ASOS 33 – Tyrion IV

  • Ce sujet contient 2 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Liloo75, le il y a 3 jours et 12 heures.
3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Auteur
    Messages
  • #170256
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1753

    ASOS 33, Tyrion IV

    Au fil des pages – liste des sujets

    ◄ ASOS 32, Jaime IV ASOS 34, Samwell II ►

    La dernière fois que nous avons vu Tyrion le maumarié, c’est lors de sa navrante nuit de noces auprès de Sansa. Nous le retrouvons Grand Argentier, chevauchant sur le front de la de la Néra pour évaluer les ravages laissés par le feu grégeois de Tyrion la Main.
    Il s’agit d’un chapitre de transition où, du point de vue du jeu des trônes,  il ne se passe rien, ce qui ne signifie pas qu’il soit inintéressant : d’une humeur massacrante, au propre comme au figuré, Tyrion offre au lecteur son côté obscur : on l’a déjà vu tuer pour sauver sa peau au cœur d’une embuscade ou d’une bataille, ordonner la mort d’une crapule comme Main du Roi ; cette fois-ci, il s’agit de tuer pour protéger ses amours illicites : le minable ménestrel Symon Langue d’Argent en fait les frais pour les beaux yeux de Shae.
    Le chapitre se poursuit par une convocation de Tywin Lannister : en bon jardinier, GRRM y sème les graines qui germeront dans les chapitres suivants : deux mystérieuses épées d’acier valyrien font leur apparition, on y parle aussi poignard, argent introuvable, le tout saupoudré de quelques propos historiques et politiques qui dessinent un peu plus nettement la personnalité de Tywin.
    La fin du chapitre voit surgir dans la discussion père-fils l’avenir incertain de la Garde de Nuit.
    On peut avoir à première lecture le sentiment d’un chapitre disparate mais une thématique commune relie tous les propos abordés : les dettes à payer passées et à venir. Un Lannister paie toujours les siennes (ou les fait payer).

    Sur les bords de la Néra

    Depuis qu’a été mis un terme à sa fonction de Main intérimaire, Tyrion remâche son ressentiment, frustré que n’ait pas été reconnu son mérite : l’histoire de la Bataille de la Néra s’est écrite sans lui. Or s’il n’envisage que les vertus de sa gouvernance, il en a oublié les faiblesses. Lesquelles se rappellent à son souvenir au cours de son inspection des berges de la Néra.

    [Un] désert qui s’ouvrait désormais au-delà de la porte du Roi, un désert de boue, de cendres et d’esquilles d’os calcinés.

    Il est indubitable que les chaînes tendues sur le cours de la Néra et les ravages du feu grégeois de Tyrion ont participé de manière décisive à sauver le trône de Joffrey et la maison Lannister mais les habitants de Port-Réal ont payé le prix de cette victoire à la Pyrrhus dès avant la bataille elle-même puisque c’est Tyrion lui-même, qui pour garantir l’intégrité des remparts, a fait incendier tout ce qui, à l’extérieur, s’agglutinait aux murailles.

    L’incendie commandé par Tyrion Lannister avait anéanti tous les bâtiments situés en dehors des murs : entrepôts et cales, bordels et habitations. ACOK 53, Sansa IV

    Tyrion est détesté pour cette raison :

    Tyrion sentait leurs regards le suivre, des regards pesants, glacés, coléreux et hostiles.

    Après avoir été obnubilé par une reconnaissance qu’il n’a pas obtenue, ni de son père, ni du peuple, Tyrion songe enfin qu’il a lui aussi des dettes à payer.

    Bon, puisque c’est moi qui ai brûlé tout ça, ce n’est que justice, je suppose, que ce soit moi qui le rebâtisse.

    Plus tard, il fait un compte rendu accablant à son père :

    Avant de pouvoir rouvrir le port, il faudra draguer la Néra, démolir les épaves ou les renflouer. Les trois quarts des quais nécessitent des réparations, certains doivent être rasés puis reconstruits. Il ne reste rien du marché au poisson.

    Le feu grégeois a consumé la flotte de Stannis mais aussi réduit à néant la vie économique de Port-Réal et aggravé les conditions de vie des plus pauvres des habitants de Port-Réal. Les vivres que les Tyrell ont dirigé vers Port-Réal n’ont pas empêché l’inflation :

    Malgré tous les vivres en provenance de Hautjardin, les prix demeuraient scandaleusement élevés. Six sols pour un melon, un cerf d’argent pour un boisseau de grain, un dragon pour une moitié de bœuf ou six porcelets squelettiques. Les acquéreurs ne manquaient pourtant pas, semblait-il. Bonshommes décharnés, bonnes femmes exsangues se pressaient autour de chaque carriole, chaque étal, tandis qu’au débouché de chaque ruelle étaient massés, sombres et tout yeux, des gens encore plus démunis.

    Cependant Tyrion ne prend guère en compte leur misère en tant que telle : le peuple est voué à subir les aléas de la guerre : privations et destructions et s’il réagit, il est considéré rapidement comme une classe dangereuse. Tyrion se remémore immédiatement l’émeute de la faim d’ACOK 42, Tyrion IX :

    Si j’étais seul, ils m’arracheraient de ma selle et m’écrabouilleraient la figure avec un pavé, comme ils l’ont fait à Preston Verchamps.

    Et les qualificatifs qu’il attache aux figures populaires les assimilent à des animaux :

    Ils reviennent plus vite que des rats. /Des nuées de gosses escaladaient les vertigineux échafauds de bois et, juchés tels des singes accoutrés de bure sur le bras des catapultes.

    Le manque d’intérêt dont il fait preuve pour remédier aux mauvaises conditions de vie du peuple ne l’empêche pas de montrer de la commisération : il demande à Bronn de laisser les gens tranquilles, tant qu’ils ne construisent pas leurs bicoques à flanc de remparts et s’inquiète du réel danger auquel s’exposent les gamins qui escaladent les Trois-Putes (est-ce le souvenir de la chute d’un autre grimpeur à Winterfell qui lui inspire cette prévenance ?)
    Cependant la rancœur qui le ronge depuis sa convalescence met un terme rapide son fugace mouvement de bonté.

    Réflexion faite, dit-il après avoir repris sa monture en main, laissons ces marmots vérolés s’écrabouiller sur le pavé comme melons blets.

    Il faut dire que le crottin lancé du haut des catapultes le manque de peu et le renvoie encore une fois dans ce chapitre à l’émeute de la faim après le départ de Myrcella. Classe laborieuse, décidément classe dangereuse ?
    Je l’ai déjà souligné dans un post précédent : Tywin Lannister et sa progéniture, tout dorés qu’ils soient, sont associés d’une manière ou d’une autre aux déjections : on a déjà vu Jaime et son seau d’aisance rempli à ras bord dans les geôles de Vivesaigues, on sait aussi que Tyrion s’est vu chargé de curer les égouts de Castral Roc et plus tard, on verra mourir Tywin sur ses toilettes, les intestins à l’air, Cersei glisser sur un étron lors de sa marche de la honte et finalement Tyrion tenter de survivre en pleine épidémie de caquesangue.
    On sait Tyrion assoiffé de reconnaissance et de respect : Main détestée par le peuple, ignorée voire méprisé par la noblesse, le voilà moqué pour sa vie personnelle, alors qu’il fait preuve de délicatesse envers son épouse.

    Son mariage était un supplice de chaque jour. Sansa Stark restait vierge, et la moitié du château semblait au courant. Pendant qu’on sellait leurs chevaux, ce matin, il avait entendu deux garçons d’écurie ricaner dans son dos. Il n’était pas loin de se figurer que les chevaux ricanaient aussi.

    Là aussi, Tyrion se retrouve à payer une dette – bien Lannister celle-ci –

    Aucune parole au monde ne le lui ferait jamais trouver digne de confiance. Ou moins Lannister, si peu que ce soit. Telle était la femme qu’on lui avait donnée pour le reste de son existence, et cette femme le haïssait.

    Il lui reste Shae dont il aurait souhaité qu’après son mariage, elle se montre jalouse pour se sentir un tant soit peu désiré sinon aimé, fût-ce au prix de la souffrance de Shae, mais ce dû qu’il réclame ne lui est pas payé. Encore une question de dette.

    Quelque chose en lui s’était bercé d’une réaction moins indifférente. Bercé, se railla-t-il amèrement, bercé ! eh bien, te voici édifié, nabot. Shae, le voilà, l’amour auquel tu peux prétendre, tout l’amour qu’on te vouera jamais.

    L’heure des comptes et d’une chanson

    À défaut de l’amour des chansons et des contes, Tyrion s’apprête à rencontrer de nouveau celui qui les chante si bien qu’il s’est mué en maître-chanteur : Symon Langue-d’argent qui, pour l’occasion se verrait bien cousu d’or. Bronn se révèle comme un homme de main indispensable : on se souvient que Tyrion l’avait chargé de retrouver au plus vite Symon, témoin gênant et potentiellement bavard de ses amours tarifées (ASOS 13, Tyrion II).
    La gargote obscure au fond d’un cul-de-sac où Bronn a arrangé la rencontre a tout du coupe-gorge, située dans le quartier où s’est amorcée l’émeute de la faim – troisième allusion discrète dans le chapitre – histoire de signifier que dans ASOIAF, au-delà des dettes à payer, réside la faim : faim de justice, de vengeance, de considération, d’amour.
    Symon se révèle beaucoup plus dangereux et gourmand que prévu, à la mesure de la perte d’autorité de Tyrion depuis qu’il n’est plus la Main. Est-il dans le déni ou est-il simplement naïf lorqu’il attribue à l’excès de vin ou à sa propre mansuétude passée l’effronterie du chanteur persuadé que Tyrion va céder à ses exigences ?

    Lors de leur dernière rencontre, il avait suffi d’un mot sec pour mettre le chanteur en nage ; où diable puisait-il l’espèce d’arrogance dont il faisait preuve à présent ? Dans ce pichet, très probablement. Si Tyrion ne l’avait lui-même suscitée par son propre comportement. Comme je l’ai menacé, mais sans jamais donner à mes menaces la moindre apparence d’exécution, voilà qu’il me croit dépourvu de dents. 

    Comme assez souvent, Tyrion ramène tout à lui, sans voir qu’il ne représente plus rien de franchement menaçant aux yeux de Symon parce qu’il ne réprésente plus le pouvoir, juste un noblaillon à faire payer.
    On se souvient des paroles de Varys dans ACOK 09, Tyrion II :

    Le pouvoir réside là où les gens se le figurent.

    Quelques graines sont ici semées : Symon Langue-d’argent est la première des trois victimes tuées par Tyrion dans ASOS :
    La scène préfigure dans son déroulement les scènes des meurtres de Shae et de Tywin : c’est au bout d’un cheminement dans un labyrinthe obscur à l’image de la ruelle tortueuse menant au bouge que Tyrion devient un meurtrier. Et c’est aussi pour les mots de trop, comme ceux de Symon, que Tyrion passera à l’acte pour Shae et Tywin.
    Mais Symon avait-il une seule chance de s’en tirer ? S’il s’agissait seulement de donner trente dragons pour convaincre le ménestrel de s’exiler, pourquoi Tyrion se montre-t-il si réticent ? Bronn lui-même ne fait pas preuve lui non plus d’un grand entrain pour l’escapade:

    La visite du front de rivière s’imposait trop pour ne point fournir une couverture commode à ce qu’il mijotait de faire. Sans enthousiasme, mais il le fallait.
    Par ici, dit Bronn, quand ils parvinrent au bas de la rue Croche. Si vous tenez toujours à …?

    Comme on sait que Bronn est dénué de scrupules et tue aussi facilement qu’il respire, j’en ai déduit qu’il réprouve seulement que Tyrion rencontre en personne Symon Langue-d’argent : l’équipée n’est pas sans risque car, de l’aveu même de Tyrion dans ce chapitre : « Varys avait des mouchards partout« .
    Je pense que Tyrion, peut-être sans grande illusion, veut jauger Symon pour lui donner une mince chance de s’en tirer. Dès le chapitre 13, il avait songé faire tuer le ménestrel dont la conduite, non sans ironie, préfigure celle de Tyrion : l’arrogance de Symon, son goût de la provocation, et sa langue trop bien pendue lui jouent le même tour que ces traits de caractère le feront pour Tyrion face à Joffrey avec le résultat que l’on sait.
    En tout cas, Symon ne perçoit pas le danger – il n’a pas eu l’occasion d’entendre Varys discourir sur le pouvoir : « le pouvoir est une ombre sur le mur…mais les ombres peuvent tuer. »
    Par l’entremise de Bronn, voilà la première fois que Tyrion tue sans la justification de sauver sa peau ou bien de rendre une certaine justice.
    Pour avoir eu les yeux plus gros que le ventre, Symon finit en ragoût…une occasion supplémentaire pour GRRM d’offrir à ses lecteurs la trangression d’un tabou : la consommation de la chair humaine qui s’ajoute à la trangression du tabou de l’inceste et des meurtres de parents et d’hôtes. Le blog propose un article sur le sujet.
    Voilà donc une dette payée chèrement si j’ose dire par Symon autant pour son dangereux chantage que pour avoir manqué de considération pour Tyrion.

    Devoirs de famille

    La troisième partie du chapitre est occupée par une nouvelle rencontre entre Tywin et Tyrion : il y est question aussi de dû :
    Tywin aime le pouvoir et les marques de ce pouvoir qui résident notamment dans la possession d’une épée en acier valyrien que la maison Lannister a perdue lors d’une expédition du roi Tommen II dans les vestiges maudits de Valyria. On imagine bien que pour Tywin cette possesion est un dû ; On n’apprend que bien plus tard, lorsque Jaime confie Féale à Brienne que Tywin Lannister a repris Glace à Ilyn Payne pour en refondre l’acier et en tirer deux épées. On apprend dans notre chapitre que l’acier a refusé de devenir totalement rouge Lannister et que les vieilles épées se souviennent comme un rappel du Nord se souvient.
    C’est une occasion pour Tyrion de réclamer une fois de plus un dû à son père :

    Une épée pour Joff, une épée pour Jaime, et pas même un poignard pour le nain. Tout est pour le mieux, n’est-ce pas ?

    Ce tout est pour le mieux sonne ironiquement à la lecture : une épée pour Joff et l’idée d’un poignard dans une armurerie vont sceller dans quelques chapitres et le sort de Joffrey et celui de Tyrion où chacun paiera ses dettes. Quand au cadeau de Tywin pour Jaime, le lecteur sait déjà qu’un manchot n’en aura pas d’usage et qu’elle lui servira à payer sa dette d’honneur envers Brienne et Catelyn Stark. Si Tyrion réclame son dû sans succès, comme il pouvait s’y attendre, Tywin exige le sien aussi : la consommation des noces de Tyrion et Sansa mais par contre il mégote sur ses picaillons, comme aurait pu dire le roi Robert.
    Tywin plus qu’une Main se comporte comme le roi Baratheon qu’il n’est pas : Joffrey n’est pas associé aux prises de décisions – à vrai dire, on ne va pas le regretter – mais on peut remarquer que dès que l’on touche à l’or Lannister, Tywin ne confond plus sa maison avec celle du roi.
    Dans une interview, GRRM avait évoqué l’absence de toute préoccupation financière dans le SDA, particulièrement en ce qui concerne le règne d’Aragorn. il prend le contrepied en soulevant très fréquemment le problème des dépenses de la Couronne : dès AGOT, Ned Stark est confronté aux dépenses excessives de Robert, sans parler des malversations de Littlefinger et l’endettement chronique de la Couronne, poussée à emprunter à des taux usuraires, notamment à Castral Roc.
    Tyrion découvre comme Grand Argentier le gros souci de tout ministre des finances :

    Mais le fric, le putain de fric, où vais-je le trouver ? / Le Trésor est vide, je vous le répète. Nous n’avons pas encore fini de payer les alchimistes pour tout leur grégeois, ni les forgerons pour ma chaîne, et Cersei a mis en gage la couronne pour payer la moitié de ce que vont coûter les noces de Joffrey.

    le moins qu’on puisse dire c’est que cet abyssal endettement de la Couronne ne préoccupe pas Tywin Lannister, adepte d’un « quoi qu’il en coûte » de fantasy. Implicitement il invite Tyrion à recourir à n’importe quel expédient :

    Tu sauras bien trouver les fonds nécessaires.

    Et s’en tient cyniquement à une lecture fallacieuse des comptes :

    J’ai consulté les comptes de Littlefinger. les revenus de la Couronne sont dix fois supérieurs à ce qu’ils étaient du temps d’Aerys.

    Tyrion a une solution toute prête, vieille comme le monde des finances : l’effacement de la dette contractée aurès des Lannister. Mais papa Lannister ne l’entend pas de cette oreille. Offrir une épée valyrienne dont l’acier ne lui a rien coûté est plus dans ses cordes que de soulager le royaume de son propre petit-fils, au prix de ses propres dragons d’or.

    Le bonhomme a d’autres projets en tête dont celui de s’attacher, l’air de rien, la fidelité sinon les services de la Garde de nuit : la nouvelle de la mission de Mormont perdue au-delà du Mur est parvenue à Port-Réal.
    L’occasion pour Pycelle de faire payer -oh un tout petit peu – ses dettes à Tyrion et défaire ce qui reste de son action de Main :

    Si Mormont est bel et bien mort, les frères noirs auront à se choisir un nouveau lord Commandant.
    Pycelle décocha son regard le plus torve à Tyrion. « Excellemment pensé, messire. Je sais l’homme idéal. Janos Slynt.

    Voilà de nouveau une petite graine semée et le sort de Janos Slynt scellé : tout va se payer mais bien souvent pas du tout comme le débiteur se l’imagine.

    C’est la tête que j’aurais dû lui couper, pas la barbe, se dit Tyrion. Et c’est une bonne trempette qu’il fallait à Slynt comme à son cher pote Allar Deem. Du moins n’avait-il pas commis la même gaffe inepte en ce qui concernait Symon Langue-d’argent. Voyez, pour le coup, Père ? eut-il envie de gueuler, voyez à quelle vitesse j’apprends mes leçons ?

    L’avertissement vaut pour Tyrion : la leçon à apprendre est plutôt que les conséquences de vos actes vous reviennent en pleine figure. Symon aurait dû tenir sa langue d’argent, gare à la tienne, Tyrion !

     

     

     

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine et 3 jours par Ysilla.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine et 3 jours par Ysilla.

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #170267
    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 8499

    D’un frère à l’autre avec ces chapitres qui se suivent. Une petite allitération pour commencer

    Nothing remained beyond the King’s Gate but mud and ashes and bits of burned bone, yet already there were people living in the shadow of the city walls, and others selling fish from barrows and barrels.

    Sur le port, Tyrion se sait (se sent ?) en sécurité car Bronn est là. Et il pense au destin de Preston Verchamps, pour le coup il n’a pas tort, les gens le détestent même sans raison objectives. Pour « l’aider », Bronn a des idées expéditives qui n’arrangent rien. Buter les gens qui sont là, super idée… Tyrion trouve ironique qu’il doive reconstruire ce qu’il a fait détruire

    On a des nouvelles de Vivesaigues par la bande. C’est assez émouvant pour Kevan, je trouve (et hop une pique pour Tywin qui n’a rien demandé)

    With one son dead and two more in mortal danger, Ser Kevan was consumed by grief and fear. Lord Tywin had always relied on his brother, but now he had no choice but to turn again to his dwarf son.

    En plus de son père qui ne le nomme pas héritier de Castral Roc et l’utilise, Tyrion se plaint de Littlefinger. Là, pour le coup, il n’a pas totalement tort. Il est pas net, le Petyr. Et Tyrion ronchonne sur son mariage et sa réputation. Il se demande d’où vient la fuite ?

    Either Sansa had been stupid enough to confide in one of her bedmaids, every one of whom was a spy for Cersei, or Varys and his little birds were to blame.What difference did it make? They were laughing at him all the same. The only person in the Red Keep who didn’t seem to find his marriage a source of amusement was his lady wife.

    Bref, Tyrion est sympa avec Sansa mais il le vit mal. Il repense à Shae et surprise, elle était au courant pour le mariage..

    He was speechless for an instant. Even Sansa did not know, not then. “How could you know? Did Varys tell you?”

    “Some page was telling Ser Tallad about it when I took Lollys to the sept. He had it from this serving girl who heard Ser Kevan talking to your father.”

    Elle s’en fout et ça le bouffe un peu. Ouch…
    Some part of him had hoped for less indifference. Had hoped, he jeered bitterly, but now you know better, dwarf. Shae is all the love you’re ever like to have.

    Lors d’une visite en ville, Tyrion toujours parano (un peu à raison) sur les agents de Varys. On retrouve Symon (j’avais complètement oublié ce passage) pour une négociation. Ah, cette phrase petyro-sandoresque de Tyrion

    “The last thing my wife needs is more songs,” said Tyrion.

    J’ai été un peu soufflé par les négociations

    The last time Tyrion had seen the man, a sharp word had been enough to set him sweating, but it seemed the singer had found some courage somewhere. Most like in that flagon. Or perhaps Tyrion himself was to blame for this new boldness. I threatened him, but nothing ever came of the threat, so now he believes me toothless.

    Il n’a peur de rien, Symon

    “A pity. Still, each man has his song, as my old master used to say when he was teaching me to play. Others might like my tune better. The queen, perhaps. Or your lord father.”

    Puis

    “I shall sing the night of King Joffrey’s wedding. Should it happen that I am called to court, why, I will want to offer the king my very best compositions, songs I have sung a thousand times that are certain to please. If I should find myself singing in some dreary winesink, though . . . well, that would be an apt occasion to try my new song. For hands of gold are always cold, but a woman’s hands are warm.”

    “That will not be necessary,” said Tyrion. “You have my word as a Lannister, Bronn will call upon you soon.”

    Pardon ? Tyrion offre un pont d’or à un barde et il l’envoie chier ? Ah oui, quand même. J’ai trouvé Tyrion bien mou pour céder. Sauf qu’en fait, il ne cède, il va le faire buter. Bien fait, na !

    Tyrion retourne chez lui et Pod (qu’il malmène) lui dit que son père l’attend. On voit Tywin en pleine séance post shopping (“Rubies,” Lord Tywin said. “Garnets lack the fire.”) et on a un petit cours sur les armes en acier valyrien qui auraient leur volonté propre.

    Your lord father had asked for the crimson of your House, and it was that color I set out to infuse into the metal. But Valyrian steel is stubborn. These old swords remember, it is said, and they do not change easily. I worked half a hundred spells and brightened the red time and time again, but always the color would darken, as if the blade was drinking the sun from it. And some folds would not take the red at all, as you can see.

    Tyrion râle qu’il n’y a pas d’armes pour lui et on revient aux poignards de Robert. Huhu.

    Mais pourquoi Tywin l’a fait venir ? On change encore de sujet. Tywin avance ses pions en parlant du mariage de Joffrey, de Cersei pour aller ensuite vers celui de Tyrion. Le filou. Au passage, il ne veut pas financer les travaux de Tyrion

    “The Tyrells would think us niggardly. I will have the wedding and the waterfront. If you cannot pay for them, say so, and I shall find a master of coin who can.”

    The disgrace of being dismissed after so short a time was not something Tyrion cared to suffer. “I will find your money.”

    “You will,” his father promised, “and while you are about it, see if you can find your wife’s bed as well.”

    Tywin est inflexible sur Sansa

    “Sansa is too young.”

    “She is old enough to be Lady of Winterfell once her brother is dead. Claim her maidenhood and you will be one step closer to claiming the north. Get her with child, and the prize is all but won. Do I need to remind you that a marriage that has not been consummated can be set aside?”

    “By the High Septon or a Council of Faith. Our present High Septon is a trained seal who barks prettily on command. Moon Boy is more like to annul my marriage than he is.”

    “Perhaps I should have married Sansa Stark to Moon Boy. He might have known what to do with her.”

    Ah, Lunarion est déjà là (pour ce qu’on en sait^^)

    “Mace Tyrell has refused my offer to marry Cersei to his heir Willas.”

    Refused our sweet Cersei?” That put Tyrion in a much better mood.

    “When I first broached the match to him, Lord Tyrell seemed well enough disposed,” his father said. “A day later, all was changed. The old woman’s work. She hectors her son unmercifully. Varys claims she told him that your sister was too old and too used for this precious one-legged grandson of hers.”

    Tout cela est dit sous le sceau du secret, Cersei ne doit pas savoir

    The offer was never made

    C’est un piège ou une preuve de confiance de la part de Tywin ?

    Pycelle arrive et Tywin laisse Tyrion être présent. Il apporte des nouvelles du Mur. Il a l’air d’être sincère quand il demande si on doit aider la Garde (cela dit, il n’a pas grand chose à perdre)

    Pycelle propose Janos Slynt comme lord commandant. Tywin a une manière bien à lui de ne pas intervenir dans les choix de la Garde

    “if they do not vote as they are told, their Wall will melt before it sees another man.”

    Tyrion est peu ravi à cette idée

    “Lord Janos is a hollow suit of armor who will sell himself to the highest bidder.”

    “I count that a point in his favor. Who is like to bid higher than us?”

    Et Tyrion fait le lien avec le destin promis à Symon. Une fois tuée, la personne ne cause plus de soucis

    At least he had not made the same foolish mistake with Symon Silver Tongue. See there, Father? he wanted to shout. See how fast I learn my lessons?

    Ah, la proximité entre Tywin et Tyrion, tout un poème.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #170649
    Liloo75
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2532

    Merci Ysilla pour cette riche analyse du chapitre de Tyrion.

    Je n’ai pas grand chose à rajouter. J’avais noté qu’en début de chapitre, lorsqu’il pense à Sansa et à sa froide politesse envers lui, il avoue qu’il la désire. Mais lorsque son père lui demande, ordonne,  de consommer son mariage, il réplique que Sansa n’est qu’une enfant.

    J’ai eu la même pensée que toi devant les épées en acier valyrien. Jaime ne pourra jamais se servir de celle qui lui est destinée. J’y vois encore un pied de nez envers Tywin et sa fierté familiale. Les dieux lui ont donné un fils nain. Et son autre fils, son héritier, va revenir manchot. Une claque pour le présomptueux Tywin.

    J’avais oublié que dans ce chapitre parvenait la nouvelle de la disparition de Mormont et des hommes de la Garde de Nuit. Et Pycelle qui propose d’envoyer Slynt pour remplacer le lord Commandant.

    Ironiquement, quand Tyrion se dit qu’il aurait dû raccourcir la tête de Pycelle plutôt que sa barbe, j’ai songé que c’est Janos Slynt qui va perdre la sienne.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.