AGOT 39 – Tyrion V

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    darkdoudou
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    AGOT 39 – Tyrion V
    Au fil des pages – liste des sujets

    AGOT 38, Bran V AGOT 40, Eddard X ►

    Ce chapitre est une plongée dans un royaume aérien, presque elfique. Mais les elfes et les nains ne s’entendent pas toujours, et Tyrion passe de sales moments dans une prison atypique. La structure du chapitre est en 5 actes : d’abord une actualisation de la situation de Tyrion, puis une explication sur ce qui l’a amené là. Tyrion utilise enfin ses petites cellules grises et passe ensuite à l’action en deux étapes. Dans la relecture que je vous propose, je recrée l’ordre chronologique en inversant les deux premières parties (je n’ai jamais pu résister à l’attrait d’un palindrome)

    1. La Justice I : malheur à la ville dont le prince est un enfant

    Une véritable malédiction que d’avoir une si grande gueule quand on est si petit

    Pendant l’interrogatoire de lady Lysa, entouré par des visages ennemis, le lutin se jette à l’assaut avec autant d’impétuosité que le bretteur le plus téméraire, et le résultat est très mauvais. A chaque fois qu’il parle, Tyrion empire sa situation mais il ne parvient pas à s’empêcher de continuer, malgré l’hostilité, malgré les avertissements:

    « Lutin, riposta-t-elle froidement, vous retiendrez votre langue maligne et vous adresserez poliment à mon fils, ou, croyez-m’en, je vous donnerai sujet de le regretter.

    A force de rire et de se moquer, Tyrion se met dans une situation désespérée : devant tout le monde, le voici accusé d’être l’assassin de Jon Arryn (!?!). Ses menaces sonnent creux et ne font peur à personne, il se rend compte à plusieurs reprises qu’il devrait se taire, mais il ne peut pas s’en empêcher :

    Et vous, lady Arryn, souvenez-vous que, s’il m’arrive le moindre mal, mon frère Jaime sera trop heureux qu’ils s’exécutent. » Au moment même où il crachait ces mots, il savait pertinemment commettre une folie

    L’attitude arrogante et ironique de Tyrion le dessert particulièrement et le rend odieux aux yeux de tous, il n’a personne pour le défendre  : Robert Arryn se comporte en enfant (normal), sa mère aussi (!!!), les gardes obéissent aveuglement et le public ricane.
    Personne? Si, il reste une personne qui garde un comportement adulte dans cette assemblée : Catelyn, placée en bas (par son choix?) rembourse sa dette à Tyrion quand elle empêche l’exécution finalement décidée par Lysa.

    « Ma sœur, protesta-t-elle, depuis la place où elle se tenait, au bas des trônes, je me permets de te rappeler que cet homme est mon prisonnier. Je ne veux pas qu’on le maltraite. »

    A l’issue de l’audience, Tyrion est donc placé en détention « provisoire »

    2. Le troll et le nain I : la phase d’observation
    La prison des Eyrié a ceci de particulier qu’elle est grande ouverte :

    À moins de cinq pieds de la porte, là où aurait dû se trouver un mur, là où se serait trouvé un mur dans un véritable cachot, rien, le vide, les nues.

    Et pour gardien, Tyrion se retrouve confronté à son opposé. Depuis le début de la relecture d’AGOT, je suis frappé combien Tyrion n’est jamais sérieux : il est toujours en train de rire de lui et des autres, y compris sur le Mur ou entouré par des ennemis. Mais pour une fois ce n’est pas lui qui rit : Mord le colosse semble sans cervelle, mais il a un petit jeu enfantin auquel il gagne toujours, en faisant saliver Tyrion sur la nourriture. L’humour et l’ironie de Tyrion tombent à plat et c’est bien Mord qui garde le sourire en début de chapitre.

    Tout courbatu qu’il était de partout, le nain parvint à se lever, non sans maugréer : « Le même petit jeu stupide à chaque repas…, est-ce vraiment indispensable ? »

    Confronté à la force brute, l’intelligence semble de prime abord inutile : Tyrion est dépouillé de tout, ses repas, sa pelisse, sa hache. Il craint de perdre aussi l’esprit et de se laisser glisser par la seule porte de sortie qui lui reste, semble-t-il.

    Il s’affaiblissait de jour en jour et, dût le geôlier ne pas le faire périr de diète d’ici là, la brutalité des sévices le rendrait tôt ou tard sérieusement malade. Encore quelques nuits à grelotter de faim et de froid, et il ne manquerait pas, au surplus, de se laisser à son tour fasciner par l’azur…

    Comment va-t-il s’en sortir?

    3. Un peu de réflexion – Tyrion prend la mesure de la situation

    Mon frère a son épée, le roi Robert sa masse d’armes, moi mon esprit (Tyrion I)

    Privé d’information de l’extérieur, sans perspective de fin à son calvaire, Tyrion se demande ce que font ou peuvent faire Cersei et Jaime. Ses remarques sur le caractère de sa soeur et son frère sont judicieuses et nous permettent de mieux les connaître. Je suis surpris par contre que Tyrion ne se pose pas la question de ce que va faire son père Tywin, celui vers qui il a orienté les reîtres de l’auberge et dont le château est le plus proche.

    Tyrion aussi se pose de bonnes questions à propos des attaques sur Bran et du meurtre de Jon Arryn, il se demande s’il n’y a pas quelqu’un qui tire les ficelles dans l’ombre.

    Un frisson lui parcourut l’échine. Il tenait là un sale soupçon. Celui que, dans cette jungle, il y avait d’autres fauves que le lion et le loup-garou. Et que, sauf erreur, quelqu’un le manipulait, lui, l’utilisait pour couvrir ses griffes.

    Petit à petit, on sent que la belle confiance de Tyrion s’effiloche, il se rend compte qu’il doit trouver un autre scénario pour se sortir de là sans compter sur l’aide de sa famille, et il commence à se remettre le cerveau à l’endroit :

    Puisque sa grande gueule l’avait fourré là, du diable si elle n’était pas capable de l’en tirer… !

    4. Le nain et le troll II : Tyrion passe à l’action

    Dans la mythologie et dans les contes, les nains sont souvent associés aux métaux précieux et à l’avidité, ils vivent sous terre. Pas étonnant que Tyrion ne se sente pas à l’aise dans un royaume de type elfique, presque inaccessible et en altitude.

    Oh, pour le bon air, le soleil, la lune et les étoiles, rien à redire, à foison ! mais Tyrion n’eût pas hésité une seconde à troquer tous ces avantages pour la plus noire, la plus lugubre des oubliettes enfouies dans les entrailles de Castral Roc.

    Et c’est bien l’or et l’envie de l’or qu’il va utiliser sur Mord. Au début, Mord ne se laisse pas tenter et continue d’utiliser la force en frappant durement Tyrion à chaque fois qu’il ouvre la bouche. La duplicité de Tyrion se heurte à de trop nombreuses expériences de duplicité de son geôlier.

    L’or, il le voulait, mais il redoutait une duperie. En homme manifestement dupé plus qu’à son tour. « Mensonge, grommela-t-il sombrement. Tu cherches à m’entuber, nabot.

    La promesse – écrite!- va arrêter la pluie de coups, et Tyrion se retrouve enfin dans la position du donneur d’ordres

    « Va porter mon message, maintenant. »

    Une fois que Mord revient accompagné de Ser Vardis Egen, Tyrion profite de la présence d’un témoin, chevalier, pour récupérer sa pelisse, petite victoire qui va en appeler d’autres plus importantes.

    5.La Justice II – Tyrion impose ses règles

    Enfin Tyrion se retrouve de nouveau dans l’arène judiciaire, mais cette fois il va saisir cette deuxième chance. S’il a appâté Mord avec la promesse de l’or, c’est la promesse d’une confession de ses crimes qui marche avec Lysa. Et le poisson mord à belles dents : Tyrion vérifie que dans la salle est présente la plupart des grandes maisons du Val ainsi que plusieurs rescapés de la traversée dont Marillion et Bronn. C’est une configuration idéale pour Tyrion qui a un public prestigieux, une publicité assurée, et peut-être du muscle au cas où.

    Tyrion va d’abord agiter l’appât en faisant une confession de « crimes » non attendus qui met les rieurs du côté de Tyrion. Catelyn essaie de remettre un peu d’ordre dans l’audience :

    « Vous êtes accusé d’avoir soudoyé un sbire pour assassiner mon fils Bran dans son lit et d’avoir tramé le meurtre de lord Jon Arryn, Main du Roi. »

    Tyrion, la main sur le coeur, dit qu’il n’y est pour rien. Lysa essaie alors de mettre fin à la bonne blague et veut renvoyer le lutin en prison. Tyrion va frapper un grand coup en demandant un procès qu’on ne peut pas lui refuser. Le poisson est maintenant ferré et le procès accordé, Tyrion demande maintenant un duel. Nous avons droit à un grand moment comique quand seize chevaliers se pressent pour avoir l’honneur d’affronter le vilain nain, en espérant ainsi obtenir les faveurs de « la belle » Lysa. C’est pourtant Ser Vardis Egen qui est désigné comme champion. Celui-ci qui s’était tu jusqu’à présent s’exprime alors en parfait chevalier :

    « Madame, dit-il d’un ton grave en ployant le genou, veuillez m’épargner. La besogne ne me tente pas. Cet homme n’est pas un guerrier. Regardez-le. Un nain, qui m’arrive à peine à la ceinture, et mal assuré sur ses jambes. Je me déshonorerais en l’assassinant et en nommant cela “justice”. »

    Ser Vardis Egen est probablement sincère, mais sans le savoir il fait le jeu du lutin. Il ne reste plus à Tyrion qu’à réclamer Jaime comme champion. La requête est évidemment refusée, Tyrion lance une dernière fois les dés et tire encore un double six :

    . « J’assumerai la défense du nain ! » clama Bronn.

    Conclusions
    Tyrion sort grandi de ce chapitre. Presque tout le monde s’est comporté de manière puérile : Robert (évidemment), Lysa, les chevaliers prétendants, les gardes, le public, Mord, et surtout Tyrion. Mais en comprenant qu’il ne peut pas compter sur sa puissante famille pour le sortir de là, poussé par la nécessité, Tyrion a enfin agi en adulte.

    Alors qu’il était initialement dans une position presque désespérée, de fil en aiguille, Tyrion a utilisé parfaitement les actes et les paroles de ses adversaires à son avantage, et se retrouve finalement avec de vraies chances de survie. Bronn, dans l’ombre, a eu le temps d’observer qui sera le champion de Lysa, il prend une décision rationnelle après avoir calculé le risque et les bénéfices potentiels.

    Catelyn qui est l’une des seules autres personnes dans le chapitre à agir de manière réfléchie n’a pas réussi à se faire entendre de sa soeur ; dans la bataille d’esprit qui l’a opposée à Tyrion la défaite commence à poindre.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 3 semaines et 6 jours par darkdoudou.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 3 semaines et 6 jours par R.Graymarch.
    #138849
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    La description des cellules célestes est saisissante… on a (encore !) le vertige. Et ça fait un châtiment vraiment cruel. Vu que ce n’est pas si loin d’Entre terre et lumières (Thorgal), je me demande si c’est une coïncidence ou si ce genre de prison « ouverte et on attend que le prisonnier se jette dans le vide » a existé. Mal nourri, frappé par son geôlier (sachant que si Tyrion tombe, il meurt…), notre « héros » est mal parti. Il sait d’ailleurs qu’il parle trop, que sa grande gueule lui coûte cher et même de plus en plus cher (arrestation, là possiblement mort).

    Il s’en tire assez facilement je trouve face à une brute idiote. Dans ma tête, je me suis dit que, une fois libéré, il allait l’oublier (le gars l’a quand même frappé, mis en danger, affamé, au lieu de simplement le garder), surtout quand Tyrion récupère son manteau. Sauf que Tyrion, en bon Lannister, paye toujours ses dettes.

    Pour la suite, en effet, Catelyn sauve Tyrion et ce dernier évite la mort (la porte qui s’ouvre sur le vide… ils sont vraiment d’une cruauté maladive au Val) en arrachant un procès. La « reine Lysa » a plein de soupirants voulant se battre pour elle (contre un nain, ça parait facile) et elle préfère en choisir un autre (ça fait vraiment film de chevalerie). Mais pour Tyrion, rien n’est fait car il lui faut un champion. Sans ça, il a juste retardé l’échéance de sa mort. Bronn se propose. Cut. Gniii, c’est quand la suite ?

    Ce chapitre est une plongée dans un royaume aérien, presque elfique.

    instinctivement, je mets plus les elfes dans une forêt (même s’il y a des exceptions)

    Robert Arryn se comporte en enfant (normal)

    Robert n’est pas là (et ça vaut peut-être mieux pour Tyrion)

    Je suis surpris par contre que Tyrion ne se pose pas la question de ce que va faire son père Tywin, celui vers qui il a orienté les reîtres de l’auberge et dont le château est le plus proche.

    « plus proche », pas convaincu. Cela dit, en effet Tyrion aurait pu se poser la question des actes de son père

    Alors qu’il était initialement dans une position presque désespérée, de fil en aiguille, Tyrion a utilisé parfaitement les actes et les paroles de ses adversaires à son avantage, et se retrouve finalement avec de vraies chances de survie.

    Disons que Tyrion part de « je vais mourir » à « il me reste une chance de m’en sortir » mais c’est encore très mince… et ça ne tenait qu’à un fil (sans la « bonne volonté » de Bronn, il mourrait comme une merde. Tywin aurait sans doute mal réagi d’ailleurs :/)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 semaines et 6 jours par R.Graymarch.

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    #138863
    darkdoudou
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Robert n’est pas là (et ça vaut peut-être mieux pour Tyrion)

    Si Robert Arryn n’est pas présent à la seconde audience (au lit?), il est bien présent à la première.

    « plus proche », pas convaincu

    oui tu as raison, je me suis laissé influencer par les propos de Jaime qui dit que son père n’est pas content de l’arrestation de Tyrion, et j’ai supposé que Castral Roc était plus proche de l’Auberge que Port-Real : c’est tout à fait faux, j’aurais du regarder la carte.

    #138878
    Yfos
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 231

    Je suis surpris par contre que Tyrion ne se pose pas la question de ce que va faire son père Tywin

    Il pense à lui. Après le premier interrogatoire, il se dit que

    Dès l’annonce de sa capture, son père avait sûrement dépêché des estafettes.

    Mesure mesurée, certes, mais mesure quand même.

    Une véritable malédiction que d’avoir une si grande gueule quand on est si petit.

    A force de rire et de se moquer, Tyrion se met dans une situation désespérée

    Pas faux. Heureusement qu’il se calme après. Peut-être qu’il aura retenu la leçon, s’il est à nouveau jugé.

    Robert Arryn se comporte en enfant (normal), sa mère aussi (!!!)

    De plus, sa mère le traite en bébé devant tout le monde. Robert Arryn est devant sa Cour, pour juger le meurtrier présumé de son père, assis sur un trône … avec une poupée. Elle l’y appelle « mon bébé joli ». Il est au bord d’une crise et elle veut le calmer mais elle pourrait trouver une autre formule.

    On apprend aussi que Catelyn avait raison: en refusant de finir l’ascension avec les navets, Tyrion n’a pas fait preuve de bon sens et a perdu sa fierté puisque Bronn l’a porté à la fin. D’un autre côté, cela a encore accru leur lien.

    Tyrion est encore un peu naïf dans ce chapitre. Lorsque tous les présents se disputent pour être le champion de Lysa, il se demande

    Comment tant d’étrangers pouvaient-ils avec tant d’ardeur désirer le tuer, lui qu’ils n’avaient jamais vu

    Il n’y a rien de personnel, j’en suis sûre. Je ne suis même pas convaincue que tous ces hommes le croient coupable: ils veulent simplement gagner la faveur de Lysa, voire Lysa elle-même.

     

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 semaines et 6 jours par Yfos.
    #138880
    Athouni
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 205

    Ce chapitre offre le premier procès d’une longue série. Tyrion retrouve ses esprits malgré la torture psychologique qu’il subit : comme il le dit, sa grande gueule devrait être en mesure de le sortir du pétrin où cette même grande gueule l’a jeté. Mais Tyrion peut d’abord compter sur le poids de son nom et la noblesse de son lignage car il va sans dire qu’il n’est pas traité comme un noble devrait l’être (et c’est une blessure pour lui), il bénéficie néanmoins des privilèges de sa naissance : Eut-il été roturier, Tyrion aurait appris à voler.

    Je trouve la manœuvre de Tyrion remarquable :

    1/ En piquant les chevaliers du Val là où ça fait mal : As high as honor ? L’air de rien, Tyrion rappelle les Eyries à sa propre devise lorsqu’il demande lors de sa seconde entrevue si l’honneur s’arrête à la porte Sanglante. Dès lors, les jeux sont faits et Tyrion obtient sans (trop) de mal son droit à un procès. Il est particulièrement savoureux de voir ces outres du Val, gonflés de leur propre importance, être remis en place !

    2/ Certes Tyrion a de la chance : son pari est risqué mais en un sens mesuré comme nous le comprendrons par la suite. Tyrion avait compris qui était Bron et comment il pouvait s’en servir. Par ailleurs, même si un procès fantoche, par exemple un procès qui verrait s’opposer un chevalier du Val et Tyrion, eut été possible (il est même envisagé apparemment par quelques chevaliers pressés de combattre le nain), je ne sais pas s’il aurait vraiment pu avoir lieu notamment parce que Catelyn est présente. C’est une fine analyste, et je la vois très bien rappeler qu’à l’origine de la rébellion de Robert il y a un « procès par combat » particulièrement pernicieux, loin, très loin des concepts de justice et d’honneur. Ce qui revient à nouveau à piquer les Eyries là où ça fait mal (As high as honor ?)  et surtout à rappeler qu’un procès fantoche peut très sûrement plonger le Val et Westeros plus largement dans la guerre (ce que précisément Lysa ne veut pas).

    Au delà de Cat, il ne faut pas oublier que cette rébellion a laissé des traumatismes importants chez divers protagonistes (Robert, Ned, Jaime pour ne citer qu’eux) et sans doute qu’au Val aussi on trouve des chevaliers encore marqués par cette terrible guerre civile et par conséquent peu enclins à remettre une pièce. Surtout aussi bêtement. Mais c’est peut-être trop demander aux chevaliers du Val…

    Sinon, Tyrion est quand même à deux doigts de tirer le bon fil quand il se demande s’il n’y a vraiment que des lions et de loups dans cette affaire !

    « When dead men come hunting in the night, do you think it matters who sits the Iron Throne »

    #138962
    Pat le petit porcher
    • Frère Juré
    • Posts : 62

    C’est une fine analyste, et je la vois très bien rappeler qu’à l’origine de la rébellion de Robert il y a un « procès par combat » particulièrement pernicieux, loin, très loin des concepts de justice et d’honneur.

    C’est au procès de Lord Rickard que tu fais allusion ? Catelyn n’en connaît pas encore l’histoire à ce moment de la saga.

    En ce qui concerne le fait que Tyrion se demande davantage ce que font Jaime et Cersei, que ce que fait son père, pour ma part je trouve cela assez logique. Son espoir d’être libéré, ce ne sont pas des armées Lannister attaquant Vivesaigues, Winterfell ou les Eyrié, c’est un ordre émanant du roi. Tywin pourrait tâcher de l’obtenir, mais Tyrion n’espère pas grand-chose de son père, car il soupçonne que ce dernier serait plutôt enclin à le laisser crever, quitte à venger ensuite sa mort pour laver l’honneur de la maison Lannister, qu’à tenter de le faire libérer. C’est donc Cersei qui pourrait représenter sa meilleure chance de s’en sortir, à condition que Jaime la pousse à faire cette demande au roi, et qu’elle la présente intelligemment. D’où l’inquiétude de Tyrion, qui sait bien que le tempérament de ses aînés risque de faire capoter même cette chance-là.

    #139369
    Ser Aemon Belaerys
    • Pas Trouillard
    • Posts : 540

    J’avais jamais fait le lien Nain-Or, tellement Tyrion est différent des nains « classique » de la littérature fantasy, dont Gimli peut être une référence. C’est bien vu !

    A la relecture ça me fait halluciner à quel point Lysa peut être bête, elle a plein de volontaires, et elle choisir Ser Vardis, le seul qui ne voulait pas ! Peut être qu’un autre aurait été plus vigoureux et capable de battre Bronn, même si ce dernier est très fort.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    #139372
    Eridan
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3571

    A la relecture ça me fait halluciner à quel point Lysa peut être bête, elle a plein de volontaires, et elle choisir Ser Vardis, le seul qui ne voulait pas ! Peut être qu’un autre aurait été plus vigoureux et capable de battre Bronn, même si ce dernier est très fort.

    J’avais également fait cette remarque sur l’ancien forum. Pourquoi choisir Vardis, qui ne demande rien et qui n’est clairement pas le plus alerte des chevaliers présents ? « C’est un homme courtaud, au visage carré et aux cheveux blancs. » dit le wiki … C’est pas franchement la description qu’on attend d’un champion.

    Et bien en fait, le choix de Lysa est assez censé vu le contexte. Si tous les autres se précipitent, ce n’est ni par sens de l’honneur, ni par sens du devoir : c’est parce qu’ils sont les prétendants de Lysa et qu’ils espèrent ainsi se faire bien voir, et profiter de l’éventuelle gloire que leur vaudra leur victoire pour faire un peu plus pression sur Lysa en vue d’un remariage. Obtenir les faveurs de la dame, défendre sa cause dans un duel judiciaire est un bon moyen pour ensuite prétendre à sa main (et devenir régent-protecteur des Eyrié et du Val 😉 ). Si Lysa avait choisi un Lyn Corbray, elle aurait sûrement augmenté ses chances de gagner le duel … mais elle aurait aussi favorisé un de ses prétendants au détriment des autres, ce qui n’est pas ce qu’elle souhaite, puisqu’elle entretient délibérément le statut quo.
    Vardis Egen est différent : il n’est pas un de ses prétendants, juste un serviteur. S’il accepte d’être son champion, ce n’est que par honneur chevaleresque (défendre la veuve et l’orphelin), pas par quête de la gloire ou d’une faveur future.
    Le choix de Lysa n’est pas très bon d’un point de vue strictement guerrier, mais il est assez censé d’un point de vue politique.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines par R.Graymarch.
    #139375
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Autre proposition : Vardis ne se propose pas car il sait qu’il va être choisi, ou parce que justement faire « semblant » de ne pas être intéressé est ce qui le distingue des Morts de faim en compétition avec lui.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #139382
    darkdoudou
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Pour moi Vardis ne veut pas être choisi car il a déjà compris les implications de ce choix : s’il se bat contre Tyrion, la victoire ne présente aucun honneur et aucune gloire, et la défaite est impensable. Quand on parle du champion des Arryn, Vardis est peut-être le seul à envisager que Tyrion, lui aussi, a le droit d’en désigner un. Et bien sûr par ses paroles Vardis facilite la tâche à Tyrion:

    « Madame, dit-il d’un ton grave en ployant le genou, veuillez m’épargner. La besogne ne me tente pas. Cet homme n’est pas un guerrier. Regardez-le. Un nain, qui m’arrive à peine à la ceinture, et mal assuré sur ses jambes. Je me déshonorerais en l’assassinant et en nommant cela “justice”. »

    D’ailleurs Vardis ne donne pas son accord pour le duel avant ou après l’inscription de Bronn

    #139390
    PierreKirool
    • Éplucheur de Navets
    • Posts : 24

    Un de mes chapitres préférés jusqu’à présent, je sursaute à chaque lecture quand Tyrion se retrouve à deux doigts de chuter dans le vide !

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