AGOT 11 – Jon II

Ce sujet a 32 réponses, 21 participants et a été mis à jour par  FeyGirl, il y a 4 jours et 10 heures.

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    Ædianys
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    AGOT 11 – Jon II
    Au fil des pages – liste des sujets

    AGOT 10, Tyrion I AGOT 12, Daenerys II

    Et nous voici partis pour ce deuxième chapitre de Jon, assez court par rapport aux précédents – il ne fait que 5 pages – mais riche en émotions. Il s’agit là des adieux de Jon à Bran, Robb et Arya, mais également d’un approfondissement des relations intra-familiales des Stark. Grand absent du chapitre : Ned. En effet, contrairement à la série, il n’y aura aucune scène d’adieux entre Ned et Jon décrite dans les livres.

    L’heure des adieux

    Eh oui, chapitre 12 et pourtant tout le monde se sépare. La meute de loups que formait la maison Stark commence sa dissolution. Jon part vers le Mur, tandis que Ned et ses deux filles se préparent pour aller à la capitale. Bran, qui voulait tellement partir, devra rester inconscient, et oubliera vite ses rêves de chevalerie pour en faire d’autres.
    Le chapitre s’ouvre donc sur la pensée qui vient avec le départ : est-ce la dernière fois qu’il verra les murs qui l’ont vu grandir ?

    Jon climbed the steps slowly, trying not to think that this might be the last time ever.

    La neige commence à tomber sur Winterfell, et Benjen aimerait partir assez tôt pour éviter les neiges au maximum. Mais Jon doit faire ses adieux et comme Bran dans son dernier chapitre, il trouve le départ difficile :

    Leaving is harder than I thought.

    C’est l’heure des adieux, et Jon doit abandonner son ancienne famille pour gagner sa nouvelle : la garde de Nuit. Robb supervise les préparatifs, remplaçant sa mère et gagnant en autorité comme en maturité. Arya, elle, incapable de faire ses préparatifs comme le veut Septa Mordane, accueille Jon avec joie. Après la tristesse et la colère de la scène dans la chambre de Bran vient le réconfort de celle d’Arya :

    He was feeling better now. He was not going to let himself be sad.

    En effet, Arya et Jon qui réussissaient à survivre grâce à leur présence mutuelle doivent se séparer, ils se font un dernier câlin.
    La fin du chapitre nous transporte déjà sur le chemin, puisque c’est le rire de sa petite sœur qui réchauffe Jon sous la neige.
    Mais la phrase qui m’intrigue le plus, et qui vous aura peut-être aussi intrigué est le proverbe :

    Different roads sometimes lead to the same castle.
    Des routes différentes mènent parfois au même château.

    Quels personnages se recroiseront ? Après ces séparations douloureuses aussi bien pour les personnages que pour les lecteurs, on a le droit d’espérer que Jon retrouvera sa petite sœur, que Bran se réveillera et recroisera les autres. La meute se reformera-t-elle comme dans la série ?
    La chapitre se conclue sur les pensées de Jon pendant son voyage. Je trouve ça très joli d’éluder tout les derniers préparatifs, et ça donne l’impression que les adieux et que Winterfell comme sa famille appartiennent déjà au passé.

    D’une famille à l’autre

    Le chapitre dernier nous plongeait dans la famille Lannister, celui-ci approfondira les relations chez les Stark.

    Jon et Catelyn

    Première et unique confrontation entre Catelyn et Jon, la première scène est particulièrement intense. Si l’on avait déjà connaissance de la haine que Catelyn vouait à Jon grâce au chapitre de cette dernière, on la découvre ici dans toute sa splendeur. Mais si Catelyn est froide et haineuse (#LadyStoneheart), Jon est lui animé par l’amour de Bran, et reconnaît dans cette femme l’amour d’une mère (qu’il n’aura jamais obtenu).
    En effet, Catelyn n’a pas quitté le chevet de Bran depuis sa chute, et Jon est donc resté à l’écart, ce qui nous fait penser que cette confrontation entre Jon et Catelyn doit être la première depuis un moment. Ce sera d’ailleurs la première fois qu’elle utilisera son prénom et sera par ailleurs encore plus violente par ses paroles acerbes que par son précédent mépris silencieux.
    Catelyn cherche tout d’abord à expulser Jon de la chambre, lui refusant la possibilité de montrer son amour pour son demi-frère :

    You’ve said it. Now gow away. […] We don’t want you here.

    Puis après l’ouverture inattendue de Catelyn qui se sent coupable de la chute de Bran, elle refuse l’aide de Jon, comme pour nier son moment de faiblesse, et insiste sur le statut de bâtard dans l’objectif de le blesser :

    I need none of your absolution, bastard.

    Enfin, avec une réplique qui me fait grandement penser à celle de l’intendant Denethor à son fils Faramir dans le Seigneur des anneaux, elle lance un

    It should have been you.

    Le parallèle ne s’arrête pas là puisque Catelyn, dans son moment de faiblesse, rappelle à quel point Bran était son enfant préféré. Catelyn, femme que nombre d’entre nous jugeons comme forte, a déjà montré deux moments intimes de faiblesse, le premier face à son mari (Catelyn II), le deuxième en face de Jon qu’elle déteste.

    Jon et Bran

    Mais ce moment est également un moment de courage de Jon qui refuse de fuir face à la colère de Catelyn. Il ne se décontenance pas, même lorsque Catelyn menace d’appeler la garde. Son amour pour son petit demi-frère est sincère et fort, comme on pouvait déjà l’entrapercevoir dans le chapitre Bran I. Et même si Catelyn le refuse, et si Sansa le corrigerait, Jon affirme bien :

    He’s my brother.

    Jon et Robb

    La relation entre Jon et Robb est encore plus fraternelle. Les deux enfants ont grandi ensemble, et on sent une amitié solide entre eux. Le passage d’adieu est pourtant assez étrange puisque Jon comme Robb insistent sur le statut de bâtard du premier :

    Farewell, Snow. […] And you, Stark

    De plus, lors de la séparation, GRRM insiste également sur le regard gênant qu’ils ont. (“They broke apart and looked at each other awkwardly”).
    Pourtant en plus de l’embrassade fraternelle intense (“fiercly”), Jon refuse de blesser Robb et ne révèle pas que Catelyn a été abominable avec lui juste avant, alors même qu’il voyait peut-être son demi-frère pour la dernière fois (on espère pas). Cette relation fraternelle sera d’ailleurs au cœur de la tentative de désertion de Jon par la suite, et de la théorie des plans de la fraternité sans bannière.

    Jon et Arya

    Mais si Jon est proche de quelqu’un, c’est avant tout de sa sœur Arya. Et oui, à peine a-t-on eu un bout de conversation entre les deux dans Arya I qu’ils doivent se séparer. Mais Jon apporte à sa petite sœur chérie un présent qui influencera durablement le destin d’Arya, réfutant l’affirmation qu’il avait tenu auparavant (“Girls get the arms but not the swords.”). On peut alors se demander si l’autre affirmation sera aussi réfutée (“Bastards get the swords but not the arms.”). Une magnifique épée en acier à la mode des Braavosi, qui contrairement au loup de Bran, à un nom très ironique : Aiguille. Encore une fois, on peut voir la malice de la complicité entre Jon et Arya, raillant l’éducation de lady de Septa Mordane. Jon ébouriffant les cheveux d’Arya, Arya embrassant Jon partout, mais surtout, leur opposition à une Sansa délatrice (j’en connais un qui en perdra la tête) et leur manie de finir les phrases ensemble.
    Mais plus que ça, Jon sera l’élément déclencheur dans la vie d’Arya. Cette séparation sera le moment où elle pourra arrêter de devoir jouer les lady et s’accomplir, tout d’abord clandestinement avec Mycah comme le conseille Jon, puis avec Syrio Forel grâce à Eddard.

    En vrac

    La Garde de Nuit

    On a encore une fois la vision biaisée de Jon sur la Garde de nuit.

    I better go. I’ll spend my first year on the Wall emptying chamber pots if I keep Uncle Ben waiting any longer.

    Au delà de l’idée que Ben pourra le pistonner de l’intérieur une fois assermenté, la phrase est ironique car les 7 premiers mois de Jon sur le mur se résumeront à l’intendance, à vider les pots de chambre du lord Commandant Mormont (ok il est aide de camp, mais bon)

    Les loups

    Et oui, ça m’a un peu étonné, mais les loups sont toujours très présents dans ce chapitre. Entre Fantôme qui suit les pas de Jon, Nymeria qui range en vrac comme Arya, le loup de Bran qui hurle toute la journée et la nuit, et Vent Gris qui suit fidèlement Robb, ajoutant à son autorité, les amoureux des loups doivent être ravis. Cependant, la séparation des Stark est aussi celle des loups. Et oui, j’avais oublié à quel point Nymeria et Fantôme s’aimaient bien.

     

    Bref, je ne me souvenais pas de la scène avec Catelyn et elle m’a pas mal choqué, mais surtout j’ai trouvé le chapitre triste et avoir la musique Goodbye Brother de GoT en fond sonore – que je vous recommande – ne m’a pas aidé.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois par  Eridan. Raison: mise en forme
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois par  Ædianys. Raison: petits ajouts

    Doran plays to win, whether at cyvasse or the game of thrones.
    « We princes make our careful plans and the gods smash them all awry. »

    Spoiler for NOARLAAAK !!!

    #127943

    Yunyuns
    • Pisteur de Géants
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    Cette relecture m’a impressionné par la différence de ton et d’ambiance par lesquels on passe en seulement 2-3 pages. On sort de la chambre de Bran avec Jon en étant bouleversé, attaqué, mal à l’aise et triste, mais on clôture finalement le chapitre avec un grand sourire et un bel amour fraternel.

    Le passage d’adieu est pourtant assez étrange puisque Jon comme Robb insistent sur le statut de bâtard du premier :

    Farewell, Snow. […] And you, Stark

    De plus, lors de la séparation, GRRM insiste également sur le regard gênant qu’ils ont. (“They broke apart and looked at each other awkwardly”).

    Je n’ai pas trouvé cet adieu particulièrement étrange. Je vois l’utilisation du « nom de famille » comme une façon de se dire « ça y est, nous sommes adultes et nos vies doivent s’éloigner l’une de l’autre ».

    Et pour le « looked at each other awkwardly » il me paraît tout naturel lorsque tu dois dire au revoir à ton frère sans savoir quand est-ce que tu pourras le revoir.

     

    Bref, un petit chapitre de transition avant le grand départ pour le Sud.

    Fan n°1 de Victarion Greyjoy, futur Roi des Sept Couronnes.

    #127944

    Liloo75
    • Pas Trouillard
    • Posts : 519

    Merci AEdianys pour cette belle présentation du départ de Jon.

    Beaucoup de mes impressions vont faire écho aux tiennes.

    Dès le début du chapitre, j’ai ressenti l’angoisse de Jon. Il monte l’escalier « d’un pas lent », sur le palier, « la peur le prit, qui le pétrifia un bon moment « . Je me suis demandée s’il redoutait de voir son petit frère sur son lit de misère ou bien de rencontrer Catelyn. Le deuxième paragraphe laisse penser que c’est plutôt la deuxième option. S’il n’est pas venu jusqu’à présent, c’est bien parce que sa belle-mère veille Bran inlassablement depuis deux semaines.

    L’accueil de Catelyn est glacial :  » que viens-tu faire ici toi »? Le « toi » est à la limite de l’insulte.

    La suite n’est pas mieux : « va-t’en ». « Je t’ai dit de partir. Nous ne voulons pas de toi ici ». En fait, elle aurait dû dire : « Je ne veux pas de toi ici », car elle est la seule à le détester au sein de la famille Stark (Je mets Theon de côté, c’est un Greyjoy).

    Jon semble avoir grandi depuis le dernier chapitre. Parce que son frère est entre la vie et la mort ? Parce qu’il part pour le Mur ? Il n’a plus peur d’affronter Catelyn, malgré ses menaces d’appeler les gardes, il s’approche de Bran pour lui dire au revoir.

    Bran ressemble à un oiseau avec sa main comparée à une « serre » et ses yeux qui ressemblent à « deux puits noirs ». La corneille n’est pas loin…

    Jon se laisse aller à pleurer en faisant ses adieux à Bran. Il manifeste ainsi sa compassion, pour le petit frère aimé et qui l’aime en retour.

    Avant qu’il ne quitte la pièce, Catelyn lui jette encore une fois son venin :  » Ç’aurait dû être toi » dit-elle à Jon juste après avoir fait preuve d’humanité, en avouant éprouver de la culpabilité. Elle qui souhaitait tant garder Bran à ses côtés, elle a été exaucée !

    J’avais oublié ce passage. A la relecture il m’a paru d’une brutalité choquante. Catelyn est une vraie marâtre, me suis-je dit.

    Heureusement, les autres adieux seront plus joyeux.

    Robb, aime Jon sincèrement. Et même s’il l’appelle « Snow », c’est à mon avis plus un jeu entre eux qu’autre chose.

    Leur étreinte est chaleureuse, bien qu’un peu empruntée.

    Jon ne veut pas faire de la peine à son frère, il préfère lui mentir au sujet de l’attitude de Catelyn.

    Le dernier adieu est pour Arya. Là, il n’y a plus de place pour le doute, leur affection est sincère, réciproque et sans barrière. Elle se jette au cou de Jon lorsqu’elle s’aperçoit. Elle le serre dans ses bras, le couvre de baisers plus tard. Même leurs loups semblent heureux de se retrouver.

    Arya se prépare à partir pour la capitale. Jon lui offre un présent, une épée qu’il a fait fabriquer spécialement pour elle. Une épée fine, qui lui ressemble.

    Leur complicité est telle qu’ils disent souvent la même phrase en même temps « jamais un mot ….à Sansa » à propos de l’épée.

    La fameuse épée qui s’avérera fort utile, et dont Arya devine le nom : « Aiguille ».

    Pour consoler Arya, au moment de leur séparation, Jon lui dit qu’ : « Il arrive que des routes différentes mènent au même château ».

    Quand se reverront-ils ? Et où ? A Winterfell, dans de nombreuses années ? Que seront-ils devenus ? Arya une sans visage et Jon un revenant de l’au-delà ? Ou bien Arya sera redevenue Arya Stark, et Jon saura que son nom n’est pas Snow. Mais là je m’égare dans les brumes du futur.

    Revenons au présent et à cette conclusion qui réchauffe les coeurs, le sourire d’Arya tiendra chaud à Jon tout au long de son chemin vers le Mur.

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  Liloo75.
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    #127960

    un_Autre_monde
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 178

    She was holding one of his hands. It looked like a claw. This was not the Bran he remembered. The flesh had all gone from him. His skin stretched tight over bones like sticks. Under the blanket, his legs bent in ways that made Jon sick. His eyes were sunken deep into black pits; open, but they saw nothing. The fall had shrunken him somehow. He looked half a leaf, as if the first strong wind would carry him off to his grave.

    Yet under the frail cage of those shattered ribs, his chest rose and fell with each shallow breath.


    Sa mère lui tenait une main. Une serre, eût-on dit. Le Bran de naguère était devenu méconnaissable. La chair l’avait déserté. Sous la peau saillaient des os noueux comme des bâtons. En dépit de la couverture, l’aspect désarticulé des jambes donnait la nausée à Jon. Comme engloutis dans des puits noirs, les yeux regardaient sans voir. La chute l’avait en quelque sorte rétréci. Plus ténu qu’une feuille, il semblait à la merci du premier coup de vent.

    Et pourtant, cet affreux saccage n’empêchait pas sa poitrine de se soulever et de s’affaisser au rythme imperceptible de son souffle.

    Bran le vervoyant.

    De très nombreux éléments font écho à la description du dernier vervoyant. Les yeux plongés dans des puits noirs, la maigreur extrême.

    His body was so skeletal and his clothes so rotted that at first Bran took him for another corpse.

    Son corps était tellement squelettique et ses vêtements si décomposés qu’au premier coup d’œil Bran le prit pour un cadavre de plus.

    ADWD – Bran II

    Les jambes tordues de Bran, qui font penser aux racines sous Freuxsanglant.

    The roots had grown over him, under him, and through him.

    Les racines avaient poussé sur lui, sous lui, et à travers lui.

    ADWD – Bran II

    « The fall had shrunken him somehow » : cette phrase met l’accent est mis sur la petite taille de Bran comme pour évoquer les enfants de la forêt en général. De même que l’expression « he looked half a leaf ». Enfin, même la description de la main de Bran n’est pas innocente : le terme « claw » rappelle également les Enfants, dont les mains à quatre doigts griffus peuvent évoquer des serres d’oiseau.

     

    Lady Stark was there beside his bed. She had been there, day and night, for close on a fortnight. Not for a moment had she left Bran’s side. She had her meals brought to her there, and chamber pots as well, and a small hard bed to sleep on, though it was said she had scarcely slept at all. She fed him herself, the honey and water and herb mixture that sustained life. Not once did she leave the room.

    Lady Stark se trouvait au chevet de Bran. Elle n’en avait pas bougé depuis près de deux semaines. Ni le jour ni la nuit, pas une seconde. On lui servait ses repas là. Elle y avait même son pot de chambre. Elle y dormait sur un petit lit dur. Encore disait-on qu’elle n’avait presque pas fermé l’œil. Elle ne laissait à personne le soin de donner à son fils l’eau, le miel et la potion d’herbes qui le maintenaient en vie. [Pas une seule fois elle n’avait quitté la chambre.]

    Peau claire et cheveux auburn, Catelyn est ici la figure du barral.

    Before them a pale lord in ebon finery sat dreaming in a tangled nest of roots, a woven weirwood throne that embraced his withered limbs as a mother does a child.

    Face à eux, un lord pâle en vêtements noir d’ébène siégeait en rêvant dans un nid de racines entrelacées, un trône de barral tissé qui étreignait ses membres flétris comme une mère serre son enfant.

    ADWD – Bran II

    #127962

    Lady
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 125

    Merci AEdianys pour ton analyse.

    Je me souviens qu’à ma première lecture, cette scène entre Jon et Catelyn avait pas mal influencé mon jugement sur cette dernière. Clairement je ne l’aimais pas et je n’aimais pas ses chapitres. Il a fallut une deuxième lecture pour que je m’attache à son personnage.

    Cette première scène d’adieu est d’autant plus douloureuse que Jon ne sait pas si Bran se réveillera un jour et la détresse et la haine de Catelyn donne une atmosphère pesante. Cette dernière phrase lancée par Catelyn à Jon est d’autant plus cruelle qu’elle l’appelle par son prénom pour la première.

    Lorsque Jon fait ses adieux à Robb, la tension redescend (pour Jon et pour le lecteur). Il y a un vrai amour fraternel entre ses deux garçons. Je pense aussi que l’utilisation de leur noms Stark et Snow, comme une plaisanterie, est un moyen pour les deux de faire un trait sur leur enfance et de passer à l’age adulte. Jon part pour la garde de nuit et Robb a déjà commencé à prendre Winterfell en main à la place de sa mère. Les deux garçons sont optimistes quant à leur futur et pensent bientôt se revoir. (Quand on sait ce qui va se passer, difficile de ne pas être un peu triste en lisant ces lignes.)

    Enfin les adieux à Arya, sont les plus touchants et permettent de finir ce chapitre avec une note positive alors qu’il débutait plutôt mal.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  R.Graymarch.
    #127973

    Ser Aemon Belaerys
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 385

    Je me souvenais de « Ça aurait du être toi » mais pas du reste, pas que Catelyn envoyant autant de haine à Jon, c’est violent, on comprend pourquoi il a attendu le dernier moment pour y aller. Que Catelyn n’aime pas Jon, on a déjà dit qu’on peut le comprendre au vu des circonstances, mais qu’elle le haïsse de cette façon, c’est même irrationnel.

    Je ne me souvenais pas qu’il voyait Robb avant Arya, mais ça montre un Robb qui prend déjà des choses en main, un futur roi, mais avant tout un frère pour Jon.

    Avec Arya, rien de plus à dire, ils sont très très proches.

    Je comprends qu’il n’aille pas nécessairement voir Sansa et Theon, par contre j’aurai aimé savoir comment Jon perçoit Rickon, et évidemment comment Eddard va faire ses adieux à son neveu et roi légitime fils bâtard.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  R.Graymarch.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    #127979

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6185

    Un chapitre qui commence avec un « snow » et un « stone », j’ai tiqué en me demandant si cela avait d’autres significations..

    A part cela, chapitre court mais intense. Cela fait presque deux semaines que Catelyn veille Bran. Sa violence envers Jon est hallucinante. OK c’est le PoV de Jon qui peut surévaluer le dédain méprisant, OK Cat est à bouts de nerfs (deux semaines sans repos et Bran qui reste mourant) mais tout de même, il y a des éléments objectifs qui font que Jon s’en prend plein la figure sans raison (enfin, la seule raison c’est que c’est un bâtard, même s’il n’y est pour rien…). Et là, Jon affronte cela en serrant les dents et sans se la ramener. Forcément Jon marque des points auprès des lecteurs alors que Cat parait une fois de plus très engoncée dans ses schémas mentaux. Franchement lui balancer que cela aurait dû être lui alors que Jon est plutôt du genre à rester à sa place (on n’arrête pas de lui dire où elle est, il faut dire) au lieu de grimper quand on le lui interdit.

    Ensuite on souffle un peu quand Jon voit Robb. Jon ne dit pas tout car on sent qu’il estime Robb (et qu’il sait que cela ne servirait à rien), puis cela se termine avec Arya, sa petite soeur préférée (cf son POV à elle) avec le don d’Aiguille (jolie attention). On termine par un rayon de soleil matiné de complicité et de tournures étranges (les chemins séparés qui arrivent au même endroit). Au moins Jon est en paix alors qu’il s’apprête à changer de vie pour toujours. Au début du chapitre, c’était pas gagné.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    Venez jouer avec nous à Chanson d'Encre et de Sang https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/ces-presentation-du-jeu/
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #127981

    darkdoudou
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 135

    Eh bien merci pour tout ce que vous avez écrit.

    pour ma part j’ai beaucoup aimé ce chapitre, j’ai été marqué par les baisers : d’abord le baiser sur les lèvres de Jon à Bran (à la russe), ensuite les baisers partout d’Arya à Jon. Entre Robb et Jon, on sent bien qu’ils sont gênés, mais s’ils étaient plus du sud, ils n’hésiteraient pas à se faire la bise.

    Et je finis par Jon et Catelyn. Alors, oui, les mots sont très violents et les regards aussi de la part de Catelyn, mais je sens qu’entre ces deux-là il y a quelque chose qui s’est passé. Catelyn est sortie d’une indifférence ostentatoire de 14 ans et a brisé le masque, donc bien sûr c’est violent mais nécessaire, un peu comme une dispute pour un couple. Les deux personnages grandissent.

    Catelyn va progresser après cette scène, bon bien sûr il faudra aussi une scène avec Robb et une attaque sur Bran, mais elle va bientôt sortir de sa léthargie et devenir une belle femme d’action et de tête dans la suite de AGOT. Et Catelyn va bientôt assumer son côté nordien et le côté nordien de ses enfants. Enfin, Catelyn accorde enfin une place parmi ses enfants à Jon : elle l’appelle pour la première fois par son prénom, elle accepte l’amour fraternel qu’il a pour Robb et son « ç’aurait du être toi » est pour moi un véritable adoubement.

    Je mets le passage en anglais qui précède cette phrase : « He turned to find her looking at his face, as if she was looking it for the first time ». La traduction officielle dit « Il se retourna. Elle le dévisagea comme on dévisage un inconnu. »

    Une traduction littérale donne : « il se retourna pour la trouver en train de regarder son visage, comme si elle le voyait pour la première fois.« 

    Quant-à-Jon, il sort grandi de cette confrontation, d’abord pour avoir enduré l’épreuve, ensuite de l’avoir supportée avec patience, et enfin pour avoir pu exprimé son amour pour Bran. Bravo Jon, tu as fait un gros pas en avant dans « kill the boy ».

    Winter is coming

    #128050

    Chat-qui-boite
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 380

    Catelyn va progresser après cette scène, bon bien sûr il faudra aussi une scène avec Robb et une attaque sur Bran, mais elle va bientôt sortir de sa léthargie et devenir une belle femme d’action et de tête dans la suite de AGOT.

    Je ne trouve pas qu’elle progresse après cette scène: Autant la garde farouche au chevet de Bran est à la limite de la perte de raison (même si on le comprend dans ces circonstances), autant son abandon soudain pour aller sur les flots afin de rattraper Ned à Port-Réal est pour le moins paradoxal, pas une preuve d’un bon équilibre mental. La suite montre qu’elle n’est pas si forte : elle se laisse embarquer dans les inventions de Littlefinger et s’en va enlever le rejeton cadet des Lannister pour le faire mettre en jugement chez sa soeur (celle là a vraiment un pète au casque), précipitant ainsi la chute de son mari et déclenchant une guerre, excusez du peu. Pour une belle femme d’action c’est un joli bilan !

    Par ailleurs en relisant nos commentaires de relecture je m’aperçois que nous acceptons l’idée que le POV exprime vraiment la pensée du personnage. Dans ce cas, pourquoi est-ce écrit à la 3eme personne ? Il me semble que le POV est toujours celui de GRRM mais que, comme au théatre, il braque le projecteur sur un personnage. Dans quelle mesure le personnage influence le témoignage c’est la question que je me pose.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  R.Graymarch.

    Mieux vaut être en retard au paradis qu'en avance au cimetière
    Reste assis au bord de la rivière et tu verras passer le corps de ton ennemi

    #128109

    Pandémie
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1663

    Par ailleurs en relisant nos commentaires de relecture je m’aperçois que nous acceptons l’idée que le POV exprime vraiment la pensée du personnage. Dans ce cas, pourquoi est-ce écrit à la 3eme personne ? Il me semble que le POV est toujours celui de GRRM mais que, comme au théatre, il braque le projecteur sur un personnage. Dans quelle mesure le personnage influence le témoignage c’est la question que je me pose.

    Sans entrer dans un cours de narratologie classique barbant et de peur de dire des âneries, c’est normal et c’est bien le personnage qui s’exprime à chaque fois, il ne faut pas mélanger l’auteur, GrrM, et le narrateur, qui est la « voix » qui transmet le discours voulu par l’auteur. Il y a ensuite le point de vue, qui est ici interne mais en discours indirect. Un texte tout en « je » est absolument indigeste. Exemple: « Je n’en peux plus de cette pluie qui tombe sans arrêt sur le Bois se Vincennes, se dit le Jean. Alors je vais rentrer. », c’est pire que « Il pleuvait sans arrêt sur le Bois de Vincennes, Jean n’en pouvait plus, alors il rentra. » Mais c’est toujours le point de vue de Jean.
    C’est un peu comme au cinéma, la caméra qui suit un personnage entrer dans une pièce et montrer celle-ci par-dessus son épaule, plutôt que d’être ses yeux qui regardent dans tout les sens dans la pièce et donnerait envie de vomir.

    Bref, c’est plus que HS, je pense qu’il y a des sites ou livres qui t’expliqueront ça plus clairement si ca t’intéresse, mais j’espère que ça a repondu à ta question.

    #128121

    Papillon de Naath
    • Éplucheur de Navets
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    Une des choses qui m’ont frappée dans ce chapitre, c’est à quel point les Direwolves sont importants pour les enfants Stark, et à quel point ils les soutiennent. Cela commence par Fantôme qui donne à Jon le courage qui lui manque pour affronter Catelyn et/ou l’état de Bran. Ensuite il y a les hurlements d’Eté, toujours sans nom et pourtant déjà si attaché à Bran qu’il n’a de cesse de hurler comme pour le ramener à la vie. Vent Gris quant à lui se tient au côté de Robb, comme s’ils étaient les deux parties d’un tout. Nymeria, enfin, qui « aide » Arya à préparer son départ. Les loups font vraiment partie intégrante des Stark.

    Il n’y a qu’à la relecture que l’on peut apprécier la description de Bran présenté ici comme ayant des « os noueux comme des bâtons », des « yeux qui regardent sans voir », « plus ténu qu’une feuille », et à qui sa mère s’accroche avec ses « serres »… tel une corneille sur un barral ! Bran, futur vervoyant…

    La cruauté de Catelyn envers Jon n’a échappé à personne dans ce chapitre, allant jusqu’à dire qu’elle lui souhaite du mal. Et pourtant, malgré toute sa haine, elle choisit Jon, qu’elle n’appelle habituellement pas par son prénom, pour confesser son sentiment de culpabilité, chose qu’elle n’a probablement fait avec aucun autre membre de la famille. N’hésitant plus à pleurer devant lui, c’est comme si, faute de lui donner son amour, elle lui offrait au moins sa confiance.

     « Robb semblait avoir subitement grandi, puisé un surcroît de force, eût-on dit, dans l’accident de Bran et la prostration de sa mère »

    Il est intéressant de voir que cette description de Robb à travers les yeux de Jon s’applique en fait complètement à lui-même qui, lui aussi dans ce chapitre, semble avoir grandi d’un coup. Il affronte enfin sa peur de Catelyn et supporte sa méchanceté sans pleurer,  il prend son courage à deux mains pour quelque-chose de hautement plus important à ses yeux: dire au revoir à son frère bien aimé. Et pour ce frère, seulement, il s’autorise à pleurer et à reconnaître qu’il avait peur. Ce qui, en soit, est aussi une preuve de courage. Jon n’est plus l’adolescent boudeur de son premier chapitre, il affronte ici la première des épreuves qui feront de lui un homme valeureux. Il est prêt à partir pour le Mur.

    Mais alors qu’il dit au revoir à Robb dans la distance et la gaucherie, comme le font les hommes, il redevient un enfant au côté de sa sœur Arya et gardera ce souvenir là pour l’accompagner dans son voyage.

    « Le noir a toujours été ma couleur »

    Noir comme ses cheveux, noir comme les cheveux des Stark… Il s’est toujours senti plus « Stark » (noir) que « Snow » (blanc).

    Quelques questions :
    Pourquoi Catelyn insiste-t-elle pour être la seule à nourrir Bran ? Au-delà de vouloir remplir son rôle de mère, suspecte-t-elle déjà que ce qui lui est arrivé n’était pas un accident ?
    Jon explique à Arya comment utilisé son épée, puis lui demande de la poser avant de lui dire adieu, de peur qu’elle ne le blesse. Doit-on y voir un mauvais présage lié à cette phase énigmatique  « des routes différentes mènent au même château » ?

    #128148

    Liloo75
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    Jon explique à Arya comment utilisé son épée, puis lui demande de la poser avant de lui dire adieu, de peur qu’elle ne le blesse. Doit-on y voir un mauvais présage lié à cette phase énigmatique « des routes différentes mènent au même château » ?

    Je n’ai pas vu de mauvais augures dans ces deux phrases. Jon demande à Arya de poser l’épée avant de l’embrasser car il connaît le caractère impulsif de sa sœur. Elle est capable de se jeter dans ses bras sans réfléchir. Et avec une épée tranchante à la main c’est dangereux.

    La phrase mystérieuse sur des chemins différents qui pourraient mener au même château, je lai interprétée dans un sens optimiste. Jon part vers le Nord, Arya va à Port Real au Sud, mais il espère retrouver sa sœur un jour, malgré ces routes qui semblent les séparer irrémédiablement.

    #128209

    un_Autre_monde
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    Pourquoi Catelyn insiste-t-elle pour être la seule à nourrir Bran ? Au-delà de vouloir remplir son rôle de mère, suspecte-t-elle déjà que ce qui lui est arrivé n’était pas un accident ?

    @Papillondenaath Catelyn se pose peut-être des questions sur les raisons de la chute de Bran. Au-delà de ça, il y a sans doute une raison symbolique au fait qu’elle soit la seule à nourrir Bran : il y a un parallèle qui revient souvent entre les relations mère-enfant et barral-vervoyant.

    Il n’y a qu’à la relecture que l’on peut apprécier la description de Bran présenté ici comme ayant des « os noueux comme des bâtons », des « yeux qui regardent sans voir », « plus ténu qu’une feuille », et à qui sa mère s’accroche avec ses « serres »… tel une corneille sur un barral ! Bran, futur vervoyant…

    C’est Bran qui a des serres, et au lieu d’une corneille, dans cette scène je vois plutôt Catelyn comme étant le barral du vervoyant.

    Visuellement elle a la peau blanche et des cheveux rouges. Elle est littéralement accrochée à Bran. Elle ne le quitte absolument jamais. Et c’est elle qui le nourrit et qui lui permet de survivre et de rêver.

    Et dans ADWD – Bran II on trouve encore la même image du barral qui étreint le vervoyant « comme une mère serre son enfant ».
    On retrouve la même chose dans la relation entre Lysa (le barral) et Robert Arryn (le vervoyant) par exemple, avec le côté « malsain » dans la façon dont Lysa nourrit son enfant.

    #128251

    Beffroid
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    Il me faut encore dire un adieu

    Le second chapitre de Jon fait écho à celui de Bran, sur le thème des adieux difficiles. En contraste donc avec Bran qui n’avait pas poussé loin ses recherches pour trouver Jon, ce dernier décide d’affronter ses peurs pour dire adieu à son frère. On voit, par les yeux de Jon, Bran se transformer symboliquement en oiseau, sa main comme une serre, ses doigts comme des os d’oiseau, la fenêtre ouverte comme pour lui permettre de s’envoler.

     

    Le 2e adieu est celui avec Catelyn, probablement la première et la dernière fois où ces deux personnages se parlent, une occasion unique d’exprimer leur ressentiment et leur souffrance. Mais cela ne donne pas le beau rôle à Catelyn, qui est remplacée dans son rôle d’adulte par Jon et Robb qui grandissent.

    dans cette scène je vois plutôt Catelyn comme étant le barral du vervoyant. Visuellement elle a la peau blanche et des cheveux rouges. Elle est littéralement accrochée à Bran. Elle ne le quitte absolument jamais. Et c’est elle qui le nourrit et qui lui permet de survivre et de rêver.

    Ça me semble surtout symbolique et/ou prémonitoire, mais c’est bien vu.

     

    Le 3e adieu est celui avec Robb, avec la phrase « Pas facile de vous tuer, vous autres Stark », qui prend un sens particulier en sachant que Robb est le seul des enfants morts à ce jour. Eddard est-il déjà parti, en avant du reste du convoi, pour que ce soit Robb qui gère tout? La réflexion « le noir a toujours été ma couleur » de Jon m’a interpelée. Est-ce qu’il était associé à cette couleur avant? Veut-il dire qu’il a compris que la Garde aurait été inévitable pour lui quelques soient les circonstances?

    Il s’est toujours senti plus « Stark » (noir) que « Snow » (blanc).

    A ceci près que les couleurs Stark sont blanc et gris?

     

    Enfin le 4e adieu, moment complice avec Arya, où il lui offre Aiguille. Cette épée était-elle prête avant la chute? Si oui, elle aurait du être offerte avant le départ prévu, donc 15 jours avant ce chapitre… Si non, elle a failli ne pas pouvoir être offerte en main propre, mais cela expliquerait où était Jon pendant le chapitre de Bran. Pensez-vous que le départ de Benjen a aussi été retardé, ou qu’il était prévu initialement après celui du cortège royal? Enfin, je relève qu’en VO, Nymeria aide vraiment à faire la valise en apportant sur commande les habits de sa maitresse.

    réfutant l’affirmation qu’il avait tenu auparavant (“Girls get the arms but not the swords.”). On peut alors se demander si l’autre affirmation sera aussi réfutée (“Bastards get the swords but not the arms.”)

    Pour consoler Arya, au moment de leur séparation, Jon lui dit qu’ : « Il arrive que des routes différentes mènent au même château ». Quand se reverront-ils ? Et où ? A Winterfell, dans de nombreuses années ? Que seront-ils devenus ?

    Deux questions que je me pose aussi, surtout la première.

     

    Les adieux manqués

    j’aurai aimé savoir comment Jon perçoit Rickon, et évidemment comment Eddard va faire ses adieux à son neveu et roi légitime fils bâtard.

    Je ne vois pas Jon faire des adieux à Rickon ou Sansa, mais il manque ceux avec Ned en effet (et Theon?). Peut-être ont-ils eu lieu quand Eddard lui a annoncé qu’il partait au Mur?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  R.Graymarch.

    "Il va de soi que la stabilité, en tant que spectacle, n'arrive pas à la cheville de l'instabilité. Le bonheur n'est jamais grandiose." Aldous Huxley

    #128357

    Papillon de Naath
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    Je n’ai pas vu de mauvais augures dans ces deux phrases. Jon demande à Arya de poser l’épée avant de l’embrasser car il connaît le caractère impulsif de sa sœur. Elle est capable de se jeter dans ses bras sans réfléchir. Et avec une épée tranchante à la main c’est dangereux. La phrase mystérieuse sur des chemins différents qui pourraient mener au même château, je lai interprétée dans un sens optimiste. Jon part vers le Nord, Arya va à Port Real au Sud, mais il espère retrouver sa sœur un jour, malgré ces routes qui semblent les séparer irrémédiablement.

    Je reconnais que je suis surement un peu trop pessimiste,  esperons en effet que ce soit de bon augure!

    C’est Bran qui a des serres, et au lieu d’une corneille, dans cette scène je vois plutôt Catelyn comme étant le barral du vervoyant.

    Visuellement elle a la peau blanche et des cheveux rouges. Elle est littéralement accrochée à Bran. Elle ne le quitte absolument jamais. Et c’est elle qui le nourrit et qui lui permet de survivre et de rêver

    C’est une autre belle façon de voir les choses en effet. Quelque soit la manière dont on perçoit ce paragraphe,  ce qui est certain c’est la volonté de l’auteur d’evoquer la symbolique qui entoure les vervoyants.

    A ceci près que les couleurs Stark sont blanc et gris?

    C’est pour cela que j’ai précisé que je parlait seulement de la couleur de ses cheveux, celle des Stark. 😉

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  Papillon de Naath.
    #128544

    Geo Frey
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    Ce chapitre a beau être le POV de Jon, le passage avec Catelyn nous en apprend beaucoup plus sur cette dernière.

    Nous savions déjà qu’elle n’aimait pas « le bâtard ». Là nous apprenons qu’elle l’abhorre.

     

    Ce qui m’a le plus apostrophé est le « C’aurait du être toi » que Catelyn annonce à Jon (elle l’appelle par son prénom) comme on lancerait une malédiction.

    Cette phrase peut paraître anodine. Il est normal de préférer ses propres enfants à ceux des autres. Mais analysons-la sous un autre angle.

     

    Elle a intensément prié pour que Bran reste à Winterfell et son « vœu » a été exaucé, d’une manière si terrible qu’elle se sent coupable. Malgré ses regrets, elle lance cette phrase comme si elle souhaitait  que Jon et Bran changent leur place. Comme si la mort pouvait acheter la vie.

    Nous découvrirons vers la fin du tome que c’est en effet tout à fait possible et que Daenerys regrettera amèrement le terrible souhait qu’elle a formulé à la maegi Mirri Maz Duur.

     

    J’en viens à penser qu’il est heureux que Catelyn n’ai pas eu une maegi sous la main à ce moment là car je n’aurais pas donné cher de la peau de Jon. Après tout, nous savons que son chagrin de mère la poussera à commettre des actes stupides.

     

    « Seule la mort peut acheter la vie ! »

    C’est une phrase que celle qui deviendra Lady Coeurdepierre ne pourra que reconnaître, puisque qu’elle ne tient désormais son existence que grâce au baiser de feu. Et il est peu probable que sa soif de vengeance la rende plus sage.

    Heureusement qu’elle n’a pas de maegi sous la main ! J’ai parlé de Maggy la Grenouille ?

    #128564

    Pandémie
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    C’est pour cela que j’ai précisé que je parlait seulement de la couleur de ses cheveux, celle des Stark. 😉

    Les Stark ont les cheveux bruns. Les yeux et les cheveux de Jon sont si sombres qu’ils tirent vers le noir selon les situations mais ne le sont pas.

    #128573

    Yoda Bor
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    J’ai beaucoup aimé ce chapitre et notamment les adieux entre Robb et Jon que j’ai trouvés très jolis. J’ai rien de particulier à dire dessus mais je les trouve d’autant plus émouvants quand on sait qu’ils ne se reverront plus.

    #128575

    Obsidienne
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    …d’autant plus émouvants quand on sait qu’ils ne se reverront plus.

    Qu’en savons-nous ?

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #128576

    Eridan
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    …d’autant plus émouvants quand on sait qu’ils ne se reverront plus.

    Qu’en savons-nous ?

    Au moment de la lecture, on n’en sait rien … A la relecture, on sait quand même que Robb est mort dans ASOS et qu’avec les mutilations et profanations subies par son corps, qui est devenu on ne sait trop quoi après les noces, il y a peu de chance qu’il revienne à la vie (sans parler du petit problème de Jon à la fin d’ADWD).

    #128578

    Obsidienne
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    Au temps pour moi !

    J’ai pensé aux adieux entre Bran et Jon…

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
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    #128579

    Yoda Bor
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    …d’autant plus émouvants quand on sait qu’ils ne se reverront plus.

    Qu’en savons-nous ?

    Y a quand même peu de chance que tous les deux se revoient.

    #128585

    Lapin rouge
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    Jon aura peut-être revu son « frère » défunt lors de son séjour (momentané ?) dans l’au-delà.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #128589

    Eridan
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    Jon aura peut-être revu son « frère » défunt lors de son séjour (momentané ?) dans l’au-delà.

    Encore faudrait-il qu’il y ait un au-delà, qu’il soit possible d’y retrouver des gens et de communiquer avec eux, ou que les ressuscités se souviennent de leur passage là-bas. 😉
    Ce n’est pas vraiment ce que me laisse supposer les témoignages, paroles et actes des principaux ressuscités, comme Beric Dondarrion ou Catelyn Cœurdepierre (ou Mélisandre ?) ; edit sans même parler du cas des change-peaux. Le chapitre de Varamyr nous offre une expérience précieuse, même si elle n’est peut-être pas généralisable à tous les individus.

    Mais nous partons en HS complet par rapport à ce chapitre. ^^

    #128617

    Ysilla
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    Je viens, avec un grand retard à l’allumage, mettre mon grain de sel dans les débats autour de la relecture du chapitre 11, en essayant du mieux possible d’éviter les propos redondants (j’ai lu avec plaisir toutes les contributions fort judicieuses).

    Quel texte ravageur pour Catelyn Stark ! Je souscris à toutes les remarques sur l’attitude vénéneuse du personnage vis-à-vis de Jon. La Catelyn de ce chapitre donne en quelque sorte raison au constat accablant de Jaime Lannister dans AGOT 09, Bran II :

    Mothers. […] I think birthing does something to your minds. You are all mad.
    Mères que vous êtes ! […] Mettre au monde vous détraque toutes. Toutes folles.

    J’ajoute une remarque sur la traduction pour signaler le contresens de la V.F.

    Ses longs cheveux auburn avaient conservé leur lustre et leur densité. Elle avait l’air d’avoir vingt ans.

    Déjà, lors de ma première lointaine lecture en V.F., la phrase sur l’âge de Catelyn m’avait paru, dans le contexte, complètement saugrenue : une mère éplorée qui paraît… plus jeune ? Vérification faite en V.O., il s’agit de tout le contraire ; le coup classique du faux-ami !

    She looked as though she had aged twenty years.

    Cela ne veut pas dire qu’elle avait l’air d’être âgée de vingt ans mais qu’elle avait l’air d’avoir pris vingt ans (de plus). Ce qui est un poil plus logique, vu les circonstances, isn’t it ?

    Peau claire et cheveux auburn, Catelyn est ici la figure du barral.

    je vois plutôt Catelyn comme étant le barral du vervoyant. Visuellement elle a la peau blanche et des cheveux rouges. Elle est littéralement accrochée à Bran. Elle ne le quitte absolument jamais. Et c’est elle qui le nourrit et qui lui permet de survivre et de rêver.

    Je suis d’accord avec Beffroid

    Ça me semble surtout symbolique et/ou prémonitoire, mais c’est bien vu.

    J’y vois aussi l’idée que pour accomplir son destin, Bran doit se vouer à un véritable barral et rompre – à son corps défendant – avec les figures parentales : GRRM joue sur les couleurs communes à l’arbre et à Catelyn. Ce n’est pas Catelyn qui est semblable à un barral mais plutôt le barral qui fait penser à une mère, en l’occurrence, Catelyn ; l’image maternelle du barral est, par ailleurs, déjà annoncée dans AGOT 03, Catelyn I :

    An ancient weirwood brooded over a small pool where the waters were black and cold. / un antique barral couvait/ veillait jalousement sur les eaux sombres et glacées d’un modeste étang. (adaptation perso)

    Ce qui m’a le plus apostrophé est le « Ç’aurait dû être toi » que Catelyn annonce à Jon (elle l’appelle par son prénom)

    Oh la belle phrase assassine ! 😉 La méchanceté de Catelyn Stark culmine à ce point précis du texte (Certains peuvent comprendre voire justifier par affection pour le personnage ; moi, j’ai du mal ; pour dire la vérité, je suis atterrée par tant de fiel.)
    J’y vois une mise à mort symbolique par Catelyn du bâtard, à défaut d’avoir pu obtenir sa disparition réelle.

    Car, qui sait si, dans ses prières dans le petit septuaire depuis 14 ans, Catelyn n’a pas demandé à ses dieux qu’il arrive quelque événement fatal à Jon Snow ? Ce qui donne une toute autre saveur à :

    Sometimes prayers are answered / Il arrive que les prières soient exaucées.

    Et pas d’autres, ai-je envie de lire en sous-texte.

    It was always my color / Le noir a toujours été ma couleur.

    Bien sûr, Jon justifie ainsi à posteriori son choix de vêtir la tenue noire des frères de la Garde de Nuit mais on peut y voir un indice glissé par GRRM sur la filiation de Jon : le noir est aussi la couleur de l’armure de Rhaegar Targaryen qui reprend le blason des Targaryen : dragon rouge sur fond noir :

    The Targaryen prince armored all in black. / Le Targaryen dans son armure noire. (AGOT 05, Eddard I)

     

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #128619

    Emmalaure
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    Beaucoup de choses ont déjà été relevées, sur les adieux en trois ou quatre temps de Jon Snow, et j’y reviens pour m’intéresser aux aspects purement littéraires (je ne ferai pas de psychologie de personnage, cette fois, comme j’ai fait pour Tyrion I !), avec quelques hypothèses personnelles comme conclusions tirées de ces observations.

    Tout d’abord, si les adieux se déroulent en trois lieux différents, avec alternance entre intérieur et extérieur du château, c’est bien à quatre personnages différents que Jon fait ses adieux (même si pour l’un d’entre eux, il ne l’a pas cherché), comme l’a relevé Beffroid plus haut. Et pour changer, je vais procéder à l’envers, en commençant par la fin, par l’adieu à Arya.

    Le temps fort de cet adieu est le don d’Aiguille, qui n’est nommée qu’à la toute fin du chapitre (avant-dernière phrase), après que les deux enfants ont bien eu le temps de la regarder et de l’essayer. Deux choses me semblent importantes avec cette petite épée/dague : la première, c’est la symbolique littéraire générale autour du « needlework » (les « travaux d’aiguille »), qui montre un GRRM héritier d’une tradition mythologique européenne où trois femmes tissent le destin de chaque être vivant (mortel ou immortel, car même les dieux y sont soumis). Moires (grecques), Parques (latines), Nornes (nordiques) occupent la même fonction, elles filent, tissent et coupent (juste par parenthèse, dans la mythologie gréco-latine, elles ne sont que trois, dans la nordique elles peuvent être plus nombreuses, mais il y en a trois plus importantes qui restent près de l’arbre-monde Yggdrasil, qu’elles arrosent aussi). Arya et Sansa chacune à leur manière reprennent à leur compte ce rôle de fileuses de destins, mais il me semble ici qu’Arya reçoit symboliquement la charge de couper ces fils et donc de donner la mort. Arya, au long de son parcours, apprendra d’ailleurs à tuer « proprement » et à accorder « le don de merci ».

    Le second élément important est la provenance du don : c’est Jon qui pourvoie Arya. Ce ne sera pas la dernière fois qu’il offrira une arme pointue à un proche puisqu’il offrira un poignard en obsidienne à Samwell, poignard qui sera bien utile contre un Autre. Aiguille et le poignard en obsidienne vont tous les deux servir à tuer et/ou « rompre » une magie. Entre les deux, je remarque que Jon va se faire offrir lui aussi une arme de choix – Grand Griffe – dont il ne se servira qu’une seule fois, pour mettre à mort un de ses frères jurés qui lui tient lieu de père. On reste vraiment très loin de l’épée du super héros qui tue les super vilains.

    Avant d’avoir fourni l’arme des crimes, Jon fait ses adieux à Robb, dans un dialogue qui me semble bourré d’anticipations : bien sûr, à la relecture, on sait que Robb ne reverra jamais Jon et qu’il va mourrir.

    « You Starks are hard to kill, » Jon agreed. His voice was flat and tired. The visit had taken all the strength from him.
    vf : « Il ne mourra pas, reprit Robb. Je le sais.
    – Pas facile de vous tuer, vous autres, Stark », approuva Jon d’une voix atone et lasse. Sa visite l’avait vidé.

    Quand Robb prédit qu’il reverra Jon, il se trompe à première vue, mais ne semble pas se tromper à propos de Bran. Pourtant, je fais l’hypothèse que sur ce dialogue, GRRM a glissé deux prédictions à la fois vraies et fausses : Bran va bien se réveiller de son coma mais en fin de compte, il pourrait bien devoir y passer lui aussi, tant il est entouré de présages de mort. Sa première question à son père, dans son tout premier chapitre concerne la peur qu’on éprouverait à l’heure de la mort et le courage dont on pourrait faire preuve. Mais qui tuerait Bran ? Qui pourrait lui faire le « don de merci » ? Là encore, mon hypothèse, c’est que la réponse est directement dans le texte, donnée par Jon « vous, les Stark, êtes durs à tuer ». Oui, c’est Jon, le pourvoyeur en armes à bouts pointus, qui devrait s’y coller et y laisserait toutes ses forces au point qu’au dégel, on retrouverait seulement son corps avec la main toujours crispée autour d’une dague/aiguille. Le futur « kill the boy » (« tue l’enfant ») prend alors une couleur assez particulière.

    Quant à la seconde prédiction – celle où Robb dit qu’il reverra Jon tout en noir – elle est fausse dans la mesure où Robb va mourir aux Jumeaux avant d’avoir revu Jon. Pour son éventuelle véracité, il faut remonter à la visite à Bran dans le coma, et au privilège qu’a Jon d’être le premier à rencontrer Lady Coeurdepierre, mais ce sera pour le post suivant, celui-ci est déjà long et je dois y aller.

    #128622

    Ysilla
    • Pisteur de Géants
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    c’est Jon qui pourvoie Arya. Ce ne sera pas la dernière fois qu’il offrira une arme pointue à un proche puisqu’il offrira un poignard en obsidienne à Samwell, poignard qui sera bien utile contre un Autre.

    J’aime beaucoup les rapprochements thématiques que tu établis, Emmalaure. J’ajouterais que les deux dons de Jon sont offerts à deux personnages qui a priori sont les individus les moins propres à les recevoir :

    Arya :

    Girls get the arms but not the swords. /Les filles prennent les armes et non l’épée. (AGOT 08, Arya I)

    Samwell dont Randyll Tarly, le père dit :

    Heartsbane must go to a man strong enough to wield her, and you are not worthy to touch her hilt. / Corvenin doit aller à un homme assez fort pour la manier, et tu n’es pas digne d’en toucher seulement la garde. (AGOT 27, Jon IV)

    Une petite remarque un peu HS :

    je remarque que Jon va se faire offrir lui aussi une arme de choix – Grand Griffe – dont il ne se servira qu’une seule fois, pour mettre à mort un de ses frères jurés qui lui tient lieu de père.

    À moins que j’ai mal compris ce que tu as voulu dire, je doute que Jon Snow ait jamais considéré que ce frère juré, en l’occurrence l’affreux Janos Slynt, lui tienne lieu de père. Au contraire, Janos a voulu faire exécuter Jon et est de ceux qui ont participé à la décapitation de Ned Stark. En revanche, Grand Griff est un don de Jeor Mormont, qui lui, est une figure paternelle de substitution pour Jon.

    fin du HS.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #128631

    Emmalaure
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    À moins que j’ai mal compris ce que tu as voulu dire, je doute que Jon Snow ait jamais considéré que ce frère juré, en l’occurrence l’affreux Janos Slynt, lui tienne lieu de père. Au contraire, Janos a voulu faire exécuter Jon et est de ceux qui ont participé à la décapitation de Ned Stark. En revanche, Grand Griff est un don de Jeor Mormont, qui lui, est une figure paternelle de substitution pour Jon.

    fin du HS.

    Pardon, c’est ma faute, je pensais à Qhorin Mimain, lors du raid en « terres sauvageonnes » dans ACOK.

    J’avais oublié l’exécution de Janos Slynt, où on a toujours l’exécution d’un frère juré (et d’un « crow » par dessus le marché), mais effectivement pas d’un père de substitution. Il y a plein d’autres trucs à dire à ce propos, mais davantage sur le rôle très ambivalent des « corneilles » (et le LA corneille, par extension), mais ce n’est pas le sujet sur ce chapitre de Jon.

    #128637

    Mélusine
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    comme beaucoup ce qui m’a choquée, c’est la haine que porte Catelyn à Jon et surtout la peur qu’elle lui inspire.

    Sur le palier, la peur le prit, qui le pétrifia un bon moment.

    Sa présence permanente avait contraint Jon à rester à l’écart.

    La peur de parler, la peur d’approcher le clouèrent longtemps sur le seuil.

    Toute une partie de son être n’aspirait qu’à fuir, mais il savait qu’alors peut-être ne reverrait-il jamais Bran. Les nerfs à vif, il avança d’un pas. « S’il vous plaît »

    Naguère, il aurait pris ses jambes à son cou. Naguère, il en aurait même pleuré. A présent, il n’éprouvait plus que colère. Bientôt, il serait frère assermenté dans la Garde de nuit, et il lui faudrait affronter des adversaires autrement redoutables que Catelyn Tully Stark.

    Ce rapprochement entre un adversaire et Catelyn montre tout ce que lui inspire cette femme. Et elle n’est pas encore devenue Lady Coeurdepierre à se demander si elle n’existait pas déjà avant?

    Il l’appelle Catelyn Tully Stark, elle est comme lui, pas tout à fait une Stark. Son appartenance à sa famille Tully devait être quelque chose qui devait se faire ressentir dans ses agissements ou sa façon d’être, et pas qu’avec le septuaire et ses croyances.

    Le fait qu’elle utilise son prénom pour la première fois m’a fait penser que pour jeter un sort il faut un nom.

    #128643

    Obsidienne
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    …..Deux choses me semblent importantes avec cette petite épée/dague : la première, c’est la symbolique littéraire générale autour du « needlework » (les « travaux d’aiguille »), qui montre un GRRM héritier d’une tradition mythologique européenne où trois femmes tissent le destin de chaque être vivant (mortel ou immortel, car même les dieux y sont soumis). Moires (grecques), Parques (latines), Nornes (nordiques) occupent la même fonction, elles filent, tissent et coupent (juste par parenthèse, dans la mythologie gréco-latine, elles ne sont que trois, dans la nordique elles peuvent être plus nombreuses, mais il y en a trois plus importantes qui restent près de l’arbre-monde Yggdrasil, qu’elles arrosent aussi). Arya et Sansa chacune à leur manière reprennent à leur compte ce rôle de fileuses de destins, mais il me semble ici qu’Arya reçoit symboliquement la charge de couper ces fils et donc de donner la mort. Arya, au long de son parcours, apprendra d’ailleurs à tuer « proprement » et à accorder « le don de merci ».

    Quel rôle vois-tu pour Sansa ? Fileuse ou tisserande ?

    Et quelle serait la troisième ?

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

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