AGOT 34 – Eddard VIII

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Ce sujet a 14 réponses, 10 participants et a été mis à jour par  Emmalaure, il y a 4 jours et 4 heures.

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  • #137122

    Yfos
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    AGOT 34 – Eddard VIII
    Au fil des pages – liste des sujets

    AGOT 33, Arya III AGOT 35, Catelyn VI

    Un départ précipité ?

    Trois parties, comme souvent, mais très inégales.

    – D’abord un conseil qui se termine par la décision d’assassiner Daenerys Targaryen et la démission d’Eddard Stark de son poste de Main du Roi.

    – Ensuite la résolution de celui-ci de quitter Port Réal au plus tôt.

    – Enfin,  Littlefinger qui lui propose de lui donner une information depuis longtemps recherchée .

    Un conseil d’hypocrites

    Pour une fois, Robert est présent alors que, d’habitude, il préfère aller chasser. C’est que le sujet est d’importance: Varys a appris que Daenerys est enceinte et Robert exige sa mort. Lors du chapitre précédent (Arya III), Illyrio explique à Varys que le khal ne bougera pas avant la naissance de son fils et celui-ci répond qu’il sera alors trop tard. Voici la solution : informer le conseil du fait que Daenerys est enceinte : son meurtre ou même une simple tentative poussera le khal à attaquer tout de suite.

    Ned, toujours aussi noble, s’y oppose. Il utilise différents arguments:

    – rationnels (ce ne sera pas forcément un fils, les dothrakis sont loin, il ne sera pas en âge de mener une armée avant des années et il peut mourir avant)

    – un appel à l’honneur de Robert

    – le piquer dans sa fierté en sous entendant qu’il a peur. Cette technique a fonctionné lorsque Robert voulait participer à la mêlée et que Barristan lui a fait comprendre que les autres le laisseraient gagner

    Les arguments sont tous balayés.

    En arrière plan, mais jamais exprimée, il y a leur querelle au sujet de la mort d’Elia et de ses enfants qui revient.

    Les autres conseillers sont partagés:

    – Barristan Selmy, en preux chevalier, s’oppose fermement à ce meurtre. A priori, il dit ce qu’il pense mais ce n’est pas un « vrai » conseiller. Il n’est membre du conseil restreint que comme Lord commandant de la garde royale et méprise les intrigues.

    – Renly et Littlefinger prônent la mort. Renly, qui essaie d’apparaître chevaleresque et dilettante en public, l’est moins en privé. Littlefinger prétend ensuite auprès d’Eddard qu’il a agi ainsi pour sauver Daenerys. Une face en public différente de celle qu’ils montrent devant le Conseil.

    – Pycelle et Varys, deux personnages qui servaient auparavant les Targaryen et dont la loyauté, comme à l’époque, se révélera douteuse malgré leurs assurances, se prononcent pour la mort, tout en la déplorant. Ils se cachent derrière l’argument connu: peut-on tuer un innocent si sa mort permet d’en sauver des milliers d’autres? Un autre personnage utilisera cet argument, plus tard, auprès d’un autre Baratheon en ayant l’air d’y croire, cette fois. Là, on a Pycelle qui a poussé Aerys à ouvrir Port Real aux Lannister et Varys qui a dévoilé sciemment la grossesse de Daenerys et qui fera sans doute échouer la tentative de meurtre par la suite. Ils sont tous deux dans leur rôle : Varys est mielleux, le sage Pycelle caresse sa longue barbe soyeuse. Pycelle, comme Varys plus tard, assure servir le royaume et non son chef. Pratique comme argument puisqu’ils décident eux-mêmes ce qu’est le bien du royaume.

    – Robert, lui, donne deux arguments: il ne veut pas que cet enfant devenu grand, attaque Westeros et il veut mettre un terme aux Targaryens. Ned n’en retiendra visiblement qu’un, le second: après avoir quitté le conseil, il pense à l’exécration, réelle, de Robert pour Rhaegar alors que le premier motif semble au moins aussi important dans la décision actuelle.

    Ensuite, cela devient encore plus glauque : les conseillers discutent de la meilleure manière de tuer Daenerys. Robert continue à vouloir paraître noble, refusant le poison puis délègue la mise au point des modalités à Ned. Il ne va pas se salir les mains. On a également un rappel du premier chapitre (Bran 1) dans lequel Ned explique à son fils que celui qui prononce une sentence doit en personne l’exécuter. C’est un peu spécieux comme argument vu que Daenerys est sur un autre continent mais on sent le choc culturel entre Nord et Sud.

    Tout au long du passage, la tension monte entre le Roi et sa Main. Robert menace Ned de mort et celui-ci démissionne. Il l’avait déjà menacé, à Winterfell (Eddard I), d’ « empaler sa maudite tête sur une pique », mais en plaisantant, si il l’appelait « votre majesté » une fois de plus. Cette fois, il lui demande s’il se rappelle qui est le roi et la menace semble sérieuse.

    Robert est prompt à la colère et prompt au pardon dès que celle-ci est apaisée. Ned pense-t-il que cette fois c’est différent ? Ou saisit-il le prétexte pour partir ?

    Dommage qu’il n’ait pas plus prêté attention à ce que disait Arya : même si ce qu’elle disait était décousu, il aurait pu réagir sur la nouvelle de la grossesse de la princesse Daenerys ajoutée à la phrase sur la Main qui tient le livre et le bâtard. D’un autre côté, je ne sais pas ce qu’il aurait pu en faire : comprendre qu’il y avait des gens bien informés à Port Real ? Il doit s’en douter.

    On apprend également, durant ce chapitre, que Mormont est un traître et que Robert n’a jamais envoyé d’assassins aux trousses de Viserys et Daenerys. Viserys les imaginait-il ou les inventait-il ? Il y a également une allusion de Varys aux larmes de Lys qui fait réagir Pycelle : y aurait-il déjà été confronté récemment ? Prend-il ça comme une menace voilée ?

    L’organisation du départ

    De retour dans ses appartements, Ned décide d’organiser son départ immédiat. Entre le violent accrochage avec Robert au conseil, le barouf à venir autour de Catelyn et de Tyrion, il le juge plus prudent.

    Il est vraiment inquiet et souhaite partir le lendemain, avec simplement une poignée de gardes. Les autres suivront plus tard. Cela ne se fait pas de s’en prendre à des serviteurs et des soldats innocents, ils ne courent forcément aucun risque en restant à Port Réal. N’est-ce pas ?

    Il change ensuite d’avis et décide de partir par la mer pour rencontrer Stannis Baratheon à Peyredragon et obtenir des informations, même s’il ne veut plus s’en mêler. Surtout, il veut partir immédiatement. Même question qu’au-dessus ? A-t-il peur que Robert le sanctionne rapidement ou peur qu’il lui pardonne tout de suite, l’obligeant ainsi à rester à Port Real ?

    Ned, comme lors de plusieurs chapitres précédents, est convaincu que les Stark n’ont rien à faire dans le Sud, que c’était une erreur de s’y rendre mais le lecteur respire : dans le chapitre précédent, Desmond a assuré à Arya que ses gardes ne laisseraient personne tuer son père, là on apprend que, bientôt, les Stark auront quitté ce nid de vipères.

    Il ne risque pas grand-chose en partant précipitamment : c’est Robert lui-même qui lui a ordonné de retourner vite à Winterfell. Il obéit.

    Une information cruciale

    Mais voilà : Littlefinger arrive et essaie, une fois de plus, de convaincre Ned de sa bonne foi : il a en fait, grâce à une ruse, sauvé Daenerys. Le conseil a renoncé à avoir recours à un sans-visage et personne d’autre n’osera s’en prendre à elle. Puisqu’il le dit …

    Et surtout, il propose de le mener immédiatement au bordel que Ned cherche en vain. Dommage qu’il ne l’ait pas trouvé avant. Bien qu’il ait décidé de ne plus se mêler de la situation, Ned accepte. Après tout, cela ne va pas durer des heures et il faut de toutes façons laisser à Vayon Poole le temps de trouver un bateau. Il embarquera dès son retour.

    Littlefinger lui donne une information qu’il recherche depuis des jours et cela ne le changera en rien ses plans de départ le soir même. Quelle raison aurait-il de refuser ? Pensant que cela ne peut lui nuire en rien, il fait une fois encore confiance à Littlefinger.

     

    Une fois de plus, dans ce chapitre, Eddard paraît peu fait pour les intrigues. Il a passé peu de temps à Port Real et aurait pu progresser mais ce n’est pas sûr. Il n’est toujours pas parvenu à trouver des alliés en qui se fier en dehors des nordiens. Est-ce parce qu’il a été éduqué en cadet, donc pas destiné à gouverner ? Il s’en est pourtant bien sorti dans le Nord. Lord Rickard Stark s’était-il entouré de conseillers plus fiables que Lord Arryn, conseillers qui ont aidé le jeune Eddard à débuter dans ses fonctions ?

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 semaines et 4 jours par  Yfos.
    #137145

    Samyriana
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Merci Yfos pour cette analyse! Un chapitre qui met encore en lumière, comme tu l’as souligné, la répugnance de Robert à se salir les mains et à prendre ses responsabilités. Il tonne, il ordonne la mort de Daenerys, mais finit par tenter de déléguer l’exécution du plan à Ned, qui refuse… On le connaît plus prompt à prendre des décisions hâtives qu’à gouverner, donc cela ne nous étonne guère.

    – Pycelle et Varys, deux personnages qui servaient auparavant les Targaryen et dont la loyauté, comme à l’époque, se révélera douteuse malgré leurs assurances, se prononcent pour la mort, tout en la déplorant. Ils se cachent derrière l’argument connu: peut-on tuer un innocent si sa mort permet d’en sauver des milliers d’autres?

    Une question intéressante. Du point de vue du pouvoir et de la raison d’État, cet argument me semble valable. Bien sûr, le meurtre des enfants de Rhaegar et le projet d’exécuter Daenerys sont abominables, et rien ne les justifie du point de vue de l’individu. Mais quel jeune pouvoir, possiblement encore contesté, laisse des héritiers de l’ancien pouvoir s’élever au point de les menacer? GRRM aime l’histoire anglaise, et on peut y trouver des parallèles: Elizabeth 1ère emprisonne sa cousine Marie Stuart (la reine légitime selon les catholiques anglais et un certain nombre de puissances européennes) durant 18 ans avant d’être exécutée. Avant cela, à la fin de la Guerre des Deux-Roses, Richard III emprisonne les deux derniers héritiers Lancaster pour asseoir son pouvoir. Ils ne sont que des enfants, qui disparaissent mystérieusement du jour au lendemain…Bref, l’idée de contrer immédiatement la menace d’une guerre civile en faisant disparaître l’héritier du pouvoir concurrent n’est pas délirante. Elle n’est pas morale (bien que cela puisse être discuté), mais elle fait sens politiquement.

    On apprend également, durant ce chapitre, que Mormont est un traître et que Robert n’a jamais envoyé d’assassins aux trousses de Viserys et Daenerys. Viserys les imaginait-il ou les inventait-il ?

    Je dirais un peu des deux. Viserys et Daenerys sont obligés de fuir précipitamment Peyredragon, avec un seul chevalier comme protecteur. Ils ont, je crois, perdu toute leur famille à ce stade. Que Viserys soit persuadé d’être traqué au moment où le pouvoir targaryen s’effondre est logique: en tant qu’héritiers, ils sont évidemment menacés par l’Usurpateur, qui a grand intérêt à les voir disparaître. En plus, le sort de Rhaenys et d’Aegon laisse peu de place au doute. Il est par contre possible qu’au fur et à mesure des années, ces assassins imaginés aient pu servir à Viserys pour renforcer son emprise sur sa soeur, et également pour justifier sa prudence, sa fuite, etc.

    "Des chefs de guerre, y en a de toutes sortes. Mais une fois de temps en temps, il en sort un, exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, y en a presque jamais. Et tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles."

    #137151

    darkdoudou
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Merci Yfos pour ton analyse et ta relecture!

    Varys qui a dévoilé sciemment la grossesse de Daenerys et qui fera sans doute échouer la tentative de meurtre par la suite.

    Oui Varys est celui qui lance le contr’ordre, mais pas de sa propre initiative : c’est Robert qui le demandera de retour de sa dernière chasse :

    — La petite…, Daenerys. Qu’elle vive. Si tu peux, si… – s’il n’est pas trop tard… Dis-leur… Varys, Littlefinger…, les laisse pas la tuer.

    Et Ned transmettra immédiatement à Varys

    « À propos d’enfants, dit Ned, Daenerys Targaryen. En ce qui la concerne, Robert a changé de sentiment. Quelques mesures que vous ayez prises, annulez, je le veux. Immédiatement.
    — Hélas, soupira Varys, immédiatement risque fort de signifier trop tard. Je crains que les oiseaux ne soient déjà en l’air. Mais je ferai tout mon possible, monseigneur. Daignez m’excuser. »

    Donc l’intervention d’Eddard Stark dans ce chapitre aura au moins servi à ça : sauver Daenerys et les futurs dragons à naître.

    J’ai trouvé les réflexions de Ned tout à fait sensées et pertinentes dans ce chapitre : il imagine passer voir Stannis qui a probablement les clés de l’énigme, et en même temps il se demande si la vérité n’est pas trop dangereuse pour lui et les siens. Il touche du doigt les bonnes réponses.

    Pour faire le lien avec le chapitre précédent, le fait qu’Eddard Stark rentre à Winterfell arrangerait bien Varys car cela lui donne du temps, je ne sais pas si c’est ce qu’il cherchait (outre exciter Drogo) en apportant la révélation de la grossesse au Conseil Restreint?

    Mais encore une fois, Littlefinger intervient! Et il a plusieurs temps d’avance sur Eddard Stark, il a même un prétexte pour ne pas aller au bordel tout de suite, du temps qu’il pourra utiliser pour manigacer une embuscade avec Jaime Lannister (supposition de ma part).

    Robert n’a jamais envoyé d’assassins aux trousses de Viserys et Daenerys. Viserys les imaginait-il ou les inventait-il ?

    Est-ce que les tueurs n’étaient pas une manière noble de désigner les créanciers? Il me semble que Daenerys se pose la question dans Daenerys I, pas tout à fait explicitement.

    À l’en croire, les tueurs à gages de l’Usurpateur ne les lâchaient pas d’une semelle. Sans doute étaient-ils invisibles ?

    #137153

    Eridan
    • Fléau des Autres
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    Donc l’intervention d’Eddard Stark dans ce chapitre aura au moins servi à ça : sauver Daenerys et les futurs dragons à naître.

    Baelish relativise (sans doute assez justement) les conséquences positives de l’opposition frontale d’Eddard à Robert, et explique que ses propres interventions ont fait d’avantage pour Daenerys : « Et, pour parler franc, la petite Targaryen devra une plus fière chandelle à mon intervention qu’à tous vos beaux discours. Libre à quelque reître altéré de blason de courir le lièvre, je lui prédis, moi, un fiasco. Et les Dothrakis se tiendront dès lors sur leurs gardes. Alors que si nous avions envoyé l’un des Sans-Visage, la donzelle était autant dire morte et enterrée. »

    De la même manière, Daenerys doit sans doute moins à l’annulation officielle d’Eddard qu’à la présence de Jorah et le travail en sous-main de Varys. Ce dernier a-t-il vraiment souhaité empoisonner Daenerys et son enfant, ou a-t-il juste cherché à provoquer la colère de Drogo pour le faire traverser le détroit ? Jorah donne une version à la fin d’ASOS, mais comme sa propre tête est en jeu à ce moment-là, on peut douter de la fiabilité de son témoignage :

    « Vous les avez informés que j’étais grosse de Drogo…
    Khaleesi
    — Inutile de le nier, ser ! intervint vertement ser Barristan Selmy. J’étais présent, lorsque l’eunuque en avisa le Conseil et que Robert décréta que Sa Grâce et son enfant devaient périr. Vous étiez la source, ser. Il fut même question de vous comme éventuel assassin, et du pardon que vous vaudrait l’assassinat.
    — Mensonge. » Ser Jorah s’assombrit. « Jamais je n’aurais… C’est moi, Daenerys, qui vous empêchai de boire le vin, à Vaes Dothrak.
    — Oui. Et comment se fait-il que vous le saviez empoisonné ?
    — Je… je le soupçonnais seulement… La caravane avait apporté une lettre où Varys me prévenait qu’il y aurait des tentatives. Il vous voulait sous surveillance, oui, mais pas qu’on vous fasse du mal. »

    “You told them I was carrying Drogo’s child…”
    Khaleesi…”
    “Do not think to deny it, ser,” Ser Barristan said sharply. “I was there when the eunuch told the council, and Robert decreed that Her Grace and her child must die. You were the source, ser. There was even talk that you might do the deed, for a pardon.”
    “A lie.” Ser Jorah’s face darkened. “I would never… Daenerys, it was me who stopped you from drinking the wine.”
    “Yes. And how was it you knew the wine was poisoned?”
    “I… I but suspected… the caravan brought a letter from Varys, he warned me there would be attempts. He wanted you watched, yes, but not harmed.”

    ASOS – Daenerys VI

    Mouais … Après, elle serait morte que Varys n’aurait sûrement pas pleuré pour autant, je pense. ^^

    On apprend également, durant ce chapitre, que Mormont est un traître et que Robert n’a jamais envoyé d’assassins aux trousses de Viserys et Daenerys. Viserys les imaginait-il ou les inventait-il ?

    On l’avait déjà évoqué ici. 😉

    Il y a également une allusion de Varys aux larmes de Lys qui fait réagir Pycelle : y aurait-il déjà été confronté récemment ? Prend-il ça comme une menace voilée ?

    C’est une manière pour Varys de dire à Pycelle qu’il est au courant, lui-aussi pour le poison qui a été employé contre Jon Arryn … Et peut-être aussi une manière de sous-entendre qu’il sait déjà (ou qu’il se doute) que Pycelle va essayer de lui faire porter le chapeau ? Ou comme tu le dis, une manière de le menacer, de lui donner l’impression que ses soupçons sont fondés ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 4 jours par  Eridan. Raison: complément citation, réf et vo
    #137154

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6683

    Ce chapitre est passionnant à la lecture et douloureux à la relecture. A la lecture, j’imagine qu’on est partagé (j’ai oublié depuis le temps) entre « tous des cons, casse toi Ned » et « non, mais tu es sur le bon chemin, reste ». A la relecture, j’ai eu envie de croire que Ned allait se barrer de ce nid de vipères, surtout que là il veut le faire illico (en passant par Peyredragon, pas idiot). Et puis Littlefinger demande à le voir. Et Ned accepte de le voir, gniiii (oui il y a les traces de mes dents sur le bureau). Snif.

    Retour sur ce chapitre. Ned a clairement le beau rôle : il est le droit, la justice, la noblesse, le courage qui fait face aux autres (un peu Douze hommes en colère). Face à lui, le casting est divers dans son unité. Robert exige la mort, Renly et Littlefinger sont pour (LF dira plus tard qu’il pense autrement…), Pycelle et Varys sont pour mais alors vraiment par nécessité. Barristan est contre. Je note le talent de l’auteur pour nous faire entrer directement dans la scène, c’est très efficace. Sans compter que ça permet de lier Essos et Westeros de manière très habile. En revanche, je suis persuadé qu’à ma première lecture, je n’avais sans doute pas fait le lien « Jorah Mormont » alors que c’est écrit noir sur blanc.

    Renly suit son frère (et charge Jon Arryn), ça m’a un peu étonné. Littlefinger ne tique que sur le prix des Sans-Visage. Varys met des tremolos de regrets dans sa voix (tout en nous parlant de poison, wink wink). Et Pycelle offre un argument tywinesque et faible (« for the greater good » justifie les pires saloperies). Au moins, Renly est honnête. Face à ça, Ned fait ce qu’il peut (mon petit doigt me dit que si le traître n’était pas Jorah, il aurait pu être moins véhément) et rend (enfin) son tablier, prêt à affronter l’ire de Robert (et à en profiter pour se barrer).

    Je note l’amusant Mercy is never a mistake, Lord Renly,” Ned replied. si on songe à un chapitre futur de TWOW. Je doute qu’il y ait un lien mais c’est rigolo.

    Ned fait rapidement des préparatifs pour mettre lui et ses filles à l’abri (je jubile). Quand débarque Littlefinger (bon), que Ned reçoit (non, non, faut pas !!!)

    Ned was half-tempted to turn him away, but thought better of it. He was not free yet; until he was, he must play their games.

    Littlefinger dit qu’il ne restera pas longtemps qu’il va papoter (et manger à l’oeil) chez les Castelfoyer. De la lamproie… Puis qu’on envisage de payer l’assassin d’un titre (ça coûte pas cher) et que vraiment il faisait ça pour protéger Daenerys (le culot)

    If truth be told, I did the Targaryen girl more good than you with all your talk of honor. Let some sellsword drunk on visions of lordship try to kill her. Likely he’ll make a botch of it, and afterward the Dothraki will be on their guard. If we’d sent a Faceless Man after her, she’d be as good as buried.”

    Ned n’y croit pas

    Ned frowned. “You sit in council and talk of ugly women and steel kisses, and now you expect me to believe that you tried to protect the girl? How big a fool do you take me for?”

    Mais Littlefinger est toujours plus culotté

    “Well, quite an enormous one, actually,” said Littlefinger, laughing.

    Puis Littlefinger lui dit que Ned court à sa perte, Ned répond qu’il va se barrer et demande en quoi ça concerne Littlefinger. Et ce dernier l’accroche (au sens « hameçon » du terme) en disant qu’il a l’info que Ned cherche via Jory. Le chapitre s’arrête là. On peut encore espérer que Ned va répondre « Je me fous de tout ça, casse toi ». Non ? (ouiiiin)

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    Venez jouer avec nous à Chanson d'Encre et de Sang https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/ces-presentation-du-jeu/
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #137159

    Tizun Thane
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 820

    Echanges stimulants! J’aimerai moi aussi creuser l’attitude des membres du Conseil Restreint, à l’aune de ce qu’on sait aujourd’hui.

    • Renly fait de la Real Politic en expliquant que Daenerys aurait dû être éliminée il y a longtemps. C’est effectivement très loin de son image chevaleresque. Je le crois sincère dans son conseil, mais j’ai la nette impression qu’il dit aussi ce que son frère Robert a envie d’entendre. Toujours en train d’intriguer celui-là sous ses dehors charmants.
    • Barristan défend Daenerys, c’est vrai, mais c’est à regret. Il n’appuie pas beaucoup Eddard, et ne se bat pas pour Daenerys. A ce stade du récit, il semble plus préoccupé de son image d’homme d’honneur que de sincèrement agir en homme d’honneur. A sa décharge, il rappellera plus tard à Daenerys que lord Eddard Stark a pris sa défense. J’ai l’impression que la bonté du Père pourrait permettre de sauver quelques enfants dans la suite du récit.
    • Pycelle. Son conseil « raison d’état » me paraît sincère et presque sans arrière pensée. Elle est conforme à sa philosophie de « la fin justifie les moyens » du « plus grand bien » qui fait partie intégrante de son admiration pour Tywin Lannister. Il n’a rien à gagner non plus d’une restauration Targaryenne et tout à perdre, en fait.
    • Littlefinger. Il ne me semble pas avoir un intérêt marqué envers Daenerys à ce stade du récit. Lui aussi me semble aller dans le sens du vent, pour rester dans les bonnes grâces de Robert. Son mensonge sur le fait d’avoir « sauvé » Daenerys n’est que cela, un mensonge mâtiné de vérité (les Sans Visage coûtent effectivement atrocement chers, mais sont diablement efficaces), selon son habitude. Je ne pense pas qu’il soit à ce stade très intéressé par la survie ou la mort de Daenerys.
      Ce qui m’amuse le plus rétrospectivement est sa métaphore sur les laiderons au lit. On pourra noter qu’il applique à la lettre sa maxime avec Lysa. Un homme qui n’hésite pas à se prostituer lui-même.

    Reste bien sûr Varys, et son jeu de billard à quatre bandes. De tout ce que l’on sait ultérieurement, j’aurai tendance à croire Jorah quand il livre ses explications. Il a effectivement été prévenu par Varys, d’où les suspicions de Mormont vis à vis du marchand de vin.

    J’ai l’impression que Varys a parlé de la grossesse de Daenerys en sachant parfaitement qu’elle serait la réaction de Robert. Il sait qu’une tentative d’assassinat de la khaleesi poussera khal Drogo  à se venger, et donc à se décider à envahir Westeros en accord avec le plan Illyrio/Varys.

    J’ai aussi l’impression nette que Varys est tout à faite prêt à assumer la possibilité bien réelle que Daenerys meurt. Elle ne présente pas pour lui à ce stade un intérêt majeur. Il s’agit pour lui d’un gambit (le sacrifice d’une pièce pour obtenir un avantage supérieur).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 4 jours par  Tizun Thane.
    #137176

    Fayrence
    • Frère Juré
    • Posts : 68

    Varys voulait clairement la mort de Daenerys à ce stade de l’histoire, elle était bien trop dangereuse pour lui, plus que Viserys vu qu’elle avait le soutien des dothrakis et pas lui. Il a donc sciemment averti Robert, afin de pouvoir légalement l’assassiner sans qu’on ne puisse soupçonner qu’il ait un intérêt personnel à sa mort. Celle ci ne doit sa survie qu’à l’initiative pure de Jorah je pense, tombé amoureux d’elle entre temps, Varys n’avait aucun intérêt à ce qu’elle survive.

    #137183

    Eridan
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3542

    Je ne pense pas que Jorah a détaillé ses lettres au point que Varys sache que Daenerys s’est attachée les Dothrakis alors que Viserys court à sa perte en rejetant leurs coutumes. Et quand bien même, le fait que Drogo s’attache à Daenerys est précisément ce qu’il espère, ce qui sert ses intérêts. Le plan de Varys et Illyrio semble consister à faire déferler les Dothrakis sur Westeros en plein milieu d’une guerre civile (ou juste après). Que Drogo se soit attaché à Daenerys est d’autant plus important pour la réussite du plan : si elle était menacée ou tuée avec son enfant en son sein, Drogo serait d’autant plus en colère et prompt à vouloir la/les venger, et donc à lancer une expédition contre Westeros.

    Le témoignage de Jorah cité plus haut se fait spontanément, sous le coup de l’émotion et de la honte. Le gars n’est pas un bon menteur par ailleurs, et il n’a aucune raison de chercher à excuser Varys quand il témoigne des ordres qu’il a reçus : ce qu’il cherche, c’est à s’innocenter du crime de trahison. Du coup, quand il dit que Varys l’a prévenu qu’il y aurait des tentatives d’assassinat, j’ai tendance à le croire, je ne pense pas que Jorah aurait pu avoir une intuition pareille s’il n’avait pas été prévenu à l’avance, et Varys est bel et bien le seul à avoir des raisons de le prévenir. Il paraît en revanche probable que Jorah mente sur les ordres donnés dans la lettre « surveillez-la et faites en sorte qu’elle ne soit pas blessée » mais pour le coup, c’est plus une excuse pour Varys qui a cherché à protéger Danny plutôt qu’une excuse pour Jorah : s’il voulait apparaître comme vraiment innocent, il aurait plutôt dit que l’ordre était « surveillez-la, mais surtout, laissez faire » et qu’il a préféré ne pas obéir … Après, encore une fois, Jorah n’est pas un bon menteur, mais à ce point.

    Pour moi, l’histoire de Jorah est crédible. Le plan de Varys et Illyrio peut se passer de Daenerys : elle serait morte dans la tentative que ça n’aurait pas été une très grande perte non-plus pour eux … Mais il est aussi envisageable qu’ils aient voulu autant que faire se peut la maintenir en vie : on ne sait jamais, des fois qu’à un moment donné, ils aient besoin d’une consort pour FAegon et qu’à ce moment-là, Daenerys soit un parti intéressant … Par elle-même, elle représente quand même un lien avec le précédent roi, ce n’est pas négligeable.

    Ceci dit, on s’éloigne peut-être un peu du sujet de base. ^^

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 4 jours par  R.Graymarch.
    #137447

    Mélusine
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 499

    – Barristan Selmy, en preux chevalier, s’oppose fermement à ce meurtre. A priori, il dit ce qu’il pense mais ce n’est pas un « vrai » conseiller. Il n’est membre du conseil restreint que comme Lord commandant de la garde royale et méprise les intrigues.

    Ou plus simplement il protège Daenerys car il a servi les Targaryens pendant plusieurs années avant Robert. Çà ne sert à rien de se braquer contre le roi qui pourrait alors se demander dans quel camp se trouve Barristan.

    Ce qui est marquant dans la réaction d’Eddard quand il apprend que la nouvelle de la grossesse vient de Jorah c’est qu’il remet en question l’information parce qu’elle vient d’un traitre. A ce moment là, Jorah n’a rien à gagner à donner une mauvaise information. Ça donne une image de mauvaise foi de la part d’Eddard, il veut nier la vérité parce que ça l’arrangerait que ce soit faux.

    Autre remarque concernant l’enlèvement de Tyrion par Catelyn, il ne porte aucun jugement sur les faits juste que cela va mécontenter la reine et vu l’état de Robert il ne va pas le prendre bien. Il ne se pose aucune question sur les conséquences et futures réactions de Tywin et de la famille Lannister, il s’en fout, à partir du moment où il peut rejoindre sa tanière Winterfell!

    « et l’autre histoire, tout ce barouf autour de Catelyn et du nain rapporté la veille par Yoren, allait encore empirer la situation. Aussi sûr que le jour se lève, le scandale éclaterait sous peu et, dans l’état où se trouvait le roi… Robert avait beau se souciait de Tyrion comme d’une guigne, son orgueil n’en prendrait pas moins le rapt pour un outrage personnel, et mieux valait ne pas imaginer comment réagirait la reine. »

    Varys a pourtant imaginé ce qui allait se passer:

    « Lord Tywin va prendre la chose comme un outrage, et Jaime voue à son lutin de frère une affection bizarre. Que les Lannister fassent mouvement vers le Nord, et les Tully se trouvent impliqués à leur tour. »

    C’est là où l’on voit qu’Eddard n’a aucun sens politique. Ou bien il est trop pressé de rejoindre le nord.

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 1 jour par  Mélusine. Raison: citation mise en forme
    #137500

    Yfos
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 184

    Yfos wrote: – Barristan Selmy, en preux chevalier, s’oppose fermement à ce meurtre. A priori, il dit ce qu’il pense mais ce n’est pas un « vrai » conseiller. Il n’est membre du conseil restreint que comme Lord commandant de la garde royale et méprise les intrigues. .

    Ou plus simplement il protège Daenerys car il a servi les Targaryens pendant plusieurs années avant Robert. Çà ne sert à rien de se braquer contre le roi qui pourrait alors se demander dans quel camp se trouve Barristan.

    Plus tard, Barristan Selmy dira à Daenerys qu’il a accepté le pardon de Robert, l’a servi et que c’est le congé signifié par Joffrey qui avait arraché de ses yeux la taie qui l’aveuglait. Il aurait eu tout intérêt à prétendre que c’était ce projet d’assassinat qui lui avait ouvert les yeux. Je pense donc qu’il est franc lorsqu’il dit s’y opposer car il n’est pas honorable d’assassiner un ennemi dans le sein de sa mère. Il ne défend pas vraiment Daenerys mais son enfant à naître.

    Ce qui est marquant dans la réaction d’Eddard quand il apprend que la nouvelle de la grossesse vient de Jorah c’est qu’il remet en question l’information parce qu’elle vient d’un traitre. A ce moment là, Jorah n’a rien à gagner à donner une mauvaise information. Ça donne une image de mauvaise foi de la part d’Eddard, il veut nier la vérité parce que ça l’arrangerait que ce soit faux.

    Se méfier de Jorah Mormont qui est un traître avéré et de Varys, c’est de la lucidité. Je trouve, au contraire, que défendre une Targaryen qui n’a aucune raison de lui vouloir du bien donne plutôt une bonne image d’Eddard.

    En revanche, je suis persuadé qu’à ma première lecture, je n’avais sans doute pas fait le lien « Jorah Mormont » alors que c’est écrit noir sur blanc.

    Je ne l’avais pas vu non plus à ma première lecture: il y a tellement de personnages. J’ai été étonnée de le découvrir plus tard.

     

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines par  Yfos.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines par  Yfos.
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    #137530

    Mélusine
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 499

    Je trouve, au contraire, que défendre une Targaryen qui n’a aucune raison de lui vouloir du bien donne plutôt une bonne image d’Eddard.

    Ça donne image d’un homme honorable, mais il est la Main du roi , encore, à ce moment là, et ne pas prendre en considération le potentiel danger que représente Daenerys et son enfant, c’est ne pas protéger le roi de ses ennemis. Eddard n’est pas au fait des mouvements qui ont pu avoir lieu après l’avènement de Robert sur le trône, personne n’en parle vraiment, mais si Varys et Illyrio ont pour projet de mettre sur le trône FAegon c’est qu’il y a encore des partisans Targaryens à Westeros. D’ailleurs on apprendra plus tard que Jaime s’est beaucoup battu (il ne donne plus de nom à ses chevaux tellement il en a perdu dans les batailles) et que certains nomment encore Robert, l’usurpateur.

    Lorsque je dis qu’Eddard nie la vérité parce que ça l’arrange de le croire, c’est parce qu’Eddard a ce défaut. Il croit ce qui l’arrange, il même parfois à la limite de la vanité.

    « Chose étrange, l’idée de partir l’irritait aussi, néanmoins. Tant d’entreprises à laisser en plan. A présent que nul n’y mettrait plus d’obstacle, Robert et son Conseil de pleutres et de flagorneurs réduiraient le royaume à la mendicité… ou pire, le céderaient aux Lannister pour les rembourser de leurs prêts. »

    Il me semble qu’il n’a pas réussi à empêcher la tenue du tournoi de la Main, il a fait embaucher une cinquantaine de gardes pour maintenir l’ordre, des dépenses en plus. Le royaume plie déjà sous les prêts et ne vit que grâce à cela et Robert s’en fout et fait ce qui lui plait. Eddard n’a rien empêché et si Jon Arryn n’a pas réussi je ne vois pas comment lui le pourrait, il n’a fait que se disputer avec le Conseil il n’a jamais réussi à se faire respecter en tant que Main, en ordonnant et sans discussion (à la Tywin).

    « ou pire, le céderaient aux Lannister pour les rembourser de leurs prêts », foreshadowing et ce sera grâce à lui!

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 6 jours par  R.Graymarch.
    #137559

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6683

    En préparant mes devoirs pour la fin de la semaine, je note qu’Eddard parle de pluie et ça me rappelle que dans ce chapitre aussi on en cause.

    The day felt heavy and oppressive as he crossed the bailey back to the Tower of the Hand. He could feel the threat of rain in the air. Ned would have welcomed it. It might have made him feel a trifle less unclean.

    On (Emmalaure ?) en a déjà un peu parlé quand Catelyn arrive à l’auberge du Carrefour… Persistante, cette pluie

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    Venez jouer avec nous à Chanson d'Encre et de Sang https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/ces-presentation-du-jeu/
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #138197

    Geo Frey
    • Éplucheur de Patates
    • Posts : 5

    Dans le chapitre précédent, Varys reçoit de son allié Illyrio Mopatis l’information sur la grossesse de Daenerys. Il la dévoile au Conseil dans ce chapitre.

    Ajournez, dites-vous ? je réplique : hâtez-vous. Le plus adroit des jongleurs lui-même ne saurait maintenir éternellement cent balles en l’air.

    Il a dit à Mopatis de se hâter, mais c’est lui qui hâte admirablement le jeu : il incite Robert à envoyer un assassin, il fera lui-même échouer la tentative à travers Jorah Mormont (et quelque chose me dit que ce n’est pas la première fois) et provoquera ainsi l’ire de Khal Drogo.

    Vous me prenez pour un magicien ?

    Mais oui, à défaut de magicien, Varys est un génie de l’intrigue.

    Il joue double-jeu. De là à penser que les « assassins qu’imagine Viserys » sont en fait des « initiatives » de Varys doublées d’une communication régulière avec ser Willem Darry… Dans quel but ? Maintenir la coterie Targaryen sous pression pour mieux les manipuler.

    #138202

    Eridan
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3542

    Il me semble que Jorah donne involontairement l’identité du véritable commanditaire de l’empoisonnement de Daenerys :

    La caravane avait apporté une lettre où Varys me prévenait qu’il y aurait des tentatives.

    Donc, la caravane contenait tout à la fois et la lettre de Varys avertissant Jorah des projets d’assassinat de Robert, et le seul empoisonneur qui tentera finalement sa chance après la-dite proclamation … Y’a d’ces coïncidences, je vous jure !

    Je crois me souvenir que sur l’ancien forum, certains avaient théorisé que Varys et Illyrio mettaient en place leur plan pendant leur entrevue, et qu’après, chacun jouait sa partition de son côté : Varys écrivait une lettre à Jorah qui repartait avec Illyrio, lequel se chargeait, une fois revenu à Pentos de faire circuler le bruit de la proclamation royale en avant-première, recrutant peut-être par un intermédiaire ce marchand de vin peu scrupuleux, en lui faisant miroiter une récompense qui n’a pas encore été réellement promise de l’autre côté du détroit. Pendant ce temps, son compère Varys se chargeait d’obtenir de Robert la-dite proclamation royale en lui annonçant une nouvelle qui ne pouvait que le décider à agir dans ce sens.

    Ca fait un peu masterplan de méchant, mais j’avoue … j’aime bien.

    #138283

    Emmalaure
    • Pas Trouillard
    • Posts : 726

    Je crois me souvenir que sur l’ancien forum, certains avaient théorisé que Varys et Illyrio mettaient en place leur plan pendant leur entrevue, et qu’après, chacun jouait sa partition de son côté : Varys écrivait une lettre à Jorah qui repartait avec Illyrio, lequel se chargeait, une fois revenu à Pentos de faire circuler le bruit de la proclamation royale en avant-première, recrutant peut-être par un intermédiaire ce marchand de vin peu scrupuleux, en lui faisant miroiter une récompense qui n’a pas encore été réellement promise de l’autre côté du détroit. Pendant ce temps, son compère Varys se chargeait d’obtenir de Robert la-dite proclamation royale en lui annonçant une nouvelle qui ne pouvait que le décider à agir dans ce sens.

    Ca fait un peu masterplan de méchant, mais j’avoue … j’aime bien.

    Je pense que c’est l’explication la plus logique.
    En revanche, c’est difficile de faire les raccords en terme de chronologie : les distances et le temps pour les parcourir ne sont pas toujours très orthodoxes chez GRRM, mais c’est une entorse au réalisme qu’on retrouve à d’autres endroits dans la saga, en particulier au début, où je pense, il était moins attentif à ces détails-là qu’à des effets et schémas littéraires. On le constate avec la rencontre de Catelyn et Tyrion à l’auberge du carrefour, mais aussi avec l’arrivée de Yoren à Port Real après le Tournoi de la Main auquel ont participé les Mallister. A la fin d’AGOT, on a l’impression qu’Eddard est mort en 2 ou 3 mois max depuis sa prise de fonctions, mais dans le même temps Daenerys a eu le temps de tomber enceinte et d’accoucher, et ACOK s’ouvre à Port Real, dans la continuité immédiate d’AGOT, sur le 13e anniversaire de Joffrey (le 12e avait eu lieu peu avant la mort de Jon Arryn).

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