dans la lettre que j’ai adressée au prince Doran en lui renvoyant
    le corps de son frère. Il faut toutefois s’assurer que sa mort, il la doive non pas à une pique empoisonnée mais à l’épée de la
    Justice du roi. Débrouillez-vous pour le guérir. »

    Toujours est-il que Nymeria vient elle aussi délivrer un message. Lord Tywin s’est joué de la Maison Martell en prétendant faire exécuter Glegor Clegane dont la mort sera due aux blessures empoisonnées infligées par le Prince Oberyn durant leur duel, et la vengeance (ou justice) qu’il se proposait de réclamer est toujours due.

    Les intentions de Nymeria sont plus subtiles que celles d’Obara. Selon la technique « des poignards soigneusement dissimulés« , elle voudrait collaborer avec « a sweet sister » en vue d’un quadruple assassinat : Tommen, ses parents et son grand-père, comme elle l’avoue dans une réplique pétrie d’incohérence :

    « Le gamin n’est qu’un bâtard issu de la félonie, de l’inceste et de l’adultère, si l’on peut en croire lord Stannis. (…) Il n’y a que du sang royal qui soit susceptible de laver définitivement l’assassinat de mon père. »

    Si Tommen n’est qu’un bâtard (à l’instar de Nymeria Sand sauf erreur de ma part), de qui lui vient son sang royal ?
    La traduction parle d’«une soeur chérie», ce qui nous prive du plaisir d’imaginer Obara sous les traits d’une douce soeur.

    « Je n’ai pas besoin d’une armée puissante, simplement d’une sœur chérie.
    — Obara ? »

    C’est ainsi que Doran détaille quelles étaient les missions qu’il avait confiées à son frère lors de son ambassade à Port Real.

    « — Il a outrepassé toutes les missions que je lui avais assignées. “Prends la mesure de ce bout de roi et de son Conseil, et dresse un état de leurs forces et de leurs faiblesses, lui dis-je,
    sur la terrasse. Trouve-nous des amis, s’il est possible d’en trouver. Fais tout ton possible pour te procurer des renseignements sur la fin d’Elia, mais veille à ne pas provoquer lord Tywin à tort et à travers”, tels furent les propos que je lui tins exactement.»

    Peut-être lui a-t-il également confié des objectifs qu’il n’exposera pas à Nymeria : fissurer l’unité des Lannister comme le suggère Sandrenal, ramener de nouveaux amis à Dorne, ou profiter du voyage pour empoisonner quelqu’un ?

    Tyerne, le troisième aspic

    Grâce aux filles d’Oberyn, Doran passe une journée particulièrement pourrie (comme les oranges).
    Après l’avoir harcelé durant le trajet, déjà douloureux, Nymeria s’assure que la population de Lancehelion est au bord de l’émeute.
    « la populace n’en accueillit pas moins son passage par des cris hostiles. Les Aspics des Sables l’ont mise en ébullition »

    En suite de quoi, Arianne prévoit des mondanités – un banquet avec la moitié de la Cour – et un entretien privé avec Tyerne que Doran ne peut ou ne veut refuser. Avec le bon sen qui, nous le verrons, la caractérise, elle choisit la salle du Trône plutôt que la loggia.

    « Il ne tenait pas à ce que ses ennemis sachent à quel point s’était aggravée sa faiblesse, et le Palais Vieux comme sa ville ombreuse pullulaient d’espions. Les espions, songea le capitaine, et ces maudits escaliers qu’il ne peut pas gravir. Il lui faudrait des ailes pour aller résider au sommet de la tour du Soleil.»

    A priori, Tyerne semble bien plus compatissante et gentille que ses soeurs. Elle a préparé un joli cadeau pour son oncle.

    « — J’ai fait ceci pour vous, Oncle. » Elle déploya l’ouvrage de broderie qu’elle avait entrepris. Il représentait son père, le prince Oberyn, monté sur un destrier des sables, armé de rouge de pied en cap et souriant. « Je le termine, et il est tout de suite à vous, pour vous aider à vous souvenir de lui.
    — Je ne suis pas vraiment homme à l’oublier.
    — C’est réconfortant à savoir. Bien des gens persistent à se le demander. »

    Une attitude passive/agressive ou c’est une impression ? On retrouve d’autres déclarations de la même saveur:

    « Je n’avais aucune male intention, capitaine. Je chéris mon oncle comme je sais qu’il chérissait mon père. »

    Nymeria avait révélé que son père avait utilisé du poison lors du combat l’opposant à Gregor Cleganne; Tyerne donne des précisions :
    « Je connais le poison dont s’est servi mon père, et il n’en est pas de plus lent ni de plus torturant. »
    Ce sera confirmé par la suite, la douce Tyerne est une empoisonneuse. Elle se montre également plus retorse, exposant le plan qu’elle tient de son père : couronner Myrcella reine, ce qui ne manquera pas de déclencher une guerre civile qui attirera les Lannister et les Tyrell, car l’histoire de Westeros a démontré que c’est sur leur terrain que les Dorniens sont les plus efficaces. Les arguments de Tyerne semblent valides, bien que son oncle se montre dubitatif et réclame, une fois encore, du temps pour réfléchir aux propos de sa nièce. Après un incident qui semble faire craindre à Mestre Caleotte un attentat contre son Prince, et une dernière pique, Tyerne quitte les lieux.

    Au cours de la troisième rencontre, Doran n’a pas dévoilé d’informations supplémentaires sur la mission confiée à son frère.

    L’approche de Tyerne, basée sur un argument juridique, est celle qui semble troubler le Prince. Doran était-il au courant des intentions de son frère de faire couronner Myrcella (ASOS 71 – Tyrion X) ? Qu’Oberyn avait parlé de celles-ci à une ou plusieurs de ses filles ?

    Que devait faire Oberyn ?

    « — Il a outrepassé toutes les missions que je lui avais assignées. “Prends la mesure de ce bout de roi et de son Conseil, et dresse un état de leurs forces et de leurs faiblesses, lui dis-je, sur la terrasse. Trouve-nous des amis, s’il est possible d’en trouver. Fais tout ton possible pour te procurer des renseignements sur la fin d’Elia, mais veille à ne pas provoquer lord Tywin à tort et à travers”, tels furent les propos que je lui tins exactement. Il se mit à rire et me répliqua : “M’est-il jamais arrivé de provoquer quiconque… à tort et à travers ? Tu ferais mieux de mettre en garde les Lannister contre toute provocation à mon propre endroit.” Il brûlait d’obtenir justice en faveur d’Elia, mais il se refusait à patienter, tandis que…
    — Il a patienté dix-sept ans »

    Que va faire Doran ?

    « Que va faire Doran ? Que va-t-il faire, lui, son propre frère, pour venger notre prince assassiné ? »

    C’est pour obtenir la réponse à cette question, ou du moins une réaction plus agressive à la mort d’Oberyn que les Aspics des Sables harcèlent Doran jusque dans son havre, les Jardins Aquatiques.

    A noter que l’ensemble du champ lexical qui entoure Doran est celui de la fatigue et de la maladie. C’est d’autant plus évident dans l’édition audible (excellente, faut-il le rappeler ?)avec la voix et le ton qu’adopte le narrateur.
    Celui de ses nièces est le dédain et le mépris. Si ses nièces (hormis Obara) expriment une compassion de façade, l’impression dominante n’est pas qu’elles lui vouent le moindre respect ou même affection. Les Aspics ne se rendent pas compte du courage et de la volonté qu’il déploie.

    Doran semble épuisé, faible voire débile, mais il prend des dispositions dès le départ de Tyerne (ayant cependant pris la précaution d’éloigner Caleotte) : les huit filles de son frère doivent être mises à l’abri et tenues en main. Ainsi, il ordonne à Areo de les faire enfermer dans les cellules de la tour Lance.

    Lance / Hélion

    Le soleil et la lance, bien sûr, étant le blason de la maison Martell qui règne ici.
    Dorne est différente du reste du royaume auquel elle a été rattachée tardivement et sous certaines conditions. Ainsi, il a été convenu que la loi dornienne s’y appliquerait à jamais.

    Les attributs du pouvoir reflètent la binarité mais aussi l’équilibre :

    • Le palais comprend deux tours (des hautes tours, des longues piques) : la tour Lance et la tour du Soleil
    • La salle du trône contient deux sièges

    « Il y en avait deux sur l’estrade, quasiment jumeaux, à ce détail près qu’une incrustation d’or figurait la lance de la maison Martell sur le dossier surélevé de l’un, tandis que flamboyait sur celui de l’autre le soleil Rhoynien qui avait jadis, lors de son arrivée à Dorne, flotté aux mâts de la flotte de Nyméria. »

    • Les Princes portent les deux noms de leurs lignées maternelle et paternelle : c’est ainsi que lorsque Tyrion rencontre – en même temps que le lecteur (A Storm of Swords, Chapitre 39, Tyrion) – le premier d’entre eux, il pense à lui en tant que Oberyn Nymeros Martell, son nom complet.

    Les femmes y jouissent d’un statut particulier que l’on découvre petit à petit.

    • Ainsi, parmi les enfants qui fréquentent les jardins, la moitié sont des filles.
    • La succession est assurée à l’enfant né en premier, pas au premier fils.
    • La description d’Obara tranche avec tous les personnages féminins rencontrés jusqu’à présent, et Areo la jauge comme n’importe lequel de ses adversaires potentiels.

    Nous avons vu qu’Oberyn s’affiche avec une femme qui partage librement sa vie et ses sentiments, et passe pour aimer aussi bien les femmes que les hommes ce qui choque Tyrion. Dorne semble une contrée plus tolérante en matière de sexualité que le reste du Royaume. Ainsi, lorsque Nymeria intercepte son oncle, elle lui déclare qu’elle « couchait avec les jumeaux Poulet », mais, à moins qu’il n’y ait deux paires de jumeaux dans la famille Poulet, c’est avec Jennelyn et Jeyne qu’elle était au lit (il y a en effet une erreur de traduction). Il est possible qu’elle ait voulu choquer son oncle mais dans ce cas il n’en manifeste rien.

    Conclusion

    Le premier chapitre Dornien ouvre la porte sur une contrée exotique, gouvernée par un homme que je pense être un aussi bon stratège politique que Tywin Lannister. Contrairement à l’image qu’il renvoie, il est capable de prendre des décisions rapides en connaissance de cause des tenants et aboutissants lorsque cela sert ses intérêts même si elles ne nous sont pas encore compréhensibles. L’expression « il cache bien son jeu » aurait pu être inventée pour Doran Martell.

    Areo Hotah, qui semble entraîné à ne montrer ni émotions ni douleur, apparait comme un personnage énigmatique qui vient d’une contrée énigmatique, au service d’un homme énigmatique. Il est certainement moins simple qu’il se décrit lui-même.
    Pourquoi n’a-t-il pas regagné Norvos avec Lady Mellario ? Quelle est la formation qu’il a reçue auprès des prêtres à barbe ? D’où lui viennent ses cicatrices ? Puisque Dorne est en paix ?

    L’aspic des sables, contrairement à la vipère rouge (Agkistrodon contortrix mokasen), qui est un serpent venimeux que l’on trouve dans l’est des États-Unis ne correspond à aucun serpent existant. L’aspic ne vit d’ailleurs pas dans le sable. Mais en anglais, le sand snake est le Psammophis condanarus qui ne semble pas avoir de réelle traduction en français. J’ai fait quelques recherches sur son comportement et il correspond vraiment bien à celui des filles d’Oberyn. Coïncidence ? Je ne crois pas.

    En tant que groupe, les Aspics des Sables pourraient être rapprochées des Hespérides. Celles-ci sont généralement décrites comme étant un groupe de trois, quatre ou huit filles qui gardent les pommes d’or dans un jardin sacré. Elles étaient souvent représentées comme des nymphes ou des déesses mineures, et leur rôle principal était de protéger les pommes d’or (ou les oranges ?). Le nombre correspond, et protéger Dorne et son identité est assurément une noble mission que pourraient endosser les Aspics.

    La cour de Dorne promet d’être intéressante, même si l’énoncé presque exhaustif de toutes les personnes qui accueillent le Prince Doran est loin de l’être. On y apprend qu’Arys est présent avec sa petite Princesse, la septa de celle-ci et les personnes de confiance du Prince Doran, ce qui permet d’en savoir un peu plus sur son entourage. Il y a notamment un autre Mestre, Myles, attaché à Lancehélion. On en saura plus sur son compte bientôt.
    La moitié de la cour – cinquante personnes – est présente à l’arrivée du Prince. Mais qui sont les absents ?

    Merci à tous les contributeurs de l’Encyclopédie, que j’ai abondamment consultée pour la rédaction de cette article.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 2 mois par Worgen Stone. Raison: Le code pour les en-tetes est ici https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/relecture-daffc-au-fil-des-pages-2023/#post-187318
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 2 mois par Worgen Stone. Raison: rhaaaa mes nerfs !
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 2 mois par R.Graymarch.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 2 mois par R.Graymarch.
    #189072
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Un nouveau lieu de plus, Dorne. Aucune idée de ma primo-impression. Je sais que Dorne a ses fans, je suis plus mitigé (ça va, mais sans plus). Doran n’est pas le plus impétueux des dirigeants mais je lui reconnais d’être un des rares (avec Edmure ?) à penser à la sécurité de son peuple. Au milieu des Tywin ou même Robb, Robert, c’est quand même pas rien.

    Dès le début, on nous annonce qu’il va y avoir du sang. Et cette odeur n’est pas désagréable, bien au contraire

    The blood oranges are well past ripe,” the prince observed in a weary voice, when the captain rolled him onto the terrace.

    After that he did not speak again for hours.

    It was true about the oranges. A few had fallen to burst open on the pale pink marble. The sharp sweet smell of them filled Hotah’s nostrils each time he took a breath.

    Le chapitre sert surtout d’introduction à pléthore de personnages : Doran, son garde du corps, son mestre, des Aspics. En premier, Obara

    In the stables by the gates, her horse would be lathered, and bloody from her spurs. She always rode stallions, and had been heard to boast that she could master any horse in Dorne . . . and any man as well. (…)

    Obara Sand always walked too fast. She is chasing after something she can never catch, the prince had told his daughter once, in the captain’s hearing.

    Obara est puissante et en joue mais n’est pas impressionné (bonus : du sang sur le sol rose, encore)

    Quick and strong as she was, the woman was no match for him, he knew . . . but she did not, and he had no wish to see her blood upon the pale pink marble.

    Doran sait qu’Oberyn est mort, il a reçu un corbeau

    Death had come to Dorne on raven wings, writ small and sealed with a blob of hard red wax. Caleotte must have sensed what was in that letter, for he’d given it Hotah to deliver. The prince thanked him, but for the longest time he would not break the seal. All afternoon he’d sat with the parchment in his lap, watching the children at their play. He watched until the sun went down and the evening air grew cool enough to drive them inside; then he watched the starlight on the water. It was moonrise before he sent Hotah to fetch a candle, so he might read his letter beneath the orange trees in the dark of night

    Obara argumente et monte le ton. Areo est prêt à aller jusqu’au bout mais il est empêché par Doran qui veut parler à Obara (ouf)

    The captain of guards knew the prince he guarded. Once, long ago, a callow youth had come from Norvos, a big broad-shouldered boy with a mop of dark hair. That hair was white now, and his body bore the scars of many battles . . . but his strength remained, and he kept his longaxe sharp, as the bearded priests had taught him. She shall not pass, he told himself, and said, “The prince is watching the children at their play. He is never to be disturbed when he is watching the children at their play.”

    “Hotah,” said Obara Sand, “you will remove yourself from my path, else I shall take that longaxe and—”

    “Captain,” came the command, from behind. “Let her pass. I will speak with her.” The prince’s voice was hoarse.

    Areo entend ce qui se dit entre Doran et Obara et ça permet à GRRM de nous donner des informations sur ce que Doran pense et ce qu’il a fait. Ou que Obara veut piller Villevieille parce que euh on ne sait pas trop. Doran louvoie en parlant d’enfance etc etc mais Obara n’est pas là pour ça. Doran énerve assez Obara pour qu’elle s’en aille (« on vous écrira », ah ben oui tu vas voir^^)

    Obara edged closer to the prince in his chair. “Let me use the spear; I ask no more.”

    “It is a deal to ask, Obara. I shall sleep on it.”

    “You have slept too long already.”

    “You may be right. I will send word to you at Sunspear.”

    “So long as the word is war.” Obara turned upon her heel and strode off as angrily as she had come, back to the stables for a fresh horse and another headlong gallop down the road.

    Cela dit, ça incite Doran à bouger alors que ça fait deux ans qu’il est loin de Lancehélion.

    Two years ago, when they had left Sunspear for the peace and isolation of the Water Gardens, Prince Doran’s gout had not been half so bad.

    Et hop info sur Myrcella et Arys. Et un peu de foreshadowing

    “If you return to Sunspear, you will need to give audience to Princess Myrcella,” Caleotte said. “Her white knight will be with her . . . and you know he sends letters to his queen.”

    “I suppose he does.”

    The white knight. The captain frowned. Ser Arys had come to Dorne to attend his own princess, as Areo Hotah had once come with his. Even their names sounded oddly alike: Areo and Arys. Yet there the likeness ended. The captain had left Norvos and its bearded priests, but Ser Arys Oakheart still served the Iron Throne. Hotah had felt a certain sadness whenever he saw the man in the long snowy cloak, the times the prince had sent him down to Sunspear. One day, he sensed, the two of them would fight; on that day Oakheart would die, with the captain’s longaxe crashing through his skull. He slid his hand along the smooth ashen shaft of his axe and wondered if that day was drawing nigh.

    Passage d’infos sur Areo (oui je résume^^). Puis ils partent pour la capitale et en chemin, 2e Aspic

    Quelle entrée en matière

    “Well met, Uncle,” she sang out, as if it had been chance that brought her here. “May I ride with you to Sunspear?” The captain was on the opposite side of the litter from Lady Nym, yet he could hear every word she said.

    “I would be glad of it,” Prince Doran replied, though he did not sound glad to the captain’s ears. “Gout and grief make poor companions on the road.” By which the captain knew him to mean that every pebble drove a spike through his swollen joints.

    “The gout I cannot help,” she said, “but my father had no use for grief. Vengeance was more to his taste. Is it true that Gregor Clegane admitted slaying Elia and her children?”

    Oh tiens, une petite soeur aime Villevieille, mais qui ça peut bien être ? 😀

    Nym laughed. “Yes, she wants to set the torch to Oldtown. She hates that city as much as our little sister loves it.”

    Nym ne veut pas la guerre, « juste » quelques têtes (en se faisant aider de Tyerne)

    “Tyene. Obara is too loud. Tyene is so sweet and gentle that no man will suspect her. Obara would make Oldtown our father’s funeral pyre, but I am not so greedy. Four lives will suffice for me. Lord Tywin’s golden twins, as payment for Elia’s children. The old lion, for Elia herself. And last of all the little king, for my father.”

    Doran reste sur le point de la légalité : Tommen n’a rien fait, Oberyn n’a pas été assassiné mais Nym s’en fout elle aussi, elle veut la vengeance (mais au moins, elle s’en prend à des personnes un peu plus coupables que les habitants de Villevieille)

    La fin de la conversation est elle aussi abrupte

    “He went beyond anything I asked of him. ‘Take the measure of this boy king and his council, and make note of their strengths and weaknesses,’ I told him, on the terrace. We were eating oranges. ‘Find us friends, if there are any to be found. Learn what you can of Elia’s end, but see that you do not provoke Lord Tywin unduly,’ those were my words to him. Oberyn laughed, and said, ‘When have I provoked any man . . . unduly? You would do better to warn the Lannisters against provoking me.’ He wanted justice for Elia, but he would not wait—”

    “He waited ten-and-seven years,” the Lady Nym broke in. “Were it you they’d killed, my father would have led his banners north before your corpse was cold. Were it you, the spears would be falling thick as rain upon the marches now.”

    “I do not doubt it.”

    “No more should you doubt this, my prince—my sisters and I shall not wait ten-and-seven years for our vengeance.” She put her spurs into the mare and she was off, galloping toward Sunspear with her tail in hot pursuit.

    On entre à Lancehélion et l’atmosphère est électrique, pas si loin des émeutes de la faim à Port-réal. On n’a que des attaques à l’orange (sanguine ?). Au palais, on aperçoit à peine Arianne avant de passer à Tyerne. Elle fait de la broderie, c’est choupi. Mais elle connait aussi le poison utilisé par son père (donc y a bien eu poison !)

    “When I finish, it is yours, to help you remember him.”

    “I am not like to forget your father.”

    “That is good to know. Many have wondered.”

    “Lord Tywin has promised us the Mountain’s head.”

    “He is so kind . . . but a headsman’s sword is no fit end for brave Ser Gregor. We have prayed so long for his death, it is only fair that he pray for it as well. I know the poison that my father used, and there is none slower or more agonizing. Soon we may hear the Mountain screaming, even here in Sunspear.”

    Autre aspic, autre combat : la guerre à domicile. Et pour se faire agresser, il « suffit » de couronner Myrcella reine en vertu des règles de succession dorniennes (personne n’est vraiment dupe sur le fait que c’est un prétexte)

    His tone was grudging. “Let me think on it.”

    Tyene grew cross. “You think too much, Uncle.”

    “Do I?”

    “Father said so.”

    “Oberyn thought too little.”

    “Some men think because they are afraid to do.

    “There is a difference between fear and caution.”

    Après cette entrevue, Doran bien affaibli demande l’emprisonnement de toutes les aspics (sauf Sarella qui n’est pas à Dorne, wink wink).

    Le dernier paragraphe est sybillin

    “It will be done.” The captain hesitated. “When this is known in the streets, the common folk will howl.”

    “All Dorne will howl,” said Doran Martell in a tired voice. “I only pray Lord Tywin hears them in King’s Landing, so he might know what a loyal friend he has in Sunspear.”

    Peut-être qu’en primolecture, je me suis dit que Doran était inféodé à Tywin, ou qu’il avait peur des extrêmistes aspicquesques. On le voit assez attentiste mais là il passe à l’action.

    Je n’adore pas ce chapitre mais il faut dire qu’il expose longuement la situation et les personnages. Faut dire qu’il y avait du monde, donc c’est roboratif !

    (Je crois que si on parle de chapitres non parus, on met sous balise spoiler)

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    MJ par intérim de Les Prétendants d'Harrenhal (2024-), rejoignez-nous
    DOH : #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #189074
    Worgen Stone
    • Terreur des Spectres
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    Je crois que si on parle de chapitres non parus, on met sous balise spoiler)

    Si tu savais combien de fois j’ai essayé avant d’aller me coucher avec une migraine…  Si un admin pouvait le faire, il gagnerait ma reconnaissance presque éternelle. Honnêtement je n’ose plus toucher à rien même à une grosse faute en fin de post.

     

    #189079
    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 9982

    Le secret, c’est connaître la balise (voir la FAQ) et l’ajouter en mode « texte ». Je ne suis pas admin mais l’ai ajoutée et ai corrigé quelques coquilles au passage

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    #189081
    Worgen Stone
    • Terreur des Spectres
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    J’apprécie beaucoup, sache-le.

    #189086
    Liloo75
    • Fléau des Autres
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    Merci Worgen pour cette brillante analyse du premier chapitre dornien.

    Je ne sais plus si ce chapitre m’avait emballée en primolecture…je n’en ai gardé que peu de souvenirs.

    A la relecture, je m’aperçois qu’à travers le regard d’Areo Hotah, nous découvrons les protagonistes de la cour de Dorne, avec notamment son prince, et ses nièces, les filles bâtardes d’Oberyn Martell.

    Au fur et à mesure, nous faisons connaissance avec les Aspics des sables. Nous allons de l’aînée, Obara, qui apparaît au premier coup d’œil comme la plus dangereuse et la moins respectueuse, vers celle qui semble la plus courtoise (Tyerne), mais aussi la plus venimeuse avec ses poisons. En passant par lady Nym, très belle et élégamment vêtue, mais qui dissimule des couteaux sous ses voilages.

    Il reste également Sarella Sand, qui est…quelque part ailleurs.

    Les règles de succession à Dorne sont différentes de celles en vigueur dans les Sept Couronnes, puisqu’une fille aînée peut hériter du pouvoir, quant bien même elle aurait un frère. En voilà des règles plus progressistes que dans le reste du continent.

    Sur les mœurs également, les dorniens sont plus ouverts, puisqu’un bâtard a sa place à la cour. On ne le cache pas. Lady Catelyn aurait été choquée de découvrir des coutumes si permissives…

    Le prince Doran Martell est un souverain très intéressant. Bien qu’il soit alité et souffrant, cela ne l’empêche pas de gérer sa principauté avec efficacité. Nous découvrons ici un stratège politique. Il faut toujours se méfier des gens discrets, ce sont souvent des personnes intelligentes 😉

     

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #189105
    Eridan
    • Vervoyant
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    Si Tommen n’est qu’un bâtard (à l’instar de Nymeria Sand sauf erreur de ma part), de qui lui vient son sang royal ?

    A partir du moment où Tommen porte le titre de roi et occupe le Trône, je ne suis pas surpris que Nymeria évoque du « sang royal » … Il n’en a certes pas hérité de son père, mais de par son statut actuel, son sang est quand même du sang de roi. 😉

    Sur les mœurs également, les dorniens sont plus ouverts, puisqu’un bâtard a sa place à la cour. On ne le cache pas. Lady Catelyn aurait été choquée de découvrir des coutumes si permissives…

    Et Cersei, alors … ? ^^

    Je pense qu’il faut se méfier de notre perception des mœurs dorniens … TWOIAF nous dit effectivement qu’ils ne font pas grand cas de savoir si un enfant est né du lit conjugal ou non, tout comme il affirme que par principe, les Dorniens ne font pas de préférence pour leur héritage entre les fils et les filles et qu’ils tolèrent l’homosexualité … Sauf que les chapitres d’Arianne amènent plus de nuances. Pendant longtemps, Arianne pense que son père aurait préféré qu’elle soit un garçon et c’est bien le prétexte de la bâtardise que Doran évoque pour refuser de donner la main d’Arianne à Daemon Sand. (Bon, faut dire, Doran a aussi comme projet de marier sa fille à quelqu’un d’autre. ^^)

    Spoiler:

    Le premier chapitre de TWOW revient d’ailleurs beaucoup sur l’importance de la bâtardise de Daemon :

    Daemon Sand… things had never been the same between her and the Bastard of Godsgrace after her father refused his offer for her hand. He was a boy then, and bastard born, no fit consort for a princess of Dorne, he should have known better. And it was my father’s will, not mine.

    Arianne gave him her most seductive smile. « We might share a bed together. »
    Ser Daemon’s face was stone. « Have you forgotten, princess? I am bastard born. » He took her hand in his. « If I am unworthy of this hand, how can I be worthy of your cunt? »

    Le chapitre nous permet aussi de réaliser que l’homosexualité reste un sujet de rumeurs et d’offense :

    Some said that he [Daemon] had been her uncle’s lover too, though seldom to his face. Arianne did not know the truth of that.

    Et en matière d’héritage, rien ne garantit qu’un bâtard dornien soit mieux loti qu’aucun bâtard ouestrien, il me semble. 😉 Donc bon, Dorne « tolérante » … oui, mais pas que ! ^^

    "Si l'enfer est éternel, le paradis est un leurre !"

    #189107
    Tybalt Ouestrelin
    • Pas Trouillard
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    Merci Worgen pour l’ouverture et l’analyse de ce chapitre. Premier à Dorne et qui m’avait assommé sous son soleil en primolecture. J’ai longtemps confondu tous les protagonistes de cet arc. La relecture est bien plus aisée ! Et la présence de Sarella à Villevieille semble presque évidente.

    DOH 8&10 : Tybalt Ouestrelin, acolyte loyaliste devenu Mestre ; Or, Argent et Bronze.
    DOH 9 : Lazzara zo Ghazîn, Grâce Bleue devenue Sénéchale. Miraculée devenue Conseillère. Pas Miraculée deux fois.

    #189108
    DJC
    • Pas Trouillard
    • Posts : 503

    Eh bien perso, je suis toujours assommé, malgré la qualité des interventions ! La faute pour moi à trop de nouveaux persos, trop de nouveaux environnements, dans les chapitres passés (et ceux à venir), comme une nouvelle oeuvre qui commence, différente, même si je sais au fond que c’est un monde très large et un grand puzzle passionnant(s).

    Je vais pas écrire beaucoup pour pas casser l’ambiance, et je vais continuer de suivre le projet, peut-être qu’un jour j’aurai une révélation hihi

    (ce post n’a pas vocation à convaincre ni à demander à être convaincu).

    #189112
    Eridan
    • Vervoyant
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    (ce post n’a pas vocation à convaincre ni à demander à être convaincu).

    Sans rentrer dans un débat pour essayer de se convaincre mutuellement (parfaitement stérile, en effet), on peut au moins essayer de comprendre les ressentis des uns et des autres. ^^ GRRM a fait un choix avec AFFC et ADWD : il renonce à son idée originelle d’ellipse et préfère rentrer davantage dans les détails, une manifestation de sa boulimie en tant qu’auteur, qui veut toujours raconter plus de détails, quitte à perdre de vue l’histoire d’origine. De fait, AFFC commence avec des chapitres, des PoV et des intrigues, complètement déconnecté de la trame principale. Les PoV traditionnels (Jon, Danny, Tyrion) sont repoussés à ADWD, alors que les enfants Stark ont un nombre de chapitres réduits à peau-de-chagrin, et dispersé entre les deux intégrales. Les PoV mineurs prennent de l’importance (Samwell, Jaime) et les antagonistes deviennent des personnages à suivre (Cersei).

    Les lecteurs vont forcément avoir des réactions variées face à ce nouveau postulat. Perso,à la première lecture, le sentiment a été mitigé. Les intrigues politiques me plaisent beaucoup, j’adore les chapitres de Port-Réal quel que soit le PoV, donc les chapitres des Lannister m’ont plu. Idem pour Dorne, qui avait déjà marqué des points grâce au personnage d’Oberyn et à ce qu’on pouvait deviner de leur société / leur famille. A l’inverse, j’avais déjà une image négative des Fer-nés, et ce ne sont pas leurs chapitres qui l’ont amélioré. De même, les chapitres d’errance dans le Conflans m’ennuient profondément (Arya dans ASOS, j’y arrive toujours pas) et pendant longtemps, j’ai boudé les chapitres de Brienne et de sa quête qu’on sait totalement vaine. ^^ L’intérêt pour ces chapitres n’est venu qu’avec le temps, parce que j’aime le foisonnement et qu’il y a finalement dans chaque chapitre un intérêt, si infime soit-il, pour apprécier l’ensemble … mais je comprends parfaitement qu’on puisse passer à côté et ne pas apprécier.

    Je n’arrive toujours pas (après toutes ces années) à déterminer si le choix de Martin d’entrer dans les détails à ce point et de ne pas faire d’ellipse est le bon … D’un côté, le « petit retard » de la suite et de la résolution me ferait dire que oui ; d’un autre, la richesse de la proposition d’AFFC et ADWD me fait dire que non. ^^

    "Si l'enfer est éternel, le paradis est un leurre !"

    #189113
    Liloo75
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    Et Cersei, alors … ? ^^

    Cersei aurait des bâtards ? Non, ses trois enfants blonds sont les héritiers du trône de fer, de purs Lannister Baratheon 😁

    Sincèrement, en dehors de la fuite d’Arianne avec Myrcella, en vue de faire couronner cette dernière, le reste ne m’a franchement marquée.

    Je pense que je vais apprécier les chapitres dorniens à la relecture. Tout comme ceux des Fer-nés. Enfin, j’espère !

    Comme tu le dis plus haut, le fait d’avoir renvoyé certains POV à l’intégrale suivante avait quelque chose de frustrant. Je me souviens avoir lu AFFC rapidement car je voulais savoir se qui se passait au Mur, en Essos. Bon dans AFFC, on a Jaime et Cersei, c’est fun 😊

    Franchement, je pense que c’est l’intégrale que je vais prendre plaisir à relire parce que je l’avais lu rapidement la première fois, sans jamais revenir dessus par la suite.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #189115
    Tybalt Ouestrelin
    • Pas Trouillard
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    trop de nouveaux persos, trop de nouveaux environnements, dans les chapitres passés (et ceux à venir), comme une nouvelle oeuvre qui commence, différente, même si je sais au fond que c’est un monde très large et un grand puzzle passionnant(s).

    Exactement mon état d’esprit en primolecture mais qui m’avait fait décrocher des chapitres Dorniens dont j’ai très peu de souvenirs clairs ; la relecture sera salutaire. Et même si on pousse, l’intégralité de l’intégrale ne m’a pas marqué. Si ce n’est Arya parce que Braavos et les Fer-nés car ils sont malgré tout charismatiques.

    DOH 8&10 : Tybalt Ouestrelin, acolyte loyaliste devenu Mestre ; Or, Argent et Bronze.
    DOH 9 : Lazzara zo Ghazîn, Grâce Bleue devenue Sénéchale. Miraculée devenue Conseillère. Pas Miraculée deux fois.

    #189128
    Sandor is alive
    • Patrouilleur du Dimanche
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    C’est bizarre, je voyais ce chapitre plus loin dans le livre. Le décor dornien est planté, d’un point de vue géographique et géopolitique. Et la première fois on se dit que, vu l’indolence de Doran et… l’insolence des aspics, c’est de ces dernières que l’action va venir.

    Et finalement il s’avère que Doran, même en deuil et diminué, est capable de prendre la main. Même si à ce moment là, on se dit qu’il est juste pour la paix du royaume et qu’il n’osera rien tenter pour venger ses frères et sœurs (et neveux).

    #189129
    DJC
    • Pas Trouillard
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    Merci Eridan, en effet est-ce que ça épaissit ou ça dilue hihi

    Je ne sais pas si GRRMartin a déjà été interrogé sur ce choix et ses conséquences, en tout cas j’ai l’idée en tête qu’il est + facile pour lui d’avancer de nouvelles histoires dans l’histoire, que de travailler sur un dénouement cohérent avec tous les enjeux qu’il a posés dans les 1er tomes.

    Perso, une trame principale qui avance, et des ellipses + bouquins en aparté sur les Fernés, Dorne ou Brienne, en mode Dunk & l’Oeuf, ça m’irait très bien, je verrai l’épaississement, et ça me donnerait moins cette impression i think. Surtout quand les années passent et qu’on attend une suite depuis si longtemps !

    D’ailleurs j’essaie de lire d’affilée les chapitres POV/lieu, ça m’illusionne un peu hihi je sais pas si d’autres gens un peu « critiques » de ce choix de Martin font ça

    #189142
    Eridan
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    D’ailleurs j’essaie de lire d’affilée les chapitres POV/lieu, ça m’illusionne un peu hihi je sais pas si d’autres gens un peu « critiques » de ce choix de Martin font ça

    J’ai fait ça avec Brienne. C’est seulement à partir de là que j’ai commencé à apprécier ses chapitres. 😉

    Je pense que pour des trames secondaires (dornien ; fer-nés ou encore Samwell-Arya dans cette intégrale), c’est un bon moyen pour les apprécier.

    "Si l'enfer est éternel, le paradis est un leurre !"

    #189166
    Aurore
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    Un de mes chapitres préférés pour ce qui est de reconstituer une ambiance : les Jardins Aquatiques ont l’air tellement agréables qu’on rêverait d’y vivre… mais dans tout paradis il y a le risque d’un serpent, et cela ne manque pas avec l’arrivée de l’aspic (serpentes piquus Dornicus ) Obara. Areo est-il une sorte de gardien du paradis à l’épée de feu (en fait, une lance, dont on lui a imprimé la marque au rouge sur le torse) ?

    Sauf que le serpent-là, tout venimeux et dangereux qu’il soit, n’est pas vraiment le responsable du départ des habitants de ce paradis, il y a d’autres serpents sur la route et toute cette bande d’ophidiens finit en cage…  Et le gardien/Areo n’a pas pu empêcher le serpent d’entrer car son maître s’y est opposé.

    Bref, les Jardins Aquatiques sont-il un Jardin d’Eden en apparence mais déjà gangrené par le Mal ? Ou est-ce juste moi qui surinterprète ?

    #189174
    Worgen Stone
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    les Jardins Aquatiques sont-il un Jardin d’Eden en apparence mais déjà gangrené par le Mal

    C’est une question intéressante. Je suppose que l’on y retournera (pour revoir Myrcella) et peut-être y trouverons-nous des éléments de réponse.

    #189212
    Yoda Bor
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    J’aime bien ce point de vue un peu extérieur pour nous présenter un nouveau lieu et des nouveaux personnages. Areo est là depuis longtemps mais il est toujours un étranger à Dorne.
    J’ai été assez marquée par sa capacité à écouter.
    On a d’ailleurs là deux personnages, Areo et Doran qui parlent peu et qui écoutent beaucoup, et un prince qui donne une première impression d’être épuisé et qu’une bonne retraite lui ferait du bien. Il est fatigué, il est le dernier de sa famille et il donne l’impression de vouloir juste être un grand-père qui regarde ses petits-enfants s’amuser.
    Le contraste est grand quand jusque là, le seul aperçu de Dorne qu’on avait eu c’est le personnage d’Oberyn qui bougeait dans tous les sens.

    Arys du Rouvre 💜

    #189215
    Lapin rouge
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    il est le dernier de sa famille

    Le dernier de sa génération, il lui reste ses trois enfants, sans parler des Aspics.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #189336
    Céleste
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    On commence ce chapitre par des oranges sanguines trop mûres qui s’explosent au sol, dans leur sang. Je ne sais pas ce que ça vous a fait, mais personnellement j’étais agacée par ce gâchis, un sentiment d’urgence : « Mais Doran, fais cueillir ces oranges bordel ! ». Bref, j’étais comme une Aspic des sables face à l’inaction de Doran.

    L’orange sanguine est évidemment une métaphore pour Dorne et son soleil rouge comme l’a indiqué Worgen, et plus spécifiquement à Oberyn et ses Aspics de sable. Une situation au bord de la rupture qui peut exploser dans le sang à tout moment. La conclusion de ce chapitre est qu’il faudra arrêter (cueillir) les Aspics sans effusion de sang et les canaliser pour la suite du livre. Doran se réveille un peu tard, quand il n’a plus le choix et que Dorne est bien trop mûre.

    Le sentiment d’urgence continue avec le défilé des Aspics, à ce moment là j’ai de la peine pour Doran perso, il souffre et doit dealer avec ça. Tout comme Worgen, j’ai trouvé qu’Areo est étrangement clairvoyant, je veux dire plein de personnages ont des fulgurances parfois, mais là c’est très lucide ce qu’il dit sur Arys.

    Autrement, on a Tyerne qui balance le plan d’Arianne à Doran l’air de rien ^^

    Je préfère le souffle du dragon à la bave de crapeau et la langue de vipère.

    #189405
    Eridan
    • Vervoyant
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    Autrement, on a Tyerne qui balance le plan d’Arianne à Doran l’air de rien ^^

    Parce que l’idée infuse chez les Dorniens depuis … un moment déjà. ^^ Arianne et Tyerne ne sont pas les seules à y avoir pensé ou à l’évoquer.

    Déjà lors de la précédente intégrale, Tywin reprochait à Tyrion d’avoir donné un « otage » aux Dorniens :

    Nous te devons aussi des remerciements, paraît-il, pour l’alliance de Dorne. Peut-être seras-tu content d’apprendre que Myrcella est arrivée saine et sauve à Lancehélion. Ser Arys du Rouvre nous mande qu’elle s’est prise de la plus vive affection pour la princesse Arianne, et que le prince Trystan est enchanté d’elle. En dépit de ma répugnance à donner un otage à la maison Martell, c’était inévitable, je présume.

    ASOS, Tyrion I.

    Il semble au final que ni Tywin, ni Tyrion ne se rendent vraiment compte de la véritable valeur de Myrcella auprès des Dorniens …
    C’est Oberyn qui nous le révèle, et qui dès l’intégrale 3 nous fait comprendre que le couronnement de Myrcella est bien une option possible pour Dorne :

    Assurément, je ne saurais trop remercier votre soeur. N’eût été l’accusation lancée par elle à votre encontre lors du festin, c’est vous qui risqueriez fort d’être en train de me juger, et non pas moi vous. […] Et, Joffrey au tombeau, qui la loi dornienne lui donne-t-elle pour successeur immédiat sur le Trône de Fer, sinon Myrcella qui, d’aventure, se trouve être promise à mon propre neveu à moi, grâce à vous ?
    — La loi de Dorne ne s’applique pas. » Englué comme il l’était dans ses problèmes personnels, Tyrion n’avait jusque-là pas pris une seule seconde pour envisager la question de la succession. « Mon père va couronner Tommen, comptez-y bien.
    — Il lui est en effet loisible de couronner Tommen ici, à Port-Réal. Ce qui ne revient pas à dire qu’il ne soit pas loisible à mon frère de couronner Myrcella, à Lancehélion. Votre père fera-t-il la guerre à votre nièce au nom de votre neveu ? Et votre sœur ? […] Peut-être devrais-je épouser la reine Cersei, tout compte fait, sous réserve qu’elle soutienne sa fille contre son fils. Elle y consentirait, d’après vous ? »
    Jamais, fut tenté de répondre Tyrion, mais le mot s’étrangla dans sa gorge. Cersei n’avait jamais digéré d’être exclue du pouvoir en raison de son sexe. Si la loi de Dorne s’appliquait à l’ouest, elle serait l’héritière de Castral Roc, conformément à sa propre conception de ses droits. Elle et Jaime étaient bien jumeaux, mais le jour, c’est elle qui l’avait vu la première, et il n’en fallait pas davantage. En se faisant le champion de Myrcella, elle serait le champion de sa propre cause. « J’ignore sur qui se porterait son choix, de Tommen ou de Myrcella, convint-il. Cela ne change rien. Mon père ne lui laissera jamais ce choix-là.
    — Votre père, objecta le prince Oberyn, peut ne pas vivre éternellement. »

    ASOS, Tyrion IX.

    Et, si c’était la Montagne qui l’emportait, Doran Martell risquait fort de réclamer des explications sur la mort servie à son frère au lieu de la justice qu’on lui promettait. Il n’était pas impossible, après tout, que Dorne en vienne à couronner Myrcella…
    […]
    « Le dicton veut qu’un Lannister paie toujours ses dettes. Peut-être me raccompagnerez-vous à Lancehélion, une fois pratiquée la saignée du jour. Mon Doran de frère serait enchanté de faire la connaissance de l’héritier légitime de Castral Roc…, surtout si celui-ci venait avec son adorable épouse, la dame de Winterfell. […] Prévoyez une visite assez longue. » Le prince se mit à siroter son vin. « Vous et Doran avez maints sujets d’intérêt communs à débattre. La musique, le commerce, l’histoire, le vin, le liard du nain…, les lois sur l’héritage et sur la succession. Sans doute les conseils d’un oncle seraient-ils profitables à la reine Myrcella, dans les temps d’épreuves qui nous attendent. »
    Si Varys avait ses petits oiseaux à l’écoute, Oberyn leur gavait l’oreille. « Je crois que je vais l’accepter, cette coupe de vin », dit Tyrion. La reine Myrcella ? Il aurait été beaucoup plus tenté, si seulement il avait eu Sansa cachée sous son manteau. Si elle se déclarait pour Myrcella par-dessus Tommen, le Nord suivrait-il ? Ce que lui insinuait la Vipère Rouge était félonie. Pouvait-il vraiment, lui, prendre les armes contre Tommen, et contre son propre père ? Cersei en cracherait du sang. Rien que pour cela, le jeu n’irait pas sans valoir la chandelle…

    ASOS, Tyrion X.

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