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On teste pour vous : « Les Mystères du Trône de Fer – Les mots sont du vent » par Thierry Soulard

On teste pour vous : « Les Mystères du Trône de Fer – Les mots sont du vent » par Thierry Soulard

Nous vous en avons déjà un peu parlé sur le blog : le 29 mai prochain, conjointement avec la partie 2 de Feu et Sang en version française, sortira l’essai Les Mystères du Trône de Fer, Les mots sont du vent par Thierry Soulard, que nous connaissons mieux sur ce site sous le pseudonyme DNDM. Et nous sommes très fiers : le label « Recommandé par la Garde de Nuit » trône en couverture de l’ouvrage !

L’ouvrage a été soumis à relecture avant parution à un comité de lecture constitué de membres de la Garde de Nuit. En effet, pour valider la présence du label « Recommandé par la Garde de Nuit », nos sœurs Ysilla, Tomcat et Nymphadora, et nos frères Lapin rouge, Eridan et Pandémie ont lu pour vous l’essai. Aujourd’hui, ils vous parlent de ce qui a motivé leur avis, et de ce qu’ils ont pensé de l’ouvrage.

Un livre bien documenté et qui démontre une vraie analyse fondée sur le texte

Couverture du tome Les mots sont du vent, par Thierry Soulard (crédits : Pygmalion)


L’avis a été unanime parmi les relecteurs : l’ouvrage mérite largement la mention « Recommandé par la Garde de Nuit ».

La matière de l’ouvrage est dense, qui invite à lire ou plutôt à relire ASOIAF non plus sous l’angle des éléments de l’intrigue mais sous celui du vocabulaire de George R.R. Martin. Cette démarche confère à mon avis un aspect novateur au propos de l’auteur dont l’ouvrage se distingue ainsi de ceux que j’ai eu l’occasion de lire ou de parcourir sur ASOAIF en français, qui tous creusent le sillon déjà largement labouré des références sociétales, historiques, politiques et philosophiques.

Ysilla

(L’ouvrage) est fondé sur une lecture très fouillée de l’œuvre de GRRM, et ses analyses et hypothèses méritent d’être portées à la connaissance de la communauté des lecteurs.

Lapin Rouge

L’ouvrage se caractérise d’abord par une structure claire et lisible : la méthodologie est explicitée dès l’avant-propos, avec les avertissements bienvenus sur les possibilités de surinterprétation de l’auteur. Les chapitres s’enchaînent en abordant des thématiques clairement annoncées. Il y a une progression logique dans leur succession : la première partie aborde les procédés d’écriture de George R.R. Martin, puis les parties suivantes sont thématiques : prophéties et rêves ; mensonges, identités cachées et chansons ; lettres codées ; et une dernière partie peut-être un peu « fourre-tout » sur les insultes, mais surtout sur les variations sur les noms d’animaux : masques animaliers à Meereen, et surnoms des factions de mestres à Villevieille. Il manque peut-être un liant entre les parties par des transitions plus rédigées, et une conclusion plus consistante. Un index aurait été également appréciable.

Le parti pris de l’auteur est de s’attacher aux mots, de les prendre parfois au pied de la lettre (avec un recours systématique à la VO pour éviter les contresens dus à la traduction), et d’en tirer des hypothèses, au risque de certaines imprécisions quand l’auteur s’aventure sur le terrain de la linguistique. L’originalité de la démarche est à souligner, et change agréablement de la quantité d’ouvrages récemment parus, et qui traitent plutôt de l’œuvre de Martin sous l’angle de ses sources d’inspirations (historiques, mythologiques ou philosophiques). Le résultat est parfois convaincant (les sobriquets de Tormund, le jeu du seigneur du pont, les masques de sauterelles des Bêtes d’Airain, l’analyse de l’usage des couleurs chez les nobles ghiscaris), parfois moins (l’identité de septa Lemore, les livres offerts par Jorah Mormont à Daenerys ou les trébuchets de Yunkaï). Le livre propose des solutions à plusieurs des énigmes de la saga : les identités cachées de Rolly Canardière, septa Lemore et Haldon Demi-mestre, comment Davos se rend à Skagos, les lettres de Ramsay, les Fils de la Harpie et la Harpie elle-même, les intrigues à Meereen impliquant Hizdhar, Reznak et la Grâce Verte, la tentative d’assassinat de Tyrion par Mandon Moore. Enfin, et surtout, il propose une relecture de toute l’histoire des Sept Couronnes depuis la Conquête selon une grille conspirationniste, celle des luttes entre factions pro et anti dragons (respectivement les Léviathans gris et les Moutons gris) chez les mestres de la Citadelle.
Le système d’écriture de Martin par Point de Vue et ses conséquences, notamment sur la non-fiabilité du narrateur, sont abordés rapidement, mais il est vrai que ce n’est pas le cœur du sujet.

Un texte destiné aux fans

Les mystères du Trône de Fer – Les mots sont du vent, par Thierry Soulard (crédits : éditions Pygmalion)

(L’ouvrage) est-il susceptible d’attirer l’attention des fans de la saga ? Oui, même en connaissant au moins pour partie la plupart de ces théories/analyses, il est instructif et très agréable à lire. Evidemment je n’adhère pas à tout, mais le travail de recherche et d’analyse est là. Bravo DD.

Tomcat

Un texte clairement destiné aux gens qui fréquentent la Garde de Nuit ou les forums américains. On prend pour acquis plein de faits et théories classiques, je suis hyper surprise que Pygmalion prenne un tel risque, et je me demande qui sera le public du livre, ça m’épate un peu^^

Nymphadora

L’ouvrage est avant tout destiné aux lecteurs relativement avertis du Trône de Fer. La série est abordée, mais de manière accessoire et périphérique ; l’ouvrage s’intéressant principalement au vocabulaire de GRR Martin, il est logique que la saga littéraire soit son sujet. Il vaut mieux avoir lu les cinq intégrales parues, car Les mots sont du vent les aborde toutes (en revanche, les quelques passages reprenant des éléments issus des parties de TWOW dévoilées en avant-premières ont été retirés sur la suggestion du comité de lecture). Le texte décrypte beaucoup d’éléments des livres, mais laisse certains points sous-entendus (car supposés connus) ou en suspension, ce qui peut laisser le lecteur sur sa faim par endroits, et au risque parfois d’une certaine confusion. L’ouvrage soulève tellement de lièvres qu’on se demande s’il arrive à les attraper tous à la fin ! Mais, en tout cas, la chasse est bonne !

Des théories qui n’emportent pas forcément toujours la conviction du lecteur, mais qui passionnent

Le livre est intéressant même si on avait pu avoir beaucoup d’éléments sur le forum dans les posts de DNDM. On retrouve donc ses qualités et ses défauts. Son texte est bien documenté et ses analyses précises, mais parfois il pousse quand même le fil de ses pensées vachement loin. On peut le suivre ou pas dans ses théories, ce n’est pas notre rôle de les discuter ici, on le fera très certainement sur le forum à la sortie du livre.

Pandémie

Le lecteur peut ne pas être toujours convaincu par les développements et les conclusions de l’ouvrage, mais le raisonnement suivi est toujours explicité, si bien que chacun peut se faire son opinion avec toutes les cartes en main. On peut également se demander si toutes les hypothèses avancées sont toujours compatibles entre elles, car elles ne font pas nécessairement système. Saluons en tout cas le courage de l’auteur, qui avance sans crainte ses interprétations, et prend donc le risque d’être démenti lors de la sortie de TWOW. On peut par ailleurs ne pas être convaincu par sa vision « conspirationniste » de l’histoire des Sept Couronnes telle que racontée par les mestres, mais ses contradicteurs devront faire l’effort de lui opposer des arguments aussi fondés et pertinents que les siens. Et le plaisir intellectuel de la lecture est toujours présent.

Compte collectif de La Garde de Nuit.

2 Comments

  1. Vivement demain…pfff la carte bleue va chauffer avec la sortie du tome 2 de Feu et Sang!!!

  2. Cela fait 15 jours que j’ai précommandé les deux e-books et je n’arrive toujours pas à me décider: par lequel vais-je commencer ? Cruel dilemme… Plus que quelques heures pour faire ce choix cornélien (la vie d’un fan est souvent dure 😉 ).

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