AFFC 39 – Jaime VI

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    AFFC 39 – Jaime VI
    Au fil des pages – liste des sujets

    AFFC 38, Brienne VII AFFC 40, Cersei IX

    Le chapitre se divise en deux parties. La tentative de négociation de Jaime avec le Silure, décidée dans le précédent chapitre en constitue la première avec un dialogue superbe. L’échec cinglant de la négociation oblige alors Jaime à trouver une autre solution pour prendre Vivesaigues.

    I. Le Silure et le Régicide

    Jaime a décidé en arrivant à Vivesaigues de tenter d’obtenir la reddition de Vivesaigues par la négociation, malgré les avis contraires de Daven et Genna.

    « Ta tentative sera la bienvenue, mon beau sire, mais je doute que des paroles gagnent la journée.

    — En négociant avec le Silure.

    — Ça ne marchera pas.

    Comme pour donner raison aux pessimistes, Jaime entame la négociation en position d’infériorité pour plusieurs raisons.

    La première est qu’il est opposé à son idole de jeunesse, son modèle en chevalerie.

    Seulement, à cet âge, Jaime s’intéressait bien moins, tant s’en fallait, à quelque fille que ce fut qu’au fameux frère d’Hoster, lequel s’était acquis une brillante réputation lors de la bataille des Degrés de Pierre contre les Rois à neuf sous. A table, il avait par conséquent ignoré la pauvre Lysa pour mieux presser Brynden Tully de le régaler d’anecdotes à propos du Prince d’Ebène et de Maelys le Monstrueux. (Jaime V)

    Tully avait un visage taillé à coups de serpe, sillonné de rides profondes et brûlé par le soleil sous une tignasse raide de cheveux gris, mais Jaime n’eut pas de peine à retrouver dans sa personne le prestigieux chevalier qui avait jadis captivé un simple écuyer par ses anecdotes sur les Rois à neuf sous.

    La réputation du Silure remonte donc à la guerre des rois à neuf sous, dernière (ou pas) rébellion Feunoyr. Ce conflit a permis l’émergence d’une nouvelle génération à Westeros. Alors que l’ancienne génération des Ormund Baratheon et Jason Lannister y trépassait, la génération Aerys II s’y est révélée : Aerys lui-même, Tywin et Kevan Lannister, Brynden Tully, Steffon Baratheon, Barristan Selmy. Brynden Tully est essentiellement un soldat, il ne fait pas parler de lui pendant les années de paix entre la guerre des rois à neuf sous et la guerre des cinq rois. En revanche, il est plutôt étrange de n’avoir aucune mention du Silure pendant la rébellion de Robert. Son rôle aux côtés de Robb Stark nous est plus directement connu.

    Le Silure vise immédiatement le point faible de Jaime.

    Il s’avança jusqu’à un pas de ser Brynden et salua le vieil homme en inclinant la tête. « Régicide », articula Tully.

    Brynden renvoie d’emblée Jaime à son pêché originel : la rupture de son serment à Aerys. Ce premier mot annonce déjà l’échec de la négociation puisqu’il indique que le Silure ne voit Jaime que comme un parjure. Or, ce dernier n’a que des promesses à lui offrir.

    — Je présume que vous voici de retour afin de tenir pleinement les serments que vous aviez faits à ma nièce ? fit ser Brynden. Si ma mémoire ne m’abuse, vous aviez promis ses filles à Catelyn en échange de votre liberté. » Sa bouche se rétrécit. « Et cependant, je ne vois pas les petites. Où sont-elles ? »

    Doit-il me forcer à l’avouer ? « Je ne les ai pas.

    — Dommage. Vous souhaitez reprendre votre captivité ?

    Voici l’autre handicap de Jaime : sa position de prisonnier libéré sur parole et ayant juré de ne pas reprendre les armes contre les Tully. Jaime cherche à se sortir de cette impasse mais le Silure le dirige dans une autre impasse, celle-ci créée par les Frey.

    « Je suis là pour parler des vivants, pas des morts. De ceux qui n’ont que faire de périr, mais qui périront…

    — … à moins que je ne vous livre Vivesaigues. Est-ce maintenant que vous comptez me menacer de pendre Edmure ? » Sous leurs sourcils broussailleux, les yeux de Tully demeuraient de pierre. « Mon neveu est voué à la mort, quoi que je puisse faire. Alors, pendez-le, et qu’on en finisse avec ça. Je pense qu’Edmure doit être aussi las de se tenir sur cette potence que moi je le suis de l’y voir. »

    Ce bougre de Ryman Frey n’est qu’un pitre imbécile. Son exhibition bouffonne d’Edmure et de la potence avait eu pour seul résultat de rendre le Silure plus intransigeant, c’était une évidence.

    Une menace qui n’est pas mise à exécution perd tout son mordant. Grâce au cirque monté par les Frey, Edmure a perdu toute sa valeur d’otage. Jaime propose plusieurs marchés au Silure qui se heurtent tous au même écueil : tout accord requiert un minimum de confiance entre les co-contractants.

    « Vous tenez lady Sibylle Ouestrelin et trois de ses enfants. En échange de leurs personnes, je vous renverrai votre neveu.

    — Comme vous avez renvoyé les filles de lady Catelyn ? »

    Jaime s’interdit de répondre à cette provocation. « Une vieille femme et trois gosses contre votre lord suzerain. Il y a là un marché plus avantageux qu’aucun de ceux que vous auriez pu espérer obtenir. »

    Ser Brynden sourit d’un sourire dur. « Vous ne manquez pas d’impudence, Régicide. Mais conclure un marché avec des parjures est aussi sain que de bâtir sur des sables mouvants.

    Affalez vos bannières et ouvrez vos portes, et j’accorderai la vie sauve à vos hommes. Ceux qui souhaiteront rester à Vivesaigues au service de lord Emmon pourront le faire. Les autres seront libres d’aller où il leur plaira, sous réserve de me remettre leurs armes et armures.

    Les propositions de Jaime n’en sont pas moins intéressantes, particulièrement la clause sur la liberté des hommes. Jaime considère que la guerre est finie et que les hommes qu’il libèrerait ne pourraient guère nuire à la couronne. Stannis est trop loin pour qu’ils puissent le rejoindre et la Fraternité reste en apparence un adversaire secondaire. Mais le Silure ne voit dans cette proposition qu’une preuve de la fourberie de Jaime alors qu’elle ne révèle que son envie d’en finir au plus vite.

    — Je me demande jusqu’où ils pourront bien aller, désarmés, avant que des « hors-la-loi » ne leur tombent dessus. Vous n’aurez pas le culot de les autoriser à se joindre à lord Béric, nous le savons pertinemment tous deux. Et pour ce qui me concerne ? Serai-je promené en grande pompe dans tout Port-Réal afin de mourir comme Eddard Stark ?

    L’offre du Mur pour Brynden est accueillie avec la même méfiance.

    — Je vous permettrai de prendre le noir. Le bâtard de Ned Stark est lord Commandant du Mur. »

    Les yeux du Silure se plissèrent. « Est-ce votre père qui a pris des dispositions pour cela aussi ? Catelyn s’est toujours défiée du garçon, pour autant que je m’en souvienne, comme elle s’est toujours défiée de Theon Greyjoy. Il semblerait qu’elle ait vu juste pour les deux. Non, ser, je crois que c’est non. 

    Jaime tente alors de manier le bâton plutôt que la carotte.

    — Le sang Tully ruisselle tout aussi rouge, lui remémora Jaime. Si vous refusez la reddition du château, je vais devoir le prendre d’assaut. Au prix de centaines de morts.

    — De centaines des miens. De milliers des vôtres.

    — Votre garnison périra jusqu’au dernier homme.

    — Je connais cette chanson-là. Est-ce que vous la chantez sur l’air des Pluies de Castamere ? Mes hommes aimeraient mieux mourir debout en se battant qu’agenouillés et par la hache d’un bourreau. »

    C’est le Silure qui amène la conversation sur les vivres, domaine dans lequel il sait disposer d’un avantage indéniable.

    — Vingt fois plus d’effectifs, cela signifie vingt fois plus de bouches à nourrir. Etes-vous satisfait de vos approvisionnements en vivres, messire ?

    — Assez pour camper là jusqu’à la fin des jours, si c’est nécessaire, pendant que vous crèverez de faim derrière vos murailles. » Il proféra ce mensonge aussi hardiment qu’il le put, non sans espérer que sa physionomie ne le trahissait pas.

    Le Silure ne goba pas le leurre. « La fin de vos propres jours, peut-être. Nos réserves personnelles sont considérables, mais je crains que nous n’ayons pas laissé grand-chose dans les champs pour des visiteurs.

    — Nous sommes à même de faire descendre des Jumeaux du ravitaillement, affirma Jaime, ou bien, si les choses en viennent là, d’en faire remonter des collines de l’ouest.

    — Puisque vous le dites… Loin de moi l’idée de mettre en question la parole d’un chevalier aussi honorable. »

    Poussé à bout, Jaime en vient à proposer un combat singulier mais c’est à nouveau le Silure qui est à son avantage lorsque Jaime est forcé de se cacher derrière son serment.

    Son ton méprisant hérissa Jaime. « Il existe une manière plus expéditive de trancher la question. Un combat singulier. Mon champion contre le vôtre.

    — Je me demandais quand vous en arriveriez à cette calembredaine. » Ser Brynden éclata de rire. « De qui donc avez-vous fait choix ? Du Sanglier ? D’Addam Marpheux ? De Walder Frey le Noir ? » Il se pencha d’un air confidentiel. « Pourquoi pas vous et moi, ser ? »

    Ç’aurait été un duel exquis, dans le temps, songea Jaime, du fourrage de premier choix pour les chanteurs. « Lorsque lady Catelyn m’a remis en liberté, elle m’a fait jurer de ne plus prendre les armes contre les Stark ou les Tully.

    — Un serment des plus commodes, ser. »

    Jaime se rembrunit. « Me traitez-vous de pleutre, ser ?

    — Non. Je vous traite d’estropié. » Le Silure indiqua d’un signe de tête la main d’or. « Nous n’ignorons ni l’un ni l’autre qu’il vous est impossible de vous battre avec cela.

    — J’ai eu deux mains. » Voudrais-tu jeter ta vie aux orties par orgueil ? lui souffla une petite voix intérieure. « Il pourrait se trouver des gens pour dire qu’un estropié et un vieillard sont bien assortis. Déliez-moi du serment que j’ai fait à lady Catelyn, et je vous rencontrerai épée contre épée. Si je l’emporte, Vivesaigues est à nous. Si vous me tuez, nous lèverons le siège. »

    Ser Brynden se remit à rire. « Quelque forte que soit la tentation de sauter sur l’aubaine de vous prendre cette épée d’or et de percer votre cœur noir, vos promesses n’ont aucune espèce de valeur. Je ne gagnerais rien à votre mort, hormis le plaisir de vous tuer, et je n’aventurerai certes pas ma propre existence pour cela… si mince que puisse être le risque. »

    Le Silure met un terme aux négociations avec une dernière pique et laisse Jaime en proie à des idées noires.

    Il allait lui falloir emporter le château de vive force. Bah, qu’est-ce qu’un parjure de plus pour le Régicide ? Juste un supplément de merde dans la tinette. Il résolut d’être le premier à poser le pied sur les murailles de la place. Et, avec cette main d’or que je me trimbale, le premier à crever, selon toute probabilité.

    L’élément qui ressort de cette conversation du côté de Jaime, c’est que contrairement à sa réputation (et peut-être à cause de sa réputation), Jaime attache une importance considérable aux serments qu’il a prêté. Les mentions d’Aerys et de son régicide lui font perdre son calme et dévier de la ligne qu’il s’était imposé. Le serment prêté à Catelyn de lui ramener ses filles de de ne pas combattre les Tully lui pèse pendant toute la conversation, alors même qu’il pourrait arguer qu’un serment prêté sous la contrainte n’a aucune valeur. C’est d’ailleurs ce qu’il dit à Brynden mais ce n’est pas ce qu’il semble penser puisqu’il associe la rupture de ce serment à un suicide.

    II. Comment prendre Vivesaigues ?

    Jaime convoque tous les assiégeants en conseil de guerre pour décider de la meilleure façon de prendre Vivesaigues. Et ça tombe bien, tous les participants ont leur idée :

    La force pour Daven :

    Ser Daven secoua sa tête en broussaille. « Il nous faut emporter la forteresse d’assaut, comme je m’échine à le rabâcher depuis le premier jour. Des tours de siège, des échelles pour monter au créneau, un bélier pour défoncer la porte, voilà de quoi nous avons besoin ici.

    — Je conduirai l’attaque, dit le Sanglier. Faire tâter au poisson du goût de l’acier et du feu, voilà ce que je préconise.

    La ruse pour Addam Marpheux :

    — Prendre les murs d’assaut ne sera pas une mince affaire, intervint Addam Marpheux. Je propose que nous attendions une nuit sans lune pour envoyer une douzaine d’hommes triés sur le volet traverser la rivière à bord d’une barque équipée de rames assourdies. Ils escaladeraient les remparts avec des cordes et des grappins puis ouvriraient les portes de l’intérieur. C’est moi qui les mènerai, si le Conseil le souhaite.

    L’assassinat pour Edwyn Frey :

    — Le Silure est effectivement l’obstacle, abonda Edwyn Frey. Son heaume arbore un poisson noir pour cimier qui le rend facile à repérer de loin. Je propose que nous déplacions nos tours de siège pour les rapprocher de la place, que nous les emplissions à ras bord d’archers, et que nous feignions de nous attaquer aux portes. Cela ne manquera pas d’attirer le Silure, cimier et tout et tout, sur les fortifications. Que chacun des archers barbouille d’excréments ses flèches et prenne ce cimier pour cible. Une fois mort ser Brynden, Vivesaigues est à nous.

    Le combat singulier pour le Sanglier :

    — Le Silure mérite un trépas plus noble, et je me fais fort, moi, de le lui offrir. » Le Sanglier abattit son poing sur la table. « Je vais le défier en combat singulier. A l’épée, la masse ou la hache, il n’importe. Le vieux sera ma chair à pâté.

    La raison pour Norbert Vance :

    — Je connais Brynden Tully depuis l’époque où nous étions écuyers tous deux au service de lord Darry, dit Norbert Vance, le seigneur et maître aveugle d’Atranta. S’il plaît à Vos Seigneuries, qu’il me soit permis d’aller m’entretenir avec lui pour essayer de lui faire comprendre que sa position est désespérée.

    Emmon Frey n’a pas de solution pour prendre Vivesaigues mais il ne perd pas le nord pour autant.

    — En pendant Edmure Tully, pour commencer, déclara lord Emmon Frey d’un ton pressant. Cela apprendra à ser Brynden que nos paroles ne sont pas du vent. Si nous lui expédions la tête de son neveu, cela peut le pousser à se rendre.

    — Ce sont mes murailles, protesta lord Emmon, et c’est ma porte que vous voudriez démolir. »

    Au passage, Genna insiste pour pendre Edmure, elle ne perd pas le nord non plus, c’est la deuxième fois qu’elle insiste tout en affirmant ne pas vouloir donner de conseils.

    Au-delà des propositions des uns et des autres, ce conseil de guerre est marqué par la désunion entre les assiégeants, particulièrement par le manque d’entrain des riverains et par la détestation unanime dont les Frey sont l’objet.

    Mon père est indisposé, ce matin. »

    Ser Daven émit un reniflement. « Il est déjà ivre mort, ou bien tout simplement encore barbouillé par sa biture de la nuit dernière ? »

    Edwyn avait la bouche dure et mesquine d’un avare. « Lord Jaime, fit-il, dois-je tolérer semblable discourtoisie ?

    — Est-ce exact ? lui demanda Jaime. Votre père est-il soûl ? »

    Frey crispa ses lèvres et jeta un coup d’œil vers ser Ilyn Payne, qui se tenait près de la portière de la tente, revêtu de sa maille rouillée, la garde de son épée dépassant une épaule osseuse. « Il… mon père a un mauvais estomac, messire. Le vin rouge facilite sa digestion.

    — Il doit être en train de digérer un foutu mammouth, alors », commenta ser Daven. Le Sanglier se mit à rire, et lady Genna à glousser.

    La marque de naissance de lord Karyl vira au violet. « Les excréments seront-ils votre contribution personnelle, Edwyn ? Un poison mortel, je n’en saurais douter.

    « Il n’est pas le dernier des cons, foutrebleu, Norbert ! Il a des yeux pour voir… et trop de bon sens pour se rendre à des fripouilles de cet acabit. » Il esquissa un geste grossier en direction d’Edwyn Frey et de Walder Rivers.

    Edwyn Frey se rebiffa. « Si messire Piper entend insinuer…

    — Je n’insinue pas, Frey. Je dis ce que je pense, et droit au but, comme un honnête homme. Mais que pourriez-vous savoir d’un comportement d’honnête homme, vous ? Vous êtes une fouine fourrée de mensonge et de félonie, comme votre parentèle tout entière. J’aimerais mieux boire une pinte de pisse que de me fier à la parole d’un quelconque Frey. » Il se pencha par-dessus la table. « Où est Marq, dites, répondez ? Qu’avez-vous fait de mon fils ? C’est en qualité d’hôte qu’il se trouvait à vos putains de noces sanglantes.

    — Et notre hôte honoré il demeurera, répliqua ser Edwyn, jusqu’à ce que vous administriez la preuve de votre loyauté envers Sa Majesté le roi Tommen.

    — Il était parti pour les Jumeaux cinq chevaliers et vingt hommes d’armes avec Marq, renchérit lord Piper. Sont-ils également vos hôtes, Frey ?

    — Certains des chevaliers peut-être. Les autres n’ont eu que ce qu’ils méritaient. Vous feriez bien de tenir votre langue de traître, Piper, à moins que vous n’ayez envie que votre héritier vous soit retourné en pièces détachées. »

    Les conseils de mon père ne se passaient jamais de cette manière, songea Jaime, tandis que Piper bondissait sur ses pieds. « Dites cela avec une épée au poing, Frey ! gronda le petit homme. Ou bien les barbouillages de merde sont-ils la seule arme que vous sachiez manier pour vous battre ? »

    Le museau pincé de ser Edwyn blêmit. A ses côtés, Walder Frey se leva. « Edwyn n’a rien d’un bretteur, mais moi si, Piper. Si vous avez encore des remarques à faire, venez dehors me les déballer.

    Même Jaime laisse son mépris prendre le dessus.

    « Les Jumeaux avaient eux aussi pris fait et cause pour le Jeune Loup, rafraîchit-il la mémoire aux membres de la tribu. Après quoi vous l’avez trahi. Ce qui vous rend deux fois plus traîtres que Piper. »

    Dans la conduite de son conseil de guerre, Jaime cherche à imiter Tywin mais le résultat n’est pas celui attendu.

    Lorsque son père siégeait en Conseil, il laissait ses capitaines parler les premiers. Il était décidé à en agir de même.

    Les conseils de mon père ne se passaient jamais de cette manière, songea Jaime

    La raison de cet échec est très simple : un conseil (de guerre ou de gouvernement) se prépare. Les chapitres de Tyrion dans ASOS nous ont montré que Tywin préparait ses conseils dans les moindres détails avec Kevan et qu’il s’évitait ainsi toute mauvaise surprise et tout désordre. Les conseils de Tywin sont des spectacles de marionnettes dans lesquels Tywin et Kevan tirent toutes les ficelles. Jaime n’a rien préparé, probablement parce qu’il ne sait pas à l’avance quel est le résultat qu’il veut obtenir. Il ne manque pourtant pas d’alliés sur lesquels s’appuyer. En y ajoutant les relations explosives entre Frey et riverains, cela donne un véritable fiasco.

    Les différentes propositions avancées semblent toutes mauvaises. Le combat singulier a déjà été refusé par le Silure, la négociation a déjà échouée, l’assassinat et la ruse ont très peu de chances de fonctionner et l’assaut frontal signifie la boucherie avec un risque de très mal tourner pour les assiégeants. Vu l’enthousiasme des riverains, il ne peut pas être exclu qu’ils rejoignent les assiégés au lieu de les combattre.

    Jaime cherche donc une autre solution et cette autre solution implique Edmure. Lorsqu’Edwyn et Ryman Frey supposent que Jaime est venu pour tuer Edmure, leur réaction est éloquente.

    En voyant ser Ilyn brandir sa lame de manière à ce qu’elle bénéficie du maximum de recul requis, il ferma les yeux. Payne concentra tout son poids derrière le coup fatal.

    « Non ! Arrêtez ! NON ! ! ! » Edwyn Frey surgit, pantelant. « Mon père arrive. Aussi vite qu’il peut. Jaime, vous devez…

    — Messire me siérait mieux, Frey, lui assena Jaime. Et vous feriez bien d’exclure une fois pour toutes devez des moindres paroles qui s’adressent à moi. »

    Pourquoi une telle volonté de garder Edmure vivant ? Pour garder un moyen de pression sur Emmon peut-être ? Toujours est-il que l’union des Frey fait chaud au cœur.

    Jaime passe ensuite sa frustration sur Ryman Frey (qui l’a bien cherché).

    « On fait des reines, ser Ryman ? s’enquit Jaime doucereusement. Stupide. Aussi stupide que tout ce bordel avec lord Edmure.

    — J’ai donné au Silure un avertissement. Je lui ai dit qu’Edmure mourrait, à moins que le château se rende. J’ai fait construire cette potence, pour leur montrer que ser Ryman Frey fait pas des menaces en l’air. A Salvemer, mon fils Walder a fait pareil avec Patrek Mallister, et lord Jason a ployé le genou, mais… le Silure est un homme froid. Il nous a refusés, alors…

    — … vous avez pendu lord Edmure ? »

    L’autre rougit. « Messire mon grand-père… Si nous le pendons, nous n’avons pas d’otage, ser. Avez-vous réfléchi à cela ?

    — Seul un bouffon brandit des menaces qu’il n’est pas prêt à exécuter. Si j’en venais à menacer de vous casser la gueule à moins que vous ne la fermiez, et que vous ayez néanmoins le culot de la rouvrir, que pensez-vous que je ferais ?

    — Ser, vous ne compre… »

    Jaime le frappa. Ce fut d’un simple revers administré avec sa main d’or, mais la force du choc suffit à expédier ser Ryman à reculons s’affaler en titubant entre les bras de sa pouffiasse

    […]

    Ryman Frey s’effondra sur ses deux genoux. « Je n’ai absolument rien fait…

    — … sauf boire et courir les putes. Je sais.

    — Je suis l’héritier du Pont. Vous ne pouvez pas..

    — Je vous ai prévenu d’avoir à vous taire. » Jaime le regarda devenir blême. Un poivrot, un pitre et un pleutre. Lord Walder ferait mieux de lui survivre, ou les Frey sont fichus. « Vous êtes congédié, ser.

    Jaime a échoué à négocier avec le Silure parce qu’il n’avait rien à lui proposer qui puisse l’intéresser, aucun moyen de pression et qu’il avait affaire à un personnage particulièrement inflexible. Dans sa négociation avec Edmure, les rôles sont inversés. C’est lui qui tient toutes les cartes et Edmure qui n’a que très peu de marge de manœuvre. En outre, il n’est plus bridé ni par son admiration pour son interlocuteur ni par ses serments.

    « Une fois que vous vous serez restauré, mes hommes vous escorteront jusqu’à Vivesaigues. La suite des événements dépend uniquement de vous.

    […]

    Le sort de Vivesaigues repose entre vos mains. »

    Le regard d’Edmure fixa le vide. « Le sort de Vivesaigues…

    — Rendez la place, et personne ne meurt. Libre à vos gens de partir en paix ou de rester pour servir lord Emmon. Ser Brynden sera autorisé à prendre le noir, ainsi que ceux de vos garnisaires, si nombreux soient-ils, qui choisiraient de se joindre à lui. Vous aussi, si le Mur vous tente. Sans quoi, vous pourrez vous rendre à Castral Roc où vous serez mon prisonnier et jouirez de tout le confort et de toute la courtoisie que mérite un otage de votre rang. J’enverrai votre épouse vous y rejoindre, si cela vous sied. Si son enfant est un garçon, il servira la maison Lannister en qualité de page et d’écuyer, et lorsqu’il accédera à la dignité de chevalier, nous lui conférerons des terres. Au cas où Roslin vous donnerait en revanche une fille, je veillerai personnellement à bien la doter lorsqu’elle sera d’âge à se marier. En ce qui vous concerne, vous pourrez même vous voir libéré sur parole, une fois la guerre achevée. Tout ce que vous avez à faire est de rendre le château. »

    Les termes sont généreux pour les assiégés comme pour Edmure. Celui-ci est cependant légitimement tenté de résister.

    Edmure leva ses mains hors de la baignoire et regarda l’eau ruisseler entre ses doigts. « Et si je refuse la reddition ? »

    Vous faut-il absolument m’obliger à le dire ? Pia se tenait près de la portière de la tente, les bras chargés de vêtements. Les écuyers étaient eux aussi tout oreilles, de même que le chanteur. Qu’ils entendent, songea Jaime. Que le monde entende. Cela n’a aucune importance. Il se força à sourire. « Vous avez eu tout loisir de contempler l’importance de nos effectifs, Edmure. Vous avez vu les échelles, les tours, les trébuchets, les béliers. Si j’en donne l’ordre, mon cousin lancera un pont par-dessus votre douve et démolira vos portes. Il y aura des centaines de victimes, pour la plupart des hommes à vous. La première vague d’assaillants sera composée de vos anciens bannerets, de sorte que vous commencerez votre journée en tuant les pères et les frères de ceux qui sont morts pour vous aux Jumeaux. La deuxième vague sera lancée par les Frey, dont j’ai plus qu’à suffisance. Mes gens de l’Ouest suivront lorsque vos archers se trouveront à court de flèches et que vos chevaliers seront tellement vannés qu’à peine auront-ils encore la force de soulever leurs lames. Lorsque le château tombera, tous ceux qu’il recèlera seront passés au fil de l’épée. Votre bétail sera massacré, votre bois sacré livré à la hache, le feu ravagera vos tours et vos fortins. Je détruirai vos murailles et détournerai la Culbute sur les ruines. Quand j’en aurai terminé, plus jamais personne ne se doutera qu’une forteresse s’élevait là auparavant. » Il se mit debout. « Votre femme risque d’avoir accouché entre-temps. Vous tiendrez à avoir votre enfant, je présume. Je vous le ferai parvenir quand il sera né. Par l’intermédiaire d’un trébuchet. »

    Après la carotte, le bâton à nouveau. Manié sur Edmure, il fait plus de dégâts que sur le Silure. Jaime promet à Edmure de rejouer la tragédie de Castamere à Vivesaigues. Il utilise la réputation de Tywin pour arriver à ses fins mais il utilise aussi la sienne et il s’agit peut-être d’un tournant pour lui puisqu’il applique enfin le conseil que Tyrion donnait à Jon Snow dans AGOT et utilise sa faiblesse comme une force. On constate que Jaime poursuit comme Cersei (mais avec plus de succès) sa quête pour se poser en successeur de Tywin.

    Par l’intermédiaire d’un trébuchet, songea Jaime. Si sa tante s’était tenue là, aurait-elle encore persisté à prétendre que le véritable fils de Tywin, c’était Tyrion ?

    Il s’en montre dans cet épisode le digne héritier : sa manœuvre est coup de maître. Elle lui permet de prendre Vivesaigues dès son arrivée, sans perdre un seul homme et en respectant son serment. Il gagne sur tous les tableaux et atteint tous ses objectifs. Son serment tient encore une place importante dans sa façon de régler le siège.

    Edmure Tully empoigna le bras de Jaime. « Pourquoi ? »

    Un Lannister paie toujours ses dettes, songea-t-il, et vous êtes la seule pièce qu’il me reste en poche.

    Il est intéressant de constater à quel point Jaime, comme Tyrion et Tywin sont obsédés par cette question des dettes. La devise officieuse des Lannister leur sied bien mieux que l’officielle.

    Reste à savoir si Jaime prend un risque en relâchant Edmure. Après tout, celui-ci pourrait décider de combattre au lieu de se rendre. Le risque est en réalité minime. Edmure a confirmé à Jaime lors de leur conversation qu’il tenait à son épouse et à son futur enfant, ce qui donne à Jaime des moyens de pression efficaces. Par ailleurs, Edmure n’est pas le Silure et n’a pas son intransigeance. Jaime le sait et Edmure par son attitude le lui confirme. Et même si Jaime avait tort et qu’Edmure décidait de ne pas se rendre, la situation des assiégeants ne serait pas pire qu’avant et les assiégés n’auraient gagné qu’un homme de plus.

    Conclusion : Un cheval de Troie à Vivesaigues ?

    En récupérant Edmure chez les Frey, Jaime décide d’utiliser le chanteur de Ryman Frey pour faire pression Edmure.

    Jaime remarqua dans le tas un individu qui tenait une harpe. « Holà, toi. Le chanteur. Suis-moi. »

    L’interpellé ôta son chapeau. « A vos ordres, messire. »

    Toi, le chanteur, joue donc pour notre hôte pendant qu’il mange. Tu connais la chanson, j’imagine.

    — Celle sur les pluies ? Ouais, messire. Je la connais. »

    Edmure eut l’air de découvrir tout à coup la présence de ce dernier. « Non. Pas lui. Débarrassez-moi de sa personne.

    Premier indice de l’identité réelle du chanteur dont le rôle sera plus amplement dévoilé dans le prochain chapitre de Jaime.

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    #194518
    R.Graymarch
    • Barral
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    Après Brienne, on revient à Jaime qui est à Vivesaigues. Pas le temps de souffler, on est directement dans sa rencontre avec Brynden.

    He loves me not. Tully had a craggy face, deeply lined and windburnt beneath a shock of stiff grey hair, but Jaime could still see the great knight who had once enthralled a squire with tales of the Ninepenny Kings. Honor’s hooves clattered against the planks of the drawbridge. Jaime had thought long and hard about whether to wear his gold armor or his white to this meeting; in the end, he’d chosen a leather jack and a crimson cloak.

    He drew up a yard from Ser Brynden, and inclined his head to the older man. “Kingslayer,” said Tully.

    That he would make that name the first word from his mouth spoke volumes, but Jaime was resolved to keep his temper. “Blackfish,” he responded. “Thank you for coming.”

    Début très asymétrique : Jaime a de l’estime (du respect ?) pour Brynden. La réciproque n’est pas vraie. Néanmoins, Brynden a accepté la rencontre ce qui n’est pas rien. Je ne vais pas citer toute la rencontre mais franchement la scène est magnifique : les personnages sont hauts en couleurs (il pue la classe, Brynden) et le fait d’être dans la tête de Jaime est un bonheur. Car il pense à des répliques cinglantes mais il sait que ça ruinerait ses efforts diplomatiques donc il encaisse et ne dit rien. On parie que Brynden le provoque exprès ? La discussion n’aboutit pas mais waouh, quelle scène.

    Back at camp, Little Lew held his bridle whilst Peck gave him a hand down from the saddle. Do they think I’m such a cripple that I cannot dismount by myself? “How did you fare, my lord?” asked his cousin Ser Daven.

    “No one put an arrow in my horse’s rump. Elsewise, there was little to distinguish me from Ser Ryman.” He grimaced. “So now he must needs turn the Red Fork redder.” Blame yourself for that, Blackfish. You left me little choice.

    Place ensuite au conseil de guerre où tout ne va pas aller mieux, pauvre Jaime (ah, sacrée Genna qui s’inscruste^^)

    Lord Piper and both Lords Vance came to speak for the repentant lords of the Trident, whose loyalties would shortly be put to the test. The west was represented by Ser Daven, Strongboar, Addam Marbrand, and Forley Prester. Lord Emmon Frey joined them, with his wife. Lady Genna claimed her stool with a look that dared any man there to question her presence. None did. The Freys sent Ser Walder Rivers, called “Bastard Walder,” and Ser Ryman’s firstborn Edwyn, a pallid, slender man with a pinched nose and lank dark hair.

    C’est la cacophonie. On penche vers un assaut mais personne n’est vraiment d’accord sur la modalité (force brute, ruse, meurtre de Brynden ?) et en plus Emmon ne veut pas qu’on abime son château. Et surtout, les alliés ont un passif assez récent

    “If it please my lords, let me go and speak with him and try to make him understand the hopelessness of his position.”

    “He understands that well enough,” said Lord Piper. He was a short, rotund, bowlegged man with a bush of wild red hair, the father of one of Jaime’s squires; the resemblance to the boy was unmistakeable. “The man’s not bloody stupid, Norbert. He has eyes . . . and too much sense to yield to such as these.” He made a rude gesture in the direction of Edwyn Frey and Walder Rivers.

    Edwyn bristled. “If my lord of Piper means to imply—”

    “I don’t imply, Frey. I say what I mean straight out, like an honest man. But what would you know of the ways of honest men? You’re a treacherous lying weasel, like all your kin. I’d sooner drink a pint of piss than take the word of any Frey.” He leaned across the table. “Where is Marq, answer me that? What have you done with my son? He was a guest at your bloody wedding.”

    Jaime est un peu dévasté, c’est le moins qu’on puisse dire

    “Some of the knights, perhaps. The others were served no more than they deserved. You’d do well to guard your traitor’s tongue, Piper, unless you want your heir returned in pieces.”

    My father’s councils never went like this, Jaime thought, as Piper came lurching to his feet. “Say that with a sword in your hand, Frey,” the small man snarled. “Or do you only fight with smears of shit?”

    Frey’s pinched face went pale. Beside him Walder Rivers rose. “Edwyn is no man of the sword . . . but I am, Piper. If you have more remarks to make, come outside and make them.”

    “This is a war council, not a war,” Jaime reminded them. “Sit down, the both of you.” Neither man moved. “Now!”

    Jaime sort donc une bonne petite réplique car il en a marre (et en plus il n’a pas tort)

    “Traitors and rebels all, you mean,” said Edwyn Frey.

    Jaime gave him a cold look. “The Twins took up the Young Wolf’s cause as well,” he reminded the Freys. “Then you betrayed him. That makes you twice as treacherous as Piper.” He enjoyed seeing Edwyn’s thin smile curdle up and die. I have endured sufficient counsel for one day, he decided.

    Sa tante part mais il lui reste une situation à régler : Edmure

    “The castle is mine, I have the parchment. Signed by the king, by little Tommen. I am the lawful lord of Riverrun, and . . .”

    “Not so long as Edmure Tully lives,” said Lady Genna. “He is soft of heart and soft of head, I know, but alive, the man is still a danger. What do you mean to do about that, Jaime?”

    It’s the Blackfish who is the danger, not Edmure. “Leave Edmure to me. Ser Lyle, Ser Ilyn. Attend me, if you would. It’s time I paid a visit to those gallows.”

    Jaime se déplace donc.

    The arrival of the Kingslayer did not go unnoticed. An old woman selling piglets from a basket stopped to stare at him, a knight with a half-familiar face went to one knee, and two men-at-arms pissing in a ditch turned and sprayed each other. “Ser Jaime,” someone called after him, but he strode on without turning. Around him he glimpsed the faces of men he’d done his best to kill in the Whispering Wood, where the Freys had fought beneath the direwolf banners of Robb Stark.

    L’entrée dans la tente du Frey est haute en couleurs avec plein d’indices que j’avais complétement ratés (la couronne !!)

    Her gown laced up the front, but someone had undone the laces to the navel, so her breasts were spilling out. They were large and heavy, with big brown nipples. On her head a circlet of hammered bronze sat askew, graven with runes and ringed with small black swords.

    /

    “Lady? I’m no lady. I’m the queen.”

    “My sister will be surprised to hear that.”

    “Lord Ryman crowned me his very self.” She gave a shake of her ample hips. “I’m the queen o’ whores.”

    No, Jaime thought, my sweet sister holds that title too.

    (ouch)

    L’ambiance est lourde, Jaime en a marre

    “I gave the Blackfish warning. I told him Edmure would die unless the castle yielded. I had this gallows built, to show them that Ser Ryman Frey does not make idle threats. At Seagard my son Walder did the same with Patrek Mallister and Lord Jason bent the knee, but . . . the Blackfish is a cold man. He refused us, so . . .”

    “. . . you hanged Lord Edmure?”

    The man reddened. “My lord grandfather . . . if we hang the man we have no hostage, ser. Have you considered that?”

    “Only a fool makes threats he’s not prepared to carry out. If I were to threaten to hit you unless you shut your mouth, and you presumed to speak, what do you think I’d do?”

    “Ser, you do not unders—”

    Jaime hit him. It was a backhand blow delivered with his golden hand, but the force of it sent Ser Ryman stumbling backward into the arms of his whore.

    Ryman est congédié et on fait entrer Edmure. Là aussi c’est un petit bijou de narration. Jaime sait que la situation est compliquée mais il veut se sortir de ce siège interminable (qui avait capté pour le chanteur ? Moi non plus)

    Jaime lui offre un bain (Pia reste dans la pièce, Lew aussi) et de la nourriture

    “Once you’ve eaten, my men will escort you to Riverrun. What happens after that is up to you.”

    “What do you mean?”

    “Your uncle is an old man. Valiant, yes, but the best part of his life is done. He has no bride to grieve for him, no children to defend. A good death is all the Blackfish can hope for . . . but you have years remaining, Edmure. And you are the rightful lord of House Tully, not him. Your uncle serves at your pleasure. The fate of Riverrun is in your hands.”

    Edmure stared. “The fate of Riverrun . . .”

    “Yield the castle and no one dies. Your smallfolk may go in peace or stay to serve Lord Emmon. Ser Brynden will be allowed to take the black, along with as many of the garrison as choose to join him. You as well, if the Wall appeals to you. Or you may go to Casterly Rock as my captive and enjoy all the comforts and courtesy that befits a hostage of your rank. I’ll send your wife to join you, if you like. If her child is a boy, he will serve House Lannister as a page and a squire, and when he earns his knighthood we’ll bestow some lands upon him. Should Roslin give you a daughter, I’ll see her well dowered when she’s old enough to wed. You yourself may even be granted parole, once the war is done. All you need do is yield the castle.”

    Bien entendu, Edmure demande ce qui va se passer s’il ne cède pas

    Must you make me say the words? Pia was standing by the flap of the tent with her arms full of clothes. His squires were listening as well, and the singer. Let them hear, Jaime thought. Let the world hear. It makes no matter. He forced himself to smile, “You’ve seen our numbers, Edmure. You’ve seen the ladders, the towers, the trebuchets, the rams. If I speak the command, my coz will bridge your moat and break your gate. Hundreds will die, most of them your own. Your former bannermen will make up the first wave of attackers, so you’ll start your day by killing the fathers and brothers of men who died for you at the Twins. The second wave will be Freys, I have no lack of those. My westermen will follow when your archers are short of arrows and your knights so weary they can hardly lift their blades. When the castle falls, all those inside will be put to the sword. Your herds will be butchered, your godswood will be felled, your keeps and towers will burn. I’ll pull your walls down, and divert the Tumblestone over the ruins. By the time I’m done no man will ever know that a castle once stood here.” Jaime got to his feet. “Your wife may whelp before that. You’ll want your child, I expect. I’ll send him to you when he’s born. With a trebuchet.”

    Jaime a dit tout ça en espérant sonner comme son père (malgré ce que pense Genna). Le chapitre se termine sans décision mais avec la mention étrange du chanteur (après coup c’est beaucoup plus clair, mais franchement faut creuser)

    Ce chapitre est merveilleux : Jaime est grand et enfin il a un rôle à sa mesure. Finie la provoc inutile, place à la diplomatie, à la raison. En face de lui (à part à son conseil de guerre), il a du beau monde. Edmure bien entendu mais surtout Brynden qui emporte le prix de la personne la plus charismatique du chapitre. Haletant.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #194536
    Eridan
    • Vervoyant
    • Posts : 6106

    Merci pour l’analyse.

    Un magnifique chapitre, l’échange avec le Silure est un grand moment … et le conseil de guerre est rempli de pleins de superbes détails. Martin et les dialogues, en même temps. <3 La troisième et dernière partie, la libération d’Edmure et la négociation finale sont plus obscures, mais elles prennent tout leur sens avec la théorie sur le futur de la fraternité sans bannière :

    Plan et avenir de la Fraternité sans bannière

    Perso, j’aime surtout le conseil de guerre, où tout le monde a une idée et où personne ne s’entend. Les personnages y sont tellement cohérents ! Le Sanglier est un va-t-en-guerre qui ne pense qu’à la gloire des combats, Edwyn est un Frey et un pleutre qui propose la solution la plus déshonorante, Norbert Vance est un vieillard riverain qui cherche à éviter le massacre … Et au milieu de tout ça, on retrouve un de mes chouchous personnels : Karyl Vance. Déjà dans le chapitre d’il y a trois ans, il sortait du lot. Une fois encore, il ne parle pas beaucoup, il ne propose rien car il ne veut pas apporter d’aide active … mais au milieu de cette cacophonie, c’est l’un de ceux qui parviennent le mieux à garder la tête froide et à poser des gardes-fous contre les idées les plus sordides. Ses paroles visent toutes à une chose : protéger les Riverains.

    – En pendant Edmure Tully, pour commencer, déclara lord Emmon Frey d’un ton pressant. Cela apprendra à ser Brynden que nos paroles ne sont pas du vent. Si nous lui expédions la tête de son neveu, cela peut le pousser à se rendre.
    – Brynden le Silure n’est pas si facile à pousser. » Karyl Vance, le seigneur et maître de Bel Accueil, avait une mine mélancolique. Une tache de naissance violacée lui couvrait la moitié du cou et tout un côté de la figure. « Son propre frère n’a pu le pousser dans un lit conjugal. »

    – Le Silure est effectivement l’obstacle, abonda Edwyn Frey. […] Que chacun des archers barbouille d’excréments ses flèches et prenne ce cimier pour cible. Une fois mort ser Brynden, Vivesaigues est à nous.
    […]
    La marque de naissance de lord Karyl vira au violet. « Les excréments seront-ils votre contribution personnelle, Edwyn ? Un poison mortel, je n’en saurais douter.

    Lord Piper ne se laissa pas intimider si facilement. Il marmonna un juron puis sortit en trombe de la tente.
    […]
    – Envoyez ser Ilyn, le pressa ser Edwyn Frey. Il nous faut seulement sa tête. »
    Karyl Vance se tourna vers Jaime. « Lord Piper s’est laissé emporter par le chagrin. Marq est son fils premier-né. Quant aux chevaliers qui l’accompagnèrent aux Jumeaux, tous étaient des neveux ou cousins.

    On le retrouvera une dernière fois dans le prochain chapitre de Jaime, où une fois de plus, il sera la voix de la raison. ^^

    Même Jaime laisse son mépris prendre le dessus.

    Un défaut qui va revenir le hanter dans le chapitre suivant … et qui à mon avis abime ses relations avec les alliés Lannister plus qu’autre chose. ^^

    Pourquoi une telle volonté de garder Edmure vivant ? Pour garder un moyen de pression sur Emmon peut-être ? Toujours est-il que l’union des Frey fait chaud au cœur.

    C’est un point intéressant à relever. Je n’avais pas interpréter la réaction d’Edwyn ainsi, mais en effet, c’est cohérent avec ce que dit Ryman dans un premier temps pour justifier de ne pas avoir pendu Edmure : « Messire mon grand-père… Si nous le pendons, nous n’avons pas d’otage, ser. Avez-vous réfléchi à cela ? »

    Il ne va pas au bout, mais j’ai le sentiment que ce qu’il veut dire, c’est que Walder lui a interdit de pendre Edmure. Est-ce par égard pour sa fille Roslyn, dont le mariage a déjà servi à commettre un sordide massacre ? Ou est-ce que juste comme l’annonçait Daven, les Frey attendent le terme de sa grossesse pour décider ce qu’ils font d’Edmure ?

    Roslin est un joli petit morceau, pas fouinière pour un sol. Et follement éprise d’Edmure, bizarrement. Perwyn me raconte qu’elle se morfond en prières pour avoir une fille. »
    Jaime médita la chose un moment. « Qu’il lui naisse un fils, et Edmure ne sera plus d’aucune utilité pour lord Walder.

    AFFC, Jaime V.

    En filigrane, on voit déjà apparaître les tensions et le jeu des trônes entre Walder Frey et la branche principale (aux Jumeaux) et Emmon Frey et la branche cadette (à Vivesaigues).

    Il s’en montre dans cet épisode le digne héritier : sa manœuvre est coup de maître. Elle lui permet de prendre Vivesaigues dès son arrivée, sans perdre un seul homme et en respectant son serment. Il gagne sur tous les tableaux et atteint tous ses objectifs. Son serment tient encore une place importante dans sa façon de régler le siège.

    Pour le moment (fin AFFC), la prise de Vivesaigues peut encore passer pour une victoire Lannister et une victoire de Jaime. Je pense pour ma part que c’est une victoire en demi-teinte, tant sur le plan politique que sur le plan personnel. Jaime essaie de reconstruire son image, de paraître meilleur, mais Pia et les écuyers ont entendu ses menaces, Edmure et Tom des Sept aussi … quand il sera confronté à Lady Cœurdepierre, comment pourra-t-il justifier ses paroles ? Et voudra-t-elle seulement le croire ?

    La raison de cet échec est très simple : un conseil (de guerre ou de gouvernement) se prépare. Les chapitres de Tyrion dans ASOS nous ont montré que Tywin préparait ses conseils dans les moindres détails avec Kevan et qu’il s’évitait ainsi toute mauvaise surprise et tout désordre. Les conseils de Tywin sont des spectacles de marionnettes dans lesquels Tywin et Kevan tirent toutes les ficelles. Jaime n’a rien préparé, probablement parce qu’il ne sait pas à l’avance quel est le résultat qu’il veut obtenir. Il ne manque pourtant pas d’alliés sur lesquels s’appuyer. En y ajoutant les relations explosives entre Frey et riverains, cela donne un véritable fiasco.

    Pour moi, ce qui fait dégénérer ce conseil, c’est vraiment qu’on oblige les Riverains à côtoyer les Frey post-Noces Pourpres. Pour le coup, Tywin aussi pouvait se heurter à la cacophonie des avis divergents lors de conseils de guerre urgents et improvisés (cf. AGOT, Tyrion IX). On voit aussi beaucoup Stannis écouter et anticiper les conseils divers et variés d’hommes qu’il connaît par cœur et qui réfléchissent beaucoup en fonction de leurs intérêts. N’empêche qu’au milieu de ces conseils chaotiques, il peut parfois s’exprimer un avis plus avisé que les autres. C’est aussi le but du conseil de guerre : laisser tout le monde s’exprimer et choisir ensuite les idées qui paraissent les meilleures. Et même au sein d’un conseil avec des avis divergents, il peut y avoir du respect, de l’estime ou de l’indifférence … Mais là, on oblige les Riverains à côtoyer les assassins de leur famille. Fatalement, ça se termine mal.

    Après, je conviens que Jaime aurait pu éventuellement prendre plus de temps pour le préparer … Mais ça n’aurait pas changé la nature profonde des personnes, leurs avis, et le fait qu’à la fin, c’est lui seul qui décidera. Tywin voulait ménager les Tyrell, c’est pour ça qu’il a mis en scène les décisions du conseil restreint. Jaime n’a pas ce genre de préoccupations à Vivesaigues : il est le commandant de l’armée, tout le monde lui obéira quoi qu’il décide. Et ça fait aussi partie des indices qui nous montre qu’il a moins d’habileté politique que Tywin.

    De toute façon, cette poudre aux yeux est moins utile ici qu’avec les Tyrell. Les Riverains ne sont pas des alliés à ménager, ils sont là contraints et forcés et personne ne se fait de doute à ce sujet. Ils ne pourront pas se retourner contre les Frey et les Lannister en surnombre, sauf si Jaime est suffisamment sot pour leur tourner le dos (comme Borros Baratheon lors de la bataille de la route Royale) … Et justement, lorsque Jaime expose ses projets d’assaut à Edmure, on voit clairement qu’il leur a réservé le rôle qui convient à des alliés incertains : les Riverains vont servir d’avant-garde, de chair-à-flèches. Tu m’étonnes qu’ils manquent d’enthousiasme !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois et 1 semaine par R.Graymarch.

    "Si l'enfer est éternel, le paradis est un leurre !"

    #194539
    Oiseleur
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 307

    C’est un chapitre où l’on voit que Jaime reste encore très impulsif, la devise des Lannister « Je rugis » n’est pas du tout usurpé pour ce dernier.

    Heuresement que Jaime ne portait pas d’épée ; sans quoi il n’aurait pas manqué de la mettre au clair, et si Brynden ne l’avait pas tué les archers postés sur les remparts s’en seraient cagrgés à coup sûr.

    […] Il résolut d’être le premier à mettre les pieds sur la muraille de la place. Et avec cette main d’or que je me trimbale, le premier à crever selon toute probabilité.

    Mais il est capable de se rendre compte que c’était une mauvaise idée. Reste à espérer pour lui qu’il sera bien moins emporté s’il se retrouvait en situation critique.

    Je n’avais pas fait si attention que ça à Karyl Vance, c’est un banneret qui est raisonnablement loyal. Mais qui ne s’obstine pas derrière la cause du Jeune Loup.

    J’avais oublié le silence de mort qui fait place aux promesses menaçantes de Jaime à Edmure.

    Pour ce qui est des serments, on voit bien qu’il s’agit de savoir quels serments il faut rompre en priorité. L’argument de la nullité du serment car extorqué sous la menace. Et bien à ce compte là les gibiers de potence qui constituent la Garde de Nuit pourraient très bien s’en sentir déliés.

    Je remarque que Jaime a décidé de se présenter sous les couleurs Lannister à Brynden Tully plutôt que sous ceux de la Garde Royale, sans succès. Il faut dire que c’est en tant que Lannister qu’il avait engagé les hostilités contre Catelyn Tully et par extension les Eddard Stark et les Tully.

    Nous verrons si pour le reste de la pacification du Conflans il choisira de rester sous les couleurs des Lannister.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois et 1 semaine par R.Graymarch.
    #194554
    Céleste
    • Pas Trouillard
    • Posts : 706

    Merci Sandrenal pour ton analyse !

    J’ai enchainé les deux chapitres de Jaime et j’avais donc en tête cette idée que Tyrion est plus le fils de son père que Jaime, je me suis donc intéressée à ses approches.

    Je me suis demandée si Jaime, inconsciemment, n’avait pas cherché une approche « Eddard Stark ». Cette approche échoue car pour que cela marche il faut avoir une réputation d’honneur, être connu pour honorer ses promesses. Et pour Jaime « honneur » est un cheval ^^

    Jaime a changé, enfin pas totalement, il est sur la voie du changement. Ce qui a amorcé ce changement c’est la perte de sa main et le fait d’avoir un peu trop traîné avec Brienne ^^. Quelque part il a payé son régicide de sa main d’épée. Il a payé sa dette et se destine à devenir quelqu’un d’autre.

    Toutefois, il y a des restes et Jaime se comporte comme s’il avait toujours sa main : lorsqu’il cède à la provocation du Silure et qu’il est prêt à accepter le duel, et lorsqu’il force le passage à la potence en menaçant de son épée.

    La suite c’est du Tywin : il prend mal la familiarité d’Edwyn Frey, Ryman accompagné de sa reine des putes peut faire penser à Tytos ou même à Tyrion.

    Ce qu’il propose au final à Edmure c’est la même proposition honorable qu’il a faite au Silure, l’alternative s’il la refuse sera violente et Jaime aime à penser que c’est du Tywin. Mais je ne crois pas, Tywin n’avait pas besoin de menacer il me semble, il aurait directement appliqué l’alternative, il aurait peut-être même directement tué Edmure.

    Tywin et Eddard sont deux figures d’autorité importantes pour Jaime, et on peut imaginer qu’il s’est construit et continue à le faire en réaction de celles-ci.

    Je préfère le souffle du dragon à la bave de crapeau et la langue de vipère.

    #194555
    R.Graymarch
    • Barral
    • Posts : 10088

    C’est vrai que Jaime est en transition. C’est la première fois qu’il négocie à ce niveau (pas juste sa gueule comme face à Catelyn ou Cersei) donc faut bien qu’il débute et s’inspire.

    Tywin n’avait pas besoin de menacer car sa réputation le précède : on sait ce dont il est capable. Jaime n’a pas du tout ce passé. Au contraire, en tant que régicide on pense en premier que sa parole n’a pas de valeur. Ce qui complique les négociations ^^ Encore un long chemin à parcourir, Jaime. Et le moindre faux pas te ramènera au début.

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    #194556
    Tybalt Ouestrelin
    • Pas Trouillard
    • Posts : 575

    Merci pour vos analyses et relectures. Moi aussi c’est un chapitre que j’apprécie particulièrement, car c’est le début de la mue de Jaime ; en tout cas dont il prend conscience. Il tâtonne mais malgré tout il avance sur une voie nouvelle.

    Mais le drame c’est toujours pareil : les autres, eux, ne le savent pas.

    DOH 8&10 : Tybalt Ouestrelin, acolyte loyaliste devenu Mestre ; Or, Argent et Bronze.
    DOH 9 : Lazzara zo Ghazîn, Grâce Bleue devenue Sénéchale. Miraculée devenue Conseillère. Pas Miraculée deux fois.

    #194629
    Sandor is alive
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 212

    Encore un excellent chapitre de Jaime. La confrontation verbale est géniale. Comme l’aurait été un duel Prime Jaime VS Prime Silure.

    Jaime est une fois de plus confronté à son péché originel (enfin le premier officiel). Et il assimile la façon dont Brynden le juge à celle dont Eddard l’a jugé en le découvrant assis sur le trône de fer. Et encore une fois il a de bons arguments pour se justifier mais il se réfréne. En partie par fierté, en partie parce qu’il pense qu’on ne le croira pas.

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