[Auteur] Philippe Ébly

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  • #153648
    R.Graymarch
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    Sera-t-on encore en phase pour celui-ci ?

    Pour sauver le Diamant Noir (1973)

    Les Conquérants de l’impossible – 5

    Point de départ : A Tanay en Valais (Suisse) dans la commune actuelle de Vouvry, un jeune garçon s’intéresse à nos trois héros (Serge, Thibaut et Xolotl) et se demande pourquoi Thibaut a un bras en écharpe. Serge raconte alors comment il y a « quelque temps », ils ont sauvé le Diamant Noir de la disparition

    Ce dont je me souvenais

    Spoiler:
    Je me souvenais que je n’avais pas trop aimé, mais sans me rappeler la raison. J’avais un souvenir de voiture et en effet, c’est là à la fin. En relisant, je me suis rappelé la partie sur les paris hippiques et le dégoût de Thibaut

    Bilan de lecture

    Mouaif. Pourtant mon impression a varié. J’ai été désarçonné au début par le choix narratif : après les faits, le trio raconte son histoire à deux personnes au hasard lors de vacances en Suisse. Je me suis interrogé sur ce choix mais quand on a tout lu, ça devient assez évident. Pourtant quand la mission est exposée, mon intérêt est monté très vite, mais ça n’a pas duré. En gros, c’est une resucée du tome précédent en remplaçant Louis XVII par une caillasse et le Paris révolutionnaire par.. autre chose (de moins intéressant). L’enjeu est plus faible, le décor aussi. Si tout ce qui tient, c’est « pourquoi Thibaut s’est-il cassé le bras ? » (ou « ont-ils sauvé le diamant noir ? »), je trouve ça peu passionnant.

    Le livre aborde pour la première fois réellement les conséquences du voyage dans le temps et ce que cela implique. Mais c’est un sujet casse-gueule et je ne trouve pas que l’auteur s’en soit bien sorti. Disons que ça passe pour de la littérature jeunesse lue par des jeunes. Et encore, je me demande si ce n’est pas cet aspect là qui m’a rebuté en première lecture

    Cela dit, je reconnais que l’auteur a imaginé pas mal de problèmes réalistes pour accomplir la mission. Il les résout de manière très rapide (c’est mieux que de les avoir ignorés). Les antagonistes sont assez bien décrits, il n’y a pas de « méchant trôméchant ». C’est assez récurrent dans la saga et tant mieux.

     

    Plus de détails et de pinaillages en partie spoiler

    Spoiler:
    Si la structure de narration est indirecte, c’est parce que nos héros vont retourner deux fois dans le passé pour s’aider eux-mêmes (et ça ne provoque aucun cataclysme dans l’univers), ce qui aurait été très difficile à raconter en vision « directe ».

    Comme je disais en partie non-spoiler, le motif de l’aventure est un peu tarabiscoté (et surtout on s’en fout). Revenir 10 ans en arrière OK mais pourquoi pas plus tôt ? Et puis bon si c’est juste pour sauver une pierre précieuse.. allez, admettons.

    Les trois amis sont bien préparés, ils ont tout prévu et ont plein de pognon (le Ritz, la Rolls et le chauffeur, cela dit…). Je note que Thibaut et Serge conduisent donc ils ont 18 ans (et ils ont du bol qu’on leur loue une 2 CV à ces « jeunes conducteurs »^^).

    Au tout début, on observe leurs loisirs : Serge lit, Thibaut écoute du Chopin (très récent pour un mec du Moyen âge) et Xolotl est allongé sur le tapis (plus tard, Serge se fera exploser par Thibaut aux échecs. On notera que comme ils ont peu à faire, ils passent leur vie au musée). Après un petit retour vers le passé (je note qu’on ne parle plus du souci de fournir de l’électricité, certes là ce n’est pas bien loin), en route vers Paris.

    Premier paradoxe temporel : Serge va « se » voir quand il a 7 ans (à se demander comment 10 ans après il a son permis de conduire d’ailleurs). La scène est mignonne, surtout car en creux, il y a la mort de sa mère. Mais tout de même, la partie « temporelle » est gérée avec pas mal de légèreté. Vous me direz que ce n’est pas (encore) le coeur de l’intrigue et c’est vrai.

    Xolotl se fait embaucher chez la cible et Thibaut connaît bien les boxers (race créée en 1888…) et méprise les paris hippiques. J’ai trouvé intéressant pour la partie « paradoxe temporel » qu’ils emportent les journaux du passé pour éviter de gaffer. Ils s’en servent pour tricher aux courses mais jamais pour eux (alors qu’ils ont des frais quand même).
    La partie où Thibaut se déguise en riche Argentin, mouais, ça passe car l’auteur explique beaucoup de trucs (comment se vieillir, où aller pour paraître riche etc). Serge dit que de toutes façons, des fois, il faut prendre des risques (et ils avaient vérifié que la cible ne parlait pas espagnol). Encore heureux car Thibaut avec juste un accent espagnol, c’est un peu court.
    Pour rigoler, notons qu’à propos de l’oncle argentin « il est parti pour 10 jours donc aucun moyen de le contacter » : de nos jours, impossible avec email, téléphone portable et internet. Cela dit, on s’embêterait moins pour le micro, je crois 😀
    D’ailleurs, j’ai un doute, c’est bien joli d’enregistrer le nombre de « clics » sur le coffre mais sait on dans quel sens cela va (cela fait le même bruit vers la gauche ou vers la droite ?) car ce n’est jamais mentionné
    Plus tard j’ai appris qu’il y a eu un « aérogare des Invalides » (apparemment un point de départ de car vers Le Bourget puis Orly)
    Je passe car j’en ai déjà parlé sur la location de voiture, et Thibaut « toujours en 4e » (en 2CV, au secours !!! Surtout sans ceinture)
    Ensuite on a droit à un gros poncif des films d’espionnage avec le penthotal pour dire la vérité. J’ai regardé en vitesse sur le net, ça marche vraiment ce truc ? Ca n’en a pas l’air. Deux doses pour trois personnes. Serge a l’air d’être le mec lambda donc il échappe à la dose. Et là, bien joué, Xolotl s’exprime dans sa langue natale (OK) et Thibaut en ancien français (alors que dans le tome où il apparaît il a juste quelques mots en ancien français mais pour le reste tout le monde le comprend, MOUAIF). Cela dit, le tour est plutôt joli si on avale cette couleuvre
    Tout semble perdu quand une équipe inconnue arrive. J’avais tout de suite compris (ou m’étais rappelé). J’ai trouvé ça gros, voire facile. Mais bon, au moins, on finit les timelines et ouf tout va bien. Sauf Thibaut qui s’est cassé le bras dans l’aventure (fallait quand même le placer vu que c’est à la base pour ça qu’on nous raconte toute l’histoire).

    Bref, je ne recommande pas vraiment, c’est « moyen » par rapport aux autres. Et vous, ça vous a plu?

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #153684
    DNDM
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    Le livre aborde pour la première fois réellement les conséquences du voyage dans le temps et ce que cela implique. Mais c’est un sujet casse-gueule et je ne trouve pas que l’auteur s’en soit bien sorti. Disons que ça passe pour de la littérature jeunesse lue par des jeunes. Et encore, je me demande si ce n’est pas cet aspect là qui m’a rebuté en première lecture

    Je me souviens juste de cet aspect-là, que tu détailles en spoiler – et en effet je crois bien que ça m’avait pas mal rebuté à l’époque aussi. La façon dont il résout le problème est trop facile, réutilisable à l’infini, et donc casse totalement toute tension narrative, en supprimant les risques pour les héros non seulement pour cette aventure, mais théoriquement pour toutes celles à venir. Bref, pas convaincu.

     

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #153686
    R.Graymarch
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    Je suis d’accord avec toi, cet élément là est vraiment très dérangeant comme échappatoire. Même à l’époque, je l’avais pressenti. Néanmoins, le reste n’est pas non plus terrible donc je dirais juste que c’est « un élément de plus » qui est bancal.

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    #153834
    Lapin rouge
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    Jamais lu avant aujourd’hui, donc découverte. Et, en effet, sentiment très mitigé. L’enjeu n’est clairement pas enthousiasmant, surtout pour nos Conquérants de l’Impossible, qui nous avaient habitués à mieux ! Après, si on s’en tient au strict plan « Casse dans la demeure d’un particulier », ça se laisse lire. Comme toujours, les personnages secondaires sont crédibles, et, comme dans beaucoup de tomes précédents, le danger ne vient pas de là où on le pensait. Il y a aussi des moments émouvants. Donc c’est clairement le tome le moins réussi depuis le début du cycle, mais ce n’est pas la cata.

    Spoiler:
    On a l’impression que l’auteur aborde par petites touches le traitement du voyage dans le temps.

    Premier paradoxe temporel : Serge va « se » voir quand il a 7 ans (à se demander comment 10 ans après il a son permis de conduire d’ailleurs). La scène est mignonne, surtout car en creux, il y a la mort de sa mère. Mais tout de même, la partie « temporelle » est gérée avec pas mal de légèreté. Vous me direz que ce n’est pas (encore) le coeur de l’intrigue et c’est vrai.

    C’est une des deux scènes que j’ai préféré. Grand Serge rencontre Petit Serge, et son propre portrait en garçon insouciant est crédible. Et, surtout, l’arrivée de la mère donne de la profondeur au personnage. Comme beaucoup de personnages de littérature jeunesse, les protagonistes des Aventuriers de l’Impossible n’ont pas de parents, en ce sens que ceux-ci sont évoqués très fugacement, et qu’on ne les voit quasiment jamais. Le père de Marc et Raoul apparaît bien dans Celui qui revenait de loin, mais, sinon (pour le moment en tout cas), ils sont absents (morts, en voyage, ou simplement hors champ). Et là, Serge retrouve sa mère, sachant qu’elle va bientôt mourir, et c’est un choc, pour lui, pour elle, comme pour le lecteur.

    Évidemment, je suis d’accord avec Gray et Dédé sur la facilité que représente le dénouement de l’intrigue, qui peut potentiellement servir à chaque fois. On va voir si l’auteur nous dégotte une raison pour laquelle ses héros ne pourront pas y avoir recours dans leurs futures aventures dans le passé (uhuh). Ce qui est un peu frustrant, c’est qu’il continue à évacuer tout ce qui tourne autour du paradoxe temporel. Pas une seule fois, le Serge qui re-revient dans le passé pour se sortir lui-même du guêpier ne se demande ce qui se passerait s’il n’agissait pas comme il en a le souvenir. Dans L’éclair qui effaçait tout, il avait essayé sans succès de modifier la trame temporelle (en tentant de sauver Palma). Dans Les Évadés de l’an II, il la confortait, puisque Louis XVII est censé avoir « toujours » été Jean-Marie Hervagault. Là, il avait l’occasion de faire une petite expérience du paradoxe, mais il n’en fait rien. Dommage.

    Un autre auteur friand de voyages dans le temps, Poul Anderson, a eu recours au même procédé dans sa nouvelle « Échec aux Mongols », mais, au moins, il précisait bien qu’il s’agissait d’une entorse aux règles des Patrouilleurs du Temps, justifiée par un motif exceptionnel, et il interdit que les deux versions de la même personne se rencontrent, la deuxième devant intervenir de loin.

    L’autre scène que j’aime bien, c’est quand Serge, resté seul dans le passé, va retrouver Rochecotte pour une conversation un peu étrange.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
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