ASOS 74 – Jon X

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    Ysilla
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    ASOS 74 – Jon X
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    Tout d’abord, je souhaite une bonne année à toutes mes sœurs et à tous mes frères de la Garde de Nuit. Je suis très heureuse de vous retrouver pour partager mes impressions de lecture sur ce chapitre 74 d’ASOS.

    Dans le chapitre 70, nous avons laissé Jon en très mauvaise posture, menacé de pendaison, en passe d’être jeté dans une cellule de glace, sur ordre de Janos Slynt :

    Ton père a péri par l’épée, mais il était de haute naissance, Main du roi. Pour toi, un nœud suffira. Ser Alliser, emmenez-moi ce tourne-casaque dans une cellule de glace.

    Quatre chapitres plus tard, pendu, il l’est pour de bon, ou pour mieux dire, suspendu au-dessus du vide, dans la cage qui descend les plus de deux cents mètres du Mur, du mauvais côté, le côté nord, le côté sauvageon.

    Ce chapitre s’amorce donc sur une structure habituelle d’ASOIAF : un commencement in medias res qui, pour le lecteur, ménage un effet de surprise intrigant, qui renouvelle l’intérêt pour la trajectoire de Jon Snow, suivi d’un retour en arrière explicatif, pour se poursuivre de manière chronologique jusqu’à la scène finale.

    Soit : Jon dans la cage ; comment se fait-il qu’il se retrouve à rejoindre le camp sauvageon ?  l’accueil de Tormund ; l’arrivée au camp sauvageon ; sous la tente avec Mance ; l’arrivée des troupes de Stannis.

    Quatre jours se sont écoulés depuis que Jon a été incarcéré dans une cellule de glace dans l’attente de son exécution, quatre jours pendant lesquels mestre Aemon s’est démené pour tenter de faire reconnaître l’innocence de Jon et Mance Rayder a demandé des pourparlers avec la Garde de Nuit.

    L’initiative inattendue de Mance Rayder donne à Alliser Thorne et Janos Slynt l’occasion de se débarrasser de Jon Snow, sans en passer par une pendaison contestée : il doit, sous couvert de tractations, approcher Mance Rayder pour l’exécuter. Isolé au milieu de milliers de sauvageons, il est improbable que Jon Snow s’en sorte sain et sauf, dût-il réussir sa mission.

    Mais rien, absolument rien, ne va se passer comme prévu et le chapitre commencé par la figure solitaire et désespérée de Jon qui marche vers la mort, s’achève en coup de théâtre dans la confusion d’une bataille et d’une déroute éclair – et d’un accouchement – qui rebattent toutes les cartes pour la Garde de Nuit.

    I’m a poor lonesome ranger…

    Après avoir perdu son honneur pour avoir prétendument déserté, voilà donc Jon prêt, à son corps défendant, à perdre de la vie pour une mission qu’il n’a pas désirée, commandée par deux hommes qu’il a toutes les bonnes raisons de détester – et encore ne sait-il pas à quel point Janos Slynt est impliqué dans la mort d’Eddard Stark.

    La figure tragique du héros sacrificiel, n’écoutant que son sens du devoir est un topos classique de la littérature : je pense au Romain Mucius Scaevola, auquel Jon emprunte d’ailleurs sa main brûlée. En fantasy, je pense au personnage de Robin Hobb : Fitz Chevalerie Loinvoyant . Mais George R. R. Martin détourne le thème : le premier sacrifice de Jon – sa désertion – a été pris pour une véritable trahison et sa deuxième mission, tuer Mance Rayder, est un acte d’infâmie : c’est en réalité une manière de le condamner à mort et de façon perverse, le conduire à se déshonorer en mentant sur le véritable objet de sa rencontre avec Mance Rayder : assassin et non pas émissaire.Bref l’obliger à assumer le destin promis aux bâtards, qu’il abhorre.

    Issus du stupre et du mensonge, au dire des bonnes gens, les bâtards n’étaient naturellement que fourbe et luxure. Jon s’était juré, jadis, de démentir cette assertion, de prouver à son seigneur père qu’il était capable, en fait de bravoure et de loyauté, de se montrer son digne fils aussi bien que Robb. Le fiasco total. Robb était devenu un roi héroïque. Alors que lui-même, à supposer que l’on se souvînt seulement de lui, passerait pour un tourne-casaque, un parjure et un assassin. Heureusement que lord Eddard n’était plus là pour le voir plier sous l’opprobre…

    Au reste, Jon a toujours répugné à l’idée de tuer Mance, même si l’éventualité s’est présentée à son esprit dès qu’il eut rejoint le camp sauvageon dans ASOS 16, Jon II :

    Je le tuerai, si je le dois. L’hypothèse ne l’enchantait pas ; outre qu’un tel meurtre n’aurait rien d’honorifique, il entraînerait sa propre mort, infailliblement.

    Donc, bis repetita…

    Par ailleurs, nous n’avons pas fini d’entendre parler du parallèle et de la rivalité que Jon entretient symboliquement avec son frère Robb, le tout sur fond de recherche d’identité. Jon lui-même compare la descente vers la base du mur à une plongée mortifère vers un puits sans fond, assimilé à la mort, qui n’est pas sans évoquer ses descentes oniriques dans les cryptes de Winterfell, associées depuis peu au destin de Robb et à l’identité de Jon.

    Tout en bas, sous ses pieds, le sol se perdait au sein de ténèbres aussi denses que si la descente s’opérait dans un puits sans fond. En somme, c’est une espèce de puits sans fond, songea-t-il, la mort, et, la besogne d’aujourd’hui finie, le noir engloutira pour jamais mon nom.

    À comparer avec le dernier rêve de cryptes, dans le chapitre 65 :

    Dans son rêve, il était de retour à Winterfell et longeait en boitant les rois de pierre alignés sur leurs trônes. […] Tu n’es pas un Stark, les entendait-il grommeler d’une grosse voix de granit gris. […] Il s’enfonçait plus avant dans les ténèbres. […] Les cryptes se faisaient de plus en plus noires. Une lumière a disparu de quelque part. « Ygrid ? murmura-t-il. Pardonne-moi. S’il te plaît.

    Comme dans le rêve des cryptes, Jon, dans notre chapitre, évoque Ygrid au cours de sa descente :

    J’aurais été mieux inspiré de rester dans la caverne avec Ygrid.

    Je n’ai pas creusé plus avant l’analyse mais je constate que Jon alterne les lieux souterrains glacés, présage de mort et les refuges accueillants associés à la chaleur et à la vie : les cryptes de ses rêves / la cellule de glace ; la caverne d’Ygrid / et de manière surprenante, la tente de Mance Rayder réchauffée par un brasero et où il a toujours sauvé sa peau. (cf. ASOS 8, Jon I, lorsqu’il rencontre Mance pour la première fois, avec une première référence explicite à Scaevola, en faisant erreur sur la personne de Mance.)

    À propos de Robb, signalons que dans l’esprit de Jon, il reste le « roi héroïque » de ses premières victoires : les nouvelles prennent énormément de temps à parvenir jusqu’au Mur. Si Jon a appris la mort de Bran et de Rickon dans le chapitre 49, il ne sait toujours rien des Noces Pourpres, pas plus qu’Alliser Thorne et Janos Slynt, qui n’auraient sûrement pas manqué de commenter la mort du « traître » Robb, lors de l’interrogatoire du chapitre 70. Jon, au cœur de la bataille, s’imagine même que le roi venu au secours de la Garde pourrait être Robb :

    Une armée. Le roi ? Jon n’y voyait pas plus clair que les sauvageons. Se pouvait-il que Robb fut revenu ?

    Jamais nous ne verrons la réaction de Jon à l’annonce de la mort de Robb, seules quelques réflexions très allusives et ambiguës de Samwell au chapitre 76, permettent au lecteur attentif d’établir le lien avec l’arrivée de Stannis, le seul à être au courant des Noces Pourpres.

    [Samwell] regarda l’enfant téter le sein de Vère et puis regarda Jon regarder. Il sourit, ça y est. D’un sourire triste, encore, mais qui, cette fois, ressemblait à un véritable sourire, vraiment. Sam en fut tout heureux. Le premier que je lui vois depuis mon retour. […] Jon souffrait de plaies beaucoup plus profondes que les cicatrices qui lui cernaient l’œil. Il pleure sa sauvageonne, et il pleure ses frères. ASOS 76, Samwell

    Je voudrais revenir aussi sur la cage dont l’usage est ici nouveau, en tout cas, jamais mentionné auparavant. En première lecture, je n’avais pas prêté attention à ce détail. Le Géant Mag est mort dans le tunnel, l’obstruant en partie et Jon a donné l’ordre dans le chapitre 65 de le bloquer entièrement pour éviter toute incursion sauvageonne :

    Il nous faut réparer tant bien que mal la porte extérieure et puis boucher cette section-ci du tunnel. Avec des gravats, de la glace, n’importe quoi. Si possible jusqu’à la deuxième porte.

    Il est donc désormais impossible de rejoindre l’Au-delà du Mur en passant dessous. Il a donc fallu, spécialement pour Jon, réaffecter la cage à la descente côté nord, tout en lui conservant la possibilité de la descente côté sud. Ça a dû exiger quelques travaux au sommet du Mur.

    Lorsque la cage s’immobilisa sur un sursaut brutal, Jon sauta à terre […]La porte se trouvait à quelques pas sur sa gauche, encore obstruée par les décombres de la tortue sous lesquels se décomposait la charogne du mammouth. Des cadavres gisaient éparpillés un peu partout, parmi des débris de barils et des flaques de poix durcie, des plaques d’herbe calcinée que l’ombre du Mur achevait de noircir. Jon n’avait pas la moindre envie de s’attarder là. Il se mit aussitôt en marche en direction du camp sauvageon.

    Ça laisse penser que l’armée de Stannis et les patrouilleurs de Fort-Levant ont dû camper quelques jours au pied du Mur, le temps que soit dégagée la porte et que Stannis et son état-major aient dû être brinqueballés dans la cage d’un côté du Mur puis de l’autre  : pas très glamour comme arrivée à Châteaunoir.

    Le nord est à l’ouest et à l’est il y a du nouveau

    Tout le chapitre évoque une ambiance très « far-west » : le fort Alamo-Châteaunoir assiégé, commandé par la figure classique du gradé pervers et imbécile, dédoublé dans les personnes de l’arrogant et cruel Alliser Thorne et l’incompétent et infatué Janos Slynt. Au milieu de la bande d’éclopés, il faut compter sur la présence du médecin du fort, rôle tenu par mestre Aemon, sage mais sans grands pouvoirs pour protéger le héros incompris, accusé de connivence avec l’ennemi, les sauvageons partageant nombre des stéréotypes attachés à la représentation des peuples amérindiens dans les films de western, que ceux-ci leur soient défavorables ou non.

    Mance Rayder réside sous une immense tente, il a à ses côtés son chaman, personnage à la fois redoutable par ses pouvoirs – c’est un zoman – et méprisable parce qu’il a une antipathie innée pour le héros qu’il a persécuté dans les chapitres précédents.

    J’ai jamais aimé cette odeur qu’il traîne.

    Varamyr est à l’image de ses bêtes, affamées, comme lui l’est de vengeance envers Jon. Plus proche donc de la bête que de l’humain. Et son aspect physique misérable semble signer sa faiblesse morale :

    Avec sa gueule grise et sa calvitie, ses épaules étriquées, le mutant Varamyr n’était qu’un souriceau d’homme à regard de loup.

    Ce que ne manque pas de souligner Tormund :

    Rentre tes griffes, sale bête. » Tormund Fléau-d’Ogres ne fit qu’un bond de sa selle à terre. « Le gars est là pour qu’on l’écoute. Tu poses une patte sur lui, et je m’aurai ce manteau de lynx que je meurs d’envie.

    Justement Tormund représente une figure assez fréquente dans les films de « western » : le compagnon de route du héros transfuge, lequel a finalement plus à voir avec sa communauté amérindienne sauvageonne de circonstance qu’avec le monde auquel il est censé être fidèle. Et pour un peu, « l’eau-de-feu » que partagent Jon Snow et Tormund ressemble fort au calumet de la paix, objet stéréotypé des westerns. Les nouvelles qu’ils se communiquent l’un à l’autre sans animosité alors que le contexte est à la guerre soulignent la fraternité entre les deux personnages. Ce que confirmera plus tard Jon à Stannis dans le chapitre 77 :

    Tormund Fléau-d’Ogres m’a paru le genre d’homme à faire un excellent ami et un exécrable ennemi, Sire.

    Même Mance Rayder ne paraît pas aussi hostile qu’attendu, comme le craignait Jon de prime abord et le court échange entre Mance et Jon, avec force paroles mémorables, pourrait tout aussi bien être placé dans les bouches d’un chef amérindien et d’un soldat ex-transfuge.

    Tu dois être la bravoure ou la stupidité même, Jon Snow, lança Mance Rayder, pour oser nous revenir sous un manteau noir.
    — Quel autre porterait un homme de la Garde de Nuit ?

    Manque plus que la Technicolor, et on est en plein western.

    La magnanimité de Mance fait le pendant à la cruauté instinctive d’Harma la Truffe, autres clichés véhiculés par le western et plus largement par tous les récits qui opposent des « sauvages » à un monde dit « civilisé » – je pense notamment au discours antique sur les Barbares Celtes ou Germains.

    Le « sauvage » est en-dehors de la civilisation par sa cruauté, sa perfidie (Harma et Varamyr), par son manque de cohésion et d’organisation (débandade prévisible des sauvageons en surnombre face aux troupes aguerries de Stannis) mais aussi, paradoxalement, il représente les « vraies » valeurs brutes mais hautement estimables que la civilisation trop sophistiquée a, soit oubliées, soit négligées : le courage, l’esprit de fraternité, la générosité, le souci d’autrui, l’absence de lucre, représentés par Mance, Della, Tormund…

    Plus prosaïquement, la mansuétude de Mance s’explique aussi par le fait que, pour que son ultimatum du Cor fonctionne, il lui faut bien un émissaire de la Garde et il se trouve que c’est Jon qu’il a sous la main et que, précisément il est la personne idoine :

    Mance fixa sur Jon un regard scrutateur. « Tu as vu le Poing des Premiers Hommes. Tu sais ce qui s’y est passé. Tu sais à quoi nous devons faire face.

    Ce que Mance ignore en revanche, c’est que les dés de la négociation ont été pipés dès le départ par Alliser Thorne et Janos Slynt. Dans les westerns, le Blanc a toujours la langue fourchue. Et bien entendu, à la fin du film, au son des trompettes, la cavalerie arrive pour renverser la situation :

    Il n’eut même pas le loisir de commencer à mûrir ce projet que lui parvint la plainte grave d’un autre cor, une plainte assourdie par les parois en peau de la tente. Mance l’entendit aussi. Il fronça les sourcils, se dirigea vers la portière. Jon lui emboîta le pas.
    Des trompettes sonnaient de toutes parts, assourdissantes et d’une dureté d’airain. Les sauvageons n’ont pas de trompettes, uniquement des cors. Ils le savaient aussi bien que lui. La panique les prit, qui redoubla leur confusion, tels se précipitant au combat, tels détalant à toutes jambes.

    Surprise totale autant pour les protagonistes de ce côté-ci du Mur qu’à Châteaunoir – je me plais à imaginer la tête du sinistre duo Thorne-Slynt et aussi pour les lecteurs :  voici Stannis déboulant pour prendre à revers le camp sauvageon.
    Or on avait laissé Davos, au chapitre 64, dépliant la demande d’aide que mestre Aemon avait envoyé aux cinq rois :

    Il lissa le document sur son genou, puis se mit à lire à la lumière de l’épée magique.

    Quel retournement de situation ! Tout le chapitre en fait fonctionne sur les renversements narratifs :
    Envoyé à une mort certaine, Jon trouve refuge sous la propre tente de Mance, ayant plus à craindre des soldats de Stannis que des sauvageons eux-mêmes. Venu porter la mort, il se retrouve à protéger la vie à naître de l’enfant de Mance.
    Les sauvageons, malgré leurs lourdes pertes menacent toujours le Mur et l’aigle d’Orell-Varamyr, comme drone de guerre, leur apporte un très net avantage.

    Et moi, je peux survoler le Mur et voir avec des yeux d’aigle.
    — Si bien que nous savons tout, dit Mance. Nous savons que vous n’étiez qu’une poignée, quand vous avez arrêté la tortue. Nous savons combien d’hommes sont arrivés de Fort Levant. Nous savons à quel point vos réserves ont fondu. Huile, poix, flèches, piques. Même que votre escalier a disparu, et que la cage ne peut monter que tant d’hommes à la fois. Nous savons. Et, désormais, vous savez, vous, que nous savons. »

    Or cet avantage est réduit à rien par ce que le lecteur devine être l’intervention de Mélisandre – sacré pouvoir magique !

    Et j’avoue que la mort de l’aigle d’Orell et la débâcle physique de Varamyr est un moment particulièrement réjouissant. (oh que c’est mal…😋), même après de nombreuses relectures. Je ne lui pardonne pas d’avoir labouré de ses serres le joli minois de Jon. De même que ne m’attriste pas le sort d’Harma la Truffe qui, par justice immanente, se retrouve à subir non seulement le sort des chiens qu’elle martyrise mais aussi celui qu’elle promettait à Jon Snow.

    Il regarda les patrouilleurs s’éparpiller devant la tête de chien sanguinolente d’Harma la Truffe.[…] À l’autre bout du champ de bataille, une colonne avait submergé Harma la Truffe. […]Mance avait disparu, la tête d’Harma s’agitait au bout d’une pique, les lignes de Tormund s’étaient disloquées.

    L’à-propos de la mort d’Harma tombe tellement juste que je parierais que ce sont des patrouilleurs revanchards de Fort-Levant qui ont fait le coup.

    À Cor perdu ?

    Une des nombreuses surprises du chapitre réside dans la révélation du fameux Cor de Joramun. C’est dans ACOK 44 que le Mimain évoque pour la première fois l’usage de la magie pour ouvrir un passage dans le Mur :

    Mance ne projette ni d’escalader le Mur, ni de le creuser par-dessous, messire, mais d’y ouvrir une brèche […] par le seul autre moyen : la magie.[…]Mance est en quête de quelque chose qui lui manque.

    Jon s’est persuadé dans ASOS 16 que l’objet magique est le Cor de l’Hiver, sur la foi d’un des surnoms de Tormund, Cor-Souffleur :

    Mance Rayder avait-il découvert le cor de Joramun et confié à Tormund Poing-la-Foudre le soin d’en sonner ?

    Curieux objet que ce cor, utilisé par Joramun pour aider les Stark à se débarrasser du Roi de la Nuit, prétend la légende, mais doté aussi de la capacité à détruire spécifiquement le Mur : ce fait est connu à la fois d’Ygrid, de Mance, de Tormund et aussi de Jon sans que jamais ne soit replacé ce point dans le contexte de la légende. En tout cas, jamais Joramun ne s’est servi du cor dans cette intention-là.

    Or, ce chapitre voit apparaître le Cor, précieux ou redoutable, selon le camp auquel on appartient. Jamais Jon n’a eu l’occasion de le découvrir et la fureur d’Ygrid, parvenue au sommet du Mur semble assez sincère pour que l’on admette qu’elle aussi en ignorait la trouvaille tout en confirmant que l’objet était bel et bien recherché par les sauvageons.

    Si je pleure, c’est parce qu’on a pas été foutus de trouver le Cor de l’Hiver, jamais. C’est parce qu’on a ouvert bien cinquante tombes et qu’on a lâché dans le monde tout ce tas d’ombres, mais que pour flanquer ce machin froid par terre, le cor de Joramun, jamais on a été foutus de le trouver ! » Ygrid dans ASOS 31, Jon IV

    À première lecture, dans le feu de l’action, j’ai marché dans la combine de Mance et cru réellement qu’il avait en sa possession l’arme de dissuasion parfaite.
    La scène fonctionne très bien : la question de Jon est pertinente :

    Si vous avez eu tout ce temps-là le cor de Joramun, pourquoi ne l’avoir pas utilisé ? Pourquoi vous être donné tout ce mal pour construire des tortues et pour envoyer les Thenns nous égorger dans notre lit ? Si ce cor a bien toutes les vertus que vantent les chansons, pourquoi n’en pas sonner, tout bonnement, et que tout soit dit ?

    Et la réponse de Della ne l’est pas moins, émouvante et ravivant l’intérêt des lecteurs pour le véritable enjeu de ASOIAF :

    Mais, le Mur une fois effondré, qu’est-ce qui arrêtera les Autres ? » objecta Della.

    Là est plantée la petite graine qui fera son chemin dans la tête de Jon Snow : loin de tuer Mance Rayder, dès ce chapitre il en recueille l’héritage :

    Retourne leur dire d’ouvrir leur porte et de nous laisser traverser. S’ils le font, je leur donnerai le Cor de l’Hiver, et le Mur tiendra jusqu’à la fin des temps. »

    Si, comme le dira plus tard Tormund dans ADWD 59, ce Cor n’était qu’un leurre, toutes les actions de Jon Snow, comme commandant de la Garde de Nuit, toutes justifiées qu’elles soient sur le plan de l’humanité, trouvent leur fondement sur un mensonge.

    Il me reste pour conclure une question sur ce fameux Cor :

    Jon Snow, comme tout frère de la Garde de nuit a toujours été persuadé que les sauvageons, malgré leur nombre ne parviendraient pas à prendre le Mur, d’où sa crainte, partagée par le Mimain, que seul un objet magique pouvait ouvrir une brèche dans la construction magique qu’est le Mur.
    D’après ce que l’on sait, l’acier valyrien est si tranchant et si solide qu’il peut couper n’importe quoi. Refugié sous la tente, débarrassé de Varamyr et de ses bêtes, pourquoi Jon n’a-t-il pas tenté de briser l’instrument en corne à coups de Grand-Griffe ? Il n’avait rien à craindre de Val occupée à assister Della.
    Ce qui vaut pour l’incapacité des sauvageons à prendre le Mur vaut aussi, d’après ce que l’on en sait, pour les Autres. Or des deux cors connus au nord, l’un va disparaître dans les flammes et l’autre, qui ne paye pas plus de mine que le Graal d’Indiana Jones, se trouve au sud du Mur, bien loin, dans le paquetage de Sam. Alors, le Cor de Joramun a-t-il jamais été capable de faire tomber le Mur ?

    Je vous laisse le soin de parachever les commentaires sur ce chapitre que j’ai découvert beaucoup plus riche que je ne m’y attendais.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 semaines et 4 jours par Ysilla.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #187077
    R.Graymarch
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    Retour à Jon avec l’arrivée du roi (que j’attendais depuis deux chapitres au moins, c’est dire si je m’en souvenais bien)

    Le temps est pourri et Jon n’a pas trop le moral car il sait qu’il part à la mort, et en plus une mort de traître

    Bastard children were born from lust and lies, men said; their nature was wanton and treacherous. Once Jon had meant to prove them wrong, to show his lord father that he could be as good and true a son as Robb. I made a botch of that. Robb had become a hero king; if Jon was remembered at all, it would be as a turncloak, an oathbreaker, and a murderer. He was glad that Lord Eddard was not alive to see his shame.

    I should have stayed in that cave with Ygritte. If there was a life beyond this one, he hoped to tell her that. She will claw my face the way the eagle did, and curse me for a coward, but I’ll tell her all the same. He flexed his sword hand, as Maester Aemon had taught him. The habit had become part of him, and he would need his fingers to be limber to have even half a chance of murdering Mance Rayder.

    Flashback et on apprend comment on l’a forcé à être un émissaire pour tuer Mance Rayder. Aemon a soutenu Jon et c’est probablement ce qui l’a sauvé de la congélation

    “That old maester says I cannot hang you,” Slynt declared. “He has written Cotter Pyke, and even had the bloody gall to show me the letter. He says you are no turncloak.”

    (…) “A blind man with a chain about his neck, who does he think he is?”

    Aemon Targaryen, Jon thought, a king’s son and a king’s brother and a king who might have been. But he said nothing.

    Jon n’a pas trop le choix dans l’acceptation de la mission (c’est beau comme du classique, le héros pris au piège par d’infâââââmes méchants)

    “If you are too craven to face this turncloak king, we can return you to your ice cell. This time without the furs, I think. Yes.”

    “No need for that, my lord,” said Ser Alliser. “Lord Snow will do as we ask. He wants to show us that he is no turncloak. He wants to prove himself a loyal man of the Night’s Watch.”

    Thorne was much the more clever of the two, Jon realized; this had his stink all over it. He was trapped. “I’ll go,” he said in a clipped, curt voice.

    Ah au fait, Mance veut parlementer mais on t’envoie le tuer.

    “Janos Slynt does not make terms with lawless savages, Lord Snow. No, he does not.”

    “We’re not sending you to talk with Mance Rayder,” Ser Alliser said. “We’re sending you to kill him.”

    Jon gamberge sur tout ça et ça ne va pas fort. Il repense à Qhorin qu’il a tué sur ordre

    The wind whistled through the bars, and Jon Snow shivered. His leg was throbbing, and his head. He was not fit to kill a kitten, yet here he was. The trap had teeth. With Maester Aemon insisting on Jon’s innocence, Lord Janos had not dared to leave him in the ice to die. This was better. “Our honor means no more than our lives, so long as the realm is safe,” Qhorin Halfhand had said in the Frostfangs. He must remember that. Whether he slew Mance or only tried and failed, the free folk would kill him. Even desertion was impossible, if he’d been so inclined; to Mance he was a proven liar and betrayer.

    Jon arrive de l’autre côté et tout n’est que mort et désolation. Oh, tiens un corbeau qui hurle son nom….

    A raven was pulling out bits of brain from the giant’s shattered skull. It looked up as he walked by. “Snow,” it screamed at him. “Snow, snow.” Then it opened its wings and flew away.

    Et, là Tormund. Scène étonnante : Tormund l’accueille presque comme un ami alors qu’ils se sont combattus. On aime bien ce redoutable géant qui se la raconte car il n’est pas animé d’arrière-pensées vengeresses ou belliqueuses.

    “Jon Snow the crow. I feared we’d seen the last o’ you.”

     (…)

    “They’ve sent me to treat with the King-beyond-the-Wall.”

    “Treat?” Tormund laughed. “Now there’s a word. Har! Mance wants to talk, that’s true enough. Can’t say he’d want to talk with you, though.”

    (…) Best come along, then. You want to ride?”

    “I can walk.”

    “You fought us hard here.” Tormund turned his garron back toward the wildling camp. “You and your brothers. I give you that. Two hundred dead, and a dozen giants. Mag himself went in that gate o’ yours and never did come out.”

    “He died on the sword of a brave man named Donal Noye.”

    “Aye? Some great lord was he, this Donal Noye? One of your shiny knights in their steel smallclothes?”

    “A blacksmith. He only had one arm.”

    “A one-armed smith slew Mag the Mighty? Har! That must o’ been a fight to see. Mance will make a song of it, see if he don’t.”

    On a vu des accueils moins chaleureux. Ils boivent à la santé de Mag et Donal, on y retrouve la glace et le feu

    The skin was full of mead, but a mead so potent that it made Jon’s eyes water and sent tendrils of fire snaking through his chest. After the ice cell and the cold ride down in the cage, the warmth was welcome.

    Tormund nous apprend que Styr devait ouvrir les portes. Puis il note que Jon boite, apprend que ça vient d’Ygrid

    “That’s a woman for you. One day she’s kissing you, the next she’s filling you with arrows.”

    “She’s dead.”

    “Aye?” Tormund gave a sad shake of the head. “A waste. If I’d been ten years younger, I’d have stolen her meself. That hair she had. Well, the hottest fires burn out quickest.” He lifted the skin of mead. “To Ygritte, kissed by fire!” He drank deep.

    “To Ygritte, kissed by fire,” Jon repeated when Tormund handed him back the skin. He drank even deeper.

    Tormund enchaine sur une de ses histoires, maintenant avec sa fille Munda. Jon rigole, est soulagé mais au fond de lui, il se rappelle ce pour quoi il est venu

    Jon had to laugh. Even now, even here. Ygritte had been fond of Longspear Ryk. He hoped he found some joy with Tormund’s Munda. Someone needed to find some joy somewhere.

    “You know nothing, Jon Snow,” Ygritte would have told him. I know that I am going to die, he thought. I know that much, at least. “All men die,” he could almost hear her say, “and women too, and every beast that flies or swims or runs. It’s not the when o’ dying that matters, it’s the how of it, Jon Snow.” Easy for you to say, he thought back. You died brave in battle, storming the castle of a foe. I’m going to die a turncloak and a killer. Nor would his death be quick, unless it came on the end of Mance’s sword.

    Jon s’avance dans le camp et tombe sur Harma et Varamyr. Tormund le défend (il en a de la chance, Jon !)

    When they saw who the Watch had sent, Harma turned her head and spat, and one of Varamyr’s wolves bared its teeth and growled. “You must be very brave or very stupid, Jon Snow,” Mance Rayder said, “to come back to us wearing a black cloak.”

    “What else would a man of the Night’s Watch wear?”

    “Kill him,” urged Harma. “Send his body back up in that cage o’ theirs and tell them to send us someone else. I’ll keep his head for my standard. A turncloak’s worse than a dog.”

    “I warned you he was false.” Varamyr’s tone was mild, but his shadow-cat was staring at Jon hungrily through slitted grey eyes. “I never did like the smell o’ him.”

    “Pull in your claws, beastling.” Tormund Giantsbane swung down off his horse. “The lad’s here to hear. You lay a paw on him, might be I’ll take me that shadowskin cloak I been wanting.”

    “Tormund Crowlover,” Harma sneered. “You are a great sack o’ wind, old man.”

    Jon apprend plus sur leur niveau d’information

    “Once a horse is broken to the saddle, any man can mount him,” he said in a soft voice. “Once a beast’s been joined to a man, any skinchanger can slip inside and ride him. Orell was withering inside his feathers, so I took the eagle for my own. But the joining works both ways, warg. Orell lives inside me now, whispering how much he hates you. And I can soar above the Wall, and see with eagle eyes.”

    “So we know,” said Mance. “We know how few you were, when you stopped the turtle. We know how many came from Eastwatch. We know how your supplies have dwindled. Pitch, oil, arrows, spears. Even your stair is gone, and that cage can only lift so many. We know. And now you know we know.” He opened the flap of the tent. “Come inside. The rest of you, wait here.”

    Sauf que Mance ne sait pas que Stannis a débarqué….

    Dans la tente (où comme par hasard, l’accouchement est tout proche), Jon mentionne Jarl à Val. Drôles de condoléances tout de même. Et quelle description

    Val, Jon remembered. “I was sorry when Jarl fell,” he told her.

    Val looked at him with pale grey eyes. “He always climbed too fast.” She was as fair as he’d remembered, slender, full-breasted, graceful even at rest, with high sharp cheekbones and a thick braid of honey-colored hair that fell to her waist.

    Jon n’aimait pas sa mission mais tuer Mance devant (avec ?) sa femme enceinte, sa belle-soeur et peut-être un enfant, ça l’enchante encore moins. Mance n’est pas en armure mais dans la tente il y a des armes et un… cor

    At first he thought the bands around it were bronze, but when he moved closer he realized they were gold. Old gold, more brown than yellow, and graven with runes.

    “Ygritte said you never found the horn.”

    “Did you think only crows could lie? I liked you well enough, for a bastard . . . but I never trusted you. A man needs to earn my trust.”

    Et là, Mance nous prouve encore qu’il est un grand (et Della aussi). Et que sa motivation n’est pas de tuer des corbeaux pour le plaisir

    “If you’ve had the Horn of Joramun all along, why haven’t you used it? Why bother building turtles and sending Thenns to kill us in our beds? If this horn is all the songs say, why not just sound it and be done?”

    It was Dalla who answered him, Dalla great with child, lying on her pile of furs beside the brazier. “We free folk know things you kneelers have forgotten. Sometimes the short road is not the safest, Jon Snow. The Horned Lord once said that sorcery is a sword without a hilt. There is no safe way to grasp it.”

    Mance ran a hand along the curve of the great horn. “No man goes hunting with only one arrow in his quiver,” he said. “I had hoped that Styr and Jarl would take your brothers unawares, and open the gate for us. I drew your garrison away with feints and raids and secondary attacks. Bowen Marsh swallowed that lure as I knew he would, but your band of cripples and orphans proved to be more stubborn than anticipated. Don’t think you’ve stopped us, though. The truth is, you are too few and we are too many. I could continue the attack here and still send ten thousand men to cross the Bay of Seals on rafts and take Eastwatch from the rear. I could storm the Shadow Tower too, I know the approaches as well as any man alive. I could send men and mammoths to dig out the gates at the castles you’ve abandoned, all of them at once.”

    “Why don’t you, then?” Jon could have drawn Longclaw then, but he wanted to hear what the wildling had to say.

    “Blood,” said Mance Rayder. “I’d win in the end, yes, but you’d bleed me, and my people have bled enough.”

    “Your losses haven’t been that heavy.”

    “Not at your hands.” Mance studied Jon’s face. “You saw the Fist of the First Men. You know what happened there. You know what we are facing.”

    “The Others . . .”

    “They grow stronger as the days grow shorter and the nights colder. First they kill you, then they send your dead against you. The giants have not been able to stand against them, nor the Thenns, the ice river clans, the Hornfoots.”

    “Nor you?”

    “Nor me.” There was anger in that admission, and bitterness too deep for words. “Raymun Redbeard, Bael the Bard, Gendel and Gorne, the Horned Lord, they all came south to conquer, but I’ve come with my tail between my legs to hide behind your Wall.” He touched the horn again. “If I sound the Horn of Winter, the Wall will fall. Or so the songs would have me believe. There are those among my people who want nothing more . . .”

    “But once the Wall is fallen,” Dalla said, “what will stop the Others?

    Mance gave her a fond smile. “It’s a wise woman I’ve found. A true queen.”

    Sauf au cas tordu où Mance et Della mentiraient, ça change un peu la donne. Ils vont au sud car ils fuient, et n’ont aucun intérêt à faire s’effondrer le Mur qui peut les protéger. Mais Jon raisonne encore en agenouillé

    He turned back to Jon. “Go back and tell them to open their gate and let us pass. If they do, I will give them the horn, and the Wall will stand until the end of days.”

    Open the gate and let them pass. Easy to say, but what must follow? Giants camping in the ruins of Winterfell? Cannibals in the wolfswood, chariots sweeping across the barrowlands, free folk stealing the daughters of shipwrights and silversmiths from White Harbor and fishwives off the Stony Shore? “Are you a true king?” Jon asked suddenly.

    “I’ve never had a crown on my head or sat my arse on a bloody throne, if that’s what you’re asking,” Mance replied. “My birth is as low as a man’s can get, no septon’s ever smeared my head with oils, I don’t own any castles, and my queen wears furs and amber, not silk and sapphires. I am my own champion, my own fool, and my own harpist. You don’t become King-beyond-the-Wall because your father was. The free folk won’t follow a name, and they don’t care which brother was born first. They follow fighters. When I left the Shadow Tower there were five men making noises about how they might be the stuff of kings. Tormund was one, the Magnar another. The other three I slew, when they made it plain they’d sooner fight than follow.”

    “You can kill your enemies,” Jon said bluntly, “but can you rule your friends? If we let your people pass, are you strong enough to make them keep the king’s peace and obey the laws?”

    “Whose laws? The laws of Winterfell and King’s Landing?” Mance laughed. “When we want laws we’ll make our own. You can keep your king’s justice too, and your king’s taxes. I’m offering you the horn, not our freedom. We will not kneel to you.”

    “What if we refuse the offer?” Jon had no doubt that they would. The Old Bear might at least have listened, though he would have balked at the notion of letting thirty or forty thousand wildlings loose on the Seven Kingdoms. But Alliser Thorne and Janos Slynt would dismiss the notion out of hand.

    “If you refuse,” Mance Rayder said, “Tormund Giantsbane will sound the Horn of Winter three days hence, at dawn.”

    Et là, Jon est sauvé par le gong cor. Mais pas celui qui est dans la tente de Mance (qui serait celui de Joramun ?), un autre. Et ça arrange bien Jon de ne pas avoir à décider. Car en effet revenir porter le message au Mur ne servirait à rien (juste à se faire tuer). Du coup, il devrait tuer Mance (ou pulvériser le cor) maintenant. Mais il doute (à raison)

    He could carry the message back to Castle Black and tell them of the horn, but if he left Mance still alive Lord Janos and Ser Alliser would seize on that as proof that he was a turncloak. A thousand thoughts flickered through Jon’s head. If I can destroy the horn, smash it here and now . . . but before he could begin to think that through, he heard the low moan of some other horn, made faint by the tent’s hide walls. Mance heard it too.

    On pense que ce sont les Autres mais non car ça vient de l’est, et en plus il y a du soleil dans le ciel. Avec réticence, Mance va préparer à combattre et se demande si c’est bien un coup fourré

    “Crows.” Mance made the word a curse. He turned on Jon. “Did my old brothers think they’d catch me with my breeches down if they attacked while we were talking?”

    “If they planned an attack they never told me about it.” Jon did not believe it. Lord Janos lacked the men to attack the wildling camp. Besides, he was on the wrong side of the Wall, and the gate was sealed with rubble. He had a different sort of treachery in mind, this can’t be his work.

    “If you’re lying to me again, you won’t be leaving here alive,” Mance warned.

    /

    “You knew nothing of this, did you?” he said to Jon, coldly.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #187117
    DJC
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 330

    Ce chapitre fonctionne très bien, pour toutes les raisons déjà brillamment indiquées 🙂 le traître qui part à la mort, l’ambiance western, l’arrivée de la cavalerie.. ravi de le relire !

    A la relecture, j’ai quand-même quelques interrogations (sans réponse) :

    • pourquoi Mance initie t’il des pourparlers, s’il a vu via Varamyr le faible état de la garde ? juste à cause du tunnel bouché ?
    • pourquoi les « morts de la tortue » n’ont-ils pas été brûlés ?
    • pourquoi Stannis arrive de ce côté du mur ? (a t’il été informé de la présence sauvageonne par des gens à Fort Levant ?)
    • Stannis n’a t’il pas prévenu Chateaunoir de son arrivée en aide via corbeau ? A réception du message ou bien plus tard ? You knew nothing of this, Jon Snow hihi
    • Pourquoi Jon ne détruit-il pas le cor, en effet
    #187119
    Eridan
    • Vervoyant
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    Stannis n’a t’il pas prévenu Chateaunoir de son arrivée en aide via corbeau ? A réception du message ou bien plus tard ? You knew nothing of this, Jon Snow hihi

    Et gâcher le twist ? ^^

    Sur ce point spécifique, j’ai peut-être une explication. Informer Châteaunoir de son arrivée n’est pas forcément nécessaire … Déjà, parce que Stannis ne connait pas la situation exacte à Châteaunoir au moment où il arrivera : si les sauvageons sont déjà passés, avertir n’est pas une bonne idée. Même si les sauvageons ne savent pas lire (peut-être que Mance si ^^), un prisonnier GdN pourrait toujours rapporter l’arrivée de Stannis et le peuple libre lui organiserait un comité d’accueil. S’ils ne sont pas passés en revanche, l’arrivée de Stannis (de ce côté du Mur) est décisive et lui permet de remporter une vraie victoire. Et bon, la Garde sera sûrement plus docile avec la personne qui vient tout juste de la sauver, plutôt qu’avec le mec qui arrive avec des hommes et des promesses, mais sans aucune victoire à faire valoir ^^

    Autre argument pour ne pas prévenir à l’avance : Châteaunoir est tenu en titre par Janos Slynt, qui est plus copain avec les Lannister qu’avec Stannis. Et sans le prendre en considération, il y a toujours moyen que les dirigeants de Châteaunoir ne soit pas des fans de Stannis. Quel accueil vont-ils lui réserver ? Vont-ils enfreindre leur serment de neutralité et prévenir les Lannister de la présence de Stannis au Nord ? Stannis a trouvé une solution pour continuer à exister, et le plus longtemps ses ennemis ignorent où il se trouve vraiment, mieux c’est pour lui.

    Enfin, il me semble qu’il faut considérer la « mentalité Baratheon » ^^ Stannis et Renly (et leurs partisans) sont fortement marqués par l’exemple de Robert pendant la rébellion : un va-t-en-guerre, courant de bataille en bataille à marche forcée, toujours en avance à la bataille, se ruant au cœur des combats … Pour faire honneur au souvenir de Robert, les Baratheon ont tendance à se précipiter à la bataille (Renly à Accalmie, Stannis à Port-Réal). Et des fois, comme ici, ça paye. Des fois moins. ^^

    #187129
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
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    [edit] J’ai rédigé avant d’avoir lu le message d’Eridan😉

    pourquoi Mance initie t’il des pourparlers, s’il a vu via Varamyr le faible état de la garde ? juste à cause du tunnel bouché ?

    Je pense que, même si la situation des assiégés n’est pas brillante, principalement par manque d’effectifs frais, le mur n’est pas près de tomber, quoi qu’en dise Mance Rayder, et les troupes sauvageonnes sont sous la menace permanente des Autres, dont Mance ne peut évaluer l’avance dans la Forêt Hantée – L’aigle d’Orell n’a d’utilité qu’en terrain découvert.

    Je finirais fatalement par l’emporter, ça oui, mais vous me saigneriez d’abord, et mon peuple a suffisamment saigné.
    — Vos pertes n’ont pas été lourdes à ce point…
    — Sous vos coups à vous, non. » […]
    Les géants n’ont pas été capables de leur tenir tête, non plus que les Thenns ni les clans du fleuve glacé ni les Pieds Cornés.

    — Ni vous ?
    — Ni moi. » […] moi, c’est la queue entre les jambes que je viens me réfugier derrière votre Mur. 

    Cette urgence se confirmera plus tard ainsi que le raconte Tormund dans ADWD 59 :

     Elles sont jamais sorties en force, si c’est c’ que tu veux dire, mais elles nous accompagnaient tout de même, en nous grignotant sur les bords. J’aime pas penser au nombre d’avant-coureurs qu’on a perdus ; rester à la traîne ou s’écarter du groupe, c’était un coup à y laisser la vie. À chaque tombée de la nuit, on encerclait nos campements de feux. Elles n’aiment pas trop le feu, sur ce point y a pas de doute. Mais avec l’arrivée des neiges… Certaines nuits, nos feux avaient l’air de se ratatiner et de crever. Les nuits comme ça, on trouvait toujours des morts, au matin. À moins qu’y te trouvent les premiers.

    Stannis n’a t’il pas prévenu Châteaunoir de son arrivée en aide via corbeau ?

    Thorne et Slynt ne semblent pas au courant de l’arrivée de Stannis à Fort-Levant, ni de son départ pour Châteaunoir : il est donc parvenu à Fort-Levant tout récemment…mettons le jour où les deux sinistres parviennent à Châteaunoir: ça laisse cinq jours (jour 1 : interrogatoire de Jon + quatre jours en cellule) pour que Stannis arrive, sachant que Fort-Levant se situe à plus ou moins 200 km de Châteaunoir, au doigt mouillé ? À marche forcée, c’est jouable ?

    Pourquoi pas de corbeau messager ? Effectivement la question se pose : Stannis veut soigner sa com et arriver tadaaam, comme le sauveur ? L’aigle d’Orell a tué le corbeau ?

    Plus sérieusement, Fort-Levant a jugé inutile de prévenir Châteaunoir car ça n’avait aucun effet sur le siège et puis bon, bien pratique cette absence de message car sinon cela rendait caduque la mission de Jon…😂 qui se retrouvait pendu, vite fait, bien fait ?

    pourquoi Stannis arrive de ce côté du mur ?

    Mance a l’aigle d’Orell mais Stannis a Mélisandre : c’est elle, je pense, qui voit les sauvageons et envoie l’armée de Stannis du bon côté pour mettre en déroute les sauvageons. Parce que , narrativement, l’arrivée côté Châteaunoir aurait été problématique car le siège se serait prolongé tant que la porte n’aurait pas été débloquée et encore, même débloqué, le tunnel ne semble pouvoir livrer passage qu’à quelques hommes de front. Pas très efficace de faire déferler une armée au « compte-goutte » !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 2 jours par Ysilla.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #187144
    DJC
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 330

    Merci beaucoup pour vos compléments ! 🙂

    Les suppositions sont intéressantes, même si tout ne me convainc pas, je pense toujours qu’il y a des petits raccourcis utiles à la narration hihi (et en effet, la lose si Stannis arrive à Chateaunoir du mauvais côté du Mur.. quoique si les Sauvageons avaient réussi l’attaque et avaient pris possession des lieux, arriver par le sud aurait été intéressant !).

    Et j’avais loupé l’explication de l’urgence pour Mance due aux Autres, merci !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 2 jours par R.Graymarch.
    #187146
    Obsidienne
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 914

    Merci pour vos commentaires !
    J’aime bien le parallèle avec les westerns !
    Le passage en force ayant échoué, on dirait bien que Jon arrive à point nommé pour parlementer avec un Mance qui, de toute façon, se trouve acculé à la négociation entre l’arrivée potentielle des Autres et un Mur infranchissable rapidement avec sa porte bloquée ou sans pertes inacceptables pour lui s’il attaque de nouveau.

    Le coup de la construction quasi miraculeuse d’une nouvelle cage côté nord qui aurait dû se faire sous les flèches des sauvageons, j’avoue que j’ai du mal.

    De même, pour l’arrivée de Stannis du « bon » côté ; j’ai zappé un truc ou ça n’est jamais expliqué ? Attribuons ce mérite à Mélisandre ..!

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 2 jours par R.Graymarch.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #187162
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
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    Le coup de la construction quasi miraculeuse d’une nouvelle cage côté nord qui aurait dû se faire sous les flèches des sauvageons, j’avoue que j’ai du mal.

    Je ne pense pas qu’il ait fallu construire une nouvelle cage (cela demanderait trop de matériel, trop de temps à fabriquer, à transporter dans la première cage et à monter et installer sur le Mur).

    Mance qui, grâce à l’aigle d’Orell, a un œil sur tout ce qui se passe au Mur ne mentionne pas le montage et l’installation d’une cage.

    Si bien que nous savons tout, dit Mance. Nous savons que vous n’étiez qu’une poignée, quand vous avez arrêté la tortue. Nous savons combien d’hommes sont arrivés de Fort Levant. Nous savons à quel point vos réserves ont fondu. Huile, poix, flèches, piques. Même que votre escalier a disparu, et que la cage ne peut monter que tant d’hommes à la fois.

    Il mentionne l’arrivée du groupe de Thorne et Slynt et ne parle jamais que de la cage.

    Le plus simple est d’imaginer, dès l’origine, la construction au sommet du Mur d’une espèce de tour supportant une ou des poutre(s) avec palans, poulies et chaînes, conçue pour descendre et monter la cage de l’un ou l’autre côté de Mur – le côté sud étant bien sûr presque exclusivement utilisé.

    AGOT 22, Tyrion III donne une description de l’arrivée de la cage – en bois – au sommet du Mur :

    Non sans couinements et grognements ligneux, la cage glissa de côté, et Tyrion vit le Mur sous elle. Mais il attendit qu’elle eût cessé d’osciller pour en ouvrir la porte et sauter sur la glace. Une épaisse silhouette noire était inclinée sur le treuil, une autre maintenait la cage de sa main gantée.[…]Sous la grande grue se trouvait une hutte en bois dans laquelle Tyrion entrevit, lorsque les autres s’y réfugièrent précipitamment, le rougeoiement d’un brasero.

    On constate que la cage ne parvient pas au ras du Mur mais qu’en arrivant elle se déplace sur le Mur en oscillant quelques bonnes dizaines de centimètres au-dessus, si bien que pour descendre, il faut sauter sur la glace, pendant qu’un frère stabilise la cage.

    D’après la description, la cage semble arriver parallèlement à la structure (la grue est occupée en son centre par une hutte) qui porte le palan, les poulies et les chaînes côté sud. Il faut sans doute imaginer du côté nord de la grue, un deuxième système de palan et de poulies et de chaînes. Pour descendre la cage côté nord, on décroche les chaînes sud pour y accrocher les chaînes nord et zou, en avant pour une descente de Jon côté sauvageons. À moins que tout simplement le système de treuillage ne coulisse sur la grue pour permettre à la cage de glisser et de descendre de l’autre côté.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #187163
    Obsidienne
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Excellent, Ysilla ! Tu m’as convaincue (bon, ça aurait pu être dit dans le texte…) .

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 2 jours par R.Graymarch.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
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    #187179
    Liloo75
    • Fléau des Autres
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    Merci Ysilla pour cette belle analyse du chapitre de Jon.

    J’ai bien aimé ta comparaison avec le western. Jon interprétant le cowboy solitaire, Mance le chef indien rempli de sagesse et Stannis arrive à la fin avec sa cavalerie.

    Même les « méchants » pourraient jouer dans un film. J’imagine bien Alliser Thorne et Janos Slynt dans le rôle des gradés de l’armée qui ne comprennent pas les vrais enjeux de la guerre et qui prennent plaisir à malmener un des leurs qui fait preuve d’ouverture d’esprit vis à vis des sauvages.

    J’avais oublié l’accueil chaleureux que Tormund réserve à Jon. Il ne paraît pas lui avoir gardé rancune depuis qu’il a filé vers Châteaunoir, laissant les sauvageons en plan. Ils trinquent même en mémoire d’Ygrid, de Noye et de Mag.

    Mance est également surprenant, il est bienveillant envers Jon. Certes, c’est lui qui a réclamé un émissaire pour discuter, mais il pourrait prendre ombrage de l’arrivée de Jon. D’autant plus qu’il a mené la vie dure aux sauvageons depuis qu’il défend le Mur. Et grâce à l’aigle d’Orell, Mance doit connaître le rôle de Jon.

    En réalité, Mance cherche à fuir les Autres. C’est pour cela qu’il a attaqué Châteaunoir, il veut pouvoir passer au sud avec son peuple. Il n’est pas venu juste pour en découdre avec la Garde.

    Il ignore qu’un jour prochain son peuple pourra passer et s’installer de l’autre côté du Mur. Son but aura été atteint. Pas de la manière dont il l’imaginait, mais les siens seront à l’abri.

    Je ne sais plus si j’avais compris, en première lecture, que le cor que Mance détient n’est qu’un leurre.

    Je crois que j’avais été subjuguée surtout par l’arrivée des armées de Stannis. Ha ! Quelle charge. Exactement comme dans le rêve d’un des frères de la Garde de Nuit.

    Je dois avouer que comme Ysilla, j’ai applaudi lorsque l’aigle dirigé par Varamyr a pris feu en vol, et que ce dernier s’est effondré. On remercie Mélisandre 😉

    Au sujet de la cage, je n’avais pas bien compris son fonctionnement. Merci pour toutes les explications.

    Et vivement la suite, que l’on assiste à l’installation de Stannis, le roi mal aimé. Mais, entre nous, heureusement qu’il est là, et que sa Main est un homme intelligent, parce que personne d’autre n’est venu au secours de la Garde de Nuit.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 1 jour par Liloo75.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #187182
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1809

    Au sujet de la cage, je n’avais pas bien compris son fonctionnement. Merci pour toutes les explications.

    Mes explications ne sont que des hypothèses dont j’ignore si elle sont viables. Relisant le chapitre de Jon, je me suis souvenue du chapitre de Tyrion dans AGOT que j’ai cité dans mon post précédent.

    Lors de la relecture d’AGOT, j’avais trouvé bizarre que la cage, au lieu de s’arrêter au niveau du sommet du Mur, à la manière d’un ascenseur qui s’arrête au palier de l’étage, poursuive sa course horizontalement pour arriver au-dessus du chemin de « ronde  » du Mur, toute brinquebalante. Après lecture du chapitre de Jon, je trouve que ça a du sens si la cage peut descendre et monter de l’autre côté.

    Mais ce n’est qu’une supposition personnelle.🤔

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #187221
    Yfos
    • Pisteur de Géants
    • Posts : 1427

    Merci d’avoir accompagné Jon dans cette nouvelle épreuve.

    Bref l’obliger à assumer le destin promis aux bâtards, qu’il abhorre.

    Jon se trouve tellement coincé qu’il se dit

    « J’aurais été mieux inspiré de rester dans la caverne avec Ygrid »

    Mais là il aurait été réellement un tourne-casaque, ne prévenant pas ses frères de l’attaque à venir.

    quatre jours pendant lesquels mestre Aemon s’est démené pour tenter de faire reconnaître l’innocence de Jon

    Aemon a soutenu Jon et c’est probablement ce qui l’a sauvé de la congélation

    À son sujet, Janos Slynt dit

    «  un aveugle avec une chaîne au cou. Il se prend pour qui ? »

    La défense à laquelle pense Jon (fils de roi, frère de roi) ne me semble pas pertinente. Aemon est le mestre de la Garde de Nuit. c’est déjà mieux que Janos Slynt qui a perdu tous ses titres et n’a, à ma connaissance, aucun grade dans la Garde.

    et méprisable parce qu’il a une antipathie innée pour le héros qu’il a persécuté dans les chapitres précédents.

    On le saura plus tard, dans le prologue d’ADWD, il y a également d’autres raisons qui le rendent méprisable.

    l’aigle d’Orell-Varamyr, comme drone de guerre, leur apporte un très net avantage.

    En donnant ces explications sur l’aigle

    « lorsqu’un bête s’est jointe à un homme, n’importe quel mutant peut se faufiler dans sa peau à lui »

    Varamyr ne fait-il pas passer un message à Jon au sujet de Fantôme ?

    Ils vont au sud car ils fuient, et n’ont aucun intérêt à faire s’effondrer le Mur qui peut les protéger. Mais Jon raisonne encore en agenouillé

    « quand nous voudrons des lois nous ferons les nôtres à nous »

    Comment Mance peut-il penser que cela va fonctionner ? Si les sauvageons attaquent leurs voisins, ceux-ci vont forcément répliquer et s’allier pour cela.

    Concernant la cage, en effet, s’il y avait déjà un bras qui pivotait pour l’amener au-dessus du mur, il suffisait de lui permettre de pivoter un peu plus pour qu’elle arrive de l’autre côté. Pour la descente côté nord, en temps normal, je n’en vois pas vraiment l’utilité par rapport au souterrain. Le fait qu’elle s’arrête au-dessus du mur est quand même plus pratique pour la décharger : le long du mur, elle aurait également brinquebalé et il est préférable de rater son coup et laisser tomber une caisse de quelques centimètres de haut plutôt que de plusieurs dizaines de mètres.

    #187325
    Pandémie
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    Ne cherchez pas trop loin pour la cage. GrrM est assez bon pour certaines choses, mais l’ingénierie, l’architecture ou la physique, ce n’est pas toujours son truc.  Il en est lui-même conscient, parfois en voulant voir les choses bigger than life pour sa saga, cela ne fonctionne plus. Il a découvert que le Mur en glace naturelle ne peut pas exister (il y a des sortilèges dedans car sinon la glace se comporte comme une sorte de flan caramel s’affaissant et glissant sur une assiette) mais il en va de même pour l’escalier et la cage sous l’effet de leur propre poids et de leur taille et de la forme du Mur plus large à sa base. Il faut juste accepter que cela fonctionne.

    #187329
    Eridan
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    À son sujet, Janos Slynt dit « un aveugle avec une chaîne au cou. Il se prend pour qui ? » La défense à laquelle pense Jon (fils de roi, frère de roi) ne me semble pas pertinente. Aemon est le mestre de la Garde de Nuit. c’est déjà mieux que Janos Slynt qui a perdu tous ses titres et n’a, à ma connaissance, aucun grade dans la Garde.

    Janos occupe un poste d’officier, il le dit dans le chapitre précédent :

    Ser ! jappa Bajoues. Tu vas me faire le plaisir de donner du ser à ser Alliser, et à moi du m’sire. Je suis Janos Slynt, lord d’Harrenhal et commandant ici, à Châteaunoir, jusqu’à temps que Bowen Marsh y revienne avec sa garnison. Tu vas me faire le plaisir de nous accorder nos titres, oui-da. Je ne tolérerai pas d’entendre un bâtard de traître bafouer un chevalier oint comme le bon ser Alliser.

    Il a certainement été envoyé par Cotter Pyke, et visiblement, c’est lui qui mène l’interrogatoire, les autres sont sous ses ordres à ce moment-là, et lui donnent le titre de lord qu’il revendique. Ce n’est d’ailleurs pas un choix stupide de la part de Pyke  : Thorne est trop marqué auprès des hommes de Châteaunoir. Slynt a été un soldat pendant toute sa vie et il n’a aucune attache, aucune rancœur au sein de la Garde de Nuit (sauf peut-être avec Jon). Virtuellement, il peut apparaître comme le commandant idéal en période de crise.

    Ce que j’aime dans cette saga, ce sont les complexes rapports de pouvoirs entre les personnes (Cersei-Tywin, par exemple …) et typiquement, je trouve qu’on a un excellent exemple dans ce chapitre avec Aemon – Slynt. Slynt est en position de force apparente, son titre de commandant provisoire lui permet de donner les ordres qu’il veut. En face, Aemon n’est effectivement qu’un « vieux mestre aveugle » , un simple « serviteur » en somme. La réflexion de Jon est assez pertinente, je trouve : même si Aemon est voué à servir, il vient d’une lignée prestigieuse, même déchue (contrairement à Slynt), et même au sein de la Garde de Nuit, on sait que ça fait une différence. Par ailleurs, pour moi, ça suggère surtout qu’Aemon sait comment marche les rouages du pouvoir et tout en restant dans son rôle de serviteur, il sait comment tenir tête à Slynt, comment l’acculer pour le faire renoncer. Il écrit (fait écrire ?) à l’officier supérieur de Slynt et lui montre la lettre. Janos sait-il seulement lire ? Je ne sais plus … Mais là-aussi, c’est sûrement un moyen de mettre Janos en position de faiblesse. Ajoute à ça qu’Aemon fait figure d’autorité historique à Châteaunoir : son grand âge, ses grandes connaissances, sa bienveillance et sa sagesse … En face, Slynt vient d’arriver dans la Garde et à Châteaunoir, il se retrouve une nouvelle fois dans la position du parvenu face à quelqu’un qui lui est inférieur théoriquement en titres, mais largement supérieur en terme de background et de figure d’autorité. Au final, même s’il essaie de donner le change, il est obligé de céder face à Aemon … d’où d’ailleurs le recours au stratagème dans ce chapitre : il ne peut pas exécuter Jon directement ; à la place, il l’envoie à une mort « certaine » . 😉

    Comment Mance peut-il penser que cela va fonctionner ? Si les sauvageons attaquent leurs voisins, ceux-ci vont forcément répliquer et s’allier pour cela.

    Ce n’est pas comme s’il avait d’autre choix … ^^ Attendre les marcheurs blancs et la mort n’est pas une option. Même si ça ne leur permet de survivre qu’une saison de plus, les sauvageons vont forcément tenter leur chance. 😉

    D’autant que Mance bluffe à propos du cor, à mon avis. Je pense qu’il a parfaitement conscience que le sud n’est sûr qu’à condition que le Mur reste debout, et il tient à s’abriter derrière avec le peuple libre. Il n’a aucune intention de le faire s’effondrer, c’est une menace (semblable à celle de la bombe atomique) qu’on agite pour faire plier le camp d’en face, mais qu’on exécute pas car les conséquences négatives surpasseraient les bénéfices. Et puis bon, comme il ne l’a sûrement pas vraiment …

    #187358
    Ysilla
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    Ne cherchez pas trop loin pour la cage. GrrM est assez bon pour certaines choses, mais l’ingénierie, l’architecture ou la physique, ce n’est pas toujours son truc. […] Il a découvert que le Mur en glace naturelle ne peut pas exister (il y a des sortilèges dedans car sinon la glace se comporte comme une sorte de flan caramel s’affaissant et glissant sur une assiette) mais il en va de même pour l’escalier et la cage sous l’effet de leur propre poids et de leur taille et de la forme du Mur plus large à sa base. Il faut juste accepter que cela fonctionne.

    Je suis bien d’accord. Du reste, je me suis toujours figuré l’escalier comme une structure en kit (Kit ? 😂) dont les éléments, pris dans la glace, ne sont pas intégralement reliés les uns aux autres de la base au sommet, ce qui évite le problème du poids.

    Si on laisse à part les lois de la physique appliquées aux matériaux, ce qui est vraiment gênant avec la cage dont l’usage du côté nord du Mur sort de nulle part, c’est que ça a tout l’air d’un colmatage narratif :

    La porte défoncée par le géant est le point faible du Mur et c’est bien pour cette raison qu’elle a été condamnée. Du coup, il est impossible de dépêcher Jon vers les sauvageons en passant par le tunnel, tant que l’armée de Mance campe près du Mur…quadrature du cercle.

    Opportunément donc, la cage change de côté.😋

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #187369
    Obsidienne
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    Ne cherchez pas trop loin pour la cage. GrrM est assez bon pour certaines choses, mais l’ingénierie, l’architecture ou la physique, ce n’est pas toujours son truc. […] Il a découvert que le Mur en glace naturelle ne peut pas exister (il y a des sortilèges dedans car sinon la glace se comporte comme une sorte de flan caramel s’affaissant et glissant sur une assiette) mais il en va de même pour l’escalier et la cage sous l’effet de leur propre poids et de leur taille et de la forme du Mur plus large à sa base. Il faut juste accepter que cela fonctionne.

    Je suis bien d’accord. Du reste, je me suis toujours figuré l’escalier comme une structure en kit (Kit ? 😂) dont les éléments, pris dans la glace, ne sont pas intégralement reliés les uns aux autres de la base au sommet, ce qui évite le problème du poids. Si on laisse à part les lois de la physique appliquées aux matériaux, ce qui est vraiment gênant avec la cage dont l’usage du côté nord du Mur sort de nulle part, c’est que ça a tout l’air d’un colmatage narratif : La porte défoncée par le géant est le point faible du Mur et c’est bien pour cette raison qu’elle a été condamnée. Du coup, il est impossible de dépêcher Jon vers les sauvageons en passant par le tunnel, tant que l’armée de Mance campe près du Mur…quadrature du cercle. Opportunément donc, la cage change de côté.😋

    Tout-à fait d’accord pour le « colmatage narratif » !
    Si on admet sans peine que Le Mur ait été bâti et tienne grâce à la magie, on voit mal la cage construite (et entretenue depuis des siècles) autrement que par des membres lambda de La Garde !
    L’explication d’Ysilla sur son fonctionnement n’en demeure pas moins logique : une cage suspendue à une grue pivotante, au-dessus du vide à la montée puis rotation à 90° de la grue pour que les passagers descendent sur l’espace plat du sommet du Mur.
    On peut donc imaginer qu’une modification de la rotation jusqu’à 180° n’ait pas été trop difficile à réaliser techniquement… quelques phrases explicatives auraient juste été utiles…

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 2 jours par R.Graymarch.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #187380
    Pandémie
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    Ben justement pas. Une grue pivotante avec les techniques et matériaux de l’époque et les contraintes physiques n’est pas possible. Je pense même qu’un équipementier moderne ne serait pas capable de produire un truc qui fonctionne et pivote manuellement dans des conditions de froid et de neige extrêmes. Peut-être un portique avec la cage qui passe en-dessous comme une cabine au ski. Mais même, en bois, corde et métal forgé… Le plus simple aurait été un harnais ou une planche pour descendre Jon mais voilà. Mieux vaut ne pas trop y réfléchir et à titre personnel, heureusement que Martin ne nous explique pas chaque étape. Même si les personnages ont l’art de trouver des chevaux sellés,  des cages-ascenseurs ou une figure connue au milieu de nulle part, c’est quand même plus intéressant ce genre de raccourci.

     

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