AGOT 58 – Sansa V

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    Sans-Visage
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    AGOT 58 – Sansa V
    Au fil des pages – liste des sujets

    AGOT 57, Tyrion VIII AGOT 59, Eddard XV

    On voit dans ce chapitre s’opposer deux mondes. L’honneur s’oppose à la trahison et l’innocence à la duplicité. Dans ce jeu de dupes, on sait qui seront, pour l’instant, les perdants. Un espoir subsiste pourtant à la fin, mais quel espoir trompeur !

    Récompenser les félons

    Joffrey a refait la décoration de la salle du trône, désormais, celle-ci est nue, sans les tapisseries que le défunt roi Robert y avait fait accrocher. Chaque roi apporte sa touche personnelle au décor de cette salle, où se trouve le symbole du pouvoir.

    Si Sansa est autorisée à circuler librement dans l’enceinte du château, elle n’en est pas moins gardée telle une prisonnière, mais c’est seulement une escorte, « une garde d’honneur pour ma future bru » selon Cersei. Seulement, Sansa voit bien qu’elle n’est pas réellement libre de ses mouvements.

    Pour une fois, elle est seule, sans escorte. Joffrey donne audience. Pour mieux voir, Sansa s’approche, saluant les gens au passage, mais aucun ne semble la reconnaître, « ou, s’ils le firent, ce fut avec l’espèce de recul que suscite l’aspect d’un lépreux« . C’est ce que Sansa est devenue, une lépreuse, une paria. Déjà morte. « Tous les regards fuyaient le sien. Ou la traversaient comme un fantôme, une morte prématurée ». Le trépas social, terrible pour une très jeune fille qui se berce depuis l’enfance de chansons et rêve de devenir reine, qui a l’habitude des mondanités (au contraire de sa sœur, Arya !).

    À la vue de Lord Baelish, Sansa ressent de la peur, au travers de papillons dans son ventre. Elle s’étonne, de quoi pourrait-elle avoir peur ? Hélas, si elle savait que cette angoisse est au contraire clairvoyante… Elle tente néanmoins de se rassurer, après tout, son prince l’aime et la reine aussi, puisqu’elle le lui a dit. Pourquoi mentirait-elle ?

    Joffrey et Cersei arrivent, annoncés par leurs titres respectifs. Joffrey remarque Sansa et lui sourit. Elle doit prendre cela comme un sourire affectueux et rassurant, moi je vois cela comme un sourire machiavélique.

    Mestre Pycelle est richement vêtu, ce qui ne doit pas être pour lui déplaire. Il cite les noms de tous ceux qui sont mandés pour plier le genou devant Joffrey. En entendant le nom d’Arya, Sansa se dit qu’elle doit être en sécurité, sans doute à Winterfell, puisqu’elle n’est pas à Port-Réal.

    Tywin Lannister est nommé Main du roi, à la place d’Eddard Stark, quelle surprise. Cersei siège désormais au Conseil Restreint, voilà qui doit l’enchanter.

    Janos Slynt est récompensé d’avoir servi les Lannister plutôt que l’ancienne Main du roi en devenant lord et sire d’Harrenhal. Il est lui aussi ajouté au Conseil Restreint.

    Cersei, parée des titres de « reine régente, Lumière de l’Ouest et Protecteur du Royaume » ; les riches vêtements de Pycelle « Un col d’hermine et des attaches d’or rehaussaient sa somptueuse robe de velours rouge » ; la mise de Janos Slynt « Cousues sur son doublet de velours noir, des écailles dorées quincaillaient à chacun de ses pas sous son manteau de satin à damiers or et noir » ainsi que son blason, un bouclier de métal plus grand que les « têtards » qui le portent… Tout cela montre l’orgueil et la vanité de ces trois personnes. Ils se sentent tellement importants et victorieux qu’ils doivent le faire savoir à tous. Richesse et pouvoir, voilà qui sont leurs maîtres mots, si ce ne sont leurs maîtres tout court. Une preuve qu’ils désirent l’or et la domination que leur permettent leurs nouveaux titres (seulement de l’or pour Pycelle). Ils ne veulent pas être au-dessus des autres pour le bien du royaume, ils ne s’inquiètent pas du bien-être du peuple, non tout ce qui les intéresse, ce sont leurs propres personnes et ce qu’elles peuvent retirer de leurs malversations. Les véritables traîtres sont récompensés tandis que l’honnête, trop honnête homme se morfond dans son cachot.

    Et l’honneur quitte la salle du trône…

    À présent, c’est au tour de Barristan Selmy de faire les frais du complot. Si Cersei le lui annonce avec la fausse douceur qui la caractérise, c’est Janos Slynt qui se charge de mettre les points sur les i. Selmy est relevé du commandement de la Garde Royale. Motif : son âge avancé. La véritable raison : même s’il n’a rien fait pour aider concrètement lord Eddard, il n’a pas pour autant rejoint la ligue des traîtres. Mieux vaut se débarrasser de lui. De plus, cela permettra à certains d’accéder eux aussi à des promotions…

    Barristan s’insurge. Un garde royal le reste jusqu’à la mort, cette fonction c’est plus qu’un devoir pour lui, c’est une vocation. Il a renoncé au mariage et à ses prétentions sur son héritage pour faire partie de l’élite. Et voilà qu’on veut l’en expulser sous un prétexte fallacieux !

    L’excuse de ce désavouement est confirmée par Joffrey.

    « — Vous avez laissé tué mon père ! accusa Joffrey du haut du Trône de Fer. Vous êtes trop vieux pour protéger quiconque.« 

    Ser Barristan rappelle qu’il a servi trois rois, mais Littlefinger précise qu’il s’agit de trois morts. Cela rajoute de la culpabilité au vieux chevalier.

    En apprenant que sa fonction ira à ser Jaime Lannister, le Régicide, Barristan ne peut cacher son dégoût. Comprend-il à présent ? Ceux qui sont ainsi récompensés ne sont pas nobles de cœur, valeureux et loyaux. C’est le contraire.

    Lorsqu’on lui propose de se retirer dans une belle demeure, avec des serviteurs, le chevalier s’indigne à nouveau.

    « Une pièce où crever, des larbins pour me flanquer au trou, grand merci, messires… je crache sur votre pitié !« 

    Beau contraste avec Cersei, Pycelle et Janos Slynt. Alors que ces derniers semblent prêts à sauter sur toute occasion leur permettant d’accroître leurs richesses et d’asseoir leur pouvoir, ser Barristan, lui, fait preuve d’honneur. Non il ne veut ni gloire ni fortune, seulement se consacrer à sa mission qu’il tient pour sacrée, être une Blanche Épée dédiée à la protection du roi.

    Il se défait de son armure. Paradoxalement, alors qu’il se dépouille d’un symbole de la chevalerie, il déclare :

    « Je suis chevalier […] je mourrai chevalier.« 

    En faisant cela, il renonce symboliquement au titre de commandant de la Garde Royale, mais pas à ce qu’il est au fond de lui. Il dit non au titre et à la gloire qui l’accompagnent, mais conserve son honneur. Il est un chevalier, un vrai, avec des valeurs.

    C’est alors que Petyr Baelish fait une remarque :

    « — Chevalier à poil, m’est avis…, railla Littlefinger.« 

    Aussitôt, tout le monde s’esclaffe. Le comportement digne de Barristan est ridiculisé devant tous. Même ceux qui étaient ses frères juste avant se gaussent de lui. Sansa remarque son humiliation et est prise de compassion. Sans doute d’admiration aussi, devant ce courage, cette loyauté et ce sens de l’honneur. À coup sûr, un chevalier comme dans les chansons !

    « Son cœur à elle bondissait vers le noble vieillard. »

    Selmy, furieux, dégaine. Après avoir rappelé aux autres chevaliers qu’il pourrait les occire tous sans difficulté, il jette son épée au pied du trône.

    « — Tiens mon gars. Fais-la fondre et joins-la aux autres, si ça te change. Tu en auras plus de jouissance que des cinq autres dans ces mains-là. Il se pourrait un jour que lord Stannis l’honore de son séant.« 

    Puis, il quitte la salle du trône, d’un pas pesant et dans le silence, retrouvant un peu de dignité dans cette sortie. On a voulu le licencier, c’est lui qui est parti. Tête haute jusqu’à la fin. Son honneur est sauf. Que va-t-il devenir ? Sa vocation est toujours intacte, mais il en a fini avec les rois de Westeros. Il est temps de changer d’allégeance… pour une reine ?

    Joffrey pleurniche, exige qu’on arrête ser Barristan qui a osé l’appeler « mon gars« . Il ne réalise apparemment pas la menace dans les derniers propos de ce dernier. Stannis est là, et revendiquera tôt ou tard le trône de fer.

    Après un moment, Slynt se décide enfin à aller quérir ses manteaux d’or pour exécuter l’ordre du roi.

    Le chevalier et le Chien

    C’est alors que se pose la question du nombre des chevaliers de la garde royale. De sept, ils sont à présent six. Ravi, Joffrey laisse sa mère annoncer la nouvelle. C’est Sandor Clegane qui a été désigné pour faire partie de cette élite. Le Chien accepte, mais hors de question de devenir chevalier !

    « — Les Frères Jurés de la Garde ont toujours été chevaliers, déclara ser Boros d’un ton ferme.

    — Jusqu’à présent, rétorqua le Limier, plus rauque et râpeux que jamais, et ser Boros n’eut garde d’insister.« 

    Ne pas vouloir le titre de ser, c’est bien sûr pour éviter de prendre le même chemin que son frère honni. Mais ne pourrait-on pas rapprocher son attitude de celle de Barristan Selmy ? Tous deux ont refusé des avantages offerts par les Lannister, gagnants du moment. Le vieux chevalier crache avec mépris sur la retraite dorée qu’on voulait lui imposer, tandis que le Limier écarte toute idée de chevalerie. En voilà deux qu’on ne peut apparemment pas acheter, confortés qu’ils sont dans leurs idées !

    Sweet summer child

    C’est au tour de Sansa de s’avancer, fébrile et angoissée. Pour l’occasion, elle s’est habillée de la robe ivoire qu’Arya a tachée et qui a été teinte en noire. Pour tout bijou, une chaîne d’argent. Pas d’or, symbole des Lannister. De plus, la couleur sombre de sa robe évoque une tenue de deuil. L’argent, qui fait penser aux Stark, le noir… Comment Sansa pourrait-elle savoir que c’est prophétique ?

    Elle s’agenouille sur le manteau de ser Barristan. J’imagine le noir de la robe entrant en contact avec le blanc du manteau… Le blanc de l’honneur et le noir du deuil. L’honneur est mort dans cette salle, mais Sansa ne le sait pas (encore ?).

    Dès ses premiers mots, cependant on lui serine à nouveau que son père n’est qu’un traître. Veut-elle prendre sa défense et nier sa félonie ? Non, Sansa n’est « pas si sotte« . Elle reconnaît volontiers la traîtrise de lord Eddard. Mais, toute concentrée sur Joffrey, le seul qui importe, le seul qu’il faut convaincre, elle implore ce dernier. Son père n’est pas responsable, il a été trompé, dupé. Par lord Renly, ou par Stannis, n’importe qui. Mais il n’a pas décidé de trahir de son propre chef.

    Varys s’apitoie, Pycelle assène que « la trahison est la trahison« . Mais Joffrey demande son avis à sa mère. Alors qu’il a sûrement déjà décidé. Cersei évoque l’idée que lord Stark pourrait être gracié, pour peu qu’il reconnaisse son crime.

    Voyant que Joffrey s’apprête à parler, Sansa le supplie dans son for intérieur.

    « Par pitié, le conjura mentalement Sansa, par pitié, montrez-vous le roi que vous êtes, je le sais, bon, généreux, noble, par pitié.« 

    Pourquoi le prier ainsi puisqu’elle est si sûre de la noblesse de son roi ? Le voile commence à se déchirer tout doucement, mais la jeune fille n’en a pas vraiment conscience, ou du moins, elle refuse de se l’avouer. Elle est tellement bercée de chansons où les êtres bons et nobles sont récompensés et où la vérité et l’honneur gagnent à la fin, qu’elle ne peut concevoir une autre réalité que celle de ses pensées. Elle refuse de le concevoir. Trop dur pour elle. Alors elle se raccroche à cette idée : son roi est LE prince charmant de ses rêves, si paré de toutes les vertus qu’assurément, tout ne pourra que bien aller. Elle doit y croire, il le faut. Ça se passera bien, forcément. N’est-ce pas ?

    Sansa commet une erreur en disant : « puisque vous m’aimez, vous m’accorderez cette faveur, mon prince.« 

    Non, deux erreurs : Joffrey ne l’aime pas, il la déteste. Et il ne se prétend plus prince mais roi.

    Lorsque Joffrey assure que ses propos l’ont touché et qu’effectivement lord Stark sera épargné s’il avouait sa trahison, Sansa est soulagée.

    « — Il le fera, protesta-t-elle, le cœur envolé de joie, oh, je suis sûre qu’il le fera !« 

    Son roi bien-aimé l’a dit, son père pourra être gracié. Quel soulagement !

    Sweet summer child…

    • Ce sujet a été modifié le il y a 6 jours et 4 heures par Sans-Visage.
    #143301
    Aurore
    • Terreur des Spectres
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    Les tenues luxueuses de Cersei, Pycelle et Slynt renvoient indirectement aux rêves de Sansa d’un monde de beauté et de luxe, mais le rêve commence à se fêler, même si Sansa continue à s’auto-persuader que tout ira bien.

    #143302
    Eridan
    • Fléau des Autres
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    Non, deux erreurs : Joffrey ne l’aime pas, il la déteste. Et il ne se prétend plus prince mais roi.

    Je n’ai pas encore tout lu, juste ce passage en passant, qui m’a fait bien plaisir :  j’avais aussi relevé cette erreur de Sansa d’avoir appellé « prince » un Joffrey qui aimerait qu’on lui donne du « roi » : Sansa s’agrippe à son rêve de prince charmant, et n’y voit aucun mal … Joffrey vient d’essuyer la rébellion du père, qui lui a dénié toute légitimité au Trône : dans sa tête à lui, le mot qui se veut romantique dans la tête de Sansa, n’a forcément pas la même connotation. Soit Sansa est idiote (comme Cersei le lui a dit ou le lui dira), soit elle vient de lui glisser une pique sur le fait qu’il est assis sur un Trône qu’il n’a aucun droit à occuper … Maladroit quand, dans le même temps, elle plaide pour sauver son papa.
    Par contre, je n’affirmerais pas que Joffrey la déteste. Il la méprise assurément (en même temps, à part pour Robert, on se demande bien pour qui il pouvait éprouver du respect : tous les autres sont des objets dont il peut user et abuser sans prendre en compte leur souffrance : la chatte qu’il a éventrée, Bran, Sansa …), mais la relation qu’il a avec Sansa est beaucoup plus trouble et tordue que juste de la détestation : en même temps qu’il la méprise, il y a des moments où il montre qu’il la désire aussi à sa manière à lui (abjecte), celle d’un tourmenteur et d’un violeur, que personne ne parvient vraiment à réprimer.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 6 jours et 1 heure par R.Graymarch.
    #143304
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Ce chapitre est passionnant

    Sansa y est en mode survie en milieu hostile. Comme Arya sauf que le milieu paraît plus policé alors que tout n’est que chausse-trappes et faux-semblant. Comme vous l’avez montré, elle-même est à mi-chemin entre l’espoir (pour se préserver, je suppose) et la clairvoyance (car elle n’est pas idiote). On le voit dès le début quand elle sait que son escorte est en fait ce qui la rend prisonnière (mais en même temps, en dehors du donjon rouge, ce n’est pas mieux). Sansa garde son mépris de classe (la description des Slynt) et son regard émerveillé pour tout ce qui est lié aux roi, reine etc

    Renly étant parti (et pour cause), c’est Littlefinger qui a le monopole des piques sarcastiques. Franchement, vous n’avez pas eu envie de le baffer ? Peut-être que je réagis comme ça car je sais qu’il n’est pas innocent et je sais ce qu’il va faire après (même si on a déjà eu un bon aperçu dans son comportement avec Ned) mais je le trouve insupportable.

    J’aime beaucoup aussi le double sens de la réponse de Varys

    Joffrey said peevishly, sounding younger than his years. “He talked about my uncle Stannis too.”
    “Idle talk,” said Varys the eunuch. “Without meaning…”

    Vu que Stannis n’est pas son oncle, en effet, « without meaning » tombe bien

    Le grand moment du chapitre est autour de Barristan Selmy. Jusqu’ici, on l’a surtout vu en brave pépé anciennement glorieux un peu dépassé par les événements. Mais quand on s’en prend à lui, il sait ménager sa sortie. Il est seul, en position de faiblesse et personne n’ose vraiment moufter ou l’arrêter. C’est classieux et l’opprobre retombe sur tous ceux qui sont présents et ont fait différemment (le roi, son conseil, les autres membres de la garde royale, Janos Slynt… et même Jaime Lannister qui n’est pas là). Et comme noté plus haut, un guerrier qui s’enorgueillit à ne pas être chevalier devient membre de la Garde royale, c’est joli. Surtout que Sandor a un comportement bien plus chevaleresque que certains sers (mais faut pas lui dire sinon il va s’énerver)

    La fin est plus triste à la relecture car Sansa s’accroche à un espoir ténu (dur de la blâmer pour ça) alors que tout est déjà joué d’avance et que la porte de sortie qu’on lui propose est un leurre. Même en primo-lecture, on a dû être assez échaudé par « Ned qui a des difficultés mais va finalement s’en sortir » pour y croire totalement, j’imagine.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #143310
    Ser Aemon Belaerys
    • Pas Trouillard
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    J’avais pas fait attention même à la relecture qu’autant de détails étaient donnés sur les tenues, peut être que je ne fais pas assez attention aux parties descriptives de la narration. Merci donc à Sans-Visage d’avoir mis cela en avant dans son analyse, je vois bien mieux comment Pycelle, Cersei et Slynt pavanent de leur « victoire », et comment devaient se mélanger le noir et le blanc quand Sansa s’agenouille sur le manteau de Barristan. Varys et Littlefinger tiennent lors de cette audience leur rôle « officiel », avec leurs tons et leurs façons de parler habituels qu’on a déjà vus dans la réunion du Conseil Restreint dans un chapitre d’Eddard.

    Quelle erreur d’avoir congédié Ser Barristan ! C’était évident qu’il allait se vexer et qu’au vu de sa popularité cela serait mal vu par la population. Cersei est aveuglée par le fait qu’elle se pense trop intelligente, et entourée soit de Slynt ou Pycelle qui sont comme elle et ne voient pas l’erreur, soit de Varys ou Littlefinger qui doivent penser que ça ne peut pas faire de mal que les Lannister se fassent un nouvel ennemi.

    Tout ça pour créer une place pour Sandor : fallait virer quelqu’un d’autre, ou puisque c’est « à vie », organiser un accident (mais la police n’exclue pas l’hypothèse du suicide). Placer l’homme lige et pur combattant dans la garde royale de Joffrey ne me choque pas à la relecture, alors que la première fois je ne comprenais même pas pourquoi il était pas chevalier.

    Son roi bien-aimé l’a dit, son père pourra être gracié. Quel soulagement !

    Cersei doit penser que condamner Eddard pourrait provoquer une guerre qu’elle peut encore éviter, en laissant Eddard avouer puis prendre le noir de la garde de nuit, pendant que Robb vienne ployer le genou. Le plaidoyer de Sansa offre à Joffrey l’occasion de faire ce que sa mère lui demande, mais :

    À la vue de Lord Baelish, Sansa ressent de la peur, au travers de papillons dans son ventre. Elle s’étonne, de quoi pourrait-elle avoir peur ? Hélas, si elle savait que cette angoisse est au contraire clairvoyante… Elle tente néanmoins de se rassurer, après tout, son prince l’aime et la reine aussi, puisqu’elle le lui a dit. Pourquoi mentirait-elle ?

    Littlefinger doit déjà penser à d’autres plans, et surtout à Sansa qui lui rappelle Catelyn jeune, et passera après.

    Sansa avait peut-être réussi son coup, même en appelant Joffrey « prince » (j’avais même pas fait attention à ce détail). Je pense que Joffrey qui vient juste d’être nommé Roi n’a pas dû faire attention à cela, mais l’auteur nous montre ainsi une Sansa qui voit Joffrey comme son prince charmant et pas comme le pervers narcissique au comportement abusif qu’il est.

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 jours et 21 heures par R.Graymarch.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    Seconde version du jeu PMB - Pour Ma Belle : https://www.lagardedenuit.com/forums/forum/les-jeux-et-les-tournois/pmb-pour-ma-belle-2/pmb2-seconde-session/

    #143315
    Sans-Visage
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    Non, deux erreurs : Joffrey ne l’aime pas, il la déteste. Et il ne se prétend plus prince mais roi.

    Je n’ai pas encore tout lu, juste ce passage en passant, qui m’a fait bien plaisir : j’avais aussi relevé cette erreur de Sansa d’avoir appellé « prince » un Joffrey qui aimerait qu’on lui donne du « roi » : Sansa s’agrippe à son rêve de prince charmant, et n’y voit aucun mal … Joffrey vient d’essuyer la rébellion du père, qui lui a dénié toute légitimité au Trône : dans sa tête à lui, le mot qui se veut romantique dans la tête de Sansa, n’a forcément pas la même connotation. Soit Sansa est idiote (comme Cersei le lui a dit ou le lui dira), soit elle vient de lui glisser une pique sur le fait qu’il est assis sur un Trône qu’il n’a aucun droit à occuper … Maladroit quand, dans le même temps, elle plaide pour sauver son papa. Par contre, je n’affirmerais pas que Joffrey la déteste. Il la méprise assurément (en même temps, à part pour Robert, on se demande bien pour qui il pouvait éprouver du respect : tous les autres sont des objets dont il peut user et abuser sans prendre en compte leur souffrance : la chatte qu’il a éventrée, Bran, Sansa …), mais la relation qu’il a avec Sansa est beaucoup plus trouble et tordue que juste de la détestation : en même temps qu’il la méprise, il y a des moments où il montre qu’il la désire aussi à sa manière à lui (abjecte), celle d’un tourmenteur et d’un violeur, que personne ne parvient vraiment à réprimer.

    En fait, j’ai rajouté cette phrase ce matin, dans mon texte déjà prêt, car je venais juste de le remarquer… ^^

    Oui Eridan, tu as raison : Sansa est le souffre-douleur de Joffrey, son jouet. Ce qu’il ressent pour elle est trouble, il est comme un gosse qui s’amuse à malmener son jouet et, quelque part, il doit y tenir, comme un gosse tient à la poupée qu’il maltraite. C’est vraiment malsain comme relation. D’un côté la petite fille accrochée à ses rêves de prince charmant, de l’autre un soit-disant roi qui ne la voit que comme un jouet avec lequel il se défoule.

    Merci à tous pour vos avis !

    #143319
    Yfos
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Merci pour cette présentation.

    Comme Ser Aemon, je n’avais pas fait attention à ces descriptions des différentes tenues, plus chatoyantes qu’avant. Celle de Barristan Selmy est en contraste avec toutes ces dorures puisqu’il est « étourdissant de blancheur »; indication qui n’est pas donnée au sujet de ses  frères de la garde. Est-ce symbolique?

    Joffrey a refait la décoration de la salle du trône, désormais, celle-ci est nue, sans les tapisseries que le défunt roi Robert y avait fait accrocher.

    Vu le contexte, c’est peut-être une erreur d’avoir procédé à cette modification aussi vite, de rompre aussi rapidement le lien avec Robert, tout comme de se faire appeler « Joffrey Baratheon Lannister ».

    Je remarque qu’un seule personne s’apprête à dire bonjour à Sansa: Ser Dontos. Une des raisons qui fait qu’elle éprouve une sympathie envers lui suffisante pour la pousser à le défendre plus tard?

    Je m’interroge sur le fait que Joffrey prenne des décrets alors que Cersei est présentée comme la reine régente. Il est mineur ou majeur?

    Son roi bien-aimé l’a dit, son père pourra être gracié. Quel soulagement !

    Je ne sais pas trop si Joffrey a pris une décision définitive à ce moment. Il ne compte en effet sûrement pas accorder une grâce pleine et entière mais le sous-entendre pour ensuite décevoir Sansa. En bon petit sadique. Par contre il n’avait peut-être pas encore décidé de le faire exécuter.

    ous les autres sont des objets dont il peut user et abuser sans prendre en compte leur souffrance

    Oui, mais il est en train de changer. Avant, il ne la prenait pas en compte. Il commence à y prendre plaisir.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 jours et 12 heures par Yfos.
    #143350
    Liloo75
    • Pisteur de Géants
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    Merci Sans-Visage pour cette riche présentation du chapitre de Sansa.

    J’ai noté que lorsque Joffrey tient audience, les seigneurs ne se bousculent pas pour y assister. Sansa en compte vingt, dans les tribunes, alors que du temps Robert ils auraient été une centaine. Joffrey a sans doute moins de partisans que son père  le mari de sa mère.

    C’est logique. Lorsque Pycelle égrène la liste de tous ceux qui doivent venir ployer le genou devant le nouveau roi, on comprend que beaucoup de seigneurs ne font pas partie des soutiens de Joffrey.

    Bien vu pour l’apparat des membres du conseils restreint, notamment les nouveaux tels Cersei et Janos Slynt.

    Slynt paraît ridicule dans son habit de nouveau seigneur. Il a hérité d’Harrenhal. Ne saurait-il pas que ce château a la réputation de porter malheur ?

    Il s’est même choisi un blason, avec en son centre une pertuisane sanglante.  Cette arme effraie Sansa, mais c’est Janos Slynt qui devrait y voir le symbole de sa perte. Le fer d’une pertuisane ressemble à une épée. Une épée qui un jour viendra s’abattre sur sa nuque.

    Je n’avais pas noté que Sansa avait recyclé la robe ivoire tachée par Arya. La robe est noire désormais. Le noir est la couleur du deuil. C’est aussi celle des Targaryen. N’est-ce pas un roi ou une reine ayant du sang de l’antique Valyria qui devrait être assis sur le trône ? Plutôt que le fils bâtard de Cersei ?

    Quant à la révocation de ser Barristan, quelle erreur de jugement !  Un homme de sa valeur n’aurait pas dû être écarté. Le laisser partir vivant est doublement fautif. Slynt aura beau envoyer ses manteaux d’or, ils ne parviendront pas à le capturer et le payeront cher.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 jours et 16 heures par R.Graymarch.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #143351
    Yfos
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Puis, il quitte la salle du trône, d’un pas pesant et dans le silence, retrouvant un peu de dignité dans cette sortie.

    Slynt aura beau envoyer ses manteaux d’or, ils ne parviendront pas à le capturer et le payeront cher.

    Un passage, bien plus tard, m’a étonnée: Jaime, lorsqu’il lit le livre blanc, constate que ser Barristan a noté son propre renvoi. Il est allé dans la tour blanche, ce qui ressemble à un cul de sac, et les manteaux d’or n’ont pas été capables de l’arrêter? Ou alors Janos Slynt l’a sous-estimé et n’en a pas envoyé suffisamment?

    #143354
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Bien vu pour le livre blanc 😀

    Sansa en compte vingt, dans les tribunes, alors que du temps Robert ils auraient été une centaine.

    Pas convaincu de l’oeil de Sansa en la matière. Elle a vu très peu de fois Robert (ou Ned) siéger. Accessoirement le royaume est en guerre moins larvée qu’avant, certains ont pu aller ailleurs. Ou éviter le donjon rouge où des meurtres ont eu lieu.

    Slynt paraît ridicule dans son habit de nouveau seigneur.

    C’est aussi la vision de Sansa (mépris de classe, etc).

    Il a hérité d’Harrenhal. Ne saurait-il pas que ce château a la réputation de porter malheur ?

    J’imagine que oui mais quand tu as l’occasion de t’élever, c’est pas évident de faire la fine bouche car ce serait rater une occasion qui ne se représentera sans doute pas

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/ces-presentation-du-jeu/
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #143355
    Liloo75
    • Pisteur de Géants
    • Posts : 1253

    Slynt paraît ridicule dans son habit de nouveau seigneur.

    C’est aussi la vision de Sansa (mépris de classe,

    Je suis d’accord sur le mépris que suscite Janos Slynt aux yeux de la noblesse « ancienne ».

    Sa nomination au conseil restreint, son nouveau titre de lord ne font pas l’unanimité. Il est accueilli dans la salle du trône par des murmures indignés. Les autres seigneurs ne lui reprochent sans doute pas son manque d’honneur, mais son ascendance populaire. Il est le fils d’un boucher. Qu’il puisse s’élever si haut doit en choquer plus d’un. Il ne fait pas partie du sérail, voilà ce qui les gêne.

    Sa tenue extravagante ne doit pas arranger les choses.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #143357
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Comme les Tyrell en fait 😀

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    #143367
    Ser Aemon Belaerys
    • Pas Trouillard
    • Posts : 629

    Puis, il quitte la salle du trône, d’un pas pesant et dans le silence, retrouvant un peu de dignité dans cette sortie.

    Slynt aura beau envoyer ses manteaux d’or, ils ne parviendront pas à le capturer et le payeront cher.

    Un passage, bien plus tard, m’a étonnée: Jaime, lorsqu’il lit le livre blanc, constate que ser Barristan a noté son propre renvoi. Il est allé dans la tour blanche, ce qui ressemble à un cul de sac, et les manteaux d’or n’ont pas été capables de l’arrêter? Ou alors Janos Slynt l’a sous-estimé et n’en a pas envoyé suffisamment?

    J’ai relu ce chapitre récemment et justement je me suis dit qu’il était quand même ultra bad-ass de ne pas fuir rapidement et de se dire qu’en tant que Lord Commandant il doit noter l’événement. Je pense que deux choses peuvent l’expliquer :

    Soit il y est allé en premier et a eu le temps de le faire avant que Slynt lance les recherches.

    Soit les manteaux d’or n’ont même pas envisagé qu’il puisse aller à la tour blanche et l’ont attendu aux portes de sorties de Port-Real.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 jours par R.Graymarch.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    Seconde version du jeu PMB - Pour Ma Belle : https://www.lagardedenuit.com/forums/forum/les-jeux-et-les-tournois/pmb-pour-ma-belle-2/pmb2-seconde-session/

    #143465
    darkdoudou
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    Merci pour cette belle présentation; oui c’est très bien vu pour les habits de la cour, et aussi pour l’écriture dans le Livre Blanc par Barristan.

    L’explication et la suite des événements pour Barristan, nous la lirons dans ACOK lors d’un dialogue entre Cersei et Tyrion :

    Cersei sighed. « Joff wanted someone to blame for Robert’s death. Varys suggested Ser Barristan. Why not? It gave Jaime command of the Kingsguard and a seat on the small council, and allowed Joff to throw a bone to his dog. He is very fond of Sandor Clegane. We were prepared to offer Selmy some land and a towerhouse, more than the useless old fool deserved. »
    « I hear that useless old fool slew two of Slynt’s gold cloaks when they tried to seize him at the Mud Gate. » His sister looked very unhappy. « Janos should have sent more men. He is not as competent as might be wished. »

    Du point de vue de Cersei, l’attitude de Barristan est douteuse car il a hésité pendant l’arrestation d’Eddard, et il n’a pas participé au massacre des Stark qui a suivi, au contraire des autres chevaliers de la Garde présents et de Sandor Clegane. Cersei cherche à s’entourer de gens « loyaux » plutôt que compétents.

    Je me suis déjà posé la question « que faisait et que pensait Barristan pendant le massacre? » Il devait se poser pas mal de questions sur son rôle et sur le règne à venir, et la proposition de Cersei est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Intérieurement il doit être plutôt content de cette occasion de quitter le service de Joffrey.

    C’est intéressant de voir que c’est Varys qui a suggéré sa mise à l’écart. Je me demande si Varys projetait déjà de l’exfiltrer quand il a émis cette suggestion, et à quel moment il l’a contacté? La porte par laquelle Barristan est parti, la porte de la rivière, donne directement sur le port.

    #143468
    Eridan
    • Fléau des Autres
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    Je me demande si Varys projetait déjà de l’exfiltrer quand il a émis cette suggestion, et à quel moment il l’a contacté?

    C’est une question complexe, car on sait que Barristan n’a aucune sympathie et aucune confiance en Varys, d’après Stannis : « Ser Barristan m’a dit une fois que la gangrène s’était mise au règne d’Aerys avec l’entrée en scène de Varys. » (ASOS, Davos IV) Ses propres chapitres renforcent cette impression.

    Mais Varys de son côté connaît bien Barristan : « Ser Barristan aime son honneur »(AGOT, Eddard V)

    Il est donc possible que Varys avait prévu la réaction de Barristan à son renvoi … Démis indignement de ses fonctions par les « Baratheon » , il se reporte naturellement vers les « Targaryen » . Et même si ce n’est pas le cas, ce mouvement permet de toute façon d’affaiblir le camp de Joffrey, comme Tywin et Tyrion s’en rendent compte, donc il bénéficie à Varys, même si Barristan devait rallier Stannis ou Renly (ce qui est peu probable, puisque du PoV de Barristan qui ignore l’adultère incestueux, ce sont des usurpateurs d’un Trône qui doit revenir effectivement à Joffrey).

    En tout cas, lorsqu’il rallie Daenerys, Barristan prend (apparemment) le surnom d’Arstan Barbe-blanche pour éviter d’être identifié par Varys et dénoncer aux Lannister :

    « Je suis au regret de vous avoir induite en erreur, Votre Grâce. C’était le seul moyen pour empêcher les Lannister d’apprendre que je vous avais ralliée. Vous êtes aussi surveillée que l’était votre frère. Lord Varys a fait des rapports des années durant sur les moindres faits et gestes de Viserys. Du temps où je siégeais au Conseil restreint, j’en ai entendu une bonne centaine. Et, à dater du jour où Khal Drogo vous prit pour femme, il se trouva un mouchard placé à vos côtés pour vendre vos secrets, pour troquer ses murmures contre l’or et les promesses de l’Araignée. » (ASOS Daenerys V)

    Ca laisse entendre que Barristan ne sait pas lui-même de quel côté est Varys. Il faut dire que le jeu trouble de celui-ci a toujours décontenancé le vieux chevalier.

    #143470
    darkdoudou
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    Ah oui, merci beaucoup pour ce complément d’information. Comme Barristan arrive à Daenerys avec Belwas le Fort, tous les deux envoyés par Illyrio, j’avais supposé que Barristan est envoyé par Varys à Pentos depuis Port-Réal, mais il n’y a rien dans le texte qui l’indique.

    Au contraire comme tu le mets en évidence Barristan reste très suspicieux (à raison) du vrai visage de Varys et il est possible aussi que Barristan soit tombé tout seul sur Illyrio et soit entré à son service en déguisant son identité. Après tout, il disposait de pas mal d’informations grâce à sa place au Conseil Restreint. Ce serait très ironique que Barristan ait réussi à tromper Illyrio, et donc Varys!

    Autre possibilité : l’Araignée a eu connaissance de la destination de Barristan et a indiqué à Illyrio quoi faire de lui sans que le vieux chevalier s’en doute. Beaucoup moins romanesque mais plus réaliste dans l’univers de la saga.

    #143472
    Eridan
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    Au contraire comme tu le mets en évidence Barristan reste très suspicieux (à raison) du vrai visage de Varys et il est possible aussi que Barristan soit tombé tout seul sur Illyrio et soit entré à son service en déguisant son identité. Après tout, il disposait de pas mal d’informations grâce à sa place au Conseil Restreint. Ce serait très ironique que Barristan ait réussi à tromper Illyrio, et donc Varys!

    Je crois qu’effectivement, Barristan a eu assez d’info au Conseil restreint pour pouvoir retrouver Illyrio seul. Par contre, Illyrio n’aurait eu aucune raison de faire confiance à Barristan, ni de l’envoyer à Daenerys s’il ne connaissait pas sa véritable identité, je pense. Ou alors, ce serait vraiment une coïncidence incroyable que se présente un vieil écuyer mystérieux prétendant vouloir soutenir la Reine Dragon, qu’Illyrio lui fasse spontanément confiance et l’engage à son service puis qu’il décide de l’envoyer spécialement lui à Daenerys. L’identité de Barristan doit avoir une utilité (c’est un homme loyal, donc Daenerys va avoir confiance et le suivra ?), sinon, Illyrio (et Varys ?) ne le choisirai(en)t pas comme émissaire. L’identité secrète peut-être une idée aussi bien de Barristan que d’Illyrio ou de Varys, afin d’éviter que le bruit du ralliement de Barristan ne se répande : ce n’est pas parce que Varys pourra retenir l’information de son côté que les Lannister ou les Baratheon n’en entendront pas parler d’une manière ou d’une autre si le ralliement de Barristan est trop officiel.

    En tout cas, dans ADWD, quand il voyage avec Tyrion, Illyrio sait que Barristan est auprès de Daenerys et il dit à notre Lannister que Selmy n’est pas bien fin : « Vous êtes un habile lutin, ainsi que Varys l’affirmait, et Daenerys aura besoin de s’entourer d’hommes habiles. Ser Barristan est un chevalier vaillant et loyal ; mais nul, ce me semble, ne l’a jamais accusé de ruse. » (ADWD, Tyrion II)

    #143477
    Emmalaure
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Cette question de Barristan exfiltré par Varys reste une possibilité, à mon sens : Varys a l’habitude de se déguiser au point d’être méconnaissable (Eddard et Tyrion s’y laissent prendre tous les deux et ils ne sont pas les seuls). J’imagine plus facilement Barristan allant traîner au port pour partir vite fait et Varys déguisé le « recrutant » là, sous un déguisement, et le faisant monter à bord d’un bateau de la flotte d’Illyrio.
    En revanche, comme à cette date les dragons ne sont pas nés, l’idée initiale pouvait être d’adjoindre un vieux chevalier loyal et prestigieux au service du futur prétendant Aegon et de le garder au chaud pour ça, et en profiter pour tester sa loyauté : après tout, comme Garde Royal survivant d’Aerys, il avait quelque part une faillite à racheter.

    #143478
    Pandémie
    • Terreur des Spectres
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    Alors on sait un peu comment Barristan est parti. Slynt l’attendait avec 3 gardes aux écuries (pas totalement idiot, il s’est dit que le chevalier allait fuir à cheval, mais l’a sous-estimé). Barristan a donc quitté la ville, mais plus roublard qu’on ne le pense, il s’est mêlé aux réfugiés, vivant comme un mendiant, se laissant pousser la barbe et les cheveux. Il assistera à la mort d’Eddard puis entrera dans le Grand septuaire pour les remercier de l’avoir viré de la Garde avant de devoir vivre en tant que commandant.

    Je suppose Varys d’avoir suffisamment d’agents aux portes et dans le petit peuple ou au septuaire pour avoir grillé Ser Grand-père. Mais ce n’est absolument pas nécessaire, Barristan aurait sûrement atterri de lui-même à Pentos chez Illyrio puisque c’était de toute façon le point de départ pour remonter la piste des derniers Targaryen. Ensuite, il ne se demande plus guère ce que font Varillyrio, contrairement à la Compagnie dorée, Conington ou Tyrion. Même s’il a d’autres chats à fouetter à Meereen, je pense qu’il aurait cogité une fois ou l’autre sur comment ils auraient pu leur venir en aide s’il les pensait très impliqués dans la cause de Dany. J’aurais tendance à dire qu’ils ont fait les comédiens, ou les marionnettistes.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 15 heures et 14 minutes par R.Graymarch.
    #143479
    RichardIII
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Je trouve très intéressant qu’Illyrio décide d’envoyer Barristan à Dany et pas à Aegon. Il aurait très bien pu l’envoyer vers Griff le Jeune, mais je pense qu’il a en tête une idée plus subtile en envoyant une connaissance de Rhaegar qui saura rappeler à Daenerys l’existence et la légitimité de son neveu.

    Pour ce qui est du chapitre je le trouve passionnant: c’est la première fois que Cersei concentre auprès d’elle l’essentiel du pouvoir. Baelish et Varys jouent la loyauté, Slynt s’est rallié et les Stark ont été jetés en prisons.

    Ce qu’elle tente sur Barristan est tout simplement sidérant, et je vois mal l’intérêt de lordifier Slynt et de dépouiller son actuel détenteur.

    Ce qui m’intéresse plus c’est sa convocation des nobles à jurer loyauté au trône sous peine de perdre leurs biens et d’être accusés de trahison. Sa liste est très précise: les suzerains, leurs fils, et quelques lords de second rang assez intéressant (Surtout des riverains ainsi que Royce, Dondarrion et Caron). De manière intéressante Cersei demande les fils de Doran Martell mais pas sa fille et héritière.

    Il y a d’ailleurs une contradiction: Cersei fait convoquer Stannis pour jurer fidélité tout en lui reprochant une prétendue trahison pour le virer du Conseil.
    Le but de la manoeuvre m’est assez mystérieux. En demandant tous les membres des principales familles du royaume elle s’expose au refus de la part de familles qui pourraient être tentés par le neutralisme, et je vois mal comment qui que ce soit accepterait de se jeter dans la gueule du loup avec toute sa famille, même s’il veut se ménager les Lannister. C’est au point où l’on peut se demander si une telle réclame n’a pas pu contribuer à jeter certaines maisons dans les rangs de la rébellion comme les Tyrell qui ont pu croire qu’ils n’avaient plus le choix.

    Je pense que l’objectif est essentiellement de donner un prétexte pour entrer en guerre contre tel ou tel seigneur si besoin est en l’accusant de trahison pour pas cher. A noter qu’au final cette mesure n’aura pas grand intérêt dans la saga. Elle n’est mentionnée par Tyrion qu’une seule fois dans ASOS contre Lysa Arryn et Tywin balayera cet argument contre l’entente avec le Val, ce qui démontre qu’en soi cette mesure était essentiellement du vent.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 15 heures et 12 minutes par R.Graymarch.
    #143482
    Eridan
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    je vois mal l’intérêt de lordifier Slynt et de dépouiller son actuel détenteur.

    Harrenhal a beau être intenable, c’est une place forte de premier choix dans le Conflans. Avoir une personne loyale en plein cœur du Conflans, mais toujours proche de Port-Réal, peut toujours être intéressant. Qui plus est, on peut éventuellement juger plus simple de dépouiller Shella Whent (veuve et dernière de sa lignée) que beaucoup d’autres seigneurs riverains ayant des familles nombreuses et des liens étroits avec le reste de la noblesse du Conflans.

    On peut aussi et plus simplement incriminer la désinvolture coutumière de Cersei, qui récompense toujours beaucoup trop des gens de peu de mérites.

    De manière intéressante Cersei demande les fils de Doran Martell mais pas sa fille et héritière.

    Héhé ! ^^

    C’est d’autant plus une erreur qu’il est bien spécifié dès les appendices d’AGOT : « La loi de Dorne impose la transmission des terres et des titres à l’enfant premier né, fille ou garçon. » Et effectivement, dans ces mêmes appendices, on découvre que l’héritière de Lancehélion est la princesse Arianne et non les fils cadets de Doran. Est-ce que c’est un ajout dans des éditions postérieures ou est-ce que Martin avait déjà pensé à tout ça dès l’écriture d’AGOT ? Quoi qu’il en soit, la régente et le Conseil restreint viennent effectivement de commettre une bourde ; sans réelle conséquence, puisque de toute façon, aucun des appelés, fille ou garçon, ne se présentera … mais ça donne le ton ! ^^

    Après relecture :

    Et lorsque ce jovial poivrot de ser Dontos ouvrit la bouche pour un bonjour, aussitôt ser Balon Swann lui chuchota à l’oreille, et il se détourna.

    un instant plus tard, lord Baelish franchissait, le sourire aux lèvres, les grandes portes du fond. A le voir, au passage, échanger quelques mots affables avec ser Balon et ser Dontos, Sansa eut soudain l’impression qu’une nuée de papillons folâtraient dans son ventre.

    La proximité de Dontos et Balon Swann m’interpelle un peu. Dontos se révélera plus tard être un agent de LF, je ne pense pas que ce soit le cas de Balon, qui est juste un courtisan chevronné … Mais je serais curieux de savoir quelles étaient vraiment les relations entre eux.

    Sinon, les titres sont toujours révélateurs : Cersei se fait introduire avec les titres de « reine régente, Lumière de l’Ouest, Protecteur du royaume. » régente est un titre politique qu’il est normal de lui voir assumer, Lumière de l’Ouest semble un simple titre honorifique. Par contre, je suis assez surpris par le titre de « Protecteur du royaume » qui est un titre essentiellement militaire. Dans la plupart des autres régence qu’on connaît, ce titre-là (qui semble correspondre en théorie à celui de chef des armées) est porté par un homme. Ca annonce bien l’ambition qu’elle a de ne pas s’effacer devant la coutume et les hommes.

    Pycelle est gêné au moment d’annoncer le renvoi de Barristan … A-t-il compris qu’il s’agissait d’une infamie et d’une erreur ? Se doute-t-il que la réaction de Barristan ne va pas être un saut de joie ? Il s’est fait le porte-parole des autres mesures pourtant, mais celle-ci le met mal à l’aise.

    « – Les Frères Jurés de la Garde ont toujours été chevaliers, déclara ser Boros d’un ton ferme. » Tu parles !!

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