Thyeste de Sénèque

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  • #30395

    Ereksen
    Bloqué
    • Patrouilleur du Dimanche
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    Thyeste, une grande œuvre tragique du philosophe stoïcien Sénèque.

    Le festival d’Avignon en présente une création de Thomas Joly. C’était la première ce soir. Retransmise en différé sur France 2, si tard ! Ah, oui, il y avait UN match de foot ailleurs.

    Cela nous raconte la vengeance furieuse et démesurée d’Atrée à l’égard de son jumeau Thyeste… et le chaos qui en résulte. Tragédie de la démesure et de la transgression des lois, du pacte social.

    En cette tragédie, Sénèque expose la nécessite d’un « traité d’indulgence mutuelle » pour que subsistent les générations humaines.

    Grande œuvre donc, 2H30 de spectacle, pensez donc, et des performances d’acteur bien au delà d’autres performances.

     

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    - Je me trouvais auprès d'elle quand elle est morte, rappela Ned. Elle souhaitait revenir chez elle, ici, près de père et près de Brandon. » Il l'entendait encore retentir son cri - Promets-moi -, dans la chambre où l'odeur du sang se mêlait au parfum des roses. « Promets-moi, Ned ! »... il revoyait enfin la paume s'ouvrir et répandre, noirs et fanés, les pétales de roses.
    (AGOT, Tome 1, Chapitre 5, Eddard)

    #30449

    Emmalaure
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 118

    Le festin des Atrides et l’histoire du Rat Coq. Mais où GRRM va-til chercher son inspiration ?

    « The Rat Cook had cooked the son of the Andal king in a big pie with onions, carrots, mushrooms, lots of pepper and salt, a rasher of bacon, and a dark red Dornish wine. Then he served him to his father, who praised the taste and had a second slice. Afterward the gods transformed the cook into a monstrous white rat who could only eat his own young. He had roamed the Nightfort ever since, devouring his children, but still his hunger was not sated. « It was not for murder that the gods cursed him, » Old Nan said, « nor for serving the Andal king his son in a pie. A man has a right to vengeance. But he slew a guest beneath his roof, and that the gods cannot forgive. »

     

    Sinon, je n’ai jamais vu cette pièce, mais je me souviens que sa lecture m’avait glacée. C’était bien plus marquant que de lire l’histoire des Atrides sans donner directement la parole aux protagonistes.

     

    #30464

    Ereksen
    Bloqué
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 124

    Tu as bien raison @Emmalaure… et cette pièce est glaçante par le jeu de certains acteurs. Mais moins par d’autres…

    On a forcément parfois du mal à monter sur scène ce qu’évoquent les mots de Sénèque (traduits du latin…).

    C’est du Sénèque pur, sa vision du monde sous Néron, mais cela lui donne matière à réflexion pour vivre ou survivre face à l’impensable, faire son chemin malgré tout. Peut-être aussi pour se disculper, car Sénèque avait été un homme d’influence et de pouvoir avant sa disgrâce… Un message du genre : « Vous voyez, je n’étais pas si mal que cela… ». Restez stoïque, quoi !

    Sur la mise en scène :

    Je n’aime pas voir un roi antique en costard bleu et couronne de pacotille vert-fluo. [Ce costard me rappelle celui de César dans une représentation de l’Opéra Giulio Cesare in Egitto de Haendel… Le tissu a dû être récupéré, parce que la taille des acteurs n’était pas la même, et il a fallu le recouper pour cet Atrée le gringalet… Je voyais Atrée autrement^^ ]. Cela n’engage pas à l’immersion, même si certains personnages peuvent avoir une attitude désinvolte par rapport au drame qui se noue, appuyer ainsi pour monter (et non suggérer) la folie, est contre-productif. Cela manque de finesse. Le jeu d’Atrée gagnerait a être joué plus en finesse. Il faut alors fermer les yeux pour y croire. Mais d’autres situations sont bien rendues.

    Je n’avais pas pensé au Rat Coq au premier abord chez GRRM, mais, aux tourtes pour l’anthropophagie involontaire des Frey, et volontaire de Manderly. Et aussi les enfants maltraités un peu partout, abandonnés dans cet univers du GOT.

    On aura peut être une rediffusion, ou alors il faut aller le voir ce Thyeste dans le beau décors en arrière plan de la cour d’honneur du Palais des Papes…

    Cela se joue encore jusqu’au 15 Juillet tous les soirs (sauf le mercredi) à 21h30. Je sens que j’ai envie de faire une descente vite fait dans le midi s’il reste encore une place ! Pour le voir en réelle immersion.

    Sinon, avertissement sur le site du festival :

    Le sujet de Thyeste peut heurter la sensibilité des plus jeunes. Pièce déconseillée aux moins de 12 ans.

    Cela se comprend… ne serait-ce que par la force d’expression de certains acteurs, et d’une certaine actrice. Pour ce que j’ai ai vu à travers le petit écran.

     

    - Je me trouvais auprès d'elle quand elle est morte, rappela Ned. Elle souhaitait revenir chez elle, ici, près de père et près de Brandon. » Il l'entendait encore retentir son cri - Promets-moi -, dans la chambre où l'odeur du sang se mêlait au parfum des roses. « Promets-moi, Ned ! »... il revoyait enfin la paume s'ouvrir et répandre, noirs et fanés, les pétales de roses.
    (AGOT, Tome 1, Chapitre 5, Eddard)

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