AGOT 38 – Bran V

Ce sujet a 17 réponses, 10 participants et a été mis à jour par  Obsidienne, il y a 1 semaine et 4 jours.

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    Emmalaure
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    AGOT 38 – Bran V
    Au fil des pages – liste des sujets

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    Ce chapitre est donc le 5e consacré à Bran, qui expérimente ici le déconfinement après ce qui doit être de l’ordre de quelques mois passés à l’intérieur des murs de Winterfell.
    La construction du chapitre suit la chronologie de la sortie et dialogues et actions s’enchaînent de manière fluide en alternant avec de brefs passages plus méditatifs qui permettent – entre autres – de resituer le contexte (en particulier comment ceux qui sont restés à Winterfell pendant que les autres sont dans le sud ont occupé leur temps). Bran y sort pour la première fois depuis des mois, mais cette sortie vire à la catastrophe, avec une agression subie par Bran et son sauvetage in extremis par les loups et la flèche chanceuse de Theon.
    Selon comment on souhaite analyser le chapitre, on peut distinguer deux ou trois temps forts, sachant que ce n’est ici qu’une convention pour faciliter la lecture. Pour ma part, j’ai choisi trois temps, et à l’intérieur de ces temps, je m’arrêterai sur une thématique littéraire présente dans le texte et que je choisis de mettre en valeur (ça ne préjuge pas de l’absence ou la présence d’autres thématiques, bien sûr, mais aussi, on verra que mon découpage est un peu artificiel, car les trois thématiques que j’ai choisi d’aborder se retrouver dans chacun des trois temps !). Je découpe ainsi :

    1. La sortie au-delà des murs, avec le thème du loup prisonnier.
    2. Le trot puis le galop sur la route royale avec son frère Robb, où Bran est ramené à sa condition d’enfant et où il apprend l’agression dont son père a été victime.
    3. L’incursion dans le Bois aux Loups, à la recherche d’Etée et Vent gris, et la rencontre meurtrière avec des déserteurs de la Garde de Nuit et des évadés de l’au-delà du Mur, où on retrouve plusieurs éléments du Prologue d’AGOT et de la rencontre avec les Autres.

    1.Le loup prisonnier passe les portes du pénitencier

    Dans un post sur le précédent chapitre de Daenerys, j’avais évoqué la figure du loup prisonnier et empêché qu’était Eddard suite à son agression par Jaime et sa bande, et cette fois c’est son fils Bran qui endosse ce rôle ; pour le moment, la prison de Bran est son propre corps infirme et ses jambes incapables de bouger et de réagir, car les murs de Winterfell, eux, s’ouvrent encore sur l’extérieur et les loups des Stark ne sont pas enchaînés. Pourtant, Winterfell a déjà quelques petits airs de prison, notamment avec ses grilles, aka la herse en fer (« iron portcullis » en vo) que Bran regarde se lever et sous laquelle il va passer pour sortir.
    Nous venions de quitter une Daenerys s’endormant et rêvant de « la maison », une princesse exilée aspirant à son chez elle, nous débutons le chapitre de Bran sur un prince se rêvant chevalier et hors de sa maison :

    He had not been outside Winterfell since his fall, but he was determined to ride out as proud as any knight.
    (Il n’était pas sorti de Winterfell depuis sa chute, mais il était décidé à le faire avec autant de fierté qu’un chevalier)

    Je n’ai pas la vf sous les yeux, mais la vo regorge de petits mots qui accompagnent les verbes et évoquent le mouvement, la traversée d’espaces et le franchissement de limites, qu’elles soient tout droit, sur les côtés, en haut ou en bas. Je prends l’exemple le plus représentatif, celui où la caméra le texte suit mot à mot le mouvement de la troupe hors des murs du château :

    They passed beneath the gatehouse, over the drawbridge, through the outer walls. Summer and Grey Wind came loping beside them, sniffing at the wind.

    Au-delà du château, les loups respirent ! Et Bran aussi, par la même occasion, qui débute sa sortie sur une émotion très forte où la peur domine, et finit par prendre confiance au doux rythme de Danseuse :

    Try as he might to keep calm, his heart was fluttering in his chest.
    « Are you ready? » Robb asked.
    Bran nodded, trying not to let his fear show.
    (… ils sortent du château puis de la ville d’hiver)
    His anxiety faded, and a tremulous smile crept across his face.

    Malgré la présence des loups géants, il faut attendre un peu plus tard dans le chapitre pour entrevoir le lien particulier que Bran a noué avec le sien et se rendre compte qu’il porte à présent en lui une part de loup. Lorsque Robb et lui après un galop se sont éloignés du reste de la troupe, Robb engage la conversation en évoquant ces loups et le fait qu’ils semblent comprendre des choses avant que leurs maîtres-compagnons aient pleinement conscience de ces choses. On a vu dans un chapitre précédent de Jon que Fantôme allait consoler Samwell Tarly en larmes, faisant à la place de Jon les gestes que ce dernier n’osait peut-être pas faire. On a vu aussi dans le précédent chapitre de Bran comment les loups avaient agressé Tyrion alors que Bran ne supportait pas de se faire traiter d’infirme et n’osait pas exprimer toute sa colère.
    Plus tard, après la première conversation entre Robb et Bran, ce dernier, sous le coup de la tristesse et ayant perdu l’envie de galoper, laisse vagabonder ses pensées dans une curieuse contemplation de la nature où d’autres sens que la vue sont convoqués et où ils se montrent singulièrement aiguisés :

    He knew this wood, but he had been so long confined to Winterfell that he felt as though he were seeing it for the first time. The smells filled his nostrils; the sharp fresh tang of pine needles, the earthy odor of wet rotting leaves, the hints of animal musk and distant cooking fires. He caught a glimpse of a black squirrel moving through the snow-covered branches of an oak, and paused to study the silvery web of an empress spider.

    Sentir l’odeur de l’humus en forêt, c’est assez ordinaire, mais sentir également les « traces » (= »hints ») d’animaux c’est beaucoup plus inhabituel, a fortiori pour un enfant de 8 ans qui a été élevé au château et pas au milieu d’une horde d’animaux sauvages ! Autrement dit, si le lien entre Bran et son loup transforme le loup en question vers plus d’humanité (et l’approche du caractère de Bran), la transformation est réciproque, Bran prenant des traits de loup.
    (Au passage, je pense qu’il y a des indices littéraires dans la brève image de l’écureuil noir sur des branches couvertes de neige, accolée à celle d’une araignée « impératrice » et de sa toile d’argent : quatre personnages à mon sens, fondamentaux pour l’histoire passée des Stark de Winterfell, et représentés par l’écureuil, les branches d’arbre, la neige et l’araignée)

    Cependant, avant d’être un loup, Bran est un enfant, et le texte nous le rappelle sans cesse, malgré les dénégations de notre héros.

    2.Rêves et cauchemars d’enfants, réalités d’adultes

    Si Bran n’a plus son poney et peut monter un vrai cheval – symbole d’une sortie de l’enfance – celui-ci est une petite pouliche, et on est donc encore loin du destrier des chevaliers ou même du palefroi que montent les dames : il ne faudrait pas aller plus vite que la musique !
    Bran est ramené à sa condition d’enfant de plusieurs manières : d’abord par le regard et les mots des autres personnages, Robb et Theon, les hommes presque faits, en tête. Lorsque la troupe passe devant l’auberge de la ville d’hiver, Theon salue les deux servantes qui les regarde passer va pour évoquer sans gêne ses ébats avec elles, lorsque Robb lui demande de ne pas le faire à portée d’oreilles de Bran.
    Bran fait semblant de rien mais s’imagine que Theon le regarde et sourit du sourire qu’il n’aime pas. Avec le recul, on peut se demander si les malheurs de Theon n’ont pas été « pilotés » en partie par un Bran vervoyant plein d’animosité et qui aurait soufflé quelques idées malsaines à Ramsay ; ou encore, plus subtilement, qu’une partie de l’esprit de Bran ayant déjà été en contact avec les esprits/fantômes de Winterfell, ces esprits/fantômes pourraient avoir repris à leur compte l’hostilité de Bran envers Theon et l’avoir transmise à ses habitants, certains étant plus sensibles/réceptifs que d’autres, comme je pense que c’est le cas avec Ramsay, qui a vécu dans Winterfell sous le bref règne de Theon. Bon, dans les faits, il n’y a pas besoin de suggérer quoi que ce soit à Ramsay : le sourire autosatisfait de Theon en a agacé plus d’un et Ramsay a assez d’astuce pour frapper exactement là où ça fait mal, en plus de sa cruauté obsessionnelle. Il peut n’être qu’un bras armé symbolique de la part sombre de Bran, celle que le garçon ne souhaite pas exprimer (=les vengeances qu’il s’interdit)
    Mais revenons au chapitre. Après la course avec Robb, ce dernier joue son rôle de grand frère attentif jusqu’au bout en prétendant que Bran aurait pu gagner à la course, ce dont Bran n’est pas dupe (Robb a été devant pendant tout le trot puis le galop) et c’est pour cela qu’il répond « I won’t race ». Je pense qu’on a là également un petit rappel de la course entre Jon et Robb, dans le tout premier chapitre de Bran : du fait de leur âge équivalent, Robb et Jon partageaient les mêmes jeux à égalité, ce qui n’était pas le cas de Bran, monté à cette époque sur un poney et se sentant tout petit à côté des grands frères et de son « géant » de père monté sur son grand cheval.
    Juste après cet instant de sollicitude (il y en avait eu un autre, à l’ouverture du chapitre, quand Robb lui demandait si ça allait), Robb hésite à partager ses soucis avec Bran, et surtout ne sait pas comment lui annoncer la dure vérité : la nouvelle de la mort de Jory Cassel et de deux autres serviteurs des Stark, et de la blessure d’Eddard, qui ne s’est pas encore réveillé.

    Robb sighed. « I never know how much to tell you, Bran. I wish you were older. »

    Cependant, Bran est un frère héritier d’une seigneurie, apprendre les nouvelles fait partie de son éducation, et c’est ainsi qu’il chute dans le rude monde des hommes et de la violence :

    « Theon thinks I should call the banners, » Robb said.
    « Blood for blood. »
    For once Greyjoy did not smile. His lean, dark face had a hungry look to it, and black hair fell down across his eyes.

    Dans ce monde empli de désirs de vengeance et de revanches et où les hommes doivent constamment prouver leur valeur, les enfants, les femmes et les vieux n’ont pas de place. Theon le dit à propos de mestre Luwin, qui a été semé et qu’on voit au loin, monté sur son âne (il n’est pas inclus dans le monde testostéronné des vrais hommes) :

    Bran shivered. « I wish Mother was back, » he said miserably. He looked around for Maester Luwin; his donkey was visible in the far distance, trotting over a rise.
    « Does Maester Luwin say to call the banners too? »
    « The maester is timid as an old woman, » said Theon.

    Robb a entendu ce que Luwin avait à dire, mais il n’a pas suivi son conseil et s’il n’a pas encore appelé le ban et l’arrière ban, il prépare déjà le terrain.
    D’un point de vue littéraire, il s’agit bien d’une chute renouvelée pour Bran, et celle-ci est marquée dans les mots employés par GRRM : à la fin de son galop, Bran exulte et crie « I can ride ! », suivi immédiatement de « c’était presque aussi bon que de voler ». Puis c’est la douche froide : le sourire et le ton léger de Robb ne sont qu’une façade, il a une nouvelle funeste à annoncer, et Bran se rappelle alors des derniers corbeaux – « noires ailes noires nouvelles » – et « s’accroche » (« clung » en vo) à un vain espoir concernant le dernier.

    And now another raven, another message. Bran clung to hope. « Was the bird from Mother? Is she coming home? »

    L’espoir, ici, prend la forme de sa mère. En d’autres termes, c’est l’enfant réclamant sa mère et craignant par-dessus tout la séparation d’avec ses parents qui est dépeint (c’est explicite plus loin, quand Bran dit « I wish Mother was back »).
    De la même manière, le jeune Bran libéré un temps des murs de Winterfell ne l’est pas vraiment totalement : sa selle démesurée le maintient comme un bébé dans un porte-bébé ou un berceau (« cradle » = bercer) et l’aide à se sentir à l’aise et à dissiper sa peur :

    With his legs unable to grip, the swaying motion of the horse made Bran feel unsteady at first, but the huge saddle with its thick horn and high back cradled him comfortingly, and the straps around his chest and thighs would not allow him to fall. After a time the rhythm began to feel almost natural. His anxiety faded, and a tremulous smile crept across his face.

    En le privant de l’usage de ses jambes, l’infirmité de Bran l’a ramené à l’état du bébé qui ne marche pas encore, et finalement, on peut également voir un parallèle avec le jeune Robert Arryn, pendu au sein de sa mère. Bran n’est pas si différent dans ses désirs, seulement, sa mère n’est pas Lysa (en l’occurrence, on a l’extrême inverse : des parents absents).
    Cette infirmité va m’amener à la troisième partie et une autre analyse symbolique du personnage de Bran perdu dans le Bois aux Loups et rencontrant une bande de fantômes échappés du monde des morts.

    3. Rencontre du 3e type

    Si Bran semble ramené dans les jupes de sa mère, il n’en est pas pour autant infantilisé, et le regard qu’il porte à présent sur le monde violent des hommes adultes est au contraire emprunt de lucidité : il entrevoit la tragique réalité derrière les ors de la gloire, mais cela passe par des émotions et des sensations et non pas par un discours raisonné; ainsi, la joie de Bran a fondu comme une neige d’été (sweet summer child !), et l’appel du ban lui inspire de la terreur (« dread »).

    The joy Bran had felt at the ride was gone, melted away like the snowflakes on his face. Not so long ago, the thought of Robb calling the banners and riding off to war would have filled him with excitement, but now he felt only dread. « Can we go back now? » he asked. « I’m cold. »

    La dernière phrase, lapidaire, rappelle que l’hiver vient, et que l’hiver, c’est froid, comme la mort. L’enfant Bran a été sacrifié une nouvelle fois.
    Et de fait, c’est la figure de l’enfant souffrant et sacrifié qui m’intéresse ici puisque Bran reprend à son compte la symbolique du Roi Pêcheur de la littérature arthurienne :
    – comme le roi Pêcheur, Bran blessé a perdu l’usage de ses jambes.
    – Winterfell déserté et avec sa ville d’hiver quasi vide apparait ici comme la terre désolée et souffrante comme son roi, la Terre Gaste. La neige qui y tombe est une autre image de la stérilité
    – Bran rappelle un épisode où il pêchait avec Jory Cassel et Jon, et où Jon lui avait donné son poisson pour qu’il ne rentre pas bredouille (petit aparté : la mère de Bran est une Tully, la famille à la truite !). Ce rappel semble arriver comme un cheveu sur la soupe dans le déroulé du chapitre : Bran était perdu dans ses pensées et celles de son loup (il avait capturé la trace olfactive d’animaux et contemplait là un écureuil, là une toile d’araignée) avant d’entendre un ruisseau; les mots de Robb le tirent alors de sa rêverie, il se rend compte qu’il pleure et evoque cet épisode de la pêche comme une improvisation du moment.
    L’épisode a son intérêt : on y voit à nouveau le lien particulier entre Bran et Jon, où Jon semble avoir été un grand frère plus proche et plus empathique que ne l’est Robb (Robb n’est pas un mauvais frère, mais les moments de réelle complicité avec Bran sont apparemment plus rares), et de fait, dans le tome suivant, c’est Jon que Bran va chercher à contacter pendant qu’il est caché dans les cryptes de Winterfell.
    Bran demande s’ils reverront Jon, Robb répond par l’exemple de Benjen, ce qui n’est pas franchement du meilleur augure, vu que Benjen est porté disparu au-delà du Mur. Cependant, je pense qu’il y aura bien des retrouvailles entre Bran et Jon, mais qu’elles n’auront pas lieu à Winterfell, contrairement à ce qu’espère Bran dans ce chapitre et ce que prétend Robb pour le rassurer. A titre personnel, je pense que le Roi Pêcheur qu’est Bran attend sa délivrance de la part d’un « parfait chevalier » aka Jon, qui viendra le trouver sur son trône/berceau de racines de barral, dans la grotte du Vervoyant, quelque part dans la Terre gaste qu’est devenu l’Au-delà du Mur.

    Le ruisseau dans cette scène me semble avoir une plusieurs fonctions : il souligne un parallèle littéraire avec un le personnage du Roi Pêcheur, introduit les pleurs de Bran et son deuil, convoque un souvenir où Jon est un « sauveur », et marque une frontière physique entre deux espaces : le monde civilisé/des vivants sur la route royale et l’autre monde (le « magique », le « monde des morts », le monde des « merveilles », etc…) situé dans le Bois aux Loups.
    Avec cette dernière image, on peut dresser un parallèle entre le ruisseau (assez profond par endroits, si on suit la description, car Robb doit mener le cheval de Bran et a de l’eau à mi-cuisse) et le Mur, et entre la Forêt hantée et le Bois aux Loups. Et justement, alors que Bran et Robb sont partis en chasse de leurs loups (comme les trois patrouilleurs du prologue étaient en chasse d’un groupe de sauvageons), ils vont tomber sur des échappés de l’Au-delà du Mur (déserteurs de la GDN et sauvageons) qui semblent surgir du bois et du ruisseau comme les Autres du prologue on semblé surgir des arbres (Bran ne voit d’abord rien, il commence par entendre un bruit de feuille, et d’un coup il est cerné; Will, lui, voit d’abord des jeux de lumière, mais le jeune Royce a senti quelque chose avant de voir un Autre). Et il sont 6.
    Les vêtements décrits sont des gueunilles, certaines rapiécées en patchwork, dont les couleurs bleues, marron et vert sombre mêlent celles d’une forêt épaisse au bleu des Autres. Cependant, le fait qu’elles aient fâné et virent toutes au gris donne à cette bande de loqueteux des airs stark : Bran pourrait donc se trouver face à de symboliques fantômes stark (et pourquoi pas « ses monstres » ?). Un des hommes est « gaunt » (décharné en vf), un terme qui a servi pour décrire les Autres (on le retrouve pour d’autres personnages et moment particuliers, comme sir Ilyn Payne, par exemple, ou encore l’anonyme qui va essayer de poignarder Bran dans son coma) et c’est celui qui sera le meneur et mettra le plus Bran en danger en menaçant de l’égorger.
    Enfin, après sa mise à mort, l’égorgeur Stiv semble se dissoudre dans l’eau du ruisseau, lorsque le texte parle de « la vie qui s’écoule en tourbillons » dans l’eau :

    The big man swayed and collapsed, facedown in the stream. The arrow broke beneath him. Bran watched his life go swirling off in the water.

    Par ailleurs, la richesse des vêtements de Bran est à la fois un moteur de l’action (elle attise la convoitise du groupe) et un autre possible parallèle avec le Roi Pêcheur (souvent surnommé le « riche roi pêcheur » dans la littérature arthurienne).
    Pendant un moment de grande tension, on craint vraiment pour la vie de Bran, auquel les menaces ne sont décidément pas épargnées depuis sa chute. Robb se retrouve également dans la même position qu’Eddard, contraint de mettre à mort les loups, comme son père avait dû exécuter Lady, en échange de la vie d’une être cher, à la différence près qu’ici, la flèche de Theon, telle un deus ex machina, arrive à temps pour interrompre le sacrifice (question à 1000 euros : la flèche a-t-elle été guidée pile au bon endroit au bon moment ? Comme beaucoup plus tôt des flèches miraculeuses avaient mis fin aux ambitions de Daemon Feunoyr ?). C’est la première fois dans la saga que nous voyons un archer accomplir un exploit; comme on reverra des arcs, des flèches et des archers plus (Anguy, Alleras…) ou moins (Sam) doués, il y a des chances pour que la présente scène soit un foreshadowing pour une autre, et qu’on la voie se répéter sous une ou plusieurs formes (que ce soit la « mauvaise » ou la « bonne » cible qui soit atteinte, d’ailleurs). On peut remarquer également que Theon qui cherchait une biche/un cerf/ un daim ? (« deer » en anglais désigne autant la biche que le cerf) rentre bredouille question gibier de bouche, de la même façon que Robert Baratheon ne trouvera jamais son cerf blanc. D’une manière générale, lorsque les personnages partent en chasse de quelque chose, ce qu’ils trouvent n’est jamais ce à quoi ils s’attendaient : la chasse fonctionne un peu comme les prophéties dans ASOIAF.

    Pour conclure, un chapitre très dense et qui m’a donné plus de difficultés que d’autres, non pas pour trouver des idées, mais pour trier et ordonner (je crois que ma fin part dans tous les sens, mais je commençais à en avoir marre ^^). Mais cependant, on peut le résumer ainsi : la mise à mort symbolique et répétée (Bran est blessé à la jambe, chute de cheval, risque l’égorgement de l’agneau innocent, et manque d’être transpercé par une flèche) de l’enfant Bran accompagne la naissance d’un nouveau Bran, un Bran en train de passer dans le monde adulte et tiraillé entre de fortes émotions contraires, dues à la confrontation de ses rêves d’enfants avec la réalité du monde des adultes. A ce moment, plusieurs voies sont encore possibles entre la violence prédatrice des loups ou la douce sagesse d’un vieux mestre !

    J’ajouterai une autre interprétation personnelle : Bran rejouerait la partition jouée autrefois par un autre vervoyant, partagé entre les mêmes émotions, confronté aux mêmes choix mais n’ayant sans doute pas fait les mêmes.

    Je n’ai pas parlé d’Osha, comme de plein d’autres choses, mais cette « présentation » n’en est déjà plus une, alors il est temps de laisser la place, à vous les studios !

    • Ce sujet a été modifié le il y a 3 semaines et 6 jours par  R.Graymarch.
    #138648

    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Le chapitre est surtout mémorable pour sa fin, j’y reviendrai… à la fin.

    On voit que Bran, 8 ans, va mieux et que la selle dessinée par Tyrion l’aide vraiment : il gagne en autonomie, une fois qu’il a la bonne monture et un peu d’entraînement (2 semaines dans la cour). Ca fait chaud au coeur de le voir faire à nouveau un peu d’activité. Néanmoins, pour la sortie, on prend tout de même le mestre pas bien loin (sur une monture plus calme.. comme Mya et Catelyn un peu plus au sud). Pas de pluie ici, mais un peu de neige…

    Le groupe passe près de la ville d’hiver et ça permet de nous en apprendre un peu plus sur les moeurs hivernales du coin (The Smoking Log / La Bûche qui fume, mouarf ). Theon… fait son Theon, Bran fait semblant de ne pas avoir entendu et ne cache pas au lecteur qu’il apprécie assez peu le Fer-né (alors que son grand frère l’admire, enfin « a l’air de l’admirer et de l’apprécier »).

    Bran « gagne » à la course (en fait, non mais il n’est pas dupe et ça lui fait bien plaisir de pouvoir galoper malgré son handicap) puis on apprend que des corbeaux sont arrivés et avec eux de sombres nouvelles. Ce n’était pas le premier : déjà aucune nouvelle de Benjen, puis Cat avait emprisonné le Lutin (que Bran aime plutôt bien), ce qui avait incité Robb à s’enfermer pour prendre conseil et à envoyer des messages à ses vassaux. Et là, Ned est blessé et Jory est mort. Bran est inquiet, Theon est toujours plein de morgue pour ceux qu’il n’estime pas (Luwin par exemple), alors que Robb tente avec du mal de se faire entendre (sans aucune incidence sur Theon). Tout ceci est un dur retour à la réalité pour Bran qui d’un coup veut rentrer. Sauf qu’il faut aller chercher les loups.

    Puis, Bran tombe sur un torrent où il allait pécher avec Jon et il se demande s’ils reverront Jon. La réponse de Robb à base de « hey, on a bien revu Benjen quand Robert est venu » n’est pas très rassurante… Robb et Bran traversent la rivière (Bran sent l’eau sur son visage) puis un loup ayant tué un animal, Robb laisse Bran seul. Et l’embuscade arrive. On sait comment ça se passe, c’est un mélange de déserteurs et de sauvageons. Bran est poli avec eux, comme à l’auberge, sauf qu’ils sont moins avenants. Tout part en vrille quand Robb revient jusqu’à ce que Theon tue le dernier puis se fait copieusement engueuler pour ça par Robb.

    Dans ma tête, je voyais clairement Theon face aux sauvageons tirer à l’arc malgré les ordres de Robb. Or, il tire de dos alors qu’on ne l’a pas vu. Du coup, mon impression initiale de « Theon est un petit con, il a eu de la chance de ne pas mettre Bran en danger » est fausse. Déjà, Theon n’a pas enfreint les ordres vu qu’il n’y en avait pas. Et ensuite, tirer dans le dos d’un adulte me parait beaucoup moins dangereux que face à lui (sachant qu’il tient son otage). Robb dit que Theon a eu de la chance qu’il ne soit pas armuré. Stiv est un déserteur de la Garde. La cotte de mailles, ça fait partie de l’équipement standard, non ? Mais c’est peut être rangé ailleurs pour la nuit. Ou Stiv voulait aller vite et s’est débarrassé d’une armure en métal (ou l’a échangé contre de la nourriture à un paysan du coin). Même s’il avait eu une cotte de mailles, une flèche à quasi bout portant, ça fait assez mal pour que le choc (+ la surprise) le fasse lâcher Bran. Du coup, je me dis que Robb panique et engueule Theon mais que ce dernier a bien agi, c’était la meilleure solution (efficace et peu risquée). Désolé, Theon, je t’avais mal jugé ^^

    Theon Greyjoy stood beside a sentinel tree, his bow in hand. He was smiling. Ever smiling. A half-dozen arrows were thrust into the soft ground at his feet, but it had taken only one. “A dead enemy is a thing of beauty,” he announced.

    “Jon always said you were an ass, Greyjoy,” Robb said loudly. “I ought to chain you up in the yard and let Bran take a few practice shots at you.”

    “You should be thanking me for saving your brother’s life.”

    “What if you had missed the shot?” Robb said. “What if you’d only wounded him? What if you had made his hand jump, or hit Bran instead? For all you knew, the man might have been wearing a breastplate, all you could see was the back of his cloak. What would have happened to my brother then? Did you ever think of that, Greyjoy?”

    Theon’s smile was gone. He gave a sullen shrug and began to pull his arrows from the ground, one by one.

    Forcément, le fait que Theon se la pète n’aide pas du tout son cas, on connait l’animal. Et je ne pense pas du tout que Theon ait « eu de la chance » dans son tir : c’est un très bon archer, il arrive de dos et la cible est statique. Bonne idée de prendre son arc « au cas où » il y a du deer. Car franchement, je me demande ce qu’il aurait pu arriver sans lui. Robb paraissait impuissant, paralysé par la peur de faire le mauvais choix dans une situation inextricable : il voulait sauver son frère mais ne voulait pas tuer des loups (bonne pioche), que serait-il arrivé ? Une rançon (bof), un massacre ?

    Osha sauve sa tête grâce à l’intervention de Luwin (cf plus tôt “I listen to him,” Robb insisted. “I listen to everyone.”). En effet, c’est une bonne idée.

     

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #138650

    Athouni
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 205

    Très intéressante entrée en matière qui me fait regretter de ne pas pouvoir suivre ce projet de relecture comme je l’aurais voulu.

    Pas grand chose à ajouter sinon que cette sortie mouvementée du cocon est aussi pour Bran une prise de conscience (thème central dans AGOT qui est un livre sur la fin des illusions) à travers la rencontre avec les sauvageons / déserteurs. Confronté à l’autre, Bran réalise quelle est sa place. Martin a besoin d’une phrase pour faire passer l’idée : « He was suddenly conscious of how richly he was dressed« .

    De manière (sans doute trop) lapidaire on pourrait dire : Bran se rêve en chevalier blanc et réalise qu’il n’est qu’un privilégié, par ailleurs incapable de se défendre seul. Et là on se rappelle qu’il voulait quitter Winterfell as proud as any knight.

    Outch. ^^

    « When dead men come hunting in the night, do you think it matters who sits the Iron Throne »

    #138658

    darkdoudou
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Je suis toujours soufflé par la richesse de l’analyse symbolique que tu nous proposes, Emmalaure : chaque fois je me dis « waow, je n’avais pas vu tout ça ». Merci!

    Il y a quelque chose dont tu n’as pas parlé c’est la neige ; la pluie sur laquelle tu avais attiré notre attention, présente au sud et si tragique pour Eddard Stark, s’est ici transformée au contact du froid du nord.
    Dès les premiers mots, ce sont des flocons épars qui ravissent Bran tout heureux de sortir enfin de son confinement.

    Des flocons épars tombaient qui, au contact de son visage, fondaient telle une bruine des plus agréable.

    Ensuite, pendant que Bran discute avec son frère en compagnie de Theon, la neige les isole du monde.

    « Il n’appartient qu’au suzerain de convoquer le ban, objecta Bran, tandis que la neige les enveloppait dans ses tourbillons

    Mais c’est quand Bran se retrouve seul que l’environnement devient inquiétant :

    Aussitôt, Bran eut l’impression que la forêt se refermait sur lui. La neige tombait désormais plus dru. Et si elle persistait à fondre dès qu’elle touchait le sol, chaque racine et chaque pierre et chaque branche peu à peu se fourraient de blanc.

    Pendant tout le chapitre, j’ai été frappé une fois de plus par la lucidité de Bran sur ceux qui l’entourent et la compréhension qu’il a de la situation globale du Nord. Quand il est entouré d’ennemis, il ne perd pas la tête mais observe en détail les agresseurs, comprend que ce sont des déserteurs de la Garde et se rappelle des mots de son père.
    Avant la bagarre, suite aux propos de Bran il y a de la désunion entre les six. Plus tard, quand Stiv demande à Robb de tuer les loups, Bran comprend immédiatement où il veut en venir et réagit. Il déduit aussi d’après ses paroles qu’Osha est une sauvageonne et, à la toute fin du chapitre, intervient à propos dans la discussion pour faire pencher la balance du côté de la survie pour elle.
    A défaut de vervoyance, j’ai trouvé Bran très clairvoyant.

    J’ai apprécié aussi l’approfondissement de l’univers avec l’explication de la ville qui rassemble les fermiers des alentours pendant l’hiver.

    Du coup, je me dis que Robb panique et engueule Theon mais que ce dernier a bien agi, c’était la meilleure solution (efficace et peu risquée). Désolé, Theon, je t’avais mal jugé ^^

    Même si la situation finit bien, je trouve que Robb a raison de recadrer Theon et son sourire déplacé. Dans l’intervention de Robb, je vois déjà le chef de guerre qui apparaîtra aussi dans les engueulades envers Edmure : il ne veut pas que des subordonnés prennent des initiatives risquées et potentiellement désastreuses. Le tir à l’arc de ce chapitre est une esquisse de ce que sera la prise de Winterfell : un très joli coup mais sans penser aux risques et aux conséquences.

    Je ne suis pas sûr que Robb est paniqué ; il reste calme pendant toute l’action et soupèse soigneusement la situation. Peut-être a-t-il imaginé un plan que nous ne connaissons pas, impliquant les loups, les gardes et Theon, et sans risque pour Bran? L’énervement vient aussi du fait que l’escorte aurait dû rester à proximité des deux héritiers.

    Edit : celui qui fait une prophétie sans le savoir, c’est Theon «Give her to the wolves / Donne-la aux loups » En effet Osha se révélera un vrai don pour les (petits) loups

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 semaines et 6 jours par  darkdoudou. Raison: ajout prédiction Theon
    #138662

    Athouni
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 205

    Comme j’aime toujours trouver une illustration du chapitre – et qu’en l’occurrence c’etait en plus super fastoche :

    « When dead men come hunting in the night, do you think it matters who sits the Iron Throne »

    #138663

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6825

    Dans l’intervention de Robb, je vois déjà le chef de guerre qui apparaîtra aussi dans les engueulades envers Edmure : il ne veut pas que des subordonnés prennent des initiatives risquées et potentiellement désastreuses.

    Plutôt en accord. Robb veut que les subordonnés exécutent, point barre (et il ne les met pas au courant du plan, pour Edmure). Ce qui prouve à mes yeux qu’il se monte un peu la tête et ne sait pas bien déléguer. J’ai conscience qu’entre une embuscade et un plan de bataille, il y a le facteur temps (et improvisation) qui change énormément de choses.

    Le tir à l’arc de ce chapitre est une esquisse de ce que sera la prise de Winterfell : un très joli coup mais sans penser aux risques et aux conséquences.

    Là, je suis moins d’accord. Si Theon s’était contenté de prendre Winterfell puis de partir comme Asha lui conseillait de faire, ça aurait été un coup de génie : peu de pertes fer-nées, gros coup au moral du Nord, le genre de trucs qu’on chante après pendant des siècles. Mais il fallait avoir la lucidité de se rendre compte que Winterfell est prenable mais pas tenable. Là, au niveau de Stiv (et Osha), le gain est énorme (éteindre la menace), le risque (tirer dans le dos, par surprise) est quasi inexistant. A moins que la foudre, un rocher ou un piano ne tombe sur Stiv sans toucher Bran, on n’aurait pas pu faire mieux. J’imagine que ça énerve Robb de ne pas avoir sauvé son petit frère et que le sourire en coin de Theon qui se la pète n’aide pas du tout. Du coup, c’est humain, Robb rabaisse la personne qui a sauvé la mise. Ce qui n’est pas bien malin.

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    #138669

    Emmalaure
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 751

    Il y a quelque chose dont tu n’as pas parlé c’est la neige ; la pluie sur laquelle tu avais attiré notre attention, présente au sud et si tragique pour Eddard Stark, s’est ici transformée au contact du froid du nord.

    Oui, j’avais aussi des trucs à dire sur la neige, comme sur Osha, et c’est un choix délibéré de ma part, d’abord parce que j’ai déjà tendance à partir dans tous les sens, et ensuite parce que le post était déjà très long (dernière raison : j’ai déjà beaucoup bassiné avec des histoires de neige et de pluie et je me faisais l’impression de radoter ).

    Je note cependant comme toi que la neige rythme ici le déroulé du chapitre et accompagne les émotions de Bran. La toute première mention la compare également à la pluie (« comme la plus gentille des pluies » dit le texte de la vo), ce qui pourrait être un indice que cette sortie va mal tourner, ou que la menace pèse toujours sur les Stark même à Winterfell (en vrai, je pense qu’elle pèse surtout à Winterfell, un peu comme les 14 Flammes ont pesé sur Valyria avec la fin qu’on sait), mais cela met aussi en valeur la douceur de caractère de Bran, qui rêve peut-être de chevalerie mais n’est pas fondamentalement un prédateur ni un garçon assoiffé de vengeance.
    « Snow », c’est aussi le nom de bâtardise dans le nord, ce qui autorise à plusieurs interprétations symboliques comme : les Stark de Winterfell sont originellement des bâtards (mais ils ne le savent pas), ou un bâtard fait partie des fantômes de Winterfell (pour moi, c’est l’homme sacrifié au pied du barral du bois sacré, dans la vision de Bran, dans ADWD, mais c’est une hypothèse), et sans aller aussi loin, cela peut évoquer le lien affectif qui unit Bran et Jon. Il y en a sûrement d’autres auxquelles je n’ai jamais pensé.
    Cette neige douce comme une petite pluie me fait aussi penser aux pleurs et au deuil, et notamment à cette ambiance qu’on va retrouver lors du franchissement du Mur par Bran à Fort Nox, où le chapitre finit sur la porte noire qui pleure (Bran sent une larme lui tomber et couler sur le visage).
    Enfin, on la retrouve à un autre moment dans la saga : avec Sansa, dans son dernier chapitre d’ASOS. Elle est réveillée avant l’aube, s’aperçoit qu’il neige et sort dans le jardin des Eyrie. Là, elle lève la tête pour sentir les flocons de neige qu’elle trouve aussi doux que les baiser d’un amant.

    edit : concernant le coup de colère de Robb vis à vis de Theon, j’ai toujours eu (et depuis ma première lecture) le sentiment que Robb était en colère après lui-même pour avoir laissé Bran tout seul, mais qu’il ne pouvait pas le reconnaître et s’en prenait donc à Theon à ce moment parce que c’était la cible la plus facile : il venait d’agir et il existait un risque (même minime). Bref, Robb fait partie des gens qui tournent leur colère vers les mauvaises personnes (souvent les plus proches) pour les mauvaises raisons.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 semaines et 5 jours par  Emmalaure.
    #138684

    Liloo75
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 957

    Merci @emmalaure, pour cette belle présentation.

    J’avais remarqué le rôle de la neige, tout comme @darkdoudou. Je n’ai donc pas grand-chose à rajouter.

    J’ai noté une coquille, peut-être être due à la traduction. Lorsque les Stark et leurs hommes quittent Winterfell, ils sont accompagnés d’Été et de Broussaille (ce qui n’est pas logique puisque Rickon est absent).

    Et lorsque Robb retrouve les loups partis chasser, il revient avec Été et Vent Gris. Ce qui paraît plus cohérent. Vent Gris accompagne Robb, son maître.

    A propos des loups, j’ai relevé que nous avions dans ce chapitre une description des loups géants. Des pattes plus hautes qu’un loup ordinaire, une tête plus forte, la mâchoire plus fine, et quelque chose d’effrayant qui se dégage de l’animal.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 semaines et 5 jours par  Liloo75.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #138686

    darkdoudou
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 319

    J’ai noté une coquille, peut-être être due à la traduction. Lorsque les Stark et leurs hommes quittent Winterfell, ils sont accompagnés d’Été et de Broussaille (ce qui n’est pas logique puisque Rickon est absent). Et lorsque Robb retrouve les loups partis chasser, il revient avec Été et Vent Gris. Ce qui paraît plus cohérent. Vent Gris accompagne Robb, son maître.

    C’est bien une coquille de traduction

    Summer and Grey Wind came loping beside them, sniffing at the wind. / Broussaille, Été prirent le vent.

    une traduction littérale perso de la VO : Eté et Vent Gris vinrent en bondissant derrière eux, reniflant au vent.

    #138687

    Sans-Visage
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 322

    Merci pour l’analyse, Emmalaure. Robb peut aussi avoir été en colère contre lui-même pour avoir été impuissant lorsque son petit frère s’est retrouvé otage. Cela plus le fait de l’avoir laissé seul, effectivement. Cette impuissance a conduit selon moi à la peur, une peur panique. Que faire ? Robb s’est retrouvé pieds et poings liés, à la merci de Stiv. Il n’était plus un fils de seigneur donnant des ordres mais un simple humain soumis à la volonté du déserteur. Là-dessus, Theon agit, lui, et comme tu dis Emmalaure, Robb a dû projeter sa colère sur lui. La peur transformée en colère cherchait un bouc émissaire, ainsi Robb pouvait avoir la conscience tranquille : il n’a rien fait de mal, c’est Theon qui a mal agi, avec imprudence. Pourtant, moi aussi je pense que celui-ci a agi avec un minimum de risque. Pour tout dire, je suis bien contente qu’il l’ait fait : j’aurais vraiment détesté que les loups soient sacrifiés…

    #138773

    Mélusine
    • Pas Trouillard
    • Posts : 513

    edit : concernant le coup de colère de Robb vis à vis de Theon, j’ai toujours eu (et depuis ma première lecture) le sentiment que Robb était en colère après lui-même pour avoir laissé Bran tout seul, mais qu’il ne pouvait pas le reconnaître et s’en prenait donc à Theon à ce moment parce que c’était la cible la plus facile : il venait d’agir et il existait un risque (même minime). Bref, Robb fait partie des gens qui tournent leur colère vers les mauvaises personnes (souvent les plus proches) pour les mauvaises raisons.

    Je dirais même que ce qui est arrivé est entièrement de sa faute.

    Dans un premier temps, il fausse compagnie à son escorte, d’où l’intérêt de se faire escorter si c’est pour la semer! Afin de se mettre à l’écart et apprendre à Bran les mauvaises nouvelles de Port Réal, Theon et Mestre Luwin étant déjà informés, je n’en vois pas l’intérêt.

    On voit dans les bois que pour passer de l’autre côté de la rivière la pouliche que monte Bran doit être guidée, Bran ne peut donc pas se débrouiller tout seul. Et Robb prend la décision de laisser Bran seul , il n’attend pas l’escorte pour aller chercher les loups. Ils pouvaient y aller tous les 2, il n’y avait pas d’urgence, cela aurait prit un peu plus de temps, d’ailleurs je ne pense pas que Robb y soit allé au galop, Bran aurait pu suivre sans problème.

    Theon a son sourire de tête à claque, mais il a sauvé Bran avec sa flèche et il n’y avait pas de danger réel pour Bran (Bran est devant l’assaillant et Theon tire derrière lui), même si Theon avait loupé assaillant cela aurait permis de faire diversion et laissé le temps à Robb de réagir. Robb décharge sa peur et sa colère sur Theon.

     

     

    #138841

    Yfos
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 230

    Je dirais même que ce qui est arrivé est entièrement de sa faute. Dans un premier temps, il fausse compagnie à son escorte, d’où l’intérêt de se faire escorter si c’est pour la semer!

    Robb porte une responsabilité certaine dans ce qui s’est passé. Il n’aurait pas dû laisser Bran seul étant donné que l’escorte n’était pas en vue. C’est sans doute pour ça qu’il s’énerve: peur et culpabilité.

    Et il se montre injuste avec Theon qui a agi de la seule façon possible: certains des assaillants étaient des déserteurs qui « se sachant perdus en cas de capture ne reculent devant aucun crime ». Eddard l’a expliqué à Bran, il a du également le dire à Robb.

    Mais il n’est pas le seul fautif.

    Il ne fausse pas compagnie à son escorte.

    Lorsqu’il presse l’allure, il s’assure que

    « le petit le suivait ainsi que les autres »

    Ensuite, ils distancent les autres mais rien dans le texte ne laisse penser que c’est volontaire de sa part.  C’est plutôt de l’inattention. Il est inquiet, il parle à Bran de ce qui est arrivé à leur père et à ses hommes, il ne regarde plus derrière.

    Dans un premier temps, ce sont les hommes de son escorte qui sont responsables. On saura plus tard, par un homme qui est sans doute un Lideuil, que

    « quand il y avait un Stark à Winterfell une pucelle pouvait enfiler la Route Royale aussi court vêtue qu’à son premier jour, elle risquait rien »

    mais ils sont une escorte, ils auraient dû suivre. Ils ne se sont pas laissés distancer, ils ont chassé le coq de bruyère. C’est la première sortie de Bran, qui n’a a que 8 ans, depuis sa chute, il y a peu de chance qu’il galope plus vite que les gardes. S’ils avaient voulu suivre, ils l’auraient pu sans problème.

    Ils ont tous agi comme de sweet summer children.

    Par contre, Robb aurait pu se comporter à la façon de Stannis face à Davos: engueuler Theon et les autres pour être partis à la chasse alors qu’ils étaient une escorte mais féliciter Theon pour avoir sauvé Bran.

    A la fin, Bran défend Osha mais ce n’est que justice: elle l’a elle-même défendu deux fois. Lorsqu’elle fait remarquer qu’il ne ment sans doute pas en disant qu’il ne peut pas descendre de cheval, lorsqu’elle essaie de convaincre les autres de ne pas le tuer mais le garder comme otage. Dès la première rencontre, elle est protectrice à l’égard des Stark.

    Je constate également que le grand chauve, Stiv, qui est un déserteur de la Garde de Nuit, connaît les marcheurs blancs.  A-t-il d’abord déserté pour rejoindre les sauvageons avant de quitter ceux-ci après avoir croisé les Autres? Pas de bol, dans ce cas: chaque fois, sa situation a empiré.

    #139340

    Ser Aemon Belaerys
    • Pas Trouillard
    • Posts : 536

    Merci pour l’analyse et les commentaires, de retour de vacances je vais pouvoir rattraper mon retard.

    J’avais pas fait attention que Theon tire dans le dos, du coup il pouvait pas voir Bran? Il pouvait transpercer l’adulte et blesser Bran en visant le mauvais endroit par erreur, même en comptant sur ses talents d’archers et sa précision ?

    Pour l’escorte ils pouvaient sûrement les rattraper mais ne l’ont pas fait pour laisser les deux frères tranquille en se disant que c’était le souhait de Robb. Par contre ils auraient dû quand-même garder un oeil sur eux.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    #139341

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6825

    J’avais pas fait attention que Theon tire dans le dos, du coup il pouvait pas voir Bran? Il pouvait transpercer l’adulte et blesser Bran en visant le mauvais endroit par erreur, même en comptant sur ses talents d’archers et sa précision ?

    Ça aurait été plus dangereux si Theon avait été de face. Une flèche qui traverse le corps ET blesse Bran ensuite, c’est possible mais quand même assez improbable. Je maintiens que Theon a fait le moins mauvais choix au vu des circonstances.

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    #139344

    Obsidienne
    • Pas Trouillard
    • Posts : 655

    Ça aurait été plus dangereux si Theon avait été de face. Une flèche qui traverse le corps ET blesse Bran ensuite, c’est possible mais quand même assez improbable. Je maintiens que Theon a fait le moins mauvais choix au vu des circonstances.

    De toute façon, la scène manque de logique : Stive tire d’abord Bran par le bras, puis le tient par les cheveux.
    Bran ne pouvant se tenir sur ses jambes, Stive est forcément courbé sur lui, or la flèche de Theon lui transperce la poitrine : pour ça, il aurait fallu que celui-ci se trouve très en hauteur par rapport à lui alors qu’on ne nous décrit pas le torrent comme encaissé dans des berges abruptes…(Theon a mis pied à terre)
    La flèche a bel et bien traversé Stive et, Bran n’étant pas visible de Theon, aurait pu être blessé.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 4 jours par  R.Graymarch.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 4 jours par  Obsidienne.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #139347

    Mélusine
    • Pas Trouillard
    • Posts : 513

    Je ne m’y connais pas en arme ancienne, ni en tir à l’arc. Je sais qu’il existe plusieurs type de pointe selon le type de gibier chassé et que la puissance pour certains arcs peut être comparable à une arme à feu.

    Ma question est : est-ce qu’une flèche peut transpercer un corps ? Je pensais que justement non puisque la forme de la flèche est conçue pour qu’on ne puise pas aisément la retirer du corps, on arrache les tissus intérieurs quand on tire dessus.

    #139350

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6825

    La réponse est sans doute « ça dépend » même si là, Theon avait prévu de chasser le deer donc on peut supposer que ce sont des flèches de chasse adaptées à cet animal. Mais ça peut dépendre de plein de facteurs : le type d’arc, la force de Theon (dans l’absolu et celle qu’il utilise), l’angle d’entrée de la flèche, la localisation de l’impact (sur un os ou dans la chair ?), le type de protection portée par la cible et je dois en oublier. Ensuite une flèche qui « sort » peut simplement sortir de 3 centimètres ce qui a priori a peu de risques de mettre Bran en danger. Si c’est de 15 cm, c’est + dangereux. Sans vraiment m’y connaître, cela me parait difficile de dire qu’il était « impossible » de mettre Bran en danger en tirant sur son ravisseur. Peu probable, tout au plus. (mais la roulette russe est peu probable aussi après tout)

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    #139351

    Obsidienne
    • Pas Trouillard
    • Posts : 655

    Le texte fait mention de  » matras  » :

      » nom masculin
    1. ARCHÉOLOGIE
      Gros trait d’arbalète terminé par une tête cylindrique ou quadrangulaire. « 

    mais ne parle pas d’arbalète mais d’un  » grand arc « …mais c’est la traduction…

    Cependant, la puissance du tir plaiderait en faveur de l’arbalète…

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
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