AGOT 64 – Catelyn X

  • Ce sujet contient 9 réponses, 8 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Emmalaure, le il y a 4 jours et 9 heures.
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    Liloo75
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    AGOT 64 – Catelyn X
    Au fil des pages – liste des sujets

    AGOT 63, Tyrion VIII AGOT 65, Daenerys VIII

    L’attente d’une mère au cœur vaillant – la capture d’un adversaire flamboyant

    Nous quittons Tyrion et son père, victorieux de l’armée de Robb, lors de la bataille de la Verfurque, mais qui ne peuvent se prévaloir que d’une victoire à la Pyrrhus. Certes, ils ont vaincu les troupes de lord Bolton, mais ils n’ont pas trouvé Robb, le « bleu » comme l’avait surnommé Tywin. Le gamin leur a tendu un piège, en coupant ses troupes en deux. Et désormais, il entend bien resserrer l’étau sur Jaime Lannister, au Bois-aux-Murmures.

    Le chapitre s’ouvre ainsi : « Les bois foisonnaient de murmures ». L’on apprendra plus tard que le nom du lieu de la fameuse bataille : « Le Bois-aux-Murmures », découle des bruissements et chuchotements qui pouvaient s’entendre ce soir-là, alors que l’armée du nord se tenait en embuscade.

    Que faire d’autre qu’attendre ? Lorsqu’il n’y a pas d’autre choix…

    Catelyn attend le retour de son fils Robb, parti affronter les troupes menées par Jaime Lannister.

    La lune est au rendez-vous et illumine un torrent. Une brise tiède se glisse dans ses cheveux. C’est sans doute de bon augure. Nombre de chapitres de Catelyn se déroulent sous un rideau de pluie, et en règle générale, il n’en sort rien de bon.

    Catelyn a négocié avec son fils une garde d’honneur de 30 hommes. Elle en voulait moins, Robb souhaitait lui en accorder plus. Ils se sont mis d’accord sur 30, mais l’on sent qu’aucun des deux n’est satisfait de ce compromis.

    Dans cette négociation, nous percevons l’influence que Catelyn exerce sur son fils. Robb est le seigneur de Winterfell, en l’absence de son père, mais Catelyn conserve un pouvoir certain sur les décisions de son fils, qui est encore jeune. Même si à Westeros, à 15 ans, un garçon devient un homme. Un « homme fait » comme se plaisent à dire les jeunes hommes de cet âge.

    Catelyn est lucide. Elle sait que son fils mène une guerre, et que la mort peut les surprendre à chaque instant. Elle adresse une prière aux dieux, sous forme d’anaphore : « Faites qu’il grandisse encore davantage (…). Faites qu’il célèbre ses seize ans, ses vingt ans (…). Faites qu’il devienne aussi grand que son père (…) ». C’est un style qui semble coller à la personnalité de Catelyn, elle l’avait déjà utilisé dans le chapitre précédent, aux Jumeaux, où elle exprimait ses craintes pour ceux qui lui sont chers.

    Pour le moment, elle ne peut rien faire d’autre qu’attendre. Elle se remémore toutes les périodes de sa vie où elle a attendu le retour des hommes. Ce fut d’abord son père Hoster Tully, qui lui demandait de guetter son retour dès qu’il quittait Vivesaigues. Elle l’attendait sur les remparts du château. Parfois, il était en retard. Son père l’appelait alors « chaton », un surnom probablement dérivé de son diminutif, Cat (chat en VO, oui à Westeros, la langue commune est l’anglais :)).

    Ensuite elle a attendu son promis Brandon Stark, parti demander des comptes à Rhaegar, suite à la disparition de Lyanna. Mais Brandon n’est pas revenu vivant du Donjon Rouge. Il a péri étranglé, victime de la folie du roi Aerys.

    Puis, ce fut Ned Stark, épousé en lieu et place de son frère Brandon, qu’elle fut contrainte d’attendre. Ned était parti guerroyer aux côtés de Robert durant la rébellion, la laissant enceinte. Catelyn a passé sa grossesse à Vivesaigues, le château de son père. Et elle a donné naissance à son premier fils, toute seule, sans son époux à ses côtés, ne sachant même pas s’il reviendrait vivant.

    Catelyn parle de Robb comme de « son fils, son fils à elle ». Il serait donc son fils plus que celui de Ned ? Cela peut se comprendre puisque Ned était absent lors de la naissance de l’enfant. Mais alors qui est le fils de Ned, son fils à lui ? Jon Snow, que Catelyn découvrira en arrivant à Winterfell avec Robb ? Un autre enfant, le fils bâtard de son époux, déjà dans la place. Elle n’en dit rien dans ce chapitre, mais elle laissera s’exprimer sa rancœur plus tard, à Vivesaigues, lorsque le château abritera un prestigieux prisonnier. Mais n’anticipons pas…

    Et maintenant, voilà qu’elle attend son fils Robb, parti à la rencontre des troupes de Jaime Lannister qui assiègent Vivesaigues. Il compte bien surprendre son ennemi.

    Tout le plan de bataille repose sur la stratégie de Brynden Tully, le Silure. Il connaît Jaime Lannister, le Régicide, son caractère impatient qui le conduira à commettre une imprudence. Lui ne sait pas attendre. Brynden sait que c’est là que se situe la faille du fils ainé de Tywin, une faille dans son armure d’or. Catelyn prie pour que son oncle ait vu juste.

    Elle ne peut pas s’empêcher d’admirer son fils Robb, sa façon de se comporter avec ses hommes, une attitude digne d’un chef.

    Au passage, elle remarque « la brise dans ses mèches auburn si semblables aux siennes ». Presque tous les enfants Stark ont hérité de la couleur des cheveux de leur mère. Seule Arya est brune comme son père, ce qui l’amènera à penser (à tort) qu’elle est une bâtarde.

    …Pour Robb il est temps d’entreprendre, pour Catelyn de rester dans l’ombre du bois

    Après cette transition sentimentale, nous en apprenons un peu plus sur la stratégie militaire. Brynden Tully, l’oncle paternel de Catelyn, était parti en éclaireur et avait repéré les troupes Lannister. 12 000 hommes répartis en 3 camps, séparés par les rivières (la Ruffurque et la Culbute).

    Les bataillons de Robb ont grossi en chemin, depuis leur départ de Moat Caillin.

    Jason Mallister s’est joint à l’OST de Robb, ainsi que des hommes de toutes origines, en fuite vers le nord depuis la débâcle d’Edmure Tully à Vivesaigues.

    Robb dispose en tout de 6 000 hommes.

    Avant de partir à la bataille, Robb passe ses troupes en revue. Il va se montrer aux hommes, comme son père Ned Stark le lui a enseigné. Les combattants ont besoin de voir leur chef avant de partir guerroyer.

    C’est ce que Tyrion tentera d’expliquer à son neveu Joffrey avant la bataille de la Néra, avec le succès que l’on sait.

    Robb part au combat sur un étalon gris. Il est suivi, comme son ombre, son double devrais-je dire, par le loup géant, l’impressionnant Vent Gris.

    Catelyn se force à faire bonne figure devant son fils, elle ne veut pas ébranler le courage de celui-ci. C’est la preuve de l’abnégation d’une mère, qui garde pour elle ses craintes.

    Robb aussi, tout comme sa mère, bénéficie d’une garde d’honneur. Il est entouré de 30 hommes. Cette garde est due à l’initiative de Catelyn, les bannerets ayant approuvé. On peut constater ici encore l’influence de Catelyn dans la guerre que mène son fils. Elle lui tient lieu d’officier en second lors des négociations qui précèdent la bataille.

    La plupart des fils des bannerets ont insisté pour participer à la garde rapprochée de Robb. C’est Catelyn qui a dû arbitrer, car ils étaient trop nombreux à vouloir l’accompagner. Au milieu de tous ces hommes, se distingue une fille, Dacey Mormont, la fille et héritière de lady Maege Mormont de l’Ile-aux-Ours.

    C’est Jorah Mormont qui devrait être le seigneur de l’Ile-aux-Ours. Mais après sa condamnation pour trafic d’êtres humains, et son exil, le pouvoir est passé aux mains des femmes dans la famille Mormont.

    Tout à coup, Catelyn perçoit le cri d’un oiseau, puis un autre et encore deux autres. C’est l’appel de la grièche des neiges, qui vit dans le nord. Le signal que la bataille a commencé.

    Hal Mollen, le capitaine de la garde de Winterfell, chargé de veiller sur Catelyn, confirme le lancement de l’attaque. Les remarques acerbes de cette dernière nous font comprendre qu’elle ne le porte pas dans son cœur.

    De sa position, Catelyn ne perçoit que des sons étouffés de la bataille.

    L’espace d’un instant, elle aperçoit Jaime Lannister. L’apparition est fugace mais ne lui laisse aucun doute : ses cheveux blonds (Il ne porte pas de protection pour sa tête, courage ou imprudence ?), son armure d’or, le pourpre de son manteau le rendent immédiatement identifiable. Même sous l’éclairage trompeur de la lune. Le chevalier flamboyant est là. Il est venu se battre aux côtés de ses hommes. Brynden Tully avait parié sur sa présence. Jaime Lannister n’est pas homme à se cacher.

    Il était apparu, « et il avait, tel un mirage éclatant, disparu, éteint, ravalé par l’ombre des arbres ». Jaime Lannister est avalé par les ténèbres. Est-ce un mauvais présage pour lui ?

    Le lieu de l’attaque, du piège plus précisément, a été choisi par Robb. Le but étant d’attirer Jaime Lannister sur le terrain de Robb, un terrain qui lui sera propice : escarpé, avec une végétation dense pour masquer ses troupes et que la clarté de la lune ne saurait révéler.

    Robb a choisi un piège en tenaille : les troupes Mallister à l’est, les Frey à l’ouest, les Karstark bloquant le nord, et Brynden attirant Jaime Lannister au centre avec ses bannières aux couleurs des Tully.

    C’est Maege Mormont qui sonne le cor pour indiquer que le piège vient de se refermer. Puis Vent Gris se met à hurler, le son de la mort d’après Catelyn. Ne dit-on pas « hurler à la mort » pour un chien ou un loup ?

    Catelyn connaît les dégâts que fait un loup géant qui protège son maître. Elle a déjà vu Été à l’œuvre, lorsqu’elle-même et Bran étaient menacés de mort à Winterfell.

    Ensuite, c’est au tour de Lard-Jon Omble de sonner du cor, suivi des clairons des Mallister et des voix des Karstark au nord, confirmation que le piège est fermé.

    Robb utilise alors ses archers. Il fait pleuvoir des flèches sur les Lannister. Puis il dévale la pente en criant : « Winterfell !», menant ses propres hommes au combat.

    Le temps semble s’étirer, Catelyn ne sait pas combien de temps dure réellement la bataille.

    De sa position, elle ne peut pas observer les combats mais elle en perçoit tous les sons : le fracas des armes, les voix des belligérants. Robb appelle à l’aide (il est en danger !), et Vent Gris se porte à son secours. Le loup géant semble avoir pris le dessus sur l’adversaire de Robb.

    Aparté : Robb ne devrait jamais se séparer de son loup, que ce soit pour des questions de protocole ou pour tout autre motif.

    Le retour du fils tant espéré, la prise d’un prestigieux prisonnier

    Progressivement, les bruits cessent, Vent Gris se fait entendre et le soleil se lève : « le loup semblait seul maître du terrain, qui se reprit à hurler comme l’aurore empourprait peu à peu l’orient ». C’est à ce moment qu’apparait Robb, sur un nouveau cheval, mais sain et sauf. Le bouclier cabossé, la main couverte de sang, mais le sang d’un autre.

    Il est suivi de Theon et de Lard-Jon. Ils livrent à Catelyn Jaime Lannister, « le Régicide », comme croit bon de le préciser Hal Mollen.

    Même prisonnier, à genoux, et blessé à la tête, Jaime Lannister ne perd rien de sa superbe. Ni de son sens de la répartie. Alors que les premiers rayons du soleil font flamboyer sa chevelure, il s’adresse ainsi à Catelyn Stark : « Je vous aurais volontiers offert mon épée, mais je l’ai, semble-t-il, égarée ».

    Robb annonce à sa mère la mort de certains de ses compagnons, sans toutefois parvenir à prononcer leurs noms. Il paraît perdu dans ses pensées, stupéfait que ser Jaime les ai occis lui-même :

    « Il…il les a tués de sa main… ».

    C’est Galbart Glover qui est obligé de préciser que ser Jaime a tué les deux fils Karstark.

    Robb semble retrouver ses esprits et précise que Jaime Lannister a abattu Eddard et Torrhen, de même que Daryn Corbois.

    Lord Glover reconnaît que ser Jaime s’est battu vaillamment. Qu’il cherchait Robb pour l’affronter, et qu’il s’en est fallu de peu qu’il parvienne à ses fins.

    Robb poursuit en expliquant que l’épée du Régicide est restée fichée dans la nuque d’Eddard Karstark, après avoir servie à couper la main de Torrhen et fracassé la tête de Daryn. C’est ainsi que Jaime a égaré son épée.

    Admire-t-il le courage de son adversaire ?

    Robb rajoute que Jaime Lannister ne cessait de l’appeler. Il le cherchait sans doute pour l’affronter en combat singulier. Sans les sacrifices de ses hommes, Robb admet qu’il serait mort. Cela signifie qu’il n’aurait pas tenté d’affronter ser Jaime au corps à corps ? Ce qui peut s’expliquer par l’âge de Robb. Il n’a que 15 ans, son adversaire est un chevalier aguerri de 32 ans, membre de la Garde royale. Le jeune loup, prudent, s’est méfié du lion.

    Sa mère l’interrompt, ne lui laissant pas le temps de s’expliquer plus avant.

    Préalablement à ce récit de guerre, Theon avait réclamé la tête du Régicide, Robb s’y était refusé. Son père lui a appris à épargner les prisonniers. Il est donc bien le digne fils de Ned Stark, sur ce point.

    De plus, Robb a compris que Jaime Lannister leur serait plus utile vivant que mort, et qu’il pourrait servir de monnaie d’échange pour récupérer ses sœurs et son père.

    Lorsque Catelyn lui demande de lui rendre les membres de sa famille, Jaime lui répond avec ironie qu’il les a également « égarés ». Il est vrai que leur sort ne dépend pas de lui, car Ned et les filles se trouvent à Port-Réal, leur destin est entre les mains de Cersei, et de Joffrey. Ce qui n’est pas rassurant, quand on connaît les personnalités de la mère et surtout du fils.

    A la décision de Robb de l’épargner, Jaime le complimente et loue sa sagesse et son honneur. Dans la bouche du Régicide, le mot « honneur » sonne comme de l’humour noir, voire comme un sarcasme, à ce moment de l’histoire. Nous ne savons pas encore que le Roi Aerys, se sentant menacé et persuadé qu’il allait renaître sous la forme d’un dragon (il a dû confondre avec le Phoenix), avait comploté afin de brûler toute la ville de Port-Réal, y compris le Donjon Rouge, grâce au feu grégeois. Heureusement que ce jour-là, un homme a pris l’initiative de mettre un terme à cette folie, en abjurant ses vœux de membre de la garde royale. Il a tué les pyromants, ainsi que le roi qu’il avait le devoir de protéger. Vu sous cet angle, ser Jaime n’aurait pas dû écoper d’un sobriquet, mais d’une distinction, pour avoir sauvé la vie des 400 000 habitants de la capitale.

    Cette partie de l’histoire, tous l’ignorent. Même Ned Stark qui a trouvé Jaime Lannister assis sur le trône de fer, en arrivant au Donjon Rouge lors de la rébellion. Jaime ne se confiera que bien plus tard, à Brienne de Torth, dans les bains d’Harrenhal.

    Mais revenons à Catelyn, dont le chapitre est son point de vue. C’est elle qui ordonne la mise aux fers de Jaime Lannister. Encore une fois, elle commande et ses ordres sont confirmés par Robb. C’est à se demander qui est le véritable chef de guerre : Robb ou sa mère ? C’est d’ailleurs à elle que le prestigieux prisonnier a été remis, même si c’est Robb qui a tranché la question de sa vie ou de sa mort.

    Catelyn conseille à son fils de ne pas pleurer ses morts. Il n’a pas le temps pour cela. La guerre n’est pas encore terminée. Et à Theon, qui se vante de leur victoire et de la capture de prisonniers de haut parage, elle lui demande, cinglante, s’il a également mis la main sur Tywin, le chef de guerre du clan Lannister ? Theon, penaud, est obligé de répondre par la négative. Theon est encore un gamin, cela se sent dans ses réactions. Contrairement à Robb la guerre ne l’a pas fait mûrir. Et c’est peut-être cela qui le perdra plus tard.

    Il est temps pour l’armée de Robb, de se mettre en route pour Vivesaigues, de reprendre le château des Tully et de libérer Edmure.

    Je dédie ce commentaire à @aspicdessables (elle comprendra pourquoi :)) et à tous nos frères et sœurs qui, comme elle, se battent en première et en deuxième lignes contre un ennemi qui a 5 lettres et 2 chiffres, mais pas de visage.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine et 4 jours par Liloo75.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #145198
    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 7193

    Pas grand chose à se mettre sous la dent à la relecture j’ai trouvé.

    Certes, le chapitre est bien placé car juste après celui de Tyrion. Et on se prend à trembler pour Tyrion dans son chapitre puis pour Robb dans celui de Catelyn. Comme si on voulait que les deux clans gagnent alors qu’ils sont opposés (et qu’à la guerre, il n’y a souvent que des perdants). C’est assez habile de la part de l’auteur.

    GRRM a tout donné en VO au début du chapitre

    The woods were full of whispers.

    Moonlight winked on the tumbling waters of the stream below as it wound its rocky way along the floor of the valley. Beneath the trees, warhorses whickered softly and pawed at the moist (…)
    Nine moons had waxed and waned

    Catelyn est entrée dans sa phase qui me saoule (ce n’est pas la première fois mais on est loin de la dernière) où elle répète ad lib que Robb est grand, c’est un homme maintenant, faut pas le diminuer devant ses hommes, etc etc

    Je note que Lord Mallister est là, il a fait l’essuie-glace depuis Port-Réal ^^ C’est pas du tout impossible, mais je ne pense pas que j’avais noté sa présence la fois dernière. Theon veut tuer Jaime direct. Ah, ce cher Theon 🙂

    Comme primo-lecteur, je suppose qu’on déteste Jaime car il a une sale image depuis le tout début. Mais quand on connait un peu mieux son passé et beaucoup la suite, c’est quand même le personnage qui ressort le plus du chapitre (pour moi en tout cas) : hableur, crâneur, dangereux, téméraire mais beaucoup de répartie et de panache.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 4 jours par R.Graymarch.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/ces-presentation-du-jeu/
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #145207
    Ser Aemon Belaerys
    • Pas Trouillard
    • Posts : 727

    Jaime ressort à la relecture car on connait mieux le personnage et son histoire.

    Robb est classe mais en effet il n’est pas le héros de la bataille et je pense qu’il est conscient que sans ses hommes liges, dont certains sont morts pour lui, il aurait été battu par le régicide.

    Avec Catelyn qui est dans ce mode « Robb est mon enfant mais devant les autres je dois le traiter en Lord » elle n’est plus héroïne de l’histoire, mais faire valoir des autres.

    En tout cas ce chapitre et cette bataille s’insèrent très bien après la bataille de la Verfurque du précédent chapitre. Les éléments se mettent en place pour ACOK.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 4 jours par R.Graymarch.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    #145213
    DJC
    • Éplucheur avec un Économe
    • Posts : 44

    Merci Liloo 🙂 et tout pareil que Gray, je ne cite pas son message tout entier mais le coeur y est 🙂

    J’ai bien aimé la narration POV « à l’aveugle » de cette bataille, en comparaison de celle du chapitre précédent où on était « vraiment dedans ». Incertitude, surprise, soulagement, l’auteur nous fait vibrer tout pareil ! Super d’avoir enchaîné ces deux chapitres guerriers d’une telle manière, sans barber le lecteur.

    + le débrif qui raconte a posteriori les pertes nordiennes (Karstark, ce nom résonne, grosse incidence pour la suite). Et la découverte de Jaime 🙂 le même bagou que son « petit » frère, difficile de ne pas s’attacher à ce « méchant du chapitre »… à choisir définitivement un camp…

    Bravo Martin 🙂

    #145221
    Samyriana
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 374

    Merci Liloo pour cette analyse!

    J’aime beaucoup ce chapitre, avec cette bataille qui se déroule hors-champ. Je pense en effet que Robb a conscience qu’il n’a aucune chance face à Jaime en combat singulier. Jaime est présenté comme l’un des meilleurs combattants, si ce n’est le meilleur, des Sept Couronnes, tandis que Robb est à peine un homme fait.

    Aparté : Robb ne devrait jamais se séparer de son loup, que ce soit pour des questions de protocole ou pour tout autre motif.

    En effet, la suite nous le montrera bien…

    "Des chefs de guerre, y en a de toutes sortes. Mais une fois de temps en temps, il en sort un, exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, y en a presque jamais. Et tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles."

    #145619
    Screugneugneu
    • Éplucheur de Patates
    • Posts : 8

    Merci pour tout ce travail fantastique.

    C’est donc dans ce chapitre que Jaime tue les deux fils Karstark, morts en protégeant leur suzerain. Ce que je n’ai jamais compris, et qui aura une grande importance par la suite, c’est en quoi leur père peut considérer qu’il s’agit de meurtres. C’est écrit jusque dans le wiki, il ne supporte pas la libération du « meurtrier » de ses fils.

    Pour moi Jaime n’a jamais tué ses fils parce qu’ils étaient des fils Karstark, mais parce qu’ils se trouvaient sur le chemin de Robb. Ca n’a rien à voir avec des meurtres, ça s’appelle juste a guerre, hélas…

    #145641
    PierreKirool
    • Éplucheur avec un Économe
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    On peut considérer que d’ores et déjà, la bataille du Bois-aux-Murmures était perdue pour le camp Lannister, et que n’importe quel autre commandant aurait tenté la fuite ou alors signé une reddition, se constituant prisonnier ainsi que ses hommes.

    Au lieu de ça, Jaime a, à tout prix, cherché à abattre le commandant adverse, même si la bataille était perdue, en se frayant frénétiquement un chemin sanglant vers celui-ci. Ces morts, auraient été évités avec un autre.

    D’autant plus qu’on l’a vu dans la bataille sur la Verfurque, les nobles et chevaliers sont en général épargnés pour pouvoir obtenir des rançons.

    #145643
    Screugneugneu
    • Éplucheur de Patates
    • Posts : 8

    Je comprends l’idée, merci en effet. Ce ne sont pas forcément des meurtres tels que j’entends habituellement ce mot, mais des morts inutiles voire gratuites je l’entends bien.

    #145669
    Liloo75
    • Pisteur de Géants
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    Je pense aussi que la colère de Rickard Karstark ne fait que s’amplifier lorsqu’il apprend que c’est Catelyn Stark qui a pris seule l’initiative de libérer Jaime Lannister.

    Certes Rickard est en colère dès le départ. Il ne veut pas entendre parler de paix. Mais sa haine pour les Lannister ne fait que s’aggraver lorsqu’il découvre que Catelyn a libéré Jaime sans l’aval de Robb, le Roi du nord.

    Pour Rickard Karstark c’est un acte de trahison, et faute de pouvoir mettre la main sur Jaime Lannister (il ira jusqu’à promettre la main de sa fille Alys à qui retrouvera le Régicide), il s’en prendra aux neveux de Tywin.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine par Liloo75.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine par R.Graymarch.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #145856
    Emmalaure
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 776

    Je reviens sur ce chapitre, qui a lui aussi sa part importante de langage symbolique, l’ambiance nocturne et le point de vue de Catelyn – spectatrice extérieure – rendant le récit propice à l’effet « fantomatique », comme si on assistait à une bataille de spectres, et par conséquent au souvenir d’une vieille bataille qui se rejouerait sous nos yeux, par bribes, comme une vision dans le feu ou les rêves, pas forcément très nette (et sujette à interprétations).
    Rien que le nom « Bois aux Murmures » est déjà tout un programme en soi, vu que les murmures sont liés à la symbolique des ombres et des vervoyants murmurant leurs conseils et autres suggestions plus ou moins discrètement, voire faisant agir les personnes comme des marionnettistes, là encore à divers degrés selon que la marionnette conserve son libre-arbitre ou est manipulée jusque dans sa chair par un change-peau (coucou Hodor).

    Liloo75 a évoqué la lune : elle n’apparait qu’une fois dans le chapitre, pour révéler Jaime Lannister par sa lumière, mais autrement, elle ne pénètre pas dans le bois. Je risque une interprétation : la lune étant associée à une ou plusieurs figures féminines, j’y vois ici – entre autre – une symbolisation de Catelyn dont le regard ne pénètre pas jusque dans le bois et qui reste en grande partie aveugle à la bataille. Ou plutôt, puisque j’ai évoqué précédemment le souvenir fantomatique d’une ancienne bataille (la Bataille de l’Aube ?), Catelyn pourrait tenir ici le rôle qu’une ancienne « dame » ou « reine » a tenu autrefois.
    (Petit aparté sur la lune : dans ASOIAF, lorsqu’elle est en forme de croissant, en vo, GRRM l’appelle parfois « horned moon » (lune cornue), ce qui donne une toute autre dimension à la lune : elle lorgne à la fois du côté des animaux cornus (dragons et cerfs) et des cors de chasse. Dans le présent chapitre, ce n’est pas le cas, mais ça l’était dans son chapitre de l’ascension des Eyrie (plusieurs fois, en plus, et avec une lune énorme, mais je pense que là, la lune symbolisait Lysa et la menace qu’elle représentait), mais aussi dans le précédent chapitre de Catelyn, celui du passage des Jumeaux et du marché avec Walder Frey).

    Mais revenons au chapitre présent. Il se découpe en trois parties distinctes (et assez évidentes, en fait ^^) : 1.Les préparatifs de la bataille 2.la bataille 3.Après la bataille.
    Enoncé ainsi, j’ai l’impression de faire du Lapalice, mais ce qui m’intéressait dans ce découpage, c’est que deux personnages majeurs subissent une métamorphose (réelle et symbolique) pendant la partie « bataille » et qu’en conséquence, ce n’est pas seulement la situation politique qui change à l’issue de la bataille mais le rôle narratif de ces personnages. je veux parler de Robb et Jaime.

    Jaime n’apparaît pas au début, mais il est évoqué par le camp du Nord par ses caractéristiques Lannister : son impatience, son orgueil. Pendant la bataille, Catelyn le reconnait par son côté brillant et le fait qu’il soit tête nue (limite elle voit la tête de lion). Cependant, la lumière nocturne met en avant une caractéristique qui n’était pas forcément visible aussi nettement sur le plan symbolique : il n’est pas doré mais argenté, il apparaît et disparaît à travers les arbres, comme une ombre, ce qui rappelle beaucoup les caractéristiques des ombres que sont les Autres, qui semblent surgir des bois dans le Prologue et qui sont là et pas là en même temps. Les sonneries de cor et le hurlement du loup participent à cette ambiance « Forêt hantée » (le cor qui secoue les dormeurs, les hurlements de loup du Prologue avant l’arrivée des Autres) où tout est très gris et très « starkien ». Mon interprétation ici est que Jaime est encore la créature (non magique) de sa soeur, son ombre armée : il a peut-être été un chevalier doré et brillant dans sa jeunesse, mais ce chevalier a abdiqué ses valeurs et ses serments pour ne suivre que ses pulsions (=le désir envers sa soeur qu’il appelle « amour »).
    A la fin de la bataille, il est prisonnier, mais surtout il n’a plus son cheval ni son épée. Cette épée, il ne la retrouvera jamais; à mon sens, cela annonce déjà la perte de sa main (qu’elle ait ou non été déjà décidée par GRRM à ce stade de l’écriture, ce n’est pas très important, car on voit aussi que l’auteur multiplie au long de son récit les éléments symboliques qui vont dans le même sens, si bien que quand l’illustration concrète d’un symbole arrive – la perte de la main, en l’occurrence – elle s’inscrit déjà dans un sens narratif, mais elle n’est pas absolument nécessaire, sauf à ouvrir la voie à une nouvelle symbolique – pour la main, encore, il y a l’histoire de l’étranglement avec des mains d’or : Shae pour Tyrion et potentiellement Cersei pour Jaime).

    Pour Robb, qui est le deuxième métamorphosé visible, il y a d’abord le fait qu’il perde son étalon gris et revienne avec un cheval bien moins glorieux :

    Robb came back to her on a different horse, riding a piebald gelding in the place of the grey stallion he had taken down into the valley.

    Le changement est à la couleur : le gris Stark est devenu une couleur « pie », c’est à dire avec des taches, ce qui en fait un bâtard symbolique (la robe unie d’un cheval avait beaucoup d’importance pour des questions d’harmonie mais aussi à la bataille, car un cheval avec des taches est beaucoup plus visible et offre une cible de choix), et pour le « gelding »/castré, on va dire qu’on est dans le même genre de foreshadowing que pour Jaime : Robb n’aura pas de descendance et termine la lignée des Stark de Winterfell.
    On remarquera d’ailleurs que dans ce chapitre comme dans le suivant (le rituel de sang-magie pour ressusciter Drogo), un étalon perd la vie, ainsi que trois « gardes du corps » de Robb. S’il n’y a pas ici de rituel consciemment accompli, on va en retrouver les éléments : la rivière qui redouble le bain de sang, le sang versé, le fer et l’acier des armes, les ombres « dansantes », les cris/hurlements de bête et appels de cor qui remplacent les chants bizarres de Mirri, un loup et… il manque le feu (bon, Theon qui n’est pas avare d’hyperbole compare bien cette bataille-là à celle du Champ de Feu de la conquête d’Aegon, mais c’est Theon avant son passage chez Ramsay).
    L’autre métamorphose de Robb est physique et a lieu avant qu’il s’élance pour la bataille :

    When he lowered it over the face she loved so well, a tall young knight sat on his grey stallion where her son had been. It was dark among the trees, where the moon did not reach. When Robb turned his head to look at her, she could see only black inside his visor.

    Robb n’est plus Robb, mais un « grand jeune chevalier » et il n’a plus de face visible, il est comme dépossédé de lui-même, et mieux : le casque qui paraît vide à l’intérieur (on ne voit que du noir) rappelle la vision de Bran dans le coma du géant de pierre derrière la visière duquel il n’y a rien d’autre que des ténèbres (« darkness ») et un épais sang noir. Juste après l’extrait que je viens de citer, Robb dit à sa mère d’une voix caverneuse « I must ride », et nous voici donc avec une image qui joue sur le même registre symbolique que la Montagne-à-cheval.
    C’est aussi dans ce chapitre que Robb est qualifié pour la première fois de Jeune Loup, au moment où il part pour la bataille avec ses hommes.
    La métamorphose est donc celle d’un jeune homme aux cheveux de feu (je ne pense pas innocent narrativement tous les souvenirs de Catelyn et son insistance sur « son fils » à elle) qui devient une ombre grise inquiétante en devenant un loup Stark.
    Mon interprétation personnelle, c’est que Robb rejoue symboliquement la partition d’un ancien personnage, dans cette bataille de fantômes, celle d’un « Loup » bâtard mais héritier d’un trône qu’il revendique (grâce à son sang et son loup), poussé par des fidèles plus ou moins fanatisés.
    On connait le destin de Robb. Dans le chapitre lui-même, il ressemble plus à un symbole manipulé par les événements et les gens, et dépossédé de lui-même, que maîtrisant ce qu’il est et qui il est. Comme Jaime, en somme.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 jours et 8 heures par R.Graymarch.
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