AGOT 66 – Arya V

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    Sans-Visage
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    AGOT 66 – ARYA V

    Lorsqu’on s’amuse au jeu des trônes…

    Survivre

    On retrouve Arya après sa fuite du Donjon Rouge. La petite fille erre dans les rues de Culpucier, elle voudrait plus que tout rentrer chez elle dans le Nord, mais pas facile de quitter Port-Réal avec tous ces manteaux d’or qui patrouillent. D’ailleurs, elle les compare aux puces qui grouillent sur elle depuis qu’elle doit dormir où elle le peut, c’est à dire partout sauf dans un vrai bon lit. Culpucier porte bien son nom : par les yeux d’Arya, on observe la misère sordide, bien loin des fastes de la cour. Elle doit survivre, soit elle survit donc. Je n’ose même pas imaginer ce que deviendrait Sansa à sa place…

    Arya se nourrit donc de pigeons qu’elle attrape en les étourdissant de son épée de bois (Aiguille étant bien cachée). Elle y parvient sans mal. En effet :

    « comparé aux chats, c’était facile, prendre les pigeons »

    Livrée à elle-même, obligée de se débrouiller pour survivre et tenter de s’échapper de cette ville-piège pour les Stark, Arya doit abandonner ce qu’elle a appris durant son enfance à Winterfell. Les propos de son père n’ont plus cours, seule compte la survie. Lorsqu’elle songe à voler un marchand de tourtes chaudes,

    « Le seigneur son père, elle s’en souvenait fort bien, lui avait inculqué de ne jamais volé, mais les motifs qu’il invoquait devenaient de plus en plus flous. »

    elle doit renoncer, car celui-ci la menace des hommes du guet.

    « Quoique les manteaux d’or ne lui eussent pas prêté d’attention spéciale, leur seule vue lui nouait les tripes. »

    Elle continue donc son régime à base de pigeons et de « brun », cette mixture à base d’orge servie dans les gargotes. Dans lesquelles on la dévisage, espérant la voler ou la violer. Toujours elle est parvenue à s’échapper lorsqu’on la poursuivait. Et encore, on lui a dérobé la gourmette d’argent qu’elle comptait revendre et son balluchon de bons vêtements alors qu’elle dormait dans une bicoque. Elle cache Aiguille mais fait en sorte de montrer sa latte de bois. Cependant, certains n’auraient même pas eu peur d’une hache d’armes…

    Dans Culpucier il y a des rumeurs folles. Lord Eddard Stark aurait tué le roi, avant d’être occis par Renly. Ou c’est ce dernier qui aurait tué le roi dans une querelle fraternelle. Robert aurait été empoisonné par Varys l’Araignée, par la reine, étouffé par une arête de brochet ou par le sanglier qu’il mangeait… On n’est sûr que d’une chose, le trépas du roi Robert : les cloches du septuaire de Baelor ont sonné durant un jour et une nuit, ce qu’elles ne font qu’en cas de la mort d’un roi.

    En arrivant près de la Néra, Arya découvre une galère marchande aux couleurs des Stark. On lui apprend qu’il s’agit de « La Charmeuse de Vent ». Le bateau que Lord Eddard a affrété pour conduire ses filles hors de Port-Réal ! La petite fille pleure de joie, de soulagement… Puis elle entend la voix de son maître à danser.

    « Regarde avec tes yeux, chuchota la voix de Syrio. »

    Elle regarde donc. Alors qu’elle connaît tous les hommes de son père, ceux qui gardent la galère, bien qu’ils portent les couleurs de Winterfell, lui sont inconnus. Danger ! Repérée, elle s’oblige à s’en aller posément, profitant de que l’on recherche une fille, et non un garçon sale et en haillons. Aurait-elle couru que son attitude aurait paru suspecte. Elle fait alors preuve d’un grand sang-froid. Sansa, elle, aurait sans doute été prise à ce piège.

    Décidément, des pièges, partout. N’eussent été l’entraînement qu’elle a reçu et son caractère indépendant, son esprit débrouillard, Arya aurait fini capturée par ses ennemis, ou violée, tuée, dans les bas-fonds, peut-être les trois !

    L’exécution-spectacle ou la « récompense » de l’honneur

    Le tocsin retentit soudain. Arya suit le mouvement de la foule, tombe et se blesse au genou et à une main. Elle finit par se retrouver contre le piédestal de la statue de Baelor, grimpe aux pieds de celle-ci… et aperçoit enfin son père.

    Celui-ci est bien vêtu, mais la somptuosité de ses atours « manteau de laine grise bordée de fourrure et son doublet de velours gris rebrodé de perles à l’effigie du loup » contraste avec sa mine « sa maigreur et l’expression douloureuse de sa longue face la stupéfièrent. » Il semble très faible, pour preuve « Il était moins debout que maintenu debout » et on voit qu’il n’a guère reçu de soin pour sa jambe « le plâtre de sa jambe se révélait grisâtre, comme corrompu ».

    Un homme affaibli au point de ne pouvoir tenir debout seul, mais habillé de riches vêtements… Cela me fait penser à une mise en scène. Comme pour appuyer ce que lord Stark va confesser plus tard, qu’il est un traître qui voulait s’emparer du pouvoir. Les gens verront uniquement la richesse de sa mise et se figureront que voilà un sale riche qui a trahi pour plus de fortune et de pouvoir. Contraste physique entre le bas peuple et les gens de la haute. Seule Arya, sensible à l’expression de son père, à l’aspect de son corps amaigri et à sa faiblesse peut, parmi la foule, s’inquiéter pour lui.

    Arya voit également Joffrey, le Limier, Varys et Petyr Baelish « l’ancien soupirant transi de Mère ». Cersei est présente également, ainsi que Sansa.

    « Enfin dans ce tas se trouvait, d’azur soyeuse et bien auburn, bien lissée, bouclée, les poignets cernés de bracelets d’argent, Sansa. »

    Arya ne comprend pas ce que fait sa sœur en telle compagnie. Ni pourquoi elle paraît ravie. La différence entre l’apparence de l’aînée bien mise et propre, tranche avec l’aspect des deux autres Stark. De la cadette, toute en haillons, en sang et couverte de puces, et du père, affaibli et blessé. Persuadée que Ned va être gracié, à moins qu’elle ne sourie pour donner le change auprès de Joffrey et de la reine, Sansa semble radieuse à Arya qui ne peut évidemment pas comprendre.

    C’est alors que Ned Stark commence à parler, mais d’une voix si faible que Janos Slynt, qu’Arya compare à un poussah laqué (du moins je crois que c’est lui) « escalada la chaire dans le dos de Père et le houspilla rudement ». Ned se remet alors à parler plus fort, et avoue être un traître qui guignait la couronne et le pouvoir. Quolibet et ordures fusent de la foule, Sansa, enfin, adopte un comportement adéquat : elle se cache le visage dans ses mains. Eddard avoue, ou plutôt prétend avoir voulu faire assassiner Joffrey qui, dit-il est le seul vrai roi légitime. Ainsi, entre son honneur et la vie de sa fille Sansa, Ned a choisi. En s’accusant ainsi de choses qu’il répugne, il me fait l’effet d’avoir au contraire encore plus d’honneur que jamais.

    On jette des pierres et l’une d’elles atteint le soi-disant traître à la tête. Seuls les manteaux d’or l’empêchent de tomber.

    Le grand Septon demande alors au nouveau roi ce qu’il convient de faire du traître. Joffrey déclare que sa mère et sa promise Sansa lui ont demandé d’épargner le traître. Il sourit alors à Sansa : « Sur ces mots, il regarda Sansa droit dans les yeux et sourit, si bien qu’Arya crut une seconde sa prière exaucée ». Ce sourire n’est en fait rien d’autre qu’une preuve de son sadisme : faire croire que tout va bien se passer pour soudain donner l’estocade.

    En effet : « mais déjà il se retournait vers le peuple et déclarait : “le cœur des femmes a de ces faiblesses… Mais aussi longtemps que je serai, moi, votre roi, la félonie ne demeurera pas impunie. Sa tête, ser Ilyn !” »

    Aussitôt, Arya entend Sansa crier puis la voit s’effondrer en pleurs. La foule réagit vivement, surexcitée, tandis qu’on tente de raisonner le roi.

    « pendant que le grand Septon se pendait aux basques du roi, que Varys se précipitait en se tordant les mains, que la reine elle-même tentait apparemment de raisonner son fils, mais Joffrey leur opposait à tous le même branlement de tête négatif. »

    Tandis que les manteaux d’or installent rudement lord Stark pour son exécution, Arya quitte la statue de Baelor et tente de se frayer un chemin parmi la foule. Mais celle-ci est trop dense. Elle voit ser Ilyn brandir une épée et réalise avec horreur qu’il s’agit de Glace, celle de son père… Ainsi Eddard Stark va être exécuté par sa propre arme. Arya est en larmes.

    C’est alors que quelqu’un la saisit, lui faisant lâcher sa précieuse Aiguille.

    « Une figure se pressa contre la sienne, de longs cheveux noirs, une barbe hirsute, des dents gâtées.

    « ‘R’garde pas ! jappa une voix de rogomme. »

    Tandis que l’individu la secoue, elle entend quelque chose. L’horrible son du trépas de son père.

    « Vaguement, comme venant de très très loin, elle perçut un… un bruit…, plutôt la douce rumeur d’un soupir, comme si d’un million de poitrines s’était exhalé le souffle simultanément. »

    C’est l’odeur qui rafraîchit la mémoire d’Arya et elle reconnaît le frère de la Garde de Nuit qui avait rendu visite à son père. Elle tente de répliquer mais il la secoue plus fort et lui intime de la fermer. Il lui tend Aiguille qu’il avait ramassée sans qu’elle s’en rende compte.

    « s’pérons qu’ ça t ’servira, mon gars. »

    Arya voudrait protester qu’elle n’est pas un garçon mais Yoren (Arya s’est souvenue de son nom) la pousse dans un porche et approche un couteau d’elle.

    « Pas un gars futé, ça qu’ tu v’ dire, hein ? »

    Arya se débat mais elle a beau ruer, le couteau lui coupe les cheveux.

    « Comme celui-ci volait vers sa figure, Arya se rejeta en arrière, mais elle avait beau ruer, se débattre, démener sa tête en tous sens, loin de se relâcher, la prise, et avec elle quelle poigne ! s’accentuait, et à la sensation que se déchirait son cuir chevelu, se mêla inextricablement la saveur saumâtre des larmes. »

    Je trouve Yoren bien perspicace. Il reconnaît la cadette Stark sous son déguisement de garçon des rues et ne tique pas en la voyant armée d’une fine épée. J’ai sûrement raté quelque chose : sait-on ultérieurement comment il a pu voler au secours d’Arya, décidant de la mêler à son cheptel en partance pour le Mur ? En tout cas, il réagit vite et bien dans ces circonstances.

    De même, un frère de la Garde de Nuit ne prend jamais parti dans les affaires d’état. Yoren éprouverait-il malgré tout un attachement si fort pour la Maison qui gère le Nord qu’il en oublierait son serment ? Mais en se parjurant il fait ce qui est juste, tout comme un certain gouverneur nordien…

    Conclusion

    Voilà. Eddard Stark, seigneur de Winterfell et gouverneur du Nord, vient d’être exécuté pour trahison. Lui qui plaçait son honneur au-dessus de tout… Tout ? Non. Plus fort que la valeur morale, son amour pour ses enfants, en l’occurrence Sansa, prisonnière comme lui des Lannister. Déclarer des mensonges à la face du peuple — lequel doit être ravi de constater la chute d’un puissant, alors même que son dégoût du mensonge et des intrigues lui a valu d’être arrêté, voilà une cruelle ironie. À présent que le pouvoir lui a été retiré, qu’il n’est plus rien qu’un prisonnier, il tourne le dos à ses préceptes. C’est dans cette déchéance physique et sociale qu’il accepte enfin de mentir. Il est bien temps !

    Cependant pour moi, s’accuser à tort des pires crimes pour tenter de sauver autrui, m’apparaît au contraire digne d’éloges. Si l’honnêteté du seigneur de Winterfell lui a fait commettre nombre d’erreurs dans ce panier de crabes qu’est le Donjon Rouge, son revirement lui rend honneur, le véritable honneur, car désintéressé.

    Adieu Ned Stark, vous aviez pourtant été prévenu…

    « Lorsqu’on s’amuse au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr, il n’y a pas de moyen terme. » lui avait dit la reine Cersei.

    Le problème de Ned, c’est qu’il avait beau ne pas vouloir jouer à ce jeu cruel, devrais-je dire mortel, il a été happé dans la danse, une danse dont il ne connaissait pas ou très mal, les pas.

    Danse trop compliquée, jeu truqué, ce fichu honneur qu’il était apparemment le seul à écouter dans ce lieu d’intrigues et de complots…

    Parfois la mort est inévitable.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois et 4 semaines par Sans-Visage.
    #146166
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Ce chapitre m’a complètement pris par surprise à la relecture car comme une lumière masquant tout le reste, j’avais gardé en mémoire la mort de Ned. Forcément, c’est le passage marquant du livre quand on est primo-lecteur (et on se demande comment Ned a pu en arriver là, on « comble les trous » depuis la visite de Varys à Ned). Et du coup, j’avais complètement occulté le reste que j’ai donc redécouvert.

    Le chapitre commence par une mise à mort, certes d’un pigeon mais quand même. Arya est en solo dans la ville et ça m’a fait penser à son futur destin à Braavos où elle erre dans les rues. J’ai souri quand j’ai vu qu’elle mentionne les gâteaux au citron (comme quoi, en effet, y a pas que Sansa qui aime ça) mais le sens du danger et les leçons de Syrio reprennent vite le dessus.

    Ensuite, c’est une succession de passages dangereux/violents où Arya risque à peu près tout. J’ai commencé à les lister pour la relecture mais… il y en a tellement que j’ai dû en oublier, tellement ça m’a donné mal au coeur

    A couple times, she was followed out into the alleys and chased, but so far no one had been able to catch her.
    The silver bracelet she’d hoped to sell had been stolen her first night out of the castle, along with her bundle of good clothes, snatched while she slept in a burnt-out house off Pig Alley. All they left her was the cloak she had been huddled in, the leathers on her back, her wooden practice sword… and Needle. (…)

    Often as not, she went to bed hungry rather than risk the stares.(…)

    The potshops would give you a fistful of coppers for a litter of pups, she’d heard, but she didn’t like to think about that. (…)

    If you walked near the buildings, people grabbed you

    Un concentré de violences urbaines (qui nous permet aussi de faire le tour de la ville et d’accepter qu’Aiguille soit toujours avec elle). Arya est en mode survie et son environnement va influer sur elle bien plus tard. Cela lui aura permis de s’en sortir (physiquement au moins), on le voit au bateau où elle est bien maline pour voir le piège et s’en sortir.

    Arrive le tocsin. (oui j’ai vérifié que Buu n’avait pas d’article sur notre encyclopédie avant de le créer^^). Arya tombe et se décapite symboliquement la Main (j’ajoute qu’Arya est gauchère). (pour le genou, j’ai pas trouvé)

    The thumb of her left hand was covered with blood. When she sucked on it, she saw that half the thumbnail was gone, ripped off in her fall. Her hands throbbed, and her knee was all bloody too.

    Ensuite les frères Redwyne (avec leur couleur « burgundy », oui ça m’a fait tiquer mais c’est peut-être que moi) passent, Arya les reconnait mais eux pas (normal, elle est dans la masse du peuple). On assiste au châtiment d’Eddard. C’est assez pervers de la part de l’auteur de voir ça par les yeux d’Arya. On peut imaginer qu’Eddard est déjà parti donc que son PoV n’a pas lieu d’être (ça se discute). Sinon, il restait… Sansa. Moui, on a déjà eu ses pensées précédemment à ce sujet (mais pas à la conclusion qu’on aura ici, bien entendu vu que cela a pris presque tout le monde de court).

    Arya est en colère mais est inaudible dans la foule

    Arya struggled to find a voice. “He never—” she started, but she was only a child and they talked right over her.

    Sa seule manière d’avoir un impact, en tant qu’enfant, ce sera l’action. Souvent expéditive.

    Oh tiens, Sansa a de jolies menottes en argent

    and silver bracelets on her wrists

    Comme vu au début du tome, Arya ne comprend pas la réaction de sa soeur, ou plutôt le fait qu’elle préserve les apparences

    Arya scowled, wondering what her sister was doing here, why she looked so happy

    Ensuite, c’est quasi la curée, la foule devient haineuse. Et quand Ned confesse ses crimes puis que Joffrey prend un malin plaisir à changer la sentence tout en regardant Sansa, cette dernière accuse bien entendu le choc

    Sansa had hidden her face in her hands / Sansa had fallen to her knees, sobbing hysterically. / She could still hear Sansa screaming

    Arya saute dans la foule pour tenter d’aider son père. Vu la densité de gens et sa taille, je trouve ça bizarre qu’elle arrive encore à voir ce qui se passe sur « scène », notamment arriver à distinguer.

    Et là, Yoren arrive. Littérairement, je me pose plein de questions sur sa venue dans le chapitre. Il est le seul à avoir cotoyé Arya mais qu’elle ne reconnait pas (ou sinon juste plus tard à l’odeur. Comme l’odorat d’une louve ? Ou juste parce que sa puanteur est caractéristique^^). Il arrive à jauger la situation et pense que le plus important est qu’Arya ne regarde pas, il la protège (Arya et aussi son identité)

    “Shut your mouth and close your eyes, boy.”

    Au passage, sauver une enfant, même Stark n’est pas vraiment s’immiscer dans les affaires du royaume quand cette enfant est perdue dans la foule.

    L’intervention de Yoren est inespérée, voire miraculeuse (le fait qu’il soit là, qu’il la reconnaisse dans la foule puis qu’il agisse ainsi). Même si la fin de chapitre reste ambiguë pour le primo lecteur, il a un rôle protecteur et je me dis que c’est aussi peut-être pour préserver la santé mentale d’Arya (je peux imaginer que voir son père se faire décapiter en public c’est traumatisant, et c’est encore pire quand on a 9 ans). Arya n’est plus en état de toute façon.

    Si Yoren n’avait pas été là, elle ne s’en serait sans doute pas sortie

    The plaza was beginning to empty. The press dissolved around them as people drifted back to their lives. But Arya’s life was gone. Numb, she trailed along beside… Yoren, yes, his name is Yoren.

    Yoren lui rend Aiguille puis la change en « boy » pour son bien. Néanmoins, quand il sort un couteau, on peut se demander quelles sont ses véritables intentions. Arya panique mais est maîtrisée par Yoren tandis qu’elle se débat et pleure.

    As the blade flashed toward her face, Arya threw herself backward, kicking wildly, wrenching her head from side to side, but he had her by the hair, so strong, she could feel her scalp tearing, and on her lips the salt taste of tears.

    Bien entendu, il y a beaucoup à dire sur l’exécution « surprise » de Ned, mais j’avais vraiment oublié le parcours d’Arya dans ce chapitre, un passage incessant vers l’inhumanité à cause des violences des gens. Et à la fin un miraculeux chevalier servant (un peu moisi) dont les intentions sont encore troubles. Ou plutôt le chasseur des contes de fée, un personnage inquiétant mais toujours positif

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    #146173
    Athouni
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 237

    C’est vrai qu’on oublie toujours la mise en place de ce chapitre, sa fin étant tellement spectaculaire. A fortiori, à la première lecture mais même lors de suivantes.

    Une des petites choses sympa à noter c’est que Ned se confesse devant des Dieux auxquels il ne croit pas, invalidant en quelque sorte la prétendue vérité :

    Let the High Septon and Baelor the Beloved and the Seven bear witness to the truth of what I say: Joffrey Baratheon is the one true heir to the Iron Throne, and by the grace of all the gods, Lord of the Seven Kingdoms and Protector of the Realm. AGOT – Arya V

    C’est d’autant plus marquant que l’expression « by the old gods and the new » est reprise de nombreuses fois.

    Cette exécution aura aussi des répercutions à court et long terme : d’abord en plongeant irrémédiablement le royaume dans une guerre civile particulièrement brutale et ensuite en créant un divorce entre le Donjon Rouge et la Foi des 7.

    [Joffrey] called for Lord Eddard’s head in front of half the city. And Janos Slynt and Ser Ilyn went ahead blithely and shortened the man without a word from me! » [Cersei’s] hand tightened into a fist. « The High Septon claims we profaned Baelor’s Sept with blood, after lying to him about our intent« . – ACOK Tyrion I

    Ce gouffre entre les deux collines de Port Réal ira grandissant jusqu’au procès de Cersei.

    « When dead men come hunting in the night, do you think it matters who sits the Iron Throne »

    #146201
    Ser Aemon Belaerys
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 785

    Quel chapitre ! Un perso POV qui se fait décapiter ! Après cela il ne sera plus possible de penser qu’un personnage puisse être à l’abri de quoi que ce soit.

    Le choix d’Arya comme POV pour rapporter cette exécution est plutôt bon. On connait la situation des autres persos après la mort de Robert mais on n’a pas eu de nouvelles d’Arya depuis qu’elle a fui Meryn Trant et le Donjon Rouge. Cela permet de décrire à Port-Réal autre chose que comme la capitale et un lieu d’intrigues, mais bien une ville fourmillant de bons et mauvais personnages, le « petit peuple », qui ne sait pas ce qui se passe vraiment mais colporte les rumeurs, et qui bien que le jeu des trônes n’améliore en rien sa situation, vient se « divertir » quand les nobles règlent leurs comptes en place publique.

    « Le seigneur son père, elle s’en souvenait fort bien, lui avait inculqué de ne jamais volé, mais les motifs qu’il invoquait devenaient de plus en plus flous. »

    Premier pas vers la perte d’humanité d’Arya ? Son père n’est pas encore mort qu’elle commence déjà à perdre des repères.

    Eddard avoue, ou plutôt prétend avoir voulu faire assassiner Joffrey qui, dit-il est le seul vrai roi légitime. Ainsi, entre son honneur et la vie de sa fille Sansa, Ned a choisi. En s’accusant ainsi de choses qu’il répugne, il me fait l’effet d’avoir au contraire encore plus d’honneur que jamais.

    Pour sa fille il a été jusqu’à se parjurer et passer pour un traitre aux yeux de la population. Plus froid et cynique, il aurait accepté la proposition de Renly de récupérer Joffrey avant les Lannister quand Robert était mourant, il aurait eu un meilleur résultat pour l’ensemble de sa famille.

    Une des petites choses sympa à noter c’est que Ned se confesse devant des Dieux auxquels il ne croit pas, invalidant en quelque sorte la prétendue vérité :

    Je me rappelle un décryptage sur le blog à propos des sauvageons faisant quelque chose de similaire. Il prête allégeance à Stannis en ployant le genou devant eux alors que ça ne signifie rien pour eux, uniquement pour lui donner ce qu’il attend. Ici Eddard est sur le parvis du septuaire donc joue le jeu de la religion des Sept. Le fait-il plus pour faire « plaisir » aux Lannister ou ne pas froisser ses anciens dieux ?

    Je trouve Yoren bien perspicace. Il reconnaît la cadette Stark sous son déguisement de garçon des rues et ne tique pas en la voyant armée d’une fine épée. J’ai sûrement raté quelque chose : sait-on ultérieurement comment il a pu voler au secours d’Arya, décidant de la mêler à son cheptel en partance pour le Mur ? En tout cas, il réagit vite et bien dans ces circonstances. De même, un frère de la Garde de Nuit ne prend jamais parti dans les affaires d’état. Yoren éprouverait-il malgré tout un attachement si fort pour la Maison qui gère le Nord qu’il en oublierait son serment ? Mais en se parjurant il fait ce qui est juste, tout comme un certain gouverneur nordien…

    Varys l’avait prévenu d’être là pour récupérer Eddard censé être condamné à rejoindre le Mur, on l’apprendra dans ACOK. Je pense que Yoren reconnait Arya, et bien que « neutre » envers les Stark il considère Benjen comme un frère donc aide sa nièce. De plus malgré son caractère bourru Yoren ne laisserait pas une petite fille comme Arya seule à Port-Réal.

    Le coup de chance c’est qu’il se retrouve pas loin d’Arya, il aurait pu être de l’autre côté de la place par exemple.

    « pendant que le grand Septon se pendait aux basques du roi, que Varys se précipitait en se tordant les mains, que la reine elle-même tentait apparemment de raisonner son fils, mais Joffrey leur opposait à tous le même branlement de tête négatif. »

    Varys et Cersei n’avaient pas prévu cette décapitation. Ilyn n’est qu’un bourreau qui s’exécute, et le Limier on sait qu’il est détaché des événements. On n’a pas la réaction de Janos Slynt et Littlefinger ? 😉

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 3 semaines par R.Graymarch.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    #146203
    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 7370

    Une des petites choses sympa à noter c’est que Ned se confesse devant des Dieux auxquels il ne croit pas

    Ah oui, bien vu, comme quoi sa promesse a moins de valeur à ses yeux. C’est un peu un tour de passe-passe qui ne change rien pour le commun des mortels mais je peux bien imaginer Ned utilisant ce subterfuge pour protéger son estime de lui-même.

    Premier pas vers la perte d’humanité d’Arya ? Son père n’est pas encore mort qu’elle commence déjà à perdre des repères.

    Pour moi, le premier pas est bien avant. Quand elle tue le gars dans les écuries (il la menace) et ne ressent.. rien. Ici, Arya se rend compte que les conseils de Syrio sont plus utiles que ceux de son père (ou de septa Mordane). Elle va survivre, mais à quel prix.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #146206
    Ser Aemon Belaerys
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 785

    Pour moi, le premier pas est bien avant. Quand elle tue le gars dans les écuries (il la menace) et ne ressent.. rien. Ici, Arya se rend compte que les conseils de Syrio sont plus utiles que ceux de son père (ou de septa Mordane). Elle va survivre, mais à quel prix.

    Exact ! Alors ça serait le deuxième pas 🙂 ? Ou plutôt une deuxième étape dans son long apprentissage.

    -"Comment veux-tu mourir, Tyrion, fils de Tywin ?"
    - "Dans mon lit, à l’âge de 80 ans, le ventre plein de vin et ma queue dans la bouche d’une pute. "

    #146215
    Liloo75
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1511

    Merci Sans-Visage pour cette riche analyse du chapitre d’Arya.

    La décapitation de Ned Stark vu par les « yeux » de sa fille (même si en réalité Yoren lui cache les yeux au moment fatidique) est une vraie claque pour le lecteur.

    Je n’avais pas remarqué que Ned Stark jure devant les nouveaux dieux, et ainsi ne se parjure pas vraiment. Quoi qu’il en soit, dans cette scène devant le septuaire de Baelor, le déshonneur est du côté des Lannister et de Joffrey en particulier. Condamner à mort un homme innocent relève de la pire des ignominies.

    Comme tu le dis si bien, Ned Stark ment uniquement pour sauver sa fille Sansa, par amour pour elle.

    Pour répondre à ta question au sujet de l’identification d’Arya par Yoren, celui-ci a déjà eu l’occasion de la voir habillée en garçon et dans des vêtements abîmés. En effet, il découvre Arya pour la première fois dans la tour de la Main, lorsqu’elle revient des catacombes et de sa chasse aux chats. Yoren la prend immédiatement pour un garçon et fait la remarque à lord Eddard. Il lui dit en substance : c’est votre fils ? Il vous ressemble.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #146219
    DJC
    • Frère Juré
    • Posts : 92

    Merci Sans-Visage pour cette riche analyse du chapitre d’Arya. La décapitation de Ned Stark vu par les « yeux » de sa fille (même si en réalité Yoren lui cache les yeux au moment fatidique) est une vraie claque pour le lecteur.

    Exactement ! Là encore, quel choix de personnage POV par l’auteur en effet ! Puis vivre ça « au cœur de la foule, avec le petit peuple »… et les yeux cachés, ça joue encore + sur l’incertitude et l’imaginaire du lecteur, un peu comme récemment Catelyn qui assiste de loin à la bataille de Vivesaigues.

    Et en effet toute la partie « Arya en mode survivor » est facilement éclipsée par l’exécution finale, mais vraiment pas dénuée d’intérêt.

    Merci pour le détail sur Yoren et Varys, je m’étais toujours demandé/j’avais zappé.

    Perso, je me suis beaucoup inquiété pour Sansa après avoir lu ce chapitre, mais finalement……..

    #146224
    Sans-Visage
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 380

    Ah oui je me souviens maintenant de la première rencontre d’Arya et de Yoren. Merci Liloo ! 😉

    Et merci à toi aussi pour l’explication, Ser Aemon Belaerys.

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