ASOS 43 – Daenerys IV

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    darkdoudou
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    ASOS 43 – Daenerys IV

    Au fil des pages – liste des sujets

    ASOS 42, Jon V ASOS 44, Arya VIII

    Je vais commencer par faire un aveu sur Daenerys. A ma première lecture je n’aimais pas du tout ses chapitres qui me semblaient trop déconnectés du reste de la saga et qui comportaient trop de noms barbares que je n’arrivais pas à retenir. C’est à partir d’ASOS et de la conquête des cités que j’ai commencé à apprécier ces chapitres. Après Astapor et avant Meereen, j’aime beaucoup la bataille de Yunkaï : Daenerys prend le temps d’évaluer la situation, puis elle reçoit tour à tour les représentants de la ville et les chefs des mercenaires avant de mettre en application son plan qui se déroule sans accroc. La victoire est totale et Daenerys remplit complètement ses objectifs c’est-à-dire qu’elle obtient la libération des esclaves.

    En fil rouge de ce chapitre (et d’ASOS) il y a le thème de la folie et la sagesse : les Yunkaïs sont les « Wise Men » (Judicieux en vf) pas si avisés et Daenerys oscille entre ces deux extrêmes que ce soit pour les affaires militaires que pour celles du coeur ; avec Daario Naharis les deux se mélangent.

    la stratège conquérante

    En dépit du rapport que lui avaient fait ses éclaireurs dothrakis, elle tint à se rendre compte par elle-même.

    Dès la première phrase, Daenerys montre un sens du détail impressionnant : elle se fait accompagner de ser Jorah pour examiner elle-même les forces ennemies et analyser les forces et faiblesses. Ensuite elle observe de près les Immaculés qui montent un camp chaque jour et elle montre qu’elle a bien appris avec les Dothrakis l’utilité de la cavalerie. Elle écoute avec attention chacun de ses conseillers et adversaires et montre qu’elle retient très vite les leçons.

    D’un autre côté je ne comprends pas très bien l’intérêt pour les Yunkaïs de sortir des murailles leurs troupes qui sont inférieures en nombre et en qualité. Certes ils ont plus de mobilité grâce aux deux troupes de mercenaires montées (500 * 2) mais contre la discipline des Immaculés même la cavalerie n’est pas efficace, c’est connu.

    Ensuite Daenerys choisit de diviser les troupes ennemies en rencontrant leurs chefs l’un après l’autre : bien naïfs encore sont les Yunkaï qui acceptent une discussion séparée avec les mercenaires notoirement déloyaux.

    A tous les émissaires, elle fait croire qu’elle accorde du temps pour donner la réponse (jusqu’au lendemain matin pour les mercenaires, trois jours pour les Yunkaï). Ceux-ci peuvent croire à une trêve implicite pendant les négociations, mais Daenerys a déjà prévu d’attaquer pendant la nuit.

    Le plan d’attaque, c’est elle qui en met au point les grandes lignes : les Immaculés vont attaquer les mercenaires montés sur les côtés, la cavalerie va s’attaquer à l’infanterie des esclaves soldats au centre. Ce qui m’étonne le plus c’est qu’il y a quatre mille fantassins au centre, je ne comprends pas comment une trentaine de Dothrakis montés sur des rosses peut espérer quoi que ce soit.
    Mais je dois être un jouvenceau qui n’y comprend rien puisque les vétérans Arstan et ser Jorah réagissent en admirant ce super-plan ?

    Votre avis, messires ?
    — Je pense que vous êtes la sœur de Rhaegar Targaryen, prononça ser Jorah avec un demi-sourire mélancolique.
    — Mouais, fit Arstan Barbe-Blanche, et une reine, par-dessus le marché. »

    Je me demande cependant ce qui se serait passé si les Corbeaux Tornade n’avaient pas attaqué les Yunkaï par derrière, ou pire, s’ils avaient prévenu les autres combattants d’un assaut imminent ? Une victoire pour Daenerys certes mais avec un prix beaucoup plus important qu’une douzaine de morts.

    la Femme et le Dragon

    Daenerys joue énormément de toutes les facettes de sa personne pour déstabiliser ses interlocuteurs masculins, par exemple elle n’hésite pas à se qualifier elle-même de jeune fille sans expérience.

    J’ai beau n’être qu’une jouvencelle et ne rien entendre aux voies de la guerre, vos chances m’ont l’air indigentes.

    Mais elle passe très vite à un registre beaucoup plus hautain :

    « Je suis Daenerys du Typhon, de la maison Targaryen, l’Imbrûlée, Mère des Dragons, khaleesi des cavaliers de Drogo et reine des Sept Couronnes de Westeros

    Avec Mero le Bâtard du Titan, Daenerys joue très vite le jeu de la séduction, notamment en renchérissant sur l’analogie épée – pénis ce qui énerve Jorah Momont. Elle détecte correctement le goût du vin et des femmes qui anime Mero et va utiliser les deux à son avantage en offrant un fourgon d’alcool pour saoûler les troupes et en laissant croire que le Bâtard lui a plu.

    Confrontée à l’envoyé des Yunkaï, Daenerys appuie sa revendication d’une menace, elle refuse la voie diplomatique et, si elle avait toléré les insultes grivoises des mercenaires, elle répond à celle de Grazdan mo Eraz par le feu des dragons.

    — Je dis que vous êtes folle.
    — Ah bon ? » Elle haussa les épaules et articula : « Dracarys. »
    Les dragons répondirent. Rhaegal en sifflant et fumant, Viserion par des claquements de mâchoires, Drogon en crachant un tourbillon de flammes rouge-noir. Celles-ci touchèrent le drapé du tokar de Grazdan, dont la soie s’embrasa en moins d’un clin d’œil.

    Si Daenerys a joué de son côté féminin pour séduire les envoyés, elle se trouve prise à son propre piège avec Daario Naharis qu’elle observe longuement de haut en bas à plusieurs reprises. Le serment d’allégeance des Corbeaux tonnerre se mélange à un serment amoureux qui ne laisse pas Daenerys indifférente.

    La soumission de Daario fut aussi outrancière que l’ensemble de sa personne, un prodigieux plongeon qui mena sa figure jusqu’aux orteils de Daenerys. « Vôtre est mon épée. Vôtre est ma vie. Vôtre est mon amour. Mon sang, mon corps, mes chants, tout vous appartient. Un ordre de vous, belle reine, et je vis, je meurs.
    — Vivez donc, dit-elle, et combattez cette nuit pour moi

    Ser Jorah Mormont qui assiste à la scène, avertit à bon droit Daenerys que la confiance qu’elle accorde à Daario met leur camp en danger, mais derrière les avis du conseillers la femme détecte la jalousie de l’homme :

    — Vous le dites à longueur de journée. Pyat Pree est un menteur, Xaro un intrigant, Belwas un matamore, Arstan un assassin…, me prenez-vous pour une oie blanche non déniaisée, dès lors incapable de percevoir les mots derrière les mots ?

    Daenerys fait ensuite savoir à Jorah qu’elle n’a aucun désir pour lui et qu’il n’a aucune chance, et elle reconnaît que la colère a pris le dessus.

    Non, ce n’était pas délibérément qu’elle venait de se montrer si brutale, mais parce qu’à force de suspicion Mormont avait réveillé le dragon en elle.

    la soeur de Rhaegar Targaryen

    un intermède dans ce chapitre occupe la longue attente que Daenerys a du mal à supporter pendant lequel elle demande à Arstan de lui raconter des histoires sur Rhaegar. Mais pas n’importe quelles histoires, des histoires de guerrier gagnant des tournois. Arstan qui voit les périls du sujet essaie d’abord d’esquiver la question en parlant des autres qualités de Rhaegar :

    La prouesse du prince Rhaegar était incontestée, mais il la déploya rarement en lice. Il était loin d’éprouver pour le chant des épées la passion d’un Robert ou d’un Jaime Lannister. Il s’y livrait comme à un devoir, à une besogne que le monde lui imposait. Il y excellait, parce qu’il excellait en tout. Telle était sa nature. Mais il n’y prenait point de joie. Il aimait, disait-on, sa harpe infiniment plus que sa lance.

    Daenerys revenant à la charge, Arstan parle d’abord d’un tournoi où Rhaegar a battu d’excellents jouteurs et a atteint la finale. Ensuite il se montre très habile pour ne pas révéler le nom du champion…

    — Et, finalement, ce fut lui, le champion ?
    — Non, Votre Grâce. Cet honneur échut à un chevalier de la Garde qui démonta le prince Rhaegar au cours de la dernière joute. »

    Devant l’insistance de sa reine, Arstan va enfin parler de l’unique tournoi gagné par Rhaegar, celui d’Harrenhal qui évoque pour Daenerys un souvenir funeste.

    Mais ce fut aussi le tournoi où il couronna Lyanna Stark reine d’amour et de beauté ! s’exclama Daenerys. Bien que la princesse Elia, sa femme, fût présente, mon frère n’en décerna pas moins la couronne à la jeune Stark, avant de la ravir à son fiancé. Comment put-il se comporter de la sorte ? La Dornienne le traitait si mal ?

    Arstan n’apportant aucune réponse claire à la question de Daenerys, celle-ci rappelle alors les propos de Viserys :

    « Viserys a dit un jour que c’était ma faute, parce que j’étais née trop tard. » Elle l’avait nié avec véhémence, se souvenait-elle, allant jusqu’à répliquer que c’était au contraire sa faute à lui, parce qu’il n’avait pas été une fille. Insolence qu’il lui fit payer en la battant cruellement. « Si j’étais née à temps, prétendait-il, c’est moi que Rhaegar aurait épousée, pas Elia, et tout aurait tourné différemment. Doté d’une épouse susceptible de le rendre heureux, Rhaegar n’aurait eu que faire de la jeune Stark.

    Mais là encore Arstan ne confirme pas la version de Daenerys et revient sur le caractère mélancolique du prince, marqué par la tragédie de Lestival dès la naissance.

    Le lecteur peut se demander pourquoi à ce moment Daenerys rappelle le souvenir de son frère aîné ? Rhaegar le beau, le vaillant, celui que tout le monde aime ? On pourrait croire qu’elle cherche à se placer dans ses pas, mais une lecture plus attentive montre qu’elle s’en écarte, la raison venant probablement de propos de Jorah :

    Mais Rhaegar perdit, au Trident. Il perdit la bataille, il perdit la guerre, il perdit le royaume, il perdit la vie. Son sang fut emporté par les remous de la rivière avec les rubis de son pectoral, et Robert l’Usurpateur n’eut qu’à faire fouler son cadavre par son cheval pour dérober le Trône de Fer. Rhaegar se battit vaillamment, Rhaegar se battit noblement, Rhaegar se battit en homme d’honneur. Et Rhaegar périt. ASOS Daenerys II

    Comme à Astapor, Daenerys compte en effet utiliser des moyens non honorables pour gagner facilement et accomplir ses fins.

    la Reine et la Mère

    Daenerys est encore très naïve dans sa manière de diriger les peuples, elle a beaucoup à apprendre sur le sujet et le conseil qu’elle a nommé pour diriger Astapar a l’air un peu folklorique (ce conseil m’a fait penser à une équipe de jeu de rôle comme le quatuor chargé de libérer Jaime par Tyrion)

    Avant de quitter Astapor, Daenerys avait remis la ville entre les mains d’un conseil composé d’anciens esclaves et dirigé par un guérisseur, un prêtre et un érudit. Toutes personnes avisées, se flattait-elle, et pleines d’équité.

    Elle ne peut se résoudre à renvoyer la troupe de va-nu-pieds qui la suit depuis Astapor malgré la faible valeur militaire.

    cette cohue d’affranchis de bric et de broc était moins un avantage qu’un encombrement. […]Et néanmoins, Daenerys ne pouvait se résoudre à les abandonner, comme l’en pressaient instamment ser Jorah et ses sang-coureurs. Je leur ai dit qu’ils étaient libres. Je ne saurais leur dire à présent qu’ils ne sont pas libres de se joindre à moi.

    L’envoyé des Yunkaï, Grazdan mo Eraz, traite Daenerys comme une étrangère et essaie de se débarrasser d’elle à la manière dont il pourrait se débarrasser d’envahisseurs dothraki en lui offrant un coffre d’or.

    « Cinquante mille marcs d’or, fit Grazdan, mielleux. Pour vous, en témoignage de l’amitié que vous portent les Judicieux de Yunkaï. L’or donné par pure libéralité vaut sûrement mieux, n’est-ce pas, que le saccage au prix du sang ? Croyez-m’en donc, Daenerys Targaryen, prenez ce coffre et allez-vous-en.

    La décision raisonnable à mon avis est de prendre l’or et de s’en aller, éventuellement de négocier plus d’or. Mais la posture de Daenerys n’est pas raisonnable du tout : elle demande aux Yunkaï de libérer les esclaves.
    Pour comprendre pourquoi Daenerys , il faut comprendre qu’elle s’est donnée une mission depuis Astapor : protéger les faibles. Elle assimile le rôle de reine à un rôle de mère protectrice.

    Pourquoi les dieux font-ils des rois et des reines, si ce n’est afin de protéger ceux qu’ils ne peuvent protéger eux-mêmes ? ASOS Daenerys III

    Et dans cette logique, elle demande à Ver Gris d’épargner un maximum d’esclaves. Une fois qu’elle a rencontré les commandants des mercenaires, la consigne adressée à Ser Jorah évolue :

    Parfait, dit-elle. Esclave ou reître, épargnez quiconque me vouera sa foi.

    Les esclaves affranchis ne s’y trompent pas et ce sont eux qui trouvent le nom le plus adapté pour la reine :

    Daenerys sentit s’alléger son sein. Je ne porterai jamais d’enfant vivant, se rappela-t-elle. Sa main tremblait quand elle la leva. Peut-être souriait-elle. Elle aurait dû, parce que l’homme, épanoui, lançait à nouveau son cri, que d’autres l’entonnaient aussi. « Mhysa ! reprenaient-ils, Mhysa ! MHYSA ! » Tous lui souriaient, leurs mains se tendaient, ils s’agenouillaient devant elle. « Maela », lui jetaient certains, d’autres « Aelalla », « Qathei » ou « Tato », mais, de quelque idiome qu’il s’agît, le sens était le même. Mère. Ils m’appellent « Mère »

    A noter que Daenerys a l’impression de retrouver le rêve qu’elle faisait dans l’hôtel des Nonmourants :

    Comme elle passait au galop de son argenté plus prompt que le vent, dix mille esclaves brandirent leurs mains sanglantes. « Mère ! clamèrent-ils, Mère, Mère ! » en se portant vers elle comme un seul être, agrippant son manteau, le bas de sa robe ou lui touchant le pied, la jambe, la poitrine. Ils la voulaient, ils avaient besoin d’elle, de la vie, du feu, et, suffocante, elle ouvrait les bras pour se donner à eux… ACOK Daenerys IV

    Et malgré l’insistance de Jorah et les grognements de Belwas, Daenerys s’abandonne encore une fois et donne un coup de talon pour réaliser le rêve dont elle n’a pas toujours pas perçu le danger.

    Conclusion

    Contrairement aux chapitres dans AGOT où Daenerys était lunaire (et Drogo solaire), c’est bien Daenerys qui prend toute la lumière ici. D’ailleurs elle est active pendant la journée puis forcée au repos pendant une nuit très sombre, sans lune et sans étoiles. C’est pourquoi, en dépit de mes habitudes, je ne parle quasiment que d’elle pour présenter le chapitre. Par force, par intérêt ou surtout par amour tout s’incline devant Daenerys, même la fortune qui se met de son côté.

    Daenerys a remporté la victoire à Yunkaï, c’est indéniable. Mais qu’a-t-elle gagné en réalité ? Elle a libéré dix mille esclaves qui sont maintenant acquis à sa cause. Pourtant elle ne manquait pas d’affranchis d’Astapor qui sont déjà autant de boulets comparés à des sauterelles en sandales. Le retour glorieux à Westeros a pris du plomb dans l’aile (de dragon).

    #174394
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Dany la fourbe est de retour ! Mais comme on la suit et que sa cause est juste, on passe l’éponge (en primo-lecture)

    J’ai noté aussi que Daenerys était très aguerrie militairement, qu’elle apprenait et retenait ses leçons. « See the banners? », y a un petit côté Tyrion et Pod (et Bronn) qui regardent la délégation dornienne

    Whitebeard had been teaching her how best to count the numbers of a foe. “Five thousand,” she said after a moment.

    “I’d say so.” Ser Jorah pointed. “Those are sellswords on the flanks. Lances and mounted bowmen, with swords and axes for the close work. The Second Sons on the left wing, the Stormcrows to the right. About five hundred men apiece. See the banners?”

    Daenerys a gagné Astapor sur une interloupe un coup de Jarnac, c’était efficace mais ça ne peut pas se reproduire car les gens sont au courant. Et je crois qu’en gagnant Yunkaï (moi aussi je me demande pourquoi sortir ses armées… allô Yunkaï?), elle va encore se rendre le futur plus difficile

    “We might win a battle here, but at such cost we cannot take the city.”

    “That is ever a risk, Khaleesi. Astapor was complacent and vulnerable. Yunkai is forewarned.”

    Daenerys, maline, invite ses ennemis à parler. Moi aussi je les trouve particulièrement benêts de venir séparément, et que Yunkaï laisse partir des mercenaires pas forcément super fiables

    “They’ll come. They will be curious to see the dragons and hear what I might have to say, and the clever ones will see it for a chance to gauge my strength.” She wheeled her silver mare about. “I’ll await them in my pavilion.”

    On en apprend plus sur la nomination de Ver Gris comme chef, puis sur l’ellipse depuis Astapor, une victoire coûteuse et en demi-teinte a posteriori (et encore, ce sera pire après).

    Dany had left Astapor in the hands of a council of former slaves led by a healer, a scholar, and a priest. Wise men all, she thought, and just. Yet even so, tens of thousands preferred to follow her to Yunkai, rather than remain behind in Astapor. I gave them the city, and most of them were too frightened to take it.

    /

    They ate the land bare as they passed, like locusts in sandals. Yet Dany could not bring herself to abandon them as Ser Jorah and her bloodriders urged. I told them they were free. I cannot tell them now they are not free to join me.

    Petit point lore sur la langue parlée ici, merci Missandeï ! Puis les émissaires arrivent.

    Ce que j’ai ri avec cette phrase :

    Daario Naharis was flamboyant even for a Tyroshi

    Les négociations sont difficiles mais Daenerys se débrouille bien, à manier le chaud et le froid avec ses mots. Les émissaires partent d’un seul homme. Enfin presque

    The Stormcrow captains rose in unison. “Our answer is no,” said Prendahl na Ghezn. His fellows followed him out of the tent . . . but Daario Naharis glanced back as he left, and inclined his head in polite farewell.

    J’ai noté aussi que Daenerys use et abuse de sa supposée candeur

    « It is true that I am only a young girl, and do not know the ways of war »

    Avec Mero, Dany a de la répartie, et le sens de la formule

    “The Second Sons have faced worse odds and won.”

    “The Second Sons have faced worse odds and run. At Qohor, when the Three Thousand made their stand. Or do you deny it?”

    Le passage suivant montre bien comment Daenerys joue avec Mero (qui le lui rend bien) et que tout le monde en fait porte un masque et veut duper l’autre. Car au final, sa compagnie n’a pas une bonne réputation. On pose des filets, on verra si ça prend et ensuite on va parler avec leur employeur, Yunkaï

    “I will pay you as much and more. I have other cities to conquer, and a whole kingdom awaiting me half a world away. Serve me faithfully, and the Second Sons need never seek hire again.”

    The Braavosi tugged on his thick red beard. “As much and more, and perhaps a kiss besides, eh? Or more than a kiss? For a man as magnificent as me?”

    “Perhaps.”

    “I will like the taste of your tongue, I think.”

    She could sense Ser Jorah’s anger. My black bear does not like this talk of kissing. “Think on what I’ve said tonight. Can I have your answer on the morrow?”

    “You can.” The Titan’s Bastard grinned. “Can I have a flagon of this fine wine to take back to my captains?”

    “You may have a tun. It is from the cellars of the Good Masters of Astapor, and I have wagons full of it.”

    “Then give me a wagon. A token of your good regard.”

    “You have a big thirst.”

    “I am big all over. And I have many brothers. The Titan’s Bastard does not drink alone, Khaleesi.”

    “A wagon it is, if you promise to drink to my health.”

    “Done!” he boomed. “And done, and done! Three toasts we’ll drink you, and bring you an answer when the sun comes up.”

    But when Mero was gone, Arstan Whitebeard said, “That one has an evil reputation, even in Westeros. Do not be misled by his manner, Your Grace. He will drink three toasts to your health tonight, and rape you on the morrow.”

    “The old man’s right for once,” Ser Jorah said. “The Second Sons are an old company, and not without valor, but under Mero they’ve turned near as bad as the Brave Companions. The man is as dangerous to his employers as to his foes. That’s why you find him out here. None of the Free Cities will hire him any longer.”

    “It is not his reputation that I want, it’s his five hundred horse. What of the Stormcrows, is there any hope there?”

    “No,” Ser Jorah said bluntly. “That Prendahl is Ghiscari by blood. Likely he had kin in Astapor.”

    “A pity. Well, perhaps we will not need to fight. Let us wait and hear what the Yunkai’i have to say.”

    L’émissaire de Yunkaï est arrogant, pour masquer le fait qu’il est prêt à payer un tribut pour qu’elle s’en aille. Daenerys n’est pas intéressée. En revanche, elle réagit en mode Dracarys quand on lui dit qu’elle est folle (aheum)

    “I say, you are mad.”

    “Am I?” Dany shrugged, and said, “Dracarys.”

    L’émissaire s’en va, il a un délai pour réfléchir comme les autres. Quand soudain

    “Time for what?”

    “To mount our attack.”

    Ser Jorah Mormont scowled. “You told the sellswords—”

    “—that I wanted their answers on the morrow. I made no promises about tonight. The Stormcrows will be arguing about my offer. The Second Sons will be drunk on the wine I gave Mero. And the Yunkai’i believe they have three days. We will take them under cover of this darkness.”

    Là encore, ça peut faire gagner une bataille court-terme mais cela fait deux fois en deux villes que Daenerys prouve que sa parole n’a pas de valeur. A moins de tout conquérir militairement (reine des cendres), il faudra bien passer à de la diplomatie un jour (ne serait-ce que pour régner sur ses sujets) et si on sait qu’elle n’honore pas ses deals, quel intérêt de lui parler ?

    On compare encore Daenerys et Rhaegar, je me demande si c’est pas surtout pour l’amadouer

    “I think you are Rhaegar Targaryen’s sister,” Ser Jorah said with a rueful half smile.

    “Aye,” said Arstan Whitebeard, “and a queen as well.”

    Et là, Daario revient ! Elle le compare illico à Jorah. Et on peut noter son goût très sûr en matière de décoration de poignard et arakh

    When the exile knight delivered him, she asked herself whether two men had ever been so different. The Tyroshi was fair where Ser Jorah was swarthy; lithe where the knight was brawny; graced with flowing locks where the other was balding, yet smooth-skinned where Mormont was hairy. And her knight dressed plainly while this other made a peacock look drab, though he had thrown a heavy black cloak over his bright yellow finery for this visit. He carried a heavy canvas sack slung over one shoulder.

    /

    He stood with his hands crossed at the wrists, his palms resting on the pommels of his blades; a curving Dothraki arakh on his left hip, a Myrish stiletto on his right. Their hilts were a matched pair of golden women, naked and wanton.

    Jorah alerte Daenerys sur Daario. Il a raison mais il n’est pas tout blanc non plus, loin de là. Daenerys donne de bonnes raisons pour le faire taire, mais la vraie raison, elle la garde pour elle/nous

    Ser Jorah Mormont lingered. “Your Grace,” he said, too bluntly, “that was a mistake. We know nothing of this man—”

    “We know that he is a great fighter.”

    “A great talker, you mean.”

    “He brings us the Stormcrows.” And he has blue eyes.

    Jorah insiste et Daenerys, toujours marquée par les Nonmourants le congédie (puis s’en veut un peu… mais une fois seule)

    “All loyalties are uncertain in such times as these,” Dany reminded him. And I shall be betrayed twice more, once for gold and once for love.

    “Daenerys, I am thrice your age,” Ser Jorah said. “I have seen how false men are. Very few are worthy of trust, and Daario Naharis is not one of them. Even his beard wears false colors.”

    That angered her. “Whilst you have an honest beard, is that what you are telling me? You are the only man I should ever trust?”

    He stiffened. “I did not say that.”

    “You say it every day. Pyat Pree’s a liar, Xaro’s a schemer, Belwas a braggart, Arstan an assassin . . . do you think I’m still some virgin girl, that I cannot hear the words behind the words?”

    Ce qui est fort, c’est que les deux ont raison. Daario est un être méprisable, pas fiable du tout. Mais Jorah est jaloux et veut garder Daenerys pour lui.

    Comme Daenerys a des insomnies, elle demande à ce qu’on (Arstan surtout) lui parle de Rhaegar. Moi aussi j’ai noté la jolie pudeur (hum) d’Arstan quant au vainqueur de Rhaegar

    “Was he the champion, then?”

    “No, Your Grace. That honor went to another knight of the Kingsguard, who unhorsed Prince Rhaegar in the final tilt.

    Le reste est un peu problématique tout de même, elle est bien matrixée, Daenerys. Arstan élude poliment et change de sujet

    “If I had been born more timely, he said, Rhaegar would have married me instead of Elia, and it would all have come out different. If Rhaegar had been happy in his wife, he would not have needed the Stark girl.”

    “Perhaps so, Your Grace.” Whitebeard paused a moment. “But I am not certain it was in Rhaegar to be happy.”

    “You make him sound so sour,” Dany protested.

    “Not sour, no, but . . . there was a melancholy to Prince Rhaegar, a sense . . .” The old man hesitated again.

    “Say it,” she urged. “A sense . . . ?”

    “. . . of doom. He was born in grief, my queen, and that shadow hung over him all his days.”

    Point Lestival, bien entendu. Et on n’en saura pas plus, bien entendu

    Puis c’est la victoire (quelle surprise après avoir rompu une trêve lors d’une attaque surprise aidée par de l’alcool et des trahisons)

    Daenerys après en début de chapitre s’est dit obnubilée par le fait qu’elle n’aurait pas d’enfant et serait la dernière Targaryen est tourneboulée par toutes les personnes l’appelant Mhysa.

    Pas vraiment rassurant…

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #174429
    DJC
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    Merci pour la valeur ajoutée de vos analyses pour ce chapitre !

    J’ai beaucoup aimé sa stratégie face aux adversaires, à chaque lecture. Et trop bien, la pudeur d’Arstan..

    Oui, les chapitres de Dany apparaissent un peu deconnectés du reste (pour l’instant) mais en les lisant tous d’affilée, ça passe bien. Et on perçoit finement les détails, menaces et contradictions dans son evolution..

     

    #174458
    Liloo75
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    Merci Darkdoudou pour cette riche analyse du chapitre de Daenerys. Comme toi, j’ai longtemps eu du mal avec les chapitres de la Khalessi. Essos me paraissait trop éloignée du reste de l’histoire, et tous ces personnages aux noms imprononçables me laissaient de marbre. Il m’aura fallu passer la lecture des Mystères du Trône de Fer pour que tout s’éclaire et je prenne du plaisir à suivre Daenerys.

    Dans ce chapitre, j’ai noté que la jeune femme a pris les choses en main, y compris sur le plan de la stratégie militaire. Elle a appris à dénombrer ses ennemis de loin (Bowen March serait fier), à se faire une idée des forces en présence et de leurs atouts, eu égard à ses propres troupes et à leurs capacités respectives.

    Pour une « jouvencelle » qui feint de ne rien y connaître en matière de guerre, je trouve qu’elle se débrouille plutôt bien face à ses divers interlocuteurs. Certes, cette stratégie de la ruse et du mensonge risque de se retourner contre elle plus tard. Mais sur le moment, il est difficile de ne pas jubiler lorsqu’on observe Daenerys remettre à leur place et embobiner des hommes qui la pensent faible, parce qu’elle est une femme, donc forcément écervelée, voire hystérique.

    C’est le chapitre où l’on découvre le séducteur Daario Naharis. J’avais oublié à quel point sa tenue est extravagante (coiffure comprise). Mais il a su séduire Daenerys, et il va se faire une place dans le cœur de la jeune reine.

    Jorah est jaloux, évidemment. Il ne peut pas lutter.

    J’ai bien aimé l’échange final avec Barristan Arstan Barbe-Blanche. Daenerys veut entendre parler de son frère Rhaegar. Arstan est sur la corde raide, il ne peut pas tout dévoiler sans risquer d’être démasqué.

    Dans cette discussion, on apprend que Viserys reprochait à sa sœur d’être née trop tard. Si elle avait été proche en âge de Rhaegar, ils auraient pu se marier comme le veut la coutume targaryenne. Et jamais Rhaegar ne se serait retourné vers Lyanna Stark.

    Entre nous, je ne parierais pas là-dessus. Mais, ce qui m’a interpellée, c’est le poids de la culpabilité qu’il fait reposer sur Daenerys. Si elle était née plus tôt, Rhaegar n’aurait pas eu besoin de rechercher une autre femme, donc, il ne se serait pas intéressé à la demoiselle loup. Il ne l’aurait pas enlevée, et Robert ne se serait pas mis en colère. Si l’on va jusqu’au bout du raisonnement, Viserys lui fait porter le fardeau de la rébellion de Robert, de la mort de Rhaegar et de la perte du trône par les Targaryen.

    Finalement, la disparition de Viserys n’est pas une grosse perte pour Daenerys. Elle se porte sans doute mieux sans lui.

    - De quels diables de dieux parlez-vous, lady Catelyn ? (…) S’il existe vraiment des dieux, pourquoi donc ce monde est-il saturé de douleur et d’iniquité ?
    - Grâce aux êtres de votre espèce.
    - Il n’y a pas d’êtres de mon espèce. Je suis unique.

    #174635
    Hizieł
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    Merci @darkdoudou pour cette analyse très intéressante qui aborde tous les volets de ce chapitre riche en avancées pour Daenerys (profitons-en ce ne sera pas toujours aussi expéditif). J’ai beaucoup apprécié comme vous l’exquise pudeur d’Arstan quant au nom de celui qui a vaincu Rhaegar en finale du tournoi : à la relecture le parallèle Arstan – Barristan me paraît tellement clair ; même si je suis presque persuadé qu’en primo-lecture je n’avais pas dû faire le lien avant la révélation de fin.

    Daenerys est encore très naïve dans sa manière de diriger les peuples, elle a beaucoup à apprendre sur le sujet et le conseil qu’elle a nommé pour diriger Astapar a l’air un peu folklorique (ce conseil m’a fait penser à une équipe de jeu de rôle comme le quatuor chargé de libérer Jaime par Tyrion)

    Avant de quitter Astapor, Daenerys avait remis la ville entre les mains d’un conseil composé d’anciens esclaves et dirigé par un guérisseur, un prêtre et un érudit. Toutes personnes avisées, se flattait-elle, et pleines d’équité.

    Elle ne peut se résoudre à renvoyer la troupe de va-nu-pieds qui la suit depuis Astapor malgré la faible valeur militaire.

    cette cohue d’affranchis de bric et de broc était moins un avantage qu’un encombrement. […]Et néanmoins, Daenerys ne pouvait se résoudre à les abandonner, comme l’en pressaient instamment ser Jorah et ses sang-coureurs. Je leur ai dit qu’ils étaient libres. Je ne saurais leur dire à présent qu’ils ne sont pas libres de se joindre à moi.

    Sur ce point, j’ai aussi relevé cette double-solution hasardeuse (la gouvernance hétéroclyte d’Astapor et le choix de laisser quiconque l’accompagner dans sa conquête militaire, alors même que la plupart n’a rien à faire là et constituent dans ce contexte un poids mort).

    Si sur le second point, ça n’a en effet aucun sens stratégique et c’est une erreur assumée (tout du moins le choix l’est) de Daenerys, concernant la gouvernance d’Astapor, je ne sais pas vraiment quelle meilleure solution pouvait être envisagée – dès lors qu’elle avait choisi de continuer sa conquête de la Baie des Serfs. Si elle avait eu parmi sa suite une personne apte à gouverner en son nom, elle aurait pu choisir de la laisser aux commandes de la cité le temps de sa conquête, mais ce n’était pas le cas, et de toute façon je ne pense pas non plus que ça aurait marché.

    Sinon, je ne me souvenais pas du tout du reproche de Viserys vis-à-vis d’une Daenerys qui serait née trop tard pour épouser Rhaegar (en même temps, vu qu’il lui reproche un peu tout, ce n’est pas évident de se rappeler de l’ensemble). En revanche, je ne sais pas si c’était effectivement une option envisagée au sein de la famille Targaryen ou si c’est juste Viserys qui l’a inventé de lui-même.

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