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20 sujets de 481 à 500 (sur un total de 500)
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  • #169667
    Jon
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    ÂhniJ’ai fini le premier tome de Âhni, de Myrtille Bastard (un livre à la couverture horrible (la faute à la maison d’édition a priori), mais que l’autrice nous avait super bien vendu, on avait parlé presque une heure avec elle avec Yoda aux Imaginales le dimanche ^^). J’ai eu un peu de mal au début ; probablement en partie des difficultés à m’habituer au style (ça me fait souvent ça quand je lis en français + à la première personne), en partie aussi parce que le personnage-central-pov-narrateur de la première partie n’est pas ultra attachant (en plus l’autrice me l’avait vendu comme « pas très sympathique » donc ça a probablement accentué le trait x) ), et parce que l’histoire est assez simple et pas passionnante (que de points positifs décidément 😛 ).
    Dans la deuxième partie, ça va mieux. La série est basée sur quatre personnages dont les narrations ont vocation à se croiser et se compléter, avec les deux premiers tomes étant une sorte d’introduction à chaque personnage avec son histoire jusqu’aux événements clefs du moment ; dans ce tome 1, on a donc deux personnages introduits. C’est intéressant comme écriture (c’est un peu comme si on avait un seul PoV de GRRM pendant tout un demi-tome, puis un autre), et les deux personnages se croisant et interagissant, chacun interprète à sa façon les événements et les actions de l’autre, et c’est plutôt bien fait (même si sur certains points c’est assez évident dès la première lecture ce que sera l’autre vision). Ils sont suffisamment séparés, et leur histoire couvre une suffisamment grande période, pour qu’il n’y ait quand même pas d’effet lassant de répétition.
    Bref tout ça pour introduire que donc oui, la deuxième partie m’a plus plu, le second personnage est plus intéressant, même si ses problématiques sont très axées sur le sexe XD
    Au final, c’était sympathique à lire, et surtout, si on considère ça comme une (longue) introduction, ça donne assez envie de lire la suite : il y a quelques mystères intrigants, une histoire générale dans laquelle on commence à s’impliquer, et les deux autres personnages que je suspecte d’être les futurs narrateurices m’intéressent bien (et viendront probablement apporter un éclairage très complémentaire à ce qu’on sait jusque là).

    #169726
    Nymphadora
    • Vervoyant
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    Le Tribut des Dieux, tome 1 : Octavia, de Bleuenn Guillou

    Les Dieux ne sont pas immortels ! Tous les cent ans, chaque dieu choisit l’héritier qui prendra sa place parmi les magiciens. Et tous les magiciens sont, eux, formés à l’académie de magie. Octavia, une jeune fille qui vient de perdre sa famille dans des circonstances atroces, se retrouve à l’académie et se retrouve soudain au cœur des manipulations des magiciens et des dieux. Et elle est prête à tout pour ressusciter sa famille.

    Comme vous vous en doutez peut-être avec ce résumé foisonnant, on est sur un livre divertissant qui se lit vite façon Young Adult. Et j’ai lu le livre très vite, sans m’ennuyer, c’est efficace. Toutefois, si l’univers est original, j’ai trouvé le tout un peu too much à mes yeux : j’ai eu l’impression qu’on essayait de caler trop d’éléments hétéroclites dans cette histoire, à l’image de ce panthéon de dieux qui convoque des dieux grecs, des dieux celtes, des dieux slaves, des dieux mayas… La mixture est parfois un peu trop riche. A cela s’ajoute un style pas très heureux (des phrases un peu bancales et une langue assez moyenne), et des personnages qui manquent de texture. L’héroïne, Octavia, est « une fille en colère ». Elle est traumatisée, prête à tous les mensonges et atrocités… mais manque cruellement de fond au delà de ça. Pensez Arya Stark, mais sans le talent de Martin pour la faire vivre. Ses compagnons ne sont pas beaucoup plus convaincants, avec notamment Clémence, la jeune fille naïve, douce et innocente… qui se révèle surtout complètement vide et peine à émouvoir. On a parfois un peu l’impression de cocher le bingo des clichés de personnages, sans qu’il vivent vraiment dans notre esprit.

    Je pense que le livre trouvera son public, parce qu’il a quand même une grande efficacité. Et en plus le travail éditorial est à saluer, le livre est très joli. Mais malheureusement, c’était pas pour moi !

    ~~ Always ~~

    #169753
    Tizun Thane
    • Pisteur de Géants
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    avec notamment Clémence, la jeune fille naïve, douce et innocente… qui se révèle surtout complètement vide et peine à émouvoir.

    Au moins, son prénom est raccord avec son comportement ^^. L’autrice a probablement voulu mettre en opposition deux archétypes de la féminité (la fille en colère contre l’ingénue), mais à te lire, aurait peiné à convaincre.

    Merci Nympha de ce retour. Le titre est assez classe « le Tribut des dieux », mais ta mini critique ne donne pas envie. Si je le lis, je ferai un retour pour comparer nos notes ^^

    #169957
    Crys
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    Pour ma part, je viens de terminer Malboire de Camille Leboulanger. Pour rappel, Nymphadora avait plutôt beaucoup aimé et DNDM moins. Pour ma part, si j’ai eu un peu de mal à accrocher complètement par moment (le manque d’enjeux dont parlait DNDM, je comprends), il se dégage une atmosphère assez « apaisante » du roman. C’est un trait qu’il partage avec d’autres histoires inondées, à mon sens, comme La Belle Sauvage de Pullman ou bien la première partie des Chiens et la Charrue de Dewdney. Après on reste dans le cadre d’un roman qui traite d’écocide donc ce n’est pas non-plus du contemplatif, mais y a quelque chose dans l’ambiance qui est de ce goût-là.
    Pour rappel, on y suit un personnage principal qui, extirpé de la boue toxique dans laquelle il vit, va découvrir le monde post-apo aqueux (y a du Mad Max, y a du Waterworld, y a d’autres choses aussi) dans lequel il habite. Le tout fait très quête initiatique, ça ne se prend pas trop la tête. L’évolution psychologique du héros est au cœur du récit et il y a franchement de beaux passages (un second passage près d’un étang est parmi les plus élégantes leçons sur l’amour que j’ai lue). L’intrigue est certes parfois un peu facile, mais sans que cela gêne le plaisir de lecture. Par certains côtés, on retrouve un peu de la Horde du Contrevent, mais avec un final plus satisfaisant, et de la branlette intellectuelle étalée à tous les étages en moins !

    Bref, je recommande !
    A noter que j’ai mis 1 semaine pour le lire car j’ai été bien occupé, mais en une journée voire deux jours, ça peut s’avaler, car comme le soulignait DNDM, le roman est court !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 semaines et 6 jours par Crys.
    #169980
    Yunyuns
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    De mon pack des Imaginales j’ai lu Fortune Cookies, de Silene Edgar.

    Dystopie à base de scénario catastrophe de ce qui pourrait arriver en France/Europe, ce livre est très dur à juger en 2022, car  les éléments qui constituaient un scénario catastrophe à l’époque sont aujourd’hui dépassés.

    Oui, ce livre a été écrit en 2013 (publié janvier 2014), donc bien avant les attentats du Bataclan, les lois sur l’État d’urgence, l’instauration de couvre-feux, le retour de la guerre en Europe… L’impact sur le lecteur est en énormément modifié, et ce en plusieurs sens, car certes on se dit que le scénario présenté n’est pas si incroyable que ça, mais est-ce que relativiser tout cela n’est pas en soit une catastrophe ?

    L’autrice me disait à Épinal qu’elle avait voulu le modifier, mais qu’il aurait en fait fallu tout changer et que ce serait donc une toute autre histoire.

    Bref, difficile de juger ce livre autrement que par son contexte. Reste que l’écriture est simple mais efficace, qu’on se laisse facilement emporter par le récit et que les 140 pages se lisent donc très vite. Petit bémol sur les dialogues qui sont souvent brouillons lorsqu’il y a plus de deux personnages.

    Au final j’ai assez apprécié, notamment par les questions qu’il fait nous poser sur ces dernières années.

    Fan n°1 de Victarion Greyjoy, futur Roi des Sept Couronnes.

    #170074
    Jon
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    The Ruin of KingsThe Ruin of Kings, de Jenn Lyons, premier tome de A Chorus of Dragons.
    Disons-le tout de suite : j’ai beaucoup aimé 🙂 C’était pour moi un retour à de la fantasy “classique” et ambitieuse/exigeante, avec un univers riche et une histoire complexe. Le genre de livre un peu exigeant, pendant la première moitié (au moins) duquel on est un peu perdu, à essayer de comprendre qui sont ces gens dont on nous parle, quelle est leur histoire, que veulent-ils ; avec des références à des personnages et des événements historiques dont on n’a pas encore saisi toutes les facettes et les implications ; etc.
    Ajoutez à ça que l’histoire nous est (majoritairement) racontée par deux de ses protagonistes principaux, donc forcément avec leurs biais, leurs erreurs d’interprétation, et leurs connaissances limitées (en particulier lorsqu’ils relatent des dialogues dans lesquels on leur ment, les personnages avec lesquels ils interagissent eux-mêmes n’étant pas toujours honnêtes et ayant chacun-e leurs objectifs) ; et que l’une de ces protagonistes pourrait être qualifiée elle-même de menteuse compulsive : il faut donc rester attentif, ne pas tout prendre pour argent comptant, et essayer d’analyser la cohérence de ce qu’on nous raconte.
    En dehors de ça, le scénario aurait pu être typiquement quelque chose que je n’aime pas : on a un personnage principal de type “élu”, projeté soudainement au milieu des personnages les plus puissants du monde, qui tous soudainement s’intéressent à lui, avec en rab des prophéties pour parfaire le tableau ; et lui un peu perdu dans tout ça, qui semble avoir peu d’impact sur les événements qui l’entourent et le ballotent de tous les côtés. Cela aurait pu être un archétype qui me rebute un peu, “le héros providentiel auquel arrive l’histoire”, mais au final ça ne m’a pas fait cet effet là, peut-être en partie parce que le personnage lui-même se débat contre ça.
    L’univers en lui-même est assez classique sur la forme au premier abord (un Empire basé sur la conquête et l’esclavage, des maisons nobles aux caractéristiques physiques reconnaissables en lutte d’influence, une race de “pseudo-elfes” presque éteinte, des mages aux pouvoirs plus ou moins extrêmement puissants, un panthéon divers, des démons (c’est déjà moins fréquent, les démons, mais mettons-les là)), mais a quelques éléments particuliers assez intéressants, dont je ne parlerai pas car leur découverte fait partie des enjeux du livre, mais qui viennent piquer la curiosité.
    Pour finir, le style est fluide et agréable. Les différents personnages ont une façon de raisonner et de raconter différente ; le tout est en fait un rapport présenté par encore un troisième personnage qui vient rajouter de temps en temps des notes de bas de page pour donner son avis sur ce qui est relaté ; et j’ai trouvé beaucoup d’humour dans les dialogues, en particulier le personnage principal a un humour un peu sarcastique, un peu tête à claques, qui a très bien marché sur moi 😀

    #170127
    Nymphadora
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    Symphonie atomique, d’Etienne Cunge

    « Soyez écoresponsable, suicidez-vous »
    Une accroche marquante pour un livre à éviter si vous souffrez d’éco-anxiété. Contrairement à beaucoup de livres de « climate fiction » qui sont de plus en plus nombreux dans les librairies, on n’est pas ici dans du post-apocalyptique où les hommes ont détruit leur environnement, mais dans un thriller qui se passe pendant l’apocalypse… Mais une apocalypse très lente, et – malheureusement – très crédible : on se place dans une grosse cinquantaine d’années dans le futur et les calamités climatiques se sont enchaînées et s’enchaînent toujours, mais l’humanité est résiliente et s’accroche. Les puissances internationales ont chacune leur politique face aux désordres climatiques, mais un évènement va venir chambouler l’équilibre instable entre les nations, faisant craindre une guerre nucléaire en sus de la catastrophe climatique. Le gros du livre va se concentrer sur ce conflit, et laisser au lecteur le soin de comprendre les tenants et aboutissants de cette crise internationale.

    Un livre donc très anxiogène. Surtout au début, où l’on met le lecteur face à cet univers chamboulé, où les ressources sont rares, où la violence fait rage, mais où les humains vivotent quand même toujours (sans évènement d’extinction de masse, les humains sont nombreux, dans un environnement de plus en plus hostile). Une photo hyper réaliste glaçante. Chaque chapitre débute avec des témoignages de « radio collapse » : des tranches de vies partout sur le globe de la façon dont vivent les gens. Et j’en ai fait des cauchemars (ce n’est pas une métaphore : une nuit je me suis réveillée en hurlant parce que je luttais contre le réchauffement climatique). Je n’arrivais pas à lire plus d’un chapitre d’affilée tant ça me stressait. Une fois que l’histoire principale façon thriller prend plus d’ampleur, ça va mieux ceci dit.

    Néanmoins, si l’ambiance glaçante est donc, vous l’aurez compris, vraiment très bien faite à mes yeux (peut être un peu trop bien faite du coup pour mon petit cœur sensible xD), les personnages principaux du roman, dont on suit les aventures façon « chapitres point de vues » qui s’enchaînent, sont assez peu intéressants et manquent d’ampleur. Le grand complot nucléaire est en conséquence assez facile et peu impactant au vu des enjeux du début du livre tellement glaçant. L’écriture est efficace, mais les personnages n’arrivent pas à porter suffisamment l’intrigue pour qu’on s’y intéresse vraiment.

    In fine, je ressors du coup partagée sur ma lecture : d’un côté, cette photo d’un monde en plein effondrement est marquante et je pense que je porterai longtemps avec moi le bouquin… mais d’autre part, l’intrigue du livre en lui-même, et ses personnages, sont faiblards en comparaison. Je pourrais difficilement jeter aux orties un bouquin qui m’a autant remuée. Malgré ses défauts, et si vous n’êtes pas trop déprimé, je pense que pour les curieux, il mérite la lecture.

    ~~ Always ~~

    #170140
    Sooyemds
    • Éplucheur de Patates
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    "Harry Potter et l'enfant maudit" une pièce de théâtre dans l'univers HP.L’enfant maudit ou plutôt l’enfant mal aimé de la saga Harry Potter. Je me suis refait les 7 tomes et j’ai conclu cette relecture avec un livre décrié et que je n’avais pas encore lu. Et bien, j’ai plutôt apprécié cette découverte sous la forme d’un script de pièce de théâtre. Ce livre propose une suite potentielle à l’épilogue du 7ème volume. Par contre, j’ai détesté le premier tiers avec l’introduction des personnages. Albus Severus Potter est extrêmement antipathique, Harry et surtout Ron sont des personnes inintéressantes. Il y a certains points pour faire avancer l’intrigue qui m’ont fait froncer les sourcils tellement ils sortaient de nul parts. Mais la suite du livre, une fois qu’on est vraiment plongé dans l’action, est intéressantes. Les auteurs ont eu certaines idées plus ou moins bien mises en place, mais elles ont le mérite d’exister. Certaines scènes en film seraient incroyables. Ça reste maladroit par moments et certains éléments n’ont pas été assez bien pensé mais j’ai fini par être content durant mes lectures. Je vous conseille d’essayer cette petite aventure et de vous faire votre avis sur cette fan fiction plus ou moins officielle.

    #170231
    Yunyuns
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    De mon pack des Imaginales j’ai lu Le Roi des Fauves, d’Aurélie Wellenstein.

    « Coup de cœur » des Imaginales 2017, j’avais pourtant assez peu entendu parler d’elle. Elle a attiré mon attention cette année lors d’une conférence en déclarant (je paraphrase) qu’elle écrivait car elle avait la rage, qu’elle avait besoin de faire sortir cette colère à travers son texte.

    Je suis donc allé lui acheter un livre pour voir comment cela pouvait se retranscrire.

    J’ai choisi Le Roi des Fauves pour son univers empreint de mythologie scandinave à base de Jarls, de Berserkers, de Valkyries, etc. Que cela ne rebute personne, ce ne sont pas les éléments principaux du récit. Pas plus que la trame de l’histoire ou l’originalité des personnages, car on est ici dans du très classique avec de très nombreux clichés du roman fantastique.

    Mais l’intérêt du livre est bien ailleurs. Il est dans les sentiments du personnage principal, dans son ressenti, dans sa souffrance, dans sa lutte. L’autrice a transmis toute sa rage et sa colère à son texte, et on le ressent de la première à la dernière page. Et bien que l’on pourrait croire que ce soit difficile à lire, au contraire, c’est très bien ficelé, tout s’enchaîne de façon admirable et on progresse dans l’histoire à une vitesse folle.

    J’ai absolument adoré ces 300 pages de combat et d’acharnement, et je n’avais vraiment pas envie que ça s’arrête.

    Fan n°1 de Victarion Greyjoy, futur Roi des Sept Couronnes.

    #170614
    Yunyuns
    • Terreur des Spectres
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    De mon pack des Imaginales j’ai lu Noir est le sceau de l’enfer, de Jean-Laurent Del Socorro (ou J-Lolo pour les intimes).

    Une lecture extrêmement courte, le roman faisant moins de 70 pages… On se retrouve dans le même univers que Royaume de Vents et de Colère, avec une capitaine de compagnie de mercenaire qui part dans une mission en lien avec un objet magique. L’histoire est sympa, mais vu le nombre de pages vous vous doutez bien que tout va trop vite et fait presque un peu bâclé. En soit le roman ne sert que d’excuse pour développer un jeu de rôle (qui couvre l’autre moitié des 140 pages) à destination des débutants.

    J’aurais certainement beaucoup plus apprécié si ça avait été dans un recueil de nouvelles plutôt que dans un stand-alone à 20€… Un peu déçu donc, parce que j’aurais aimé en avoir plus.

    Fan n°1 de Victarion Greyjoy, futur Roi des Sept Couronnes.

    #170667
    DNDM
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    La familia grande, de Camille Kouchner [audiolivre]

    La familia grande Livre audio de Camille Kouchner - 9791036616631 | Rakuten Kobo France

    Récit véridique de la vie de Camille Kouchner, marquée par l’inceste dont son frère jumeau a été victime, inceste perpétré par leur beau-père, Olivier Duhamel. Si vous avez suivi un minimum l’actualité, vous n’avez pas pu manquer cette histoire (c’était en janvier 2021).

    Livre bien écrit, bien posé, qui analyse très bien les différents mécanismes à l’oeuvre dans cette histoire, et dans beaucoup d’autres histoires similaires: silence des enfants qui ne savent comment réagir, impression de complicité, renversements de culpabilité, et tant d’autres choses.

    Livre qui en plus de cela à son intérêt pour la façon dont il décrit les coulisses d’une certaine histoire de France, celle dans laquelle la gauche révolutionnaire se transforme peu à peu en gauche caviar. Livre qui du coup montre peu à peu comment au fil du temps, le réseau se substitut aux idéaux, et comment les reliquats de réflexes libertaires deviennent laisser-aller complice.

    Livre intéressant, marquant, qui arrive à sortir de sa spécificité (intéressante en soi) pour atteindre une forme d’universalité  en ce qui concerne ces affaires.

     

    Le discours, de Fabrice Caro [audiolivre]

    Livre: Le Discours, Fabrice Caro, Gallimard, Écoutez lire, 9782072842733 - Librairie DialoguesLivre humoristique qui je crois ne m’a malheureusement pas fait rire une seule fois. :-/

    Pourtant, ça partait avec de grandes promesses: à la plume, Fabrice Caro, auteur de bande dessinée connu et reconnu, notamment pour sa BD Zaï Zaï Zaï Zaï ; à la voix, puisque j’ai pris l’audiolivre, rien de moins qu’Alain Chabat. Deux grands de l’humour, des promesses de rigolade…

    Et pourtant, je me suis ennuyé comme rarement pendant les 3h20 minutes de ce livre. L’impression de lire le texte d’un mauvais one-man-show, mais sans l’émulation, la chaleur et les rires qui peuplent une salle de théâtre. Du coup, cette déambulation dans les méandres mentaux d’un type qui essaye de survivre à un diner de famille dominical m’a laissé très froid.

    Y’a deux fils directeurs au texte (son futur beau-frère vient de lui demander d’écrire un discours pour leur futur mariage, et il vient d’envoyer un sms à la fille qu’il aime, mais qui a mis leur relation en pause quelques semaines auparavant sans donner de nouvelles depuis). aucun n’arrive à faire décoller les choses. On se perd dans les digressions mentales sans fin d’un type falot qui suranalyse et surinterprète tout, et on s’ennuie autant que lui s’ennuie pendant son dîner.

     

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #170673
    Tizun Thane
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    On se perd dans les digressions mentales sans fin d’un type falot qui suranalyse et surinterprète tout, et on s’ennuie autant que lui s’ennuie pendant son dîner.

    C’est bien dommage, parce qu’un audiolivre lu par Alain Chabat, le concept est porteur ^^

    #170772
    Schrö-dinger
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    Un retour sur des lectures récentes qui pourraient vous intéresser.

    Beautiful world, where are you de Sally Rooney

    Après avoir lu Normal People et Conversations with Friends (qui, déjà, comportent un certain nombre de similitudes), je m’attendais peut-être à un peu plus d’originalité et de renouvellement. Mais la lecture de ce livre m’a tout de même été agréable.

    On y parle ici d’amitié et d’amour, de relations humaines de manière générale, des thèmes assez universels qui résonnent facilement en nous.  Le point fort de Sally Rooney c’est son écriture, malgré la simplicité des intrigues l’autrice nous emporte avec elle et ses personnages. Je recommande.

    En prime je laisse une citation d’un passage qui m’a énormément touché.

    I tell myself that I want to live a happy life, and that the circumstances for happiness just haven’t arisen. But what if that’s not true? What if I’m the one who can’t let myself be happy? Because I’m scared, or I prefer to wallow in self-pity, or I don’t believe I deserve good things, or some other reason. Whenever something good happens to me I always find myself thinking: I wonder how long it will be until this turns out badly. And I almost want the worst to happen sooner, sooner rather than later, and if possibile straight away, so at least I don’t have to feel anxious about it anymore.

    To Paradise d’Hanya Yanagihara

    J’ai découvert le précédent roman de cette autrice A little life l’été dernier et ca a été un coup de coeur énorme, une de mes meilleures lectures de 2021 alors forcément l’attente était grande pour son nouveau roman et … j’ai été décu. Je crois que je suis passé complètement à côté de ce livre.

    C’est un grand pavé, de plus de 700 pages, qui nous raconte 3 histoires à 3 époques différentes d’une Amérique alternative. Ces histoires, racontées à la suite dans l’ordre chronologique (en 1893, en 1993 puis et 2093) se répondent, comportent des similitudes, des clins d’œil avec les mêmes prénoms qui sont réutilisés dans les 3 histoires (à cet égard j’ai un peu pensé à La cartographie des nuages / Cloud Atlas, que, pour le coup, j’avais beaucoup aimé, tant le film que le livre).

    Des thèmes émergent de ces histoires, l’amour (toujours), la famille, la mort, la maladie, la rébellion face à un ordre établi (moral, politique, etc).

    Une fois cela dit, c’est un peu le vide pour moi car honnêtement je ne sais absolument pas quoi en retenir, la lecture m’a semblé longue et j’ai vite décroché. J’ai fait l’effort de finir ce livre mais sans grand plaisir. Je vais donc rester sur le fort effet qu’a eu A little life sur moi.

    Camarades de Pékin de Bei Tong

    Une très bonne lecture. Il s’agit, de ce que j’ai compris, d’une traduction française d’un texte américain, lui-même traduction du texte original chinois, qui serait censuré dans son pays d’origine.

    Ce livre nous raconte la relation amoureuse entre deux hommes à Pékin dans les années 80, et l’on suit leur histoire interdite dans un contexte politique complexe. C’est un récit émouvant, assez bouleversant et souvent sulfureux.

    La double traduction n’est pas un avantage pour le texte je pense mais je retiens surtout cette histoire et ses personnages.

     

    Cobayes : Olivier de Yvan Godbout

    Un peu d’horreur après toutes ces histoires d’amour avec le tome Olivier de la série de livres d’horreur Cobayes. C’est le premier tome que je lis de cette série et j’ai bien aimé. Il est noté comme étant le 5ème tome (sur 7) mais ils peuvent être lus dans le désordre. Chaque tome est écrit par un auteur différent.

    Chaque tome suit un personnage qui décide de répondre à une annonce des laboratoires AlphaLab pour devenir cobaye et suivre leur traitement expérimental contre rémunération. Dans Olivier, on suit un jeune homme mal dans sa peau, dans sa vie, qui pense avoir trouvé la solution à ses problèmes en suivant un protocole expérimental avec les laboratoires AlphaLab. Sans grande surprise, puisque vous avez vu la couverture et que j’ai précisé qu’il s’agissant de livres d’horreur, cela va très mal se passer pour lui.

    J’ai bien aimé cette lecture, sans prise de tête, c’est violent, effrayant, perturbant, et je vais continuer avec les autres tomes de la série.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 2 jours par Schrö-dinger.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 2 jours par Schrö-dinger.
    #170831
    Crys
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    De mon côté, j’ai terminé Le Complot des Corbeaux, le premier tome de la trilogie Les Sœurs Carmines d’Ariel Holz. C’est un livre destiné à un public plutôt jeunesse/young adult (c’est publié dans la collection Naos Jeunesse chez Mnémos), mais c’est quand même un peu plus que cela. On y suit le trio de frangines Merryvère, Tristabelle et Dolorine, toutes seules dans leur manoir qui suite à un vol qui a mal tourné de la part de Merryvère, vont se retrouver avec tout un tas d’ennuis sur le coin du râble. Au programme : vampires, ville gothique, assassins, reine (qui n’est pas sans évoquer Victoria), brouillard et mille jeux de mots. L’auteur a créé un univers urbain à la Tim Burton (et où le destin des gens n’est pas sans rappeler une partie de Gloom), mais en ayant parfaitement conscience de ses références. Résultat, pour les adultes, l’univers est parsemé de jolies trouvailles plutôt rigolotes, les dialogues sont assez savoureux et il n’y manque finalement qu’une intrigue qui soit plus étoffée. Attention, ce n’est pas le livre de l’année, mais c’est très divertissant sans que ça fasse gotho-dark-premier degré. Et rien que ça, c’est déjà pas mal 🙂

    #170870
    Thistle
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    Bien d’accord avec l’analyse de Crys sur le tome 1 des sœurs Carmines !
    Perso la simplicité de l’intrigue ne m’a pas gênée, ça reste un roman jeunesse et c’est pas cucul pour autant. Mais surtout l’univers, l’écriture et l’humour m’ont vraiment conquise, je me suis bien poilée. Lecture très agréable et pas prise de tête.

    J’avais lu Peine-Ombre d’Ariel Holzl qui m’a moins plu. Le roman se veut plus sérieux, c’est bien écrit, mais l’intrigue reste également assez classique et on n’a pas cette touche en plus apportée par l’humour. Je l’ai lu sans m’ennuyer, mais sans être à fond du tout.

    Bon sinon je venais pas parler de ça !

    J’ai lu Grish-Mère, roman de la série Les Rhéteurs d’Isabelle Bauthian. Il fait suite à Anasterry dans l’ordre d’écriture, mais l’autrice a confirmé qu’on peut le lire en premier, et comme il avait été recommandé par @nymphadora, c’est par lui que j’ai décidé d’entrer dans cet univers. On suit Sylve, « factotum » (homme à tout faire, sorte de garde du corps sur-qualifié) qui a fait une légère boulette et cherche désespérément à rattraper les dégâts.
    J’ai beaucoup apprécié cette lecture, de tout les points de vue, la forme comme le fond.
    Sylve est un mec qui pourrait être le héros badass beaucoup trop balèze et cynique… s’il ne se prenait pas ses propres préjugés et les limites de son « expertise » en pleine gueule. Le voir lutter avec ça, lui qui pourtant est si puissant et si instruit, c’est assez jouissif. La confrontation avec ses préjugés m’a particulièrement intéressée, car forcément on peut très facilement faire des parallèles avec des sujets de la vraie vie.
    Au-delà des rebondissements de l’intrigue, bien foutue, et du contraste très divertissant entre les pensées de notre perso point de vue et la façon dont il s’exprime, c’est vraiment l’évolution du personnage, notamment à travers ses relations avec Constance (un de mes persos féminins préférés du monde) qui m’a fait accrocher tout du long. On est presque sur de la low fantaisie : la magie et les non-humains c’est underground. Donc ça peut accrocher un public qui kiffe pas les elfes et les magiciens barbus.
    En négatif, on est sur du détail : j’ai trouvé que les analyses intempestives de Sylve, même si elles sont tout à fait logiques du point de vue du perso, nuisent un peu à l’enchaînement et la spontanéité de l’action, et en particulier des dialogues : Sylve analyse tout, touuuut le temps, et du coup entre 2 répliques qui se répondent on a parfois 5 lignes d’analyse qui peuvent faire perdre un peu le fil. C’est complètement cohérent avec le perso, mais du point de vue du lecteur ça oblige parfois à remonter de quelques lignes pour revoir ce qui se disait avant que Monsieur nous livre son analyse ^^’ Mais encore une fois, c’est 100 % cohérent avec le bonhomme…
    Je me joins donc à Nympha pour recommander ce livre.

    Trop Dark. Trop Piou. #teamcorbeauxerrants

    Spoiler for NOARLAAAK !!!

    #170915
    DNDM
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    Le vicomte pourfendu (1955), d’Italo Calvino

    « Le Vicomte pourfendu » d’Italo Calvino : Le manichéisme fait homme

    Livre d’un auteur plus que connu, qui ouvre une vague « trilogie héraldique » intitulée Nos Ancêtres, dont les volumes suivants sont le très connu Le Baron perché (1957), puis Le Chevalier inexistant (1959).

    Livre qui oscille entre la fable pour adulte et le roman allégorique: le Vicomte Medardo, parti pour la guerre, n’en revient qu’à moitié: il a été littéralement fendu en deux verticalement par un boulet de canon. Il est surtout, désormais, mauvais comme jamais – c’est la mauvaise moitié du vicomte qui est revenue.

    S’ensuit un conte pas forcément haletant ni passionnant, qui vaut plus pour les quelques traits d’humour et les scènes pleines d’imagination qui parfois égayent le récit que pour son scénario global ou pour sa fin assez attendue. La dimension allégorique du roman  est assez réussie, mais une fois posées les bases du récit les péripéties paraissent parfois un peu gratuites. Il y a néanmoins une vraie plume, une vraie vision du monde, et un ton assez rare, avec des scènes digne du « Trône de fer » mais écrites par un Terry Pratchett ou un membre des Monty Python.

    Les premières pages du livre, notamment, m’ont renvoyé à Jaime Lannister arrivant sur les champs de bataille du Conflans (je mets sous poiler pour réduire la taille de ce post, mais c’est littéralement le tout début du livre:

    Spoiler:

    Il y avait une guerre contre les Turcs. Le vicomte Medardo di Terralba, mon oncle, chevauchait sur la plaine de Bohême vers le  ampement des chrétiens. Il était suivi par un écuyer répondant au nom de Curzio.
    Les cigognes volaient bas, en bandes blanches, traversant l’air opaque et immobile.
    « Pourquoi toutes ces cigognes? demanda Medardo à Curzio. Où volent-elles? »
    Mon oncle venait d’arriver, il s’était tout juste enrôlé, pour faire plaisir à certains ducs qui étaient nos voisins et qui se trouvaient engagés dans cette guerre. Il s’était muni d’un cheval et d’un écuyer dans le dernier château aux mains des chrétiens, et il allait se présenter au quartier impérial.
    « Elles volent vers les champs de bataille, dit l’écuyer, sombre. Elles vont faire toute la route avec nous. »
    Le vicomte Medardo avait appris que dans ces régions, le vol des cigognes est un signe de bon augure ; et il voulait se montrer heureux de les voir. Mais il se sentait, malgré lui, inquiet.
    « Qu’est-ce qui peut donc attirer les échassiers sur les champs de bataille, Curzio? demanda-t-il.
    — Désormais eux aussi mangent de la chair humaine, répondit l’écuyer, depuis que la famine a rendu les campagnes arides et que la sécheresse a tari les fleuves. Là où il y a des cadavres, les cigognes et les flamants et les grues ont remplacé les corbeaux et les vautours.»
    Mon oncle était alors dans sa prime jeunesse : l’âge auquel les sentiments se trouvent tous mêlés dans un élan confus, sans distinction entre le mal et le bien; l’âge où toute nouvelle expérience, fût elle macabre et inhumaine, est encore trépidante et chaude d’amour pour la vie.
    « Et les corbeaux ? Et les vautours? demanda-t-il. Et les autres rapaces? Où sont-ils allés? »
    Il était pâle, mais ses yeux scintillaient. L’écuyer était un soldat noiraud, moustachu, qui ne levait jamais le regard. « À force de manger les cadavres morts de la peste, la peste les a pris eux aussi », et il indiqua de sa lance quelques buissons noirs, qui, à un regard plus attentif, se révélèrent être faits non de branches, mais de plumes et de pattes de rapaces séchées.
    « On ne peut plus savoir de l’oiseau ou de l’homme qui est mort le premier, et qui le premier s’est jeté sur l’autre pour le déchiqueter »,
    dit Curzio.
    Pour échapper à la peste qui exterminait les populations, des familles entières avaient pris la route à travers les campagnes, et l’agonie les avait saisies là. En carcasses entassées, épars sur la plaine rase, on voyait des corps d’hommes et de femmes nus, défigurés par les bubons, et chose de prime abord inexplicable, emplumés : comme si de leurs bras et de leurs côtes émaciés des plumes et des ailes noires avaient poussé. C’étaient les charognes de vautours mélangées à leurs restes. Déjà le terrain portait les traces disséminées de
    batailles passées. L’allure s’était faite plus lente parce que leurs deux chevaux se braquaient en faisant des embardées et en se cabrant.
    « Qu’est-ce qui leur prend à nos chevaux ? demanda Medardo à l’écuyer.
    — Monseigneur, répondit-il, rien ne déplaît tant aux chevaux que l’odeur de leurs propres entrailles. »
    La bande de plaine qu’ils traversaient alors était en effet jonchée de charognes équines, les unes sur le dos, les sabots tournés vers le ciel, les autres sur le ventre, leur ganache enfoncée dans la terre.
    « Pourquoi tous ces chevaux tombés à cet endroit, Curzio? demanda Medardo.
    — Quand le cheval sent qu’on l’éventre, expliqua Curzio, il essaie de retenir ses viscères. Certains posent ventre à terre, d’autres se renversent sur le dos pour qu’ils ne pendouillent pas. Mais la mort ne tarde pas à les prendre également.
    — Ce sont donc surtout les chevaux qui meurent dans cette guerre ?
    — Les cimeterres turcs semblent faits exprès pour fendre leur ventre d’un seul coup. Plus loin, vous verrez les corps des hommes. C’est d’abord le tour des chevaux, puis celui des chevaliers. Mais voilà, le camp est là. »

    Un conte réussi sur le manichéisme, une dimension allégorique et imagée très réussie, mais tout cela manque de peps et a un peu vieilli, quoi.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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    #170938
    Lapin rouge
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    Livre d’un auteur plus que connu, qui ouvre une vague « trilogie héraldique » intitulée Nos Ancêtres, dont les volumes suivants sont le très connu Le Baron perché (1957), puis Le Chevalier inexistant (1959).

    Lu la trilogie (pourquoi « vague » d’ailleurs ?) il y a fort longtemps. « Le vicomte pourfendu » et « Le chevalier inexistant » sont très courts, plutôt des nouvelles que des romans. Mon souvenir du « vicomte » est assez proche de ton ressenti. Le « chevalier » est, dans mon souvenir, assez parodique (il aurait pu être écrit par un Sandor Clegane doté d’humour). Le « baron » est plus charpenté, mais mon souvenir en est trop distant pour aller plus loin (sauf que j’avais apprécié l’ensemble).

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #170961
    DNDM
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    la trilogie (pourquoi « vague » d’ailleurs ?

    Terme peu précis, c’est vrai. Je voulais juste dire que si les trois livres avaient une cohérence de ton et de projet (les trois sont des contes allégoriques, si je ne m’abuse), ils peuvent être lus de façon totalement indépendante les uns des autres, puisque sauf erreur de ma part ils racontent des histoires totalement différentes.

    A priori je ne prévois pas forcément de lire les 2 autres, ou en tout cas ce sera loin d’être ma priorité (sauf si tu me fais changer d’avis!).

    Sinon, nouvel audiolivre: La fabrique du monde, de Sophie van der Linden

    La fabrique du monde - Sophie Van Der Linden - Des Oreilles Pour Lire -  livre-audio (mp3) - Librairie Le Square GRENOBLEPris parce que j’ai assisté à un atelier passionnant de Sophie Van der Linden sur la littérature jeunesse (elle est spécialiste du sujet). Mais ce court livre(2h20 de lecture) n’est pas pour les enfants, c’est un roman plutôt dans le registre du drame social, avec une écriture poétique et tranchée, et un personnage de jeune chinoise écrasée par le monde qui l’entoure, qui va voir une parenthèse s’ouvrir dans sa vie, et faire l’erreur de croire que le bonheur est à portée de main. Très joliment écrit, mais le fil narratif général était peu être un peu trop simple pour être passionnant ou particulièrement marquant. ou je n’étais pas le bon public..

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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    #171073
    Schrö-dinger
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    De nouvelles lectures :

    Sur le seuil de Patrick Senecal

    Je continue ma lecture des livres de Patrick Senecal, un auteur québécois de livres d’horreur / fantastique / thriller selon les livres (j’ai déjà lu Aliss, Les sept jours du talion, Le vide, 5150 rue des Ormes, et enfin Le passager) et c’est une nouvelle réussite avec Sur le seuil.

    Il s’agit d’un roman fantastique qui commence par l’arrivée d’un écrivain de romans d’horreur connaissant un grand succès au Québec, Thomas Roy, dans le service de  psychiatrie d’un hôpital, suite à un accident sanglant. Dans cet hôpital travaillent deux psychiatres que l’on va suivre, Paul Lacasse, qui traverse une période de vide dans sa vie et qui s’interroge sur son rôle dans la société et Jeanne Marcoux, qui est une grande fan de l’auteur.

    Paul et Jeanne vont mener l’enquête pour comprendre ce qui est arrivé à l’auteur. Une véritable descente aux enfers va suivre.

    J’ai beaucoup aimé cette lecture, l’écriture de Patrick Sénécal me transporte toujours. Les expressions québécois que l’on retrouve dans ses livres me plaisent toujours autant. Il y a beaucoup de suspense dans ce livre et j’ai eu plaisir à suivre la sombre enquête menée par les deux protagonistes. Les réflexions sur la psychiatrie et les faits divers m’ont beaucoup intéressé. Je recommande.

     

    Les sept maris d’Evelyn Hugo de Taylor Jenkins Reid

    Après avoir vu ce livre passer mille fois sur le booktok (= la communauté littéraire de tiktok, souvent axée lecture young adolescent) je me suis laissé tenter. On me l’a peut-être un peu trop sur-vendu et ça n’a pas été un énorme coup de cœur, mais la lecture fut tout de même plaisante.

    Evelyn Hugo, grande actrice d’Hollywood, qui s’approche aujourd’hui des quatre-vingt ans, contacte une jeune journaliste, Monique Grant, qui travaille pour un magasine modeste pour lui faire une offre que personne ne comprend: elle va enfin raconter sa vie, ses secrets. Et il faut dire qu’elle semble en avoir beaucoup, puisqu’elle fut une icone d’Hollywood, adulée, jalousée, qui s’est mariée sept fois. On suit ainsi le destin hors norme de cette actrice, ses succès, ses drames, ses amours.

    Evelyn Hugo est un personnage complexe, que l’on aime autant que l’on déteste (sur la fin). La reconstitution de l’époque est crédible et j’ai aimé me plonger dans le Hollywood des années 50, 60 (avec des personnages fictifs mais crédibles).

    Etant donné ce que j’avais lu sur ce livre je m’attendais à être plus bouleversé à la fin que je ne l’ai finalement été mais je recommande quand même.

     

    Dominion de Bentley Little

    Un roman découvert grâce à tiktok également, mais cette fois on est bien loin du genre young adolescent. Il s’agit d’un roman d’horreur, assez violent et dérangeant, prenant la forme d’un roman d’apprentissage.

    On suit un jeune adolescent, Dion Semele, qui arrive dans une nouvelle ville avec sa mère célibataire, suite à un énième incident lié à sa mère dans leur ville précédent. Dans sa nouvelle école, il rencontre Penelope, entre eux, c’est un véritable coup de foudre.

    Jusqu’ici c’est très mignon, mais leur rencontre va provoquer l’inimaginable et (encore une fois) on va suivre une descente aux enfers.

    J’ai beaucoup aimé cette lecture, notamment grâce au thème de la mythologie grecque très présent. Il faut toutefois avoir le cœur bien accroché car il y a beaucoup de violence, de scènes dérangeantes.

     

    Sodome et Gomorrhe de Marcel Proust

    Pour finir, du beaucoup plus classique avec le Tome 4 d’A la recherche du temps perdu. Si le Tome 3 de la Recherche m’était parfois un peu tombé des mains, ici cette lecture m’a beaucoup plu.

    Ce tome commence par le jeune narrateur qui assiste sans le vouloir aux ébats entre le Baron de Charlus, frère du Duc de Guermantes, avec un autre homme, Jupien. Cela inspire de nombreuses réflexions au narrateur (que l’on peut deviner être le regard de l’auteur sur sa propre condition).

    Comme d’habitude chez Proust (ceci n’étant, bien sûr que mon avis) il y a des longueurs, et je considère ce livre comme étant une lecture exigeante. Notamment la relation entre le narrateur et Albertine ne m’a pas passionné (et il faut dire que le narrateur en parle beaucoup).

    En revanche, les scènes mondaines sont toujours aussi passionnantes. Dans ce tome, j’ai trouvé ces scènes parfois assez cruelles, ce que je n’avais pas forcément vu dans les tomes précédents, ce qui m’a fait penser à Balzac. Pour conclure, une citation qui résume bien le tout.

     

    Adieu, je vous ai à peine parlé, c’est comme ça dans le monde, on ne se voit pas, on ne dit pas les choses qu’on voudrait se dire ; du reste, partout, c’est la même chose dans la vie. Espérons qu’après la mort ce sera mieux arrangé. Au moins on n’aura toujours pas besoin de se décolleter. Et encore qui sait? On exhibera peut-être ses os et ses vers pour les grandes fêtes. Pourquoi pas? Tenez, regardez la mère Rampillon, trouvez-vous une très grande différence entre ça et un squelette en robe ouverte ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 jour et 2 heures par Schrö-dinger.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 jour et 2 heures par Schrö-dinger.
    #171103
    DNDM
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    Monsieur de Lyon, de Nicole Avril

    Monsieur de Lyon eBook : Avril, Nicole: Amazon.fr: Boutique Kindle

    Un livre pas tout neuf, d’une autrice passée de mode, et qui je pense visait plus les lectrices du Elle de 1979 que les fans du Trône de Fer. (je ne dis pas que c’est incompatible ; mais bon, je pense que les gens qui lisaient Elle en 1979 et qui lisent aujourd’hui le TdF sont quand même plutôt rares).

    Oui, je récupère parfois un peu n’importe quoi dans les boites à livres.

    Là en l’occurrence la couverture m’avait suffisamment intriguée pour que je prenne ce livre, et que je le laisse traîner quelques mois sur une étagère avant de me décider à l’ouvrir.

    Et c’était franchement pas si mal.

    La couverture ne ment pas sur le contenu du livre: une histoire de bourreau qui est en fait une femme travestie, à Lyon , vers 1750. Histoire inspirée apparemment d’une anecdote historique réel. Bon, une fois ceci dit, le scénario n’est pas vraiment développé – on suit en parallèle de notre héroïne une jeune servante peu farouche et assez naïve qui va bien évidemment se retrouver dans une situation peu enviable, on a une intrigue amoureuse, et une fin rapide, facile et pas forcément glorieuse. Au final, personne ne fait grand chose de particulièrement héroïque au cours du livre, on suit plus un enchainement de faits logiques contre lesquels les personnages ne peuvent pas grand chose, c’est un peu dommage parce qu’il y avait matière à faire bien mieux avec ces personnages.

    Pourquoi « pas si mal » alors? Parce que côté écriture, il y quand même quelque chose, je trouve. Une certaine efficacité dans la narration. Mais surtout, vu que le livre parle pas mal de corps et de ce que l’on fait avec, une sensualité, une façon de raconter ici la prostitution mondaine, là l’amour, là encore la fusion d’eros et de de thanatos, en restant vague mais en étant néanmoins dans l’évocation, en racontant des destins plutôt que des scènes.

    Bref, pas si mal écrit.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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