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  • Ce sujet contient 645 réponses, 67 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Nymphadora, le il y a 2 jours et 12 heures.
30 sujets de 541 à 570 (sur un total de 646)
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    Messages
  • #161074
    Crys
    • Pisteur de Géants
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    Je crois qu’on a choisi l’Auvergne pour nous montrer de beaux paysages et ça, c’est réussi, de même que de très beaux plans sur des tables façon natures mortes et l’ensemble de l’image … mais ça ne suffit pas pour moi pour un bon film …

    Je n’ai pas vu le film, mais je réagis juste là-dessus. Parfois c’est une question d’argent. Il suffit que la région Auvergne-Rhône-Alpes aie proposé plus de subventions au film que la région parisienne pour justifier un déplacement de scénario. Et de mémoire, Auvergne-Rhône-Alpes est vraiment généreuse avec les prods, car elle sait qu’il y a moyen de transformer l’essai via du tourisme. Genre je pense que le château de Murols qui sert de demeure à Léodagan dans le Premier Volet va être pris d’assaut par les fans en termes de visite (c’était déjà le cas pour le Mont Gerbier des joncs où est plantée Excalibur dans les années 2008).

    #161077
    Nymphadora
    • Vervoyant
    • Posts : 6262

    Boite noire (2021)

    Un jeune enquêteur du BEA (le bureau d’enquêtes et d’analyses pour l’aviation civile) doit enquêter sur le crash d’un avion de ligne entre Dubaï et Paris, afin de faire la lumière sur les causes du drame. Alors qu’une thèse semble s’imposer des premières investigations, le héros commence à s’interroger de plus en plus : y aurait-il quelque chose d’autre derrière ce crash, ou alors sombre t il dans la paranoïa ?

    Film peut-être un poil long à démarrer, mais diablement efficace. Pierre Niney est comme souvent très convaincant dans le rôle, le film entretient le doute chez le spectateur, et crée une montée en tension savamment dosée. La mise en scène est au service de l’histoire, avec des plans très anxiogènes et malins (mention spéciale à la scène d’ouverture, avec ce traveling arrière dans la carlingue de l’avion vers la fameuse boîte noire du titre…).
    Je ne sais pas si le film est réaliste dans ce qu’il présente (des relations dangereuses et incestueuses entre ceux qui fabriquent les avions et ceux qui doivent les évaluer), mais je le déconseille aux personnes qui doivent prendre l’avion bientôt.

    Corondar a quasiment tout dit, mais juste pour appuyer sa recommandation ^^ Un film qui crée une montée en tension avec une intensité folle, un Pierre Niney au top, un œil très incisif sur la consanguinité des relations dans un petit milieu professionnel où tout le monde a suivi la même formation (dans un domaine tout autre, cette consanguinité « école d’ingénieurs » je la vis de l’intérieur et j’ai trouvé le film d’une très grande justesse sur la façon qu’il a de présenter les choses), je recommande chaudement !

    ~~ Always ~~

    #161085
    Obsidienne
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Suite au sujet de Délicieux .

    Je crois qu’on a choisi l’Auvergne pour nous montrer de beaux paysages et ça, c’est réussi, de même que de très beaux plans sur des tables façon natures mortes et l’ensemble de l’image … mais ça ne suffit pas pour moi pour un bon film …

    Je n’ai pas vu le film, mais je réagis juste là-dessus. Parfois c’est une question d’argent. Il suffit que la région Auvergne-Rhône-Alpes aie proposé plus de subventions au film que la région parisienne pour justifier un déplacement de scénario. Et de mémoire, Auvergne-Rhône-Alpes est vraiment généreuse avec les prods, car elle sait qu’il y a moyen de transformer l’essai via du tourisme. Genre je pense que le château de Murols qui sert de demeure à Léodagan dans le Premier Volet va être pris d’assaut par les fans en termes de visite (c’était déjà le cas pour le Mont Gerbier des joncs où est plantée Excalibur dans les années 2008).

    Ma fille étant depuis deux ans intermittente du spectacle pour le cinéma, je comprends de mieux en mieux la foultitude de difficultés entre l’idée d’un film et sa projection !!!
    Donc, si je comprends parfaitement cette solution de changement de lieu … ça n’excuse pas un scénario boiteux, souvent peu crédible (même en faisant abstraction de l’inexactitude historique du lieu de création des restaurants) voire grotesque !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois et 1 semaine par R.Graymarch.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #161187
    O’Cahan
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Vu Le sommet des dieux, film d’animation adapté du manga de Jirô Taniguchi. J’y suis allée au hasard et ce fut une très bonne surprise. Beaucoup d’émotions et un très joli dessin.

    please mind the gap between your brain and the platform

    #161215
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Tout s’est bien passé de François Ozon, adapté du livre éponyme d’Emmanuèle Bernheim (pas lu)

    Emmanuèle Bernheim (Sophie Marceau) apprend que son père (André Dussolier) a fait un AVC. Avec sa soeur Pascale (Géraldine Pailhas), elle va à son chevet mais rapidement ce dernier souhaite en finir.

    Tous les ans, j’écris la même chose sur Ozon car il réalise un film par an. J’aime pas tout mais il a une certaine patte. Et là, ben mouaif… Alors OK c’est bien de parler de l’euthanasie (ça rappelle Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé qui était pas mal) et honnêtement c’est plutôt bien interprété (ça fait plaisir de revoir Géraldine Pailhas. Et Sophie Marceau a encore son visage de 35 ans, non^^) mais j’ai trouvé ça un peu creux. EDIT je me rends compte que j’en parle assez mal en fait. Le personnage de Dussolier est assez détestable et je ne sais pas si c’est une bonne idée (peut-être bien). Et la famille est en sale état (la mère, Gérard etc).. je me demande si tout est dans le livre ou si Ozon a ajouté des trucs. Je reconnais au film qu’il n’est pas larmoyant (ce qui est bien sur un tel thème) mais il fait beaucoup pour ne pas être aimable. /EDIT Pas un mauvais film mais un peu euhh scolaire, non ?

    Allez voir Le Temps qui reste (2005), c’était vachement mieux

    Spoiler:
    étonnant qu’on reste à Paris et qu’on ne suive pas l’ambulance. J’aurais imaginé tout le cérémonial de la fin de vie mais non ça reste hors champ et juste résumé au téléphone par.. le titre du film, et du livre. Surpris en bien sur ce point là

    Le Traducteur de Rana Kazkaz et Anas Khalaf, sortie mi octobre en France

    En 1980, Sami, enfant de Syrie, écoute la Voice (of America) qui parle des émeutes dans son pays. En 2000, il sert de traducteur pour les JO de Sydney et reste sur place suite à un incident. Quand le printemps arabe surgit en 2011, il veut retourner au pays pour retrouver son frère.

    Le film a de bonnes intentions mais a des côtés pas clairs du tout (typiquement, Sydney). Le film appuie beaucoup sur le fait que Sami est un traducteur donc quelqu’un qui ne parle pas lui même mais qui relaie les mots des autres (et tout ce que ça implique bien entendu). Le film est assez violent (mais en même temps une guerre civile) avec de beaux portraits (notamment féminins) mais j’ai trouvé qu’il avait du mal à arriver à une fin… assez convenue.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois par R.Graymarch.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #161244
    R.Graymarch
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    Malgré les points en défaveur du film (un peu long, séance dans un endroit cher et loin), suite aux avis de Corondar et Nymphadora, je suis allé voir Boîte noire de Yann Gozlan.

    Le fond de l’intrigue n’est pas vraiment nouveau et rappelle de vieux films des années 70 genre I comme Icare ou Les trois jours du Condor. C’est donc plein de rebondissements et autres imbrications qui vont à un tel degré que ça va super trop loin pour être totalement crédible (surtout la motivation, je dirais) mais quand on est dedans ça fonctionne. Ce qui est original, c’est le milieu des enquêtes après crash aérien. Tout le monde est au cordeau, on voit bien l’influence de la technologie du moment et la partie « son » est très travaillée (encore heureux). Moi aussi j’ai noté le très beau traveling arrière du début de film et comment on entre « dans » l’avion de temps en temps. Rocambolesque sans doute mais très efficace assurément.

    En plus, j’ai vu Dussolier, 85 ans chez Ozon mourant et là il est apparemment plus jeune (l’acteur a 10 ans de moins) mais il dirige le bureau de ce film. Il pourrait être en retraite quand même 😀

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    #161582
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    C’est la mode sur les films avec des traducteurs en zone de guerre ?
    La Voix d’Aïda (Quo vadis, Aida ?) de Jasmila Žbanić

    Srebrenica (ex Yougoslavie), juillet 1995. La ville est sous la protection de l’ONU mais est assiégée par l’armée serbe. Aida est traductrice pour l’ONU et a un petit badge en plastique lui permettant de circuler dans le camp où sont entassés des milliers de gens (civils ?) protégés par l’ONU. L’étau se resserre, les menaces tombent sur la Serbie sans être mises en pratique. Et Aida se doit de traduire ce qui est dit, même si elle voit bien que ça va dans le mur. « Accessoirement » il y a aussi son mari et ses grands enfants qui n’ont pas le badge de l’ONU et risquent de devoir subir le même sort que les habitants. Aida se démène au mieux devant la tragédie qui se profile.

    C’est un film de fiction qui se base sur une tragédie réelle. Sujet compliqué, dur d’être vraiment contre quand on connait la fin. L’ONU ne sort pas vraiment grandie (et Mladić non plus mais encore heureux). Surtout qu’on voit bien que ces gens se connaissaient avant la guerre, et sont ensuite dans des camps opposés.
    Ca donne pas la pêche, mais ça, vous vous en doutiez.

     

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    #161652
    DNDM
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    Tolkien film promotional poster.jpgTolkien (2019), de Dome Karukoski

    Biopic (un poil arrangé) sur JRR Tolkien, qui va chercher dans sa jeunesse et dans son passage au front pendant la grande guerre les graines qui plus tard donneront Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux.

    Apparemment, le film a reçu un accueil mitigé, sa famille ne l’a pas validé, et de ce que je vois en lisant la page Wikipedia c’est quand même bien arrangé sur plein de détails.

    Mais perso, j’ai beaucoup aimé. Ca mélange Le Cercle des poètes disparus, Il faut sauver le soldat Ryan, les ambiances Period Drama à l’anglaise (combo costumes+accent+bibiothèque d’Oxford+salon de thé), une jolie histoire d’amour entre jeunes gens timides et fauchés, le tout une histoire qui a naturellement tous les codes de la fantasy (un jeune orphelin qui entre dans une école magique, qui s’y fait des potes et qui est destiné à changer le monde).

    Les parallèles histoire de Tolkien / histoires de la Terre du Milieu ne sont pas forcément d’une subtilité à toute épreuve (et sont souvent, dans les symboles visuels, surtout inspirés des Films LSDA), mais mieux vaut ça que l’inverse.

    Bref, si la jeunesse de Tolkien ou les biopic d’écrivains en proie aux doutes vous intéressent, n’hésitez pas, c’est mignon tout plein.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #161700
    Tizun Thane
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    Ca peut paraître beaucoup de films mais j’ai raté ET, Robocop, Gremlins, Terminator, Il était une fois en Amérique, Flashdance, les Goonies, Les Aventuriers de l’arche perdue, Blade Runner, Tootsie, Scarface etc

    Je découvre en passant cette horreur. Prends une DeLorean volante et vas vite te refaire une culture ^^ Où étais-tu dans les années 80?

    Plus sérieusement, ET, Flashdance, Il était une fois en Amérique, Toostie et même (hérésie!) les Goonies sont dispensables. Robocop, faut juste voir le 1 (pas les autres). Terminator, faut s’arrêter au 2. Indiana Jones? Le 4 n’existe pas. Voilà, tu sais tout^^

    #161703
    R.Graymarch
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    Je découvre en passant cette horreur. Prends une DeLorean volante et vas vite te refaire une culture ^^ Où étais-tu dans les années 80?

    J’ai raté leur (re)diffusion au cinéma (4 films par semaine pendant un mois, c’est pas facile ^^) mais je les avais déjà vus quasi tous (pas Scarface dans cette liste).

    Homme de peu de foi^^

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #161709
    Lapin rouge
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    Tolkien film promotional poster.jpgTolkien (2019), de Dome Karukoski

    Biopic (un poil arrangé) sur JRR Tolkien, qui va chercher dans sa jeunesse et dans son passage au front pendant la grande guerre les graines qui plus tard donneront Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux.

    Apparemment, le film a reçu un accueil mitigé, sa famille ne l’a pas validé, et de ce que je vois en lisant la page Wikipedia c’est quand même bien arrangé sur plein de détails.

    Mais perso, j’ai beaucoup aimé. Ca mélange Le Cercle des poètes disparus, Il faut sauver le soldat Ryan, les ambiances Period Drama à l’anglaise (combo costumes+accent+bibiothèque d’Oxford+salon de thé), une jolie histoire d’amour entre jeunes gens timides et fauchés, le tout une histoire qui a naturellement tous les codes de la fantasy (un jeune orphelin qui entre dans une école magique, qui s’y fait des potes et qui est destiné à changer le monde).

    Les parallèles histoire de Tolkien / histoires de la Terre du Milieu ne sont pas forcément d’une subtilité à toute épreuve (et sont souvent, dans les symboles visuels, surtout inspirés des Films LSDA), mais mieux vaut ça que l’inverse.

    Bref, si la jeunesse de Tolkien ou les biopic d’écrivains en proie aux doutes vous intéressent, n’hésitez pas, c’est mignon tout plein.

    Tu trouveras ici l’avis de Nympha et le mien, pas très différent du tien, même si j’ai l’impression d’être plus négatif que toi.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #161751
    Crys
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    Récemment, j’ai eu l’occasion de voir Boîte noire également. Je n’ai pas grand chose à ajouter à ce qui a déjà été dit. C’est un excellent thriller avec un travail sur le son vraiment génial. N’hésitez vraiment pas  (en même temps c’est le sujet, me direz-vous). Franchement, la belle surprise dans tout ce qui est sorti récemment. Je mettrai juste un bémol sur le personnage féminin principal que j’ai trouvé assez en-dessous du reste en termes d’écriture. Le plan-séquence d’ouverture est vraiment sympathique en termes de mise en ambiance. Bref, ça me file envie de voir les autres film du réalisateur, qui est vraiment pas manche (alors que bon, revu la bande-annonce d’Eiffel au ciné, ben ça file pas envie tellement ça a l’air tout plat comme film). A noter l’excellente musique de Philippe Rombi (même si j’ai un problème avec ses notes de piano qui me renvoient à Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, la faute à une digestion trop profonde des motifs musicaux de John Williams), qui est vraiment notre chouette compositeur français.

    Et puisqu’on parle musique sympa et personnages féminins pas hyper bien écrits, on peut causer de Mourir peut attendre, non ? Je suis assez partagé sur le film. En gros, j’ai pas passé un mauvais moment, mais le rythme du film et sa longueur (2h43 O.o) file pas vraiment envie de le revoir. D’un côté, je le trouve plus ambitieux que bien des films de la licence, avec une intrigue particulièrement touffue… mais un peu touffue pou rien. Les propos qui dénouent l’intrigue sont assez peu clair, plus confus que brouillon, quand même, et du coup les enjeux peinent à s’installer convenablement. On sent qu’ils veulent et faire un one-shot et être la suite des autres et dire au-revoir à l’ère Daniel Craig, qui sont trois choses qui s’avèrent assez hermétiques. Genre le méchant est de trop, quelque part (en même temps, quand on s’appelle Lyutsifer Safin, est-ce qu’on est pas de trop dans une licence qui tente d’amener des nuances de gris dans son univers ?). On sent que les scénaristes se raccrochent aux dernières branches de l’arbre « Ere Craig » pour créer une continuité qu’il aurait fallu envisager dès le Casino Royale. Dommage pour Rami Malek, qui amène un truc assez froid dans un métrage qui baigne (trop ?) dans l’émotion. Et c’est ce choix de l’émotion, et de l’histoire d’amour, qui renvoie beaucoup à un mélange de Casino Royale et Spectre, qui donne au tout une impression de déjà-vu. Y avait des trucs chouettes à explorer pourtant, entre l’incapacité de James à faire confiance et donc aimer, le fait qu’il créé assez de démons sur son passage pour se rendre la vie normale impossible. La réalisation de Cary Joji Fukunaga est à ce titre un peu à l’image du film, on sent qu’il a envie de créer des ambiances avec certains plans/scènes hyper travaillés qui dénotent presque pour un James Bond (genre le paquebot ou la séquence qui suit le générique). Mais ça a du mal à se caser dans le film d’action, et on sent qu’il est pas hyper à l’aise justement dans ce type de séquences. Genre la scène à Cuba, elle est sympa, mais pas super bien spatialisée. Le plan-séquence vers la fin sonne un peu jeu-vidéo, semble hétérogène. Bref, c’est à l’image du film, bancal dans son ensemble, en dépit de quelques idées sympas, assez inédites dans la licence.

    A noter que la promo a vraiment été longue et la plupart des trucs « de ouf » en termes de spectacles ont été largement spoilés en plus d’un an, donc peut-être ça peut jouer sur l’effet de « non-surprise » du film. J’ai essayé de les éviter comme la peste, mais bon, avant Dune et Kaamelott j’ai pas réussi à y couper. Résultat la surprise vient plus du début que de la fin, forcément.

    Je détaille deux-trois trucs sous spoilers.

    Spoiler:
    Par exemple, le côté James et la paternité, que tu sens venir dès que Léa Seydoux se touche le ventre avant le générique, ç’aurait été intéressant, mais peut-être aurait-il fallu supprimer le personnage de Madeleine pour faire de la place à la relation James/Mathilde. La nouvelle 007 de Lashana Lynch pourrait être sympa aussi, si elle ne portait pas n’était pas un cliché du « wokisme » ambulant, ce qui dessert le propos plus qu’il ne l’aide. Et elle se fait voler la vedette par Ana de Armas dans sa brève apparition d’ailleurs. Pourtant ça arrive à être plutôt fin sur l’homosexualité de Q. Donc vraiment, ça balance d’un côté ou de l’autre un peu tout le temps. Et au final, à force de cumuler hommage à la licence et intrigues indépendantes, une fois remis à plat, le scénario a des trous béants (qui est le complice de Blofeld pour qu’il réussisse à parler à la réunion de Spectre en étant dans un environnement hypersécurisé ?) et des moments chelous (pourquoi l’équipe est toujours en fonction à la fin du film alors qu’elle vient de créer un incident diplomatique majeur ?). Sans compter les redites : la retraite post-générique de Bond à la plage façon Skyfall, la volonté de dire « tout est lié » mais non ça marche pas bien, façon Spectre, l’histoire d’amour avec Madeleine qui n’avance pas et en même temps sonne comme une resucée de Vesper, bref. 

    Du coup la musique de Zimmer ressemble au reste. Il réalise quelque chose que j’aimerai voir plus souvent dans les blockbusters, à savoir récupérer les thèmes de ses prédécesseurs sur l’ère Craig (le thème de Spectre de Thomas Newman, un bout de You know my name par-ci, une filiation entre No time to die et Writings on the wall), et en même temps, il insiste peut-être trop sur la reprise de We have all the ime in the world. Et puis pour le reste il surprend (la scène de Cuba) ou alors il est en pilote automatique (final en mode Da Vinci Code). Bref, ça dépareille pas, mais ça transforme jamais l’essai.

    Au final, dans l’ère Craig, chaque fois que ça a joué le one-shot sur les origines, c’était gagnant (Casino RoyaleSkyfall, vraiment le haut du panier en les ayant revus pendant le confinement l’an dernier). Chaque fois que ça a tenté la continuité tout en faisant du one-short, c’était moyen, moyen + (Quantum of Solace pour le pire, même si au final je me demande si son format 1h45 le met pas au-dessus de ce Mourir peut attendre, et Spectre pour le meilleur, avec sa première moitié vraiment chouette).

    Enfin bon, vous passerez pas un mauvais moment au cinéma hein, mais si vous êtes pas fans de James Bond ou d’acteurs britanniques (Daniel Craig se réveille dans son échange avec Walz, c’est surprenant), je pense que le milieu du film va vous faire regarder votre montre. Une chose est sûre, succéder tout de même à ces 15 ans sous l’égide de Daniel Craig va être quelque chose de compliqué. Je pense pas qu’on reparlera de James Bond avant 2026, perso. Quant à la succession, rassurez-vous, on nous épargne un éventuel passage de flambeau pour présenter une nouvelle équipe, c’est déjà ça !

    #162215
    R.Graymarch
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    Julie (en 12 chapitres) (Verdens verste menneske, en bokmål La pire personne du monde), film norvégien réalisé par Joachim Trier (qui avait fait le très étrange et assez envoûtant Oslo, 31 août adapté du Feu Follet de Drieu la Rochelle).

    A Oslo, Julie, quasi trentenaire cherche sa voie professionnelle, et ses amours

    Film de 2h08 (c’est long) en 12 chapitres (plus un prologue et un épilogue) où on suit donc Julie. Film assez encensé qui m’a peu convaincu. Renate Reinsve est très bien, Anders Danielsen Lie aussi mais je n’ai pas vraiment accroché à ce dispositif (et cette voix off omniprésente). Dommage.

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    #162661
    R.Graymarch
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    Moisson moyenne cette semaine

    Je ne sais pas vraiment quoi penser de La Fracture de Catherine Corsini. A l’hôpital (où travaille Kim incarnée par Aissatou Diallo Sagna) pendant une nuit d’émeutes sur fond de manifestation de gilets jaunes, Yann (Pio Marmaï), routier blessé pendant la manif croise Raf (Valeria Bruni-Tedeschi) qui a fait une mauvaise chute sur le coude et est sur le point de se séparer de Julie (Marina Foïs). Je vois bien ce que la réalisatrice a voulu faire, à utiliser un lieu « neutre » pour faire rencontrer des gens de différents milieux (ouvrier pour Yann, plutôt bourgeois pour la couple), pour parler des soucis de l’hôpital, des requêtes des gilets jaunes et ses différents courants, des interventions policières. Mais je n’arrive pas à voir ce qu’elle veut dire (sauf si elle tient juste à « exposer »). C’est pas nul, c’est flou.

    The French dispatch par Wes Anderson. Le créateur américain d’un journal traitant de l’actualité et locale depuis son lieu de production français dans la ville fictive d’Ennui-sur-Blasé (dans les années 1960) vient de mourir et on fait le dernier numéro. J’aime plutôt bien Wes Anderson. Cela ne fonctionne pas toujours (Rushmore, The Royal Tenenbaums, L’Île aux chiens, Moonrise Kingdom… mouais) mais il y a une patte, un savoir faire (un peu étouffant avec ces cadres hyper remplis d’objets tous à la bonne place et pensés pour être là). J’aime bien The Grand Budapest Hotel et chéris tout particulièrement le Darjeeling Limited (avec son court métrage avant Hôtel Chevalier).

    Là honnêtement, j’ai trouvé ça assez faible. C’est une très belle déclaration d’amour à la France et je crois qu’il faut être français pour comprendre des tas de liens à mai 68 ou autres (entre Rognure d’ongle et Sans blague). Mais le prétexte d’un magazine à la The New Yorker (splendide générique de fin) pour raconter trois histoires « comme dans un journal », c’est assez bancal à mon goût. Comme d’habitude, il y a environ quinze mille acteurs qui viennent faire un coucou. Il y a des qualités mais je m’attendais à mieux, c’est décalé mais un peu vain… Tant pis.

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    #162829
    Nymphadora
    • Vervoyant
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    De mon côté, comme Gray, je dirais que The French dispatch n’est pas mon préféré de Wes Anderson. Mais comme je suis assez cliente de ses « cadres hyper remplis d’objets tous à la bonne place et pensés pour être là » et de son absurde, j’ai quand même passé un bon moment, même si ces petites pastilles sont assez décousues. Ce petit côté « vain » m’a touchée, c’est une petite touche artistique pour la beauté du geste qui me parle ^^

    Sinon, j’ai vu Last Night in Soho de Edgar Wright et j’ai été assez surprise d’avoir autant aimé. Je ne suis pas très cliente des films d’horreur… et si vous y allez pour voir un film d’horreur, vous serez probablement déçus parce que ça fait pas très peur xD. Mais c’est un chouette film sur la folie, et une belle transcription des sixties. Le film nous présente des allers-retours temporels entre le Londres des 60s et nos jours avec une chouette réalisation, une BO aux petits oignons, j’ai réellement été happée par l’atmosphère, j’avais l’impression d’y être. On suit le parcours d’une héroïne naive, qui petit à petit passe du rêve au cauchemar, et l’oppression qu’on ressent au fur et à mesure du film, alors qu’on bascule dans la folie avec l’héroïne, est hyper bien rendue. Dans l’ensemble les acteurs sont plutôt pas mal : Thomasin McKenzie est une charmante douce fleur naive, Anya Taylor-Joy est toujours aussi magnétique, Matt Smith en connard pervers est assez creepy (il doit s’entraîner pour Daemon xD) Et puis j’étais contente de revoir Diana Riggs. Bref, j’ai bien aimé.

    ~~ Always ~~

    #162983
    Corondar
    • Pisteur de Géants
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    The French dispatch

    Un Wes Anderson mineur ça reste au dessus de beaucoup d’autres films. Certes ce ne sera pas le meilleur de sa filmographie, mais le film m’a tout de même embarqué dans l’univers si particulier du réalisateur, j’ai trouvé ça drôle et délicieux comme un bonbon. Le film ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais cela reste un bon moment devant un écran.

    Venom 2

    Euh, comment est-ce possible de pondre un film aussi mauvais sur tous les plans ? Les acteurs sont tous en roue libre (Woody Harrelson repousse encore les limites du surjeu, c’est dire, Tom Hardy n’en a plus rien à foutre et le montre, Michele Williams est là pour le chèque et ça se voit…), le scénario y en a pas (en même temps, le film dure 1h30 dont 12 minutes de générique…), les effets spéciaux sont absolument dégueulasses, et l’humour est au mieux gras, au pire aux fraises. Y a vaguement un running gag sur le fait que Venom serait gay, mais c’est tellement mal fait et mal amené, que je préfère oublier ce truc. Même la réalisation est horrible : la scène de combat final est navrante. Bref, je ne pensais pas qu’on puisse faire pire que le premier opus, et ben si, chapeau les gars…

    Last night in Soho

    Grand fan du travail du réalisateur Edgar Wright (Shaun of the dead, Hot Fuzz, Scott Pilgrim, Le dernier pub avant la fin du monde, Baby driver  ), ce film ne fait que confirmer tout le bien que je pense du monsieur. Plastiquement le film est magnifique (le Londres un peu underground des sixties, avec la BO qui va bien), les actrices sont au top, le film a clairement une esthétique et un ton qui marquent. Le tout m a conquis, y compris Matt Smith en salaud qui fait froid dans le dos, ça laisse augurer du bon pour son future Daemon ?

    #162995
    Lapin rouge
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    Julie (en 12 chapitres) (Verdens verste menneske, en bokmål La pire personne du monde), film norvégien réalisé par Joachim Trier (qui avait fait le très étrange et assez envoûtant Oslo, 31 août adapté du Feu Follet de Drieu la Rochelle).

    A Oslo, Julie, quasi trentenaire cherche sa voie professionnelle, et ses amours

    Film de 2h08 (c’est long) en 12 chapitres (plus un prologue et un épilogue) où on suit donc Julie. Film assez encensé qui m’a peu convaincu. Renate Reinsve est très bien, Anders Danielsen Lie aussi mais je n’ai pas vraiment accroché à ce dispositif (et cette voix off omniprésente). Dommage.

    Vu, globalement du même avis. Le personnage principal m’a pas mal tapé sur les nerfs dès le début du film, du coup j’en suis sorti assez vite. Ca s’arrange par la suite, et le film devient assez émouvant à la fin, mais j’ai eu du mal à revenir.

    Vu aussi Illusions perdues, de Xavier Giannoli : à la Restauration, alors que la presse poursuit son ascension économique et culturelle, gagnant de plus en plus d’influence, un jeune poète idéaliste et désargenté monte à Paris depuis Angoulême, en espérant y faire éditer ses œuvres. Il comprend vite que ses écrits n’intéressent personne, et devient journaliste grâce à son talent de polémiste.

    C’est bien joué (beaucoup d’excellents acteurs et actrices), et la peinture du monde des salons parisiens et du théâtre est intéressante. La voix off est un peu omniprésente, mais plutôt bien intégrée (et l’écriture de Balzac, qui, je suppose, a servi pour créer ce texte, est quand même un régal). Les 2 h 30 sont passées sans problème. Les parallèles avec aujourd’hui sont flagrants, peut-être un peu trop. Le déroulement de l’intrigue est assez attendu, mais ça se laisse regarder.

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    #163146
    R.Graymarch
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    Tre piani de Nanno Moretti, adapté du livre (pas lu) d’Eshkol Nevo. L’action a été déplacée de Tel Aviv à Rome.

    L’histoire en parallèle de trois familles, chacune à un étage (d’où le titre) d’un immeuble très cossu et qui font face à des drames.

    Ah, Nanno, l’ami italien. Il a fait des films que j’ai beaucoup aimés (Le Caïman) et d’autres un peu moins, mais ça reste souvent de très bonne qualité. Ce film est clairement un « drame bourgeois » à différents degrés suivant les familles. Il faut dire que chaque famille a des âges différents et sont confrontés à des situations différentes également. Ce n’est pas très joyeux, c’est plutôt bien joué/réalisé (et puis bon, en italien, ça fait toujours plaisir 😀 ). Mais je n’ai pas été totalement convaincu pour autant. J’aurais aimé plus aimer (j’ai un peu le sentiment de faire la fine bouche). Et pourtant, l’intrigue qui m’intéresse le moins est sans doute celle que je retiendrais le plus

    Spoiler:
    C’est au sujet de la jeune mère solitaire qui a une mère malade mentalement et qui craint de voir le même souci se développer. Or, la partie avec Renato est assez terrifiante. J’ai mis du temps à me rendre compte qu’il… n’était pas là. Et que donc en effet, elle a un souci. Et le plan de fin avec sa fille qui imagine la voir au dehors, on peut se dire que c’est positif… ou au contraire que la fille a le même souci, ce qui est super inquiétant, et triste. J’ai trouvé ça bien fait. Mieux que l’intrigue de Lucio qui est parano XXL, je dois dire. Quant à la dernière, c’est un peu dur, mais un joli portrait de femme.

    Dans le cadre d’un cycle Belmondo, Le Magnifique de Philippe de Broca (1973)

    Bob Saint-Clar est un agent secret auprès de qui James Bond fait très pâle figure. Mais apparemment ce serait de la fiction ?

    J’avais un souvenir d’un excellent film quand j’étais ado, avec beaucoup d’autodérision et je me demandais si ça avait bien vieilli. Et bien plutôt oui. Les parties « espion » sont vraiment énormes et je pense qu’ils se sont fait très plaisir à jouer ça (on peut y aller au fond… sans pour autant atteindre les belmonderies boulevardiennes de la décennie suivante). A Paris, le personnage de Belmondo est beaucoup plus étriqué et la mise en parallèle est forcément savoureuse. Jaqueline Bisset est très séduisante dans les deux rôles et le méchant fait vraiment méchant de cinéma. Là où le film est assez fort, c’est que derrière une comédie déjantée, on nous parle (comme GRRM dans certaines nouvelles) de la place de la fiction dans la vie d’un auteur, du personnage qui prend le pas sur lui, du quotidien de l’auteur qui est mis dans la fiction etc C’est un sacré tour de force d’avoir réussi ça

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    #163794
    Nymphadora
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    Tick, Tick… Boom! de Lin‐Manuel Miranda, avec Andrew Garfield dans le premier rôle

    Adaptation en film d’un musical semi-biographique de Jonathan Larson (l’auteur de Rent,qui lui valu notamment un prix Pulitzer – Rent qui fut d’ailleurs adapté en film quelques années plus tard pour les curieux, et dont certaines chansons sont devenues des incontournables de Broadway), nous suivons Jonathan dans sa vie bohème d’auteur de comédie musical à l’aube de ses 30 ans, au début des années 90 à New York, en pleines années sida. Le film parlera probablement plus aux gens qui ont une culture Broadway, mais je l’ai vraiment adoré ! J’ai été émue, touchée par le parcours de cet artiste qui a marqué l’histoire de son genre. Les chansons sont très efficaces, les acteurs excellents (mention spéciale à Robin de Jesús, qui crève l’écran, et a brisé mon petit cœur)… franchement, pour les amateurs du genre, je recommande !

    (Hasard du calendrier, ou pas, je l’ai vu au lendemain de la mort de Stephen Sondheim, monument de Broadway – on le croise d’ailleurs dans le film sous les traits de Bradley Whitford – et je me sens un peu orpheline d’un grand compositeur.)

    Sinon j’ai aussi vu House of Gucci de Ridley Scott, avec notamment Lady Gaga et Adam Driver. Un film trop long sur une histoire croustillante de drama familial à l’accent italien. Ca se laisse regarder mais c’est clairement pas mon coup de cœur de l’année.

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    #163931
    O’Cahan
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    Je ne crois avoir vu passer de commentaires sur The Last Duel de Ridley Scott qui a apparemment  été un énorme flop au box-office alors que… je le trouve très bien moi ce film.

    Les acteurs au top (Jodie Comer, Adam Driver (le meilleur acteur actuel, clairement)…), la photographie toute grise bleutée, l’esthétisation de l’hiver, la narration en plusieurs parties, les variations qui en découlent, les thèmes très modernes qui sont invoqués par l’histoire… tout ça en fait une très bonne œuvre qui ne tombe pas du tout dans le manichéisme.

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    #163943
    Nymphadora
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    Je ne crois avoir vu passer de commentaires sur The Last Duel de Ridley Scott qui a apparemment été un énorme flop au box-office alors que… je le trouve très bien moi ce film.

    Les acteurs au top (Jodie Comer, Adam Driver (le meilleur acteur actuel, clairement)…), la photographie toute grise bleutée, l’esthétisation de l’hiver, la narration en plusieurs parties, les variations qui en découlent, les thèmes très modernes qui sont invoqués par l’histoire… tout ça en fait une très bonne œuvre qui ne tombe pas du tout dans le manichéisme.

    Je l’ai vu, et n’ai pas eu la motivation d’en parler ^^ J’ai pas spécialement détesté, mais j’ai pas aimé non plus. Les variations de narration, sur le papier pourquoi pas, et les réflexions qui en ressortent sur la façon dont on ressent les choses différemment, c’est plutôt bien montré… m’enfin c’est pas spécialement novateur (surtout quand t’as lu le Trône de Fer xD) C’est pas mal pour ouvrir la conversation sur les sujets du film, et on ne parle jamais assez de culture du viol, là c’est bien illustré, surligné avec des fioritures et tout, donc pourquoi pas.
    Mais du coup, ça donne un film avec un rythme tout naze ! C’était quand même très très looooong et ça manque sérieusement de punch de faire trois récits linéaires l’un à la suite de l’autre : on aurait préféré un entrelas moins scolaire, plus dynamique, qui t’évite de te taper mille fois la même scène pour jouer au jeu des 5 différences : ça va on a compris le principe, pas la peine de nous faire subir le concept pendant 3 heures !
    En plus de ça, j’ai été complètement sortie du film par des scènes de boucherie complètement dégueu.. Oui bouhou le Moyen Age, c’est sale, c’est violent, c’est des filtres bleus et du gore… pitié…
    Les acteurs sont pas mauvais, et Jodie Comer a de belles robes ceci dit. Mais bon, clairement pour moi c’est pas le film de l’année (ni même du mois, ou même de la semaine xD)

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    #163950
    O’Cahan
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    Pas spécialement novateur… C’est la première fois, je crois, que je vois ça dans un film personnellement. Et j’ai pas vu le temps passer ! surtout que ce ne sont jamais les mêmes scènes, le plus évident, c’est lorsque l’on compare par exemple la scène « d’amour » selon Jacques Le Gris et celle vécue par Marguerite de Carrouges. Dans la mémoire de l’homme, on entend pas les cris, elle se débat moins. Je trouve cela fascinant. On le voit aussi lorsque Jean de Carrouges essaye d’obtenir audience devant le comte : sa mémoire oblitère totalement le raté de son départ.

    « Les acteurs pas mauvais » .

    Je trouve que ce choix de narration permet d’explorer de manière assez inédite les parcours personnels des personnages, leurs motivations, leurs faiblesses. Au début, on se retrouve vraiment du côté de Jean de Carrouges, on parage son sentiment d’injustice, sa colère, puis le reste des chapitres va nuancer le propos, notamment dans l’intimité du couple. Le film est aussi très intéressant sur cette question de l’intimité. Le chapitre de Jacques le Gris est passionnant dans ce portrait de la masculinité (Adam Driver…).

    Chaque chapitre est une vérité des événements, la leur, un portrait de leurs réalités. J’aime beaucoup qu’il y ait aussi cette question du risque de déclassement social, qui, au final, préside à tout ce qui s’est passé.

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    #163953
    R.Graymarch
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    Pas super emballé par le thème ou le réalisateur, aucune personne dont les critiques m’ont poussé à aller outre ma première impression, durée de 2h30 = je ne suis pas allé voir le film

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    #163954
    Lapin rouge
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    Les variations de narration, sur le papier pourquoi pas, et les réflexions qui en ressortent sur la façon dont on ressent les choses différemment, c’est plutôt bien montré… m’enfin c’est pas spécialement novateur (surtout quand t’as lu le Trône de Fer xD)

    Pas spécialement novateur… C’est la première fois, je crois, que je vois ça dans un film personnellement.

    Le film toujours cité comme fondateur en la matière est Rashōmon (Akira Kurosawa, 1950). Pas vu, mais envie de le voir depuis longtemps.

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    #163959
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    J’ai l’impression que le film n’a pas non plus bénéficié d’une campagne pub ni d’une distribution en salles avantageuses, je l’ai à peine vu passer – et en ai surtout entendu parler dans le cadre de critiques de la représentation du Moyen-Âge (exemple) ou de la sortie « boomer » de Scott (« The millennian [sic] do not ever want to be taught anything unless you’re told it on a cellphone« ).

    Comme en plus le dernier film étasunien (notable) sur le M-Â français doit être le douteux The King de Michôd, et que Scott a réalisé genre 1 vrai bon film sur 5 (?) en 10 ans, ça ne donnait guère envie de lui accorder du temps…

    "It's both possible, and even necessary, to simultaneously enjoy media while also being critical of its more problematic or pernicious aspects."
    "Damsel in Distress: Part 1", Tropes vs. Women in Video Games, Anita Sarkeesian

    #163960
    O’Cahan
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    Effectivement, j’avais aucune attente en allant le voir, mais comme ça a été une bonne surprise, j’ai envie de le défendre. A côté, aucune envie de voir House of Gucci.

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    #163967
    no_one
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    (De mon côté j’ai profité de la reprise des études pour voir pas mal de sorties confidentielles au ciné d’art & d’essai de la fac ces six derniers mois – entre autres les chouchous des derniers Goyas : Las niñas de Pilar Palomero, et Les Sorcières d’Akelarre de Pablo Agüero. Un peu déçu par un sympa, mais sans plus, meilleur film – sur une niña en particulier malgré ses titre et affiche, le poids de religion, dans les années 90, sur la construction de son identité de jeune fille chez les sœurs, et élevée par sa mère sans père. C’est très bien joué, ça touche à plein de trucs mais ne creuse pas assez AMHO.

    Plus emballé par Akelarre, qui se place dans la lignée des traitements féministes de figure de sorcières, mais sans « vraie » sorcière, et délivre ainsi une critique caustique de l’inquisition espagnole – cruel et hypocrite tribunal mais également outil colonial castillan en terre basque. Le montage fait un peu trop nerveux par moments mais le climax en est sublimé, conclu par une chute on ne peut plus marquante, bout de liberté arraché aux contraintes historiques. La fin de Las niñas était réussie également, et un peu dans la même idée.

    Également vu le dernier (co-)Grand prix du festival de Cannes, Compartiment n° 6 de Juho Kuosmanen, adaptation du roman finlandais du même nom, sur le trajet d’une étudiante finlandaise avec un russe inconnu, dans le train Moscou-Mourmansk. Un drôle de film, qui déjoue des clichés et se vautre dans d’autres, déroule son récit de façon ambiguë pour ne pas dire confuse – non sans beauté à l’occasion toutefois… Un autre « meh ».

    Toujours dans la catégorie festival, il y a aussi eu Sound of Metal de Darius Marder (The Place Beyond the Pines), où Riz Ahmed, batteur d’un duo de métal, perd subitement l’ouïe et doit apprendre à vivre sans. Le travail sur le son, récompensé aux Oscars, rend le film particulièrement mémorable – et angoissant si vous êtes sujet comme moi aux acouphènes – tout en étant couplé à une projection systématiquement accessible aux personnes malentendantes et un propos de fond nécessaire, encore que pas sans maladresses à mon sens (et la fin douce-amère m’a paru un peu trop amère).

    Enfin, je repense à deux films français : Petite Maman de la brillante Céline Sciamma et plus récemment Le Sommet des dieux de Patrick Imbert (adapté du manga de Jirō Taniguchi). Le premier, au scénario évoquant le Ghibli Souvenirs de Marnie, était un film mineur mais mignon où on retrouve Sciamma en huis-clos focus sur 2 jeunes filles, parvenant à éblouir, malgré son économie de moyens, par son utilisation ingénieuse des montage, bande-son ou de la photographie – toujours avec la même équipe – sans pour autant égaler l’opus précédent.

    Le second, comme Arcane plus récemment, est l’occasion de soutenir l’animation française, qui adapte ici avec succès le mélange fictif d’enquête journalistique et de récit d’alpinisme, basé sur un réel mystère, balbutiant à l’occasion mais globalement clair, et à même de prendre aux tripes quand cela est requis. On pourrait juste regretter un casting quasi-exclusivement masculin – ça aurait été sympa de compenser avec K2 My Way de Jana Počtová mais j’ai loupé l’unique projection locale.)

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    #164147
    Crys
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    Bah j’ai enfin vu le Ridley Scott, pas  Gucci, l’autre, Le Dernier Duel… enfin vu, il m’en manque les 5 premières minutes à cause d’un arrivage en retard à une salle qui met l’horaire de début du film et pas début de séance. M’enfin là n’est pas l’important. Donc j’ai pris le film en plein dans la bataille du début. Voilà en somme. Et j’ai plutôt bien aimé et j’ai (re)trouvé un peu de ce Ridley Scott qui me faisait vibrer dans ce métrage-là. Je trouve, au contraire de ceux qui l’accusent de verser dans la caricature, que justement, Papy Scott (84 ans, tout de même) sait parfaitement où il va en livrant un emballage ultra archétypal voire caricatural autour du Moyen-âge pour parler du sujet qui l’intéresse vraiment : la culture du viol. Alors attention, ça n’en fait pas le film du siècle, mais ça a le mérite d’être un film qui soulève en moi plein de réflexions et d’interrogations. Et franchement, venant de Ridley Scott, je n’attendais plus rien (coucou Alien : Covenant) et il a réussi à me surprendre.

    Je mets le reste de mon avis sous balise, parce que je spoile allègrement pour étayer. Mais bon, peut-on spoiler l’Histoire ? Vous avez 2h ! : p

    Spoiler:

    Le film s’inscrit dans son parcours de réal comme une réaction au mouvement metoo (rappelons tout de même qu’il a en 2017, sans repousser la date de sortie de son film Tout l’argent du monde, gommé Kevin Spacey qui était le personnage principal pour le remplacer par Christopher Plummer via des fonds vert), et il va chercher dans le cinéma historique quelque chose pour en parler. Tout comme il l’avait fait Kingdom of Heaven en 2005 en montrant une figure de l’Islam médiéval qui allait l’encontre des busheries de l’époque. Bon, ça veut pas dire qu’à chaque fois, ses films en costumes s’inscrivent dans un contexte social prégnant (oups Robin des bois et Exodus, encore que la vision de Moïse dans ce dernier est sans doute une façon de plus de questionner le divin/la société religieuse), mais si je parle de Kingdom of Heaven, c’est parce qu’à l’époque, déjà, il avait tourné deux films en un, une version ciné (2h25) et une version DVD (3h07) non pas en allongeant certaines scènes, mais avec des versions alternatives, parfois, de certaines séquences. Et cette seconde version fait d’ailleurs la part belle au personnage féminin, Sybille, incarné par Eva Green, au point de changer pas mal la psychologie du personnage, notamment suite à la naissance d’un enfant condamné par la lèpre. Désolé de parler longuement de Kingdom of Heaven, mais le procédé me semble ici similaire, sauf que ce film alternatif fait partie du film en soit avec ce découpage de « chapitres points de vue ». On peut trouver le procédé lent et répétitif (mais perso, je me suis pas ennuyé), mais comme « le diable est dans les détails », on a droit à un écart entre les scènes tournées, notamment pour la double scène de viol, qui va d’une paire de chaussure pour le plus évident à un effet d’éclairage ou un volet fermé, ce que j’ai trouvé franchement chouette en termes de mise en scène. Cette répétition, à mon sens, que certains pourraient qualifier d’inutile (on a compris et c’est difficile à regarder un viol, donc pas deux fois, merci), ça m’a aussi renvoyé à ce que l’on décrit souvent sur les victimes de trauma, à savoir que chaque fois que l’on raconte, on revit. Enfin, pour terminer sur le point filmo de Scott,  la psychologie de Jacques Le Gris (Adam Driver) et dans un certain sens Pierre d’Alençon (Ben Affleck) et la manière dont ils « possèdent les femmes », m’ont renvoyé à cette scène de baiser dans Blade Runner qui m’a toujours mis incroyablement mal à l’aise, puisque le personnage se permet de « violer la bouche » de sa partenaire, un peu sous prétexte qu’elle n’est qu’un robot donc un objet, finalement. Donc j’y vois quelque part, peut-être pas des excuses, mais un écho et même si les personnages féminins écrasés par le système ont toujours existé dans la filmographie de Scott, bah là pour le coup, c’est son sujet.

    Pareil, j’ai trouvé plutôt malin de consacrer plus de temps à ces séquences qu’au duel, par exemple, qui nous a appâté et qu’on est venu voir, mais justement, Ridley Scott filoute le spectateur en lui disant « non mais les deux abrutis qui se tapent dessus, je vais y mettre de l’enjeu, mais dis-toi bien que c’est des connards ». Et j’ai trouvé ça bien foutu. D’ailleurs le duel est hyper bien spatialisé, ça m’a fait plaisir de voir un truc qui faisait pas « choré » dans le sens où ils faisaient pas de la capura inutile, mais où tout était lisible. Franchement y a maîtrise, Benioff et Weiss auraient pu en prendre de la graine pour la Montagne et la Vipère (d’autant que la tentative d’aveux à la fin m’y ont invariablement fait penser). J’ai trouvé la conséquence du duel vraiment bien aussi, parce que le spectateur est aussi blasé que le personnage de Marguerite et a envie d’en finir pendant que son mari prend toute la gloire. Par contre l’épilogue avec le gamin me gêne un peu, ça fait « rédemption dans la maternité », pas hyper moderne pour le coup sachant que…

    On a bien compris que l’historicité, Ridley Scott et les trois scénaristes s’en tamponnaient et qu’il voulait parler de maintenant, de l’invisibilisation de la femme en rendant hommage à un point de vue que l’Histoire ne connaîtra jamais car les archives ne lui ont pas donné la parole.

    En plus de ça, j’ai été complètement sortie du film par des scènes de boucherie complètement dégueu.. Oui bouhou le Moyen Age, c’est sale, c’est violent, c’est des filtres bleus et du gore… pitié…

    Alors sur la boucherie, bon. Le film est quand même bien marqué « Interdit aux moins de 12 ans » et ça a toujours fait partie du cinéma de Scott depuis Alien, donc je m’y attendais carrément. Quand au côté « le Moyen-âge c’est sale, violent et filtre bleu », je trouve qu’à la longue, c’est un argument contre lequel je vais aller. En soit, le film cherche pas à être historique, il fait d’une fiction (le point de vue de Marguerite qu’on aura jamais) une « vérité », donc de base, il t’annonce qu’il va tenter de rendre crédible une invention et tout l’univers est là pour faire exister le point de vue de cette femme je trouve. Et puis le côté « y a un filtre, c’est sale et y a du sang », bah tu mates Seven de Fincher, y a la même chose et tu lui reproches pas d’être « so XXeme siècle ». Donc à mon sens, à un moment, faut arrêter avec cet argument d’historicité et de vision du Moyen-âge biaisée et accepter qu’un film d’époque, au même titre que n’importe quel film, ça reste un point de vue et vision d’artiste/d’entreprise de divertissement. Je trouve que c’est comme reprocher au Robin des Bois avec Edgerton de pas être histo… à un moment c’est pas ce que vient chercher le film. En l’occurrence, ici, Ridley Scott se vautre dedans volontairement pour venir parler de son sujet. Il a déjà été capable de montrer des personnages bien plus fins dans d’autres films médiévaux, alors pourquoi Ben Affleck et Matt Damon versent à ce point dans la caricature, là est plutôt la question à mon sens.

    Et justement, cette caricature, poussée jusqu’à l’absurde vient s’intégrer dans un ton sec, quasi documentaire, et ça amène justement la prise de recul, je trouve. Et ça permet aussi, tout comme la répétition des scène, de déconstruire toute l’empathie que la situation du personnage de Jean de Carrouges (Matt Damon) pourrait déclencher au départ pour faire en sorte que tu ne sois pour aucun des deux et que l’enjeu du dernier duel soit uniquement la vie de cette femme. Et c’est franchement bien joué, parce que les personnages, pour archétypaux qu’ils soient, ont quand même une certaine profondeur et ça les rend « semi attachants », même les affreux. Pour le coup c’est l’avantage de développer une histoire sur 2h30 en nuançant les points de vue, je trouve.

    Enfin sur la vision du Moyen-âge, je trouve que c’est assez inédit de nous montrer cette période sous un jour ultra-procédurier. De même pour tout ce qui est des serments de vassalité avec justement les devoirs du suzerain, on a rarement ça. Souvent le suzerain c’est juste le connard qui peut faire tout ce qu’il veut. Voir le duc d’Alençon contraint par les procédures, c’était assez inédit, tout comme le traitement, sans doute un peu trop appuyé de l’histoire de l’orgasme féminin et de la procréation. On peut le prendre comme « regardez comme ils étaient teubés à l’époque » mais je suis pas sûr que ce soit complètement l’intention, surtout qu’ils utilisent une expression postérieure historiquement avec « la petite mort » (que les anglosaxons aiment beaucoup hein), qui arrivera deux siècles plus tard. Comme quoi l’historicité, ça appartient au docu, et le reste, ça sert juste à faire vivre la fiction (et je comprends pas que des gens qui adorent Gladiator roulent sur l’historicité ce film là en épargnant le péplum).

    Bref, j’ai bien aimé et je tartine mais bon, je convaincrais pas, je pense Nymphadora que c’est un bon film. :p

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 7 mois par Crys.
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    #164150
    Nymphadora
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    Donc à mon sens, à un moment, faut arrêter avec cet argument d’historicité et de vision du Moyen-âge biaisée et accepter qu’un film d’époque, au même titre que n’importe quel film, ça reste un point de vue et vision d’artiste/d’entreprise de divertissement. Je trouve que c’est comme reprocher au Robin des Bois avec Edgerton de pas être histo… à un moment c’est pas ce que vient chercher le film

    Ah mais soyons clairs : je me fous royalement que ça ne soit pas historique… Mon soucis c’est que c’est vu, revu, et re-revu (et « interdit aux moins de 12 ans » ne veut pas dire boucherie à tous les étages chez moi, déso xD Surtout pour un film qui parle culture du viol, je m’attendais certes à un viol, pas à des litres et des litres d’hémoglobines qui ne servent pas spécialement l’histoire). J’ai déjà vu ce même cadre « médiéval » dans 30 films et, de la part d’un film qui se prend grave au sérieux, je trouve qu’on pourrait tenter un peu de modernité par rapport aux clichés éculés.
    Et pour le jeu des 7 différences… oui j’ai compris le mécanisme, et le pourquoi ça nous permettait de déconstruire les personnages… mais bon c’est pas pour ça que c’est dynamique, et honnêtement j’ai vu des ficelles tellement grosses dés la première scène revue d’un autre point de vue que le jeu n’en valait pas la chandelle. J’ai compris le message, pas besoin de me l’infliger pendant 2h30 !
    Bref, non, toujours pas convaincue

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    #164152
    Crys
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    ne soit pas historique… Mon soucis c’est que c’est vu, revu, et re-revu (et « interdit aux moins de 12 ans » ne veut pas dire boucherie à tous les étages chez moi, déso xD Surtout pour un film qui parle culture du viol, je m’attendais certes à un viol, pas à des litres et des litres d’hémoglobines qui ne servent pas spécialement l’histoire). J’ai déjà vu ce même cadre « médiéval » dans 30 films et, de la part d’un film qui se prend grave au sérieux, je trouve qu’on pourrait tenter un peu de modernité par rapport aux clichés éculés. Et pour le jeu des 7 différences… oui j’ai compris le mécanisme, et le pourquoi ça nous permettait de déconstruire les personnages… mais bon c’est pas pour ça que c’est dynamique, et honnêtement j’ai vu des ficelles tellement grosses dés la première scène revue d’un autre point de vue que le jeu n’en valait pas la chandelle. J’ai compris le message, pas besoin de me l’infliger pendant 2h30 ! Bref, non, toujours pas convaincue

    Ouiiii, la bagarre ! XD

    Mais bon en vrai, je pense qu’on va avoir un débat stérile pour le coup, donc bon, je sais pas si ajouter ce post à mon paveton est bien utile. Je précise juste un point.

    Je dis pas que l’emballage est moderne (ou génial hein), hein. Je dis juste qu’il sert ici à mon avis les desseins du réal puisqu’il donne « le pain et les jeux » qu’il est venu chercher (à savoir la formule Ridley Scott + Moyen-âge) au spectateur. Mais j’ai l’impression qu’il s’en fout autant que le personnage de Marguerite sur les derniers plans. A mon sens, la violence ici est justifiée dans le sens où elle montre que ces gros bourrins de duellistes n’ont aucune forme de respect pour une vie autre que la leur. Et je vois pas non-plus l’intérêt d’édulcorer par soucis de préserver la sensibilité du spectateur. La guerre c’est moche, on le sait sans doute déjà trop, mais à mon sens, c’est toujours bon à prendre de le rappeler si tu l’associes à une masculinité un brin toxique et des rêves de gloire au bout d’une arme (à feu en l’occurrence, dans l’Amérique actuelle). Elle a l’air de t’avoir sortie du film, moi je la vois comme extrêmement homogène avec le reste.

    Après je l’ai trouvé relativement dynamique, le film de mon côté (après j’ai un faible pour les formats longs/très long, même si j’aime bien le développement su, mais bon. Chacun son ressenti sur ce coup-là je pense XD

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