AGOT 31 – Eddard VII

Forums Le Trône de Fer – la saga littéraire Au fil des pages AGOT 31 – Eddard VII

Ce sujet a 25 réponses, 12 participants et a été mis à jour par  Yfos, il y a 1 mois.

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  • #136198

    Emmalaure
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    AGOT 31 – Eddard VII
    Au fil des pages – liste des sujets

    AGOT 30, Sansa II AGOT 32, Tyrion IV

    AND THE WINNER IS…

    Ce long chapitre est la suite immédiate du précédent et couvre la seconde journée du Tournoi de la Main, qui occupe une place importante dans le drame, à plusieurs points de vue : c’est la première fois que GRRM consacre plusieurs chapitres à un événement particulier qu’on peut suivre à travers plusieurs points de vue (il réutilisera ce procédé dans les tomes suivants au moment de grandes batailles et/ou de noeuds dramatiques, comme la Bataille de la Nera, les Noces Pourpres, le mariage de Joffrey…). Il s’ouvre sous des auspices funestes, avec une veillée au mort (transition parfaite avec le chapitre précédent qui s’achevait sur une menace de mort pour Sansa de la part du Limier) et s’achève non moins funestement par une menace de mort explicite à l’encontre d’Eddard.
    Le chapitre commence à l’aube et s’achève après minuit, donc très tard et on y retrouve quelques éléments d’un précédent chapitre d’Eddard (Eddard V), dans sa construction en trois temps qui marquent pour la Main la perte de l’initiative et du rôle actif :

    – A l’aube, Eddard rejoint ser Barristan qui veille le défunt écuyer de Jon Arryn avant de se rendre chez le roi qui veut participer à la mêlée au lendemain d’une cuite : les auspices sont mauvais, les Lannister semblent dominer, car on commence avec un mort qui restera à jamais silencieux et la tente du roi entièrement dorée aux couleurs Lannister (bien que ce soit aussi la couleur du cerf Baratheon, ce cerf et les armes de Robert restent à mon sens significativement à l’extérieur de la tente) et aidé par deux écuyers Lannister. Cependant, Eddard joue un rôle actif dans cette partie, aidé par un allié non négligeable, ser Barristan, le lord commandant de la Garde Blanche : il règle les dettes de ser Hugh et donne les ordres pour assurer le devenir du corps (toutes choses censées assurer le travail de deuil de la mère) puis réussit à persuader Robert de renoncer à participer à la mêlée. Si la tente dorée de Robert peut symboliser que le roi est pris dans les filets Lannister, à l’aube, des filets de brume grise strient cette même tente et peuvent à leur tour symboliser le gris des Stark qui le disputent avec les Lannister, mais également faire écho au gris de la Soeur du Silence qu’on voit au début du chapitre et annoncer que Robert est un homme déjà presque mort. D’ailleurs, à la fin de la scène avec le roi, le jour s’est levé, la brume s’est dissipée et Robert échappe au danger imminent pour tenir jusqu’à la fin son rôle de roi, sans Lannister dans les parages, ce qui donnera à Eddard l’impression d’une victoire importante :

    That night at the feast, Eddard Stark was more hopeful than he had been in a great while. Robert was in high good humor, the Lannisters were nowhere to be seen, and even his daughters were behaving.

    – Le deuxième temps de ce chapitre est la suite du tournoi, avec les dernières joutes, la mêlée, le tournoi de tir à l’arc et le banquet de clôture qui réunit toute la famille Stark présente et voit même un début de réconciliation entre Sansa et Arya. Eddard dans cette partie a un rôle passif, contrairement à la partie précédente : il est spectateur du début à la fin, mais comme on voit la défaite du lion Lannister Jaime, puis celles de leur monstrueux banneret Gregor Clegane qui prend la fuite, rien ne paraît inquiétant. Pourtant, en clôture de cette partie, Eddard montre avec sa fille Arya son impuissance : c’est elle qui impose sa volonté en voulant absolument Syrio comme maître d’armes. Et auparavant, il aura échoué à sauver Loras de Gregor-la-menace (sa voix ne parvient pas à porter par-dessus les rugissements de la foule, contrairement à celle de Robert Baratheon), ne réalisant pas la demande expresse de Sansa :

    Sansa clutched at his arm. « Father, don’t let Ser Gregor hurt him, »

    – Le troisième temps, la visite impromptue d’un Varys déguisé, vient conclure ce chapitre et enfonce le clou sur l’impuissance d’Eddard : remporter une victoire/une joute ce n’est pas remporter la guerre, un but encore très lointain selon Varys, qui expose à Eddard le danger de mort dans lequel se trouve son ami et roi et le danger que lui-même court en reprenant l’enquête de Jon Arryn, et l’impossibilité pour Varys de l’aider ouvertement.

    « Asking questions, » Varys said, slipping out the door.

    Comme dans Eddard V, où Littlefinger venait voir Eddard jusque chez lui pour lui »chuchoter » quelques mots le poussant à agir, Varys s’invite carrément chez lui en passant les premiers barrages de gardes. En d’autres termes, le triomphe d’Eddard en cette deuxième journée de tournoi n’aura été qu’un très court répit illusoire. D’autant que l’enlèvement de Tyrion, qu’Eddard ignore encore et qui a eu lieu dans un précédent chapitre, va déclencher les hostilités ouvertes.

    Je passe la main à Darkdoudou qui va montrer comment le chapitre, dans ces trois temps distincts, s’articule sur toute une série de paires et de jeux de miroirs.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois par  Emmalaure.
    #136199

    darkdoudou
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Merci Emmalaure pour cette belle analyse de la structure du chapitre! dans ce chapitre très long, j’ai choisi d’abord de me concentrer sur la chevalerie pour évoquer plusieurs duos de chevaliers présents: qui se montre chevaleresque, digne d’un chevalier?

    Chevalerie : Ser Barristan mène l’enquête
    Tout d’abord nous avons l’opposition entre Ser Barristan, parangon issu d’une lignée impeccable de chevaliers et Ser Hugh du Val sur son lit de mort. L’un incarne la chevalerie dans toutes ses actions, l’autre n’était prêt ni à être chevalier, ni à mourir. D’un côté nous avons le chevalier-modèle, insubmersible aux cheveux blancs qui respire l’honneur et qui a fait la veillée funèbre tout seul. Vivant il est déjà une légende chantée dans les chansons. De l’autre nous avons un écuyer qui vient d’être fait chevalier et dont personne ne va se rappeler, condamné à l’oubli et au silence.

    Le second duo est constitué par le Roi et sa Main. le Roi Robert n’est pas à son avantage ici. D’abord il n’arrive pas à comprendre tout seul pourquoi sa place n’est pas dans la mêlée, et surtout il laisse passer une occasion de châtier un méchant Lannister pris sur le fait de vilenie. Seuls instants qui le sauvent un peu : il est capable de rire de lui-même, porte un regard assez correct sur sa royauté, et surtout il montre qu’il contient sa fuite éternelle des responsabilités, car il ne veut pas tout à fait quitter ce trône quand il regarde ce que pourrait faire son fils à sa place. D’un autre côté, Eddard Stark a (encore) mal dormi. Les soucis en ont fait un vieillard avant l’heure, et l’alcool dès le matin n’est pas ce qu’il cherche. Il remplit ses obligations de Main et de père de famille avec devoir en empêchant son Roi d’enfiler son armure et en prenant du temps pour Arya et Sansa. Surtout, il paie l’armure de l’écuyer qui était un inconnu pour lui pour l’envoyer à sa mère (sur l’argent de la couronne ou le sien propre, on ne sait pas?). Nous avons ici l’opposition entre le Roi qui se rêve en chevalier soudard mais qui garde au fond de lui une bonne volonté, et la Main, qui fait son devoir quel que soit le coût et qui garde au fond de lui des zones d’ombre toujours inexprimées.

    La paire la plus bling-bling du tournoi est celle de Ser Jaime Lannister et Ser Loras Tyrell. Les deux se présentent dans des armures brillantes pour éblouir la foule, les deux respirent l’élégance, la facilité, la beauté, face à des adversaires bestiaux et frustres. Et le résultat est identique pour les deux à la fin : ils retournent à la poussière. Jaime n’arrive pas à se dépétrer de son heaume à mufle de lion et est emporté aveugle et titubant, et ser Loras gît pétrifié dans la boue puis est emporté loin des combats, hébété. Mais les réactions de la foule sont opposées : pour le Régicide, le rire, pour l’apollon, l’inquiétude, les rugissements de la foule. Cependant les apparences sont trompeuses : Loras qui est vainqueur et qui se montre à son avantage en cédant la victoire à Sandor est celui qui a adopté la conduite peu honorable avec sa jument en chaleur ; Jaime par contre n’a pas utilisé sa position de Lannister pour acheter une victoire facile à un banneret dépendant.

    L’opposition la plus tonitruante est entre les deux frères Clegane, l’un qui est chevalier oint par le mythique Rhaegar, l’autre qui refuse d’être appelé « ser ». Le portrait se complète sur le plus grand chevalier de la saga (en taille) : assassin d’un enfant Targaryen, violeur de sa mère princesse, les rumeurs sur les morts de ses deux premières épouses, les disparitions de nombreux serviteurs, les suspicions sur morts du père Clegane et de la jeune soeur laissent entrevoir un portrait effrayant de Barbe bleue. Pendant le tournoi, il a déjà tué délibérement un néo-chevalier , et son comportement après sa défaite est carrément inqualifiable : exécuter son étalon d’une manière sauvage, mais surtout aggresser son adversaire désarmé. C’est l’exact opposé de ce qu’on attend d’un chevalier. Inversement, Sandor Clegane se conduit en parfait chevalier, particuliérement chevaleresque car il secourt sans hésiter Loras en qui serait probablement mort sans son intervention. Pendant le combat, il se contente de se défendre alors qu’il aurait pu en profiter pour attaquer son frère envers qui il a de fortes raisons de haine. Enfin il obéit immédiatement à l’ordre du Roi sans même attendre que son ennemi se soit arrêté. Bref, son comportement pendant le tournoi et pendant l’aggression est exemplaire.

    Quelques mots sur le duo constitué par les deux soeurs Stark, aussi disemblables que possibles. Sansa se comporte en « prix de chevalier », dame ultra conventionnelle et passive, alors qu’Arya apprend à « danser » la chanson des épées, mais avec un maître qui n’est pas chevalier. Les deux gardent un sens aigu de l’observation et se préparent à la voie qu’elles ont choisie.

    Enfin les deux derniers personnages sont des chevaliers de l’ombre, privilégiant le port du masque à celui du heaume. Lord Varys se présente dans ce chapitre à Eddard Stark sous un habit que personne ne reconnaît. Il a délaissé son accoutrement et ses manières d’eunuque parfumé pour un habit grossier et une voix rude, ainsi il arrive à se faire entendre de la Main. Mais est-ce son vrai visage? Il laisse entendre à Ned Stark qu’il sert le Royaume, il amène des informations. Cependant, même si sa voix est sèche et son discours direct, les informations ne sont pas utilisables devant le Roi. Surtout il n’y a aucune action concrète envisagée, seulement de la matière supplémentaire pour inquiéter davantage Eddard. L’autre chevalier de l’ombre est bien sûr Petyr Baelish « Littlefinger »; dans ce chapitre il se montre flambeur et ostensiblement parieur et arrogant, comptant ses dragons avant de les avoir en poche. Se laisse-t-il gagner par ses passions ou joue-t-il un personnage, à l’image des courtisans de Louis XIV-XV qui laissent gagner au jeu le Roi qui n’aime pas perdre? Ou en fait-il trop à destination des oreilles d’Eddard Stark, au risque de se faire attraper en plein mensonge? Car un fait rapporté par Renly dans un dialogue avec Littlefinger met bien à mal l’histoire du couteau perdu prétendument contre Tyrion.

    Maintenant je vous propose une revue de l’avancée de l’intrigue dans ce chapitre

    Assassinat : Eddard Stark s’en mêle et s’emmêle
    L’enquête progresse, avec toujours les mêmes coupables désignés par avance, les Lannister. J’ai essayé de lister les éléments récoltés :
    – l’écuyer de Jon Arryn a été tué par un banneret des Lannister
    – le Roi Robert est entouré par deux écuyers, jouvenceaux Lannister imposés par sa femme
    – le Roi Robert s’inquiète que son fils aîné ne lui ressemble pas, et se demande comment il a pu engendre un pareil rejeton
    – Loras Tyrell a battu Jaime Lannister lors du dernier Tournoi
    – Tyrion parie toujours sur Jaime lors des tournois
    – les bâtards ne sont pas une menace pour les enfants légitimes d’après la loi
    – la Reine surveille la Main (info LF confirmée par Varys)
    – les Lannister ont tenté de tuer le Roi lors de la mêlée
    – la Garde royale n’est pas fiable pour Robert
    – Jon Arryn a été empoisonné par les larmes de Lys, « parce qu’il posait des questions »
    – l’écuyer est désigné comme empoisonneur par Varys

    les questions que le lecteur se pose avec Eddard :
    – Ser Gregor Clegane a-t-il tué l’écuyer de Jon Arryn sur ordre des Lannister ou par pur plaisir?
    – pourquoi Jon Arryn a-t-il été tué? Quelles sont les questions qu’il ne fallait pas poser?
    – qui est l’informateur de la Reine : Varys, Littlefinger, les écuyers du Roi?

    les questions que le lecteur ne se pose pas, et pourtant il déjà a tout sous les yeux :
    – comment ça se fait que Littlefinger prétend avoir perdu le couteau contre Tyrion lors du tournoi précédent pendant le duel Loras/Jaime, alors que Jaime a perdu et que Tyrion parie toujours sur Jaime?
    – comment se fait-il que les trois enfants royaux ont le phénotype Lannister, et qu’en plus Joffrey n’a pas le caractère de son père?

    Au final, Eddard Stark accumule des informations, des questions. mais il est toujours bloqué par « l’absence de preuves » qui l’empêche de parler au Roi. Les intrigues forment des noeuds qui sont de plus embrouillés et se resserrent petit à petit autour de son cou.

    Ned chancelait, comme empoisonné lui-même.[…] Des rouages à l’intérieur de rouages à l’intérieur de rouages. Il en avait la tête concassée.

    Je repasse la main à Emmalaure qui va proposer une relecture symbolique du chapitre

    #136202

    Emmalaure
    • Pas Trouillard
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    ARRÊTS SUR IMAGES

    Et c’est parti pour le petit voyage en terres de symboles littéraires dans ce chapitre. Le plus gros morceau sera consacré aux trois dernières joutes, les personnages en présence et leur déroulé, mais je commencerai et finirai par deux images brèves à possible plus longue portée littéraire !

    Comme on l’a vu dans le post d’introduction, la première scène met en présence Eddard, Barristan et une Soeur du Silence au chevet d’un jeune chevalier mort. C’est la soeur du Silence et le jeune chevalier qui m’intéressent ici pour ce qu’il véhiculent comme écho à d’autres situations, en particulier au chapitre précédent : si vous avez bien suivi, ce chapitre s’est achevé sur les confidences de Sandor Clegane à Sansa, qui petit garçon rêvait d’être chevalier et avait pris à son frère un jouet en représentant un : ça lui avait valu sa brûlure au visage en représailles et ce jour-là, Sandor a frôlé la mort. La consécration de ce monstrueux frère comme chevalier oint – plus tard – a persuadé Sandor de ne jamais l’être. Et il est devenu le Limier. En d’autre termes, symboliquement, le jeune Sandor avec ses rêves est mort de la main de Gregor et le silence s’est abattu sur l’histoire, un silence qui atteint Sansa puisque le Limier la menace de mort si elle parle à qui que ce soit du récit qu’il vient de lui en faire.
    A la veillée de Ser Hugh, on retrouve un écho de ce schéma, ce qui permet une transition pas seulement dans quelques mots mais aussi dans la symbolique entre les deux chapitres : la soeur du silence dont on ne voit que les yeux n’a pas d’identité propre, pas d’histoire ni d’âge : elle peut aussi bien représenter une Aïeule qui guide les âme des morts vers le repos, qu’une mère affligée ou une jouvencelle promise à un vaillant chevalier/guerrier. Mais avec leur visage voilé, toutes sont condamnées au silence : le jeune Ser Hugh qui »n’était pas prêt », est mort écrasé par une Montagne, comme le jeune Sandor, et la soeur du Silence pourrait être une métaphore de Sansa gardant le secret du Limier et accompagnant le jeune Sandor vers l’accomplissement du deuil.
    Souvenons-nous par ailleurs que le gris est la couleur des soeurs du silence mais également celle du loup Stark, et que le propre frère de Sansa, Bran, a vu ses rêves de chevalerie brisés brutalement et que lui aussi est condamné au silence sur ce qui lui est arrivé. Ainsi, il me semble significatif qu’Eddard soit présent à la fin de la veillée funèbre de Ser Hugh et n’y trouve que le silence en réponse aux questions qu’il se pose, de la même manière qu’il ne reverra jamais son fils »réveillé » et vivant et que la révélation du secret de sa chute par une Cersei »dévoilée » lui vaudra une condamnation à mort (qu’elle soit symbolique au Mur ou réelle avec l’exécution) et au silence (les mensonges et parjures auxquels Varys va l’obliger pour »protéger » sa fille Sansa). Les Stark et les secrets mortels, c’est une longue histoire !

    Je voulais également m’arrêter sur les dernières joutes du Tournoi, qui occupent une bonne part du chapitre. On y retrouve en présence concrète les ombres aperçues dans le rêve comateux de Bran, à savoir un chevalier brillant et doré avec un Jaime doré de la tête aux pieds jusqu’à sa lance faite en »bois doré » des Îles d’Eté, une autre figure à tête de chien dans laquelle on aura reconnu le Limier et enfin un géant qui les domine tous, ici représenté par la Montagne-à-cheval. Si son armure est à peine évoquée, GRRM prend le temps de le mesurer à travers le regard de Ned Stark qui le compare aux personnages les plus grands déjà décrits (Robert et ses frères ainsi que le géant Hodor) : Gregor Clegane ne porte pas d’armure de pierre comme le géant du rêve de Bran, mais il est nommé par son surnom de la Montagne, et ses membres sont comparés à des troncs d’arbres, ce qui projette l’image d’une montagne pierreuse sur laquelle poussent quelques arbres. Après avoir été désarçonné, Gregor retire son casque et laisse voir ce qu’il y a dessous, une fureur noire et aveugle (les cheveux lui tombent sur les yeux), ici en vo :

    His face was dark with fury and his hair fell down into his eyes.

    Cela fait écho à ce qui se trouvait sous le casque du géant en armure de pierre du rêve de Bran, dont je remets le texte pour mémoire :

    (…) but when he opened his visor, there was nothing inside but darkness and thick black blood.

    La scène du rêve de bran est presque complète puisqu’Eddard et Sansa sont présents. Arya viendra plus tard, au banquet, lorsqu’aucun des trois jouteurs sus-cités ne sera présent. La réunion se fait en décalé et je vois la manière très particulière qu’a GRRM de planter et laisser pousser ses graines, avec une certaine liberté et des possibilités de variations nombreuses, mais jamais en s’éloignant des schémas mis en place.

    Je n’ai pas encore parlé du quatrième jouteur en lice, le Chevalier des Fleurs, qui fait figure d’étranger dans le schéma : en effet, il n’est pas du tout présent dans le rêve de Bran, et il pourrait venir ici comme l’élément perturbateur qui emmène finalement la vision autre part, ou plutôt l’élément qui insuffle sa dynamique à une image figée et contraint les différents protagonistes à l’action, à l’image de la belle jument grise (encore une couleur Stark !) en chaleur qui perturbe l’étalon de la Montagne et facilite sa chute.
    Le costume de Loras Tyrell est lui-même intéressant à analyser car sa charge symbolique est très appuyée. Tout d’abord, face au monstrueux Gregor Clegane, le contraste est détonnant car il en est l’exact inverse : élancé et gracieux, là où la Montagne est massive et lourde.

    The boy from Highgarden did something with his legs, and his horse pranced sideways, nimble as a dancer.

    Le vaillant Loras est par ailleurs féminisé de deux manières : d’une part il est le seul à monter une jument (en chaleur de surcroît !) quand les trois autres jouteurs montent des étalons, d’autre part, il est couvert de fleurs alors que les fleurs symbolisent ordinairement la féminité et que c’est aux femmes qu’on les offre. Alors, Loras n’est pas une fille cachée, mais ici, dans la scène, il est l’élément féminin qui vient perturber un ordre exclusivement masculin et représente la tentation : la vaillante princesse offrira son »coeur » au chevalier qui l’aura méritée et c’est ainsi que le Limier se qualifiera d’abord en l’égalant (par sa victoire sur Jaime) puis en la sauvant du géant et furieux prédateur et remportera la gloire, l’amour du public et les pépettes. La figure féminine de la princesse est dédoublée dans la scène : elle se trouve à la fois dans les tribunes en la personne de Sansa qui soutient secrètement Sandor Clegane, comme en témoignent quelques phrases qu’elle lâche à ce propos, mais aussi dans la lice sous le costume de Loras.
    Si on se penche sur les couleurs de ce costume, on verra qu’on se retrouve là encore en terrain connu : le bleu et les saphirs ne sont peut-être pas des couleurs ou des matières Stark, mais elles sont liées aux Autres et aux cadavres animés, qui ont les yeux bleus comme des saphirs. On retrouvera aussi le bleu et les fleurs associés à Lyanna Stark, la jeune soeur de Ned qui aimait les roses d’hiver et on pourrait dire que dans le présent tournoi, GRRM anticipe l’introduction du chevalier d’Aubier rieur au tournoi d’Harrenhal, où Lyanna aurait tenu les deux rôles à la fois, distribués ici entre Sansa et Loras : jouteuse et princesse spectatrice et prix final. Chez Loras, les fleurs du jour ne sont pas des roses, mais des »forget-me-not » ( »ne m’oublie pas »), ce qui nous amène au thème de la mémoire et du Nord ( »le Nord se souvient », qui n’apparaîtra que plus tard dans la saga), mais aussi des dragons (les Targaryen ont les yeux bleus, et Viserys est le premier personnage à dire »le dragon se souvient »). Avec la jument grise aux couleurs Stark, voici donc réunis ici dans un seul personnage des symboles liés à la fois aux Stark et aux Targaryen et peut laisser penser qu’ils partagent une mémoire et une histoire commune quelque part dans un passé lointain. Une histoire forcément »oubliée », ou du moins occultée, sinon, on n’aurait pas cette répétition ironique d’entités qui se souviennent quand les personnages du présent ont la mémoire courte et sélective. Si en français myosotis fait très joli et poétique, on peut regretter qu’il fasse perdre en partie le sens qu’il a en anglais. Pour info, le myosotis est la petite fleur bleue des Romantiques (le mouvement artistique et littéraire), c’est une fleur du sentiment amoureux.

    La dernière image symbolique sur laquelle je souhaite m’arrêter implique Varys et une seule courte réplique de lui :

    »The Red Keep has ways known only to ghosts and spiders. » Varys smiled apologetically.

    »Le Donjon Rouge a des chemins connus seulement des fantômes et des araignées. » (traduction perso)
    Cette phrase renvoie elle aussi à d’autres lieux (ce n’est pas volontaire de la part de Varys) : Winterfell, le château plein de fantômes où habite une araignée. En effet, si Bran est comparé à son père à un écureuil le jour où il le retrouve perché en haut d’un arbre du bois sacré, le fait qu’il escalade et grimpe le long des murs et explore des chemins qu’il est seul à connaître (dans le chapitre de sa chute, avant sa chute, il explique que même mestre Luwin ne les connaît pas) l’apparente aux araignées. Ca le mène à un secret interdit, de la même façon que Varys collecte ses secrets en empruntant des passages secrets qu’il est seul à connaître et emprunter. Un vervoyant se sert d’oiseaux comme espions et messagers, comme Varys avec ses petits oiseaux; il chuchote des trucs dans les rêves des autres, là où Varys est »Maître des Chuchotements ». Mais le vervoyant finit immobile dans son nid de racines de barral, comme une araignée au centre de sa toile, invisible au monde extérieur et affamé de la vie des autres et/ou de souvenirs car ne pouvant pas/plus vivre sa propre vie : le gabarit de Varys l’apparente à l’ogre et son infirmité laisse supposer un manque à combler (selon Eddard, Bran ne pourra jamais engendrer d’enfant, ce qui est aussi le cas de Varys), sa gourmandise transparaît d’ailleurs dans ce chapitre lorsqu’il demande à boire à Eddard.
    Interprétation personnelle : GRRM se sert du Donjon Rouge et de ses habitants pour nous dévoiler par touches les secrets de Winterfell et de son passé. C’est un procédé qu’il emploie aussi avec les autres châteaux, qui tous – d’une manière ou d’une autre – parlent en filigrane de Winterfell, où commence la saga et où elle devrait s’achever pour boucler la boucle.

    Pas de conclusion pour ce chapitre, et je m’aperçois que je n’ai pas parlé de l’aveuglement de Jaime à la fin de sa joute face au Limier (j’y vois un possible foreshadowing), mais tant pis, le post est déjà long ! A vous les studios !

    #136212

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6709

    Bon sang, quel chapitre. Je me suis retrouvé en terrain familier et pourtant j’avais oublié des détails

    Je ne me souvenais plus comment Ned apprend la mort de Hugh. Il a du mérite, Barristan de veiller toute la nuit sur ce quasi-nobody. Si on ajoute que Ned donne de sa poche pour sa famille, il a eu beaucoup d’égards, ce Hugh (je repense encore à la phrase de Desproges « L’héroïsme, c’est encore la meilleure façon de devenir célèbre quand on n’a pas de talent. », certes sa célébrité ne durera pas, mais au moins une journée pour un mec qui n’a rien fait ou presque). Au passage, on apprend l’existence du corps des sœurs du silence. Et Ned obtient une bonne info de Barristan : Robert est très sensible à la psychologie inversée. (On voit que Jory a un rôle important car pendant la nuit, il a prévenu Ned des événements du tournoi)

    J’ai adoré le passage dans la tente de Robert. On voit plein de Lannister écuyers. Robert se moque d’eux en leur demandant d’aller chercher un produit qui n’existe pas. Puis est assez lucide envers lui-même quand il voit qu’il ne peut même plus entrer dans son armure. Et là il ressasse sur le fait qu’être roi c’est pas bien (#calimero), que ça aurait dû être Ned ou Jon (Ned répète à raison que c’est Robert qui a la légitimité au trône). Robert veut juste du vin, des nanas et une monture. Au passage, Ned lui dit qu’il se trompe sur Lyanna.

    “You never knew Lyanna as I did, Robert,” Ned told him. “You saw her beauty, but not the iron underneath. She would have told you that you have no business in the melee.”

    Ned a si bien connu que ça Lyanna ? Il est né en 263 et est parti à 8 ans pour le Val. Lyanna est née en 267. Mouais…

    Là où Ned est malin c’est qu’il utilise LE bon argument pour que Robert n’aille pas se battre : sa victoire ne serait pas glorieuse car tout le monde le laisserait gagner. Cela pique la fierté du roi. (et je peux pas m’empêcher de penser que cet argument va à l’encontre du danger que pourrait avoir le roi à aller dans la mêlée).

    Robert s’énerve, fait partir tout le monde sauf Ned et le force à boire de l’alcool (trop fort pour Ned…). Robert parle de son mariage raté et du fait qu’il est désolé pour Lady car il sait que Joffrey a menti (gniiii). Un peu soufflé aussi quand Robert dit que la seule chose qui l’a empêché de quitter le trône pour être mercenaire en Essos (WTF.. bon « warring and whoring », on peut supposer ce qu’il aurait surtout fait. Un Conan en moins martial^^), c’est que Joffrey aurait régné, conseillé par Cersei. Ca part sur l’enfance de Ned et Robert puis sur le fait que Robert se pense être un « bon roi », même s’il coupe Ned qui, honnête, allait sans doute dire « meilleur qu’Aerys » (ce qui n’est pas un compliment).

    Pour les fans de théories sur les lieux où poussent les agrumes (citronnier, Braavos etc), on apprend qu’au Val Ned et Robert se sont battus avec des oranges pourries. Importées ? Peut-être bien. J’ai quand même du mal à « acheter » une amitié si profonde entre Robert le braillard et Ned le taciturne. Néanmoins Ned est rassuré et voit devant lui LE plan qui va fonctionner pour que Robert se débarrasse des meurtriers de Jon Arryn (Cersei, Jaime puis Tywin).

    Ensuite on arrive au tournoi. Ah tiens, septa Mordane est « malade » (ce que j’ai ri^^). Je me souvenais que Loras gagnait grâce à une entourloupe et que Gregor coupait la tête de sa monture (il doit en falloir de la force…) mais j’avais oublié que ça se passait en demi finale tandis que dans l’autre Sandor gagnait contre Jaime (puis que Loras laissait la victoire à Sandor). Gregor est décrit dans toute son ignominie passée et présente, alors que Loras est trop beau. Mais c’est Sandor, comme noté au dessus, qui est le plus chevaleresque. Surgissant de nulle part (et uniquement pour emmerder le frère qu’il déteste), il va sauver Loras tout en évitant de faire du mal à son frère non casqué. Jusqu’à ce que Robert mette le holà avec sa voix de stentor (bien vu que Ned crie aussi mais en vain).

    Au passage, petit pari « sans conséquence » (hum) entre Renly et Petyr. Anguy le Dornien gagne le tournoi de tir à l’arc (devant Balon Swann et Jalabhar Xho, je note) mais refuse d’entrer au service de Ned, il préfère profiter la vie (ça ne durera qu’une semaine, après…). Et Thoros fait le mariole à la mêlée. Arya parle de « danse » sans vraiment dire ce que c’est (malin) : elle souffre mais adore ça. Vivement qu’elle attrape des chats sous le Donjon rouge^^

    Un petit passage du côté des bâtards de Robert : Gendry et bien entendu Edric Storm et Mya Stone (non nommée ici)

    Puis arrive Varys masqué (louchitude au max) qui dit qu’il se méfiait jusqu’à présent de Ned (louchitude +++) mais que là ça va mieux. Varys se la joue un peu à la Petyr avec toutes les menaces qu’il « dévoile », sauf que lui au moins dit qu’il est un allié de circonstances (certes, c’est faux mais c’est un peu plus sincère). Ned en a sa claque de toutes ces manigances mais il s’est assigné la mission de retrouver les meurtriers de Jon. La boucle se referme quand on apprend que le poison a été donné par Hugh. Et que si on a tué Jon si tard c’est parce qu’il posait des questions (sortie théâtrale super télévisuelle mais peu réaliste).

    Quel chapitre

     

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #136216

    Obsidienne
    • Pas Trouillard
    • Posts : 635

    Au passage, Ned lui dit qu’il se trompe sur Lyanna.

    “You never knew Lyanna as I did, Robert,” Ned told him. “You saw her beauty, but not the iron underneath. She would have told you that you have no business in the melee.”

    Ned a si bien connu que ça Lyanna ? Il est né en 263 et est parti à 8 ans pour le Val. Lyanna est née en 267. Mouais…

    Je me suis fait la même réflexion…
    On va dire que Lyanna, avant de trépasser, aura eu le temps de dire bien des choses à Ned sur sa relation avec Rhaegar, son rôle en tant que chevalier d’Aubier rieur…Benjen, qui l’a côtoyée nettement plus longtemps,  a pu également révéler à Eddard des aspects insoupçonnés du caractère de leur soeur…

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #136217

    Emmalaure
    • Pas Trouillard
    • Posts : 730

    “You never knew Lyanna as I did, Robert,” Ned told him.

    Disons qu’au pied de la lettre c’est strictement vrai : Robert connaît moins bien Lyanna que Ned. Mais ça ne veut pas dire que Ned l’a très bien connue.
    Cependant, comme tu dis Obsidienne, Ned a veillé Lyanna dans ses derniers instants (et on ne sait pas combien de temps ça a duré exactement), ça renforce des liens existants.
    D’autre part, on peut aussi imaginer que même écuyer chez les Arryn, il y a eu des périodes de quelques semaines où Ned revenait à Winterfell voir les siens et la maisonnée, histoire aussi que dans le Nord, on n’oublie pas les fils et héritiers de Rickard Stark. En bref, Eddard n’était pas un otage et il n’était pas question que ces 8 ans d’apprentissage dans un autre royaume en fasse un étranger dans le Nord : on voit ce que donne la longue absence de Theon.

    #136219

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6709

    Si Robert s’est amouraché de Lyanna, on suppose qu’il l’a rencontrée au tournoi d’Harrenhal en 281 ?

    En bref, Eddard n’était pas un otage et il n’était pas question que ces 8 ans d’apprentissage dans un autre royaume en fasse un étranger dans le Nord

    Outre que les voyages ne sont pas si aisés/fréquents, je me demande d’où tu tiens cette durée d’apprentissage de 8 ans. J’ai cherché en vain la date de fin pour Ned dans le Val. Quand on demande à Jon Arryn les têtes de ses pupilles, ils sont encore auprès de lui ?

    Limite surpris qu’on ne fasse pas le parallèle entre Robert qui ne remarque pas le caractère de fer de Lyanna, tout comme Robert ne distingue pas vraiment son « fer de frère » (dixit Donal Noye), Stannis ^^

     

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    #136220

    Eridan
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3542

    Si Robert s’est amouraché de Lyanna, on suppose qu’il l’a rencontrée au tournoi d’Harrenhal en 281 ?

    Peut-être même avant ça. Il y a forcément eu au moins une rencontre entre 280 et 281, puisqu’Eddard et Lyanna ont parlé de Robert le soir même de leurs fiançailles (situé apparemment après la naissance de Mya en 280) :

    « Robert ne se contentera jamais d’une seule couche », lui avait confié Lyanna, le soir même du jour, déjà si lointain…, où leur père avait accordé sa main au jeune seigneur d’Accalmie.  « Il a eu, je le sais, un enfant d’une fille du Val. » Pour avoir en personne tenu le nouveau-né dans ses bras, il ne se souciait pas de la démentir, ni de lui mentir, d’ailleurs, mais il n’en avait pas moins protesté : les passades antérieures aux fiançailles ne comptaient pas ; Robert était bon, loyal, il l’aimerait de tout son cœur… Elle avait souri. « L’amour est une douce chose, Ned de mon cœur, mais il ne saurait modifier le tempérament. »

    AGOT, Eddard IX.

    Quand on demande à Jon Arryn les têtes de ses pupilles, ils sont encore auprès de lui ?

    Ils sont auprès de lui, mais on ignore à quel titre. Sont-ils toujours ses pupilles ? Ou sont-ils juste en visite de courtoisie ? Robert a vingt ans et est déjà seigneur en titre d’Accalmie depuis plus d’une décennie… C’est un peu surprenant qu’il soit encore pupille d’Arryn à cette époque. Quant à Eddard, il en a 19. Lui aussi est majeur. Sont-ils encore officiellement ses pupilles, ou pas ? C’est possible.

    Il y a plusieurs raisons qui pourraient expliquer le fait qu’Eddard et Robert se soient retrouvés tous les deux aux Eyrié au même moment à cette période-là … J’ai au moins deux explications en tête qui peuvent le justifier (une conspirationniste, l’autre moins ^^). Mais la coïncidence mérite d’être soulignée.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  R.Graymarch.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  Lapin rouge. Raison: "décennie" (=10 ans), pas "décade" (=10 jours)
    #136221

    Aurore
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1889

    Si Robert s’est amouraché de Lyanna, on suppose qu’il l’a rencontrée au tournoi d’Harrenhal en 281 ?

    En bref, Eddard n’était pas un otage et il n’était pas question que ces 8 ans d’apprentissage dans un autre royaume en fasse un étranger dans le Nord

    Outre que les voyages ne sont pas si aisés/fréquents, je me demande d’où tu tiens cette durée d’apprentissage de 8 ans. J’ai cherché en vain la date de fin pour Ned dans le Val. Quand on demande à Jon Arryn les têtes de ses pupilles, ils sont encore auprès de lui ?

    La logique voudrait que oui, ou qu’ils soient partis tout récemment, sinon Aerys aurait demandé à quelqu’un d’autre que Jon Arryn la tête des deux jeunes gens, voire pas demandé du tout.

    #136223

    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Robert a vingt ans et est déjà seigneur en titre d’Accalmie depuis plus d’une décade … C’est un peu surprenant qu’il soit encore pupille d’Arryn à cette époque.

    Une décade c’est 10 jours, une décennie (decade en anglais), c’est10 ans. Mais même, Steffon est mort en 278, ce qui ne fait pas 10 ans avant la rébellion. Robert a 16 ans et paraît trop âgé pour être encore pupille,non ?

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    #136224

    darkdoudou
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 298

    De mon côté, je pense que Robert n’a jamais passé beaucoup de temps avec Lyanna. On n’est pas à l’époque du mariage d’amour ; l’union a été décidée avant une rencontre par l’alliance des « parents » Arryn-Tully-Stark.

    Robert a immédiatement idéalisé Lyanna (la soeur de son meilleur pote) et a peut-être eu accès à un portrait, puis une brève rencontre. Pour moi l’amourache est du même niveau que Sansa envers Joffrey, ou Cersei envers Rhaegar. Pour cette dernière, la cristallisation est encore active tout comme pour Robert, c’est assez ironique.

    Pour revenir au caractère de fer de Lyanna, je pense qu’Eddard en a pris conscience seulement à sa mort. L’heure de la mort est la seule où l’on puisse se montrer brave, ça s’applique particulièrement pour Lyanna à mon avis. Je pense qu’elle n’a pas dit grand-chose, juste l’essentiel pour Rhaegar et pour Jon. Ce n’est pas étonnant que Ned retrouve Lyanna en Arya, et il s’incline devant la volonté de celle-ci dans ce chapitre comme il s’était alors incliné devant celle-là (promets-moi).

    #136228

    Pandémie
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1835

    C’est rigolo, ça revient périodiquement mais GrrM a répondu à cette question sur le fond:

    How did Ned manage to become such a paragon Northener and a close friend of Lyanna’s if he spent his time in the Vale from age 8 to 18? Or did he return home at some point(when?) and was just visiting Jon Arryn prior to and after the tourney at Harrenhal?

    He was fostered, not exiled. Yes, certainly he returned home. Less frequently the first few years, when he would have been performing the duties of a page and then a squire, more often and for longer periods later. During his « squire » years (he wasn’t a squire in the strict sense, since he wasn’t training for knighthood, but he was acting as one), he would also have accompanied Jon Arryn on many travels out of the Vale. And once he reached the age of sixteen he was a man grown, free to come to go as he liked… which would have included both time at home and in the Vale, since Jon Arryn had become a second father. The same was true of Robert, who divided his time between Storm’s End and the Vale after reaching manhood, not to mention dropping in on tourneys and whatever choice fights he could find.

    Pour résumer, Ned a eu quelques possibilités de retourner chez lui et de voyager, de plus en plus nombreuses avec l’âge, jusqu’à passer la moitié de son temps entre les deux lieux une fois l’âge adulte atteint.

    #136242

    Yfos
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 186

    J’ai remarqué plusieurs choses dans ce chapitre:

    Robert boit dès le matin alors qu’il va participer à un tournoi. Imprudent ? Pas forcément : c’est paraît-il, une bonne technique lorsqu’on a mal à la tête au matin à cause des excès de la veille. Il faut juste se montrer modéré.

    Je n’ai pas trouvé l’attitude de Robert à l’égard de ses écuyers très correcte. Autant s’en débarrasser en les envoyant chercher un pectoral qu’ils auront du mal à trouver, rien à dire, autant les « invectives tonitruantes », cela ne me semble pas normal. Et ne pas savoir qui ils sont ? Il avait peu de chances d’obtenir leur loyauté, en dehors même du fait qu’ils sont des Lannister. Il est parvenu durant la guerre à gagner celle d’anciens adversaires, il n’a fait aucun effort en ce sens avec ses écuyers.

    Robert meilleur qu’Aerys ? Lorsqu’Arya est prisonnière de Gregor Clegane, un vieillard dit que le vieux roi n’aurait jamais permis ça. Et il parle d’Aerys. On en revient à la question : qu’est ce qu’un bon roi ?

    Jaime, avant d’abaisser sa visière, envoie un baiser vers quelque fille du commun ? Cersei n’assiste pas aux finales. Est-ce elle, déguisée, comme ça lui est déjà arrivé ?

    La voix de Ned ne porte pas mais il a appris à Robb et Jon l’importance d’une voix forte, que l’on peut entendre sur le champ de bataille, comme on l’apprendra dans un POV de Jon : ceux-ci essayaient de s’entendre d’une tour à l’autre de Winterfell. A ma connaissance on ne sait pas trop si cet entrainement a fonctionné.

    Dans ce chapitre, Varys incite Eddard Stark à se méfier encore plus des Lannister, accroissant le risque d’une guerre. Peu après, lui et son allié veulent gagner du temps. Leurs plans sont très changeants.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  R.Graymarch.
    #136253

    Emmalaure
    • Pas Trouillard
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    Dans ce chapitre, Varys incite Eddard Stark à se méfier encore plus des Lannister, accroissant le risque d’une guerre. Peu après, lui et son allié veulent gagner du temps. Leurs plans sont très changeants.

    Le but de Varys, à l’inverse de LF qui pousse Eddard toujours plus loin, me paraît être de montrer la toute-puissance des Lannister et l’impuissance d’Eddard en face afin qu’il repousse le plus longtemps possible le moment de frapper : il lui dit de protéger son ami (c’est trop tôt pour qu’il meure) mais démontre en même temps qu’il ne pourra rien faire de concret pour faire chuter les Lannister. Et il lui balance à la fin le nom du meurtrier de Jon Arryn, ser Hugh, qui est lui-même mort et ne sert donc plus à rien pour Eddard : c’est une info dont il ne peut rien faire, car il n’a aucun moyen de la vérifier, ni de remonter la piste des Lannister avec ça (hormis le meurtre commis par Clegane, mais vu le bonhomme, ça peut tout aussi bien passer pour un accident de joute). Pour couronner le tout, Varys ajoute clairement que Jon, comme Eddard le fait, posait trop de questions. En clair, le message c’est « ne bouge pas, contente-toi de protéger ton pote encore un peu de temps ».

    #136263

    Yunyuns
    • Pisteur de Géants
    • Posts : 1473

    Jaime, avant d’abaisser sa visière, envoie un baiser vers quelque fille du commun ? Cersei n’assiste pas aux finales. Est-ce elle, déguisée, comme ça lui est déjà arrivé ?

    Il envoie des baisers à la foule, à personne en particulier, rien d’extraordinaire à mon sens.

     

    Sinon j’ai trouvé le passage où Ned liste les blasons devant lesquels il passe au début du chapitre très cocasse en tant que relecteur érudit : entre autres Massey et Crakehall qu’on retrouve quelques fois dans la suite de la saga, on a les maisons Caron, Prestre, Brax, Wyl, Mertyns, Rambton… encore une fois GRRM nous tartine des familles dont on n’entendra plus jamais parler ou presque ^^.

    Fan n°1 de Victarion Greyjoy, futur Roi des Sept Couronnes.

    #136295

    Aurore
    • Terreur des Spectres
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    Sinon j’ai trouvé le passage où Ned liste les blasons devant lesquels il passe au début du chapitre très cocasse en tant que relecteur érudit : entre autres Massey et Crakehall qu’on retrouve quelques fois dans la suite de la saga, on a les maisons Caron, Prestre, Brax, Wyl, Mertyns, Rambton… encore une fois GRRM nous tartine des familles dont on n’entendra plus jamais parler ou presque ^^.

    Je trouve que cela donne un cachet de véracité au monde qu’il construit. Il n’y a que chez Balzac qu’on trouve sans cesse les mêmes personnages qui s’entrecroisent sans cesse, mais pas dans la vraie vie !

    #136320

    Mélusine
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 499

    à Emmalaure et Darkdoudou

    Pour moi c’est le chapitre des menteurs par excellence.

    En 1er le roi,

    « A ce qu’on dit, les splendeurs de la nuit s’évanouissent au jour, et à la lumière du matin désavoue souvent les enfants du vin.

    -on le dit acquiesça Ned, mais pas de Robert. »Un autre, à la rigueur, renierait ses fanfaronnades d’après boire, Robert Baratheon, non; il se souviendrait des siennes et, s’en souvenant, n’en démordrait jamais.

    Jaime avait suffisamment monté sa garde auprès de lui pour savoir que Robert Baratheon vous balançait des trucs, quand il était saoul, qu’il aurait furieusement niés le lendemain.

    De 2 choses l’une, soit Robert a beaucoup changé et pas que de taille, et Eddard se trompe et ne le connait pas si bien que ça, soit et c’est plus surement la vérité, Robert ment comme un arracheur de dents. Tout ce qu’il peut dire et faire sous l’effet de l’alcool il s’en souvient très bien mais prend prétexte de ne plus se souvenir, pour agir à sa guise. De même quand il brutalise Cersei, je ne trouve plus le chapitre où Cersei en parle mais ça dit ça en substance : Robert arrivait toujours ivre dans le lit conjugal et lui faisait mal, elle lui a demandé un jour pourquoi, il lui a répondu qu’il ne se rappelait plus. et voici qu’en pense Robert dans ce chapitre :

    oh, Cersei, pour le coup d’oeil, rien à redire, mais pour la chose …, d’un froid! rien qu’à la manière dont elle couve le con, tu jurerais qu’elle y a foutu tout l’or de Castral Roc …!

    Puis vient le mensonge qui passe inaperçu aux oreilles d’Eddard, Tyrion Lannister aurait parié sur son frère. Tiens donc, Littlefinger n’avait pas dit le contraire à propos d’un poignard gagné par Tyrion.

    Arya, danse, je me suis demandée si Sansa savait ce que faisait réellement sa sœur ?

    Puis vient Varys, qui passe entre les gardes sans se faire voir, et met en garde Eddard Stark contre les méchants Lannister. Lui qui s’était fait une joie de cette journée où les Lannister s’étaient fait ridiculiser et que Cersei n’était pas apparue.

    Une chose m’a choquée, quand Robert envoie ses écuyers chercher une armure plus grande, cela fait rire Robert, Eddard et Barristan. Ce ne sont que des écuyers, et Robert est à son aise pour les humilier, mais quand il jette son pectoral à la face de Barristan, je trouve cela malsain, un roi qui ne respecte pas ses hommes.

      Il finit cependant par happer le pectoral qui gisait à terre et, avec une rage muette, le jeta à la face de ser Barristan puis, le voyant esquiver: « dehors, dit-il, glacial, dehors, ou je vous étrangle. »

     

    Là où Ned est malin c’est qu’il utilise LE bon argument pour que Robert n’aille pas se battre : sa victoire ne serait pas glorieuse car tout le monde le laisserait gagner. Cela pique la fierté du roi.

    C’est Barristan qui évoque le fait que les autres participants n’oseraient pas se battre contre le roi

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  Mélusine.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  Mélusine. Raison: ajout et faute
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  Mélusine. Raison: re faute
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  R.Graymarch.
    #136328

    Eridan
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3542

    Bien vu, Mélusine.

    Eddard se souvient d’une époque qui n’est plus et il est le seul à évoquer Robert ainsi. Cersei et Jaime côtoient Robert dans l’intimité depuis plus d’une décennie ( 😛 ), donc j’aurais tendance à me fier d’avantage à leur témoignage qu’aux espoirs teintés de nostalgie d’Eddard.

    Pour compléter :

    Pour Robert, ces nuits n’avaient jamais eu lieu. Le matin venu, il n’en conservait aucune espèce de souvenir, ou du moins aurait-il voulu le lui faire accroire. Une fois, la première année de leur mariage, Cersei avait exprimé son déplaisir le lendemain. « Vous m’avez fait mal », se plaignit-elle. Il eut la bonne grâce de prendre un air honteux. « Ce n’était pas moi, ma dame », répondit-il du ton boudeur et morne d’un gosse pris en flagrant délit de voler des gâteaux aux pommes dans les cuisines. « C’était le vin. Je bois trop de vin. » Pour assurer la descente de son aveu, il s’empara de sa corne à bière. Comme il l’élevait vers sa bouche, elle lui assena sa corne personnelle en pleine figure, et si violemment qu’elle lui ébrécha une dent. Lors d’un banquet, des années plus tard, elle l’entendit raconter à une souillon de servante que c’était au cours d’une mêlée qu’il s’était abîmé cette dent. Somme toute, réfléchit-elle, il ne mentait pas, notre mariage ne fut rien d’autre qu’une mêlée.
    Mais tout le reste n’avait été que mensonges. Il se souvenait parfaitement de ce qu’il lui faisait la nuit, elle en avait la conviction. Elle le lisait clairement dans ses yeux. Il faisait seulement semblant d’oublier ; il était plus facile de l’affecter que d’affronter l’opprobre de sa conduite. Au fond, Robert Baratheon était un pleutre. A la longue, les assauts s’espacèrent. Pendant la première année, il la prenait au moins une fois par quinzaine ; vers la fin, ce ne fut pas même une fois par an. Il ne cessa jamais totalement, néanmoins. Tôt ou tard, toujours survenait une nuit où il buvait outre mesure et tenait à faire valoir ses droits. Ce qui l’humiliait à la lumière du jour lui faisait plaisir dans le noir.

    AFFC, Cersei VII.

    A la relecture d’AFFC, les rapports de Robert et Cersei sont glaçants. (Le moment où elle évoque avoir « dévoré ses héritiers » … gloups !)

    « Oui, j’espérais que le gosse [ndlr: Bran] mourrait. Toi aussi. Jusqu’à Robert qui trouvait que ça vaudrait mieux. « Nous tuons nos chevaux quand ils se cassent une jambe, nous tuons nos chiens quand ils deviennent aveugles, mais nous sommes trop pusillanimes pour accorder la même grâce à des gosses estropiés », m’a-t-il dit. Dans un moment, je te signale, où il était lui-même aveugle… d’avoir trop bu. »
    Robert ? Jaime avait suffisamment monté sa garde auprès de lui pour savoir que Robert Baratheon vous balançait des trucs, quand il était saoul, qu’il aurait furieusement niés le lendemain. « Vous étiez seuls quand il a dit ça ?
    — Tu ne te figures quand même pas qu’il l’a dit à Ned Stark, j’espère ? Bien sûr que nous étions seuls. Nous et les enfants. »

    ASOS – Jaime IX.

    #136329

    Emmalaure
    • Pas Trouillard
    • Posts : 730

    De 2 choses l’une, soit Robert a beaucoup changé et pas que de taille, et Eddard se trompe et ne le connait pas si bien que ça, soit et c’est plus surement la vérité, Robert ment comme un arracheur de dents. Tout ce qu’il peut dire et faire sous l’effet de l’alcool il s’en souvient très bien mais prend prétexte de ne plus se souvenir, pour agir à sa guise.

    Je pense aussi que Robert s’arrange beaucoup avec les vérités. Les citations sont bien vues. Robert aime la bagarre comme un jeu (comme les enfants, en fait), donc tant qu’il n’y a pas de réel enjeu mis sur le tapis, pas de conséquences réelles, mais il déteste les conflits et les fuit sans cesse comme la peste : chasser des écuyers tout jeunots en sortant la grosse voix, c’est facile, interrompre de la voix avec l’appui d’une garde deux guerriers prêts à se battre à mort, c’est facile aussi, dire à sa femme ou son ami ce qu’il a envie d’entendre à l’instant T, c’est facile, et perdre ses nerfs, c’est facile aussi. Mais arbitrer et prendre des décisions qui engagent la responsabilité, c’est beaucoup plus difficile. Les mensonges de Robert entre à mon sens dans ce cadre : ce sont des mots qui servent à éviter des conflits à l’instant t mais ne les règlent pas, du vent avec lequel il repousse le problème un peu plus loin, sur le côté, sous le tapis, ou les meubles, etc…

    #136351

    Tizun Thane
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 821

    Robert aime la bagarre comme un jeu

    .

    Il y a plusieurs formes de courage, et plusieurs formes de lâcheté. Robert est courageux au combat. C’est un guerrier. Mais il est lâche dans les conflits sociaux.

    Ce qui me fait penser à l’éléphant dans la maison. La tentative d’assassinat de ser Gregor devant toute la Cour n’est pas punie.

    C’est un acte ignoble commis devant toute la Cour, inexcusable, sans ambiguïté, commis contre l’enfant d’une grande maison, qui reste impuni. C’est assez invraisemblable. Que Robert ne veuille pas fâcher les Lannister, passe encore.

    Mais que la Main du Roi n’exerce pas son autorité pour châtier un crime horrible, et rogner les griffes des Lannister, c’est vraiment une occasion manquée. Eddard n’a pas eu la bonne réaction pour le coup. Il n’a jamais vraiment habité sa fonction en fait.

    #136355

    darkdoudou
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Super boulot Mélusine et Eridan, concernant les mensonges du chapitre et la personnalité de Robert.

    le Roi Robert est vraiment celui qui quasiment abdiqué : dans son gouvernement, dans son couple, dans l’éducation de ses enfants. J’ai réussi à lui trouver quelques petits points positifs pour montrer qu’il n’a pas complètement abdiqué, mais pour tout le reste il se comporte en lâche alors qu’il est un héros sur le champ de bataille.

    Pour Joffrey « qui ne lui ressemble pas », ce qui me frappe aussi c’est que le prince héritier a une grande admiration pour son supposé père, et qu’il essaie de se mettre à la hauteur de cette figure imposante. Donc Robert a aussi une partie de responsabilité pour ce qu’il est devenu ; je pense en particulier à l’épisode des chatons.

    Mais que la Main du Roi n’exerce pas son autorité pour châtier un crime horrible, et rogner les griffes des Lannister, c’est vraiment une occasion manquée. Eddard n’a pas eu la bonne réaction pour le coup. Il n’a jamais vraiment habité sa fonction en fait.

    Eddard essaie de réagir, mais il lui manque la Voix. Et quand Robert a parlé, c’est trop tard. Mais je suis d’accord qu’il n’a jamais habité sa fonction, il a toujours vu ça comme de l’intérim le temps de remetre les choses dans l’ordre, il aspire à un retour à Winterfell au plus vite.

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  darkdoudou.
    #136357

    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 6709

    Je suis d’accord que ne pas punir Gregor qui s’en va massacrer Loras, c’est incompréhensible. On est loin du « simple cadre sportif ». De plus, en connaissant Gregor, on peut s’imaginer qu’il allait juste « un peu taper » Loras (et quand bien même, ce dernier a encore une finale à jouer).

    Si Supersandor n’était pas intervenu pour sauver Loras (et, par la bande, son frère honni), je me demande ce qu’il se serait passé. Je veux bien qu’on soit dans une société plus violente que la notre, que les tournois, c’est dangereux (coucou Hugh), mais là, il n’y a aucune justification à donner. Loras n’est « que » le 3e garçon des Tyrell mais il reste le fils d’une des familles les plus puissantes de Westeros

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    #136358

    Tizun Thane
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 821

    Les accidents, même mortels, dans un tournoi, cela arrive. Les tentatives d’assassinat délibérés devant la foule beaucoup moins.

    Je veux bien que dans la cohue, la voix du Roi porte, et que la Main n’a pas à contredire publiquement le roi. Mais dans la foulée, il faut ordonner à la garde royale d’arrêter ser Gregor, et de l’exécuter s’il résiste. C’est là où Eddard manque de jugeote, et même, de justice.

    Sinon, j’en avais parlé au chapitre d’avant, mais le fait que Sansa soutienne le Limier est quand même assez frappant, surtout si l’on songe que les derniers mots qu’il lui a adressé la veille sont une menace de mort. Clairement, elle l’a classé dans le camp des « gentils » après sa confession nocturne, et n’a pris sa menace au sérieux.

    Comme le grognement du gros chien de la famille.

    #136372

    Mélusine
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Je veux bien que dans la cohue, la voix du Roi porte, et que la Main n’a pas à contredire publiquement le roi. Mais dans la foulée, il faut ordonner à la garde royale d’arrêter ser Gregor, et de l’exécuter s’il résiste. C’est là où Eddard manque de jugeote, et même, de justice.

    Je pense qu’Eddard ne pouvait rien faire:

    Aussitôt, le Limier mit un genou en terre, et son frère fendit seulement le vide avant de reprendre enfin suffisamment ses sens pour jeter son arme, regarder Robert qu’entourait sa Garde et une douzaine de chevaliers et de gens du guet puis, sans un mot, tourner les talons et quitter la place à longues foulées. Comme il passait à portée de ser Barristan, « Laissez-le aller », reprit Robert. Tout s’était joué en quelques instants.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par  Mélusine. Raison: mise en gras
    #136377

    Mestre Tomassen
    • Frère Juré
    • Posts : 97

    Comme il passait à portée de ser Barristan, « Laissez-le aller », reprit Robert.

    Gregor vs Barristan, une affiche qui aurait eu de la gueule !

    #136424

    Yfos
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 186

    Pour Joffrey « qui ne lui ressemble pas », ce qui me frappe aussi c’est que le prince héritier a une grande admiration pour son supposé père, et qu’il essaie de se mettre à la hauteur de cette figure imposante. Donc Robert a aussi une partie de responsabilité pour ce qu’il est devenu ; je pense en particulier à l’épisode des chatons.

    Il y a un également un autre épisode: dans ASOS, Jaime IX, lorsque Jaime apprend de Cersei que Robert a dit devant Joffrey qu’il serait préférable que Bran meurt, il en déduit que c’est probablement lui qui a dépêché le sbire. Tout ça parce qu’il était un gosse

    « affamé de se faire tapoter la tête par le poivrot que tu lui faisais passer pour son père »

    Si ce que devenait son fils ne lui convenait pas, il aurait pu s’investir dans son éducation en profitant de cette admiration.

    Pour moi c’est le chapitre des menteurs par excellence. En 1er le roi,

    C’est sûr, il ment aux autres. Faute de POV, on ne saura pas, mais j’ai l’impression qu’il essaie également de se mentir à lui-même et arrive à se convaincre que lui a toujours bien agi ou alors, que c’est la faute aux autres.

    Il se montre quand même sans doute lucide sur lui-même dans ce chapitre lorsqu’il dit qu’il était fait pour être mercenaire. Pas par incompétence (on ne sait rien sur le sujet) mais par son incapacité à assumer ses devoirs (envers le royaume et ses enfants) et, également, par son refus de déplaire (dans un chapitre Cersei explique que Robert voulait toujours des acclamations et que c’est pour cela qu’il n’aimait pas Joffrey bébé: celui-ci pleurait dans ses bras contrairement à ses bâtards). Gouverner, c’est également prendre des décisions qui ne plaisent pas à tous.

    De même quand il brutalise Cersei, je ne trouve plus le chapitre où Cersei en parle mais ça dit ça en substance

    Le chapitre dans lequel Eddard prévient Cersei qu’il sait pour ses enfants est également édifiant. On y apprend que Robert l’a déjà frappée plusieurs fois, que les rares fois où il la rejoint dans le lit conjugal il est ivre et que, lors de leur nuit de noces, il puait le vin et l’a appelée Lyanna.

     

     

     

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