ACOK 30 – Tyrion VII

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  • Ce sujet contient 6 réponses, 6 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par R.Graymarch, le il y a 5 jours et 10 heures.
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  • #156431
    Samyriana
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    ACOK 30 – Tyrion VII
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    Ce chapitre nous montre le meilleur et le pire de Tyrion. Dans la première partie, il nous offre une leçon d’espionnage ciselée, en retournant un « ennemi ». Dans la seconde, on réalise que son histoire avec Shae représente une part bien plus sombre du personnage.

    Espionnage 1.0.1

    Le chapitre s’ouvre sur un Tyrion occupé à travailler en pleine nuit. Loin de l’image du nain farceur et imbécile que son père semble avoir de lui quand il s’agit de le mépriser, on constate une fois encore que Tyrion est bien le « vrai » fils de Tywin, celui qui a hérité de son intelligence politique et de sa capacité de travail. Tyrion aime le pouvoir, et travaille d’arrache-pied pour l’exercer.

    L’écuyer de Tyrion, Podrick, introduit Lancel Lannister dans la pièce. Tyrion pense que cette visite nocturne a été préparée par Cersei, qui pensait qu’il serait en train de dormir et donc plus vulnérable. Lancel exige la libération du grand mestre Pycelle, qui a été conduit au cachot dans le chapitre précédent. Cette petite scène est l’occasion d’une joute verbale et de réflexions in petto de Tyrion sur la nature du pouvoir, qui gouverne et qui sert.

    « Jamais Sa Grâce ne tolérera cet outrage. Elle vous rappelle qu’elle est la régente de Joffrey.

    — Comme je suis la Main de Joffrey, moi.

    — La Main sert, l’informa le jeune chevalier d’un air hautain, le régent gouverne jusqu’à la maturité du roi. »

    Quelques lignes plus bas, on apprend que Cersei a tenté de faire libérer Pycelle, mais que le capitaine du Guet Jacelyn Prédeaux a refusé. Cette information est en contradiction directe avec les paroles de Lancel : on voit que pour une partie des personnes qui servent, Tyrion est bel et bien celui qui gouverne. La lutte pour le pouvoir entre Tyrion et Cersei qui a été abondamment commentée dans les précédents chapitres de Tyrion se poursuit donc ici, à travers les influences qu’ils exercent dans le Donjon Rouge et en ville. Et Tyrion est sur le point de remporter une grande victoire, en retournant l’un des alliés les plus fidèles de Cersei dans une leçon magistrale.

    Mais présentons d’abord la victime des diverses manigances des Lions. Qui est Lancel Lannister ? Lancel est issu de la branche cadette des Lannister, car il est le fils de Kevan, le frère de Tywin. Il incarne tout ce qu’on nous présente de cette famille depuis AGOT, à l’exception de Tyrion. Il est arrogant, méprisant, convaincu de sa propre importance. Physiquement, il porte tous les traits distinctifs des Lannister : cheveux blonds-roux, yeux verts. Comme si son ascendance le condamnait à n’être qu’un Lannister secondaire dans l’histoire comme dans le cœur des autres personnages, il est un second choix, un Jaime de pacotille :

    « Regarde-le… Un peu moins grand, des traits moins parfaits, les cheveux blonds au lieu d’être filés d’or, et cependant… Même une pâle copie de Jaime vaut mieux qu’un lit vide, je présume. »

    Au niveau politique, Lancel est l’archétype de celui qui, comme Icare, se brûle les ailes en volant trop près du soleil du pouvoir.

    « Sa chevalerie l’avait décidément rendu plus outrecuidant, rumina Tyrion – elle, et la part pitoyable qu’il avait prise au meurtre de Robert. »

    Lancel est jeune, et est, de son point de vue, dans le secret des dieux. Il est au fait d’un des secrets les plus importants de Cersei : la réalité de la mort de Robert. Il a de toute évidence était fait chevalier en partie pour ça, mais le réalise-t-il ? Comme il singe les attitudes des autres Lannister, il méprise profondément Tyrion, qu’il insulte et menace au début du chapitre. Aveuglé par la place qu’il occupe auprès de Cersei, il ne réalise pas que Tyrion incarne lui aussi un pouvoir, et que lui-même n’est pas Cersei pour se permettre tant de mépris.

    Et c’est là que Tyrion va lui porter le coup fatal, en jouant avec lui tel un chat avec une souris. Tout d’abord, Tyrion ne réagit pas aux provocations de Lancel, qui s’enhardit jusqu’à le menacer. Et Tyrion change de registre de langue d’un coup, en lui parlant d’une manière plus familière et surtout en lâchant qu’il connaît la vérité sur la mort de Robert. Lancel est complètement déstabilisé, et revendique son titre de chevalier pour se défendre. Mais le titre fait-il le chevalier honorable ? Nous avons vu à de multiples reprises que non, et cette défense apparaît bien pitoyable. Tyrion l’achève alors :

    « — J’en ai pris note. Dis-moi un peu… Quand Cersei t’a-t-elle fait chevalier ? avant ou après t’avoir mis dans son lit ?  »

    Lancel nie, puis tente de se défendre, et finit par supplier Tyrion de ne pas le dire à Joffrey… pendant que Tyrion se délecte de la situation, et le lecteur également. Tyrion demande alors à Lancel d’espionner Cersei pour son compte, ce que le jeune homme est contraint d’accepter.

    À la fin de cette première partie, on constate que Tyrion a peu d’amour pour son cousin (assez logiquement), qu’il considère comme quasiment condamné. Et c’est vrai que Lancel est trop jeune et/ou trop aveuglé par sa montée en grâce pour réaliser qu’il est réalité dans une position on ne peut plus périlleuse.

    « Une bénédiction, que l’oncle Kevan eût deux autres fils. Celui-ci avait peu de chances de passer l’année. Cersei le ferait tuer sur-le-champ, si elle apprenait qu’il la trahissait, et si quelque faveur divine le préservait de cet accident, ce ne serait que partie remise, le sursis prendrait fin dès le retour de Jaime à Port-Réal. La seule question pendante étant de savoir si Lancel périrait victime de la jalouse rage de son beau cousin ou des précautions que prendrait sa belle cousine pour empêcher la découverte du pot-aux-roses par celui-ci. Tyrion misait sur Cersei. »

    Méfie-toi Lancel, le Capitole est proche de la roche tarpéienne.

     

    La Belle et la Bête

    Cette entrevue terminée, Tyrion part en balade nocturne avec Bronn vers le bordel de Chataya. En chemin, il pense à ses prédécesseurs et à leur incapacité à jouer au jeu des trônes à cause de leur honneur et de leur respectabilité. Cette réflexion est intéressante, parce que tout le chapitre nous montre à quel point Tyrion est bien un vrai Lannister. Il aime le pouvoir, est doué pour manipuler les autres, a une haute opinion de lui-même. L’empathie et la pitié dont il peut faire preuve parfois trouve de nombreuses limites, que ce soit envers la population du Conflans comme on l’a vu dans un précédent chapitre, ou envers son cousin qu’il traite comme un dommage collatéral dans la guerre qu’il mène contre Cersei. Finalement, s’il n’avait pas connu le rejet des siens du fait de son nanisme, n’aurait-il pas été exactement comme Cersei ou Lancel ?

    La suite du chapitre explore encore plus cette facette de Tyrion, qui est bien moins à son avantage que dans sa discussion avec son cousin. Il arrive au bordel de Chataya, et découvre qu’il est l’objet d’un pari entre deux prostituées. Le voile se lève légèrement sur les conditions de vie et de travail de ces femmes, « pensionnaires » d’un établissement de luxe. Il souligne la dignité avec laquelle Chataya exerce sa profession et pense :

    « Il avait rarement vu tant d’élégance et de dignité à une putain. Mais elle se considérait plutôt, à la vérité, comme une sorte de prêtresse. Là gît peut-être le secret. Moins importe ce que nous faisons que notre raison de le faire. »

    Tyrion emprunte le passage secret qui va lui permettre de retrouver Shae en toute discrétion. Il pense à Tysha, et aux autres prostituées. Il n’a plus besoin d’elles, car il a Shae. Ces pensées montrent mieux la réalité de leur relation que les pensées qu’il a de manière consciente : Tyrion pense aimer Shae, mais en réalité il la possède littéralement, comme un objet précieux. Leur histoire m’apparaît comme une variation du thème de la Belle et la Bête : Shae est « gardée » (pour sa protection ou pour l’empêcher de fuir ?) dans une maison/un château par des serviteurs monstrueux :

    « S’il n’était pas arrivé à recruter d’ovidophiles, Varys avait en revanche découvert un étrangleur châtré et un couple d’Ibbénins puants dont la passion pour les haches n’avait d’égale que celle qu’ils se portaient mutuellement. Le reste du lot se composait de mercenaires aussi triés que fine fleur de basse-fosse et plus repoussants les uns que les autres. Tant et si bien que, lors de la parade organisée par Varys à son intention, Tyrion craignit d’être allé trop loin »

    Tyrion pense que Shae est imperméable à la laideur, la sienne et celle de ses serviteurs, comme Belle qui tombe amoureuse de la Bête. Mais est-ce vraiment le cas ? Jouer l’amour fait partie des choses que Shae doit maîtriser pour son métier. Être la maîtresse de Tyrion lui apporte un confort de vie inégalé pour une femme de sa condition, mais à quel prix ? Il me semble que Shae est, comme le pouvoir, un attribut pour Tyrion dans sa quête de reconnaissance. Elle est cloîtrée, recluse du monde, à la disposition de Tyrion qui peut venir la posséder à sa guise.

    « C’est la réalité, tout, tout cela, songea-t-il, les guerres, les intrigues, le grand jeu sanglant, et moi tout au centre… moi, le nain, le monstre, l’objet de leurs rires et de leurs mépris, et j’ai tout dans ma main, maintenant, le pouvoir, la ville, la fille. Voilà pour quoi j’étais fait et, les dieux me pardonnent, j’aime ça… »

    Il me semble que Tyrion s’illusionne en pensant aimer Shae, et qu’il s’illusionne encore plus en pensant qu’elle l’aime en retour. Leur relation est on ne peut plus asymétrique, et on peut se poser la question du véritable consentement du Shae pour vivre la vie qui est la sienne depuis qu’ils sont à Port-Réal. Et tout cela n’honore guère Tyrion…

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine et 1 jour par R.Graymarch.

    "Des chefs de guerre, y en a de toutes sortes. Mais une fois de temps en temps, il en sort un, exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, y en a presque jamais. Et tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles."

    #156440
    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 7750

    Un chapitre plaisant. J’imagine que j’ai dû jubiler à la lecture car on voit Tyrion déjouer des attaques et placer ses pions. A la relecture, la victoire paraît assez facile (mais tout de même importante) et la fin me laisse aussi dubitatif mais pas de la même manière que Samyriana.

    Comme souvent, on a un début in media res avec la visite de Lancel et Tyrion qui cogite sur la raison. Il pense que Lancel pourrait l’espionner au profit de sa soeur. Pas tout à fait, c’est plus direct que ça. Tyrion, qui bossait malgré l’heure, fait tout pour apparaître en situation de faiblesse, ou au moins de surprise.

    Il étudie bien les rapports de Varys et se perd dans les comptes de Petyr (oui je pense que Littlefinger a des arrières-pensées en présentant ses comptes)

    Even abed, he worked well into the morning—reading by the flickering light of a candle, scrutinizing the reports of Varys’s whisperers, and poring over Littlefinger’s books of accounts until the columns blurred and his eyes ached.

    When his bowels were empty, Tyrion slipped on a bedrobe and roughed his thin flaxen hair with his fingers, all the more to look as if he had wakened from sleep.

    Lancel exige la libération de Pycelle. Tyrion se grille un peu par excès de confiance en parlant du vin qui a tué indirectement Robert car il a aussi empoisonné le vin de sa soeur, du coup sa remarque pourrait lui porter préjudice…

    “So it is.” Tyrion waved it away. “I hope my sister is not overtaxing her strength, so soon after her illness. It would be a great pity if she were to suffer a relapse.”

    Mais il enchaîne sur Robert, sans le dire, mais tout de mêm

    Knighthood had made the boy bolder, Tyrion reflected—that, and the sorry part he had played in murdering King Robert. “Wine does have its dangers.” He smiled as he poured.

    Prudent, Tyrion fait partir Podrick avant de demander au sujet d’autres éléments

    “There is more?”

    “Yes. Her Grace bids me inform you that Ser Jacelyn Bywater defied a command issued in the king’s own name.”

    Which means that Cersei has already ordered Bywater to release Pycelle, and been rebuffed. “I see.”

    “She insists that the man be removed from his office and placed under arrest for treason. I warn you—”

    He set aside his wine cup. “I’ll hear no warnings from you, boy.”

    “Ser,” Lancel said stiffly. He touched his sword, perhaps to remind Tyrion that he wore one. “Have a care how you speak to me, Imp.” Doubtless he meant to sound threatening, but that absurd wisp of a mustache ruined the effect.

    Comme noté plus haut, Lancel se croit plus impressionnant qu’il n’est, que ce soit dans son physique, son attitude ou son langage. Tyrion met la pression en parlant de Shagga et en sous-entendant la part de responsabilité de Lancel dans la mort de Robert. Quand il porte l’estocade, on note que l’info vient de Varys (un bon point pour Varys, qui n’en avait pas vraiment besoin tant il dominait déjà le classement de Tyrion)

    “So I’ve noted. Tell me—did Cersei have you knighted before or after she took you into her bed?”

    The flicker in Lancel’s green eyes was all the admission Tyrion needed. So Varys told it true.

    Tyrion est comme un chat devant sa proie, il s’amuse, souffle le chaud et le froid. Là j’ai trouvé que Lancel n’était pas loin d’un Theon dans sa suffisance (tout m’est dû, je me la pète…)

    J’avais aussi noté le passage où Tyrion pense que Lancel est déjà condamné (c’est ça d’être à la table des grands sans avoir le jeu pour)

    It was a kindness that his uncle Kevan had two other sons; this one was unlikely to live out the year. Cersei would have him killed out of hand if she learned he was betraying her, and if by some grace of the gods she did not, Lancel would never survive the day Jaime Lannister returned to King’s Landing. The only question would be whether Jaime cut him down in a jealous rage, or Cersei murdered him first to keep Jaime from finding out. Tyrion’s silver was on Cersei.

    Et là, au milieu de la nuit, Tyrion décide de partir en balade. Bronn arrive très vite sans même maugréer (il ne dort jamais). J’ai bien aimé la description fugace de l’escapade nocturne au milieu d’une ville affamée : une lune (pas de traitor moon ?) qui joue à cache-cache, une vieille dame avec un chat mort

    The moon seemed to follow them as they went, playing peek-and-sneak among the chimneys. They encountered no one but a lone old crone, carrying a dead cat by the tail. She gave them a fearful look, as if she were afraid they might try to steal her dinner, and slunk off into the shadows without a word.

    Tyrion se persuade qu’il faut « mal agir » pour contrer/vaincre Cersei. Est-il plus prudent que Ned ou Jon Arryn, ou alors aussi parano que sa soeur ? (soeur qui aurait des raisons objectives de lui en vouloir vu tous les coups pendables qu’il lui fait)
    Tyrion reflected on the men who had been Hand before him, who had proved no match for his sister’s wiles. How could they be? Men like that . . . too honest to live, too noble to shit, Cersei devours such fools every morning when she breaks her fast. The only way to defeat my sister is to play her own game, and that was something the Lords Stark and Arryn would never do. Small wonder that both of them were dead, while Tyrion Lannister had never felt more alive. His stunted legs might make him a comic grotesque at a harvest ball, but this dance he knew.
    Tyrion va au bordel (ouvert la nuit, OK). Chataya n’a plus que du vin moyen (on parle beaucoup de vin dans ce chapitre).
    J’ai aussi noté la phrase suivante, pour moi elle est clef dans le sens où Tyrion admet à demi-mots qu’il peut se convaincre de ses bonnes actions. Même si dans le fond, c’est pas si clair que ça
    He had seldom seen such elegance and dignity in a whore. Though to be sure, she saw herself more as a kind of priestess. Perhaps that is the secret. It is not what we do, so much as why we do it. Somehow that thought comforted him.

    On apprend au passage qu’au bordel, on a déjà craché sur Tyrion ce qui a coûté les dents à la personne (On lui a mis la tête contre une brique / Que même la brique elle a eu mal)

    On apprend aussi que si Dancy (Almée en vf, je crois) est si entreprenante envers Tyrion c’est pour un pari. (Ca rappelle Brienne un peu, non ?). L’enjeu est entre deux prostituées donc je n’y vois pas forcément de lecture sur leur dure condition de vie. En revanche, j’y ai vu un signal d’alarme concernant Shae : une prostituée pourra feindre des sentiments si ça l’arrange. Tyrion ne voit pas ça. Avec Shae, il est complètement aveuglé.
    She’s right, Tyrion thought, I won’t. Shae may be only a whore, but I am faithful to her after my fashion
    Avant de partir voir Shae, on apprend que la prostituée du bordel (qui s’étire comme un chat, tiens encore un chat) veut tout de même s’élever de sa condition, notamment en apprenant à lire (Marei a beaucoup de ressources tout de même). Tyrion l’encourage dans cette voie.

    She raised her arms and stretched like some sleek black cat. “Sleep. I am much better rested since you began to visit us, my lord. And Marei is teaching us to read, perhaps soon I will be able to pass the time with a book.”

    “Sleep is good,” he said. “And books are better.” He gave her a quick kiss on the cheek.

    En sortant sur un hongre (donc castré), Tyrion se plait à écouter les chants venant des maisons. Il remarque que les gens chantent aussi même quand les temps sont durs et que même s’il comprend mal, cela lui rappelle une autre chanson du temps de Tysha. Il a toujours l’air meurtri, mais maintenant tout va bien car il a Shae (euh).

    As he left the stable on his piebald gelding, Tyrion heard the sound of music drifting over the rooftops. It was pleasant to think that men still sang, even in the midst of butchery and famine. Remembered notes filled his head, and for a moment he could almost hear Tysha as she’d sung to him half a lifetime ago. He reined up to listen. The tune was wrong, the words too faint to hear. A different song then, and why not? His sweet innocent Tysha had been a lie start to finish, only a whore his brother Jaime had hired to make him a man.

    I’m free of Tysha now, he thought. She’s haunted me half my life, but I don’t need her anymore, no more than I need Alayaya or Dancy or Marei, or the hundreds like them I’ve bedded with over the years. I have Shae now. Shae.

    J’avais complètement zappé que Tyrion avait embauché une sélection de gueules bizarres (merci Varys, bis) pour garder Shae. Tyrion a eu la présence d’esprit de ne pas mettre des gens des Clans des montagnes. Vu qu’il se balade toujours avec, c’est plus prudent.
    Il va voir Shae et le chapitre se termine sur
    Younger than Marei, sweeter than Dancy, more beautiful than Alayaya, she’s all I need and more. How could a whore look so clean and sweet and innocent, he wondered?
    Je me demande pourquoi subitement il est allé voir Shae cette nuit là (j’ai bien conscience qu’il ne peut pas aller la voir en plein jour). C’est suite à la visite de Lancel ? Ou juste une coïncidence ? (ou pour remplir le chapitre ?)
    La version de la Belle, prisonnière de la Bête est valable mais spontanément, j’ai plutôt pensé que c’était Tyrion qui était possédé par Shae plutôt que l’inverse. Psychologiquement en tout cas. Et c’est surtout de sa faute car il veut y croire alors que tous les signaux sont là.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #156478
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1522

    Samyriana et Grey, merci pour vos deux présentations respectives du chapitre.

    Je ne me souvenais plus que Lancel avait été tant malmené par Tyrion qui est impitoyable, à la mesure des avanies subies : Pycelle en sait quelque chose, au tour de Lancel, donc, qui a le tort, aux yeux de Tyrion de le prendre de très haut, si j’ose dire. 😉

    Dans la première partie, il nous offre une leçon d’espionnage ciselée, en retournant un « ennemi ». Dans la seconde, on réalise que son histoire avec Shae représente une part bien plus sombre du personnage.

    Je trouve, pour ma part, que c’est même dans cette première partie du texte que Tyrion montre de la noirceur.

    À la fin de cette première partie, on constate que Tyrion a peu d’amour pour son cousin (assez logiquement), qu’il considère comme quasiment condamné. Et c’est vrai que Lancel est trop jeune et/ou trop aveuglé par sa montée en grâce pour réaliser qu’il est réalité dans une position on ne peut plus périlleuse.

    Tyrion est assez glaçant d’indifférence, Lancel n’étant qu’un jeune imbécile infatué de sa bonne fortune…rien à voir avec la rouerie d’un Pycelle.
    Dans ASOIAF, les jeunots présomptueux se ramassent durement… Hugh du Val, Theon Greyjoy, Lancel Lannister, qui ont le tort de détenir des secrets à ne pas mettre dans toutes les oreilles.
    Je me demande si la la méchanceté dont fait preuve en paroles Tyrion n’aurait pas aussi à voir avec un possible sentiment de jalousie envers son cousin Lancel : il est bien sûr une pâle copie de Jaime mais aussi comme un reflet de ce qu’aurait pu devenir Tyrion, s’il n’avait pas été nain et laid, l’intelligence en plus.

    La version de la Belle, prisonnière de la Bête est valable mais spontanément, j’ai plutôt pensé que c’était Tyrion qui était possédé par Shae plutôt que l’inverse.

    Cela rend la comparaison avec la Bête du conte d’autant plus pertinente qu’au cours du récit, le monstre devient dépendant de la Belle, inversant le rapport dominant/ dominé entre le geôlier et sa prisonnière.
    Tyrion semble ne pas se rendre compte que l’enfermement de Shae reproduit en pire celui des prostituées du bordel de Chataya. Je suppose qu’elles ont droit à des sorties, elles sont entre elles une compagnie à laquelle Shae n’a pas droit. Et Alalaya consacre une partie de son temps à apprendre à lire là où Shae doit se contenter d’attendre son seigneur et maître. Autant de discrets avertissements pour Tyrion.
    Il apparaît dans ce chapitre au faîte de sa puissance, puissance qui est bien fragile car il n’est pas aimé (on lui a craché dessus au bordel, il s’est fait des ennemis définitifs de Pycelle et de Baelish) sans compter ceux qui de toute façon ne l’apprécieront jamais : Cersei, Joffrey, Lancel…

    Il a reconnu en l’honneur le point faible des deux autres Mains Arryn et Stark sans percevoir que sa soif de reconnaissance et d’affection est le sien à lui.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #156481
    Sandor Debout
    • Éplucheur de Navets
    • Posts : 21

    Comme toujours je trouve vos analyses très pertinentes.

    Ce qui m’a marqué (et je rejoins Ysilla), c’est le côté cynique, de Tyrion dans la première partie. Je le trouve aussi plus mesquin, moins subtil que d’habitude.

    Je ne me souvenais pas non plus de la collection de « freaks » qui « garde » Shae (des autres ou d’elle même). En donnant cette consigne de la confier à des gardiens moches et désintéressés (par elle), il avoue et reconnait en même temps ses propres frustrations  concernant son physique. On pourrait dire que c’est juste du réalisme de sa part. Mais, comme évoqué sur sa jalousie potentielle par rapport à Lancel, il montre ici que sous le vernis de l’humour et de l’esprit, il manque aussi de confiance en lui.i

    Mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime notre Tyrion: il est imparfait, avec des défauts dans lesquels beaucoup de monde peuvent se reconnaître.

    #156511
    Liloo75
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1915

    Merci Samyriana pour cette belle analyse du chapitre de Tyrion.

    Je dois avouer qu’à la relecture, je me suis encore fait prendre au jeu de Tyrion. Déjà, il travaille, il lit les rapports de Varys et contrôle les comptes de Littlefinger. Ce qui ne doit pas être une mince affaire. Il fait son travail de Main du roi, il n’est pas un conseiller de pacotille.

    Ensuite arrive Lancel, tout fier de lui, et de son nouveau titre de chevalier. Quand s’est-il distingué ? Je ne m’en souviens plus.

    Il est sûr de lui essentiellement parce qu’il est le nouvel amant de Cersei. Il se croit intouchable. Il se permet d’appeler Tyrion : « Lutin ». Alors que lui revendique qu’on lui donne du « ser ».

    Il assène même des leçons de politique à Tyrion.

    Je suis désolée, mais je n’ai éprouvé aucune pitié pour ce pauvre Lancel. Le voir se décomposer au fur et à mesure que Tyrion lui annonçait qu’il savait pour la mort de Robert, ses coucheries avec Cersei, m’a fait sourire.

    Là où je vous rejoins, c’est sur l’analyse de sa relation avec Shae. Il se leurre totalement s’il pense qu’elle l’aime. C’est une prostituée qui aime le luxe.

    Il doit tout de même avoir des doutes pour avoir exigé des serviteurs particulièrement laids ou bien n’aimant pas les femmes. Quand vous aimez quelqu’un, vous ne voyez plus les autres autour de vous, même s’ils sont physiquement attractifs.

    Tyrion, lui-même, ne veut pas profiter des prostituées du bordel de Chataya. Alors qu’il le pourrait. C’est dire s’il doit être amoureux.

    La dernière phrase néanmoins me glace le sang. « J’ai tout dans ma main (…) le pouvoir, la ville, la fille. »

    Tyrion est mégalo, c’est indubitable.

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 jours et 23 heures par Liloo75.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 jours et 23 heures par R.Graymarch.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #156529
    Yfos
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 815

    Merci pour ces analyses

    Le chapitre s’ouvre sur un Tyrion occupé à travailler en pleine nuit.

    Déjà, il travaille, il lit les rapports de Varys et contrôle les comptes de Littlefinger. Ce qui ne doit pas être une mince affaire. Il fait son travail de Main du roi, il n’est pas un conseiller de pacotille.

    Ce qui m’étonne à la relecture, c’est qu’il semble soupçonner quelque chose de louche dans ces comptes mais ne tente pas de creuser plus que cela, en se faisant aider d’un spécialiste de la comptabilité. Ça doit pourtant se trouver.

    Je suis désolée, mais je n’ai éprouvé aucune pitié pour ce pauvre Lancel

    C’est ce que je pensais aussi au début mais, comme le dit Ysilla.

    Tyrion est assez glaçant d’indifférence, Lancel n’étant qu’un jeune imbécile infatué de sa bonne fortune…

    Tyrion lui-même n’hésite pas à profiter de son pouvoir pour humilier les autres, Alliser Thorne, par exemple dans le précédent chapitre.

    Il me semble que Tyrion s’illusionne en pensant aimer Shae, et qu’il s’illusionne encore plus en pensant qu’elle l’aime en retour. Leur relation est on ne peut plus asymétrique, et on peut se poser la question du véritable consentement du Shae pour vivre la vie qui est la sienne depuis qu’ils sont à Port-Réal.

    En revanche, j’y ai vu un signal d’alarme concernant Shae : une prostituée pourra feindre des sentiments si ça l’arrange. Tyrion ne voit pas ça. Avec Shae, il est complètement aveuglé.

    Il me semble que les deux ont été clairs à ce sujet lors de leur rencontre. Tyrion lui demande si elle est vierge, elle répond que ça va lui coûter deux fois plus. Il lui demande de « trouver désopilantes es plaisanteries ». Le mensonge est au coeur de leurs relations et ils se sont mis d’accord à ce sujet dès le début.

    Pour ce qui est du consentement de Shae à vivre cette vie à Port Real, elle s’en plaindra à plusieurs reprises.

     

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 jours et 12 heures par Yfos.
    #156534
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Je ne sais pas si Tyrion est totalement un mégalomane. Il se sait plus intelligent que ses congénères et il en est ravi, pensant pouvoir accomplir au mieux son travail (en se moquant des pots cassés).

    Je suis d’accord pour le contrat passé avec Shae mais je me dis qu’il en espère plus que ça (de l’amour, donc), ce qui pour le coup n’est pas très malin.

    Là où Tyrion est ambigu, c’est qu’il a une affection sincère et désintéressée envers les « personnes brisées » socialement ou physiquement (Jon ou Bran)… enfin on ne parle que des nobles tout de même. En revanche, une personne noble qui n’est pas petite et laide comme lui, il va avoir un « malin » plaisir à lui savonner la planche, voire la ridiculiser. Si en plus il s’agit d’une proie facile comme Pycelle ou Lancel, il ne va pas se priver.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

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