AFFC 35 – Cat des canaux

Forums Le Trône de Fer – la saga littéraire Au fil des pages AFFC 35 – Cat des canaux

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    Liloo75
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    AFFC 35 – Cat des canaux
    Au fil des pages – liste des sujets

    AFFC 34, Jaime V AFFC 36, Samwell IV

    Arya est installée chez Brusco, un marchand de fruits de mer. Elle y a été placée par l’homme plein de gentillesse afin de se perfectionner dans l’apprentissage de la langue braavienne.
    Lorsque la lune est noire, Arya doit retourner au temple pour servir le dieu Multiface. Le reste du temps, elle est Cat des canaux, l’employée de Brusco.
    Cela doit faire quelques temps que Cat partage le quotidien de la famille de Brusco, car elle y est parfaitement intégrée. Elle occupe une chambre en soupente avec les deux filles de Brusco : Brea et Talea.
    Nous allons découvrir que Arya est devenue la troisième fille de Brusco. D’ailleurs, elle voudrait bien se débarrasser de la peau d’Arya Stark pour n’être plus que Cat des canaux. Mais il n’est pas si évident de se défaire de sa pelisse de loup.
    La jeune fille est devenue une marchande d’huîtres, palourdes et coques. Elle s’est très vite habituée à la vie parmi les commerçants de Braavos. Mais, elle n’en demeure pas moins la demi-sœur de Jon Snow, quelle que soit la distance qui les sépare.
    Et elle va apprendre que chaque acte a des conséquences. Valar pacaris ?

     

    Celle qui sert au temple

    Arya passe le mois chez Brusco, mais lorsqu’il n’y a plus de lune dans le ciel, elle revient au temple.
    Là-bas, elle doit révéler trois choses qu’elle a apprises lors de ses échanges avec les braaviens. Elle exerce ainsi sa capacité à observer ceux qui l’entourent, et à demeurer à l’écoute des nouvelles qui sont rapportées.
    Nous découvrons ainsi le rythme de vie de l’apprentie sans-visage.

    A son retour, l’homme plein de gentillesse est toujours là pour l’accueillir. Elle lui explique ce qu’elle a découvert. En échange, il lui raconte l’histoire de Braavos. Contrairement aux autres cités libres, qui sont des filles de l’antique Valyria, Braavos s’est construite avec l’arrivée d’hommes de toutes origines : des métis, des esclaves, des voleurs, des femmes de petite vertu. Tous fuyaient des Targaryen et leurs dragons. C’est ce qui explique que la cité soit restée dans l’ombre si longtemps.
    Braavos me fait penser sous certains aspects à la Garde de Nuit, qui accueille tous les hommes qui veulent servir, quelle que soit leur origine ou leur passé.

    Géographiquement, Braavos rappelle Venise avec ses canaux, ses palais, ses embarcations qui ressemblent à des gondoles et ses marchés animés.
    Nous apprenons aussi que cette diversité dans le peuplement de Braavos explique la présence de maints cultes au sein de la cité libre. Mais tous ces cultes ont un point commun, ils vénèrent le dieu de la mort, quel que soit le nom qu’ils lui donnent.

     

    La troisième fille de Brusco

    Brea, Talea et Cat ont leurs habitudes, une routine s’est installée entre elles. C’est Cat qui se réveille la première, avant l’aube. Elle passe ses vêtements à Talea, puis ensemble, elles tirent du lit Brea, l’ainée, qui a toujours du mal à se lever. Arya fait partie de la famille, elle semble y avoir trouver sa place.

    Ensuite, Brusco, ses fils et les trois filles embarquent à bord d’un bateau. Cat ferme la marche en défaisant les amarres du bateau et en sautant à bord ; une technique bien huilée. Ce sont les garçons qui ont la responsabilité de faire avancer l’esquif, avec des perches, qui font immédiatement penser au maniement d’une gondole.

    Chacun connait le rôle qui lui est assigné. Cette routine familiale convient parfaitement à Cat. Cela doit être très rassurant pour elle de retrouver une famille et sa place au sein de celle-ci. Arya dispose enfin d’une certaine stabilité. Même si le travail qui lui est demandé est exigeant.

    Car si Brusco a embauché quelqu’un, c’est parce que son dos le fait souffrir et qu’il a besoin d’aide pour porter des cageots remplis d’huîtres, de coques, crevettes et palourdes. Ce sont ses enfants qui doivent se charger de cette besogne.

    La vie de cette famille est bien rythmée. Ils se rendent tous les matins avant l’aube au marché aux poissons. C’est là que le père choisit les produits qui lui plaisent et lui paraissent de bonne qualité. Il ne prend que des fruits de mer et des crustacés. C’est sans doute une tactique commerciale, cela se vend probablement plus cher que le simple poisson, et ces produits se conservent facilement une journée hors de l’eau.
    Brusco est plutôt du style taciturne, il désigne les caisses à ses enfants qui s’occupent de les enlever. Ces caisses sont lourdes à porter, surtout pour un petit gabarit comme Arya. Mais la jeune fille n’a pas peur du travail. Elle se dit qu’ainsi elle devient plus musclée, plus forte. Un peu comme lorsqu’elle frottait les marches d’escaliers à Harrenhal. Excepté qu’ici personne ne la bat. Certes, il faut obéir à Brusco, mais elle est logée à la même enseigne que les enfants de celui-ci.

    D’ailleurs, lorsqu’ils rentrent du marché, ce sont les trois filles qui ont la responsabilité d’aller revendre la marchandise à l’aide de carrioles. Nous apprenons ainsi que certains ports (les plus prestigieux) sont réservés aux braaviens. C’est la raison pour laquelle Brea se rend au port Pourpre. Arya doit se contenter du port des Chiffonniers, moins bien fréquenté, mais cela ne semble nullement la contrarier.
    Elle s’entend bien avec les filles de Brusco. Elle connaît leurs secrets, notamment les rendez-vous nocturnes de l’aînée avec un garçon, un « rat de gouttière ».
    Si le petit ami de Brea est qualifié de « rat de gouttière », cela signifie que c’est un garçon peu recommandable et probablement un voleur.
    A Braavos, on ne parle pas de « chat de gouttière », peut-être parce que le chat est un animal trop noble ?

     

    Celle qui ne voulait plus être Arya

    Arya fait souvent des rêves de loup, elle prend possession du corps de Nymeria et elle sillonne le Conflans avec sa meute. Il s’agit probablement de la meute de loups dont on rapporte les méfaits à Jaime (AFFC 28 – Jaime III).
    Au réveil, Arya garde les souvenirs de ses nuits de chasse avec toutes ces odeurs perçues à travers les sens aiguisés de sa louve. Elle sent la nature, mais également l’odeur de la peur qui imprègne les hommes. Et elle entend ses frères hurler. S’agit-il des membres de la meute de Nymeria, ou bien des loups géants des frères d’Arya ? Après tout, les loups géants ont gardé un contact entre eux, et cette hypothèse n’est pas improbable. Été, Broussaille et Fantôme sont encore en vie.
    Les rêves de loups d’Arya sont tellement réalistes que dans son sommeil elle grogne comme un animal.

    Elle fait également un autre rêve, moins plaisant, dans lequel elle a deux pattes. Elle est Arya Stark, qui voudrait sauver sa mère mais qui ne le peut pas. Il pleut sans cesse et un géant à tête de chien l’empêche d’avancer. Arya revit les noces pourpres et son arrivée aux Jumeaux avec le Limier. Il l’avait retenue afin qu’elle n’aille pas chercher sa mère dans le château (ASOS 53 – Arya XI). Ce souvenir revient la hanter, Arya doit se sentir coupable de n’avoir rien fait pour sauver lady Catelyn.

    Celle qui se fait appeler Cat est toujours Arya de la maison Stark, même si cela lui déplait.
    Arya prétend qu’elle ne devrait plus faire de rêve de loup, puisqu’elle n’est pas un loup, mais un chat. Elle est devenue Cat des canaux.
    Dans le même temps, elle nous révèle que les rêves de loup sont ceux qu’elle préfère :
    « Elle était rapide et puissante, elle abattait sa proie, talonnée par sa meute. »
    Ah, être dans la peau de Nymeria est tellement exaltant. Demandez à Bran s’il n’aime pas être Été, et courir librement, chasser, tuer…

    Arya prétend qu’elle n’est plus Arya, mais il existe un fossé entre se dire « je suis personne » et assimiler cette pensée, l’intégrer en soi. Entre l’intention et la réalité, il y a souvent un gouffre.

     

    La petite marchande d’huîtres, palourdes et coques

    Puisque Arya doit ramener chaque mois trois informations à l’homme plein de gentillesse, elle reste très attentive aux nouvelles colportées par les marins qui débarquent à Braavos. C’est ainsi qu’elle a appris la naissance des dragons de Daenerys. La nouvelle est en train de se répandre sur tout le continent d’Essos.

    Au port du Chiffonnier, Arya découvre des marins venus des quatre coins du monde. Elle fait preuve des mêmes capacités d’observation que nous lui connaissons depuis longtemps. Elle a noté que les Tyrochis se teignent les cheveux, les Lysiens sont blonds et aiment marchander (ce sont eux les Français d’Essos ?), les Ibbéniens lancent des malédictions. Quant aux hommes des îles d’Eté avec leur peau sombre, leurs plumes colorées et leurs bateaux-cygnes, ils plaisent à Arya. Je crois qu’ils vont beaucoup plaire à Samwell également, dans le prochain chapitre.

    Arya connaît les mots braaviens pour vanter sa marchandise. Mais elle préfère utiliser un langage peu châtié, celui des commerçants du port, qui mélange des mots provenant de plusieurs langues (une sorte d’espéranto ?). Et y associer un geste obscène qui s’appelle « faire la figue » lorsqu’elle est embêtée par un quidam. Cela se pratiquait au XIIIème siècle. C’est une sorte de doigt d’honneur où l’on place le pouce entre le majeur et l’index, pour signifier à quelqu’un que l’on se moque de lui.
    Tout cela amuse beaucoup Arya aka Cat des canaux ; elle a appris des jurons également et elle a une prédilection pour « con de chamelle ».

    Arya est très à son aise parmi les marchands et les gens du commun qui fréquentent les ports. Ce qui n’est pas très surprenant quand on se souvient qu’elle aimait côtoyer les serviteurs de Winterfell et qu’elle se sentait souvent mieux en leur compagnie qu’avec ceux de sa caste.

    Marchande d’huîtres, palourdes et coques à Braavos, voici une vie qui semble convenir à Arya, elle a l’air de prendre du plaisir à cette vie aventureuse et pleine de libertés. Elle a réussi à se lier d’amitié avec plusieurs braaviens. Ce qui est la preuve de sa capacité d’adaptation et d’intégration. Elle est douée pour les relations sociales en réalité ; cet aspect de sa personnalité ne s’est pas dissous dans la noirceur des hommes qu’elle a pu côtoyer et qui lui ont fait du mal. Sa capacité de résilience est toujours présente.

    Elle a également appris à ne pas se laisser impressionner. Elle possède un canif qu’elle entretient afin de le garder bien pointu. C’est ce même couteau qu’elle avait dégainé devant Orbello et Terro lorsqu’ils cherchaient querelle à Sam.
    Roggo le Rouge (un voleur qui fréquente le Havre heureux) lui a expliqué comment s’en servir pour se protéger ou encore pour couper une bourse aux passants. C’est encore une preuve de sa grande adaptabilité.

    Elle s’est liée d’amitié avec tous ceux qui travaillent autour du port : débardeurs, taverniers, histrions ou même prostituées. Leurs origines sociales lui importent peu, l’essentiel réside dans ce qu’elle apprend à leur contact.
    Arya se montre très curieuse des coutumes braaviennes, et chacune de ses rencontres lui permet d’en apprendre un peu plus sur ses interlocuteurs, leur métier, leur passe-temps ou sur la ville. En revanche, elle n’a pas fait de grands progrès dans la maîtrise de la langue braavienne. Lorsqu’elle s’y essaye, c’est elle qui se transforme en amuseur public.

    Arya profite de toutes les occasions pour découvrir un nouveau quartier de Braavos. Elle ne craint pas d’aller au-devant de ses clients, même si parfois elle est mal reçue ou bien mal vue par la concurrence.
    Lorsque Brea se trouve indisposée, elle en profite pour aller vendre sa marchandise au port Pourpre. Elle peut ainsi y observer la barge du Seigneur de la Mer.
    Se souvient-elle des histoires contées par Syrio Forel, la première épée de Braavos et du test que lui avait fait passer ledit seigneur avec son chat ?
    À propos de chats, Cat et ses odeurs de fruits de mer ne manquent pas d’attirer les matous de la ville. Ils sont nombreux à suivre sa carriole avec espoir. Son préféré est un matou essorillé qui lui rappelle celui qu’elle pourchassait à travers le Donjon Rouge, Balerion la Terreur Noire. Les dragons se cachent toujours là où l’on ne les attend pas…

    La compagnie des chats peut s’avérer utile, nous le découvrirons plus tard.

    Arya fait la connaissance de marins Ouestriens qui viennent d’accoster au port. Elle apprend ainsi que le pirate Sladhor Saan fait des ravages dans les Degrés de Pierre. Ainsi, il n’est donc pas resté à Châteaunoir avec Stannis. C’est là que nous prenons conscience que nous n’avons plus de nouvelles du Mur, de Jon, Stannis, Mélisandre et des autres nordiens depuis le début d’AFFC.

    Arya découvre également que sa tante Lysa Arryn est décédée, tuée par son histrion…c’est dangereux un troubadour ! Pour Arya, c’est une porte de plus qui se ferme pour elle à Westeros. Mais que peut lui importer la mort d’une dame des Eyrié, à elle, la petite marchande de Braavos ?
    Surtout lorsqu’il s’agit d’une femme qu’elle n’a jamais rencontrée. Lysa Arryn est une inconnue pour elle. Même Arya Stark ne serait pas peinée outre mesure si elle apprenait la mort de Lysa. D’autant plus si elle savait que Lysa a tenté de tuer sa sœur par pure jalousie.

    Pour le moment, elle renseigne les marins fraîchement débarqués sur les lieux où trouver des filles de joie. Cat les oriente immédiatement vers le Havre heureux et Merry la patronne du lieu. Ce choix n’est pas le fruit du hasard, Arya apprécie Merry, qui est une de ses clientes régulières et qui traite bien ses pensionnaires. Entre commerçants, on sait se renvoyer l’ascenseur (ou plutôt la cage, si l’on veut conserver le vocabulaire local).

    Le lecteur apprend qu’il existe plusieurs sortes de prostituées, certaines sont des courtisanes et leurs services se monnaient à des prix que seul un seigneur est en mesure de débourser.
    Cat raconte aux marins venus de Goëville qu’elle a déjà adressé la parole à la Perle Noire, une des plus célèbres courtisanes de Braavos. Son véritable nom est Bellegere Otherys, la descendante d’une lignée de courtisanes qui aurait du sang de dragon…une vraie légende.

     

    Arya, la soeur de Jon Snow, le lord Commandant

    Arya connait Dareon, elle fréquente comme lui le Havre heureux pour affaires. Mais elle ne l’apprécie pas spécialement.
    “Il est beau de visage et ignoble de coeur”. Voici un bon résumé de l’opinion d’Arya.

    Elle n’aime pas la façon dont il convoite Lanna, la plus jeune des pensionnaires. Celle-ci soupire dès lors que Dareon achève sa chanson. Est-ce parce qu’elle aime réellement ses chansons ? ou bien sait-elle que la fin de la ballade signifie qu’il va venir inévitablement la peloter ? Dans tous les cas, cette situation met Arya mal à l’aise. Elle fait diversion en offrant sa marchandise à Merry et aux filles.

    Dareon a plusieurs défauts aux yeux d’Arya. En premier lieu, il désire une jeune fille à peine plus âgée qu’elle, qui doit avoir l’âge de Sansa. C’est un peu comme si Dareon voulait coucher avec sa sœur.

    Ensuite, il a abandonné son frère juré Samwell. Arya lui pose la question afin de savoir s’il a des nouvelles de son frère, mais elle connait déjà la réponse. Elle l’a entendu parler à Bethany et lui annoncer qu’il n’avait nullement l’intention de rejoindre la Garde de Nuit. Il se pavane tel un paon au milieu des filles. Arya a noté que sa garde robe s’est largement enrichie et colorée en peu de temps. A l’exception de ses bottes, qui sont toujours noires, noires comme une nuit sans lune.
    Par conséquent, il est un déserteur.

    Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Dareon se met à lui faire des confidences. Il lui confirme qu’il a quitté définitivement la Garde de Nuit et il ne compte pas y retourner. Il a d’autres projets, plus rémunérateurs, comme se produire au Palais du Seigneur de la Mer. Rien que ça !

    Son frère Samwell, il n’en a rien à cirer. Arya a entendu parler de la pâtée que Samwell lui a administrée, elle aurait bien aimé être là pour y assister. Dareon a donc réellement abandonné son frère, ainsi qu’un “vieux” qu’il avait déjà voulu laisser sur le côté de la route pour pouvoir s’embarquer à bord de la Dame Ushanova. Arya connait cette péripétie, puisque Sam s’était confié à elle et lui avait parlé de mestre Aemon (AFFC 27 – Samwell III). Ce manque de solidarité entre frères jurés, unis par un serment, choque Arya. Car chez les Stark, la fratrie c’est sacré, on ne laisse pas un membre de sa meute derrière soi.

    Et pour couronner le tout, Dareon se met à lui parler de son lord Commandant, qui n’est autre que Jon Snow. A mon sens, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

    Pour résumer, Dareon est amateur de très jeunes filles, il n’est pas versé dans l’altruisme vis à vis de ses frères, il s’est parjuré, et il a sciemment désobéi à Jon Snow. Cela fait beaucoup de charges qui pèsent contre lui. Suffisamment pour que Arya décide qu’il a outrepassé les bornes et que tout homme doit mourir.

    Je ne crois pas que Arya soit choquée par le seul fait qu’il soit un déserteur. A mon avis, s’il avait été un frère lambda en rupture de ban, elle ne l’aurait pas poursuivi dans la ruelle sombre. Arya ne se prend pas pour le Stark de Winterfell chargé de rendre la justice dans le Nord.

    En revanche, cet idiot de Dareon se vante de tous ces forfaits. Non seulement il est un homme qui a manqué à ses devoirs, mais il s’en enorgueillit. La remarque au sujet de “lord Snow” est le point de bascule.
    Le sort de Dareon est est scellé, lorsqu’il annonce à Arya :
    « – Eh bien, c’est trop tard maintenant (pour rejoindre la Garde De Nuit).
    – Exact, conclut-elle alors qu’ils pénétraient dans l’obscurité d’une ruelle étroite et tortueuse. »
    Dareon ne sait pas que ce “exact” signifie qu’il est trop tard pour lui, il a trop parlé, sa vie s’achève ici.
    L’auteur ne nous fait pas vivre la scène du règlement de compte. Nous arrivons sans transition chez Brusco où Arya dépose une paire de bottes.

    A mon sens, Dareon a commis l’erreur de trop s’épancher auprès d’Arya. Il ignore alors qu’il s’adresse à la seule personne à Essos qui éprouve des sentiments plus que fraternels à l’égard de son demi-frère. N’oublions pas que si Arya a conservé Aiguille, désobéissant aux ordres de l’homme plein de gentillesse, c’est parce que Aiguille est le sourire de Jon Snow.
    En lui parlant de lord Snow, Dareon l’a informée que Jon est devenu lord Comandant de la Garde de Nuit. Ce qui, pour Arya, ne doit pas constituer une grande surprise. Déjà lorsque son frère était à peine installé à Châteaunoir, elle l’imaginait patrouilleur. Elle avait mitraillé Yoren de questions au sujet de son frère, le jour où le recruteur de la Garde de Nuit était venu rendre compte à lord Eddard de l’enlèvement de Tyrion par Catelyn (AGOT 33 – Arya III).

    Je crois me souvenir qu’en primo lecture j’avais déjà sourcillé en entendant Dareon parler de “lord Snow” de façon si irrespectueuse. Cela va lui coûter cher avais-je pensé. En seconde lecture, je comprends que ce n’est pas au nom des Stark que Arya exécute Dareon, c’est au nom de toutes les valeurs que lui a transmises son père et du lien qui l’unit à son demi-frère. Dareon a trahi non seulement Jon Snow, mais également toutes les valeurs auxquelles elle est attachée, alors Arya va faire fi des règles et décider d’elle-même d’exécuter Dareon. Même si elle sait pertinemment que le dieu Multiface ne cautionne pas ce type de meurtre pour des raisons personnelles. Et que tout manquement doit se payer : valar pacaris (tout homme doit payer ses dettes [création personnelle]).

    Cette scène est en miroir avec celle d’ADWD dans laquelle Jon Snow rompt ses vœux, en prenant parti dans les affaires du royaume. Quand il décide de marcher sur Winterfell avec un groupe de volontaires pour retrouver celle qu’il pense être Arya, après avoir reçu la lettre cachetée de rose et adressée au « Bâtard ». C’est cette lettre de Ramsay Bolton qui met le feu aux poudres. Ramsay y prétend avoir tué Stannis, être en possession d’Illumination, avoir capturé Abel le barde (Mance Rayder) et il ordonne à Jon de lui rendre, notamment, son épouse. Jon comprend que sa sœur est en fuite et en danger. Il va enfreindre les lois de la Garde parce que c’est la vie de sa sœur qui est en cause, et que cet enjeu dépasse tous les autres à ses yeux. Il ne réagit pas en « Stark », mais en frère protecteur de sa demi-sœur préférée (ADWD 70 – Jon XIII).
    Comme dirait Jaime Lannister : « the things I do for love ».

     

    Le retour au temple

    Ce soir-là, Arya retourne au temple non sans une certaine appréhension.

    Elle commence par se changer, se débarrasser des vêtements de Cat, puis elle se lave méthodiquement. C’est un peu comme si elle revêtait de nouveaux habits, ceux de “personne”, la servante du dieu Multiface.

    Après s’être restaurée, elle va aider la gamine abandonnée à préparer ses potions, qui sont en réalité des poisons. Nous découvrons ainsi les vertus et les risques du bonsomme, le médicament qui est administré régulièrement à Robin Arryn, le cousin d’Arya. Quelques graines suffisent pour calmer des tremblements, et l’on comprend alors pourquoi cette potion est utilisée par mestre Colemon pour traiter le jeune Robin. Une pincée aide à dormir, mais trois pincées donnent la mort. Et comme ce poison a le goût du sucre, il est facile de le dissimuler dans des gâteaux. Il est donc aisé d’empoisonner quelqu’un avec ce produit.
    Ensuite, la gamine explique à Arya comment fonctionnent les larmes de Lys. Tiens donc, cette fois-ci c’est la potion qui a servi à éliminer Jon Arryn.
    Enfin, vient le tour d’un remède qui rend fou les hommes et les animaux, il leur enlève toute inhibition et toute peur. Arya demande si l’on peut s’en servir sur des chiens. la gamine la gifle car elle a compris que c’est Arya Stark qui pose cette question, trahie par le machouillement de sa lèvre. Une habitude bien ancrée chez elle.

    Je me suis demandée ce que Arya pouvait bien vouloir faire cette potion. Souhaite-t-elle la tester sur le Limier ? C’est le seul chien, qui, à ma connaissance, figure dans la litanie d’Arya. Ou bien, veut-elle savoir si Sandor était drogué avec du sang de basilic ?

    La gamine lui fait ensuite passer un test pour savoir si elle est réellement personne et si elle est capable de deviner les mensonges. Ce test n’est pas des plus agréables, mais le test ultime, elle va le passer devant l’homme plein de gentillesse.

    Il veut connaître les trois faits nouveaux que Arya a pu récolter dans le mois ; elle commence par des événements anodins comme la blessure de Petit Narbo et la querelle entre deux histrions. Mais elle garde le meilleur pour la fin. Dareon s’est fait trancher la gorge, et il a fini dans un canal. Elle précise que quelqu’un a gardé ses bottes. Arya tente de garder un visage immobile, tout comme elle s’est entraînée à le faire avec la gamine, puis elle annonce tout à trac que Dareon a été tué par Arya Stark.

    Pourquoi fait-elle un tel aveu ? Est-ce que Arya sait pertinemment qu’elle est incapable de mentir et que l’homme plein de gentillesse l’aurait démasquée tôt ou tard ? ou bien, a-t-elle la naïveté de croire que l’homme plein de gentillesse va lui pardonner son geste ? Néanmoins, cette dernière option me parait peu probable, car tout le long du chemin jusqu’à la Demeure du Noir et du Blanc, Arya ruminait la façon dont elle allait lui annoncer la nouvelle. Sa réaction l’inquiétait.
    Et pour cause, l’homme plein de gentillesse demande à la gamine de porter du lait chaud pour Arya. Etant donné que c’est elle qui est préposée aux poisons, il y a de quoi se questionner sur la sentence qui va s’abattre sur Arya.

    Arya fait à nouveau un rêve de loup. Mais cette fois-ci, elle marche le long des toits et chasse aux abords des canaux. Arya n’est plus un loup, mais un chat.
    Cela pourra lui être utile le lendemain, car les chats sont des animaux nyctalopes, et Arya va avoir besoin de ses pouvoirs de zoman pour y voir la nuit…et le jour.

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    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #193972
    R.Graymarch
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    Retour à Arya, enfin Cat des canaux, sous couverture

    Bien entendu, il y a le final qui est haletant (et en plus c’est son dernier chapitre du tome) mais le reste ne m’a pas passionné. Qu’est ce que je garde ?

    Ses rêves, de loup ou pas qui sont très intéressants

    Cat sat with her legs crossed, fighting a yawn and trying to recall the details of her dream. I dreamed I was a wolf again. She could remember the smells best of all: trees and earth, her pack brothers, the scents of horse and deer and man, each different from the others, and the sharp acrid tang of fear, always the same. Some nights the wolf dreams were so vivid that she could hear her brothers howling even as she woke, and once Brea had claimed that she was growling in her sleep as she thrashed beneath the covers. She thought that was some stupid lie till Talea said it too.

    I should not be dreaming wolf dreams, the girl told herself. I am a cat now, not a wolf. I am Cat of the Canals. The wolf dreams belonged to Arya of House Stark. Try as she might, though, she could not rid herself of Arya. It made no difference whether she slept beneath the temple or in the little room beneath the eaves with Brusco’s daughters, the wolf dreams still haunted her by night . . . and sometimes other dreams as well.

    The wolf dreams were the good ones. In the wolf dreams she was swift and strong, running down her prey with her pack at her heels. It was the other dream she hated, the one where she had two feet instead of four. In that one she was always looking for her mother, stumbling through a wasted land of mud and blood and fire. It was always raining in that dream, and she could hear her mother screaming, but a monster with a dog’s head would not let her go save her. In that dream she was always weeping, like a frightened little girl. Cats never weep, she told herself, no more than wolves do. It’s just a stupid dream.

    Sinon on a plein de lore sur la ville (on sent que c’était le prétexte) et, plus proche d’Arya, on apprend qu’elle doit rentrer de temps en temps au temple en disant trois choses qu’elle a apprises (ce qui ne parait pas si compliqué comme elle le remarque)

    Ce qui est rigolo c’est quand on parle de gens qu’on connait un peu

    A mate on the green galley wolfed half a dozen oysters and told her how his captain had been killed by the Lysene pirates who had tried to board them near the Stepstones. “That bastard Saan it was, with Old Mother’s Son and his big Valyrian. We got away, but just.”

    La vision idyllique de « la pute au grand coeur » fait vraiment cliché (et vieilli), et on n’en est pas si loin pour les courtisanes haut de gamme sur leur bateau perso (dont Bellegere, pour encore plus de lore, cette fois ci historique)

    Échos du Val ensuite

    Instead, she asked them for tidings of the Seven Kingdoms, and the war.

    “War?” laughed one of them. “What war? There is no war.”

    “Not in Gulltown,” said another. “Not in the Vale. The little lord’s kept us out of it, same as his mother did.”

    Same as his mother did. The lady of the Vale was her own mother’s sister. “Lady Lysa,” she said, “is she . . . ?”

    “. . . dead?” finished the freckled boy whose head was full of courtesans. “Aye. Murdered by her own singer.”

    “Oh.” It’s nought to me. Cat of the Canals never had an aunt. She never did.

    On passe ensuite au bordel et à Dareon

    It made her angry to see Dareon sitting there so brazen, making eyes at Lanna as his fingers danced across the harp strings. The whores called him the black singer, but there was hardly any black about him now. With the coin his singing brought him, the crow had transformed himself into a peacock. Today he wore a plush purple cloak lined with vair, a striped white-and-lilac tunic, and the parti-colored breeches of a bravo, but he owned a silken cloak as well, and one made of burgundy velvet that was lined with cloth-of-gold. The only black about him was his boots. Cat had heard him tell Lanna that he’d thrown all the rest in a canal. “I am done with darkness,” he had announced.

    He is a man of the Night’s Watch, she thought, as he sang about some stupid lady throwing herself off some stupid tower because her stupid prince was dead. The lady should go kill the ones who killed her prince. And the singer should be on the Wall. When Dareon had first appeared at the Happy Port, Arya had almost asked if he would take her with him back to Eastwatch, until she heard him telling Bethany that he was never going back.

    Bien entendu, on rebondit sur Samwell

    I wish I had been here the night the fat one hit him. Merry’s whores still laughed about that. Yna said the fat boy had gone red as a beet every time she touched him, but when he started trouble Merry had him dragged outside and thrown in the canal.

    Cat was thinking about the fat boy, remembering how she had saved him from Terro and Orbelo, when the Sailor’s Wife appeared beside her.

    Et donc Arya pose la question

    “What happened to your brother?” Cat asked. “The fat one. Did he ever find a ship to Oldtown? He said he was supposed to sail on the Lady Ushanora.

    “We all were. Lord Snow’s command. I told Sam, leave the old man, but the fat fool would not listen.” The last light of the setting sun shone in his hair. “Well, it’s too late now.”

    “Just so,” said Cat as they stepped into the gloom of a twisty little alley.

    J’avais complètement oublié l’ellipse mais elle est très élégante. Arya revient avec des bottes et il est clair qu’elle s’est débarrassée de son porteur. Je n’ai pas changé d’avis depuis le chapitre précédent : Arya s’est inventée des prétextes pour que l’assassinat de Dareon apparaissent légitimes (et assouvir son envie tout en préservant sa santé mentale). Dareon est un être pathétique, Arya a un passé difficile mais ça n’excuse en rien son geste. Elle a sauté sur l’occasion car « pas vue, pas pris » mais sinon c’était pas du tout son rôle (ni comme Stark, ni comme non membre de la Garde de Nuit), ni l’endroit (Braavos) pour le faire. « Oui mais alors tu proposes quoi ? Il aurait fallu le livrer à des autorités ouestriennes ? c’est pas réaliste, il se serait échappé ou on ne l’aurait pas crue ». Probablement. De là à préférer une justice expéditive. Si ça vous va et que vous pensez que c’est la meilleure des solutions, je crains qu’on ne puisse pas se mettre d’accord. On suit Arya depuis le début, on a tremblé avec elle, et justement cela devrait nous pousser à prendre un peu de recul pour voir que, même si elle a des raisons d’être faible psychologiquement, elle a un comportement sans trace d’humanité (et sans assumer, ce qui est « pire »).

    Arya revient peu après au temple

    The priests and acolytes had already eaten, but the cook had saved a piece of nice fried cod for her, and some mashed yellow turnips. She wolfed it down, washed the dish, then went to help the waif prepare her potions.

    On a ensuite un cours sur les poisons, puis sur les façons de mentir, par omission ou pas. Ensuite, Arya fanfaronne car elle est sûre d’avoir fait quelque chose de bien

    “Just so,” said the kindly man. “And the third thing?”

    This time she did not hesitate. “Dareon is dead. The black singer who was sleeping at the Happy Port. He was really a deserter from the Night’s Watch. Someone slit his throat and pushed him into a canal, but they kept his boots.”

    “Good boots are hard to find.”

    “Just so.” She tried to keep her face still.

    “Who could have done this thing, I wonder?”

    “Arya of House Stark.” She watched his eyes, his mouth, the muscles of his jaw.

    “That girl? I thought she had left Braavos. Who are you?”

    “No one.”

    “You lie.” He turned to the waif. “My throat is dry. Do me a kindness and bring a cup of wine for me and warm milk for our friend Arya, who has returned to us so unexpectedly.”

    Bravache, Arya pensait se faire engueuler mais non, par miracle, on lui demande juste de boire du lait chaud

    When the milk came, Arya drank it down. It smelled a little burnt and had a bitter aftertaste. “Go to bed now, child,” the kindly man said. “On the morrow you must serve.”

    That night she dreamed she was a wolf again, but it was different from the other dreams. In this dream she had no pack. She prowled alone, bounding over rooftops and padding silently beside the banks of a canal, stalking shadows through the fog.

    When she woke the next morning, she was blind.

    Gros cliffhanger qui sauve un peu le chapitre car pour le reste, j’ai surtout vu du remplissage d’un lieu loin de l’action principale. Mais vu que l’auteur a sans doute envie de nous raconter des tas d’histoires locales sur les luttes de pouvoir, c’est sans doute pas fini.

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    #193975
    Liloo75
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    Je n’ai pas changé d’avis depuis le chapitre précédent : Arya s’est inventée des prétextes pour que l’assassinat de Dareon apparaissent légitimes (et assouvir son envie tout en préservant sa santé mentale). Dareon est un être pathétique, Arya a un passé difficile mais ça n’excuse en rien son geste. Elle a sauté sur l’occasion car « pas vue, pas pris » mais sinon c’était pas du tout son rôle (ni comme Stark, ni comme non membre de la Garde de Nuit), ni l’endroit (Braavos) pour le faire. « Oui mais alors tu proposes quoi ? Il aurait fallu le livrer à des autorités ouestriennes ? c’est pas réaliste, il se serait échappé ou on ne l’aurait pas crue ». Probablement. De là à préférer une justice expéditive.

    Je n’approuve pas le geste d’Arya. J’ai néanmoins tenté de trouver les raisons qui ont pu la pousser à commettre ce meurtre.

    Pour ma part, j’aurais laissé Dareon se débrouiller à Braavos. J’aurais parié sur une carrière qui prend son essor, puis se fracasse à cause de sa vantardise et de sa haute trop haute opinion de lui-même.

    C’eut été la meilleure des punitions.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois par Liloo75.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
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    #193977
    R.Graymarch
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    Dareon et son destin, je m’en moque complètement ^^

    Mais le fait est que beaucoup de personnes dans le lectorat soutiennent (au delà de « comprendre », donc) Arya dans son geste alors que 1/ Arya a un traitement de faveur car c’est un PoV qu’on suit et on sait ce qu’elle a vu/subi (quand Lysa est sur le point de tuer Sansa, quand Sandor sur ordres tue Mycah etc etc l’adhésion est moindre), et 2/ Arya a de gros soucis psychologiques et ce n’est pas lui rendre service de les ignorer, les minimiser et continuer à la soutenir alors que ses actes actuels devraient faire lever quelques sourcils fort inquiets.

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    #193979
    Oiseleur
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    Enfin, vient le tour d’un remède qui rend fou les hommes et les animaux, il leur enlève toute inhibition et toute peur. Arya demande si l’on peut s’en servir sur des chiens. la gamine la gifle car elle a compris que c’est Arya Stark qui pose cette question, trahie par le machouillement de sa lèvre. Une habitude bien ancrée chez elle.

    Je me suis demandée ce que Arya pouvait bien vouloir faire cette potion. Souhaite-t-elle la tester sur le Limier ? C’est le seul chien, qui, à ma connaissance, figure dans la litanie d’Arya. Ou bien, veut-elle savoir si Sandor était drogué avec du sang de basilic ?

     

    Pour ce qui est du sand de basilic, j’en étais venu à la conclusion qu’Arya cherchait à  comprendre si c’est par ce tour qu’un homme a retourné un chien contre son propre maitre : Weese

    Quant aux motivations d’Arya pour assassiner Dareon, je mise ça plus sur le fait qu’elle reproduit les gestes de son père que lui a rapporté Jon lorsque Eddard Stark exécutait un déserteur. Elle n’évoque jamais son frère Jon dans le chapitre. Mais il se peut qu’elle ait appris que son frère soit devenu Lord commandant de la Garde de Nuit par le surnom « Lord Snow » que lâche Dareon.

    Je suis surpris qu’Arya ne décide pas de raconter le meurtre de Lysa Arryn à l’homme plein de gentilesse peut être pour ne pas montrer de signes d’attachement à Westeros.

     

    Arya cherche aussi à recaser petit Narbo pour les Sept rameurs ivres en vain

    #193981
    Liloo75
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    Pour ce qui est du sand de basilic, j’en étais venu à la conclusion qu’Arya cherchait à  comprendre si c’est par ce tour qu’un homme a retourné un chien contre son propre maitre : Weese

    Ah oui, tu es probablement sur la bonne piste. Jaqen s’était débarrassé de Weese en le faisant dévorer par son propre chien.

    Arya cherche peut-être à comprendre comment il s’y est pris.

    Je suis surpris qu’Arya ne décide pas de raconter le meurtre de Lysa Arryn à l’homme plein de gentilesse peut être pour ne pas montrer de signes d’attachement à Westeros.

    Il me semble que Arya rapporte essentiellement des événements « locaux ». Du moins dans les exemples qu’elle nous donne.

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    #193982
    Yfos
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    Merci pour ces commentaires

    1/ Arya a un traitement de faveur car c’est un PoV qu’on suit et on sait ce qu’elle a vu/subi (quand Lysa est sur le point de tuer Sansa, quand Sandor sur ordres tue Mycah etc etc l’adhésion est moindre),

    Je pense que l’acte d’Arya se rapproche plus de celui du Limier que de celui de Lysa. Cette dernière veut tuer Sansa par jalousie alors que sa nièce n’a rien fait. Sandor tue Mycah car il obéit aux ordres sans se poser de questions. Arya tue Dareon de la même manière: un déserteur doit être exécuté, il n’y a personne d’autre pour le faire, elle s’en charge. Elle a pas de motif personnel, contrairement à Lysa, mais le fait qu’elle commence à ressembler au Limier sur ce point est inquiétant.

    Pour ce qui est du sang de basilic, j’en étais venu à la conclusion qu’Arya cherchait à  comprendre si c’est par ce tour qu’un homme a retourné un chien contre son propre maitre : Weese

    Moi aussi. Des 3 morts offertes par Jaqen, c’est celle qui était restée incompréhensible. On constate qu’il n’y avait là nulle magie.

    Là-bas, elle doit révéler trois choses qu’elle a apprises lors de ses échanges avec les braaviens. Elle exerce ainsi sa capacité à observer ceux qui l’entourent, et à demeurer à l’écoute des nouvelles qui sont rapportées.

    Cette demande est intrigante. Exercer sa capacité à observer, à comprendre ce que disent les gens? Sûrement. Mais comme le dit l’Homme plein de gentillesse

    « C’est bon de savoir cela »

    Collecte-t-il des informations, comme Varys? On ne sait jamais, l’une d’elle peut s’avérer utile.

    Arya ruminait la façon dont elle allait lui annoncer la nouvelle. Sa réaction l’inquiétait.

    Et pour cause, l’homme plein de gentillesse demande à la gamine de porter du lait chaud pour Arya. Etant donné que c’est elle qui est préposée aux poisons, il y a de quoi se questionner sur la sentence qui va s’abattre sur Arya.

    Punition ou récompense? On verra plus tard que devenir aveugle est une étape classique dans l’apprentissage des acolytes.

    #193986
    Oiseleur
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    Dareon et son destin, je m’en moque complètement ^^ Mais le fait est que beaucoup de personnes dans le lectorat soutiennent (au delà de « comprendre », donc) Arya dans son geste alors que 1/ Arya a un traitement de faveur car c’est un PoV qu’on suit et on sait ce qu’elle a vu/subi (quand Lysa est sur le point de tuer Sansa, quand Sandor sur ordres tue Mycah etc etc l’adhésion est moindre), et 2/ Arya a de gros soucis psychologiques et ce n’est pas lui rendre service de les ignorer, les minimiser et continuer à la soutenir alors que ses actes actuels devraient faire lever quelques sourcils fort inquiets.

    À la relecture du chapitre je me rends compte qu’il s’agit du premier meurtre sans nécessité (Dareon n’était pas un obstacle comme un garde de la sortie de Harrenhal ou un homme de Gregor Clegane qui s’en prend à son équipier) d’Arya (même si on pourrait discuter la question en parlant de la soupe de la Belette).

     

    Le boulot achevé, Jaqen essuie sa lame sanglante sur le tablier d’Arya :

    Une petite aussi doit être ensanglantée. Ceci est son œuvre.

    Pour Jaqen, c’est une façon de faire porter à Arya sa part de responsabilité dans ces meurtres, et peut-être aussi de lui dire qu’il a payé sa dette.

    La dernière personne qu’Arya avait tué c’était le Titilleur, avec un certain acharnement sur le cadavre.

    Arya l’attend avec le poignard, et le frappe dans le dos à plusieurs reprises, en répétant exactement les mêmes questions qu’il avait posées aux villageois, alors qu’il les soumettait à la question, dans le hangar du Conflans. Ces questions, Arya les avaient entendues chaque jour, durant huit jours. Elle les connaissait par cœur et avait admis qu’elle aurait été capable de les poser à son tour (ACOK 27 – Arya VI). Eh bien, c’est le moment, Arya parvient à les retourner à son tour contre le tourmenteur. Le traumatisme de ce qu’elle a vécu remonte à la surface et sa souffrance, sa colère, la poussent à frapper Titilleur, encore et encore, alors qu’il est déjà mort.

    On comprend le désarroi d’Arya et les stigmates laissés par les exactions des hommes de Gregor, sur la jeune fille. Blessée dans sa chair et sans son âme, elle n’a rien oublié. Et en se retrouvant de nouveau face au bourreau, toute sa peur, toute sa colère refont surface et la submergent. Il faudra l’intervention de Sandor pour qu’elle cesse de s’acharner sur Titilleur.

    Si elle fait partie d’une guilde d’assassine, ce qui sépare l’assassin du meurtrier d’après le mentor de la Mangouste.

    « Un tueur à gage ne tue que sous contrat. C’est la ligne qui nous sépare du simple meurtrier. » À peu près.

    Là je peux encore me dire que ce meurtre est un contrat qu’elle passe pour la Garde de Nuit, (même si la Garde de Nuit n’a pas à ma connaissance passer un contrat avec les Sans-Visage pour assassiner tous ses déserteurs présents et à venir à un moment dans cet univers). Ce n’est pas comme si on lui avait appris que tous les déserteurs de la Garde de Nuit devaient mourir dans les meilleurs rapports discrétion/célérité. Mais la façon de procéder de Arya Stark n’a pas convenu à l’homme plein de gentillesse, ça ne convient pas à la doctrine des Sans-Visage.

    Dareon had been a deserter from the Night’s Watch; he had deserved to die.

    She had said as such to the kindly man. « And are you a god, to decide who should live and who should die? […] When you slew the singer, you took god’s power on yourself. We kill men, but we do not presume to judge them. Do you understand? »

    No, she thougt. « Yes, » she said.

    A Dance with Dragons, Chapitre 46, La petite aveugle

    Avec le meurtre de Dareon c’est aussi la fin de Cat des Canaux, l’identité de substitution qui convenait le mieux à Arya.

    She missed Cat herself the most of all, even more than she missed her eyes. […] I killed Cat when i killed the singer.

    À la réflexion Arya penche plutôt du côté de la meurtrière que de la tueuse à gage. Et question discrétion du meurtre… Cat est la dernière personne à avoir été vu en compagnie de Dareon et la mort provoquée de ce dernier n’est pas des plus insoupçonnables.

    Jon Snow ne sera nommé que dans le prochain chapitre d’Arya, ce qui peut me laisser penser que Arya n’a pas compris que Dareon parlait de Jon Snow devenu commandant de la Garde de Nuit.

    Some nights she heard talk of him, in the taverns and brothels of the Ragman’s Harbor. The Black Bastard of the Wall, one man called him.

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois par Oiseleur.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois par R.Graymarch.
    #193989
    R.Graymarch
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    Là je peux encore me dire que ce meurtre est un contrat qu’elle passe pour la Garde de Nuit, (même si la Garde de Nuit n’a pas à ma connaissance passé un contrat avec les Sans-Visage pour assassiner tous ses déserteurs présents et à venir à un moment dans cet univers). Ce n’est pas comme si on lui avait appris que tous les déserteurs de la Garde de Nuit devaient mourir dans les meilleurs rapports discrétion/célérité. Mais la façon de procéder de Arya Stark n’a pas convenu à l’homme plein de gentillesse, ça ne convient pas à la doctrine des Sans-Visage.

    Pour moi, un subordonné (ici une jeune recrue en formation) qui accomplit des contrats imaginaires, ça ne tient pas une seconde comme justification. Si je gérais une guilde d’assassins (donc qui tue par contrats, par intérêt, mais pas sans raison ou simplement par plaisir), je prendrais mal qu’une sous-fifre prenne ce genre d’initiative, surtout comme tu dis que ce n’est pas discret du tout, car ça peut retomber sur toute la guilde, et qu’accessoirement, on ne peut pas accepter des initiatives personnelles aussi graves

    C’est pour ça que je suis plus indulgent avec Sandor qui tue Mycah : il était sous ordre (princier), ce qui change tout. Alors je ne suis pas idiot, l’ordre était débile et ça mettait les sbires de Joffrey en mode « open bar » pour « se faire plaisir ». Tous les hommes de Joffrey ne tuent pas pour le fun, mais je serai moins catégorique pour Sandor à ce moment. En plus ça aide à se faire bien voir. Mais sans ordre, Sandor n’aurait probablement pas tué. (ou sinon il l’aurait fait très discrètement)

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    #193995
    Lapin rouge
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    Ce sont les garçons qui ont la responsabilité de faire avancer l’esquif, avec des perches, qui font immédiatement penser au maniement d’une gondole.

    Les gondoles ne sont pas propulsées par des perches, mais par une seule rame, toujours du même côté de l’embarcation, ce qui implique une technique bien particulière pour la manier, la voga veneta.

    Mais elle préfère utiliser un langage peu châtié, celui des commerçants du port, qui mélange des mots provenant de plusieurs langues (une sorte d’espéranto ?).

    L’espéranto n’est pas un mélange de mots de diverses langues, c’est une langue construite pour servir de langue universelle. Le langage décrit dans ce chapitre me fait plutôt penser à la lingua franca, langue véhiculaire utilisée en Méditerranée du Moyen-âge jusqu’au XIXème siècle.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #193996
    Eridan
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    Vu que personne ne l’a fait (trop évident ?), je vais me permettre d’insister un peu sur le surnom choisi par Arya pour ce chapitre : Cat. En anglais, c’est encore plus appréciable, puisque cat = chat et que l’HPDG lui dit : « Chat… Oui. Braavos fourmille de chats. Un de plus ne se remarquera pas. » (AFFC, Arya II.) Mais est-ce que c’est ce qui a motivé son choix ? Cat, c’est aussi le diminutif de Catelyn, le surnom de sa mère, donc… A travers sa fausse identité, Arya trouve plein de moyens de se rattacher à la vraie (Cat vient de Port-Réal à bord du Nyméria … Ben tiens ! ^^)

    Amusant, aussi de constater que les rêves impliquant le Limier (un monstre à tête de chien) et la recherche de sa mère remontent au moment où elle est un chat / Cat.

    la borgne Yna qui pouvait vous dire la bonne aventure à partir d’une goutte de sang

    Borgne comme Freuxsanglant, mais avec des pouvoirs qui correspondent à ceux de Maggie la Grenouille … Peu importe que ce soit vrai ou non, Martin se fait visiblement plaisir. ^^

    Sinon, c’est dans ce chapitre qu’on a tout le background de la femme du matelot et de sa fille, Lanna … La possibilité qu’elle soit Tysha me séduit toujours aussi peu, mais ça cadre effroyablement bien niveau chronologie. La possibilité qu’elle ait connu Gerion Lannister me plaît plus, mais ça cadre moins bien niveau chronologie.

     

    "Si l'enfer est éternel, le paradis est un leurre !"

    #193997
    Liloo75
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    la borgne Yna qui pouvait vous dire la bonne aventure à partir d’une goutte de sang

    Borgne comme Freuxsanglant, mais avec des pouvoirs qui correspondent à ceux de Maggie la Grenouille … Peu importe que ce soit vrai ou non, Martin se fait visiblement plaisir. ^^

    Yna qui lit l’avenir grâce à une goutte de sang m’a fait penser à Maggy la Grenouille, également. Je me demandais si elle était aussi fiable 😉

    J’ai pris pas mal de notes sur ce chapitre que je n’ai pas exploitées, afin d’éviter de restituer un pavé indigeste ^^

    Merci @lapin-rouge pour ces précisions sur le maniement des gondoles (je ne suis jamais allée à Venise 😪) et pour le lien vers la lingua franca. On s’enrichit tous les jours sur le forum 😉

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 4 semaines par Liloo75.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
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    #193999
    Florian
    • Éplucheur de Patates
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    Merci @lapin-rouge pour ces précisions sur le maniement des gondoles

    Ces précisions sont inexactes. Il y a des gondoles qui se naviguent a la perche et parfois la rame est même appelée perche

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 4 semaines par Florian.
    #194001
    Lapin rouge
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    Merci @lapin-rouge pour ces précisions sur le maniement des gondoles

    Ces précisions sont inexactes. Il y a des gondoles qui se naviguent a la perche et parfois la rame est même appelée perche

    En ce cas, je t’invite à corriger l’article de Wikipédia sur la gondole, en français et en italien, vu que tous deux ne font mention que de gondole à rame. 😉

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    #194005
    Sandor is alive
    • Patrouilleur du Dimanche
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    Merci Liloo pour ton analyse.

    Ça y est, Arya bascule du côté obscur. J’avais des souvenirs très flous de ce chapitre et, à quelques pages de la fin, je me suis dit « Tiens c’est pas dans celui-là qu’elle tue Dareon ? ».

    Et si. Bon, effectivement c’est bien écrit (même si on peut se demander si l’ellipse est juste un procédé littéraire, si elle est là pour masquer l’horreur du geste ou si c’est l’auteur qui n’assume pas tout à fait son choix narratif). Mais personnellement je ne cautionne pas et ne comprends pas non plus la justification. Cette fois Arya ne tue pas pour se défendre comme à Port-Real ou Harrenhall (meurtres qui m’avaient déjà choqués d’ailleurs). C’est une exécution. Et pour moi, malgré tout ce qu’elle a vécu, et même elle n’est plus vraiment une enfant, ça ne passe pas.

    Sinon, chapitre sur Braavos très intéressant, même si l’intrigue globale n’en est pas bouleversée.

    #194037
    Tybalt Ouestrelin
    • Pas Trouillard
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    En primolecture j’ai surtout été marqué par le fait qu’elle était devenue aveugle, et qu’il faudrait de longues années pour connaître la suite. Non pas que le meurtre de Dareon ne m’ait rien fait mais je le trouvais inéluctable, entendons-nous, c’est une œuvre de fiction, les personnages tout bien écrits qu’ils sont, ont une motivation que les humains n’ont pas d’habitude : faire une histoire. Et les histoires dans ce monde s’écrivent avec beaucoup de sang.

    C’est pourquoi, un personnage lâche, traitre aux héros de l’histoire et qui n’a plus d’intérêt puisque destiné à rester sur Braavos « doit » mourir c’est son dernier intérêt littéraire. Tout cela évidemment, à mon avis.

    En aucun cas je ne défendrai donc le geste d’Arya mais il ne m’avait pas ému plus que ça. On en est presque satisfait puisqu’on est poussé à ne pas l’aimer, presque l’impression d’une justice (divine ?). Et en ça c’est très bien fait.

    Bref, comme disait Desproges pour moi c’était plus le jour du petit doigt. (Chroniques de la haine ordinaire, l’humanité).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 3 semaines par Tybalt Ouestrelin.

    DOH 8&10 : Tybalt Ouestrelin, acolyte loyaliste devenu Mestre ; Or, Argent et Bronze.
    DOH 9 : Lazzara zo Ghazîn, Grâce Bleue devenue Sénéchale. Miraculée devenue Conseillère. Pas Miraculée deux fois.

    #194041
    Oiseleur
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 307

    C’est vrai qu’à la première lecture je souhaitais vivement la disparition de Dareon, son utilité scénaristique était terminé selon moi.

    Il faut dire le personnage depuis le début de l’intégrale n’a pas accompli grand chose de gratifiant. Et à sa dernière appariyion il avait passé un point de non retour.

     

    Après je me demanderai comment un représentant des Sept Couronnes aurait pris cette désertion : indifférence ou à la Cregan / Eddard Stark c’est à dire raccourcir capitalement le déserteur par décollation.

    #194042
    Eridan
    • Vervoyant
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    Après je me demanderai comment un représentant des Sept Couronnes aurait pris cette désertion : indifférence ou à la Cregan / Eddard Stark c’est à dire raccourcir capitalement le déserteur par décollation.

    Déjà, ça dépend qui. Quelqu’un qui n’a aucun lien avec la Garde de Nuit ou qui a de la sympathie pour Dareon le laisserait sûrement tranquille ou lui pardonnerait (Daenerys et Viserys font l’impasse sur les méfaits ouestriens de Jorah dans AGOT, par exemple).

    Ensuite, si on veut en faire une exécution légale et pas un meurtre, il faut avoir l’autorité de prononcer une sentence de mort … mais si on veut rester dans le cadre strict de la loi, ce n’est pas vraiment possible. On est à Braavos, et théoriquement, c’est la loi de Braavos qui s’applique, pas celle de Westeros. Théoriquement aussi, un lord n’a le droit de punir et d’user de la force que sur ses propres terres (et le roi, que dans son royaume). Tant que Dareon est en exil dans une terre étrangère, les Ouestriens ne sont pas censés s’en prendre à lui : il faudrait demander l’intervention du Seigneur de la Mer (ou une autre autorité politique braavienne) pour rester dans un cadre parfaitement légal.

    Bref, compliqué dans tous les cas de figure … En tous cas, Sam et Aemon n’ont pas cherché à aller plus loin avec Dareon, ils l’ont abandonné à sa désertion ; ce n’était pas non-plus à Arya de le punir, encore moins de le tuer.

    (Après, j’aime bien les réflexions autour du fait qu’Arya est en train de devenir l’outil d’un dieu, et que peut-être même à son insu, la mort de Dareon est une punition divine contre sa désertion, tout comme les morts en cascade chez les Frey donnent le sentiment d’une malédiction divine. Arya ne se cache pas derrière cette excuse, heureusement pour elle ! Mais la possibilité reste intéressante, et je pense qu’Arya aura encore l’occasion, avec ses talents d’assassin, d’incarner la main du destin avec d’autres perso. ^^)

    "Si l'enfer est éternel, le paradis est un leurre !"

    #194052
    Tizun Thane
    • Pisteur de Géants
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    Martin est malin. Arya tue quelqu’un de méprisable, qui a lâchement abandonné Sam et le vieux mestre, sans oublier la Garde de Nuit (n’oublions jamais la Gdn!) et constitue un homme profondément égoïste.

    Donc personne ne va le pleurer. Mais il n’empêche.

    Il s’agit d’un meurtre et d’un vol. Pas d’une exécution légitime, ordonnée par une autorité souveraine. D’un point de vue légal, c’est un meurtre.

    Je pense que l’auteur veut aussi nous interroger sur le concept même de peine de mort.

    Si dans le cas de Dareon, il s’agit d’un meurtre, alors n’est-ce pas la même chose pour toutes les exécutions? Une décision arbitraire de supprimer une vie? Dareon le déserteur méritait-il la mort?

    Bref, on s’aventure alors dans une réflexion philosophique complexe qui dépasse l’étude du chapitre.

    En première lecture, j’avais trouvé que Arya dépassait là un « point de non-retour », en prenant sciemment la décision de supprimer cet homme, suivant une conception erronée de la justice.

    Ce qui est amusant avec elle, c’est que même en pleine dérive, elle reste profondément Arya. Son choix est cohérent avec tout ce qu’elle a vécu jusqu’ici. Arya la louve.

    Au passage, c’est une preuve de plus qu’elle ne sera jamais « No One ». Mais c’est vrai. C’est dur de trouver de bonnes bottes.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 3 semaines par R.Graymarch. Raison: Daeron Dareon
    #194168
    Geo Frey
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    Partant du principe que Dareon est sincère (ce qui est somme toute probable), il a été forcé de s’enrôler dans la Garde de Nuit pour échapper à une condamnation injuste. Cette vie lui déplait, ce qui se comprend, et il ne l’a pas choisie.
    Une fois à Braavos, il se rend compte que cette ville lui permet d’avoir la vie qu’il aurait voulu sans cette injuste condamnation, d’autant qu’ici il échappe à la loi de Westeros.

    Malheureusement pour lui, en rejoignant la Garde de Nuit, il a prêté serment devant les Dieux. La rupture d’un tel serment n’est pas seulement un crime aux yeux de la Loi, mais aussi un affront fait aux Dieux. On peut donc envisager que le déserteur soit automatiquement frappé d’anathème (et Arya, de culture nordienne, le sait bien) ; ce qui autoriserait quiconque à le supprimer.

    Je pense que Dareon a réveillé en Arya une partie de sa personnalité qu’elle ne veut pas perdre (elle a caché Aiguille). Elle a donc utilisé cette exécution comme prétexte pour se souvenir qu’elle est toujours Arya. Et peut-être aussi pour tester ses capacités à tuer.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 2 semaines par R.Graymarch.
    #194215
    Pandémie
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    La Foi n’a plus de prérogative en matière de justice depuis le règne de Jaehaerys. Et même si on lui en accorde un peu sur certains points, genre marche de la honte de Cersei, elle n’est nullement exercée par une gamine.

    Se posent aussi des questions d’ordre théologique. Est-ce que une prestation de serment forcée et insincère, conséquence d’une décision elle-même irrespectueuse  de l’exercice du droit, est valable aux yeux des Sept? On n’en sait pas assez sur cette religion mais en tout cas, dans le christianisme, cette question a soulevé bien des débats et généralement la conclusion est que non, un serment prêté sur des fondements faux, illicites, trompeurs ou immoraux n’a aucune valeur. Il n’est pas invraisemblable de présumer que la Foi des Sept ait un concept du même genre. Mais en tout cas, ce n’est encore une fois pas à une gamine d’en décider, que soit la justice du Roi ou des dieux.

    En effet, d’un point de vue éthique et philosophique, rien ne fonctionne quand une enfant se met à tuer des gens dans une ruelle. Même les assassins ne trouvent pas ça normal, c’est dire.

    Après, ce n’est pas très grave de condamner Dareon et d’être pro Arya. La fiction existe comme défouloir, ce n’est pas parce qu’on est fan du duel Oberyn-Gregor qu’on aimerait voir nos hommes politiques être jugés par un combat à mort d’un CRS contre un gendarme. Ca fait quand même réfléchir au délit de sale gueule. Est-ce que Dareon serait jugé pareil s’il avait été un déserteur des Stormtrooper rejoignant les contrebandiers dans une cantina de Mos Esley? Le jury populaire, en vogue au USA,  condamne souvent selon l’origine et la couleur. Bref. GrrM nous invite à réfléchir au-delà du « je l’aime pas lui ».

    On constate d’ailleurs dans l’écriture du chapitre une évolution assez sombre d’Arya. Alors qu’elle était horrifiée par la mort du palefrenier ou un peu interloquée par les morts d’autres soldats et bandits, le POV occulte ici l’épisode, Arya a un black-out. Elle ne verra pas non plus en direct celui de l’assureur plus tard dans le bouquin et elle admet avoir l’impression d’avoir plusieurs elle-même.  Point inquiètant, c’est que c’est la personnalité Arya Stark qui veut tuer (et y prendra plaisir dans TWOW?), davantage que la personnalité Personne. Point rassurant, elle semble encore pouvoir s’encrer en son loup pour se rappeler qui elle était au sein de la meute/famille. Si tant est qu’un loup est vraiment rassurant.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 2 semaines par R.Graymarch.
    #194238
    Céleste
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    On peut voir le Mur (la Garde de nuit) comme une mort symbolique, c’est une peine à perpétuité pour éviter la mort, on peut y aller de soi-même pour d’autres raisons, mais il y a quelque chose de la métaphore de la mort et on peut se demander ce que représente l’au-delà du Mur. Dareon, c’est comme Jon, il quitte sa garde et doit mourir, en cela Arya agit comme un outil divin.

    Du point de vue du personnage, on peut être choqué, perso je le suis, au pire j’en veux un peu à Dareon de ne pas aider le petit groupe mais déserter ? Je m’en moque un peu, il ne me semble pas dangereux et veut juste vivre sa vie.

    Je suis plus inquiète vis à vis d’Arya qui semble avoir des pulsions de meurtres qu’elle justifie par son code moral, les SV tentent de lui expliquer que ce n’est pas à elle de choisir qui doit vivre ou mourir, pourtant elle passera son temps à le faire en trouvant dans sa tête des entourloupes pour justifier ça. Bref, je ne sais pas trop ce que l’auteur essaye de nous dire, car on n’a pas l’impression que le code de conduite des SV marche vraiment sur elle. Est-ce seulement pour nous teaser la mort de Jon ? Ou pour nous dire qu’elle est l’outil de la Mort dans un sens et sa personnification ?

    Je préfère le souffle du dragon à la bave de crapeau et la langue de vipère.

    #194583
    Céleste
    • Pas Trouillard
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    Merci Liloo75 pour ton analyse très agréable à lire, comme une promenade dans ce chapitre. Je fais mon retour de chapitre après l’avoir relu :

    Braavos me fait penser sous certains aspects à la Garde de Nuit, qui accueille tous les hommes qui veulent servir, quelle que soit leur origine ou leur passé.

    Je trouve que ta réflexion est très pertinente. Cela dit, une fois qu’on a rejoint la GdN on ne peut plus la quitter, on est symboliquement mort, si on la quitte on doit mourir. Ce que tu dis me fait me poser la question pour les SV, doivent-ils mourir également s’ils quittent l’ordre ?

    D’ailleurs, l’HPdG posera une question sur l’immortalité qui sonne comme une question destinée au lecteur :

    L’humanité tout entière lui appartient… Sinon il y aurait quelque part au monde un peuple assuré de vivre à jamais. As-tu connaissance d’un quelconque peuple qui vive éternellement ?

    — Non, répondit-elle. Tous les hommes doivent mourir. »

    Je pense forcément aux Nonmourants qui ont tenté cela, mais ce n’est pas un peuple. On pense aussi aux Autres mais sans certitude vraiment, vu qu’on ne sait rien. On peut penser aussi au brouillon d’AFFC de Martin, mais je n’en dirai pas plus il y a un topic dans la section saga. C’est peut-être le cas de certains prêtres rouges : Mélisandre et Moqorro. Certains pensent qu’ils ont été morts puis ressuscités mais rien est sûr, j’aurais plutôt tendance à croire que Mélisandre est vivante et se transforme.

    Bref, la Mort est partout dans l’humanité et on la retrouve chez tous les dieux, soit en avatar, soit en tant que face cachée, il est le dieu caché derrière tous les dieux, nous dit-on dans un chapitre précédent. Personnellement je me le représente de cette manière : si les dieux étaient des planètes, il serait la face cachée de chacune, en comptant la Lune évidemment. Ainsi les SV sont la Mort cachée derrière un visage. De la même manière, Cersei est l’Etranger d’après Jaime car elle lui aurait caché son vrai visage ^^

    — Et maints noms, avait dit l’homme plein de gentillesse. A Qohor, il est la Chèvre Noire, à Yi Ti le Lion de Nuit, à Westeros l’Etranger. Tous les hommes doivent finalement s’incliner devant lui, qu’ils adorent les Sept ou le Maître de la Lumière, la Lune Mère ou le dieu Noyé ou le Grand Berger.

    Le Lion de la Nuit est la personnification de la nuit terrestre, la Jouvencelle de lumière étant la personnification du jour terrestre (à ne pas confondre avec l’astre, le Soleil). On arrive à quelque chose de confus, on comprend comment le Lion de la Nuit peut être un avatar de la Mort et qu’il est nécessaire dans l’alternance avec le Jour. Mais la Longue Nuit, alors ? C’est bien l’avatar du dieu Multiface qui règne un peu trop longtemps, non ?

    Intéressant de voir le Maitre de la Lumière, la face cachée peut être assimilée à une ombre.

    Arya doit se rendre au temple les trois jours des nouvelles lunes, ce qui conforte l’aspect caché du Dieu Multiface. Ce qui me fait penser à Visenya, perso. Aegon passait trois nuits par mois avec elle, ce n’est pas dit comme ça, plutôt un jour sur dix mais je me souviens m’être dit que dans un contexte magique c’était une façon bizarre de parler des trois jours de nouvelles lunes ou de pleines lunes. Si on se rappelle la porte du temple des Chantelunes dans une chapitre précédent :

    Une prodigieuse masse de marbre d’un blanc de neige, surmontée d’un gigantesque dôme argenté dont les baies à vitraux laiteux représentaient toutes les phases de l’astre des nuits. Deux vierges de marbre, aussi colossales que les Seigneurs de la Mer, en flanquaient les portes, dont elles soutenaient le linteau taillé en forme de croissant.

    La lune est double, une vierge représente la face cachée de la lune et l’autre, la face visible ou lumineuse. Je pense que c’est la même symbolique qu’on retrouve chez Visenya et Rhaenys Targaryen. D’ailleurs dans ce chapitre on parlera d’elles :

    Les histrions du Navire lui montrèrent comment se campe un héros, et ils lui dévoilèrent des tirades extraites de La Chanson de la Rhoyne, des Deux épouses du conquérant et de La Brave Dame du marchand.

    On attend toujours d’Arya qu’elle dise un mensonge convainquant et non pas « Personne » comme elle le croit :

     Il est bon de savoir ces choses-là. Et qui es-tu ?
    — Personne.
    — Mensonge. Tu es Cat des Canaux, je te connais bien.

    Arya progresse dans sa détection de mensonges :

    Ils lui achetaient des palourdes et des coques, lui racontaient des histoires véridiques sur Braavos et des mensonges sur leur propre existence

     

    la borgne Yna qui pouvait vous dire la bonne aventure à partir d’une goutte de sang

    Borgne comme Freuxsanglant, mais avec des pouvoirs qui correspondent à ceux de Maggie la Grenouille … Peu importe que ce soit vrai ou non, Martin se fait visiblement plaisir. ^^

    J’ai tiqué là dessus aussi ^^
    Perdre un œil pour l’obtention d’un pouvoir de sagesse c’est le mythe d’Odin fortement associé à Freuxsanglant. Dans la saga, on peut penser également à la sorcière borgne du dosh khaleen. Cette perte est associée aux visions, à celles et ceux qui ont payé un prix pour voir au delà du réel apriori. Pourtant, Aemond n’a pas gagné un pouvoir de vision en échange de son œil mais a gagné tout de même un grand pouvoir : Vhagar. Bran quant à lui, a perdu l’usage de ses jambes en échange de son pouvoir.

    La réciproque n’est pas forcément vraie ou apparente, mais je me suis tout de même demandée ce que Maggie avait pu sacrifier pour l’obtention de ses pouvoirs.

    Arya tente de garder un visage immobile, tout comme elle s’est entraînée à le faire avec la gamine, puis elle annonce tout à trac que Dareon a été tué par Arya Stark.

    Pourquoi fait-elle un tel aveu ?

    C’est une interprétation mais je pense que c’est sa manière d’entourlouper les règles des SV, elle fera ce genre de choses aussi selon moi dans le chapitre provisoire de TWOW. Après tout, elle n’a pas dit « je l’ai tué », elle dit que c’est quelqu’un qui l’a tué et cette personne c’est Arya Stark, pas Cat des canaux, ni personne, un visage parmi tant d’autres. Elle filoute quoi.

    Je préfère le souffle du dragon à la bave de crapeau et la langue de vipère.

    #194584
    R.Graymarch
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    Perdre un œil pour l’obtention d’un pouvoir de sagesse c’est le mythe d’Odin fortement associé à Freuxsanglant.

    Ou Tirésias (aveugle, lui). Plus généralement, c’est un grand classique des mythes de perdre (en partie ou totalement) la vue pour avoir des visions.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    DOH : #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #194585
    Céleste
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    Perdre un œil pour l’obtention d’un pouvoir de sagesse c’est le mythe d’Odin fortement associé à Freuxsanglant.

    Ou Tirésias (aveugle, lui). Plus généralement, c’est un grand classique des mythes de perdre (en partie ou totalement) la vue pour avoir des visions.

    Oui, je pense que tu as raison mais il ne faut pas pour autant relativiser l’association Odin-Freuxsanglant que fait Martin, elle est très forte.

    Je préfère le souffle du dragon à la bave de crapeau et la langue de vipère.

    #194591
    Obsidienne
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    Merci, Céleste, pour toutes ces réflexions !
    Si on en rapproche deux…

    … Mais la Longue Nuit, alors ? C’est bien l’avatar du dieu Multiface qui règne un peu trop longtemps, non ? ]…[Si on se rappelle la porte du temple des Chantelunes dans une chapitre précédent :

    Une prodigieuse masse de marbre d’un blanc de neige…

    Est-il anodin de qualifier la blancheur du marbre en référence à la neige plutôt qu’au lait (classique pour la lumière lunaire) ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois par Obsidienne.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois par R.Graymarch.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #194602
    Céleste
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    Est-il anodin de qualifier la blancheur du marbre en référence à la neige plutôt qu’au lait (classique pour la lumière lunaire) ?

    Oui et non et je ne sais pas ^^

    Le langage laiteux de la lune est bien utilisé pour les vitraux, donc tout va bien :

    surmontée d’un gigantesque dôme argenté dont les baies à vitraux laiteux représentaient toutes les phases de l’astre des nuits

    Le marbre en général est décrit par sa couleur : blanche, noire.
    C’est le « blanc neige » plutôt que le « blanc » tout court (ou veiné) qui pourrait être inhabituel et encore je dis ça de mémoire, faudrait vérifier.

    Je préfère le souffle du dragon à la bave de crapeau et la langue de vipère.

    #194632
    Pandémie
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    Il y a un chapitre où Jon rêvé de la lune qui l’appelle « Snow », « Snow ». Rien à voir à mon avis mais c’est pour l’anecdote.

    Le blanc, et le blanc comme neige (snow-white ou white as snow) est, comme on l’avait évoqué dans un autre chapitre, aussi bien utilisé comme négatif (mortel, froid, etc.) que comme positif (doux, pur, etc.). Par exemple pour la peau de Val, la fourrure de Fantôme ou la barbe ou la cape de Barristan. C’est plutôt le contexte qui décide et ici le contexte est plutôt positif pour les Chantelunes. Des femmes, notamment des sages-femmes, qui laissent la guerre aux hommes des Jogos Nai et ont trouvé un abri aux esclaves réfugiés de Valyria. Si on ajoute que le marbre blanc tout blanc est parfaitement trouvable dans la nature, on peut présupposer que c’est soit anodin, soit symboliquement un blanc de vie différent du blanc de la maison des Sans-Visage, qui lui rapporte aux ossements, à la mort. Après, on ne sait jamais chez GrrM ce qui se cache sous la surface mais a priori, on ne devrait pas en savoir beaucoup plus dans le futur.

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