ASOS 27 – Jon III

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    Ysilla
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    ASOS 27 – Jon III

    Au fil des pages – liste des sujets

    ASOS 26, Davos III ASOS 28, Daenerys III

    Nous avions laissé Jon au chapitre 16, sur le sommet du Poing des Premiers Hommes, dans un fort moment de tension dramatique : Mance Rayder y avait découvert que Jon Snow avait menti et Jon lui s’était retrouvé devant le carnage consommé des rangs de la Garde. Contraint d’offrir des preuves tangibles de sa loyauté, il devait suivre la troupe sauvageonne, menée par Jarl et Styr, le Magnar de Thenn et chargée de passer le Mur en avant-garde.

    Avec ce chapitre 27, nous retrouvons donc Jon en vue du Mur, après une longue ellipse narrative : aux dires de Mance, le Mur se situe en effet à cent lieues du Poing, soit près de quatre cent cinquante kilomètres, ce qui correspond à une estimation sans doute approximative. Pour l’heure, la troupe de cent vingt sauvageons campe dans une grotte, sans que la patrouille qui arpente le sommet du Mur ne l’ait repérée. Jon, en butte à la méfiance sinon à la franche hostilité de ses comparses est réduit à donner les renseignements stratégiques exigés par Styr. Il a dû se séparer de Fantôme qui ne pourra pas franchir le Mur et trouve du réconfort entre les bras d’Ygrid.

    Jon au pied du Mur ?

    Après ce qu’il a vu sur le Poing des Premiers Hommes, le lecteur, avec Jon, peut se demander ce qu’il fait là entre Jarl et Styr.

    En effet, que reste-t-il de la mission confiée par Qhorin Mimain, seul repère moral qui donne un sens à la survie de Jon parmi les sauvageons ? Rappelons-nous : il devait leur prêter allégeance, quoi qu’ils exigent de lui, afin de découvrir ce qu’ils recherchaient au cœur des Crocgivre puis s’en revenir auprès de Mormont, sans oublier qui il est et ce qu’il est.

    Maigre bilan

    À part d’avoir constaté que c’est tout le peuple sauvageon qui se dirige vers le Mur, Jon n’a jamais pu saisir que des bribes d’informations inutilisables sur ce que recherchait Mance Rayder.

    Dans le chapitre 16, Mance tenait pour acquis que, parmi les survivants de la Garde, devait se trouver Mormont :

    Toi, sire des Os, maintiens coûte que coûte le rythme de la colonne. Si nous atteignons le Mur avant Mormont, nous aurons gagné.

    Je note que Jon, lui, dans son dialogue intérieur, n’accorde pas une pensée aux éventuels survivants du massacre du Poing. Sans doute les considère-t-il perdus ? Ni lui, ni les sauvageons ne se préoccupent par ailleurs de se savoir éventuellement pourchassés par les spectres.

    Les deux groupes (les frères de la Garde et les sauvageons) suivent des directions si distinctes dans un environnement très vaste que les uns ne risquent pas de tomber sur les autres – dans tous les sens du terme – 😉.

    Tourne-casaque ? 

    Bon gré, mal gré, Jon doit bien se résoudre à remplir une autre mission : fournir au Styr les informations sur le système de surveillance du Mur, en bon tourne-casque qu’il est devenu. Le thème du tourne-casaque est discrètement repris pour le lecteur par l’allusion à Theon Greyjoy en début de chapitre et rappelle le chapitre précédent où Davos reçoit le récit d’un traître ou du moins considéré comme tel : Alester Florent. GRRM sait soigner ses transitions.

    Aux pillards sauvageons, songea-t-il, par exemple. Tels qu’en voici. Que me voilà.

    Je me demande si les informations fournies par Jon sont réellement de la plus haute importance pour le Thenn ou bien s’il s’agit de tester sa loyauté en appréciant la spontanéité et la véracité des réponses. Depuis le temps que les sauvageons passent le Mur, ils ont eu tout le loisir d’évaluer le nombre et le rythme des patrouilles qui suivent le Mur à sa base comme à son sommet.

    Le jeune Jarl lui-même doit en connaître un bout sur la question  :

    Malgré son jeune âge, vingt ans tout au plus, c’en faisait huit qu’il prenait part aux raids, et il avait déjà passé le Mur à plus de dix reprises avec des durs-à-cuire aussi chevronnés qu’Alfyn Freux-buteur et le Chassieux puis, tout récemment, à la tête de sa propre bande.

    D’ailleurs, Jarl n’est pas dupe du nouveau mensonge de Jon sur les effectifs de la Garde :

    – Il reste combien de corbeaux dans les trois ? s’enquit Styr.
    – Cinq cents à Châteaunoir. Deux cents à Tour Ombreuse et trois cents peut-être à Fort Levant. » C’était grossir les effectifs d’un tiers. Que n’est-il si facile de le faire en réalité…
    Jarl ne fut pas dupe pour autant. « Il ment, dit-il à Styr. Ou alors il inclut là-dedans ceux qu’ils ont perdus sur le Poing.

    Après la scène du Poing, les sauvageons conservent leur suspicion à l’égard de Jon :

    Jarl ne cessait de le tenir à l’œil. Et Ygrid ne le lâchait guère, jour et nuit.

    Il n’empêche que Jon note soigneusement la direction puis la zone où les sauvageons franchiront probablement le Mur  :

    L’aspect rude et tourmenté du panorama semblait indiquer que l’on se trouvait quelque part entre Tour Ombreuse et Châteaunoir, et probablement plus près de celle-là que de celui-ci.
    « La Roque est occupée en ce moment ? demanda Jarl. Griposte ? »
    Nous sommes donc entre les deux, n’est-ce pas ? Jon conserva de son mieux un masque inexpressif.

    Tout comme Jon a remarqué la sourde rivalité entre Jarl et Styr. Et permet au lecteur de mesurer la dangerosité de ce dernier.

    Ce partage d’autorité, Styr le supportait manifestement fort mal. Comme il menait une centaine de Thenns, soit cinq fois plus d’hommes que Jarl, il se comportait fréquemment comme s’il était seul à exercer le commandement.

    Je ne me rappelais pas que le groupe sauvageon était si conséquent. J’avais conservé le souvenir de quelques « alpinistes » lancés à l’assaut du Mur.

    Connais-toi toi-même, Jon Snow ? 

    Une gageure pour mon personnage préféré. Tout ce chapitre est parcouru par l’éternel questionnement de Jon sur ce qu’il est.

    De la même façon qu’il ne reste rien de sa mission, de même il ne reste rien de ses attaches de l’Au-delà du Mur…enfin de son outre-Mur à lui.

    Il n’avait jamais été lui-même un vrai Stark, rien de plus que le bâtard sans mère de lord Eddard, et sans plus de place à Winterfell que Theon Greyjoy. Et il avait perdu même ça.
    Seulement lui, Jon Snow, avait aussi perdu jusqu’à ses frères de la Garde de Nuit…

    Et maintenant, il n’est même plus le compagnon de Fantôme à qui il doit renoncer pour passer le Mur. (Tout comme, dans des circonstances très différentes, Arya – mentionnée dans ce chapitre – a dû éloigner Nymeria.)

    Pour quelqu’un qui prétend ne pas être un Stark, Jon convoque des figures familiales à de nombreuses reprises dans ce chapitre, même si c’est sur un mode négatif : Arya, sa sœur préférée l’a-t-elle jamais été ? (Jon si tu savais !)  puis Eddard Stark dont il ne convoque pas la droiture mais les failles lorsqu’il fait l’amour avec Ygrid :

    Père lui-même a trébuché une fois, lorsqu’oubliant son mariage il engendra un fils.
    Père fut-il soumis à pareille épreuve ? se demandait-il. Se sentait-il aussi veule que moi, lorsqu’il se déshonorait dans le lit de ma mère ?

    C’est ainsi que dans le même chapitre, à quelques lignes de distance, on lit aussi bien :

    Il était toujours un membre de la Garde de Nuit, toujours un fils d’Eddard Stark.

    que :

    Aux pillards sauvageons…tels qu’en voici. Que me voilà.

    On comprend bien que dans la situation délicate dans laquelle se trouve Jon, son estime de soi ne soit pas au plus haut et que qu’il soit assailli par un grand sentiment de culpabilité. : culpabilité de ne pas avoir tué Mance Rayder – aurait-il pu seulement aller au bout de son geste ? Culpabilité de trouver plaisir à sa liaison avec Ygrid. Il n’a que quinze ans et n’a pas été préparé au rôle qu’il doit tenir : certes, il n’y connaît rien mais le contraire eût été surprenant et invraisemblable :

    Il craignait de se révéler aussi pitoyable en fin de compte comme zoman que comme frère juré de la Garde et comme espion.

    Deux cœurs qui battent comme un seul ? 

    Le chapitre n’est pas seulement parcouru par la question de l’identité de Jon mais aussi par la question du point de vue qui va faire progresser Jon dans son arc narratif. À défaut de savoir qui on est, on peut toujours essayer de savoir qui est autrui.

    J’ai plaisir à relire l’idylle entre Ygrid et Jon parce qu’elle a des éclats de sincérité tout en étant bâti sur un malentendu et sur un mensonge, révélant toute la complexité du cœur en débat que GRRM met au centre de ses intrigues.

    Malentendu sur les circonstances de la rencontre de Jon et Ygrid. Ce malentendu initial qui voit Ygrid persuadée que Jon l’a enlevée est repris par le débat sur les noms des étoiles et des constellations, parfois différents chez les sauvageons et les sudiers.

    Toutes celles-là, il les partageait avec Ygrid, mais pas certaines des autres. Ce sont bien les mêmes que nous regardons, mais nous y voyons des choses si différentes… !

    À noter que le Dragon de Glace fait le lien avec le chapitre 25 de Bran, en route vers le Mur, en suivant l’étoile bleue de son œil.

    En aparté, j’ai bien aimé aussi la supposition que Fantôme ait aussi sa façon de nommer les étoiles et que des animaux aient aussi une forme de culture.

    Les sentiments naissants de Jon pour Ygrid grandissent aussi dans le terreau du mensonge originel :

    Je n’ai pas le choix, s’était-il dit la première fois qu’Ygrid était venue le rejoindre à la dérobée sous ses fourrures de couchage. Si je la repousse, elle saura que je joue double jeu. Je tiens simplement le rôle que m’a imposé le Mimain.
    Un rôle, essaya-t-il de se convaincre, après. Un rôle que je joue, c’est tout. Il me fallait le remplir d’urgence, afin de prouver que j’avais balancé mes vœux par-dessus les moulins. Il le fallait pour qu’elle me croie.

    Tout le chapitre nous montre qu’au-delà du mensonge et du malentendu, Jon n’étant pas de bois, le rôle à tenir auprès d’Ygrid n’est pas que de composition.😅 Et toute la scène de la grotte est une jolie scène où non seulement les corps mais aussi les âmes se dénudent. Même en primo-lecture, on sait obscurément que ces amours fragiles seront sans lendemain : la grotte qui abrite des amants que tout sépare rappelle les cryptes de Winterfell qui abritèrent Baël et une Stark et renvoie pour le relecteur aux suites du tournoi de Harrenhal et ses roses d’hiver. Quant à la sinistre légende de Gendel, elle teinte de mélancolie les derniers propos d’Ygrid :

    Descendons tout en bas retrouver les gosses à Gendel. Je veux pas qu’on quitte cette grotte, jamais. Plus jamais, jamais.

     

     

    • Ce sujet a été modifié le il y a 14 heures et 50 minutes par Babar des Bois.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #169249
    R.Graymarch
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    Un chapitre au curieux cheminement : du très public au très intime. Avec une promesse (un vœu ?) de se retirer du monde pour être heureux en permanence. Le calme avant la tempête (A Storm of Swords)

    Le chapitre commence sur la description de constellations, moyens utilisés pour montrer que Sauvageons et Gens des Sept couronnes nomment différemment les mêmes choses. Cela permet aussi un lien en pensées vers Bran et Arya

    Mais on revient vite à la réalité terre à terre : on va bientôt escalader le Mur. Et pour ça, Jon doit renvoyer Fantôme. Mais sur le fond, dire au loup de faire plusieurs centaines de kilomètres en contournant le Mur à Fort-Levant, euh…

    “You have to go to Castle Black. Do you understand? Castle Black. Can you find it? The way home? Just follow the ice, east and east, into the sun, and you’ll find it. They will know you at Castle Black, and maybe your coming will warn them.”

    Ensuite Jon se pose beaucoup de questions quant à son statut de frère de la Garde de nuit ou sauvageon. Tout le chapitre est là pour montrer que sa foi vacille de plus en plus, qu’il se ment à lui-même, se cherche de fausses excuses tout en n’étant pas complètement dupe. C’est assez humain.

    All but three of the strongholds had been abandoned; there might not be a brother within forty miles of here, but for Jon. If he was a brother still . . .

    I should have tried to kill Mance Rayder on the Fist, even if it meant my life. That was what Qhorin Halfhand would have done. But Jon had hesitated, and the chance passed. The next day he had ridden off with Styr the Magnar, Jarl, and more than a hundred picked Thenns and raiders. He told himself that he was only biding his time, that when the moment came he would slip away and ride for Castle Black. The moment never came. They rested most nights in empty wildling villages, and Styr always set a dozen of his Thenns to guard the horses. Jarl watched him suspiciously. And Ygritte was never far, day or night.

    On retrouve le même cas de conscience avec Ygrid (dans ma tête, ils ne passaient à l’acte pour la première fois que dans la caverne). Gros déni, Jon.

    Puis, on les sépare (hum) et on parle escalade. Avant ça, il y a la rivalité entre Styr et Jarl

    Though he could not have been older than twenty, Jarl had been raiding for eight years, and had gone over the Wall a dozen times with the likes of Alfyn Crowkiller and the Weeper, and more recently with his own band.

    Avant notre Longue Nuit, je me souviens d’un sujet super intéressant sur Jarl qui montrait tous les signes (la signification de son prénom, ses actions etc) de Jarl. Bref un jeune prometteur, avec un grand avenir ou de hauts faits d’armes. Sauf que, spoiler alert, il tombera bientôt du Mur et sera vite oublié. A quoi ça tient ? (je me demande si GRRM l’avait prévu ou se gardait un perso important sous le coude avant de le sacrifier pour faire monter la tension…)

    Jon est interrogé/mis à l’épreuve quant à sa connaissance de la Garde. Il en profite pour récupérer des indices sur sa position

    “The builders are supposed to make note of cracks, melting, and other structural problems, while the rangers look for signs of foes. They ride mules.”

    “Mules?” The earless man frowned. “Mules are slow.”

    “Slow, but more surefooted on the ice. The patrols often ride atop the Wall, and aside from Castle Black, the paths up there have not been graveled for long years. The mules are bred at Eastwatch, and specially trained to their duty.”

    “They often ride atop the Wall? Not always?”

    “No. One patrol in four follows the base instead, to search for cracks in the foundation ice or signs of tunneling.”

    On nous cause ensuite d’Arson Briseglace. Le prénom (non traduit) est très étonnant car « arson » c’est un « incendie volontaire ». Pour un « briseglace » qui traverse le Mur via la glace, c’est… spécial

    Jon, peut-être pour se rapprocher de son statut de « frère de la Garde » ment sur les effectifs. Mais ça ne passe pas. Ils sont pas idiots ces sauvageons

    “Five hundred at Castle Black. Two hundred at Shadow Tower, perhaps three hundred at Eastwatch.” Jon added three hundred men to the count. If only it were that easy . . .

    Jarl was not fooled, however. “He’s lying,” he told Styr. “Or else including those they lost on the Fist.”

    Puis, Jon part à la recherche d’Ygrid, on lui dit qu’elle est partie dans un labyrinthe de cavernes. Il la retrouve avec du mal et là encore un peu comme pour les constellations, ils ont des versions différentes d’une histoire. Là où ça diverge, c’est que le détail et le final sont très différents (chaque camp ayant une fin plus proche de ses aspirations).
    J’avais donc imaginé que c’était leur première fois alors que d’après Jon, on pouvait compter « half a hundred times now » tout de même, mais cela dit, c’est une occasion spéciale où chacun voit l’autre nu/nue. (y a un micro-climat dans les cavernes ? Parce que brrr). Jon innove même en improvisant
    On en apprend plus sur la vie d’Ygrid et toujours leurs conceptions différentes des relations (coucou Craster)

    “Longspear’s not your brother.”

    “He’s of my village. You know nothing, Jon Snow. A true man steals a woman from afar, t’ strengthen the clan. Women who bed brothers or fathers or clan kin offend the gods, and are cursed with weak and sickly children. Even monsters.”

    “Craster weds his daughters,” Jon pointed out.

    She punched him again. “Craster’s more your kind than ours. His father was a crow who stole a woman out of Whitetree village, but after he had her he flew back t’ his Wall. She went t’ Castle Black once t’ show the crow his son, but the brothers blew their horns and run her off. Craster’s blood is black, and he bears a heavy curse.” She ran her fingers lightly across his stomach. “I feared you’d do the same once. Fly back to the Wall. You never knew what t’ do after you stole me.”

    Jon sat up. “Ygritte, I never stole you.”

    “Aye, you did. You jumped down the mountain and killed Orell, and afore I could get my axe you had a knife at my throat. I thought you’d have me then, or kill me, or maybe both, but you never did. And when I told you the tale o’ Bael the Bard and how he plucked the rose o’ Winterfell, I thought you’d know to pluck me then for certain, but you didn’t. You know nothing, Jon Snow.” She gave him a shy smile. “You might be learning some, though.”

    On notera quand même l’ironie (non voulue par Ygrid car elle s’en fout et ne comprend même pas vraiment le concept) de nommer « the lord’s kiss » pour un bâtard.

    Le chapitre se termine sur un moment fugace d’harmonie et de bonheur qu’Ygrid voudrait prolonger pour l’éternité. Irréaliste mais choupi

    “Let’s not go back t’ Styr and Jarl. Let’s go down inside, and join up with Gendel’s children. I don’t ever want t’ leave this cave, Jon Snow. Not ever.”

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

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