Becky Chambers

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  • #62916
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    J’aime beaucoup les livres de Becky Chambers.

    J’ai déjà parlé du premier et du second ici ou . Je viens de finir le troisième, et j’en profite pour ouvrir ce topic.

    Becky Chambers. Jeune autrice américaine. Trois livres, tous dans le même univers (série Wayfarers), qui se suivent vaguement (c’est mieux de les lire dans l’ordre, c’est pas grave de les lire dans le désordre).

    L’univers. Un univers de SF dans lequel les humains ont rejoint une alliance de différentes races intelligentes, les Galactics Commons. Y’a des guerres (loin), des planètes et spatioports plus ou moins développés, et plein de personnages qui ont tous en commun d’être beaucoup trop gentils.

    Le fond. Une SF ultra-humaine, très tendre, très émotionnelle. Les persos sont tous gentils, bienveillants, à l’écoute des autres. À ce niveau, c’est un peu l’exacte inverse de ASOIAF: tout le monde essaye de s’entendre, tout le monde essaye de faire en sorte que son voisin se sente bien. La SF et son décorum (races aliens aux systèmes de reproduction ou d’éducation des enfants différents du nôtre, AI, robots…) est en fait utilisée là pour illustrer et grossir le trait de situations contemporaines.

    Les livres:

    L’espace d’un an (The long way to a small, angry planet), 2014.

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    Rosemary, jeune fille un peu paumée, fuit sa famille et se fait embaucher sur un petit vaisseau spatial chargé de creuser des trous de ver d’un bout à l’autre de la galaxie. Dans le vaisseau, plusieurs personnages, pas tous humains, avec qui elle va se lier. Plusieurs personnages qui, tous, cherchent à être heureux.

    Thématiques : famille, amis, liens du sang et liens choisis.

    Libration (A closed and common orbit), 2016.

    Résultat de recherche d'images pour "libration becky chambers"

    Lovelace est paumée dans sa nouvelle existence, et elle a un nouveau corps, qu’on lui a imposé, et qu’elle déteste. Pepper, mécanicienne dont le passé pas facile nous est raconté par flashback, la prend sous son aile.

    Thématiques : famille, amis, acceptation de son corps et de ce que l’on est.

    Record of a spaceborn few (pas de traduction en français pour l’instant, je suppose que c’est en cours), 2018.

    Résultat de recherche d'images pour "record of a spaceborn few"

    Il y a longtemps, l’Humanité a quitté la Terre, trop polluée, à bord d’une flotte de 32 vaisseaux spatiaux gigantesques, l’Exode. La flotte Exodienne a trouvé d’autres races aliens, les aliens les ont aidé à s’installer sur de nouvelles planètes.

    La flotte est toujours là, à orbiter sans fin autour d’une étoile. Elle est toujours habitée.

    À quoi sert une flotte de vaisseaux qui a atteint son but?

    Réponse avec plusieurs persos, tous paumés: un ado de la flotte qui tourne en rond dans son vaisseau spatial, un jeune adulte revenant sur la flotte que ses ancêtres ont quitté des générations plus tôt à la recherche d’un foyer, une mère de famille qui cherche à élever des enfants heureux dans une société qui change subtilement, une archiviste et sa copine ethnologue extraterrestre en visite, une femme chargée de s’occuper du recyclage des décédés.

    Thématiques : famille, amis, enfants, mort, recherche de ce que l’on veut être.

     

    Bref, vous l’aurez compris: Becky Chambers, c’est des histoires de personnages paumés qui cherchent leur place. C’est des livres tout doux, des livres doudou, dans lesquels tout le monde est décent, gentil, bienveillant. Y’a pas vraiment d’intrigue, on s’attache aux personnages, on s’identifie à eux, et c’est ce qui nous fait tourner les pages. Les quelques moments un peu durs n’en sont que plus durs, du coup, vu qu’ils touchent des gens qu’on comprend, qu’on apprécie. Mais y’en a pas beaucoup. C’est de la feel-good littérature de SF, mais de la feel-good littérature intelligente, qui nous fait nous poser des questions sur ce que l’on veut dans la vie, sans imposer de réponses brutales.

    C’est probablement pas pour tout le monde, mais moi, j’aime énormément.

    Quelqu’un d’autre a tenté?

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer – Les mots sont du vent": https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #63682
    May451
    • Éplucheur avec un Économe
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    J’ai lu The long way to a small, angry planet et même sentiment que toi : c’est sympathique, c’est un fell-good-book mais ça manque d’un bon fil conducteur / d’une intrigue digne de son nom.

    Du coup, même si j’ai bien aimé son premier livre, je n’ai pas d’envie particulière de lire ses autres livres dans le même univers.

    #112897
    Nymphadora
    • Fléau des Autres
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    Après les louanges de DNDM, j’ai lu L’espace d’un an et j’ai vraiment beaucoup aimé ! Comme il le dit, c’est un livre très bienveillant et plein de charme. Il n’y a pas de grosse intrigue, mais des tranches de vies de personnages attachants, qui vous font en même temps réfléchir sur votre rapport aux autres. L’acceptation de soi et de la différence sont au cœur du livre, sans en faire des tonnes, juste avec élégance et humanisme. Il y a un petit côté « Firefly » (une de mes séries préférées de tous les temps, regardez là^^) qui m’a enchantée. D’ailleurs, ce côté un peu « série télé » m’a pas mal frappée dans l’écriture : le fait de suivre cette galerie de personnages avec un petit fil rouge mais sans intrigue marquée m’a fait penser à ce que l’on pourrait retrouver dans le genre de la série tv. Une écriture dynamique, centrée sur les personnages, que l’on suit au fil des épisodes sans conducteur nécessaire autre que la force du groupe.
    Bref, c’est mignon, c’est moderne, c’est vraiment chouette. Mais ça ne plaira pas forcément à tout le monde à cause du manque d’enjeu fil rouge qui déroutera sûrement beaucoup de lecteurs.

    ~~ Always ~~

    #112898
    DNDM
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1829

    Il y a un petit côté « Firefly » (une de mes séries préférées de tous les temps, regardez là^^) qui m’a enchantée.

    Haha totalement. ^^

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    #112899
    Yoda Bor
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Je n’ai lu que le premier et je rejoins tout à fait Nympha sur le rapprochement avec Firefly, une série que j’adore aussi.

    Tout tourne autour de l’équipage et de ses membres, il n’y a pas un enjeu énorme et une intrigue de folie du coup on s’attache à ses membres et ils sont gentils, ce qui fait beaucoup de bien.

    #114659
    no_one
    • Pisteur de Géants
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    Dix mois plus tard…

    L’espace d’un an, premier roman de Becky Chambers. Recommandé plus d’une fois pas DNDM. Désormais le 1er roman de la 3e série à avoir obtenu le prix Hugo de la meilleure série littéraire. Séquestré neuf longs mois par ma sœur avant que je puisse enfin le lire… Alors ??

    La meilleure façon pour moi de décrire ce roman, c’est : « Une mini-série Star Trek, suivant l’équipage de Firefly, dans l’univers de Mass Effect. » Vous avez le rythme épisodique sur fond de mission de long cours, qui sert d’excuse pour explorer des questions philosophiques ou politiques, sous couvert de SF, dans un futur qui en a vu des vertes et pas mûres mais qui est finalement d’un utopisme rafraichissant dans son progressisme, son inclusivité, sa wokeness comme diraient les anglo-saxons ; le petit équipage, qui tient de la famille de choix, assemblée hétéroclite qui s’efforce de mener sa barque (présentée comme hideuse mais on s’y sent si vite comme à la maison) dans cette galaxie où l’humanité reste divisée après avoir dû abandonner la Terre ; et l’Union Galactique, le gouvernement fédéral dominé par trois espèces parmi lesquelles ne compte pas ladite humanité, loin de l’anthropocentrisme usuel des grandes fresques de la SF, bénévolent en dépit de quelques erreurs de jugement ; le tout, avec bien moins de mitraillage (même si ST n’est pas non plus censé dégainer à tout-va).

    Sans surprise, j’ai adoré. On peut pinailler sur le manque d’enjeux et quelques aspects du monde dépeint peuvent faire tiquer (les algues comme carburant de vaisseaux spatiaux, l’artigrav sans justification (en même temps, à part ME…), les Aéluons qui font Asaris (ou anti-Asaris pour ce qui est de la sexualité) bis, tout en me laissant encore plus… confus vis-à-vis de leur physiologie [une espèce qui n’a pas le sens de l’ouïe et communique par luminescence… mais a plus ou moins le même champ visuel que les Humains, et dont les commandos sont présentés comme de redoutables tueurs silencieux de nuit. Really ? Des ninjas qui brillent et n’entendent rien ?]), comme certaines des réponses apportées auxdites questions politico-philosophiques, mais le cœur y est : ces personnages sont attachants comme tout, on ne peut que se prendre très vite à rêver de vivre en leur sein sur ce Voyageur comme on a pu le faire auparavant avec les USS Enterprise, Serenity ou encore les Normandy, dans ce futur rêvé qui fait chaud au cœur, ouvrant les possibles sociaux, culturels, sexuels encore plus que ses prédécesseurs. Et Chambers de conclure en sus par une scène qui résume à elle seule l’émerveillement que peut nous offrir la SF !

    Donc, si vous avez jamais rêvé de repartir pour un an en compagnie d’un Mal pacifiste, d’une Zoë Argonienne, d’une Kaylee… je n’ai rien de plus, Kizzy est Kaylee ! joints par Joker, IDA et une paire d’autres, embarquez ici avec Becky Chambers : vous ne le regretterez pas. 🙂

    Et pour les fans : voici le lien vers un AMS de l’autrice sur r/SF_Book_Club. On y apprend notamment qu’elle a commencé à écrire sans avoir vu Firefly, étonnamment, ou encore que les Asaris sont son espèce favorite de SF vidéoludique (qu’est-ce que je disais, tiens ? 😀 ). La série des Wayfarers a également droit à un Wiki encore balbutiant, si ça vous intéresse. Non que je voudrais vous écarter du nôtre. 😉

    "It's both possible, and even necessary, to simultaneously enjoy media while also being critical of its more problematic or pernicious aspects."
    "Damsel in Distress: Part 1", Tropes vs. Women in Video Games, Anita Sarkeesian

    #114699
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    Content de voir que je commence à faire des adeptes. ^^

    Pour info, le Tome 3, Archives de l’Exode, a bien été traduit et paraît en France… *vérifie* Ha bah demain, tiens. Il fonctionne parfois un peu en miroir du tome 1 / remet en perspectives certaines choses un peu faciles du Tome 1, il est peut-être moins « doudou » au premier abord, mais la sensation douce-amère qu’il produit me parait au final plus authentique, plus durable que le livre 1 qui paraît trop sucré à certains. C’est un livre qu’il m’est déjà arrivé de ressortir de ma bibli juste pour relire les dernières pages, parce qu’elles me touchent réellement, me font l’effet d’un carré de chocolat à la fleur de sel. C’est une conclusion à la fois très « sense of wonder » de SF de l’âge d’or, très poétique, très optimiste, mais avec dedans des morceaux qui laissent en bouche une saveur de sel totalement différente, qui permettent justement d’apprécier d’autant plus la douceur du chocolat.

    Et Becky Chambers a depuis publié un autre texte, une novella de SF intitulée To be taught, if fortunate, qui ne se passe pas dans le même mode que ses trois premiers livres.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer – Les mots sont du vent": https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #114715
    no_one
    • Pisteur de Géants
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    Oui, je suis tombé ce matin sur l’article d’actusf de lundi pour sa sortie. On trouve aussi sur le site des interviews datant des Utopiales 2017 de l’autrice – et de la traductrice, Marie Surgers. Je n’ai pas trop parlé de la forme, et de la VF, mais c’est généralement bon signe, et c’est le cas ici. Le style est simple et naturel mais le travail – sur le genre notamment – n’a pas dû être évident, comme elles en parlent (elles ont pu échanger des courriels pendant la traduction, ce qui n’est pas toujours le cas, ou utile, selon l’auteur.rice, pour le traducteur.rice), et je n’ai rien à décrier du résultat (si ce n’est p-e d’avoir gardé Port-Coriol, jeu de mots avec corporeal, plutôt que de le traduire en Port-Corel ou Port-Coral pour le rendre), y compris les titres VF qui m’ont initialement surpris mais qui sont plutôt malins…

     

    HS : Chambers évoque durant l’interview avec Surgers sa volonté d’équilibrer les pronoms (et donc les présences) masculins et féminins dans son œuvre, et avoir été choquée de découvrir – suite à la lecture d’une étude sur la perception de la présence féminine – qu’elle avait l’impression de décrire un monde majoritairement féminin, alors qu’elles ne représentaient qu’un tiers en réalité, dans son texte comme dans ladite étude. Or j’ai vécu la même chose avec ma nouvelle de ce week-end, je pensais être à 50/50 voire davantage, alors qu’il y a en fait 4 femmes et 7 hommes. Et rien à voir mais dédicace à Patrick Marcel, mentionné comme expert en jeux de mots dans l’interview. 😀

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    #128447
    Yoda Bor
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    #139753
    no_one
    • Pisteur de Géants
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    To Be Taught, If Fortunate, by Becky Chambers (Harper Voyager; Hodder & Stoughton)

    Apprendre, si par bonheur sera publié ce 20 août, même trad, même collection, même maison ! 🙂

    Pendant que j’y suis, elle a aussi écrit un roman épisodique en ligne avec d’autres noms de SF queer du moment : The Vela, et, en sus de quelques nouvelles (dont une dans l’univers des Voyageurs), le 4e et dernier tome de la série, qui est prévu pour Février : https://www.otherscribbles.com/#/the-galaxy-and-the-ground-within/ En espérant la VF en 2021.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine par no_one.

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