ADWD 06 – Tyrion II

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    Sandrenal
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    ADWD 06 – Tyrion II
    Au fil des pages – liste des sujets

    ADWD 05, Bran I ADWD 07, Le domestique du marchand

    Ce chapitre étant assez peu pourvu en action (Tyrion et Illyrio sont dans une litière et avancent vers Volantis), j’ai choisi de le diviser en thèmes.

    I. Que veut Illyrio ?

    Ce long voyage en litière est l’occasion pour Tyrion de cuisiner Illyrio sur ses motivations. Pourquoi un marchand pentoshi s’implique-t-il dans la politique de Westeros et pourquoi le fait-il en aidant une exilée ?

    — Dites-moi, demanda Tyrion tout en s’exécutant, pourquoi un maître de Pentos se soucierait-il plus que d’une guigne de la personne qui coiffe la couronne de Westeros ? Où se situe votre profit, dans cette entreprise, messire ? »

    Illyrio ne répondra à Tyrion que par des pirouettes mais lâchera quelques indices en cours de route.

    L’esclavage peut bien être proscrit par les lois de Pentos, mais vous trempez vous aussi dans ce négoce. Au moins le doigt, sinon toute la main. Et pourtant, vous conspirez en faveur de la reine dragon, et non contre elle. Pourquoi ? Qu’espérez-vous gagner de la reine Daenerys ?

    — Nous y voilà donc revenus ? Vous êtes un petit homme obstiné. » Illyrio poussa un rire et se claqua la bedaine. « Comme vous voulez. Le Roi Gueux a juré que je serais son maître des finances, et lord de plein droit, par-dessus le marché. Une fois qu’il porterait sa couronne d’or, je devais avoir mon choix d’un château… Même Castral Roc, si tel était mon désir. »

    Illyrio avance l’argument du profit qui est assez peu crédible. Pourquoi abandonnerait-il sa demeure princière à Pentos pour un château à Westeros ? N’a-t-il pas des moyens plus simples et moins risqués de gagner plus d’argent ? Et surtout, comme le fait remarquer Tyrion, si Illyrio avait un marché avec Viserys, il n’en a pas avec Daenerys qui pourrait bien se souvenir de lui comme de l’homme qui l’a vendue aux dothrakis.

    « Êtes-vous bien certain que Daenerys tiendra les promesses de son frère ?

    — Elle les tiendra ou pas. » Illyrio sectionna l’œuf en deux d’un coup de dents. « Je vous l’ai dit, mon petit ami, tous les actes d’un homme ne visent pas le profit. Croyez ce qu’il vous plaira, mais même de vieux imbéciles gras tels que moi ont des amis, et des dettes d’affection à payer. »

    Menteur, songea Tyrion. Il y a dans cette entreprise quelque chose qui vaut pour toi plus que de l’or ou des châteaux.

    On approche sans doute plus de la vérité avec les amis et les dettes d’affection. A propos d’amis, Tyrion oriente la conversation sur Varys.

    — À Myr, c’était un prince des voleurs, jusqu’à ce qu’un larron concurrent le dénonce. À Pentos, son accent le trahissait, et une fois qu’on a su qu’il était eunuque, on l’a méprisé et battu. Pourquoi il m’a choisi pour le protéger je ne le saurai sans doute jamais, mais nous avons conclu un arrangement. Varys surveillait les petits voleurs et s’appropriait leurs larcins. J’offrais mon secours à leurs victimes, en promettant de recouvrer leurs objets précieux, pour un salaire. Très vite, quiconque avait subi une perte sut qu’il fallait venir me voir, tandis que les malandrins et les vide-gousset de la cité allaient trouver Varys… Une moitié pour lui trancher la gorge, l’autre pour lui vendre ce qu’ils avaient volé. Nous nous sommes tous deux enrichis, et plus encore quand Varys a formé ses souris.

    — À Port-Réal, il avait des oisillons.

    — Il les appelait des souris, à l’époque. Les voleurs plus âgés étaient des imbéciles qui ne réfléchissaient pas plus loin que pour troquer une nuit de butin contre du vin. Varys préférait les orphelins et les jeunes filles. Il choisissait les plus menus, ceux qui étaient vifs et silencieux, et leur apprenait à escalader les murs et à descendre par les cheminées. Il leur enseignait également à lire. Nous laissions l’or et les joyaux aux voleurs ordinaires. Nos souris volaient plutôt des lettres, des registres, des cartes… Par la suite, ils les ont lus et laissés en place. Les secrets ont plus de prix que l’argent ou les saphirs, affirmait Varys. Précisément. Je suis devenu tellement respectable qu’un cousin du prince de Pentos m’a laissé épouser sa pucelle de fille, tandis que la rumeur du talent d’un certain eunuque franchissait le détroit pour parvenir aux oreilles d’un certain roi.

    Comme tout ce que dit Varys, les paroles d’Illyrio doivent être envisagées avec circonspection. Pourtant, Varys donne généralement une partie de la vérité ou un aspect biaisé de la situation, ce qui est sans doute ce que fait Illyrio ici. Illyrio et Varys ont donc débuté comme escrocs à Pentos, ce qui en fait d’eux des exemples de réussite sociale. Illyrio ne serait pas arrivé là où il est sans Varys et Varys n’a survécu que grâce à Illyrio. Cela explique le lien Illyrio/Varys mais pas leur soutien aux Targaryen, d’autant qu’Illyrio rappelle incidemment « l’aide » apportée par Varys à Aerys II. Pourquoi Varys aiderait-il Daenerys alors qu’il a contribué à la chute de son père ? Cette allusion devrait mettre la puce à l’oreille de Tyrion. Il a forcément entendu Tywin et Jaime parler de la fin de règne d’Aerys. Pour rappel, voici ce qu’en disait Stannis dans ASOS :

    Ser Barristan m’a dit une fois que la gangrène s’était mise au règne d’Aerys avec l’entrée en scène de Varys. Il n’aurait jamais fallu accorder de pardon à l’eunuque.

    Et ce qu’en disait Jaime à Brienne dans le même tome :

    Convaincu par Pycelle que son gouverneur de l’Ouest était venu prendre sa défense, le roi fit ouvrir ses portes. La seule et unique fois où il aurait  n’en croire que Varys, il ne l’écouta point.

    Illyrio avance un nouvel indice qui va dans le même sens

    — La Compagnie Dorée marche sur Volantis en ce moment même, pour y attendre notre reine arrivée d’Orient. »

    Sous l’or, l’aigre acier. « J’avais entendu dire que la Compagnie Dorée était sous contrat avec une des Cités libres.

    — Myr. » Illyrio eut un sourire goguenard. « Les contrats se rompent.

    — Il y a plus d’argent à gagner en négociant des fromages que je l’imaginais. Comment avez-vous réussi ce tour ? »

    Le maître agita ses doigts boudinés. « Certains contrats sont écrits à l’encre, et d’autres avec du sang. Je n’en dirai pas plus. »

    […]

    « J’admire vos capacités de persuasion, confia Tyrion à Illyrio. Comment avez-vous convaincu la Compagnie Dorée de soutenir la cause de notre douce reine alors qu’ils ont passé l’essentiel de leur histoire à se battre contre les Targaryen ? »

    Illyrio chassa l’objection comme on le fait d’une mouche. « Noir ou rouge, un dragon reste un dragon. La mort de Maelys le Monstrueux sur les Degrés de Pierre a mis un terme à la lignée mâle de la maison Feunoyr. » Le marchand de fromages sourit dans sa barbe fourchue. « Et Daenerys donnera aux exilés ce qu’Aigracier et les Feunoyr n’ont jamais pu leur offrir. Elle les ramènera chez eux. »

    La Compagnie Dorée qui rallie les Targaryen pour rentrer chez eux, le morceau est gros à avaler. Varys dans ses interactions avec Tyrion dans ACOK est très fort pour utiliser des phrases à double sens, de façon à dire la vérité tout en cachant ses intentions. On peut lire les propos d’Illyrio de la même manière. Le contrat écrit au sang suggère la fidélité de la Compagnie à son histoire. Et l’histoire de la Compagnie Dorée, c’est la lutte contre les Targaryens pour les Feunoyr. Le simple fait de rentrer chez soi paraît un motif un peu faible pour rompre un contrat. La Compagnie Dorée aurait pu rentrer à Westeros n’importe quand en abandonnant la cause Feunoyr et en jurant fidélité aux Targaryens. Et lorsque Tyrion soulève ce point, Illyrio le rassure en affirmant que la lignée mâle des Feunoyr est éteinte (et l’animosité de la Compagnie envers les Targaryen éteinte par la même occasion). Certes, mais qu’en est-il d’une éventuelle lignée féminine ?

    A ce propos :

    Illyrio plongea sa main droite dans sa manche gauche et en tira un médaillon d’argent. À l’intérieur se trouvait le portrait peint d’une femme aux grands yeux bleus et à la chevelure d’un blond pâle strié d’argent. « Serra. Je l’ai découverte dans une maison de plaisir lysienne et je l’ai ramenée chez moi pour réchauffer ma couche, mais en fin de compte je l’ai épousée. Moi, dont la première épouse avait été une cousine du prince de Pentos. Dès lors, les portes du palais m’ont été fermées, mais je m’en moquais. C’était un prix assez mince à payer, pour Serra.

    — Comment est-elle morte ? » Tyrion savait qu’elle était morte

    Cette Serra pourrait bien être la pièce permettant de relier Varys et Illyrio aux Feunoyr. Mais nous en sommes réduits aux conjectures la concernant.

    II. Mais que fait Daenerys ?

    Daenerys est avec les motivations d’Illyrio le principal sujet de conversation de ce voyage en litière.

    Le sang d’Aegon le Dragon coule dans ses veines. »

    En même temps que celui d’Aegon l’Indigne, de Maegor le Cruel et de Baelor le Hagard.

    À parler franc, je n’imaginais pas que Daenerys survivrait longtemps parmi les seigneurs des chevaux.

    — Ça ne vous a pas empêché de la vendre au khal Drogo…

    — Les Dothrakis n’achètent ni ne vendent. Dites plutôt que son frère Viserys l’a donnée à Drogo pour se gagner l’amitié du khal. Un jeune fat, cupide. Viserys guignait le trône de son père, mais guignait tout autant Daenerys, et répugnait à la céder. La nuit précédant les noces de la princesse, il a cherché à s’introduire dans son lit, clamant avec insistance, que, puisqu’il ne pouvait avoir sa main, il revendiquait sa virginité. Si je n’avais pas pris la précaution de poster des sentinelles à sa porte, Viserys aurait pu anéantir des années de plans.

    Nouvel indice donné par Illyrio. Il ne comptait pas sur la survie de Daenerys, son plan ne reposait donc pas sur elle. Il considère Viserys comme un imbécile, donc le plan ne reposait pas sur lui non plus. La restauration Targaryen ne peut pas être son objectif si il est prêt à sacrifier les 2 derniers Targaryens. Ce qui importait à ce moment là, c’est l’alliance dothraki, mise à mal par la mort du khal Drogo. Illyrio doit bien savoir que Daenerys n’est pas forcément bien disposée à son égard puisqu’il prend bien soin de ne pas la rencontrer et de lui envoyer des cadeaux.

    « Hélas, je ne suis pas bâti pour les voyages, aussi dois-je vous envoyer à Daenerys en remplacement de moi.

    Illyrio met Tyrion au courant du parcours de Daenerys dans la Baie des Serfs et envisage la suite.

    En quelques jours de temps, elle a conquis Astapor, fait plier le genou à Yunkaï et mis Meereen à sac. Mantarys va suivre, si elle marche vers l’ouest en suivant les anciennes routes valyriennes. Si elle vient par la mer, eh bien… Sa flotte devra se ravitailler en nourriture et en eau à Volantis.

    La route terrestre semble bien dangereuse puisqu’elle implique de prendre la route des démons et de passer par Mantarys qui semble avoir hérité du Fléau de Valyria d’étranges mutations. Quoi qu’il en soit, par terre ou par mer, la route vers Westeros semble forcément passer par Volantis. Ce qui pose un problème étant donné que Volantis est le porte-étendard des cités esclavagistes.

    Tyrion médita sur ce qu’il savait de Volantis, la plus ancienne et la plus orgueilleuse des neuf Cités libres. Quelque chose clochait dans l’histoire. Même avec un demi-nez, il le sentait. « On dit qu’à Volantis, il y a cinq esclaves pour chaque homme libre. Pourquoi les triarques viendraient-ils en aide à une reine qui a brisé le commerce des esclaves ? »

    Volantis pourrait avoir un intérêt à aider Daenerys à aller à Westeros : s’en débarrasser. Mais cette possibilité est empêchée par la croisade anti-esclavagiste de Daenerys. Et cette croisade est quelque chose qu’Illyrio ne peut pas anticiper.

    Elle dispose enfin de son ost, une armée dépenaillée d’épées-louées, de seigneurs des chevaux dothrakis et d’infanterie d’Immaculés, et elle va certainement les mener vers l’ouest, pour reprendre le trône de son père. » Maître Illyrio dévissa le couvercle d’un pot d’escargots à l’ail, les renifla et sourit. « À Volantis, vous aurez des nouvelles fraîches de Daenerys, il nous faut l’espérer, dit-il en en aspirant un hors de sa coquille. Tant dragons que jeunes filles sont des créatures capricieuses, et il se pourrait que vous ayez besoin de rajuster vos plans. Griff saura quoi faire. 

    Illyrio se trompe sur les intentions immédiates de Daenerys mais il est bien avisé de prévoir la possibilité de devoir réajuster ses plans. Il en a déjà été forcé plusieurs fois à cause de Daenerys après tout. Nous rencontrerons le personnage chargé du réajustement dans le prochain chapitre.

    III. Et Tyrion dans tout ça ?

    Tyrion est globalement dans le même état d’esprit que dans le chapitre précédent : alcoolique, dépressif, nihiliste, paranoïaque. Il continue cependant à nous régaler de bons mots.

    Personne ne me trahirait. »

    Berce-toi de cette pensée, mon ami pansu. Un jour, nous graverons ces mots sur ta crypte.

    Daenerys n’est pas l’imbécile qu’était son frère. Elle saura vous employer à bon escient. »

    Comme petit bois ? se demanda Tyrion en affichant un aimable sourire.

    Pourquoi devrais-je perdre mon temps ici, avec la myriade de plaisirs de Pentos si proche ?

    — Une myriade de plaisirs. » Et ses énormes remparts bien épais.

    Sa méfiance envers Illyrio ne fait que croître. Il est pour le moins circonspect vis à vis de Daenerys.

    — Ne craignez rien, mon petit ami. Le sang d’Aegon le Dragon coule dans ses veines. »

    En même temps que celui d’Aegon l’Indigne, de Maegor le Cruel et de Baelor le Hagard.

    Barristan a adopté la même attitude en observant Daenerys avant de la rejoindre, pour déterminer si elle était plus proche de son père ou de son grand-père. La méfiance et la paranoïa sont de bons alliés pour Tyrion dans sa situation actuelle. Il livre à Illyrio une anecdote intéressante au fil de la conversation.

    Andalos. La Foi enseignait que les Sept en personne avaient jadis foulé les collines d’Andalos sous forme humaine. « Le Père tendit sa main vers les cieux pour en décrocher sept étoiles, récita Tyrion de mémoire, et une par une il les déposa sur le front d’Hugor de la Colline pour forger une lumineuse couronne. »

    Maître Illyrio lui jeta un curieux regard. « Je n’imaginais pas mon petit ami si dévot. »

    Le nain haussa les épaules. « Un vestige de mon enfance. Je savais que je ne serais jamais chevalier, aussi ai-je décidé de devenir Grand Septon. La couronne de cristal ajoute un bon pied à la stature d’un homme. J’ai étudié les saints Écrits et prié jusqu’à avoir des cals aux deux genoux, mais ma quête a connu une fin tragique. J’ai atteint l’âge fatal et je suis tombé amoureux.

    On savait Tyrion spécialiste des dragons, féru d’histoire, nous le découvrons théologien également. Même résigné à ne pas pouvoir être l’héritier classique d’une grande maison, Tyrion n’en garde pas moins des ambitions élevées.

    Plus que dans le chapitre précédent, Tyrion est ici hanté par Tywin.

    Tyrion entendit une fois de plus vibrer une arbalète, et il s’interrogea.

    Tyrion regrettait presque d’avoir tué son père. Il aurait aimé voir la trogne de lord Tywin en apprenant qu’une reine targaryen faisait route vers Westeros avec trois dragons, soutenue par un eunuque machiavélique et un marchand de fromages gros comme la moitié de Castral Roc.

    Le crottin lui fit penser au seigneur son père. Êtes-vous au fond de quelque enfer, Père ? Un gentil petit enfer glacé d’où vous pouvez lever les yeux pour me voir aider à réinstaller la fille d’Aerys le Fol sur le Trône de Fer ?

    Lord Tywin avait toujours tenu les Cités libres en grand mépris. Ils se battent avec des pièces au lieu d’épées, disait-il. L’or a son emploi, mais c’est le fer qui remporte les guerres. « Donnez de l’or à un ennemi, et il reviendra simplement en réclamer davantage, disait toujours mon père.

    Voilà qui poursuit une réflexion entamée dans le précédent chapitre. Tywin malgré sa richesse était un grand féodal qui raisonnait comme un féodal, un aristocrate et non un oligarque. Les féodaux tiennent toujours en mépris les marchands et les mercenaires (ce qui ne les empêche pas de les utiliser). Dans la conversation en question, Tyrion et Illyrio ont tous deux raison. Payer un ennemi pour son départ ne fait que l’encourager à revenir pour obtenir plus d’argent. Mais les mercenaires ne sont effectivement pas de taille contre les dothrakis. Le dilemme ne peut être résolu tant que les Cités libres se reposeront autant sur des mercenaires. Machiavel écrivait d’ailleurs la même chose sur l’Italie de la Renaissance.

    Tyrion ferma les yeux pour invoquer son visage dans son esprit, mais il vit à la place son père, accroupi sur une chaise percée, sa chemise de nuit remontée autour de sa taille. « Où vont les putes », déclara lord Tywin, et l’arbalète vrombit.

    Il n’y a pas besoin d’être un grand psychologue pour constater que Tyrion est rongé par son parricide, malgré toutes les excellentes raisons qu’il a trouvé pour le commettre.

    Tyrion fait un rêve étrange dans les basses landes.

    Cette nuit-là, Tyrion Lannister rêva d’une bataille qui teignait les collines de Westeros d’un rouge de sang. Il se trouvait en plein milieu, octroyant la mort avec une hache aussi grande que lui, combattant aux côtés de Barristan le Hardi et d’Aigracier tandis que tournoyaient des dragons au-dessus d’eux dans les cieux. Dans le rêve, il avait deux têtes, toutes deux dépourvues de nez. Son père menait l’ennemi, aussi le tua-t-il une fois de plus. Puis il tua son frère Jaime, le frappant au visage jusqu’à ce que n’en reste que ruines sanglantes, riant à chaque coup qu’il portait. Ce ne fut qu’une fois le combat terminé qu’il s’aperçut que sa seconde tête pleurait.

    Il y a plusieurs interprétations à donner à ce rêve. La première partie du rêve concerne la situation politique. Barristan représente les Targaryens, Aigracier les Feunoyr et les deux se battent ensemble avec Tyrion (présage pour TWOW ou indice sur l’identité de Griff le jeune ?). Tyrion a deux têtes dans son rêve (comme Maelys le monstrueux) qui démontrent son ambivalence envers Jaime : une tête est ravie de le tuer, l’autre en est triste.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 mois et 4 semaines par Sandrenal.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 mois et 4 semaines par R.Graymarch.
    #196593
    R.Graymarch
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    Retour à Tyrion (oh non)

    Tyrion et Illyrio quittent Pentos, et « personne » n’est au courant que le Lutin était là (à part tout son personnel, comme le note Tyrion)

    “It will be as if you had never come to Pentos, my little friend,” promised Magister Illyrio, as he drew shut the litter’s purple velvet drapes. “No man must see you leave the city, as no man saw you enter.”

    Ils partent vers Volantis par voie de terre, au début, pour rejoindre Daenerys qui devrait bien être là bas, non ? (non)

    On évite la mer car elle est dangereuse, mais tout n’a pas l’air si simple non plus

    “One hears talk of stone men as well.”

    “They are real enough, poor damned things. But why speak of such things? The day is too fine for such talk. (…). Till then, let us drink and dream. We have sweet wine and savories to enjoy. Why dwell upon disease and death?”

    Illyrio parle un peu de Griff

    Much as it would please me to welcome Queen Daenerys to Volantis, I must rely on you and Griff for that. I can serve her best in Pentos, smoothing the way for her return.

    Tyrion demande à Illyrio sa motivation. Ce dernier répond par des banalités peu crédibles (la remarque de Tyrion fait un écho bizarre avec un chapitre prépublié de TWOW)

    “I am an old man, grown weary of this world and its treacheries. Is it so strange that I should wish to do some good before my days are done, to help a sweet young girl regain her birthright?”

    Next you will be offering me a suit of magic armor and a palace in Valyria. 

    Illyrio se lance ensuite dans une émouvante histoire de Daenerys. Emouvante mais sordide aussi parfois (j’ai noté le « madness » qui est souvent lié aux Targaryen)

     “Daenerys was half a child when she came to me, yet fairer even than my second wife, so lovely I was tempted to claim her for myself. Such a fearful, furtive thing, however, I knew I should get no joy from coupling with her. Instead I summoned a bed-warmer and fucked her vigorously until the madness passed. If truth be told, I did not think Daenerys would survive for long amongst the horselords.”

    “That did not stop you selling her to Khal Drogo …”

    Illyrio est abject et il ne doit même pas le voir. Intéressant ce qu’il dit de Viserys

    The night before the princess wed he tried to steal into her bed, insisting that if he could not have her hand, he would claim her maidenhead. Had I not taken the precaution of posting guards upon her door, Viserys might have undone years of planning.

    « years of planning »…

    Donc, Daenerys devrait arriver à Volantis (« By now she will have left Meereen, we must assume. » lol). Tyrion pose encore une bonne question

     “It’s said there are five slaves for every free man in Volantis. Why would the triarchs assist a queen who smashed the slave trade?” He pointed at Illyrio. “For that matter, why would you? Slavery may be forbidden by the laws of Pentos, yet you have a finger in that trade as well, and maybe a whole hand. And yet you conspire for the dragon queen, and not against her. Why? What do you hope to gain from Queen Daenerys?”

    “Are we back to that again? You are a persistent little man.” Illyrio gave a laugh and slapped his belly. “As you will. The Beggar King swore that I should be his master of coin, and a lordly lord as well. Once he wore his golden crown, I should have my choice of castles … even Casterly Rock, if I desired.”

    Il n’est pas super crédible… Puis il continue avec sa propre origin story, et celle de Varys. Très belle histoire, crédibilité faible néanmoins

    Ils mangent et boivent

    If I drink enough fire wine, he told himself, perhaps I’ll dream of dragons.

    Hey, pas loin

    “I dreamed about the queen,” he said. “I was on my knees before her, swearing my allegiance, but she mistook me for my brother, Jaime, and fed me to her dragons.”

    Auparavant, Tyrion se demandait pourquoi les Valyriens n’avaient pas conquis Westeros (ce qui est une bonne question)

    Odd, that. Dragonstone is no more than a rock. The wealth was farther west, but they had dragons. Surely they knew that it was there.

    Illyrio parle un peu plus de Griff et de la compagnie dorée. Et reste super cryptique face aux questions sensées de Tyrion

    “I had heard the Golden Company was under contract with one of the Free Cities.”

    “Myr.” Illyrio smirked. “Contracts can be broken.”

    “There is more coin in cheese than I knew,” said Tyrion. “How did you accomplish that?”

    The magister waggled his fat fingers. “Some contracts are writ in ink, and some in blood. I say no more.”

    /

    Black or red, a dragon is still a dragon. When Maelys the Monstrous died upon the Stepstones, it was the end of the male line of House Blackfyre.”

    Puis on parle d’Andalos, de Hugo et de Colline, et enfin de Serra. Toutes les pièces du puzzle sont là mais cachées, pour comprendre qu’il est probable que Serra soit de la lignée Feunoyr par les femmes et Griff le jeune probablement son fils ?

    GRRM amène un peu de contradictions dans les légendes du monde

    “Your Smith must have been Rhoynish,” Illyrio quipped. “The Andals learned the art of working iron from the Rhoynar who dwelt along the river. This is known.”

    “Not by our septons.”

    Je note aussi les myriad delights de Pentos

    Plus loin dans le voyage, on voit une statue qui sert de message pas subtil

    The next evening they came upon a huge Valyrian sphinx crouched beside the road. It had a dragon’s body and a woman’s face.

    “A dragon queen,” said Tyrion. “A pleasant omen.”

    “Her king is missing.” Illyrio pointed out the smooth stone plinth on which the second sphinx once stood, now grown over with moss and flowering vines.

    Et Tyrion finit mal, encore une fois

    Outre l’avancée à vitesse d’escargot, le chapitre sert surtout à nous donner des infos même si on ne peut pas prendre tout ce que dit Illyrio pour argent comptant. Tyrion est un peu moins pénible qu’avant car il pose de bonnes questions.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #196660
    Oiseleur
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    Le rêve de Tyrion est un avertissement sur ce qu’il obtiendra s’il reste sur son envie de se venger de Jaime, un peu comme Arya lorsqu’elle se sera vengée du Titilleur, après il ne reste plus qu’un vide. Que restera t-il aux filles d’Oberyn qui ne se seront que consacrées ) la vengeance de leur père ?

    #196675
    Céleste
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    Merci Sandrenal pour ton analyse et tes commentaires !

    Le chapitre s’ouvre sur cette phrase pour signifier qu’il faisait encore nuit lorsqu’ils sont partis ou qu’il était bien caché, je ne sais pas :

    Ils quittèrent Pentos par la porte du Levant, bien que Tyrion Lannister n’eût pas même aperçu le soleil levant.

    Cependant, je ne peux m’empêcher de penser au chapitre suivant, peut-être que le soleil s’est levé à l’ouest ^^

    C’est ce genre de chose qui me font douter du voyage d’Euron :

    « Les Immaculés ne parlent pas, lui assura Illyrio. Et la galère qui vous a livré vogue en ce moment même vers Asshaï. Il lui faudra deux ans pour revenir, si les mers sont favorables. Quant à ma maison, tous m’y aiment bien. Personne ne me trahirait. »

    Deux ans pour faire Pentos-Asshai avec des « mers favorables ». Euron fait ce temps de trajet en partant de plus loin (les iles de fer) en passant par Ibben, Valyria, des raids sur les côtes etc. Même avec des vents favorables ça me semble juste ^^

    Tyrion parle d’une armure magique et de Valyria, on pense à Euron ^^

    Et vous n’allez pas tarder à me proposer une armure magique et un palais à Valyria.

    On est dans ADWD, on doit parler de dragons et de dragonniers, et Tyrion s’est souvent rêvé en prince targaryen perdu, en dragonnier, il voulait même un dragon quand il était petit :

    Un jour que ses oncles lui avaient demandé quel cadeau il voulait pour son anniversaire, il les supplia de lui offrir un dragon. « Point besoin qu’il soit grand. Il pourrait être tout petit, comme moi. »

    Je ne vais pas tout citer mais le cheminement de pensée de Tyrion, ainsi que la narration peut suggérer que Tyrion sera un des dragonniers :

    Et pourtant, s’il fallait en croire le seigneur des fromages, la fille du Roi Fou avait fait éclore trois dragons vivants. Deux de plus qu’il n’était nécessaire, même pour une Targaryen

    Rigolo quand on sait qu’une prophétie du temps de Valyria disait que l’or des Lannisters causerait la perte de Valyria (quelque chose comme ça) :

    L’emprise des Possessions s’était exercée jusqu’à Peyredragon, jamais sur le continent de Westeros proprement dit. Curieux, ça. Peyredragon n’est qu’un caillou. Les richesses se trouvaient plus loin à l’ouest, mais ils avaient des dragons. Assurément, ils devaient connaître leur présence.

    Des Contrats d’Encre et de Sang #gray :

    Le maître agita ses doigts boudinés. « Certains contrats sont écrits à l’encre, et d’autres avec du sang. Je n’en dirai pas plus. »

    Tyrion se rêve en monstre bicéphale, ce qui me fait penser au chien bicéphale de Géryon dans la mythologie grecque : Orthos.

    Les plans d’Illyrio sont bons, il apporte même des cadeaux, dix milles épées, des navires. Il a conscience également qu’il faudra réajuster le plan. Mais il se trompe sur les intentions de Daenerys, elle s’est installée à Meereen. Il va également sous-estimer la situation à Volantis ou sur-estimer son influence mais ce sera pour un autre chapitre.

    Je préfère le souffle du dragon à la bave de crapeau et la langue de vipère.

    #196731
    Sandor Debout
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 203

    Merci Sandrenal. Un chapitre avec peu d’action. Tyrion est toujours dans le même état d’esprit, mais il reste curieux et n’a rien perdu de ses capacités de réflexion, ni de son humour.

    Le plus intéressant ici c’est ce que raconte Illyrio. Même si en tant que lecteurs nous partageons les doutes de Tyrion, il y a quelques informations intéressantes. Et puis sa version romancée de sa relation avec Varys est plutôt sympa (donc probablement fausse).

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