AGOT 57 – Tyrion VII

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  • #143074
    Sandrenal
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    AGOT 57 – Tyrion VII
    Au fil des pages – liste des sujets

    AGOT 56, Catelyn VIII AGOT 58, Sansa V

    Tyrion au pays des clans des montagnes

    Nous avions quitté Tyrion qui venait de se sortir d’une situation très délicate grâce à son éloquence et à sa capacité de manipulation en convaincant les clans des montagnes de le suivre au lieu de le couper en morceaux. Et nous le retrouvons à la fin de son voyage lorsque Chella trouve une armée Lannister au carrefour. Le voyage a été long : les premiers affrontements ont éclatés dans le Conflans, Robert est mort, Ned a perdu sa bataille politique contre Cersei et Robb a convoqué son ban et descend sur le Conflans. A tel point que le lecteur a pu en oublier son nain préféré. Et si Martin nous épargne les détails de l’épopée de Tyrion, celle-ci n’a pas du être de tout repos. Tant que Tyrion n’est pas au milieu d’une armée Lannister, il reste à la merci des clans, sous tension et obligé de se surveiller.

    Qu’était-il au juste, leur chef ou leur prisonnier ? Un peu des deux, la plupart du temps…

    Ceci étant, les clans ont apparemment pleinement adhéré à la proposition de Tyrion puisque le chef des Freux se charge de soulever les clans pendant que 300 montagnards escortent Tyrion vers son père. La confiance n’est pas de mise puisque les montagnards exigent d’accompagner Tyrion pour rencontrer le chef de l’armée Lannister.

    Son voyage avec les clans a permis à Tyrion de faire connaissance avec la démocratie participative clanique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas très admiratif :

    il éperonna sa monture et partit au trot, sans offrir d’autre choix que de suivre ou de se laisser distancer, toutes choses égales d’ailleurs à ses yeux, du moment qu’on ne lui imposait pas d’en débattre le cul par terre trente-six heures d’affilée. La barbe avec les clans était cette foutaise que lors des palabres il fallait essuyer le caquet de chaque imbécile, grâce à quoi se discutait le moindre truc, et à l’infini. Mêmes les bonnes femmes avaient le droit de jacasser. Et étonnez-vous, après ça, que la menace la plus sérieuse qu’ils aient fait peser sur le Val n’excède pas un petit raid minable de-ci de-là.

    Il a également pris connaissance de la coutume des Faces Brûlées consistant à s’auto-mutiler au moment du passage à l’âge adulte, la gravité de la mutilation déterminant le statut.

    Un Lannister paye toujours ses dettes

    Arrivés dans l’immense camp Lannister qui impressionne tout particulièrement les montagnards, Tyrion et ses compagnons arrivent à la fameuse auberge du carrefour dans laquelle Lord Tywin a établi ses quartiers. Et dans la cour de l’auberge, se balance le cadavre pendu de l’aubergiste, victime collatérale de l’enlèvement de Tyrion. Ce qui est le plus intéressant ici, c’est la réaction de Tyrion. En apprenant que son père est à l’auberge :

    Tyrion se mit à rire. Tiens donc ! Tout compte fait, les dieux savaient peut-être se montrer justes…

    Puis en découvrant le cadavre :

    « Le gîte, le couvert et un pichet de vin, voilà tout ce que je désirais… », lui rappela-t-il avec un soupir de reproche.

    Puis un peu plus loin :

    Il avala une gorgée de bière. […] Excellente en somme. A déplorer que Père ait pendu l’aubergiste.

    Dans la gueule du Lion

    Le lecteur rencontre physiquement Tywin Lannister, personnage qui jusque là a évolué derrière la scène. Les informations que le lecteur a reçu avant cette scène sur Tywin proviennent majoritairement d’Eddard, minoritairement de Tyrion et concernent principalement son rôle dans la rébellion de Robert. On sait donc que Tywin après avoir été Main du roi pendant 20 ans a attendu le dernier moment pour choisir son camp lors de la Rébellion de Robert, que son armée a pris Port-Réal et surtout qu’il a fait assassiner les enfants de Rhaegar Targaryen pour prouver sa fidélité à la nouvelle dynastie. En dehors de cela, on sait qu’il est le principal créancier de la couronne, donc très riche, qu’il a répondu brutalement à l’enlèvement de Tyrion en lâchant Gregor sur le Conflans et que sa réputation en fait un personnage redouté.

    Mon père a la passion des têtes empalées, surtout lorsqu’elles appartiennent à des gens qui, pour une raison ou une autre, le gênent.

    Ce n’est pas en l’air que l’on dit : « Rien que de la pierre au cœur de Castral Roc ». Souviens-toi des enfants de Rhaegar. (AGOT 56 Catelyn)

    Les descriptions physiques de Martin ont souvent une grande importance. La réflexion de Stannis dans ACOK sur Tywin qui ressemblait à un roi donne le ton : l’apparence est capitale. La description de Robert au début du roman préfigure de ce que sera son personnage, celle de Stannis aussi.

    Tywin Lannister, sire de Castral Roc et gouverneur de l’Ouest, conservait, en dépit de ses quelque cinquante-cinq ans, la verdeur d’un homme de vingt. La jambe longue, l’épaule large et le ventre plat, il était, même assis, d’une stature impressionnante. Frappait non moins la sécheresse musculeuse de ses bras. Du jour où il avait vu son opulente chevelure d’or menacer de battre en retraite, il s’était fait tondre le crâne : jamais de demi-mesures.

    Il rasa de même lèvre et menton mais, en guise de favoris, préserva le rude roncier doré qui, de l’oreille à la mâchoire, lui dévorait la plus grande partie de la joue. Des pépites d’or roulaient dans ses yeux vert pâle. Aussi un fol plus fol qu’il n’est commun s’était-il jadis amusé à dire que même la merde de lord Tywin avait des chatoiements d’or. D’aucuns prétendaient l’impudent toujours en vie, quelque part au fin fond des entrailles de Castral Roc.

    D’emblée il n’y a que très peu de chaleur entre Tywin et Tyrion. Le premier ne manifeste qu’une joie très relative en voyant son fils vivant et libre. Le second est clairement mal à l’aise en la présence de son père :

    lord Tywin lui infligea un long regard scrutateur

    Pour peu que son père condescendît à baisser son regard jusqu’à lui, invariablement le torturait le sentiment global et détaillé de ses tares et de sa difformité.

    et se réfugie d’ailleurs à de multiples reprises derrière le sarcasme et l’ironie.

    Tyrion s’enquiert alors de la situation militaire et politique qui est sans conteste favorable aux Lannister. La stratégie de Tywin visant à diviser les troupes du Conflans a fonctionné à merveille, Vivesaigues est assiégé par Jaime, lord Mallister n’a pas eu le temps de bouger et Walder Frey est fidèle à sa réputation d’opportuniste. Côté politique, Robert est mort, Cersei règne au nom de Joffrey et Eddard est otage. Tywin paraît alors bien optimiste quant à l’issue du conflit :

    A moins que les Stark et les Arryn n’interviennent contre nous, je considère d’ores et déjà la guerre comme gagnée.

    Le petit Stark n’est qu’un marmot.

    Ce passage appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, la situation est alors clairement en faveur des Lannister et Catelyn dans son dernier chapitre a la même impression. Les Stark ne sont pas encore entrés dans le jeu mais Robb est effectivement un gamin (15 ans) et les conquérants de cet âge sont rarissimes. L’attitude de Tywin envers Robb est arrogante mais statistiquement fondée. En outre, je pense qu’il ne faut pas exclure totalement la possibilité que Tywin surjoue un peu l’optimisme. Il y a une sorte de jeu de rôle entre lui et Kevan, Kevan présentant les arguments pessimistes et Tywin les arguments optimistes alors qu’ils ont déjà dû avoir cette conversation. Et c’est une situation que l’on retrouvera dans les séances du conseil restreint dans ASOS.

    Tywin offre ensuite à Tyrion plusieurs missions très secondaires que celui-ci refuse. Tyrion cherche à expliquer sa situation lorsque les montagnards font une entrée tonitruante dans la salle :

    la porte s’ouvrit avec un tel fracas qu’il manqua laisser tomber son fromage, tandis que ser Kevan bondissait en jurant, et que le capitaine de faction volait littéralement à travers la pièce s’écraser contre la cheminée

    Kevan s’offusque mais Tywin reste imperturbable. Un éclaireur annonce que l’armée Stark s’approche, Kevan recommande la prudence mais Tywin veut une bataille rapide pour pouvoir se retourner le plus vite possible contre Stannis. Tywin est donc à peu près sûr que Stannis contestera le trône à Joffrey.

    Enfin, Tywin convainc les 300 montagnards de le suivre et de se battre avec lui en jouant sur leur fierté. Les montagnards n’exigent qu’une seule chose, que Tyrion les suive à la bataille.

    Conclusion

    Tout le chapitre met en place le parallèle, les ressemblances entre Tywin et Tyrion qui seront développées tout au long des tomes suivants. Leur attitude vis-à-vis des montagnards est identique : ils n’affichent aucune peur, aucune hostilité, aucun mépris et obtiennent ce qu’ils veulent avec quelques mots et particulièrement en exploitant la fierté des clans. Le sort de l’aubergiste est un autre exemple. Tyrion se réjouit en anticipation de son châtiment alors qu’elle n’est absolument pas responsable de son enlèvement. En outre, il semble partager la conception large de la vengeance de Tywin :

    Tyrion allait se mettre en devoir d’exposer au seigneur son père comment il comptait transfigurer le Val d’Arryn en un désert fumant

    Nous avons aussi un aperçu de l’attitude ambivalente de Tyrion envers son père, mélange d’admiration, d’amertume et de ressentiment, qu’il masque avec du sarcasme.

    Enfin, tout comme les premières informations sur Tywin nous sont données par quelqu’un qui le déteste, la première rencontre (et les suivantes) avec Tywin sont faites par l’intermédiaire de Tyrion, ce qui nous pousse instinctivement à adopter le point de vue de celui-ci.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine et 2 jours par Sandrenal.
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    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine et 2 jours par R.Graymarch.
    #143084
    Ser Aemon Belaerys
    • Pas Trouillard
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    Merci Sandrenal pour cette ouverture de chapitre ! Tyrion fait son retour après que beaucoup de choses ont changées à Westeros pendant que le nain revenait du Val.

    D’emblée il n’y a que très peu de chaleur entre Tywin et Tyrion. Le premier ne manifeste qu’une joie très relative en voyant son fils vivant et libre. Le second est clairement mal à l’aise en la présence de son père :

    Je pense que Tywin se sent obligé de lancer cette guerre car il se doit de répondre à l’enlèvement de Tyrion, mais aussi je pense parce que Jaime a attaqué Eddard et a quitté Port Real. L’objectif de Tywin semble donc de soigner l’image et l’honneur de la famille Lannister, et récupérer Tyrion complétement anecdotique.

    Du coup autant Kevan réagit, autant Tywin ne pense qu’à une chose en retrouvant son fils : reprendre à son compte les montagnards.

    Concernant le caractère de Tywin, il est ce qui a été dit de lui, et c’est un personnage très charismatique en tant que seigneur de Westeros, mais vis à vis de ses enfants très distant et très froid.

    Cela fait passer Tyrion pour le gentil, mais bon il ne faut pas trop s’apitoyer sur son sort puisque celui-ci ne s’apitoie pas sur le sort de l’aubergiste, puis compte faire payer à toute la région du Val les actes de Catelyn et Lysa.

    Si Tyrion n’avait pas été nain ni fait tuer sa mère en couches, je suis certain que Tywin aurait admiré l’intelligence de son second fils plus que la bravoure de Jaime, et une toute petite part de Tywin doit le reconnaitre, même à contre-coeur, puisque il demandera à Tyrion de le suppléer à Port-Real en tant que Main de Joffrey.

    Concernant les stratégies de Tywin et la position de force des Lannister, cela vient en miroir du dernier chapitre, et permet au lecteur de bien avoir conscience que les forces sont placées et chacun s’apprête à des combats inévitables.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 2 jours par R.Graymarch.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    Seconde version du jeu PMB - Pour Ma Belle : https://www.lagardedenuit.com/forums/forum/les-jeux-et-les-tournois/pmb-pour-ma-belle-2/pmb2-seconde-session/

    #143098
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Je sais que je dis ça à chaque fois ou presque mais l’auteur a un don pour l’ellipse assez remarquable. Au lieu de suivre la pénible avancée de Tyrion avec ses chers clans, on le voit à l’arrivée. Et pourtant, on n’ignore pas grand chose des éléments les plus importants du voyage. De plus, ce chapitre « conseil de guerre » vient juste après celui de Catelyn avec le « conseil de guerre » ennemi. On a ainsi un pied dans chaque camp, tout en ayant un peu avancé dans le temps. En plus, on a récupéré Tyrion et on nous présente Tywin. Ce dernier fait forte impression, conformément à sa réputation. Comme dit plus haut, il n’est pas impressionné, pas chaleureux et arrive par des moyens intéressants à faire marcher les clans où il veut (pas forcément très dur mais il faut tout de même le faire). Kevan est un peu plus sur les nerfs (prudent ? Peureux ?).

    La discussion entre Tywin et Tyrion est très intéressante car on voit que ce sont deux esprits forts qui discutent, deux personnes qui savent que l’autre est intelligent mais qu’elles n’aiment pas vraiment. Comme déjà dit plus haut, Tyrion déteste son père qui le lui rend bien et pourtant ils se ressemblent énormément.

    Pour autant, Tyrion nous apparaît moins sympathique qu’avant. Il essaie de se débarrasser des clans mais ça, c’est de bonne guerre. En revanche (si j’ose écrire), ses propos sur l’aubergiste, voire sur les habitants du Val d’Arryn (qui n’y sont pour rien dans ses malheurs) ternissent un peu son étoile. A la fin, Tyrion se fait piéger par son père et ses « alliés » montagnards. Et cette fois-ci, ce n’est pas parce qu’il a trop ouvert sa grande gueule, ça change^^

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #143153
    Anita
    • Éplucheur de Navets
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    Son voyage avec les clans a permis à Tyrion de faire connaissance avec la démocratie participative clanique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas très admiratif :

    il éperonna sa monture et partit au trot, sans offrir d’autre choix que de suivre ou de se laisser distancer, toutes choses égales d’ailleurs à ses yeux, du moment qu’on ne lui imposait pas d’en débattre le cul par terre trente-six heures d’affilée. La barbe avec les clans était cette foutaise que lors des palabres il fallait essuyer le caquet de chaque imbécile, grâce à quoi se discutait le moindre truc, et à l’infini. Mêmes les bonnes femmes avaient le droit de jacasser. Et étonnez-vous, après ça, que la menace la plus sérieuse qu’ils aient fait peser sur le Val n’excède pas un petit raid minable de-ci de-là.

    Très bonne présentation du chapitre. Merci Sandrenal. La vision de Tyrion sur la démocratie est effectivement croustillante !

    Tyrion, dans ce chapitre, nous donne une partie de lui-même moins élogieuse, avec ses réactions vengeresses à l’endroit du Val et son peu de pitié à l’endroit de l’aubergiste, qui ne pouvait pas faire grand chose pour le préserver. Voire qui a sans doute prévenu sa famille…Sans comprendre le sort qui lui serait réservé.

    On nous présente aussi Tywin en chair et en os et tout de suite on comprend en quoi le père de Tyrion est apte à inspirer la crainte autant que le respect. Et si l’on voit les points communs entre le fils et le père, on voit aussi que Tywin agit pour l’honneur de sa maison (et on verra plus tard qu’il est prêt à aller très loin pour ça) quand Tyrion, quoi que fier d’être un « lion » veut surtout venger sa personne bien plus que le tort supposé fait à sa Maison.

    Les « retrouvailles » entre le père et le fils sont froides au possible et j’ai trouvé particulièrement bien sentie l’arrivée « inopinée » des alliés de Tyrion dans la tente de Tywin. Moment fort et très drôle, en tout cas pour moi.

    Chapitre aussi intéressant car on voit que Tywin, s’il est intelligent, peut aussi faire preuve d’une confiance en soi qui peut lui être préjudiciable. A contrario de Robb qui, prudent, organise la défense de Moat Cailin dans l’éventualité d’une attaque, Tywin ne voit en Robb qu’un marmot et non le fils de Ned Stark, qui a tout de même fait preuve de ses capacités militaires pendant la Rébellion de Robert. Et sans doute après également. Étant donné la propension de Robert a livrer la teneur de ses combats (quitte à les exagérer) on peut s’étonner que Tywin soit si peu amené à se méfier de Robb. D’autant que Robb n’est pas seul. Il a autour de lui des hommes qui ont montré leurs capacités guerrières et leur aptitude à combattre. Pensez-vous que cela soit dû à l’éloignement du Nord (qui fait que la réputation de Ned n’a pas égalée celle de Stannis ou d’autres protagonistes) ou bien Tywin croit-il sincèrement que Robb n’est entouré que d’incapables ? A moins que Tywin n’ignore qui accompagne Robb ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine par R.Graymarch. Raison: attention aux citations
    #143195
    Sandrenal
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Tywin ne voit en Robb qu’un marmot et non le fils de Ned Stark, qui a tout de même fait preuve de ses capacités militaires pendant la Rébellion de Robert. Et sans doute après également. Étant donné la propension de Robert a livrer la teneur de ses combats (quitte à les exagérer) on peut s’étonner que Tywin soit si peu amené à se méfier de Robb. D’autant que Robb n’est pas seul. Il a autour de lui des hommes qui ont montré leurs capacités guerrières et leur aptitude à combattre. Pensez-vous que cela soit dû à l’éloignement du Nord (qui fait que la réputation de Ned n’a pas égalée celle de Stannis ou d’autres protagonistes) ou bien Tywin croit-il sincèrement que Robb n’est entouré que d’incapables ? A moins que Tywin n’ignore qui accompagne Robb ?

    Être le fils d’un bon tacticien ou stratège n’est pas une garantie d’en devenir un soi-même. Aegon le Conquérant a pour fils Aenys Ier, Daemon Targaryen a pour fils Aegon III. Et en l’occurrence, même si Robb avait reçu la meilleure formation militaire possible, il n’a toujours aucune expérience et il est toujours très jeune.

    La situation de Robb fait que son entourage peut rapidement devenir un désavantage. Robb est entouré par ses futurs vassaux qui passent leur temps à le tester et qui sont en rivalité entre eux. Il est entouré par des personnes très différentes qu’il n’est pas toujours facile de bien utiliser (il est d’ailleurs sauvé d’une grosse bourde par Catelyn au chapitre précédent). Il doit pouvoir écouter les bons conseils au bon moment, utiliser les bonnes personnes aux bons endroits et ne fâcher personne.

    Tywin peut donc raisonnablement espérer qu’à un aussi jeune âge Robb ne soit pas un conquérant en herbe et qu’il ne puisse pas contrôler des Roose Bolton (et là il n’a pas tort), des Rickard Karstark ou des Lard Jon Omble. Il a bien sûr tort de ne pas considérer la possibilité, de ne pas demander l’avis de Tyrion qui l’a rencontré. Mais statistiquement son attitude est totalement fondée. D’autant plus qu’effectivement il s’inquiète de Stannis qui est lui un commandant aguerri et redouté.

    #143206
    Eridan
    • Fléau des Autres
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    D’emblée il n’y a que très peu de chaleur entre Tywin et Tyrion. Le premier ne manifeste qu’une joie très relative en voyant son fils vivant et libre. Le second est clairement mal à l’aise en la présence de son père […] et se réfugie d’ailleurs à de multiples reprises derrière le sarcasme et l’ironie.

    Ce passage me paraît très intéressant et très important en terme de construction de personnages, justement. Tyrion aimerait que son père témoigne du plaisir à le voir vivant, mais comme tu le dis, Tywin n’est que froideur et dureté :

    – Mon oncle, s’inclina le nain. Et le seigneur mon père. Quelle joie de vous trouver ici. »
    Sans broncher de son siège, lord Tywin lui infligea un long regard scrutateur. « Ainsi donc, le bruit de ton décès était infondé.
    – Navré de vous désappointer, Père. Surtout, ne me sautez pas au cou, j’aurais scrupule à vous coûter le moindre effort. »

    Sur le coup, cette attitude (et les sarcasmes déçus de Tyrion) viennent accréditer l’idée que Tywin n’aime pas Tyrion. Sauf qu’on assiste bien plus tard à une autre scène étrangement similaire, le retour d’un autre fils prodigue auprès de Tywin, lorsque Jaime arrive à Port-Réal dans ASOS :

    Son père s’y tenait, assis au coin du feu. Seul, ce dont Jaime n’allait certes pas se plaindre. […]
    « Jaime, dit lord Tywin, du ton qu’il aurait pu avoir s’ils s’étaient rencontrés le matin même au petit déjeuner. Lord Bolton m’avait induit à t’attendre plus tôt. Je m’étais flatté que tu serais là pour le mariage.
    — J’ai été retardé. »

    ASOS, Jaime VII.

    Là encore, Tywin déborde d’enthousiasme et de tendresse au retour de celui qu’il considère comme son héritier … ^^ Sauf que là où Tyrion est blessé par la froideur et répond par le sarcasme, Jaime répond par l’indifférence et la désinvolture. Comme dit Cersei, le besoin d’amour de Tyrion est maladif, et Tywin lui en témoigne peu et même moins que ça, à tel point que même les rares fois où Tywin fait un geste plutôt sympa pour lui, Tyrion ne peut pas s’empêcher de voir derrière l’aspect négatif ou la mauvaise intention latente.

    Est-ce qu’il a raison ? Est-ce qu’il a tort ? Sans le PoV de Tywin, c’est difficile à dire. Mais l’appréciation de Tyrion est sans doute à questionner et à nuancer quand même, même si comme le dit Sandrenal, notre premier réflexe de lecteur est d’y adhérer.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine par R.Graymarch.
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