[Auteur] Philippe Ébly

  • Ce sujet contient 33 réponses, 5 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Lapin rouge, le il y a 1 jour et 13 heures.
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  • #150281
    R.Graymarch
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    Philippe Ébly est le nom de plume (ah ?) de Jacques Gouzou (1920-2014), auteur belge (ah ??) de littérature jeunesse. Il est surtout connu pour ses trois séries dans la bibliothèque verte Les Conquérants de l’impossible, Les Évadés du temps et Les Patrouilleurs de l’an 4003.

    On en parlait sur le topic des livres de notre jeunesse : j’ai lu et relu les deux premières séries (et notamment la première). Il me semble que j’avais acheté les livres qui n’étaient pas chez mon meilleur ami et voisin et qui n’étaient pas à la bibliothèque municipale. J’ai retrouvé (hum) un certain nombre de ces livres et vu que je sors d’une lecture assez éprouvante en intensité, je me dis que je pourrais de temps en temps lire ces livres et voir ce que cela donne maintenant.

    Si @dndm et @lapin-rouge veulent me suivre, ce serait avec plaisir^^ J’envisage de faire pareil avec Langelot (j’en ai retrouvé 40) pour incorporer également @lestival (et tous ceux qui le veulent) dans un autre topic.

    Les Conquérants de l’impossible est une saga contemporaine avec un peu de science-fiction où un groupe d’adolescents part dans des aventures (et assez souvent dans le temps). 21 romans de 1971 à 2009 (j’en ai 17). J’ai un excellent souvenir des premiers, notamment ceux qui voyagent dans le temps (donc moins l’histoire du diamant noir) mais j’étais moins convaincu de tout le trip au XXIIe siècle (parce que j’avais grandi ?) même si les préoccupations écologiques sont intéressantes. J’ai carrément arrêté après ça

    1. Destination Uruapan
    2. Celui qui revenait de loin
    3. L’Éclair qui effaçait tout
    4. L’Évadé de l’an II
    5. Pour sauver le diamant noir
    6. …et les Martiens invitèrent les hommes
    7. Le Navire qui remontait le temps
    8. La Ville qui n’existait pas
    9. La Voûte invisible
    10. L’Île surgie de la mer
    11. Le Robot qui vivait sa vie
    12. S.O.S. Léonard de Vinci
    13. Le Naufragé des étoiles
    14. Le Matin des dinosaures
    15. La Grande peur de l’an 2117
    16. La Fin des temps troublés
    17. Les Parias de l’an 2187
    18. L’Ordinateur qui semait le désordre
    19. Mission sans retour
    20. Le Prisonnier de l’eau
    21. Le Chien qui miaulait

    Les Évadés du temps est une saga contemporaine mais qui flirte plus avec l’étrange, le fantastique. 9 romans de 1977 à 1988 (j’en ai 3, dont le premier qui m’avait enchanté à l’époque). J’aimais moins que l’autre saga, même s’il y avait des éléments étranges à la fois effrayants et fascinants

    1. Les Trois portes
    2. Le Voyageur de l’au-delà
    3. Volontaires pour l’inconnu
    4. Un frère au fond des siècles
    5. Chasse au tigre en Corrèze
    6. Le Monstre aux deux têtes
    7. Descente au pays sans nom
    8. Objectif : nulle part
    9. Les Dix jours impossibles

    Les Patrouilleurs de l’an 4003 sur une police dans un univers de space opera. 5 romans (j’en ai 3) de 1984 à 1986 et je crois ne jamais avoir lu ça à l’époque. Apparemment l’équipe d’adolescents (oui car la police recrute des adolescents…) est mixte. Ce qui ne serait pas dommage car les deux sagas précédentes sont quand même très masculines

    1. La Forêt des castors
    2. Au pouvoir des corsaires
    3. La Vallée des cyclopes
    4. L’Enlèvement du dieu blanc
    5. Les Marais de la mort

    On se retrouve bientôt avec le début de la première saga : Destination Uruapan ! Qui me suit ??? 🙂

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #150282
    Lestival
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Si tu te relances dans la lecture des Langelot, oui, je veux bien te suivre. Au moins, 1 ou 2, pour voir ce que ça donne.

    Orson le Couturier [OLC] dans le jeu Chanson d'Encre et de Sang.
    Chaton officiel du temple des Grâces dans DOH 6
    Fier membre de NOARLAK

    Spoiler for NOARLAAAK !!!

    #150283
    Papadoc
    • Pisteur de Géants
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    Comme mes enfants se plaignent de ne pas avoir assez à lire, cela me donne l’occasion / le prétexte de les acheter et de leur donner.

    Par contre si l’on pouvait ne pas aller trop vite, il faut déjà que je les commande…

    Ebly je ne me souviens pas avoir lu.

    Langelot par contre, oui. Mais je ne me souvenais pas qu’il y en avait 40!

    "C'est d'une simplicité absurde, comme la plupart des énigmes quand on en voit la réponse."

    Hodor! [Casting 2019]

    #150284
    DNDM
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    Hahaha, d’un côté j’ai très envie, de l’autre j’ai absolument pas le temps. Mais en même temps je voulais me replonger un peu dans la littérature jeunesse, pour voir. Mais j’ai des souvenirs assez précis (et bons) de ces bouquins, donc autant lire d’autres choses.

    Bref, je te suis pas vraiment, mais si tu me dis « Oui je viens de lire celui-là il était quand même génial », peut-être que je me laisserais tenter et que j’irai voir si ma bibli l’a en rayons !

    Pour ma part, sur Les Conquérants de l’impossible, j’ai de très bons souvenirs des voyages dans le temps « futuristes » (si c’est de ça dont tu parles? Ou peut-être que je n’ai pas lu les derniers titres…). Notamment tout le « cycle » avec l’idée du réchauffement climatique qui inonde le monde, puis la société qui se reconstruit peu à peu, l’interdiction des armes à feu et l’instauration d’un alphabet alternatif pour empêcher que les gens lisent les vieux bouquins retrouvés (mon premier contact avec l’univers des codes littéraires, je crois).

    Je confonds possiblement parfois la série avec Les Évadés du temps, qui  lui ressemble quand même beaucoup. – mais dont je n’ai peut-être lu que le premier, Les Trois portes, et peut-être le troisième, et surtout le 4e dont j’ai de très bons souvenirs, Chasse au tigre en Corrèze.

    Les Patrouilleurs de l’an 4003 était par contre bien différent, très space opéra, le côté SF était vraiment assumé. Et plutôt fun. J’ai dû lire La Forêt des castors (pas de souvenir de l’intrigue mais je viens de tomber sur une version Gallica numérisée et je me souviens très bien des premières scènes, donc je l’ai lu) et Au pouvoir des corsaires (très bons souvenirs, super ambiance).

    On se retrouve bientôt avec le début de la première saga : Destination Uruapan !

    Pour info, dans mon souvenir (et comme c’est souvent le cas dans ce genre de série), le premier tome n’est pas forcément le meilleur, loin de là, et pas forcément représentatif du reste (il est je crois 100% réaliste). On commence à avoir l’idée de voyage dans le temps dans le tome 2, mais c’est surtout le tome 3, L’Éclair qui effaçait tout, qui met réellement en place l’idée de voyages dans le temps quasi-systématiques. Et son ambiance « perdus dans la Rome antique » m’a marqué.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #150286
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    L’idée était pas vraiment de faire une (re)lecture commune avec un rythme pré-établi, juste de partager des impressions si d’aventure certains étaient partant pour en lire de temps en temps. Je peux créer un topic Langelot (snif, snif) pour le même objet si vous voulez^^

    Papadoc, il se peut que cette série intéresse tes enfants (voire toi-même). A vue de nez, mais vraiment j’y connais pas grand chose, je pense que l’idéal c’est 10-12 ans.

    Notamment tout le « cycle » avec l’idée du réchauffement climatique qui inonde le monde, puis la société qui se reconstruit peu à peu, l’interdiction des armes à feu et l’instauration d’un alphabet alternatif pour empêcher que les gens lisent les vieux bouquins retrouvés (mon premier contact avec l’univers des codes littéraires, je crois).

    J’avais trouvé ça un peu lourd (le « céhodeu »…) mais si ça se trouve j’ai grandi et ça a bien vieilli.

    Pour info, dans mon souvenir (et comme c’est souvent le cas dans ce genre de série), le premier tome n’est pas forcément le meilleur, loin de là, et pas forcément représentatif du reste (il est je crois 100% réaliste). On commence à avoir l’idée de voyage dans le temps dans le tome 2, mais c’est surtout le tome 3, L’Éclair qui effaçait tout, qui met réellement en place l’idée de voyages dans le temps quasi-systématiques. Et son ambiance « perdus dans la Rome antique » m’a marqué.

    Oui, de mémoire pour le premier, il est très atypique par rapport aux autres. En revanche, je me souviens d’un gros coup de coeur pour le 2 avec la venue de Thibaut. Qui n’a pas rêvé de trouver un pote comme ça !! Puis montée en puissance en effet avec les voyages temporels dans les tomes suivants

     

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    #150305
    Lapin rouge
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    Merci Gray ! Je n’ai lu que Les Conquérants de l’impossible, et encore, que les trois premiers et le sixième. J’en garde un excellent souvenir, même du premier, mais j’étais bon public (je ne le dis pas trop fort, mais je crois que je le suis pas mal resté). Comme DNDM, je ne suis pas sûr d’arriver à les recaser dans mon planning de lecture déjà fort encombré (comme beaucoup ici, je dois avoir deux ou trois siècles de lecture dans ma PàL). Il faudrait en plus que je les rachète, et on ne les trouve pas en e-book, donc… c’est compliqué (sauf si on se les prète à l’occasion d’une IRL, quand on pourra en refaire). Mais je partagerai avec plaisir mes souvenirs et impressions de lecture (même chose pour les Langelot).

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #150472
    R.Graymarch
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    Destination Uruapan

    Les Conquérants de l’impossible – 1

    Point de départ : Serge est en transit dans un petit aéroport, en attente d’un vol pour Chicago où il retrouvera son père. Il rencontre deux ados français Marc et Raoul et tous les trois observent un truc étrange qui va se « terminer » pour eux lorsqu’ils seront abandonnés en plein désert quelques (?) heures plus tard. Comment rentrer ?

    Ce dont je me souvenais

    Spoiler:
    Un tome assez calme niveau SF avec bien entendu la rencontre de Xolotl. J’avais en tête la scène du scorpion où Xolotl aspire le venin jusqu’à s’en rendre malade. Je me souvenais aussi d’un rituel un peu chelou à la fin

    Bilan de lecture

    Très bonne entrée en matière, c’est fluide, c’est bien écrit, y a pas de temps mort. Ca n’a peut-être pas tant vieilli que ça (vu que les héros n’ont rien, on peut imaginer que de nos jours, ils n’auraient plus de smartphone… Cela dit, on peut supposer que dans une petite ville il y ait de quoi envoyer un email ou autre) à part la notion d’appel transatlantique ou de télégramme. Je doute aussi que des ados de 15 ans disent « à plein tubes » 😀 Pour le côté irréaliste, on oublie assez vite leurs soucis d’eau et de nourriture et on suppose que dormir dehors, c’est assez facile. Car la distance est quand même super grande.

    Mais je chipote un peu car sur un livre assez court, il y a pas mal de rebondissements. Et aussi une pointe de « non réalisme » qui fera le sel de la saga (mais pas trop en mode SF là). On a clairement une quête avec une récompense (inattendue) et une vision « un peu » fantasmée d’un village parfait (limite « bons sauvages » ?). Raoul et Marc sont clairement en retrait par rapport aux deux héros et j’aime beaucoup la fin qui conclue des choses et en ouvre d’autres.

     

    Spoiler:
    la signification de « Xolotl » (qui est canon^^), son passé, pourquoi il a fui. Puis son lien avec Serge, le collier qui les unit et la décision de Serge d’en faire son frère. J’aime beaucoup que le livre se referme « avant la fin », juste quand Mexico est en vue et qu’on sait ce que Serge veut faire. Y arrivera-t-il ?

    La couverture originale est très élégante avec ce fameux double sarape. Je n’y connais presque rien en culture méso-américaine mais il m’a semblé qu’on apprenait des trucs également. Je pense que c’est tout ce qu’un pré ado peut attendre : de l’aventure, de l’inattendu, une amitié « dure comme fer », des dangers dont on se sort. Bref, ça remplit sa mission. Côté féminin, c’est quasi le désert en revanche (allez, une exception)

    Vivement le prochain qu’on entre dans du plus concret !

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    #150537
    DNDM
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    Destination Uruapan Les Conquérants de l’impossible – 1

    (…)

    Et aussi une pointe de « non réalisme » qui fera le sel de la saga (mais pas trop en mode SF là). On a clairement une quête avec une récompense (inattendue) et une vision « un peu » fantasmée d’un village parfait (limite « bons sauvages » ?). Raoul et Marc sont clairement en retrait par rapport aux deux héros et j’aime beaucoup la fin qui conclue des choses et en ouvre d’autres.

    Tu peux détailler un peu (sous balise spoiler), histoire de me rafraichir les idées?

     

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #150541
    R.Graymarch
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    Voici

    Spoiler:
    En gros, Marc se fait piquer par un scorpion, Xolotl se rue sur Marc pour aspirer le venin et les deux sont très affaiblis. Ils arrivent à un village dans la forêt pendant la nuit de Quetzalcoatl et tout le monde participe à un rituel avec force alcool et tout le tintouin où les blessés sont mis dans une cuve. Serge s’endort, épuisé et quand il se réveille, tout le monde est indemne. C’est en ça que c’est pas « réaliste », vu qu’il y a un phénomène magique. Après, ils restent un peu dans ce village « parfait » : le chef est leur pote, sa fille de 15 ans est super jolie, on leur propose de rester ici (en disant que y a de l’abondance, du coup, la vie est chouette, sans efforts) mais ils préfèrent partir car on doit s’inquiéter de leur absence. On leur fait jurer de ne jamais révéler l’endroit ni la nuit magique et ils subodorent que ces Indiens sont des descendants de Moctezuma et cie qui ont fuit les Espagnols pour garder leurs secrets. Serge reçoit un cadeau réservé aux Indiens (un pendentif en obsidienne) car il a aidé Xolotl donc est considéré comme un Indien (on le baptise avec un nom spécial aussi). Il est donc le « jumeau » de Xolotl (qui reçoit aussi le pendentif), sachant que « Xolotl » signifie « jumeau » et que le personnage Xolotl a perdu son frère une semaine avant l’arrivée des Français.

    Xolotl nous apprend aussi que chaque humain a un « tonal » (une sorte d’ombre) qui le protège mais dans le cas de vrais jumeaux, chacun est le tonal de l’autre. C’est pas léger léger mais on comprend mieux les motivations de Xolotl et cela soude le lien super fort qu’il a avec Serge. Mais le village parfait, quasiment l’eldorado de Candide peut être un peu too much. Cela dit, c’est de la littérature jeunesse d’il y a 50 ans et ça sert surtout à « transmettre des valeurs » aux lecteurs. Sachant quand même que j’ai trouvé que cela respectait bien les traditions locales. Un oeil plus expert aura peut-être une autre perception

    A la fin, ils sont en vue de Mexico, ils disent leur plan d’action : aller à l’ambassade pour se faire rapatrier et Serge veut que Xolotl parte avec lui et se fasse adopter par son père (veuf récemment, du coup, hop). Le récit s’arrête là, on ne sait pas ce qu’il se passe même si rien ne dit que ça va se passer différemment vu que toutes les épreuves sont terminées.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #150545
    DNDM
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    Parfait, merci ! Je me souvenais à peu près de tout jusqu’au scorpion, en fait. ^^

    Et je me souviens aussi que Le Navire qui remontait le temps (tome 7) fait des références à cette aventure originelle – mais du coup je mixais des souvenirs.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #150637
    Lapin rouge
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    Dans ce volume, le personnage de Xolotl est très bien campé : amical, mais mystérieux, parfois trouble, mais capable d’héroïsme… Pas beaucoup de fantastique, mais une bonne intro à la série : on voit le groupe se constituer, avec le lien Serge-Xolotl qui fait pendant à la fratrie Raoul-Marc (un peu aux dépends de ces derniers, il est vrai), en attendant l’arrivée de Thibaut dans Celui qui revenait de loin. Et, pour un bouquin se passant au Mexique, pas trop de biais culturels, dans mon souvenir.

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    #151137
    R.Graymarch
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    Celui qui revenait de loin (1972)

    Les Conquérants de l’impossible – 2

    Point de départ : Un jeune homme en fuite se retrouve dans une grotte et tombe dans un liquide. « Un peu plus tard », Serge, Xolotl, Marc et Raoul font de la randonnée dans la région des Causses et entendent parler d’une grotte maudite. Vous pariez qu’ils vont aller l’explorer ?

    Ce dont je me souvenais

    Spoiler:
    La venue de Thibaut via un bain d’azote liquide. Son réveil et.. c’est à peu près tout

    Bilan de lecture

    Je dois dire que je m’attendais à mieux. Disons que ça fait « juste » un prologue aux aventures futures mais il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent (très différent du tome précédent où il se passe plein de choses). Heureusement il y a une 2e partie avec une quête pour étoffer un peu le tout et pour rendre logique le fait que Thibaut reste. Globalement (je détaille en spoiler en dessous), l’auteur n’écarte pas totalement les difficultés de l’exercice mais il les atténue fortement. Dans le cadre d’un roman jeunesse, ça passe. Je note encore une fois une fin très abrupte, limite ouverte. Et encore une fois Serge superstar : c’est amené tout au long du récit (le sang, par exemple) et ça se termine comme ça, face à Thibaut.

    Je rentre dans mes pinaillages plein de spoilers

    Spoiler:

    Si on est critique, il faut quand même avaler pas mal de couleuvres au début. Les héros ont a priori le même âge qu’avant, Xolotl est revenu en France avec les autres et il… parle français. On a une utilité à la profession du père de Marc et Raoul (ils ont pas de mère au fait ?). L’auteur fait une ellipse très maline où le groupe explique son plan pour sortir Thibaut de la grotte (ça paraît compliqué) mais élude ça par « tout s’était bien passé » au chapitre suivant. Cela dit, l’azote liquide dans l’ambulance (qui est à dispo…), je me demande si c’est possible, surtout sur 400 km. Le médecin tranquillou balance qu’il a testé sa méthode de réchauffement (depuis l’azote liquide) sur son chien. Le genre de trucs qui paraît difficilement envisageable aujourd’hui.

    J’ai aussi un peu halluciné quand les 4 garçons discutent de l’époque de la personne uniquement avec des rois (assez proches en plus : Henri III, Charles IX, François II) au lieu de siècle. Surtout que ce ne sont pas les rois les plus connus de la période.

    Niveau science toujours, Thibaut est AB négatif, c’est un sang rare, certes. Mais c’est complètement faux de dire qu’il faut uniquement du AB- pour le transfuser car le groupe AB est le receveur universel. Ensuite, on a un massage cardiaque qui ne fait pas mal aux côtes (il est costaud, Thibaut).

    J’ai un peu tiqué sur « Genève, la grande ville la plus proche » car je me disais « et Lyon alors ? ». J’ai feuilleté en arrière et on parle de la route entre Mende et Saint-Étienne, ce qui m’a un peu induit en erreur. Car on part des Causses pour « 400 km » (via Saint Étienne) ce qui va au delà de Lyon. La visite à la bibliothèque de Genève est rapide (on mentionne le quai du Mont Blanc et le jet d’eau, check) mais de nos jours, avec internet, on aurait toutes ces informations sans bouger.

    Dans leurs recherches, on parle d’arbalète comme « arme secrète », mouaif.
    On sent que l’auteur n’a pas voulu évincer les soucis d’adaptation de Thibaut mais ils sont bien amoindris : aucun souci de langue à part quelques mots ou tournures archaïques (allez lire du Villon, XVe siècle ou Rutebeuf XIIIe pour voir que des textes plus récents sont durs à lire… et je ne parle même pas de l’accent). On explique pourquoi Thibaut ne tique pas sur l’électricité, on mentionne les « microbes » différents, admettons même si c’est léger. Je pense que je cherche un peu la petite bête et il est probable qu’à 10 ans, on s’en moque.
    L’auteur ne tombe pas dans la facilité « il se réveille et tout va bien » (le roman aurait été court, faut dire). D’où la deuxième partie, qui en plus est prévue voire provoquée par le médecin.
    Là où ça part en vrille, c’est quand on perd la trace de Thibaut (ah, s’il avait eu un téléphone portable…).
    Thibaut change de compagnon ce qui est malin d’un point de vue narratif (c’est quoi la probabilité que deux mecs soient pris en stop par une Lamborghini ? Accessoirement, de nos jours, je pense que des ados soient aussi libres de leurs mouvements) pour continuer son apprentissage.
    Thibaut retourne vers chez lui, logique (on note qu’il sait lire, et qu’il sait qu’une carte a le nord en haut… ce qui parait pas si évident). J’ai relu pourquoi Christian s’en va, ça reste un peu vague. Marrant comme les « protecteurs » de Thibaut sont abandonnés ou abandonnent chacun leur tour (je pense aussi au guide du château). Le coup de la carte d’identité est bien pensé, ça évite quelques questions.
    J’ai tiqué sur l’accident de voiture, notamment sur le manque de ceinture pour le passager et le conducteur. A ce que j’ai lu « En juillet 1973, le port de la ceinture de sécurité devient obligatoire hors agglomération. La mesure est étendue aux agglomérations en 1979. », donc pour un roman de 1972, ça passe (et ça fait froid dans le dos). Vu qu’on en est aux antiquités technologiques, je ne sais pas si tout le monde capte (huhu) les « oreilles de lapin » comme antenne, ou le fait qu’ils cherchent une cabine téléphonique ou utilisent des walkie-talkies. Au fait, le mot « casse-croûter » c’est si répandu que ça ?
    Narrativement c’est rigolo que Serge et Xolotl ratent Christian, surtout en l’écrivant noir sur blanc. GRRM aurait juste donné des indices pour qu’on comprenne sans que ce soit spécifié.

    Après le tome précédent en introduction de la saga, je m’attendais à « entrer dans le vif » alors que c’est pour moi « juste » une introduction bis qui me laisse un peu sur ma faim. Et vous ?

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 mois par R.Graymarch.

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    #151145
    DNDM
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    Hahaha, pour les pinaillages sous spoiler, de façon générale je pense qu’il va souvent falloir accepter des incohérences internes d’un tome à l’autre (le public de l’époque n’était pas habitué à la cohérence des séries actuelles) et des tas d’incohérences et facilités globales (ça reste des séries jeunesses, donc tout est facilité). Et faut pas oublier aussi que les romanciers de l’époque n’avaient pas internet pour faire des recherches en quelques clics, et pour les années 70, même pas d’ordi personnel sur lequel garder des fiches personnages vite fait ou autres infos. Bref, je sais pas comment Ebly classait ses infos, mais clairement il n’avait pas les facilités d’aujourd’hui. ^^

    Les héros ont a priori le même âge qu’avant, Xolotl est revenu en France avec les autres et il… parle français.

    Ca c’est plus une convention narrative très courante en littérature jeunesse, appelée Floating Timeline. Les persos sont bloqués au même âge, et souvent dans un monde de grandes vacances permanentes. Ils fêtent parfois 12 fois Noël tout en ayant toujours 9 ans. On retrouve la même chose dans l’animation, aussi (Les Simpsons, par ex). C’est un peu différent pour les Conquérants de l’impossible, vu que leur situation ou capacités évoluent quand même d’un épisode à l’autre (typiquement là, Xolotl qui a acquis la compétence « parler français »)… Mais ça ne les empêche pas de « ne pas vieillir », quoi. La magie de la littérature jeunesse. ^^

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    #151159
    R.Graymarch
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    Oui, j’ai bien conscience que si on cherche la petite bête, on en trouve beaucoup :). Le groupe sanguin quand même, là ça parait un peu fort. Pour Xolotl, je comprends bien, et je suis persuadé qu’à 10 ans, on s’en fout un peu (d’ailleurs enfant je pensais souvent que le temps était immobile, un peu comme les grandes vacances qui ne finissaient jamais vraiment). Sympa, le sort de « apprendre le français » quand tu atterris en France. 😀

    Les persos sont bloqués au même âge, et souvent dans un monde de grandes vacances permanentes.

    Oh tiens, l’intrigue se passe en août 😀 (mais des fois il pleut dans les Causses)

    Marrant comme je me souviens avoir adoré l’idée d’avoir un « copain du Moyen âge » quand j’ai lu ça puis à la relecture, ça m’a semblé un peu laborieux pour arriver à ce point même si ça traite assez bien des passages « obligés » (si Thibaut avait dit « OK, merci, je reste en plus, l’équipe a l’air trop sympa », ça aurait été moyen). Mais on a fini le « recrutement de l’équipe », on va pouvoir faire face aux vraies affaires

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    #151195
    Lapin rouge
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    Celui-là aussi, je l’ai lu et relu plein de fois dans mon adolescence. Avant de le relire aujourd’hui, je me souvenais plutôt pas trop mal de l’intrigue globale, et de petits trucs qui m’avaient marqué à l’époque : la haine de Thibaut pour les Anglais (donc pour les roux, bonjour le cliché), son dégoût quand il sent pour la première fois l’odeur d’essence brûlée sur le passage d’une automobile (un truc qui m’avait fait réaliser enfant l’intérêt des littérature « de l’imaginaire » : faire prendre conscience de l’étrangeté de notre quotidien pour quelqu’un venu d’ailleurs), le coup du filet en chaînes pour sortir un corps gelé de l’azote liquide (et la petite remarque de Xolotl : « Tu as la solution entre tes mains », j’avais adoré !), l’arbalétrier écorché vif devant Richard Cœur de Lion (et bim sur l’image romantique de ce monarque ! Au passage, cet épisode ne semble pas historique, pas plus que l’existence d’un duc de Châlus). En revanche, j’avais totalement oublié plusieurs personnages secondaires : l’infirmière, Mme Mareuil, et Christian.

    Après relecture, je partage partiellement l’avis de Gray : il ne se passe pas grand chose, ce qui est paradoxal pour un roman jeunesse. Évidemment, avec un œil adulte, plusieurs choses font tiquer. Une poche d’azote liquide à quelques centaines de mètres sous terre, vraiment ? Et surtout, bien sûr, la « désinvolture » qui entoure le réveil aujourd’hui (enfin, il y a 50 ans) d’un gars en provenance directe du XIIème siècle. Quand le docteur ordonne que les vêtements de Thibaut soient brûlés pour ne pas risquer de répandre une infection venue du Moyen-Âge, je me suis demandé combien de médiévistes se seraient damnés pour pouvoir les étudier. Et Thibaut lui-même représenterait une mine d’informations historiques hallucinantes, mais personne ne s’en soucie… (y compris le maire du bled, qui lui délivre sans sourciller et en 24 h une fausse carte d’identité).

    Bon, bien sûr, c’est de la littérature jeunesse, et, si je n’avais pas conscience de ces invraisemblances lors de mes premières lectures, c’est que le récit parvient à les faire passer. Il faut se garder d’avoir une lecture trop surplombante, limite méprisante, d’un adulte des années 2020 pour un livre écrit pour les jeunes des années 1970. Au final, ca a plutôt bien vieilli.

    Spoiler:

    J’ai tiqué sur l’accident de voiture, notamment sur le manque de ceinture pour le passager et le conducteur. A ce que j’ai lu « En juillet 1973, le port de la ceinture de sécurité devient obligatoire hors agglomération. La mesure est étendue aux agglomérations en 1979. », donc pour un roman de 1972, ça passe (et ça fait froid dans le dos).

    Pendant les confinements, j’ai regardé l’intégrale des films de Claude Sautet (un de mes réalisateurs préférés), et ça m’a frappé aussi dans ses films des années 70 : les routes sont vachement moins bien aménagées qu’aujourd’hui, et les gens roulent dessus à fond dans des bagnoles sans ceinture, sans airbags, sans ABS… Résultat : 16.500 tués sur les routes en France en 1972, année du pic (3.500 en 2018).

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    #151232
    Papadoc
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    J’ai terminé le 1.

    C’est pas mal, mais un peu chelou en terme d’enjeu.

    En gros c’est un MAN VS WILD pour ados/jeunes adultes?

    J’ai l’impression que l’histoire (donc la fin) est plus axée sur les relations entre personnages que sur le trajet-retour qui est en gros l’enjeu attendu.

    Cela donne l’impression d’un gros coup de coeur de l’auteur pour le Mexique, qui a construit une histoire rien que pour présenter le pays.

    Pour de la littérature jeunesse, je suis impressionné que les méchants ne soient pas châtiés ni inquiétés. Et c’est aussi cela qui est intéressant : sur tout la partie mexicaine l’absence de vrais méchants.

    Après je reconnais de jolies descriptions et des enjeux bien posés sur certains ensembles de chapitres (la rencontre avec les bandits jusqu’aux marais, le passage avec le scorpion jusqu’au sauvetage).

    Curieux d’ouvrir le 2 pour voir comment cela se prolonge.

    "C'est d'une simplicité absurde, comme la plupart des énigmes quand on en voit la réponse."

    Hodor! [Casting 2019]

    #151257
    R.Graymarch
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    Lapin rouge : je suis d’accord que si on est pré-ado, on ne voit pas tout ça. Et si on aime le Moyen âge (c’était mon cas), on se dit que ça doit être top d’avoir un ami qui vient directement de là bas. Et même si son adaptation est très rapide (que ce soit pour la langue, la technologie ou les papiers d’identité), l’auteur l’évoque quand même, même si ça n’est pas l’enjeu du livre. Marc et Raoul servent surtout car leur père est médecin (avec accès « open bar » à beaucoup d’équipement^^). A part Thibaut, qui est le héros du livre, on se focalise surtout sur Xolotl et encore plus Serge qui va avoir le lien le plus fort avec Thibaut (d’ailleurs, on ne voit jamais les séances de parlotte entre Raoul et Thibaut). Quant à la sécurité routière, je te rejoins totalement. On oublie complètement qu’on a pris des mesures (fortement décriées à leur époque) qui, au fil du temps, en augmentant le trafic nous font sauver sans doute 10000 personnes par an.

    Papadoc, ravi de te voir dans l’aventure, toi qui ne connaissais pas cette saga. Pour moi, l’enjeu du premier tome est à la fois clair (« rentrer chez soi » même si c’est ultra loin comme périple) tout en étant accessoire car ce qui compte, c’est le chemin, et toutes les embûches présentes ou les rencontres à faire. Je n’ai rien trouvé dans la bio de l’auteur disant qu’il a apprécié le Mexique mais c’est vrai qu’on nous décrit bien le pays et que ça le rend fascinant. En effet, il n’y a pas vraiment de méchant au Mexique (aux USA, un peu^^ mais on ne sait pas ce qui leur arrive), ce n’est pas du tout manichéen. Même le plus malin des bandits n’est pas vraiment un mauvais bougre. Cela dit, le passeur aime bien les montres^^ Et Xolotl a des défauts qui font qu’on se méfie de lui pendant pas mal de temps. Bref, c’est assez fin comme description pour un livre jeunesse

    A bientôt pour la suite !

     

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    #151261
    DNDM
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    Pour moi, l’enjeu du premier tome est à la fois clair (« rentrer chez soi » même si c’est ultra loin comme périple) tout en étant accessoire car ce qui compte, c’est le chemin, et toutes les embûches présentes ou les rencontres à faire. (…) Et Xolotl a des défauts qui font qu’on se méfie de lui pendant pas mal de temps.

    Autant que je m’en souvienne, c’est même le positionnement de Xolotl (Gentil? Méchant? Arnaqueur? Que veut-il?) qui est le moteur de ce premier tome.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #151277
    Lapin rouge
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    Spoiler « Destination Uruapan » :

    Spoiler:

    En effet, il n’y a pas vraiment de méchant au Mexique (aux USA, un peu^^ mais on ne sait pas ce qui leur arrive), ce n’est pas du tout manichéen. Même le plus malin des bandits n’est pas vraiment un mauvais bougre.

    C’est surtout l’inversion des rôles des bandits qui est bien jouée : la grande gueule qu’on croyait sympa se révèle finalement plus dangereuse que le type taciturne dont Serge se méfie au début. C’est pas du Maupassant niveau psychologie, mais c’est bien fichu.

    Autant que je m’en souvienne, c’est même le positionnement de Xolotl (Gentil? Méchant? Arnaqueur? Que veut-il?) qui est le moteur de ce premier tome.

    Oui, autant que le voyage, sa personnalité énigmatique est vraiment l’enjeu de ce titre.

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    #152314
    Lapin rouge
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    @r-graymarch tu cales sur « L’Éclair qui effaçait tout » ? 🙂

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    #152316
    R.Graymarch
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    Pas vraiment, vu que je n’ai pas commencé. J’ai intercalé un pavé « un peu » roboratif d’une frangine et un frangin, if you see what I mean. Vous avez le droit de prendre de « l’avance », cela dit

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    #152529
    R.Graymarch
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    Je suis toujours aux ordres de Lapin rouge, c’est connu donc j’ai obtempéré au plus vite

    L’Éclair qui effaçait tout (1972)

    Les Conquérants de l’impossible – 3

    Point de départ : Nos cinq amis se baladent près de Rome et s’arrêtent chez un professeur italien, ami de Serge pour échapper à un orage. Alors qu’ils jouent aux cartes, deux d’entre eux disparaissent mystérieusement après le passage d’un éclair.

    Ce dont je me souvenais

    Spoiler:
    Pas énormément de choses par rapport à ce qu’on apprend sur la 4e de couverture. Un voyage accidentel dans le temps à l’époque de Trajan.

    Bilan de lecture

    Après un premier tome très satisfaisant, bien qu’atypique, où on rencontre Xolotl puis un deuxième (un peu plus mou) où Thibaut arrive, on entre dans le vif du sujet. Et c’est vachement bien ! Il se passe des tas de choses (le récit se concentre à raison sur ceux qui sont dans le passé), on suit toutes les péripéties des rescapés à l’ombre de la grande histoire. Entre la marche vers Rome, le premier emploi puis le deuxième emploi et le retour, le rythme est frénétique mais jamais trop pressé pour autant. On a l’impression d’y être, les héros ont vraiment leur personnalité (ceux restés au XXe siècle sont beaucoup moins mis en avant) et il n’y a pas de vrais méchants non plus. Cet ouvrage est franchement épatant et je pense que ça plairait aussi aux ados de notre époque.

    Bien entendu, il y a pas mal de facilités dans l’intrigue « pour que ça passe » mais je réserve mes pinaillages pour la partie spoiler

    Spoiler:
    Le début fait un peu « scénario bateau de jdr que les PJ se sentent forcés d’accepter sinon y a pas d’histoire » 😀 5 ados (seuls…) se baladent dans le Latium et ils n’avaient pas prévu de passer chez le professeur, ami du père de Serge ? Mais gros orage à venir, « oh ça tombe bien, il habite juste à côté », ils se pointent (le professore a un palais !!!), on les accueille pour dormir à l’intérieur (remarquez, il va pleuvoir) et on les nourrit. 5 adolescents, j’espère que le frigo était plein 😀 Cela dit, les aubergines farcies, c’est bon. On nous balance habilement qu’il y a une très vieille statue ici, qui servira de point de repère (heureusement qu’elle n’a jamais bougé en 25 siècles). Accessoirement un Jupiter (dieu de la foudre) étrusque, comme par hasard.
    Les ados jouent au « king », jeu inconnu pour moi. J’ai trouvé un article sur la Wikipédia anglophone qui mentionne un « jeu du roi » en français.
    Ensuite éclair (on découvrira plus tard que la mansarde était au dessus du labo avec un électro aimant), Serge et Xolotl disparaissent (on découvrira plus tard pourquoi uniquement eux deux)
    Au matin, on a la vision de la légion romaine, très cinégénique. Puis, ils comprennent où ils sont, et surtout quand et se décident à rejoindre Rome après avoir « échangé » des vêtements. J’ai lu sur le net que ça ne choque pas qu’ils planquent leur montre (alors qu’on aurait pu les retrouver par la suite, ce qui aurait sans doute été très embêtant pour des archéologues). Si j’ai bien noté, ils sont à près de 100 m de leurs victimes et parcourent la distance en 12 ou 13 secondes (waouh). Soyons honnêtes, ils ont pu parcourir 10-20 mètres (ou plus) avant de se mettre à courir, parce que sinon, jolie perf ^^
    On voit que Xolotl ne rechigne pas à « échanger » alors que ça embête Serge. Ils retrouveront ces 4 garçons deux fois dans Rome ce qui parait ultra improbable tout de même.
    J’ai beaucoup ri aussi lors de la route vers Rome car ils mangent « des olives cueillies en chemin » (olives dures comme de la pierre, ça ne doit pas beaucoup nourrir).
    Retour au XXe siècle où un frère dit à l’autre « Tu t’es conduit comme un cornichon ». Thibaut a pris l’initiative de tester le bracelet (même en se blessant) et à convaincre le plus faible des frères de l’aider.
    J’ai un peu tiqué sur le fait qu’il faille développer le film de la caméra qui enregistre à 50 images par seconde. C’est la même pellicule / le même procédé qu’un appareil photo ?
    Bref, au XXe siècle, on a la solution car on connait la puissance d’un éclair (même pas à 1% près). Donc, yaka emprunter 150 condensateurs, les monter dans un hangar provisoire, travailler 10-12 heures par jour pendant 2 mois. Le professeur a des connexions et je suppose que personne n’avait rien de mieux à faire pendant deux mois. Vous me direz que j’aurais tiqué s’ils avaient tout monté en 2 jours, c’est vrai aussi.
    Retour à Rome. Le premier endroit où Serge et Xolotl est quand même super spécial : on leur offre un matelas avec des punaises, un endroit à dormir où il y a plein de (jeunes) gens qui les observe au matin. Ils glanent quelques informations mais ce passage est très étrange.
    On passe rapidement sur la barrière de la langue. Serge a fait du latin (et Xolotl ?) donc il se débrouille correctement même si on le prend pour un étranger à Rome. La recherche de boulot est un échec (et la gourmette des héros est vite cachée) jusqu’à ce que, par hasard, ils deviennent amis avec Gaius. Ils arrivent à une solution stable où ils travaillent comme porteurs d’eau (ça doit développer les muscles, ça) et ont un foyer et des repas, en échange de leur salaire. Notons que Serge en pince (encore^^ après le Mexique) pour la fille de la maison. Après un avertissement sur le danger des chars « importants » qui passent le jour, Gaius en meurt et les deux amis sont bannis de la famille (on ne sait pas trop pourquoi….)
    Une nuit dehors et comme on leur avait dit, ils sont ramassés par la patrouille et finissent esclaves de Palma. En parallèle, on apprend que Trajan est mort à « Sélinonte » (qui n’est pas du tout en Sicile mais se nomme en fait Selinus au sud de la Turquie). Coup dur car Serge et Xolotl espéraient continuer à vivre, pauvres mais heureux dans la famille de Gaius mais vont rester esclaves pour sans doute très longtemps.

    Heureusement, Mamercus les aide de manière assez généreuse. Serge prend du galon et Palma pose pas mal de questions, et accepte la vérité (c’était pas gagné).
    On s’approche de la grande histoire avec Publius Aelius, Celsus, Nigrinus, Quietus, Attianus.Cette partie là est très bien faite (même si on n’évoque pas du tout les paradoxes temporels en cas de changement de la trame historique) : Serge aide Palma qui a du mal à le croire. Et on se rend compte que si Palma « perd », ses esclaves sont torturés (et Serge en premier). Mais s’il s’évade, son destin est très probablement la mort. Serge et Xolotl s’évadent et là, miracle du scénario, ils pensent à revenir à la localisation de la villa pile LE SEUL jour où les gens du XXe siècle peuvent mettre en marche les condensateurs.
    La fin est encore une fois très abrupte : pas de « racontez-nous », tout s’arrête avant.
    Dans ce tome, on a quand même un ado qui meurt (Gaius), une description assez précise de la vie romaine (en bas de l’échelle ou tout en haut) avec beaucoup d’interactions et personne de « méchant » (même si certains « mettent de l’argent de côté » mais après tout, Xolotl aussi). J’ai trouvé assez étrange qu’on insiste sur la blessure au pied de Serge pour l’oublier très vite (arracher un ongle et mettre un onguent, ça suffit pour ne plus avoir de souci après une nuit ?). On oublie aussi un peu de parler des gourmettes une fois qu’elles sont « planquées » (on leur a laissé quand ils sont devenus esclaves ? Je pensais qu’ils n’avaient qu’un pagne). A la fin, quand Xolotl perd sa sandale dans la boue, je me suis demandé si sa gourmette n’était pas perdue non plus mais non, personne ne le mentionne…

    Après un tome un peu mou, on plonge dans l’aventure et dans l’histoire. Les projecteurs ne vont que sur ceux qui sont partis dans le passé, les autres sont énormément en retrait. Beaucoup de plaisir à le lire, je recommande ce tome !

    Prochaine étape, Louis XVII (j’ai beaucoup plus de souvenirs)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par R.Graymarch.

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    #152541
    DNDM
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    Ha je m’en souviens très bien de celui-là, très bon souvenirs (même si oui, le scénario c’est « on a pas de pot, et puis à la fin on a un gros coup de pot »).
    J’avais néanmoins amalgamé quelques souvenirs avec un autre épisode plus tardif, apparemment.

    Spoiler:
    Le coup du type qui s’essuie les mains dans les cheveux de l’un des héros quand il sont esclaves, c’est bien dans ce tome, par contre?

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    #152542
    R.Graymarch
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    Tout à fait, c’est dans ce tome là ! Avec en plus une illustration qui rend la scène encore plus marquante !!! C’est rigolo que ce geste pas si grave (mais humiliant) marque vachement. Sans doute car le lecteur peut s’y reconnaitre très facilement.

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    #152543
    Lapin rouge
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    Je suis toujours aux ordres de Lapin rouge, c’est connu donc j’ai obtempéré au plus vite

    Je saurai m’en souvenir…

    Lu aussi ce tome dans ma jeunesse, et je m’en souvenais plutôt bien :

    Spoiler:
    Je me rappelais pas trop mal de l’intrigue en général, et de plusieurs scènes marquantes : la légion en marche sur fond de soleil levant ; la baston contre le gars qui veut piquer la gourmette de Xolotl (c’est comme ça que j’avais appris qu’il existait de l’or blanc, je croyais que l’or, c’était forcément jaune), au passage, on voit que Serge a gardé des traces de l’entraînement au judo du tome précédent ; la tendre soirée avec Fiametta, et le coup du nerf qui va de l’annulaire au cœur, et surtout la scène mémorable de Serge, devenu esclave, face à son maître Palma, à qui il vient de révéler qu’il vient du futur. Palma lui demande alors si Rome existe toujours dans son époque. En le lisant, je me disais « Oulah ! Fais gaffe, répond que oui, quitte à mentir en prétendant que l’empire Romain est toujours puissant ! » Et là, Serge trouve la réplique qu’il faut : « Rome sera toujours Rome, seigneur. » Quelle classe, cette réponse !

    Et grâce à ce livre, je me suis toujours souvenu qu’Hadrien avait succédé à Trajan.

    En revanche, j’avais oublié pas mal de détails : tout ce qui se passe dans le présent avec Raoul, Marc et Thibaut, le personnage du jeune garçon, Gaïus, et celui du vieux médecin esclave, Mamercus.

    On voit que Xolotl ne rechigne pas à « échanger » alors que ça embête Serge. Ils retrouveront ces 4 garçons deux fois dans Rome ce qui parait ultra improbable tout de même.

    On se rappelle du passé de « chapardeur » de Xolotl dans Destination Uruapan. Quant aux quatre garçons, j’ai également été étonné de la certitude de Serge et Xolotl qu’ils allaient forcément les retrouver un jour. Dans une Rome impériale qui compte plusieurs centaines de milliers d’habitants, c’était peu probable. En revanche, je crois qu’ils ne se retrouvent qu’une fois, pas deux.

    les deux amis sont bannis de la famille (on ne sait pas trop pourquoi….)

    Ca m’a semblé assez logique : Gaïus est mort, le vieux Spurius est effondré, du coup les cousins prennent les affaires de la famille en main, et n’ont aucune raison de laisser deux pouilleux comme Serge et Xolotl s’incruster.

    Bilan de lecture : un excellent tome, le meilleur des trois premiers. L’exploration de la Rome impériale est bien menée, il y a plusieurs personnages secondaires bien dessinés et attachants (Gaïus, Spurius, Fiametta, Mamercus, Palma, …), la situation des deux héros connaît des hauts et des bas, on ne s’ennuie pas. Le point faible, c’est la situation dans le présent, et Thibaut est très effacé, alors qu’il avait eu la vedette dans le tome précédent. Et puis, la fin est assez peu crédible, mais bon, ça passe.

    Côté voyage dans le temps, l’auteur se situe du côté des adeptes du passé rigide : quoi que fasse le voyageur, le passé reste immuable dans ses grandes lignes.

    Spoiler:
    Ainsi, Serge a beau avertir Palma qu’il va se faire trucider, Palma se fait trucider, malgré les précautions qu’il a prises.

    C’est l’avant-dernier livre de la série que j’ai lu autrefois, le dernier étant le tome 6 …Et les Martiens invitèrent les hommes. Donc, pour le prochain, c’est le saut dans l’inconnu !

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    #152546
    R.Graymarch
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    Je saurai m’en souvenir…

    Uniquement quand ça m’arrange 😀

    il y a plusieurs personnages secondaires bien dessinés et attachants (Gaïus, Spurius, Fiametta, Mamercus, Palma, …)

    J’ai été « étonné » de voir que la plupart des « PNJ importants » sont des personnages historiques. Aucune idée quand j’ai lu ça, mais de nos jours, c’est facile à vérifier (merci le web)

    Spoiler:

    la baston contre le gars qui veut piquer la gourmette de Xolotl (c’est comme ça que j’avais appris qu’il existait de l’or blanc, je croyais que l’or, c’était forcément jaune)

    Je connaissais l’or blanc car ma mère en avait. Cela dit, c’est pas de l’or, c’est un alliage. Dans cette baston, on subodore que le gars est un des 4 à qui ils ont piqué. Cela dit, rien n’est sûr

    « Tu crois que c’était un de ceux-là ?

    — Sais pas, dit Xolotl. Je n’ai pas eu le temps de le voir vraiment, mais je n’en serais pas étonné. Il avait la même taille, la même allure, les mêmes cheveux. C’est peut-être un de ceux-là, et peut-être pas.

    — De toute façon, dit Serge, si on ne les rencontre pas aujourd’hui on les retrouvera plus tard. Et ce jour-là, ce ne sera pas drôle. »

     

    Vu que quand ils rencontrent les 4 « pour de vrai » à la fin, ils ne disent pas « encore eux », on peut supposer que, plus tôt, ce n’étaient pas eux.

    le coup du nerf qui va de l’annulaire au cœur

    ah je connaissais cette histoire qui « explique » pourquoi on porte l’anneau à l’annulaire gauche (chez certaines cultures).

    la scène mémorable de Serge, devenu esclave, face à son maître Palma, à qui il vient de révéler qu’il vient du futur

    oui, cette scène est très jolie. Elle en dit beaucoup sur Serge et aussi sur Palma

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    #152765
    R.Graymarch
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    L’Évadé de l’an II (1973)

    Les Conquérants de l’impossible – 4

    Point de départ : Serge, Thibaut et Xolotl (les deux autres ont disparu) sont envoyés en mission en 1793 pour faire évader Louis XVII de sa prison du Temple. Rien que ça.

    Ce dont je me souvenais

    Spoiler:
    Je me rappelais pas mal de détails en fait. Je savais qu’il y avait un truc avec la blanchisserie. Une phrase m’a hanté jusqu’à aujourd’hui : « C’est une belle époque, dit-il. Au XXe siècle, ce coup-là n’aurait pas réussi.  » En lisant cette phrase à l’époque, je me suis demandé l’inverse… qu’est ce qui réussirait aujourd’hui comme manipulation qui n’aurait pas été possible à l’époque

    Bilan de lecture

    Les deux premiers tiers sont extraordinaires, puis la fin est beaucoup moins enlevée.

    Cela commence comme une partie de jeu de rôles. « Vous êtes dans une auberge et l’HMPDM (Homme Mystérieux Pourvoyeur De Missions) vous parle ». J’exagère un peu. Cela dit, ça va super vite, pas de temps à perdre. Marc et Raoul ont disparu (personne ne les mentionne), on a un lien avec l’aventure précédente avec le professeur italien et les gourmettes devenues ceintures, puis on y va. Les héros ont une mission compliquée (qui est plus là par humanisme envers un enfant qui n’a rien demandé que par soutien de la royauté) et un chrono qui défile : ils doivent revenir à la fin du mois de nivôse. Ils sont bien préparés : des papiers, beaucoup d’argent, du matériel (à se demander comment il se téléporte d’ailleurs….)

    L’arrivée dans Paris et la mise en place du dispositif fonctionnent super bien : les descriptions des petites gens sont au cordeau, on sent la misère et la crainte de la guillotine ainsi que la prison-forteresse. Il y a une vraie urgence dans la mise en place du plan, un compte à rebours et des nuages qui s’accumulent avec un indicateur possible, une logeuse un peu étrange, des gens à manipuler sans les mettre en danger. C’est haletant

    Le dernier tiers est en revanche complètement statique (avec des va-et-vient en étoile dans les environs), le rythme est complètement chamboulé. Mais cela se tient car l’enjeu est différent et que les héros n’ont pas la solution miracle tout de suite (ce qui serait un peu gros). Cela tourne plus vers l’émotion et ça fonctionne aussi assez bien même si c’est moins prenant

    EDIT pour DNDM : on nous indique que cela fait « près d’un an qu’ils se connaissent ». Donc il y a une (petite) dimension temporelle.

    Il y avait près d’un an que les trois garçons se connaissaient. À les voir, on les sentait unis par une amitié solide et confiante. C’est le hasard qui les avait réunis, mais la vie en commun et l’aventure les avaient rapprochés l’un de l’autre. Xolotl, orphelin et seul au monde, avait été adopté par le père de Serge1. Quelques mois plus tard, Thibaut était venu vivre avec eux comme « invité permanent ».

    Il est sympa, le père de Serge à accepter tous ces gens 😀

    /EDIT

    Plus de détails et de pinaillages en partie spoiler

    Spoiler:
    Comme dit plus haut, toute la partie « évasion » (plan et mise en oeuvre) est excellente. Par rapport à l’aventure précédente, il y a un enjeu fort et les héros sont volontaires, ce qui rend le tout le plus intéressant. Un peu comme dans Indiana Jones où le 2e film des 3 (car c’est une trilogie) a moins d’enjeux car le héros y est transporté par hasard. C’était le cas dans L’Éclair qui effaçait tout, ce n’est plus le cas ici.

    Comme écrit plus haut, ils sont venus avec beaucoup d’argent (papier), ça aide énormément (Pierre payé 100 sous par jour pour ne rien faire…) mais cela les met aussi dans l’embarras quand on leur demande à raison de quoi ils vivent. Et s’ils sont riches, pourquoi ? Comme écrit plus haut encore, la téléportation du matériel de camping pose question. Et quand on voit le dessin des canadiennes, c’est vraiment pas discret du tout 😀 Ah si Quechua avait été inventé, tout serait allé plus vite 😀 D’ailleurs, la forêt est un abri sûr et on ne revient jamais dessus, c’est un peu dommage. Mais revenons à Paris.

    Les trois héros cachent leur identité, c’est malin et donnent de fausses origines (tout le monde parle le même français apparemment), y compris des départements qui depuis ont changé de nom récemment (Seine inférieure, Basses Pyrénées). Xolotl n’est pas trop emmerdé par son teint, il doit juste fournir une excuse qui parait plausible (plus qu’un Numide). Enfin, Saint Jean de Luz c’est bien mais si on lui avait demandé de parler basque, je crois qu’on aurait rigolé un moment ^^

    On est allé à toute allure dans l’aventure, du coup, c’est après coup qu’on nous balance des infos comme les somnifères ou les pistolets pour faire dormir. Admettons. On nous explique ensuite pourquoi on a choisi le mois de nivôse et là, ça fonctionne plus bien. (je n’ai pas vérifié si cela correspondait à de vraies dates pour le départ de Simon). Tout se met en place, il y a pas mal d’ellipses, et aussi d’inquiétudes : la logeuse, Ferrières. Rien à dire, ça marche bien. Thibaut se fait embaucher assez facilement mais pourquoi pas. Cela dit, j’ai un peu tiqué quand il a fallu remplacer la blanchisseuse (qui sait lire). Déjà, elle regarde l’horloge (elle a une horloge chez elle ?) et puis le prétexte du rendez-vous avec Saint-Just pour éviter qu’elle ait des soucis plus tard, mouais… ça passe mais faut être sympa. Et c’est là que tombe la fameuse phrase qui m’a hanté

    « C’est une belle époque, dit-il. Au XXe siècle, ce coup-là n’aurait pas réussi. La citoyenne aurait téléphoné à Saint-Just, et on lui aurait dit tout de suite que l’ordre était faux. »

    Car de « nos » jours, on peut appeler l’équivalent d’un ministre ?OK pour son secrétariat. Sur le fond ce n’est pas totalement faux, mais c’est un peu simpliste tout de même. Enfin, l’honneur est sauf, la mission sera accomplie et des innocents n’auront rien à craindre.

    Reste le cas de Ferrières, on ne saura jamais vraiment ce qu’il en est même si on a d’énormes doutes qu’il est bien un indic. Xolotl s’occupe de la carriole (et sent qu’il ne faut pas ferrer les chevaux pour le verglas, bonne pioche) tandis que Serge et Thibaut partent en mission commando pour récupérer le Dauphin. C’est très bien écrit aussi et on voit qu’après Xolotl qui a toujours des habitudes de chapardeur/cambrioleur, Serge qui se réjouit de manipuler les gens comme des pions, on a Thibaut qui joue du muscle pour mettre des gens hors d’état de nuire. Le passage de la porte de la Villette est bien écrit également (en fait, le passeport ne servait à rien) puis le groupe se sépare.

    Le dernier tiers commence, beaucoup plus lent. Si on regarde une carte de la forêt d’Halatte, ils ont écumé toutes les villes du coin. Comme dit plus haut, heureusement que personne ne vient jamais dans cette partie là. L’inquiétude de l’absence de Thibaut est aussi bien gérée, tout comme les échecs d’exploration des villages voisins. Car si cette partie est très statique, c’est quand même assez normal qu’ils ne trouvent pas tout de suite une famille d’accueil. L’intrigue se déplace petit à petit sur l’identité de l’enfant d’ailleurs. Ce dernier devient de plus en plus actif (faut dire que c’est un alcoolique…. Dire qu’on a lui a servi un mélange de rhum et café appelé bistouille dans le Nord…). Après quelques échecs et quelques mises en danger (Serge qui n’est pas assez prudent), on trouve une maison pour le Dauphin. On voit ce que cela va donner mais c’est bien amené : le père qui refuse mais cède en voyant son épouse heureuse. On ne saura jamais pourquoi Serge a choisi le prénom Jean-Marie.

    Le retour a lieu sans histoire. Pour une fois, la fin n’est pas abrupte, on a un « débriefing » avec la révélation que Jean-Marie a bien survécu. Cela dit, j’ai appris, en rédigeant ce texte que parmi les faux Louis XVII, il y a Jean-Marie Hervagault. Bien joué l’auteur ! Cela dit, le « vrai » Jean-Marc est bien mort à Bicêtre mais pas si « longtemps après » que ça, vu qu’il avait 30 ans et si j’ai bien compris, cela faisait 10 ans qu’il était emprisonné pour éviter les troubles. Autant ne pas dire ça dans un roman jeunesse où on veut que les héros gagnent et que les enfants sauvés soient/restent innocents^^

    Serge (le vrai héros de l’histoire, encore une fois) repense encore au fait que l’enfant voulait rester avec lui. Ca ajoute une autre dimension, c’est pas mal, tout comme Thibaut a une autre idée du « roi » que ses comparses qui ne viennent pas du Moyen âge. Au niveau des curiosités, c’est Thibaut qui mentionne le télégraphe (inventé 6 mois plus tard). Ah oui, petite erreur d’illustration au tout début : il est écrit que les trois héros portent des cravates alors que sur l’image, Xolotl a un noeud papillon !!

    Un peu dommage, même si c’est compréhensible pour l’intrigue que cela finisse de manière assez molle par rapport aux deux premiers tiens qui sont passionnants. L’ensemble vaut carrément le coup, à mon avis

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 semaines et 3 jours par R.Graymarch.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 semaines et 3 jours par R.Graymarch.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #152824
    DNDM
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    EDIT pour DNDM : on nous indique que cela fait « près d’un an qu’ils se connaissent ». Donc il y a une (petite) dimension temporelle.

    Haha, pour le fun, essaye de garder les différentes indications temporelles et de les mettre bout à bout.

    Destination Uruapan: quelques jours? Semaines?
    Celui qui revenait de loin: quelques jours? Semaines? + « grandes vacances »
    L’Éclair qui effaçait tout: deux mois?
    L’Évadé de l’an II: quelques jours? semaines? + « Il y avait près d’un an que les trois garçons se connaissaient. » (donc 1 an depuis le tome 2)

    En gros, s’ils avaient 16 ans au début, ils en ont maintenant plus de 17. Bon ça va, une aventure tous les 6 mois, ils auront 22 ans à la fin, ça passe encore. 😉

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #152829
    R.Graymarch
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    Destination Uruapan: quelques semaines. Ils marchent environ 1000-1500 km quand même…
    Celui qui revenait de loin: quelques jours? Semaines? + « grandes vacances ». Quelques jours
    L’Éclair qui effaçait tout: deux mois
    L’Évadé de l’an II: quelques jours? semaines? + « Il y avait près d’un an que les trois garçons se connaissaient. » (donc 1 an depuis le tome 2). Ils restent un mois en 1794 mais j’ai l’impression que le voyage est instantané, ou sinon j’ai mal lu (pourquoi s’emmerder à revenir au fin fond de la forêt un mois après alors qu’il suffit de régler l’électro aimant en « marche avant » juste après

    Je relis

    Destination Uruapan

    C’étaient deux jeunes garçons dont l’aîné pouvait avoir son [Serge] âge, quinze ou seize ans, et le plus jeune treize ou quatorze ans. On voyait tout de suite qu’il s’agissait de deux frères.

    L’Évadé de l’an II

    Trois garçons de seize ou dix-sept ans venaient de sortir du métro, à la porte Dauphine, et ils cherchaient à s’orienter. / Xolotl, un peu plus jeune que les deux autres, pouvait avoir seize ans.

    Ca parait assez cohérent pour l’âge, pour l’instant

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #153125
    Lapin rouge
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    C’est le premier tome que je n’avais pas lu plus jeune. D’ailleurs, à partir de ce tome, je ne les ai plus lus, à part celui qui se passe sur Mars. Donc, forcément, cela n’a plus le même charme nostalgique de la redécouverte.

    Ceci étant, ce fut une lecture plaisante, surtout les deux premiers tiers, avec le suspens de la préparation et la réalisation de l’évasion. Au plan humain, toujours des personnages secondaires bien tracés : Ferrières l’écrivain public, Brécourt l’aubergiste, Madeleine Clouet la blanchisseuse, et bien sûr le petit « Charles Capet ». Des petites gens, pas spécialement royalistes, mais dont certains ne cachent pas leur malaise devant le sort réservé au dernier descendant de la famille royale.

    Après, le lecteur adulte est quand même chiffonné par plusieurs éléments qui ont du mal à passer.

    Spoiler:
    Déjà, on passe très vite sur les commanditaires, la baronne d’Antignac (au passage, je note qu’une femme de 60 ans est qualifiée de « vieille dame »…) et son neveu. Pour la baronne, on peut deviner que c’est probablement une fervente royaliste légitimiste, mais la démarche de son neveu est encore moins explicitée. Bref.

    Pas trop à redire sur l’immersion dans le XVIIIème siècle parisien (en « vrai », on se dit que trois jeunes gars du XXème siècle devrait faire beaucoup plus de gaffes, mais ça passe). Un peu comme dans « Destination Uruapan » avec les brigands, les personnages ne sont pas ce qu’ils paraissaient au premier abord : l’inquiétante aubergiste est finalement assez inoffensive, alors que le sympathique écrivain public (qui m’a un peu rappelé au début le médecin-esclave de « L’éclair … ») se révèle un probable indic (bien naïf tout de même, quand il accepte de boire un coup).

    En revanche, l’évolution du petit Charles Capet m’a paru un peu rapide : au début, on a l’impression d’un gosse peu sympathique, ivrogne et lymphatique, et assez rapidement il devient attachant et attendrissant, mais ce n’est pas très convaincant.

    Mais ce qui m’a le plus « dérangé », c’est l’invraisemblance de la réussite de l’évasion (même s’il fallait une fin heureuse, littérature jeunesse oblige) : comment imaginer une minute que la disparition du Dauphin aurait pu ainsi passer inaperçue, juste parce que le geôlier Simon a un pote puissant qui lui aura évité des ennuis… Bon, ça passe peut-être pour un lecteur adolescent, on va dire.

    Au final, je rejoins Gray : une intrigue menée tambour battant jusqu’au deux tiers, et une fin un peu alanguie et invraisemblable.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
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