ASOS 02 – Jaime I

  • Ce sujet contient 7 réponses, 6 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sandor Debout, le il y a 5 jours et 9 heures.
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    Sandor Debout
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    ASOS 02 – Jaime I
    Au fil des pages – liste des sujets

    ASOS 01, Prologue ASOS 03, Catelyn I

    Ce premier chapitre (hors prologue) d’ASOS est aussi le premier où Jaime Lannister apparait en tant que POV. J’ai organisé cette présentation en deux parties avec, tout d’abord un résumé de l’intrigue, puis une analyse des personnages.

           L’intrigue

    1.     En descendant la Ruffurque

    Dans ACOK (Catelyn VII – chapitre 56), nous avions laissé Jaime en mauvaise posture, enchaîné et soûlé par le vin et les questions de Catelyn Stark, l’épée de Brienne pointée sur sa gorge. La veuve de Ned allait-elle ordonner la mise à mort du régicide, pour venger celle de son mari et la tentative d’assassinat de son fils Bran ?

    La réponse nous est donnée dès le début de ce tome 3 : Jaime est bien vivant. Et même plus vivant que jamais. Enfin à l’air libre après de longs mois de captivité dans les geôles de Vivesaigues, il apprécie à leur juste valeur toutes les petites sensations procurées par dame nature (il en devient même presque poète lorsqu’il compare le brise aux caresses de Cersei). Mais très vite, une autre dame, « lady Brienne », le tire de sa rêverie et nous apprenons que le trio (complété par Cleos Frey) voyage en bateau, descendant la Ruffurque à destination de Port-Réal. Faisant mine de le renvoyer négocier auprès de la reine régente, lady Catelyn a donc fait sortir de nuit ser Cleos, escorté de Brienne et accompagné d’un Jaime ivre et camouflé sous un manteau (glorieuse sortie pour un des hommes les plus redouté des sept couronnes). Le but ultime de ce voyage : échanger Jaime contre Sansa et Arya.

    S’ensuit une joute verbale entre la pucelle de Torth (alias « fillette ») et Jaime (alias « régicide » ou « le monstre »). Pour ce dernier, pas de doutes, Brienne est aussi moche que balèze et plus douée pour pagayer que son « cousinet » (ser Cleos étant pour rappel le fils d’Emmon Frey et de Genna Lannister, sœur de Tywin). Malgré ses chaînes aux poignets et aux chevilles, malgré aussi les molles protestations de ser Cleos il ne se prive pas de la taquiner (on notera au passage un humour et un sens de la répartie rappelant ceux de son petite frère). Ce qui lui vaut en retour de se faire balancer ses trois crimes au visage, c’est-à-dire d’avoir été capable de:

    profaner sa propre sœur, d’assassiner son roi et de précipiter un enfant innocent dans le vide.

    ASOS 2, Jaime I

    Tout en répondant, Jaime repense à ce dernier épisode et se dévoile ainsi un peu plus aux yeux du lecteur (j’y reviendrai ci-dessous).

    Contrairement à son cousin, Jaime n’est plus très frais et demande donc à son parent de lui raser la tête et de lui tailler la barbe (autant voyager incognito). La voile a été hissée et, au fil des méandres de la rivière, apparaissent les ravages de la guerre : village abandonné, tour incendiée, paysans résignés et… des cadavres de femmes pendus à un arbre, près d’une auberge en train de se consumer. On comprend que les servantes ont eu le tort de servir des lions (les crimes de guerre ne sont manifestement pas réservés à un seul camp). Brienne insiste pour les enterrer et accoste. Mais elle a à peine le temps de couper les cordes qu’il faut réintégrer la barque car une autre voile se profile en amont. La fuite de Jaime a été remarquée et un détachement Tully s’est lancé à leur poursuite.

    1.     La poursuite et le dénouement

    Plus rapide, la galère fluviale Tully rattrape petit à petit le trio. A son bord, une vingtaine d’homme, dont des archers au grand déplaisir de Jaime. Ce dernier n’a néanmoins pas peur de la mort. Cleos un peu plus. La galère apparait et disparait au fil des tournants le long des rives escarpées de la rivière. Mais elle se rapproche et est bientôt à portée de voix. Une nouvelle joute verbale a lieu, cette fois entre Jaime et ser Robin Ryger, le vieillissant capitaine des gardes de Vivesaigues. Sur les conseils de Cleos, Jaime tente de parlementer, en vain.

    Brienne, elle, semble déterminée à mener à bien sa mission. Laissant la barre à Cleos (qui passe sa rame à Jaime), elle se jette à l’eau et commence à escalader les escarpements rocheux qui bordent la berge nord. Craignant que les poursuivant ne l’aperçoivent et ne la criblent de flèches, Jaime tente une diversion et asticote un peu les truites Tully. Il propose un duel entre lui et ser Ryger, qui ne s’en laisse pas compter. Ce brave soldat ne semble pas craindre le régicide, ni même que le ciel lui tombe sur la tête. Il aurait dû. Car soudain de gros rochers s’abattent sur la galère, fendant la voile, trouant la coque et envoyant les poursuivants à l’eau.

     Se réjouissant du spectacle, Jaime se voit déjà s’enfuir tranquillement avec Cleos, abandonnant Brienne à son sort. Mais il n’a pas le temps de se réjouir que, coupant au plus court, celle-ci se retrouve en aval de leur position, plonge et gagne le bateau à la nage. Contre toute attente Jaime l’aide à monter à bord. Brienne a gagné (un peu de) son respect. Elle a même droit à un sourire. Et c’est le début d’une étrange relation entre ces deux-là.

     

             Les personnages

     

    1.     Cleos : plus Frey que nature

    Ser Cleos est donc le petit-fils de lord Walder Frey et le neveu de Tywin Lannister (via sa sœur Genna), ce qui en fait le cousin germain de Jaime. Et comme celui-ci le constate c’est le sang Frey (mais pas le sang-froid) qui prédomine chez Cleos. Ni courageux, ni entreprenant, il se trouve un peu dans la position d’un corbeau effectuant sans cesse le trajet Port-Réal-Vivesaigues afin de porter messages et offres de paix. Ce rôle va finalement assez bien à cet homme courtois et diplomate. Il n’est par contre d’aucune utilité en cas de coup dur comme on l’a vu dans ce chapitre.

    1.     Brienne : la fillette chevaleresque

    Ephémère chevalier arc-en-ciel, Brienne aurait sans doute constitué le meilleur membre de la garde de Renly (avec son cher Loras) si celui-ci avait vécu plus longtemps. Courageuse, déterminée, fidèle à ses serments, elle dégage une impression de force (seulement ternie par les allusions de Jaime concernant sa féminité). L’exploit accompli sur la Ruffurque est peut-être l’action individuelle la plus marquante de la saga (tiens ça mériterait un sondage). Mais au-delà de ça, le grand moment de ce chapitre, c’est le début de sa relation compliquée (entre attraction, répulsion, fascination et dévouement) qui va se nouer entre elle et Jaime. On aura l’occasion d’en reparler longuement.

    1.     Jaime : le monstre ?

    Ce chapitre est donc le premier présenté sous le point de vue de Jaime Lannister. Dans les deux tomes précédents, le lecteur n’avait qu’une vision tronquée et partisane du frère de Cersei et Tyrion. Et jusque-là Jaime représentait un peu l’antagoniste parfait : arrogant, beau, compétent, impétueux et (apparemment) peu scrupuleux. Le genre de personnage qui fascine et qu’on peut facilement détester. S’il ne se dévoile pas totalement dans ce chapitre, ses pensées nous permettent déjà d’apporter une première nuance sur l’image que nous nous sommes faits de lui jusqu’à présent.

    On l’a vu, Brienne lui reproche trois crimes : l’assassinat d’Aerys II, d’avoir couché avec sa sœur et la tentative d’assassinat sur Bran. Le premier de ces forfaits a déjà été évoqué lors de sa discussion avec Catelyn (ACOK chapitre 56). Discussion lors de laquelle le portrait d’Aerys II vu par son ancien garde laisse transparaitre toute la folie du royal personnage et tempère partiellement son tranchage de gorge par Jaime. Nous aurons l’occasion, lors d’un chapitre ultérieur, de mieux comprendre les circonstances et les motivations de cet acte (qui lui a valu son surnom le plus célèbre).

    Venons-en à la « profanation » (on pourrait lancer un sujet rien que sur l’utilisation de ce mot par Brienne et tout ce que cela sous-entend) de Cersei. Personnellement je ne cautionne absolument pas cet inceste, mais on peut ici, pour la première fois (et en attendant les futurs chapitres POV de Jaime, puis ceux de Cersei), entrevoir la profondeur des liens qui unissent le frère et la sœur. Cette dernière semble occuper une grande partie des pensées de Jaime. La bise est comparée à ses caresses. Il anticipe sa réaction par rapport à son changement d’apparence. Quand Brienne l’accuse de ses multiples forfaits, il cherche à défendre Cersei, avant même de se défendre lui-même. Et surtout, il se remémore la visite royale à Winterfell et la difficulté d’être à la fois si proche et si loin d’elle.

    Jusqu’à cette étreinte dans la tour en ruine et sa découverte fatale par Bran, qui le poussera à balancer le jeune garçon dans le vide. Geste dont on apprend ici qu’il se repentira par la suite… mais surtout à cause des reproches de Cersei (tient elle semble avoir un peu plus de morale que lui sur ce coup-là). Au passage, il se demande qui a pu envoyer l’assassin sensé liquider Bran et écarte la piste de Cersei (mais alors si ce n’est aucun des enfants de Tywin, qui est le commanditaire?).

    En conclusion, Jaime bénéficie beaucoup de l’effet POV. Ses pensées et ses actes vus par ses propres yeux nous le rendent bien plus sympathique que quand il était un personnage tier. Un peu comme Tyrion, il a des gros défauts (dans son cas : arrogance, égocentrisme, impétuosité et une morale très adaptée à sa propre personne et aux circonstances), tempéré par son sens de l’humour et même de l’honneur. Et surtout, on commence à se rendre compte que le personnage est sans doute bien plus complexe qu’il n’y paraissait dans les deux premiers tomes.

    J’aurais pu ajouter un quatrième personnage : Catelyn : la mère désespérée, mais nous aurons l’occasion d’analyser son acte (la libération de Jaime) lors des prochains chapîtres qui lui seront consacrés.

    Hâte de lire vos analyses (en particulier sur la VO) !

    PS: Je n’ai pas réussi à mettre les liens en début de sujet, une âme charitable peut-elle s’en occuper svp ?

    N’hésitez pas à me dire ce que je dois changer pour la prochaine fois.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine par Sandor Debout. Raison: Mise en page
    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 jours et 7 heures par Eridan.
    #165253
    Eridan
    • Fléau des Autres
    • Posts : 4667

    Sandor : n’hésite pas à créer des sujets dérivés, quand tu le souhaites. 😉

    Venons-en à la « profanation » (on pourrait lancer un sujet rien que sur l’utilisation de ce mot par Brienne et tout ce que cela sous-entend) de Cersei.

    Dans la vo, Brienne dit : « A man who would violate his own sister, murder his king, and fling an innocent child to his death deserves no other name. » Elle utilise bien le terme violate, qui a une dimension morale ou légale et signifie aussi bafouer, transgresser ou enfreindre. Ce n’est pas comme le verbe rape qui ne recouvre que la dimension sexuelle de l’acte.

    Dans le contexte, où une fille appartient à son père et une femme à son mari, où le viol conjugal n’est pas reconnu et où l’inceste est réprouvé, où les « enfants » du roi se retrouvent en fait à n’être que des bâtards nés d’un adultère incestueux … Je comprends l’emploi du mot, par quelqu’un d’aussi vertueux et inexpérimenté que Brienne. C’est assez symptomatique de ce que les gens pensent de Jaime, avant de le connaître personnellement.

    Geste dont on apprend ici qu’il se repentira par la suite… mais surtout à cause des reproches de Cersei (tient elle semble avoir un peu plus de morale que lui sur ce coup-là).

    Un peu plus de prudence, et de goût pour la dissimulation, je dirais. ^^

    #165254
    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 8257

    Dur de me rappeler ma réaction lors de la primo-lecture mais j’imagine que c’était pas loin de « Quoi, Jaime, ce salopard ??? ». Et pourtant, comme tu dis, Jaime déjà dans ACOK est sulfureusement (^^) attrayant. OK, c’est pas un gentil mais il a du panache, de l’esprit. Il se fout des conséquences, croit en lui et en sa famille. Et surtout il assume ce qu’il fait (mais pas ce qu’il n’a pas fait) alors qu’un autre craneur comme Theon se cherche toujours des excuses pour se persuader que lui fait ce qu’il peut (que tout lui est dû) mais que le monde est méchant avec lui. Jaime à la fin d’ACOK est un sale type mais un sale type super charismatique.

    Le premier paragraphe est un choc. Sauf si GRRM nous la joue Dormeur du val, Jaime est libre. Et avec Brienne. (Une petite pensée pour toutes les personnes qui ont cogité entre les deux tomes pour deviner la décision de Catelyn). On voit le monde via les yeux du Régicide, avec son esprit moqueur, provocateur. Il pense plutôt du mal de ses compagnons de voyage, surtout Brienne qu’il découvre. Et compare d’emblée à… Cersei (hum)

    He amused himself by picturing her in one of Cersei’s silken gowns in place of her studded leather jerkin. As well dress a cow in silk as this one.

    Mais très vite, Jaime va au delà de la moquerie et se demande si elle n’a pas des talents (pas trop cachés d’ailleurs). « the cow could row », chapeau pour la formule

    But the cow could row. Beneath her roughspun brown breeches were calves like cords of wood, and the long muscles of her arms stretched and tightened with each stroke of the oars. Even after rowing half the night, she showed no signs of tiring, which was more than could be said for his cousin Ser Cleos, laboring on the other oar. A big strong peasant wench to look at her, yet she speaks like one highborn and wears longsword and dagger. Ah, but can she use them? Jaime meant to find out, as soon as he rid himself of these fetters.

    Jaime est intrigué et veut en savoir plus sur ses capacités (au combat notamment). Ca rentre dans son esprit de « jeune coq » mais… quand même, ça m’a fait marrer de le voir « accroché » si tôt (faut dire que y a pas grand monde sur la barque et que Cleos est connu et insignifiant).

    Jaime se rappelle son départ il était à peine conscient (ici par ivresse) et faible (Brienne a dû le soutenir). Il pense aussi très vite à Tyrion (le fait que Jaime apprécie et soit apprécié de gens qui se détestent est quand même un signe positif sur sa personnalité)
    Tyrion is going to laugh himself sick when he hears how I slept through my own escape.
    En revanche, ser Cleos (dont on nous rappelle le pedigree), il ne l’aime pas trop. Alors qu’il est juste prudent. C’est sûr qu’il est moins flamboyant que Jaime. Comme Tywin, quoi (cough)
    The Lannister blood runs thin in this one
    /
    Ser Cleos looked like a weasel, fought like a goose, and had the courage of an especially brave ewe.
    C’est drôle mais assez cruel également.
    On repart sur sa libération et je note l’expression « prick of the steel » qui est un peu ambigu, non ? Puis toute la scène qui je pense peut être lue et relue vu que ça parle de serment (arraché), d’honneur avec Jaime

    She had laid the point of the big wench’s sword against his heart and said, “Swear that you will never again take up arms against Stark nor Tully. Swear that you will compel your brother to honor his pledge to return my daughters safe and unharmed. Swear on your honor as a knight, on your honor as a Lannister, on your honor as a Sworn Brother of the Kingsguard. Swear it by your sister’s life, and your father’s, and your son’s, by the old gods and the new, and I’ll send you back to your sister. Refuse, and I will have your blood.” He remembered the prick of the steel through his rags as she twisted the point of the sword.

    I wonder what the High Septon would have to say about the sanctity of oaths sworn while dead drunk, chained to a wall, with a sword pressed to your chest? Not that Jaime was truly concerned about that fat fraud, or the gods he claimed to serve. He remembered the pail Lady Catelyn had kicked over in his cell. A strange woman, to trust her girls to a man with shit for honor. Though she was trusting him as little as she dared. She is putting her hope in Tyrion, not in me. “Perhaps she is not so stupid after all,” he said aloud.

    Jaime continue à asticoter ses compagnons de voyage mais il n’aime pas quand Brienne touche juste (taste your own medicine^^). Ah, le sens de l’injustice… 🙂

    “Talk with Ser Cleos then. I have no words for monsters.”

    /

    “A man who would violate his own sister, murder his king, and fling an innocent child to his death deserves no other name.”

    Innocent? The wretched boy was spying on us.

    On repart donc sur le début d’AGOT et j’ai noté cette phrase assez ambiguë sur Tyrion
    Tyrion had done his best to keep him in a good humor, but it had not been enough.
    Tyrion l’a-t-il diverti pour qu’il pense à autre chose et parce qu’il connaissait ses liens avec Cersei (je laisse les exégètes me prouver que j’ai tort)
    De retour dans la barque, Jaime s’en prend donc à son cousin car c’est plus facile ! Faut dire qu’il n’a pas l’air d’être le couteau le plus aiguisé du tiroir. Sauf s’il veut faire mal à Jaime mais je ne crois même pas

    “She’s rude as well, isn’t she, coz?” Jaime asked Ser Cleos. “Though she has steel in her spine, I’ll grant you. Not many men dare name me monster to my face.” Though behind my back they speak freely enough, I have no doubt.

    Ser Cleos coughed nervously. “Lady Brienne had those lies from Catelyn Stark, no doubt. The Starks cannot hope to defeat you with swords, ser, so now they make war with poisoned words.”

    They did defeat me with swords, you chinless cretin. Jaime smiled knowingly. Men will read all sorts of things into a knowing smile, if you let them.

    On en perçoit plus sur la relation malsaine entre Cersei et Jaime
    If truth be told, Jaime had come to rue heaving Brandon Stark out that window. Cersei had given him no end of grief afterward, when the boy refused to die.
    et puis même…
    “If he wakes we’ll say he was dreaming, we’ll call him a liar, and should worse come to worst I’ll kill Ned Stark.”

    Ah oui 😀 Toujours impétueux, le Jaime

    The War for Cersei’s Cunt, the singers will call it

    Appelez les ménestrels ^^

    Relation « un peu » malsaine, des deux côtés

    Instead he had kissed her. For a moment she resisted, but then her mouth opened under his.

    Au passage, on nous remet une couche sur « qui a tenté d’assassiner Bran ? ». On peut rayer Jaime apparemment

    Had Cersei remembered him afterward and hired this man Lady Catelyn spoke of, to make sure the boy never woke? If she wanted him dead she would have sent me. And it is not like her to chose a catspaw who would make such a royal botch of the killing.

    On a déjà eu un topic (avant notre Longue Nuit) sur les transformations capillaires et leur importance. Ici, c’est le cas avec Jaime. Bien entendu, c’est pour des raisons d’hygiène et pour ne pas être reconnaissable mais tout de même… le Jaime/régicide entame sa mue. On ajoute un point malsain. On sait que ce que Cersei aime chez Jaime, c’est leur ressemblance (et donc son propre reflet). Le « pire », c’est que Jaime en est conscient

    I don’t look as much like Cersei this way. She’ll hate that.

    On découvre ensuite que Brienne sait bien naviguer (elle a plein de talents en fait…). Elle a aussi un coeur en or en refusant de laisser des cadavres se faire manger par des corbeaux (et au fond de moi, je me dis que ça peut lui être préjudiciable).

     “I’ll leave no innocents to be food for crows.”

    Au passage, comme noté plus haut, on voit rapidement que les deux camps commettent des exactions (c’est la guerre après tout et la guerre, c’est sale)

    Jaime se nettoie en tombant dans l’eau (mue 2.0)

    The Red Fork filled his boots and soaked through the ragged breeches. Laughing, he dropped to his knees, plunged his head under the water, and came up drenched and dripping. His hands were caked with dirt, and when he rubbed them clean in the current they seemed thinner and paler than he remembered. His legs were stiff as well, and unsteady when he put his weight upon them. I was too bloody long in Hoster Tully’s dungeon.

    Les victimes ont été pendues pour avoir servi (ou plus) les Lannister. On en vient à des considérations géopolitiques sur les Bracken, Piper, Dondarrion et puis… Harrenhal et le Trident

    Jaime liked the sound of that not at all. “Brienne,” he said, granting her the courtesy of the name in the hopes that she might listen, “if Lord Bolton holds Harrenhal, both the Trident and the kingsroad are likely watched.”

    He thought he saw a touch of uncertainty in her big blue eyes. “You are under my protection. They’d need to kill me.”

    “I shouldn’t think that would trouble them.”

    “I am as good a fighter as you,” she said defensively. “I was one of King Renly’s chosen seven. With his own hands, he cloaked me with the striped silk of the Rainbow Guard.”

    “The Rainbow Guard? You and six other girls, was it? A singer once said that all maids are fair in silk . . . but he never met you, did he?”

    Et là hop, coup de bol, des poursuivants arrivent ! Ils partent précipitamment avant d’avoir pu creuser (heureusement pour eux car sans pelle, je me demande comment ils auraient fait…). Je me suis mis à penser à la situation de Catelyn à Vivesaigues car son initiative a été peu appréciée on dirait (tu m’étonnes^^)

    Jaime a une idée fixe : rester loin des cachots de Vivesaigues. Et se sait pas bien malin (enfin bon qu’à une chose : se battre)

    Once the pursuers swung around the loop they would become visible again. “We can hope the noble Tullys will stop to bury the dead whores, I suppose.” The prospect of returning to his cell did not appeal to Jaime. Tyrion could think of something clever now, but all that occurs to me is to go at them with a sword.

    Il est même prêt à mourir au combat. Ca enthousiasme moins Cleos

    Ser Cleos froze at his oars. “Eighteen, you said?”

    “Six for each of us. I’d want eight, but these bracelets hinder me somewhat.” Jaime held up his wrists. /

    His cousin groaned. “We can’t hope to defeat eighteen.”

    “Did I say we could? The best we can hope for is to die with swords in our hands.” He was perfectly sincere. Jaime Lannister had never been afraid of death.

    Arrive Robin Ryger dont j’avais oublié l’existence ^^
     “Come to wish me godspeed, Ser Robin?
    J’ai tiqué sur le mot « godspeed », je dois dire. Peut être pour rien

    Cleos à la ramasse propose de dire que ce sont les ordres de Catelyn. Mais ce n’est pas elle qui dirige à Vivesaigues donc ils n’essaient même pas (je suppose que Jaime, bravache, tente de mourir). En tout cas, Jaime continue la provocation (panache ou folie ?)

    Cast your swords into the water.”

    I have no sword,” he returned, “but if I did, I’d stick it through your belly and hack the balls off those four cravens.”

    Un oeil à Brienne qui se débrouille bien. Elle a vraiment du talent

    Brienne moved the tiller and the skiff sheared left, sail rippling. Jaime watched her eyes. Pretty eyes, he thought, and calm. He knew how to read a man’s eyes. He knew what fear looked like. She is determined, not desperate.

    Jaime continue les provocations

    I know a better way to settle this—single combat. You and I.”

    “I was not born this morning, Lannister.”

    No, but you’re like to die this afternoon.” Jaime raised his hands so the other could see the manacles. “I’ll fight you in chains. What could you fear?

    Not you, ser. If the choice were mine, I’d like nothing better, but I am commanded to bring you back alive if possible. Bowmen.”

    Et là, Brienne arrive à débloquer la situation toute seule en sortant de la barque et en faisant tomber des rochers sur les poursuivants. Eh ben…
    By the time they emerged from the cutoff, the galley was foundering amongst pools, eddies, and snags, and Jaime Lannister had decided that the gods were good.

    godspeed ?

    Jaime est tout content, il s’est débarrassé de ses poursuivants et de Brienne. Il va donc pouvoir être libre (a priori Cleos n’est pas un souci). Sauf que Brienne réapparait après avoir pris un raccourci. Et malgré lui, Jaime l’aide à remonter dans la barque. (là aussi on peut beaucoup penser à ce « malgré lui »)

    She threw herself off the rock, and looked almost graceful as she folded into a dive. It would have been ungracious to hope that she would smash her head on a stone. Ser Cleos turned the skiff toward her. Thankfully, Jaime still had his oar. One good swing when she comes paddling up and I’ll be free of her.

    Instead he found himself stretching the oar out over the water.

    Pour tenter de garder son aura, Jaime la provoque encore un peu. Mais ça passe à côté de Brienne. Butée, elle a un objectif et va s’y tenir, point barre !

    “You’re a bloody stupid wench,” he told her. “We could have sailed on without you. I suppose you expect me to thank you?”

    “I want none of your thanks, Kingslayer. I swore an oath to bring you safe to King’s Landing.”

    “And you actually mean to keep it?” Jaime gave her his brightest smile. “Now there’s a wonder.”

    Au final, Jaime est toujours un personnage qui fait plaisir à lire. Il n’est pas gentil, mais on sait depuis le début qu’il ne veut rien (à part être peinard) qu’il n’est pas ambitieux ni calculateur. Et sa verve est très plaisante. Mais celle que j’ai redécouverte en lisant, c’est Brienne. Elle développe énormément de talent, de « bonne âme » et sait se montrer débrouillarde et décisive.

    C’est pas The African Queen mais pas loin 😀

     

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
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    #165261
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
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    Merci Sandor pour ton analyse et ce d’autant plus que je n’avais conservé aucun souvenir de ce chapitre. Je ne me rappelais que les images de la série.

    Aussi, c’est avec un regard (presque) neuf que j’ai relu le chapitre, surprise par la tonalité très bucolique que prend l’évocation du Conflans par Jaime :

    Aussi câline et parfumée que les doigts de Cersei, une brise d’est taquinait ses cheveux hirsutes.
    Il entendait chanter des oiseaux, et il sentait la rivière courir sous la coque tandis que la faux des rames les emportait vers le rose pâlot de l’aube.

    On s’explique facilement le lyrisme de Jaime : après les geôles de Vivesaigues, n’importe coin à l’air libre aurait un aspect riant. Comme lectrice, j’avais surtout en tête les images d’un Conflans labyrinthique, trempé, glauque, gluant et mortifère.
    Mais la mort justement n’est jamais loin et nos trois personnages ne s’adonnent pas aux plaisirs d’une croisière fluviale : on rencontre un cadavre Lannister et une grappe de pendues :

    Jaime distingua […]un chêne en vie grouillant de femmes mortes.
    « Voilà qui n’est pas chevaleresque, dit Brienne […]. Aucun chevalier authentique ne perpétrerait massacre si gratuit.
    – Les chevaliers authentiques voient pire, chaque fois que la guerre les met en selle, fillette, répliqua Jaime. Et font pire, oui. »

    Jaime a pour Brienne des accents de Sandor Clegane : Brienne qui, comme Sansa, idéalise les chevaliers et confond un rang : chevalier et sa qualité supposée : chevaleresque. (à noter que la traduction française valorise l’opposition des termes par la présence d’un même radical -cheval qui n’apparaît pas en V.O ; chivalrously/ knight).

    Elles couchaient avec des lions, s’y lisait-il. « Oh, oui, femme, voilà qui n’est pas des plus chevaleresque…, mais c’est votre bord, pas le mien, qui l’a perpétré. […] Elles ont dû faire jouir des soldats du seigneur mon père. Leur servir peut-être à boire et à manger. Et voilà comment elles se sont valu le collier des traîtres, avec une chope de bière et un bécot.

    Depuis le début de la saga, pour le lecteur, nordiens et riverains appartiennent au camp du bien et du juste. Les exactions étaient toujours commises par le camp Lannister, et c’est par le point de vue de Jaime, qu’on s’aperçoit que les petites gens des Sept Couronnes ont à souffrir de la soldatesque, quelle que soit la bannière.

    Nous sommes en fief Bracken. Lord Jonos a pu donner l’ordre de les tuer. Mon père a brûlé son château, je crains qu’il ne nous aime pas.
    – Ça pourrait être l’œuvre de Marq Piper, suggéra ser Cleos. Ou de ce farfadet de Béric Dondarrion, quoiqu’il ne tue que les soldats, j’ai entendu dire. D’une bande de Roose Bolton, le cas échéant ?

    Tiens, tiens, une bande de Roose Bolton…Cleos a le nez creux pour l’avenir proche…aïe, aïe, aïe !

    Bien sûr, on pourrait souligner que ces lignes relèvent d’un truisme, genre « la pluie, ça mouille et la guerre, ça tue », mais elles s’inscrivent dans une thématique féconde de la saga : le réel est gris et ainsi, se met à résonner la petite musique entêtante et dérangeante d’ASOIAF que la frontière entre le bien et le mal est indécise, brouillée.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine par Ysilla.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #165266
    Pandémie
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2386

    On repart donc sur le début d’AGOT et j’ai noté cette phrase assez ambiguë sur Tyrion Tyrion had done his best to keep him in a good humor, but it had not been enough. Tyrion l’a-t-il diverti pour qu’il pense à autre chose et parce qu’il connaissait ses liens avec Cersei (je laisse les exégètes me prouver que j’ai tort)

    Tyrion sait, mais pense que son père ne sait pas. On a un passage dans le même tome quand il est question de remarier Cersei. Tyrion sait que Jaime pourrait tuer un nouveau mari de Cersei et pense qu’il ne peut pas vraiment dire à son père que c’est son frère qu’elle veut marier:

    Yet in the end she will do as Father bid. She had proved that with Robert. Though there is Jaime to consider. Their brother had been much younger when Cersei wed the first time; he might not acquiesce to a second marriage quite so easily. The unfortunate Willas Tyrell was like to contract a sudden fatal case of sword-through-bowels, which could rather sour the alliance between Highgarden and Casterly Rock. I should say something, but what? Pardon me, Father, but it’s our brother she wants to marry?The unfortunate Willas Tyrell was like to contract a sudden fatal case of sword-through-bowels, which could rather sour the alliance between Highgarden and Casterly Rock. I should say something, but what? Pardon me, Father, but it’s our brother she wants to marry?

    Est-ce que l’inverse est aussi le cas et est-ce que Tyrion l’a bien diverti pour ça ou juste parce qu’il aime s’amuser avec son frère… On ne saura sans doute jamais.

    #165267
    DJC
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 175

    Merci pour les analyses 🙂

    Pour ma part, j’ai été marqué à la relecture par l’emploi très fréquent du terme « wench » par Jaime pour s’adresser à Brienne, dont la traduc va bien au delà de « jeune fille »

    https://fr.wiktionary.org/wiki/wench

    et je ne me rappelais plus du tout cette aventure fluviale ! « aventure » Jaime/Brienne aussi hihi 

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine par R.Graymarch.
    #165269
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1645

    la traduc va bien au delà de « jeune fille »

    C’est vrai qu’en français le terme fillette a une connotation trop positive par rapport  à tous les sens de wench, difficiles à rendre.

    Peut-être « la donzelle » eût mieux convenu : le terme est aussi vieilli que wench et signifie aussi bien jeune fille que femme à la cuisse légère, comme wench.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #165301
    Sandor Debout
    • Frère Juré
    • Posts : 99

    Encore une fois c’est super intéressant de lire vos analyses et commentaires, en particulier sur la comparaison VO-VF. 🙂

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