ACOK 02 – Arya I

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    Liloo75
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    ACOK 02 – Arya I
    Au fil des pages – liste des sujets

    ACOK 01, Prologue ACOK 03, Sansa I

    Il arrive que des routes différentes mènent au même château. Ici, ce n’est que le début du chemin…

     

    Le présent chapitre d’Arya est dans la continuité directe du précédent.

    Nous avions quitté la jeune fille, au pied du septuaire de Baelor, sauvée in extremis de la foule qui l’encerclait et des manteaux d’or qui la traquaient, par Yoren, le recruteur de la Garde de Nuit.

    Nous apprendrons plus tard que Yoren était présent ce jour-là afin de récupérer lord Eddard et le conduire jusqu’au Mur, où il devait prendre le noir pour expier ses péchés.

    Mais la décision de Joffrey, le nouveau roi, d’occire Ned Stark, au grand dam de la plupart des nobles présents sur le parvis du septuaire, a rendu la présence de Yoren caduque. Il n’est pas venu pour rien, cependant. Reconnaissant Arya dans la foule, il l’a prise contre lui afin de l’empêcher de « voir » la décapitation de son père.

    Après lui avoir violemment coupé les cheveux (il l’a tondue au couteau), Yoren décide de faire passer Arya pour un garçon.

    Il l’avait « sévèrement débroussaillée ».

    « Du chaume, des chardons, tout ce qui restait ».

    Au moment de la tonte, elle voyait la brise emporter les mèches de ses cheveux et les disperser vers le septuaire. Comme si par le sacrifice de ses cheveux, elle venait rendre hommage à son père. Une vision poétique sans doute, mais il y aura peu de place pour la poésie pendant le voyage qui attend d’Arya.

    La perte de ses cheveux par Arya se rapproche de la situation de Daenerys, dans le dernier chapitre d’AGOT, qui est parvenue à s’extraire indemne du bûcher funéraire de Drogo, avec ses trois jeunes dragons, mais « son opulente chevelure entièrement grillée ». Dans les deux cas, la privation de leurs cheveux semble marquer un tournant dans la vie des jeunes femmes, une sorte de renaissance, une transition vers une autre vie.

    Daenerys va devenir une reine en puissance, et Arya mènera une vie de nomade arpentant les routes et les cités de Westeros. Loin de la vie de noble demoiselle qui lui était promise. Et qu’elle ne désirait pas.

     

    Arry, une nouvelle recrue pour la Garde de Nuit

    Yoren a entrepris d’amener Arya avec lui, vers le Mur, pour soi-disant intégrer la Garde de Nuit. Il compte en réalité la conduire à Winterfell, après être passé par Châteaunoir.

    Arya, devenue méconnaissable sans ses cheveux, et désormais baptisé(e) « Arry », est présenté(e) comme un orphelin, et va rejoindre la trentaine hommes enrôlés dans de la Garde.

    Arry n’est pas le seul orphelin de la bande. Il y a également Lommy Mains-vertes, voleur de son état, et qui doit son surnom à la couleur de ses mains et de ses avant-bras, souvenir de son ancienne vocation d’apprenti teinturier. Ainsi que Tourte chaude, dont la mère, boulangère, vendait les fameuses tourtes, avant de décéder.

    Yoren n’a pas véritablement eu le choix de ses recrues. Il a pris ce qu’il a trouvé. Et ce ne sont pas des enfants de chœur. Il prévient Arya qu’elle devra se méfier de ses compagnons. Et qu’ils seraient prêts à tout s’ils venaient à découvrir son identité. Arya est mise en garde, un peu comme Tyrion avait prévenu Jon sur le chemin vers le Mur, qu’à la Garde de Nuit, il y avait plus de repris de justice que d’hommes d’honneur tels que son oncle Benjen.

    Ainsi « déguisée » et accompagnée des conscrits en tout genre de Yoren, Arya parvient à franchir les portes de Port-Réal, et à prendre la route du Nord.

    Elle quitte la ville sans regrets :

    « Elle ne jeta pas (…) le moindre coup d’œil en arrière. Elle ne désirait qu’une chose, que la Néra déborde et emporte la ville entière ».

    Qu’il s’agisse de Culpucier où elle avait été volée et agressée, du Donjon Rouge, où règnent ses ennemis les Lannister (Joffrey et Cersei), ou encore le septuaire de Baelor, où son père fut assassiné. Oui assassiné, car le crime a été prémédité par le roitelet. Comment appeler autrement l’exécution d’un homme, dont Joffrey savait pertinemment qu’il était innocent des crimes dont on l’accusait ?

    Puis Arya pense à Sansa, qui se trouve encore à Port-Réal, et dont elle ne souhaite pas la mort. Oui, Arya aime sa sœur malgré tout ce qui paraît les séparer.

    Pourtant le vœu d’Arya finira presque par se réaliser, lorsque la flotte de Stannis Baratheon tentera de prendre Port-Réal en attaquant par le fleuve. A ce moment-là, Joffrey et sa mère se trouveront en réel danger.

    Parmi les hommes engagés par Yoren, se trouvent de nombreux délinquants. Les trois plus dangereux sortent des oubliettes du Donjon Rouge. Même Yoren se méfie d’eux. Il les a enchainés à l’arrière d’un fourgon. Deux d’entre eux nous sont sommairement dépeints : le premier n’a plus qu’un trou à la place du nez (Rorge) et le deuxième possède des dents acérées (Mordeur). Le troisième homme ne nous est pas présenté. Pourtant il jouera un rôle clef dans le parcours d’Arya. Il s’agit de Jaqen H’ghar, le Sans-Visage qui donnera la fameuse pièce à Arya, et la formule « Valar Morghulis », celles-là même qui lui ouvriront la route de Braavos.

    Mais nous n’en sommes encore loin. Pour l’instant « Arry » est aux prises avec les deux orphelins qui l’ont choisi comme bouc-émissaire. Plus petit, plus jeune que les autres et taiseux, il est la victime idéale. C’est du moins ce qu’ils s’imaginent au début.

     

    Arry, « aussi maigre qu’une pointe de pique » n’impressionne personne…

    C’est Lommy, celui qui a trouvé le surnom de « Tête-à-cloques » pour Arya, qui ouvre les hostilités.

    Le surnom n’a pas été difficile à imaginer puisque Arya a été tondue jusqu’au sang.

    Lommy ne semble pas apprécier Arry, et c’est réciproque. Dès le début du chapitre, elle le qualifie de « petit salaud ». Il faut dire que le surnom qu’il lui a trouvé, lui déplait plus que tous ceux dont elle a pu être affublée à Winterfell.

    Lommy se demande où un gars comme lui a pu dénicher une épée :

    « Vise un peu l’épée qu’y s’est dégotée, Tête-à-cloques ».

    « D’où qu’un rat d’égout comme Tête-à-cloques peut avoir une épée ? ».

    Tourte chaude suggère qu’Arry devait être un écuyer, au service d’un chevalier donc :

    « S’rait pas un p’tit écuyer des fois ? ».

    Le langage peu châtié des deux orphelins nous rappelle qu’ils sont des gens du peuple. Leur façon de s’exprimer, comme celle de Yoren d’ailleurs, est très différente de la langue utilisée par les nobles que nous avons l’habitude de côtoyer dans la plupart des chapitres du Trône de fer. Le périple d’Arya, à travers les sept couronnes, sera l’occasion de rencontrer des hommes et des femmes ordinaires.

    Mais revenons à nos deux lascars.

    Arya est courageuse, elle pourrait appeler Yoren à l’aide, mais elle préfère se débrouiller seule. A-t-elle vraiment besoin d’aide d’ailleurs ?

    Selon sa vieille habitude, elle se mâchonne la lèvre lorsqu’elle est mal à l’aise.

    Lommy poursuit avec ses mesquineries. L’épée n’est pas une vraie, ce n’est sans doute qu’« un joujou de fer-blanc ».

    Piquée au vif, Arya se défend. Son épée est une véritable épée et elle a été fabriquée dans un château :

    « Feriez-mieux de la fermer ! jappa-t-elle en se tournant sur sa selle pour les toiser, c’est de l’acier château, corniauds ! ».

    L’offense faite à Aiguille la sort enfin de son mutisme. S’en prendre à Aiguille c’est, pour elle, comme s’ils avaient insulté Jon Snow :

    « Qu’ils plaisantent Aiguille lui fût odieux ».

    Lommy émet ensuite l’hypothèse que l’épée a été volée, et qu’elle pourrait être dérobée à nouveau. Pas idiot, il envoie Tourte chaude s’emparer de l’objet.

    Arya proteste de façon véhémente, elle n’est pas une voleuse. L’épée lui a été offerte par son frère Jon Snow. Mais cela, elle ne peut pas le dire. Néanmoins, elle refuse de se laisser traiter de voleuse, c’est une atteinte à son honneur. Et cela, elle ne peut pas le supporter. Les quolibets, les surnoms grotesques, passe encore, mais le calomnie, non ! Elle n’est pas une Stark pour rien.

    Tourte chaude prétend qu’elle ne saura pas s’en servir. Il ignore qu’elle a déjà tué un garçon comme lui avec Aiguille. En danger de mort, elle s’était souvenue de sa première leçon d’escrime : « frappe les d’estoc ! ». Alors que Tourte chaude n’a fait qu’inventer cette histoire d’homme qu’il aurait tué en le passant à tabac. Il l’avouera quelques chapitres plus tard à Arya.

    Pendant que les deux orphelins s’engrainent l’un l’autre, apparaît un jeune homme, qui leur demande de laisser Arry tranquille. Les autres l’appellent Taureau, car il possède un heaume à cornes.

    Taureau est en réalité Gendry, l’apprenti forgeron de Maître Tobho Mott. Nous le reconnaissons grâce à ses cheveux noirs, son physique impressionnant et son heaume si particulier. Il avait refusé de le céder à lord Eddard lorsque celui-ci était venu lui rendre visite à la forge. Gendry est le fils bâtard de Robert Baratheon. Lui aussi se trouve dans le convoi pour le Mur. On peut légitimement se demander pourquoi ?

    Mais revenons à Arya. Les deux gamins veulent lui voler Aiguille. Ils vont recevoir une leçon d’escrime digne d’un danseur d’eau.

    Car même si Arya est plus jeune et plus petite que ses deux adversaires, ils ne lui font pas peur. Elle a déjà affronté d’autres dangers : les ténèbres des catacombes du Donjon rouge, le magicien et l’homme à barbe jaune qui parlaient d’éliminer son père, les manteaux d’or qui la cherchaient lors de l’arrestation lord Eddard, alors Main du roi. Et surtout ce jeune garçon qui voulait la mener de force à la reine Cersei. Elle a également passé plusieurs jours, seule, à Culpucier, devant de débrouiller pour manger en tuant des pigeons, et se protéger la nuit venue, des voleurs et des violeurs potentiels. Enfin, elle a été formée par Syrio Forel, la première épée de Braavos. Ce ne sont pas deux petites frappes qui vont l’effrayer.

     

    Pourtant, il est preste comme un serpent un loup…

    Tous trois sont en selle sur leurs ânes. Alors qu’il tente de lui prendre Aiguille, Arya fait tomber Tourte chaude de sa monture, en frappant l’âne avec sa latte de bois. Elle saute au bas de son équidé et d’un mouvement fluide lui frappe l’estomac, puis lui casse le nez. « T’en veux autant ? » demande-t-elle en regardant Lommy, qui assiste à la scène, médusé. Celui-ci, devant une telle démonstration se met à chouiner et préfère se retirer du combat.

    Tourte chaude ne s’avoue pas vaincu, et essaye d’atteindre Arya avec une pierre. Gendry la prévient, et elle a le temps d’esquiver. Utilisant les techniques apprises par Syrio Forel, prenant la posture du danseur d’eau, Arya lui administre une leçon qui lui cuira pendant plusieurs jours. Elle le rosse avec sa latte, si bien qu’il finit au sol, roulé en boule, battu de toute part et de façon particulièrement cuisante à l’entrejambe.

    Yoren, attiré par tout ce raffut intervient pour empêcher Arya d’achever Tourte chaude. Arya semble incapable de s’arrêter. Elle est submergée par sa colère. Elle est probablement encore sous le choc depuis la mort brutale de son père. Et par là-même, incapable de se raisonner. C’est sans doute la raison pour laquelle elle affiche cette mine maussade, et qu’elle se montre tout poil hérissé dès qu’elle est attaquée.

    Il faudra l’arrivée de Yoren pour qu’elle cesse s’en prendre à Tourte chaude :

    « Suffit ! tonitrua-t-il en rabattant la latte de vive force, tu veux tuer cet imbécile ? ».

    Même les trois dangereux individus se sont figés pour assister au spectacle. Mordeur pousse un sifflement (il ne peut guère faire plus au vu de son handicap).

    Tourte chaude n’en mène pas large, il est tout tuméfié et s’est même laissé aller sous l’effet des coups, ou peut-être de la peur.

    Yoren amène Arry à l’écart. Il compte bien lui donner une leçon pour avoir frappé un de ses « frères ».

    Il lui demande de se mettre contre un arbre, et de baisser son pantalon. Arya entoure le chêne de ses bras, comme pour se réconforter ou se protéger. Yoren lui dit qu’elle va crier, et même si elle s’y refuse au début, elle finira par lâcher un cri de douleur. Mais elle exclut de pleurer, parce que les loups géants sont l’emblème des Stark, et les loups géants ne pleurent pas. Un peu comme Deanerys qui se dit qu’elle est du sang du dragon, à chaque fois qu’elle est en danger ou qu’elle a peur.

    Nos héroïnes sont encore jeunes, et ces réflexions peuvent paraître puériles au premier abord. Pourtant, Daenerys est bien du sang du dragon, puisqu’elle a réussi à faire naître trois dragons, et Arya parviendra par la suite à ne faire qu’un avec Nyméria et à accéder à son statut de zoman.

    Yoren ne lui administre pas une simple fessée. Arya se retrouve battue, les cuisses en sang.

    Personne n’a été choqué par cette scène ? Arya est une fille de 9 ans, pas une recrue pour la Garde, Yoren le sait pertinemment.

     

    …Mais il doit encore apprendre à devenir souple comme une soie d’été

    Yoren lui assure que ce sera pire la prochaine fois qu’elle touchera à un de ses « frères ». Mais pour Arya, ce ne sont pas ses frères. Même s’il s’agit de jouer le jeu uniquement jusqu’à ce qu’ils aient atteint le Nord. En tout état de cause, elle ne pourrait pas intégrer la Garde de Nuit, car à cette époque les femmes n’y sont pas encore admises. Elle a toutefois la bonne idée de ne pas partager ses sentiments avec Yoren. Cela ne plairait pas au frère noir, et puis Arya a compris la leçon.

    Elle refuse d’admettre qu’elle a mal. Pourtant, il lui faudra plusieurs jours afin de pouvoir monter à nouveau son âne. Yoren la console en lui disant que Tourte chaude doit souffrir beaucoup plus qu’elle des coups reçus. Il lui explique que Lommy et Tourte chaude ne sont pas responsables de la mort de son père, ce n’est pas contre eux qu’elle doit se battre. Il lui révèle à cette occasion que lord Eddard devait prendre le noir. Arya comprend alors que la mort de son père est due à la décision de Joffrey.

    Elle soutient qu’il faudrait le tuer. Yoren lui assure que quelqu’un le fera sans doute un jour, mais que cette mission ne leur incombe pas.

    D’autres s’en chargeront en effet. De par son attitude et ses acte irréfléchis, Joffrey s’est créé beaucoup d’ennemis.

    Yoren donne à Arya de la surelle à mâcher, pour soulager ses douleurs. Tourte chaude est dans un bien pire état, pendant plusieurs jours il devra être transporté allongé dans une carriole. Il n’est pas prêt d’oublier la leçon. Les plus faibles ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

    Lommy a également compris qu’il avait intérêt à se tenir éloigné d’Arry. Ils ne lui chercheront plus de noises, c’est certain. Taureau confirme à Arya que Lommy est terrorisé à sa simple vue.

    Avec Gendry, Arya vient de se trouver un allié de poids. Car visiblement, il a décidé de prendre son parti. Et personne dans la bande n’ose s’en prendre à « Taureau ».

    Il est encore trop tôt, mais Tourte chaude deviendra aussi un ami et un fidèle compagnon de voyage pour Arya.

    Au fil du temps, Arya parviendra à s’intégrer parfaitement à la troupe de Yoren (ou, du moins, à ce qu’il en restera), ce qui constitue une nouvelle preuve de ses capacités d’adaptations. Le fait qu’elle ait côtoyé les serviteurs de Winterfell, qu’elle ait joué avec leurs enfants, doit probablement l’aider à se faire adopter par un groupe de personnes qui n’appartient pas à sa caste d’origine. Toute demoiselle noble qu’elle est de par sa naissance, Arya sait aussi se lier avec d’amitié avec n’importe qui. Le petit boucher assassiné par le Limier en est un bon exemple.

    Même s’ils nous apparaissent méprisables dans ce chapitre, Lommy et plus particulièrement Tourte chaude ne sont pas de mauvais bougres au fond d’eux. Ce sont juste des enfants perdus. Des victimes collatérales du jeu des trônes.

    Si Robert s’était occupé de son peuple au lieu de passer son temps à chasser et à courir la gueuse, peut-être les enfants de Culpucier ne seraient-ils pas devenus des voleurs.

     

    La nuit est sombre, mais elle est éclairée par la comète rouge…

    A la nuit tombée, Arya se couche à même le sol, sous une fine couverture. Elle vit à la dure désormais, elle n’a plus le train de vie d’une noble demoiselle. Mais ce n’est sans doute pas ce qui la chagrine le plus. Elle ne s’est jamais sentie comme une « dame » et ne veut pas en devenir une. Elle se mettra en colère à chaque fois que Gendry voudra lui donner du « m’dame », lorsqu’il aura découvert qu’elle est une fille noble.

    Arya observe la comète rouge. Elle lui apparaît : « splendide et terrifiante ».

    Cette comète évoque bien des choses à ses spectateurs. Mélisandre, la femme rouge, y voit du souffle de dragons et l’annonce de la réincarnation d’Azor Ahai, le champion du dieu R’hllor. Cette réincarnation étant Stannis Baratheon à ses yeux.

    Gendry s’imagine une épée incandescente sortie de la forge, ce qui semble logique pour un apprenti forgeron.

    Et Arya y perçoit Glace, l’épée de son père en acier Valyrien. Une épée rougie par le sang de lord Eddard. C’est ainsi qu’elle s’imagine Glace après l’œuvre d’Ilyn Payne :

    « Ser Ilyn, la Justice du roi, l’avait utilisée pour perpétrer le meurtre ».

    Arya assimile bien l’exécution de son père à un meurtre, tout comme le lecteur.

    Il est notable que les termes « Justice du roi » sont associés au mot « meurtre » dans la même phrase. Un meurtre est par nature un déni de justice. Il n’y a donc pas de justice au Donjon Rouge, avec le roi Joffrey.

    Cette épée ensanglantée me fait penser à la prophétie d’Azor Ahai, le champion de la Lumière, qui a dû tremper son épée dans le corps de sa bien-aimée pour vaincre face aux ténèbres. Mais contrairement à Mélisandre, j’imagine mal Stannis Baratheon, le prétendant taciturne au trône de fer, dans ce rôle.

    L’évocation de l’épée ensanglantée par Arya me fait me questionner sur sa présence lors de l’avènement du nouveau champion de la Lumière. Sera-t-elle dans l’assistance lorsque la prophétie se réalisera à nouveau ?

     

    …Et par la perspective du retour à Winterfell

    Arya s’endort et rêve de Winterfell. Ce n’est pas la première fois qu’un chapitre d’Arya se conclut par une évocation de la maison, de Winterfell, depuis qu’elle est arrivée à Port-Réal, où visiblement elle ne se sent pas à sa place. Elle espère revoir sa mère, Robb, Bran et Rickon qui sont censés se trouver là-bas. Mais elle souhaite plus que tout retrouver Jon Snow lorsqu’elle passera par le Mur. Elle l’imagine déjà lui ébouriffant les cheveux, et chacun disant à l’autre : « tu m’a manqué(e) ». Selon leur bonne vieille habitude de terminer leurs phrases en même temps. C’est cela le bonheur pour Arya. Un bonheur qui surpasse tous les autres.

    « Un si grand bonheur, hélas, que cela ».

    Le « hélas » dans la phrase nous laisse entendre que ce bonheur est encore loin, bien loin.

    Arya n’a pas hâte de retrouver le confort de son château, ni de porter de beaux vêtements, elle se languit de son frère cousin bien aimé, Jon Snow.

    La juxtaposition de la comète rouge et des pensées d’Arya qui vont vers Jon Snow, n’est-elle pas là pour nous suggérer que Azor Ahai, le champion de la Lumière, se cacherait juste sous nos yeux, à Châteaunoir ? Et qu’il se dissimulerait sous un manteau noir. « Le noir a toujours été ma couleur » dit-il dans le deuxième chapitre d’AGOT qui lui est consacré. C’est la couleur de la Garde de Nuit, c’est aussi celle des Targaryen. Dragon rouge, comme la comète, sur fond noir…

     

    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois par Liloo75.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois par Liloo75.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois par Lapin rouge. Raison: "enfants de chœur", pas "enfants de cœur"

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #149346
    Emmalaure
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 868

    Merci Liloo pour cette présentation !

    Au moment de la tonte, elle voyait la brise emporter les mèches de ses cheveux et les disperser vers le septuaire. Comme si par le sacrifice de ses cheveux, elle venait rendre hommage à son père. Une vision poétique sans doute, mais il y aura peu de place pour la poésie pendant le voyage qui attend d’Arya.

    Je vois plutôt dans la coupe de cheveux d’Arya une mise à mort/décapitation symbolique d’Arya Stark, qui a déjà commencé dans son dernier chapitre d’AGOT, où elle perd toutes ses affaires qui la rattachaient à Winterfell et son identité d’Arya Stark (Yoren l’appelle « garçon » avec insistance), sauf Aiguille (qui la rattache surtout à Jon Snow, le Bâtard). Ce n’est pas seulement une coquetterie d’auteur si la mise à mort d’Eddard a été écrite à travers le point de vue d’Arya, à mon sens : GRRM fait d’une pierre deux coups, d’autant qu’à la fin de son précédent chapitre, on reste sur un geste en suspens de Yoren et un couteau brandi, de façon à croire qu’Arya va y passer physiquement (bon, comme on se demande surtout comment elle va s’en sortir, la mise à mort symbolique peut complètement échapper en première lecture^^). Dans ce premier chapitre d’ACOK, l’ambiguïté est levée : le personnage ne meurt pas physiquement, mais il perd son nom, son genre et se retrouve dans un convoi de morts en puissance, en tous cas de morts sociaux, menés par un Yoren qui rappelle Charon le passeur du Styx (il est vieux, en noir et il pue, mais c’est vrai, lui ne prend que la route et jamais le bateau ^^). Ceux qui vont au Mur vont renoncer à tout ce qui faisait leur vie d’avant.
    Certes, la promesse c’est qu’Arya n’ira pas jusqu’au Mur et sera déposée avant à la maison, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas encore gagné.

    #149349
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Après un prologue très lourd et très riche, on repasse à un chapitre beaucoup plus mince. Je me souvenais de l’amitié des protagonistes mais j’avais oublié comment cela commençait (on dirait un scénar de film assez bateau)

    Dans le détail, donc. Yoren et son équipe sont en route vers le Mur. Petit flashback.

    I got thirty this time, men and boys all bound for the Wall, and don’t be thinking they’re like that bastard brother o’ yours.” He shook her. “Lord Eddard gave me pick o’ the dungeons, and I didn’t find no little lordlings down there. This lot, half o’ them would turn you over to the queen quick as spit for a pardon and maybe a few silvers. The other half’d do the same, only they’d rape you first.

    Pas d’angélisme sur les prisonniers, donc..

    The Lannister guardsmen on the gate were stopping everyone, but Yoren called one by name and their wagons were waved through

    Yoren était précautionneux et s’était mis dans la poche (comment ?) un garde Lannister. Je l’avais complètement sous estimé, il est très débrouillard.

    Arya never looked back.

    Mais pas au point de penser « If I look back, I’m lost » comme Daenerys, cependant

    Arya voudrait que la Néra emporte la ville

    But she knew it wouldn’t, and anyhow Sansa was still in the city and would wash away too.

    Intéressant de voir qu’Arya pense à sa soeur alors que l’inverse est moins vrai (Sansa se rend compte après coup qu’elle n’a pas pensé à sa soeur).

    On nous dit qu’il y a trois personnes spéciales dans une cage

    the worst were the three he’d found in the black cells who must have scared even him, because he kept them fettered hand and foot in the back of a wagon, and vowed they’d stay in irons all the way to the Wall. One had no nose, only the hole in his face where it had been cut off, and the gross fat bald one with the pointed teeth and theweeping sores on his cheeks had eyes like nothing human.

    Donc il y en a trois et on en décrit que 2. Un peu comme si le 3e n’était pas là. Ou qu’il était « sans visage »^^ . On pourrait argumenter qu’il a une tête « normale » donc pas digne de description mais rien qu’en contraste avec les deux autres, ça mérite. Et puis les cheveux bicolores, c’est pas si normal

    On retourne vers le menu fretin et j’ai été assez effrayé de la décontraction avec laquelle Tourte chaude dit avoir tué quelqu’un. Ou sinon il ment ? J’avais complètement zappé la dérouillée qu’il se prend après avoir cherché des noises à Arya.

    Arya après avoir été un peu défendue par Gendry (je parie que je ne l’avais pas reconnu en première lecture) se fait plus que sermonner par Yoren (qui parle de ses « frères » d’ailleurs). Puis on en apprend un peu plus sur sa raison d’avoir été présent au bon endroit.

    “Here’s something you don’t know. It wasn’t supposed to happen like it did. I was set to leave, wagons bought and loaded, and a man comes with a boy for me, and a purse of coin, and a message, never mind who it’s from. Lord Eddard’s to take the black, he says to me, wait, he’ll be going with you. Why d’you think I was there? Only something went queer.”

    Le genre de paragraphes qu’on met de côté en première lecture mais qui prend sa place dans le puzzle de l’exécution surprise d’Eddard

    Ensuite, on a un passage « de raccord » avec la comète (chacun voit vraiment ce qui lui plait)

    When Arya squinted the right way she could see the sword too, only it wasn’t a new sword, it was Ice, her father’s greatsword, all ripply Valyrian steel, and the red was Lord Eddard’s blood on the blade after Ser Ilyn the King’s Justice had cut off his head. Yoren had made her look away when it happened, yet it seemed to her that the comet looked like Ice must have, after.

    Puis Arya pense surtout à Jon.

    Yoren ne lui administre pas une simple fessée. Arya se retrouve battue, les cuisses en sang. Personne n’a été choqué par cette scène ? Arya est une fille de 9 ans, pas une recrue pour la Garde, Yoren le sait pertinemment.

    Jusqu’à très récemment (et encore, ça dépend des endroits), un enfant, tu le tapes pour qu’il apprenne. C’est « la norme » (d’alors). 

    Si Robert s’était occupé de son peuple au lieu de passer son temps à chasser et à courir la gueuse, peut-être les enfants de Culpucier ne seraient-ils pas devenus des voleurs.

    Même un bon monarque aurait du mal à éradiquer la pauvreté au moins que des gens ne soient pas contraints de se résoudre au vol

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #149351
    DroZo
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    Un chapitre assez court qui répond à une des plus grandes questions que je me posais dans l’univers du Trône de Fer, à savoir : bordel mais les corbeaux ce doit être un enfer logistique à gérer ! Un corbeau, ça ne connaît que maximum deux châteaux, ce qui signifie que, logiquement, on doit leur apprendre l’emplacement de ces deux châteaux avant de pouvoir les utiliser. Donc il faut transporter tous les nouveaux corbeaux d’un point A à un point B afin qu’ils sachent où aller d’eux-même. Multipliez ce travail pour chaque endroit avec lequel chaque château communique, et ça doit faire un sacré paquet de corbeaux que l’on doit transporter manuellement. Or, jusqu’à présent je ne me souvenais pas de passages où l’on voyait des gens transporter des corbeaux d’un château à un autre. Jusqu’à maintenant. Parce que dans ce chapitre, on constate que Yoren transporte des corbeaux dans une cage depuis Port-Réal jusqu’au Mur.

    Voilà ça c’était le premier détail dont tout le monde se fout. Maintenant passons à l’autre détail dont tout le monde se fout : Yoren transporte 30 personnes jusqu’au Mur, ce qui semble pour le moment être de très loin le record de nombre de recrues pour un voyage dont on ait entendu parler. Dans AGOT, Gueren ne rapportera que 5 recrues, et Conwy seulement 6 dans les prochains chapitres (je ne compte pas les recruteurs semi-canoniques que sont Mors Westford et Morros). Il n’empêche, même en prenant en compte le fait que la Garde possède plusieurs Recruteurs et que de nombreux frères jurés sont arrivés au Mur sans leur aide… et bien je ne peux m’empêcher de penser que 5 mois de voyage pour ne rapporter que maximum 30 gars ça fait peu rentable.

    Concernant Arya, outre le fait qu’elle est en plein traumatisme (ce qui peut se comprendre, la pauvre) on peut noter que pour le moment, elle ment très mal. C’est surtout surprenant quand on sait à quel point elle va devenir une experte pour cacher son identité par la suite. Son crâne a été rasé à la va-vite et est encore plein de cloques. Elle se mâchonne la lèvre au moins quatre fois dans ce (court) chapitre. Elle porte sur elle une épée forgée château dont elle jure qu’elle ne l’a pas volée (elle montre d’ailleurs qu’elle sait s’en servir avec un type d’escrime très Braavosii, peu courant en Westeros donc) ainsi qu’une latte d’entraînement lestée en plomb. La nuit, elle pleure beaucoup. Tout cela se comprend fort bien, mais à mon avis, quelqu’un d’aussi observateur que Jaqen H’ghar a toutes les cartes en main pour déduire l’identité de ce « garçon » maigrichon qu’on appelle Arry (oui, Arry, parce que même son prénom est un déguisement de merde).

    D’ailleurs en parlant de Jaqen… il est suffisamment discret pour qu’Arya ne le mentionne pas, alors qu’elle décrit ses deux compagnons ^^ Silencieux comme une ombre le Sans-Visage. (Grillé par R.Graymarch sur cette dernière réflexion)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois par R.Graymarch.

    « La drosophile est un petit animal avec un cycle de vie court et de nombreux mutants sont disponibles. Son génome compact a été un des premiers génomes à être séquencé entièrement. »

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    #149358
    Liloo75
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    Un chapitre assez court qui répond à une des plus grandes questions que je me posais dans l’univers du Trône de Fer, à savoir : bordel mais les corbeaux ce doit être un enfer logistique à gérer ! Un corbeau, ça ne connaît que maximum deux châteaux, ce qui signifie que, logiquement, on doit leur apprendre l’emplacement de ces deux châteaux avant de pouvoir les utiliser. Donc il faut transporter tous les nouveaux corbeaux d’un point A à un point B afin qu’ils sachent où aller d’eux-même. Multipliez ce travail pour chaque endroit avec lequel chaque château communique, et ça doit faire un sacré paquet de corbeaux que l’on doit transporter manuellement. Or, jusqu’à présent je ne me souvenais pas de passages où l’on voyait des gens transporter des corbeaux d’un château à un autre. Jusqu’à maintenant. Parce que dans ce chapitre, on constate que Yoren transporte des corbeaux dans une cage depuis Port-Réal jusqu’au Mur. Voilà ça c’était le premier détail dont tout le monde se fout.

    Lorsque j’ai commencé à préparer mon commentaire, j’avais écrit en marge de mon brouillon : « Dire quelque part que Yoren a acheté des fournitures et des animaux pour la Garde ».

    Et puis, je me suis laissée emporter par mon analyse et mes réflexions au sujet d’Arya et de ses comparses. Au final j’ai trouvé que mon texte était déjà trop long, et j’ai renoncé à mentionner la partie relaive au transport de « marchandises ». J’ai pensé que quelqu’un le relèverait dans ses commentaires 😉

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #149359
    Yfos
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    Merci pour cette analyse Liloo.

    Oui assassiné, car le crime a été prémédité par le roitelet. Comment appeler autrement l’exécution d’un homme, dont Joffrey savait pertinemment qu’il était innocent des crimes dont on l’accusait ?

    Il y a bien préméditation mais, a priori, Joffrey ignore n’être qu’un bâtard. Par conséquent, il peut à juste titre voir le fait que Ned Stark ne le considère pas comme l’héritier de Robert comme une trahison.

    Personne n’a été choqué par cette scène ? Arya est une fille de 9 ans, pas une recrue pour la Garde, Yoren le sait pertinemment.

    J’ai aussi été choquée, d’autant que Jon, lui, dans des circonstances proches, a simplement droit à une mise au point par Donal Noye.

    Mais pour Arya, ce ne sont pas ses frères

    U peu comme Jon. Et, comme lui, elle finira pas se rapprocher d’eux. Peut-être même plus rapidement que lui.

     

     

     

    #149380
    Obsidienne
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    Merci à tous pour ces commentaires.

    Comme, moi aussi , j’aime ces  » détails dont tout le monde se fout  » , j’aimerais savoir le terme original traduit – de toute évidence improprement – par  » cloques  » .
    Une  » cloque  » est une boursoufflure de la peau, remplie de liquide, consécutive à une brûlure,  comme une ampoule, par exemple. Rien à voir avec les probables coupures dues à une tonte  » à l’arrache  » !
    Donc, à par le jeu de mots entre  » Tête-à-claques  » et  » Tête-à-cloques « … je ne vois pas le motif de cette traduction.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #149381
    Emmalaure
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    « tête à cloques », si je ne me trompe pas, traduit « lumpyface » (ou lumpyhead, plutôt), « lumpy » pouvant bien représenter des cloques dans le contexte (ça veut dire bosselé, boursoufflé).
    Plus haut, Liloo, tu as évoqué le « meurtre » d’Eddard comme acte de justice dévoyée, mais la traduction ici a interprété quelque chose qui est beaucoup plus neutre dans le texte en vo, qui parle seulement de la « mort » d’Eddard. Je n’ai pas le texte sous les yeux, mais je m’en souviens bien car il y a quelques années, j’avais aussi glosé à propos de ce « meurtre » masque derrière la notion de justice ^^.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois par Emmalaure.
    #149420
    Liloo75
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    Merci pour cette analyse Liloo.

    Oui assassiné, car le crime a été prémédité par le roitelet. Comment appeler autrement l’exécution d’un homme, dont Joffrey savait pertinemment qu’il était innocent des crimes dont on l’accusait ?

    Il y a bien préméditation mais, a priori, Joffrey ignore n’être qu’un bâtard. Par conséquent, il peut à juste titre voir le fait que Ned Stark ne le considère pas comme l’héritier de Robert comme une trahison.

    Je pensais surtout que Joffrey était informé que son « père », le roi Robert, avait nommé officiellement Ned Stark Protecteur du royaume. Et que sa mère Cersei a ostensiblement déchiré la lettre contenant les dernières volontés du roi.

    Je viens de relire le chapitre d’Eddard, et en fait Joffrey arrive dans la salle du trône après la lecture du testament de Robert. Il entend juste Cersei se moquer du titre de « Protecteur du royaume ».  Peut-être n’a-t-il jamais eu l’occasion de lire le testament de Robert. J’étais persuadée qu’il était présent depuis le début.

    Ser Barristan proteste néanmoins. Joffrey aurait pu avoir la curiosité de connaître les dernières volontés de son père. Mais cette situation qui le conduit tout droit vers le trône semble l’arranger…

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois par Liloo75.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #149436
    Ser Aemon Belaerys
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    Yoren était précautionneux et s’était mis dans la poche (comment ?) un garde Lannister. Je l’avais complètement sous estimé, il est très débrouillard.

    Une possibilité qui me plait bien serait alors que ce garde soit à la solde de Varys, et aurait donné à Yoren pour consigne de passer par ce garde.

    Personne n’a été choqué par cette scène ? Arya est une fille de 9 ans, pas une recrue pour la Garde, Yoren le sait pertinemment.

    Totalement choqué évidemment, mais à remettre dans le contexte c’est quelque chose de « normal » in universe. Si une futur recrue se bagarre avec une autre recrue, c’est peut être la punition habituelle, et les autres seraient peut être étonnés si Yoren ne punit pas « Arry ».

    Cela dit Yoren sait qu’il a à faire à la fille d’Eddard (et donc la sœur de Robb, seigneur de Winterfell désormais pour Yoren, qui ne devrait pas vouloir qu’il y ait de grief entre le Nord et le Mur), il aurait peut être pu expliquer à Arya qu’il doit la punir pour pas que les autres se posent des questions, et sans forcément aller aussi loin dans le châtiment.

    J’ai supposé que l’auteur a voulu nous faire dire « voilà comment vit le petit peuple, et Arya va vivre comme eux », et ainsi l’héroïne commence une nouvelle vie (avec tous les symboles déjà cités plus haut).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois par R.Graymarch.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    #149437
    Tizun Thane
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    Pas grand chose à dire de plus. Chapitre très court, très efficace en première lecture, mais peu de sous-couches à explorer. Je ne me souvenais pas que Lommy et Tourte Chaude étaient autant têtes à claques, deux petites racailles de Port Réal.

    On retourne vers le menu fretin et j’ai été assez effrayé de la décontraction avec laquelle Tourte chaude dit avoir tué quelqu’un. Ou sinon il ment ?

    Il ment, et pas qu’un peu. Il explique avoir donné des coups de pied dans les « boules » de sa victime jusqu’à ce qu’il meurt ^^ Ca me paraît difficile de mourir comme ça, mais c’est tout à fait ce que dirait un gamin de 12 ans pour se faire une réputation ^^

    J’aime bien Yoren, et la confirmation que notre brave Eddard aurait dû survivre. Quelqu’un (Varys) avait préparé son départ. Et toujours la Comète qui fait le lien entre les chapitres, où chacun y va de son explication.

    #149439
    Liloo75
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    On retourne vers le menu fretin et j’ai été assez effrayé de la décontraction avec laquelle Tourte chaude dit avoir tué quelqu’un. Ou sinon il ment ?

    Il ment, et pas qu’un peu. Il explique avoir donné des coups de pied dans les « boules » de sa victime jusqu’à ce qu’il meurt ^^ Ca me paraît difficile de mourir comme ça, mais c’est tout à fait ce que dirait un gamin de 12 ans pour se faire une réputation ^^.

     

    Tourte chaude se fait « mousser » en effet. Il avouera deux ou trois chapitres plus tard, après s’être rapproché d’Arya, qu’il n’a jamais tué personne.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #149446
    DJC
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    Ce n’est pas seulement une coquetterie d’auteur si la mise à mort d’Eddard a été écrite à travers le point de vue d’Arya, à mon sens : GRRM fait d’une pierre deux coups, d’autant qu’à la fin de son précédent chapitre, on reste sur un geste en suspens de Yoren et un couteau brandi, de façon à croire qu’Arya va y passer physiquement (bon, comme on se demande surtout comment elle va s’en sortir, la mise à mort symbolique peut complètement échapper en première lecture^^).

    Dans ce premier chapitre d’ACOK, l’ambiguïté est levée : le personnage ne meurt pas physiquement, mais il perd son nom, son genre et se retrouve dans un convoi de morts en puissance, en tous cas de morts sociaux, menés par un Yoren qui rappelle Charon le passeur du Styx (il est vieux, en noir et il pue, mais c’est vrai, lui ne prend que la route et jamais le bateau ^^). Ceux qui vont au Mur vont renoncer à tout ce qui faisait leur vie d’avant. Certes, la promesse c’est qu’Arya n’ira pas jusqu’au Mur et sera déposée avant à la maison, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas encore gagné.

    George Martin adore jouer des misères à Arya.. : plus tard, il y’aura aussi un coup de hache autour des noces pourpres par Clegane (j’aurai « adoré » une vraie mort, comme touche finale de cette soirée de folie), Arya qui perd la vue à Braavos (ah mais non c’était temporaire…).. j’avoue avoir été un peu déçu en première lecture, ça sent un peu trop l’armure en scenarium 🙂

    PS : très bien vu pour Charon, merci 🙂

    #149450
    Emmalaure
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    Je rejoins les autres réponses à propos de Tourte-Chaude qui se vante d’avoir tué quelqu’un : dès la première lecture, ça m’est apparu comme un mensonge, poussé par Lommy, dans le but d’impressionner Arya et de lui prendre son épée sans avoir à employer la force. Il se trouve que ça loupe complètement et les deux loustics en sont pour leurs frais, surtout Tourte. La situation est d’autant plus ironique qu’Arya, elle, a déjà vraiment tué quelqu’un.

    Tourte chaude se fait « mousser » en effet. Il avouera deux ou trois chapitres plus tard, après s’être rapproché d’Arya, qu’il n’a jamais tué personne.

    Dans Arya III, exactement, lorsqu’ils arrivent à un village entièrement brûlé et se trouvent tous confrontés à la réalité de la mort par la violence.
    Lommy, avec ses « mains vertes », fait figure d’enfant de l’été symbolique. Ce qui est intéressant à relever, c’est qu’il a le caractère bruyant et tapageur de ce qu’aurait pu être Robert Baratheon enfant/pré-ado, là où le bâtard de Robert est un ado très posé et calme et qui semble très réfléchi (il a un côté force tranquille très net).
    Et puisque je parle de Lommy, j’ai relevé une référence à laquelle je n’avais pas du tout fait encore attention ici : j’ai tilté hier sur une phrase indiquant que Lommy riait comme un âne pouvait braire :

    When he laughed he brayed like the donkeys they were riding.

    Et je me suis souvenu de Pinocchio, lorsqu’il est embarqué dans un convoi de jeunes garçons un peu turbulents et vaguement petits voyous qu’un cocher convoie jusqu’à l’Île des Plaisirs, où ils seront transformés en ânes (pour être ensuite exploités et maltraités), après qu’on les aura laissés quelques heures faire absolument tout ce qu’ils veulent. Le garçon avec lequel se lie Pinocchio s’appelle Lampwick (« mèche de lampe ») en vo et connaissant le goût de GRRM pour les jeux de mots et/ou les assonnances, je ne serais pas surprise que « lumpyhead/lumpyface » soit un clin d’oeil supplémentaire. Si Yoren nous apparait comme plutôt sympathique et qu’il semble bien déterminé à ramener Arya à sa famille à Winterfell, il est assez troublant qu’il a recruté un petit paquet d’orphelins auxquels il a promis une amélioration de leur quotidien qui pourrait passer pour des monts et merveilles aux yeux de certains (comme de manger tous les jours). Or, la réalité qu’il a à leur offrir n’a franchement rien de reluisant, car il s’agit d’une mort sociale (et dans ADWD on a même la famine qui guette). Enfin, à travers Lommy, Tourte Chaude et Arya/Arry, on voit aussi des jeunes garçons qui jouent aux petits chefs comme s’ils étaient plus grands qu’ils ne sont (comme Lamwick dans Pinocchio, qui fume le cigare et joue à des jeux d’argent et a des dents aussi grandes que les mots qui lui sortent de la bouche, mais appelle sa maman lorsqu’il se transforme en âne), mais redeviennent enfants dès qu’ils sont confrontés à la réalité brutale.
    Dans Pinocchio, Lampwick (Crapule en vf) n’est pas un vrai méchant : il est irrespectueux des règles mais il n’a rien à voir avec un Stromboli qui encage Pinocchio et l’exploite pour gagner de l’argent (et en fera du bois pour le feu quand il sera trop usé) ou avec le Cocher qui fait de même sous couvert de « punir » les mauvais garçons. De la même façon, Lommy et Tourte Chaude sont des garnements, des jeunes fous (« fools »), mais comme le fait remarquer Yoren, ce ne sont pas eux qui ont tué Eddard Stark.

    Pour autant, je ne pense pas qu’il faille se servir de la référence pour en tirer des conséquences pour la suite : comme c’est le cas avec toutes ses autres références, GRRM réutilise un matériau littéraire/cinématographique/mythologique/etc à disposition, mais il le transforme en quelque chose de très personnel et l’intègre à sa propre histoire, ce qui fait que ce matériau peut passer complètement inaperçu sans rien enlever à l’intérêt du récit ni à sa construction. En bref, c’est que du bonus.

    Un jour, peut-être, je reviendrai sur cette occurrence du « fou »/ »fool » dans la saga, d’autant que je trouve que la figure et le mot saturent tous les premiers chapitres d’ACOK (j’ai un peu pris de l’avance sur la relecture) = moins spectaculaire que la comète, mais omniprésent tout autant.

    #149452
    Samyriana
    • Pas Trouillard
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    Que d’analyses intéressantes! Merci! Pas grand chose à ajouter… J’aime beaucoup le parallèle avec Charon, très parlant.

    Totalement choqué évidemment, mais à remettre dans le contexte c’est quelque chose de « normal » in universe. Si une futur recrue se bagarre avec une autre recrue, c’est peut être la punition habituelle, et les autres seraient peut être étonnés si Yoren ne punit pas « Arry ». Cela dit Yoren sait qu’il a à faire à la fille d’Eddard (et donc la sœur de Robb, seigneur de Winterfell désormais pour Yoren, qui ne devrait pas vouloir qu’il y ait de grief entre le Nord et le Mur), il aurait peut être pu expliquer à Arya qu’il doit la punir pour pas que les autres se posent des questions, et sans forcément aller aussi loin dans le châtiment.

    Pour moi Yoren agit comme ça avec Arya parce qu’il ne se pose pas la question de sa naissance ou de son sexe. À partir du moment où il la récupère devant le septuaire de Baelor, il la traite avec rudesse et fermeté (mais sans méchanceté aucune), comme il traite les autres. Il n’a pas besoin de feindre qu’il s’agit d’une recrue, car je pense que dans sa tête, tant qu’il ne la pas déposée à Winterfell, c’est une recrue.

    "Des chefs de guerre, y en a de toutes sortes. Mais une fois de temps en temps, il en sort un, exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, y en a presque jamais. Et tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles."

    #149555
    darkdoudou
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    Merci beaucoup pour la présentation de ce chapitre Liloo75, c’est très complet

    Gendry est le fils bâtard de Robert Baratheon. Lui aussi se trouve dans le convoi pour le Mur. On peut légitimement se demander pourquoi ?

    La question que je me pose pour Gendry, c’est comment « on » a pu le convaincre de prendre le noir, avec quels arguments et quelles informations ? Autant pour les autres « voyageurs », tout est cohérent, autant pour Gendry, je me pose la question. Lui est déjà presque un homme dans l’univers de Westeros, il devrait avoir son mot à dire, non ?
    ça semble une excellente idée de l’éloigner de Port-Réal, et la Garde de Nuit est un lieu idéal pour le mettre à l’abri ceci dit.

    Personne n’a été choqué par cette scène ? Arya est une fille de 9 ans, pas une recrue pour la Garde, Yoren le sait pertinemment.

    Pas choqué du tout : Yoren intervient pour sauver la nièce de son frère Benjen, pas la petite Arya Stark. Son geste est la suite logique des deux événements violents qui ont précédé, la coupe des cheveux et la bagarre entre les enfants. Il s’agit d’une question de vie ou de mort

    Un jour, peut-être, je reviendrai sur cette occurrence du « fou »/ »fool » dans la saga, d’autant que je trouve que la figure et le mot saturent tous les premiers chapitres d’ACOK (j’ai un peu pris de l’avance sur la relecture) = moins spectaculaire que la comète, mais omniprésent tout autant.

    J’ai hâte de lire ça ! J’ai beaucoup aimé aussi la référence à Pinocchio avec tous ces petits détails intéressants.

    #149955
    Kimmimi
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    Concernant Gendry je pense que « quelqu’un » a voulu le protéger des griffes de Cersei. Celle-ci étant à la recherche de la descendance Baratheon pour l’éliminer il était judicieux de lui trouver une planque.

    Quoi de mieux que le Mur ? Maintenant à savoir ce qu’on a bien pu lui raconter pour qu’il accepte d’y aller ?

    Quant aux instigateurs,  j’en vois deux possibles et qui ont les moyens : Varys mais surtout Littlefinger à qui ça procurerait un pion de réserve. Avec ses plans à plusieurs coups d’avance je ne vois pas trop l’utilité à ce jour. Et s’il n’y en a pas (d’utilité) il pourrait quand même servir un jour…

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 3 semaines par R.Graymarch.

    Notre façon de vivre est une forme de lutte.

    #149958
    darkdoudou
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    J’ai retrouvé un peu plus loin la version des faits de Gendry:

    « J’ai jamais rien fait à aucune reine, grondait-il, rageur, je faisais rien d’autre que mon boulot. Soufflets, pincettes, va chercher, rapporte. Je devais être armurier, puis v’là que maître Mott me dit : “Tu pars à la Garde de Nuit”, et je sais rien d’plus. »ACOK Arya III

    L’instigateur est probablement Varys, celui qui l’avait placé chez Mott auparavant et qui était aussi l’organisateur à mon avis de l’exfiltration d’Eddard Stark vers le Mur. Je ne vois pas par contre l’utilité à long terme prévue par Varys.

    #149974
    Emmalaure
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    Je ne vois pas par contre l’utilité à long terme prévue par Varys.

    L’utilité n’est pas forcément immédiate ni obligatoire, mais il faut plutôt voir cela comme une carte de réserve ou une carte bonus dans le jeu de Varys : Gendry, avec sa ressemblance à Robert Baratheon, pourrait être exhibé contre les enfants de Cersei, et il pourrait aussi faire un challenger dans un contexte de guerre civile préalable à l’arrivée du vrai poulain de Varys. Pas un challenger sérieux (pour Varys), mais une « bannière » dont les seigneurs du Nord pourraient se servir en « souvenir » de l’amitié qui a lié leur seigneur Eddard et le roi Robert (à ce titre, la survie d’Eddard reste importante, car c’est lui qui nouerait des liens avec Gendry et son fils Robb en serait le porte-parole). Bien sûr, l’idée n’est pas que Gendry survive à ces troubles ni qu’il monte un jour sur le trône, c’est un pion à sacrifier : un déserteur de la GDN est passible de mort et Gendry reste un bâtard avec une mère tout ce qu’il y a de plus roturière.
    Il se trouve que Gendry échappe à la sphère « Varys » et au jeu des trônes, ce qui ne représente possiblement sa meilleure chance de salut !

    En termes littéraires, on a affaire à un schéma bâtard de roi vs bâtard de reine qui pourrait être une répétition d’une ancienne lutte bâtard de roi vs bâtard de reine (qui aurait eu lieu aux temps de la Longue nuit, origines du Mur, de Winterfell, toussa, toussa).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 3 semaines par Emmalaure.
    #149979
    Eridan
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    C’est bien Varys qui a placé Gendry dans le convoi de Yoren : il le revendique dans un chapitre de Tyrion. 😉

    un déserteur de la GDN est passible de mort et Gendry reste un bâtard avec une mère tout ce qu’il y a de plus roturière.

    Seulement s’il a prononcé ses vœux (ou si c’est un criminel qui a choisi le Mur plutôt que la mort). Tant que Gendry n’est qu’une recrue, il est libre de quitter le Mur quand bon lui semble … Mais pour aller où ? Pas facile de se tailler une place dans le monde, quand on n’est rien et qu’on a pas de famille. L’apprentissage chez Mott était payé par Varys. Qui voudra encore embaucher Gendry ? Et pour faire quoi ? Son avenir est compromis, et quitter la Garde ne sera pas évident … Sauf s’il trouve un nouveau bienfaiteur (les Stark ou la Fraternité sans Bannière) qui lui offre une alternative.

    On a un sujet sur la tentative de récupération du Guet. 😉 On s’interrogeait pour savoir qui les avait envoyés pour récupérer Gendry : Cersei ? Littlefinger ? Varys ?

    [ACOK] Qui veut récupérer Gendry ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 3 semaines par R.Graymarch.
    #151004
    Athouni
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    Bon, j’essaie de suivre le rythme cette année, j’avais pas eu le temps d’écrire sur les deux premiers chapitres mais je rattrape mon retard !

    Trouble dans le genre

    Le premier chapitre d’Arya s’ouvre d’emblée sur le thème central de son arc narratif, celui de l’identité. Ce thème s’il n’était pas absent dans AGOT devient à partir d’ACOK une dimension incontournable du personnage d’Arya.

    At Winterfell they had called her « Arya Horseface » and she’d thought nothing could be worse, but that was before the orphan boy Lommy Greenhands had named her « Lumpyhead. »

    La nature versatile d’Arya nommé « Arry« , « Lympyhead » ou tout simplement « boy » est renforcée par la présence de Lommy Greenhands et Hot Pie. L’un comme l’autre, contrairement à Arya, sont ce qu’ils semblent être. Leur passé, notamment leur apprentissage, se traduit dans leur nom et jusque dans leur corps : le rondouillard Hot pie vendait à la criée des tourtes chaudes, tandis que Lommy Greenhands doit son surnom et ses mains vertes à son travail dans une teinturerie.

    L’opposition Sansa / Arya marche toujours aussi bien : pour se protéger du danger, la première n’a d’autre option que de répondre aux attendus de son genre et de sa classe. Il lui faudra donc être courtoise. Pour la seconde, la sécurité passe par une dissimulation de son genre et de sa classe : elle devient Arry l’orphelin de Culpucier.

    Ayra ne tarde d’ailleurs pas à se comporter comme un enfant des bas fonds en bastonnant sévèrement Hot Pie qui n’en méritait pas tant. Impuissante face aux responsables de son malheur, Arya se venge sur le premier qui passe. La perte progressive de son identité, la nécessité de s’en bricoler une nouvelle au rythme des pertes successives, l’incapacité à s’attacher durablement à autrui, jouent probablement un rôle dans le parcours de plus en plus violent d’Arya.

    Troublant Gendry

    Le lecteur attentif comprend rapidement que le garçon surnommé « the bull » par Lommy n’est autre que Gendry, le bâtard du Robert Baratheon. Moins évident est de comprendre comment il est arrivé là. Aux dernières nouvelles, il était apprenti à Port Réal et donnait entière satisfaction à son employeur. On sait qu’il ignore tout de son prestigieux lignage et qu’il n’a donc probablement pas décidé seul de rejoindre la Garde de Nuit. Conclusion : il a un protecteur bien informé du danger qu’il encourt.

    On apprend un peu plus loin que Varys est celui qui a organisé la fuite de Gendry. Il l’évoque à mots couverts lors d’une discussion avec Tyrion :

    « There was another bastard, a boy, older. I took steps to see him removed form harm’s way… » ACOK – Tyrion II

    On peut également noter que l’intérêt de Varys pour Gendry ne date pas d’hier. Dans AGOT – Eddard VI, on apprend qu’un « lord » a réglé ses frais de formation. Voici la description qui nous en est fait par Tobho Mott, le maitre forgeron :

    « He was stout, round of shoulder, not so tall as you. Brown beard, but there was a bit of red in it, I’ll swear. He wore a rich cloak, that I do remember, heavy purple velvet worked with silver threads, but the hood shadowed his face and I never did see him clear. » AGOT – Eddard VI

    De part la carrure et la capuche qui masque son visage, on pense à Varys. Certes, il ne porte pas la barbe mais c’est un maître du déguisement. Quel pourrait être l’intérêt de Varys ? Qu’il souhaite, après la mort de Robert, contrecarrer les plans de Cersei en laissant en vie une preuve que « the seed is strong« , cela est logique. Mais pourquoi avoir pris soin d’offrir à Gendry une formation d’apprenti ? A-t-il agi de lui-même ou à la demande d’un tiers ? Qui pourrait être ce tiers si ce n’est Robert ? Ces questions sont à ma connaissance sans réponse.

    Quoi qu’il en soit, Gendry reste un personnage intriguant et j’aimerais bien savoir ce que Martin a en tête le concernant. En tout cas, il sera toujours là dans ADWD et pourrait être témoin de la rencontre entre Jaime, Brienne et Lady Stoneheart !

    https://images-wixmp-ed30a86b8c4ca887773594c2.wixmp.com/f/f7c6241b-4fa7-4861-82e1-ee63ffe2598a/d4pe21l-432abe7d-4975-4720-8013-9bfe9e4d776d.jpg/v1/fill/w_900,h_1165,q_75,strp/arya_by_rewind_me_d4pe21l-fullview.jpg?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOiIsImlzcyI6InVybjphcHA6Iiwib2JqIjpbW3siaGVpZ2h0IjoiPD0xMTY1IiwicGF0aCI6IlwvZlwvZjdjNjI0MWItNGZhNy00ODYxLTgyZTEtZWU2M2ZmZTI1OThhXC9kNHBlMjFsLTQzMmFiZTdkLTQ5NzUtNDcyMC04MDEzLTliZmU5ZTRkNzc2ZC5qcGciLCJ3aWR0aCI6Ijw9OTAwIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmltYWdlLm9wZXJhdGlvbnMiXX0.IsaX5vzv3Vo_jWLW4LT5l7ThPigVhl0bFrMtFRIZ5tI

    Une famille de substitution ?

    Ce chapitre offre aussi l’occasion de comprendre un peu mieux le fonctionnement de la Garde de nuit. Issus des prisons ou des quartiers les moins favorisés de Port-Réal, les recrues apparaissent comme des individus d’une loyauté incertaine.

    I got thirty this time, men and boys all bound for the Wall, and don’t be thinking they’re like that bastard brother o’ yours. » He shook her. « Lord Eddard gave me pick o’ the dungeons, and I didn’t find no little lordlings down there. This lot, half o’ them would turn you over to the queen quick as spit for a pardon and maybe a few silvers. The other half’d do the same, only they’d rape you first.

    Pour autant, Yoren défend clairement les principes et les valeurs de la Garde de nuit après la brutale altercation entre Arya et Hot Pie : « Next time you take that stick to one of your brothers, you’ll get twice what you give, you hear me ? »

    On ne choisit pas sa famille. Aussi déplaisante qu’elle apparaisse aux yeux d’Arya, les recrues de la Garde de nuit sont ses nouveaux frères. Ce qui est intéressant c’est que nous savons qu’Arya ne parviendra jamais à se créer une famille de substitution : elle est contrainte de chasser Nyméria, Ned est exécuté, Catelyn et Robb assassinés, pour une bonne part ses frères de substitution aussi. Tout l’arc narratif d’Arya est une succession de pertes. Chaque lien créé sera systématiquement au mieux distendu (Gendry) au pire brutalement rompu. On peut sans trop prendre de risque estimer que ces pertes à répétition jouent un rôle majeur dans sa radicalisation, son manque grandissant d’empathie, sa capacité à assumer des actes de plus en plus violents.

    Pour Arya, le retour à la lumière passera sans doute par sa capacité à se lier durablement à nouveau à autrui. Traumatisée, Arya laisse sa colère la consumer avant que sa relation sororale à Sansa ne parvienne à tempérer ses souhaits de destruction massive : « She wished the Rush would rise and wash the whole city away, Flea Bottom and the Red Keep and the Great Sept and everything, and everyone too, especially Prince Joffrey and his mother. But she knew it wouldn’t, and anyhow Sansa was still in the city and would wash away too. When she remembered that, Arya decided to wish for Winterfell instead.

    Trois tomes plus loin, après tant de pertes et de souffrances, ce lien (ou un autre) sera-t-il encore assez fort pour guider Arya hors des ténèbres ?

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 1 semaine par Athouni.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 1 semaine par R.Graymarch.

    « When dead men come hunting in the night, do you think it matters who sits the Iron Throne »

    #151025
    Aurore
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    Un truc qui me revient en tête après avoir le post d’Athouni : Arya découvre ses nouveaux frères et ça ne lui fait pas beaucoup plaisir, tout comme Jon l’a fait alors qu’il marchait vers le Mur avec son oncle et quelques recrues. Chacun des deux a un lien familial ou quasi-familial avec une des recrues (Jon avec Benjen, Arya avec Gendry qui lui sert un peu de grand frère) et voyage avec quelqu’un qui va lui ouvrir les yeux bon gré mal gré sur la situation à laquelle il faut s’accommoder (Tyrion/Yoren).

    Mais comme Arya est une fille, le terminus du voyage ne peut être le même sans être dramatique (Danny Flint s’est déguisée elle aussi en garçon pour atteindre le Mur, on ne connait pas encore son histoire à ce stade de la saga, mais rétrospectivement on sait qu’il aurait pu arriver la même chose à Arya), et le parallèle s’arrêtera.

    #155796
    O’Cahan
    • Pas Trouillard
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    Pas grand chose à relever sur ce chapitre, sinon que c’est quand même un moment archi violent. Sans émettre de jugements anachroniques, la petite Arya me paraît quand même pas mal tordue à vouloir tuer le premier qui se montre son « ennemi ».  Pour une gosse, penser ainsi:

    J’ai tué un type, un gros malin comme toi. Je lui ai crevé la bedaine, et il est mort. Et, si tu ne me fiches pas la paix, je te tuerai aussi

    c’est moyennement anodin, je trouve… Elle a un terreau fertile pour l’assassinat facile, disons. Et la violence dont elle fait preuve dans son « combat » avec Tourte est (un peu) disproportionnée. Elle le fait tomber de son âne, lui fracture le nez, il geint, tente de s’en prendre à l’autre, Tourte titube, couvert de sang. Il finit hurlant… La petite me semble quelque peu jusqu’au-boutiste. La violence continue avec la scène très crue de sa punition, et on remarque qu’elle ne lâche sur le moment aucun mot d’excuse, pas même lorsqu’elle voit qu’on est obligé de remorquer Tourte. Et quelques instants après, il suffit de mentionner le destin de son père pour qu’elle se dise encore, instinctivement

    Joffrey, souffla t-elle. On devrait le tuer !

    Elle n’a que le meurtre à la bouche. Son futur est écrit.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 mois par O'Cahan.

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    #155799
    Tizun Thane
    • Pisteur de Géants
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    Et la violence dont elle fait preuve dans son « combat » avec Tourte est (un peu) disproportionnée.

    Elle a la rage au cœur, et ce combat est sa manière de lâcher les vannes de ses émotions après la mort de son père.  Arya a une tendance à extérioriser sa colère par une agression physique (comme contre Sansa lors du procès de Lady).

    Après, c’est assez vrai que sa carrière d’assassin prend racine dès ACOK. il y a une continuité logique dans son destin.

    #155808
    Liloo75
    • Fléau des Autres
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    Arya a traversé bien des épreuves depuis les catacombes du Donjon rouge où elle a croisé deux hommes qui parlaient d’assassiner son père.

    Ce fût ensuite l’attaque de Meryn Trant contre Syrio Forel. Celui-ci lui permettra de s’enfuir, mais en se sacrifiant.

    Arya assistera par la suite à l’élimination des hommes des Stark par les Lannister.

    Elle parviendra à fuir le Donjon rouge, mais devra auparavant affronter un garçon qui l’avait reconnue et voulait la mener à la reine. Elle tue son premier homme, mais en état de légitime défense.

    S’en suivront plusieurs jours où elle sera seule à Culpucier, et tous ses dangers.

    Et enfin, elle assistera à l’assassinat de son père.

    Sauvée in extremis par Yoren, elle se retrouve « enrôlée » par la Garde.

    Alors peut-être que ce pauvre Tourte a payé pour tout cela.

    Mais je ne pense pas que Arya soit foncièrement quelqu’un de violent. Je ne crois pas plus à un destin tout tracé pour elle.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 mois par Liloo75.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #155812
    Yfos
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 939

    Arya me paraît quand même pas mal tordue à vouloir tuer le premier qui se montre son « ennemi ».  Pour une gosse, penser ainsi:

    J’ai tué un type, un gros malin comme toi. Je lui ai crevé la bedaine, et il est mort. Et, si tu ne me fiches pas la paix, je te tuerai aussi

    c’est moyennement anodin, je trouve… Elle a un terreau fertile pour l’assassinat facile, disons

    Mais c’est vrai: elle a été contrainte de tuer quelqu’un pour sauver sa vie et s’enfuir du donjon Rouge. Comme Liloo, je pense que c’est son parcours depuis l’attaque des Stark par les Lannister qui explique son attitude.

    Cela a même commencé avant. Mycah a été tué par le Limier, alors qu’il n’avait rien fait et à peu près tout le monde trouve ça normal.

    Comme d’autres frères et soeurs, je pense qu’elle est traumatisée, a la rage au coeur. De plus, Tourte prétend avoir déjà tué quelqu’un en le faisant mourir sous les coups. Cela le place donc dans le champ où la violence est permise.

     

     

     

     

    #155813
    DroZo
    • Pisteur de Géants
    • Posts : 1357

    S’en suivront plusieurs jours où elle sera seule à Culpucier, et tous ses dangers.

    Plusieurs semaines même. Sept semaines selon notre chronologie, où accessoirement elle se sait traquée. C’est énorme, surtout pour une gamine. Je suis entièrement d’accord avec Liloo : Arya agit avec une très grande violence c’est vrai, mais elle est un trauma sur pattes qui a vu beaucoup de gens qu’elle aimait se faire trahir et tuer – et pas de la manière la plus propre du monde, et qui a ensuite dû survivre presque deux mois dans un milieu très hostile, avec les vols et agressions qui vont avec. A ce compte là, on ne peut plus juger Arya comme une gamine ordinaire.

    Joffrey, souffla t-elle. On devrait le tuer !

    Elle n’a que le meurtre à la bouche. Son futur est écrit.

    Pareil, si cette phrase peut choquer dans notre contexte moderne, dans le contexte de Westeros, tous les Stark veulent tuer Joffrey pour venger Ned. Sansa est sur le point de se suicider en se jetant sur les piques du Donjon Rouge avec lui, Robb et Catelyn déclarent qu’ils les tueront tous, Jon déserte la Garde pour aider son frère… Et pourtant on ne va pas dire que Robb, Catelyn, Sansa et Jon sont des fous borderline.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 mois par R.Graymarch.

    « La drosophile est un petit animal avec un cycle de vie court et de nombreux mutants sont disponibles. Son génome compact a été un des premiers génomes à être séquencé entièrement. »

    I’m a X-Flies 😎

    #155817
    O’Cahan
    • Pas Trouillard
    • Posts : 739

    Ben dans le contexte, moderne ou pas, et c’est ce que j’essayais de souligner, c’est qu’elle a le cul en sang parce qu’elle vient de passer à tabac à quelqu’un et la seule chose qui lui vient à l’esprit, c’est encore plus de violence.

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    #155819
    Obsidienne
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 797

    Ben dans le contexte, moderne ou pas, et c’est ce que j’essayais de souligner, c’est qu’elle a le cul en sang parce qu’elle vient de passer à tabac à quelqu’un et la seule chose qui lui vient à l’esprit, c’est encore plus de violence.

    Sweet summer child !
    Si, comme Liloo 75, Yfos et Drozo on tente de se mettre à la place d’Arya, on comprend sa rage.
    Sa sensibilité ? Il a bien fallu qu’elle la relègue tout au fond d’elle même ! Question de survie !
    Ce n’est pas tant la violence qui la caractérise que sa volonté tenace de tenir, de survivre coûte que coûte .
    Est-ce qu’elle abandonnera un jour son armure mentale ? Peut-être en retrouvant Nyméria, ou un des survivants de sa fratrie … (revoir sa mère, ou ce qu’elle est devenue, risque, au contraire de la faire basculer définitivement !)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 mois par R.Graymarch.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #155820
    O’Cahan
    • Pas Trouillard
    • Posts : 739

    Mais je ne nie absolument pas tout ce que vous avez souligné !

    Simplement, si son comportement s’explique, il n’en est pas plus normal.

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