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  • Ce sujet contient 397 réponses, 67 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par DNDM, le il y a 3 jours et 9 heures.
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  • #149543
    DNDM
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    Apprendre, si par bonheur… de Becky Chambers. Moyennement convaincu, pour une fois, alors que j’aime beaucoup Becky Chambers. Détails (sans spoilers) à lire sur le topic consacré à Becky Chambers.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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    #149903
    Nymphadora
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    Lovecraft Country, par Matt Ruff

    1954, à Chicago. Nous rencontrons Atticus, son père Montrose, son oncle George, son amie Letitia… Citoyens noirs, dans une Amérique ségrégée, ils sont confrontés à des phénomènes fantastiques. Le roman est en fait une succession de chapitres, centré sur un événement fantastique en particulier et sur un personnage. Chaque histoire est un hommage aux classiques du « Pulp » SFFF américain avec un fil rouge général qui nous présente un genre de secte mystique. On passe par exemple d’une histoire de maison hantée à une histoire de découverte de planètes mystérieuses, il y en a pour tous les goûts. Mais ce côté fantastique n’est en fait pas ce qu’il y a de plus intéressant dans ce récit (surtout qu’il me manquait très probablement des références quand à la littérature Pulp pour vraiment apprécier les occurrences de fantastique, étant personnellement assez peu familière du Pulp). Comme souvent, les pires monstres sont les gens que l’on croise, et chaque personnage nous parle du racisme qu’il subit, dans des anecdotes qui résonnent malheureusement trop avec l’actualité. Sidérants, glaçants, ces faits communs d’un racisme ordinaire et inacceptable bousculent et questionnent.
    In fine, une bonne lecture, même si j’ai été un peu déroutée au début par le format qui se rapproche beaucoup de la nouvelle, avec une qualité assez inégale et des conclusions d’épisodes paranormaux assez rapides. L’aspect « sociétal » du roman contrebalance largement ces défauts à mes yeux.

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    #150479
    Corondar
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    D’ailleurs, dans la même catégorie (« c’est pas de la grande littérature. Mais j’avais trouvé ça fun à lire quand même), j’ai terminé Lontano et Congo requiem, un dyptique policier de Jean-Christophe Grangé.

    Ah… J’ai commencé Congo Requiem sans savoir que c’était une « suite » (et rien ne le dit), et moi qui ai beaucoup aimé certains Grangé (La ligne noire par exemple), là je trouve le début vraiment… mauvais ? On nous répète toutes les deux lignes que le Congo c’est la jungle, que les blancs ne sont pas les bienvenus, que le danger est partout, qu’ils risquent leur vie à chaque instant, qu’il faut soudoyer tout le monde, tout le temps, pour tout, bla bla bla… On dirait un premier roman d’un jeune auteur qui ne sait pas comment installer une ambiance. Bref, je l’ai laissé tomber. Moi qui adorais Grangé et Chattam quand j’avais 15-20 ans, j’ai de plus en plus de mal…

    Personnellement je trouve que Grangé est un auteur « solide ». Il ne révolutionne pas le genre du thriller policier, il a quelques défauts et mauvaises habitudes, mais je suis rarement déçu. Son style est presque toujours efficace, il a le mérite d’aligner des personnages principaux peu orthodoxes, et je trouve qu’il use avec beaucoup de perversité malsaine ce qu’il faut de gore au genre. Bref, pas le meilleur dans ce genre littéraire, mais une valeur sure…

    Je suis nettement plus partagé sur Chattam, qui est beaucoup plus irrégulier. Lui a le mérite de tenter de sortir du genre balisé en proposant parfois un mélange des genres (il s’essaye parfois au fantastique et à des romans non contemporains par exemple), mais ses dernier romans étaient franchement très moyens, voire mauvais. Chez lui il vaut mieux s’intéresser à ses romans plus anciens.

    Dans le genre du thriller policier, je recommande chaudement et sans réserve tous les romans de Donato Carrisi, auteur italien absolument redoutable : c’est comme dans le cochon, tout est bon. Il a un style redoutable (j’ai souvent le trouillomètre à zéro en le lisant), sait ménager des twists bluffants mais bien amenés, et ses histoires sont très maîtrisées. Son dernier roman, La maison des voix (l’auteur a un gros dada sur l’importance des voix et des dialogues, l’usage de la parole étant généralement une arme aux mains des psychopathes qui hantent ses romans) m’a beaucoup plu : 2 personnages principaux (on voit très peu de personnages à part eux) dans des quasi huis clos, l’exercice de style m’a bluffé (l’histoire est quasiment centrée exclusivement sur des séances d’hypnose entre les 2 personnages principaux).

    Niveau relecture, je me suis refait des classiques :

    1. Les Rois Maudits. J’ai fini les 2 premiers tomes (il m’en reste un à relire…). Le style Druon vieillit bien je trouve, et la chute romancée des Capétiens ça reste vachement dramaturgique et prenant.
    2. Voyage au bout de la nuit de Céline. Toujours mon roman français contemporain préféré et de loin. Le style littéraire est toujours aussi redoutable et intemporel, la plongée dans les tourments de l’époque et de l’âme humaine toujours aussi réaliste et marquante. Je suis toujours mi fasciné mi horrifié par le fait d’aimer autant un roman écrit par un type absolument immonde aux idées qui me dégoûtent profondément. Comme quoi on peut être un génie littéraire et un sale type en même temps…

    Et enfin, mon coup de cœur du moment : L’anomalie, de Hervé Le Tellier (accessoirement Goncourt 2020). En juin 2021, un avion de ligne d’Air France apparaît soudainement sur les radars de la côte est américaine. Cet avion est la copie conforme d’un avion ayant fait la liaison Paris-New-York 3 mois plus tôt. Il est rempli par les 243 exacts mêmes passagers de ce vol d’origine, et tous sont persuadés d’être en mars 2021. Ces 243 passagers existent donc en deux exemplaires : ceux ayant atterri « normalement » en mars, et ceux ayant « surgi » en juin. Ils sont identiques (partagent le même ADN et les mêmes souvenirs, à l’exception des 3 derniers mois, que seuls les passagers de « mars » ont vécu).

    On suit les destins croisés de plusieurs de ces « jumeaux », tout en ayant le point de vue de scientifiques appelés à la rescousse pour essayer de percer le mystère de cette anomalie…

    Ce livre m’a profondément marqué, je l’ai lu en 48 heures, et je pense qu’il va me falloir un peu de temps pour le « digérer ». Le style de l’auteur m’a beaucoup plu, il arrive à rendre très vivants et très crédibles une galerie de personnages intéressants avec une économie de mots et de chapitres assez étonnante. Le livre aborde un éventail très large de sujets (le sens de la vie, de la religion, des interrogations et théories scientifiques), le tout avec des réflexions assez profondes. Je compte rapidement m’intéresser aux précédents ouvrages de l’auteur…

    #150693
    DNDM
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    Quitter les monts d'Automne - Albin Michel Imaginaire

    Quitter les monts d’automne, d’Emilie Querbalec.

    Un roman de SF écrit par une autrice française, sorti en septembre dernier, et qui semble très bien marcher (l’éditeur, Albin Michel, est en train de le réimprimer, ce qui est une première pour eux pour une plume française).

    Perso, je soupçonne la (splendide) couverture de Manchu et la (très réussie d’un point de vue marketing) 4e de couverture d’être pour beaucoup dans ce très bon démarrage. Rien qu’avec la dernière ligne, ça vend du rêve:

    Recueillie par sa grand-mère après la mort de ses parents, la jeune Kaori vit dans les monts d’Automne où elle se destine à être conteuse. Sur Tasai, comme partout dans les mondes du Flux, l’écriture est interdite. Seule la tradition du « Dit » fait vivre la mémoire de l’humanité. Mais le Dit se refuse à Kaori et la jeune fille se voit dirigée vers une carrière de danseuse. Lorsque sa grand-mère meurt, Kaori hérite d’un rouleau de calligraphie, objet tabou par excellence, dont la seule détention pourrait lui valoir une condamnation à mort. Pour percer les secrets de cet objet, mais aussi le mystère qui entoure la disparition de ses parents, elle devra quitter les monts d’Automne et rejoindre la capitale. Sa quête de vérité la mènera encore plus loin, très loin de chez elle.

    Débutant comme un roman initiatique d’inspiration japonaise, Quitter les monts d’Automne s’impose vite comme un récit d’aventure qui frappe d’abord par sa beauté et sa poésie, puis par sa cruauté et son érotisme subtil.

    Et puis, l’autrice n’est pas non plus une inconnue: même si ce n’est que son second roman, le premier, Les Oubliés d’Ushtâr a été finaliste du prix Rosny aîné, et je crois (mais je me gourre peut-être) qu’elle est connue dans le petit monde virtuel des écrivains de SFFF francophones.

    Bon, et que vaut le roman, du coup? Bah ouais, c’est pas mal. Parfois. Mais c’est pas non plus renversant, et on peut sans problème trouver des défauts, des longueurs, des incohérences, des goûts de trop peu.

    La première partie du roman, avec son ambiance japonaise traditionnelle à laquelle s’ajoutent quelques touches de SF, est très cohérente. On peut ne pas accrocher, mais on a là un univers cohérent, visuel, la poésie promise est là… Pour l’érotisme subtil, ouais, un peu sur certaines scènes. Et non. Sans spoiler, disons que bon, ne vous attendez pas à avoir un bouquin safe sur ce point.

    La seconde partie, qui part plus vers le space-opera, voir vers la SF qui carbure au Sense of wonder pour la conclusion, est moins convaincante, moins maîtrisée. Beaucoup de longueurs, un monde énorme mais qui parait bien vide (on va passer quasi toute cette partie entre d’étroits murs de métal), des impasses, des éléments qui n’ont pas grand intérêt, voir des incohérences…

    Bref, un roman qui une fois refermé, peine un peu à convaincre, pour moi. La plume est jolie, mais tout cela m’a paru relativement vide, avec un personnage principal ballotté par les évènements, et des personnages secondaires qui apparaissent le temps de quelques chapitres, puis sont laissés en plan quand ils ne servent plus.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 2 semaines par Nymphadora.
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    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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    #150940
    Nymphadora
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    Les naufragés du Commonwealth, tome 1 : L’abîme au-delà des rêves de Peter F. Hamilton

    La saga Les naufragés du Commonwealth n’est pas la première saga de l’auteur dans son univers de science fiction. Comme je suis très logique, j’ai quand même attaqué cette duologie sans avoir lu les tomes précédents (j’avais les tomes à portée parce que mon mari venait de les finir et rien d’autre sous la main, et il m’a résumé en vitesse les trucs à savoir pour plonger dans l’univers^^). Honnêtement, ça ne m’a pas gênée, l’histoire est tout à fait compréhensible comme ça.

    Mais je n’ai toutefois pas été emportée par ce premier tome… La première centaine de pages nous plonge dans un voyage interstellaire qui s’est mal passé, mais j’ai trouvé ça très pénible à lire, plein de « name dropping » pour faire genre on a des concepts intelligents de SF plein de mécanique quantique, mais bon en vrai on vous balade juste pour faire mystérieux et obscur. Je me suis accrochée, et l’ambiance du bouquin change ensuite du tout au tout, donc j’ai bien fait. On nous amène ensuite sur la planète Bienvenido et on plonge dans un récit qui se rapproche bien plus de la fantasy que de la SF. Pour résumer en une phrase : sur une planète avec peu de technologie (globalement, on est dans une ambiance un peu steampunk, rappelant l’Angleterre des années 1850), des gens montent une révolution Lénino-Troskiste. C’est sympatoche… mais c’est traité de manière un peu simpliste pour un tel sujet, avec des personnages qui manquent de substance pour vraiment me toucher : très archétypaux, ils agissent tous comme ils sont sensés le faire, tu as les faire-valoir et les héros. Ca ne veut pas dire qu’on ne sait pas faire évoluer les personnages. L’un des héros, Slvasta, a notamment ses nuances et un parcours intéressant, mais il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour qu’il me paraisse crédible pour autant.

    En bref du coup, un premier tome qui ne m’a pas passionnée, mais qui n’est pas désagréable non plus, ça se lit bien. Je vais attaquer le second tome que j’ai sous la main sans déplaisir, avec curiosité.

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    #151068
    Aspics des sables
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    La peur de Stefan Zweig

    Si mon rythme de travail reste important, je connais cependant un regain d’énergie et d’attention qui me permet de replonger le nez dans les livres et, pour que ce réveil littéraire se fasse tout en douceur, j’ai choisi un recueil de nouvelles d’un auteur que j’affectionne particulièrement S. Zweig <3

    6 nouvelles, 6 personnages, 6 histoires de vie.

    La peur évoque l’adultère à la manière d’un thriller avec une fin pas forcément attendue, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. J’avoue avoir été en apnée tout au long de cette nouvelle, vivant – comme toujours avec S. Zweig – pleinement les émotions du personnage principal (appréhension de la révélation, sentiment de culpabilité, rejet de l’aveu par crainte de la réaction de l’autre). Il y a, chez cet écrivain, une connaissance de l’humain (et de la femme en particulier) qui m’a toujours troublée.

    Révélation inattendue d’un métier part d’une idée très sympa : l’observation d’une foule par un homme qui aime à s’inventer des histoires à travers les individus qui constituent cette dernière. Pas tous les individus cependant, uniquement ceux qui attirent son attention. Il va donc finir par s’arrêter sur ce qu’il pense être un pickpocket et s’imprégner pleinement de ce métier. Il y perçoit la peur que ce dernier génère, prenant le risque d’être découvert en le réalisant en public, l’habilité qu’il est essentiel, pour ne pas être pris la main dans le sac, de posséder, l’art d’observer pour bien choisir sa cible, le comportement à adopter pour ne pas être suspicieux… mais aussi la désillusion lorsque les portefeuilles sont quasi vides. Jusqu’à la fin, on ne sait pas où l’auteur va nous mener et c’est ce qui fait tout son intérêt.

    Leporella apparait drôle et dramatique à la fois. Drôle dans manière de la narrer, dramatique dans le destin de cette femme qui renvoie à Brienne dans le regard que peut, de par son physique ingrat, porter autrui sur elle, la solitude que ce dernier engendre ou encore sa loyauté envers la personne à qui elle a prêté serment. La fin est troublante parce que si cet homme – et le lecteur – semble être certain du rôle de Crescence

    Spoiler:
    dans la mort de l’épouse,

    on ne le saura jamais vraiment, cette dernière étant complètement en capacité de réaliser elle-même ce geste et rien n’étant réellement dit. Alors que l’impact que va avoir cette certitude sur elle est perceptible (jusqu’à sa finalité). J’aime qu’il soit difficile de distinguer quel est le vrai monstre de l’histoire, chaque personnage en ayant les dispositions, les caractéristiques.

    La femme et le paysage donne au lecteur le sentiment d’être dans un rêve, ayant beaucoup d’onirisme dans la manière de conter l’histoire. Elle ne nous permet d’ailleurs pas de connaitre les personnages principaux plus que celle qu’un rêve peut nous offrir. La nature y tient une place importante, elle est d’ailleurs celle qui fait agir ces derniers, qui fait que les sentiments prennent le dessus sur la raison. La tension avant l’orage est perceptible, cette dernière ne va cesser de monter en puissance jusqu’à la tombée de la pluie qui va libérer la nature de la chaleur et faire retomber, en parallèle, le fantasme généré par la situation. Il y a alors un malaise qu’on retrouve parfois à la sortie d’un rêve. C’est troublant, perturbant et enivrant à la fois.

    Le bouquiniste Mendel est le récit d’un juif sans histoire, sans le sou, uniquement animé par sa connaissance des livres et son plaisir d’aider les collectionneurs, les étudiants, les passionnés à trouver ceux dont ils sont à la recherche qui se voit être brutalement arrêté – lors de la 1ère guerre mondiale – pour suspicion de collaboration avec l’ennemi. Rien n’est dit de son vécu lors de ses 2 ans passés en camp, seuls l’impact psychologique et la destruction massive de tout ce qui faisait sa vie antérieure sont décrits. Percevoir l’absence de compréhension de son vécu – le monde ayant continué d’évoluer sans ce dernier – est douloureux, le fait que la mort génère l’oubli aussi.

    La collection invisible met en lumière un passionné de tableaux qui, pour pouvoir s’offrir ces derniers, a sacrifié une part de sa vie (et celle de sa femme). Il est touchant de voir cette dernière (et leur fille) lui mentir concernant sa collection – ayant, pour lui permettre de vivre comme il en avait l’habitude, dû vendre la plupart des toiles la constituant – afin de ne pas le faire souffrir de cette réalité. Étant aveugle depuis plusieurs années, ce dernier continue donc à les admirer tous les jours, caressant les feuilles vierges qui ont été mises pour les remplacer. Une collection invisible pour les observateurs mais pas pour cet homme en capacité de se rappeler de chaque détail. Et il est chouette de voir ce commissaire-priseur – venu dans l’idée d’acheter, à moindre couts, les tableaux – accepter de mentir et ainsi partager avec lui leur passion commune, étant en capacité de les décrire, les connaissant lui-même. Son aurevoir de sa fenêtre renvoie aux lecteurs la fin du livre. Son bonheur étant communicatif, on le referme le sourire aux lèvres, satisfait d’avoir pris le temps de plonger le nez dedans.

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    by Elia Mervi

    Spoiler for NOARLAAAK !!!

    #151423
    Lapin rouge
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    Et enfin, mon coup de cœur du moment : L’anomalie, de Hervé Le Tellier (accessoirement Goncourt 2020). En juin 2021, un avion de ligne d’Air France apparaît soudainement sur les radars de la côte est américaine. Cet avion est la copie conforme d’un avion ayant fait la liaison Paris-New-York 3 mois plus tôt. Il est rempli par les 243 exacts mêmes passagers de ce vol d’origine, et tous sont persuadés d’être en mars 2021. Ces 243 passagers existent donc en deux exemplaires : ceux ayant atterri « normalement » en mars, et ceux ayant « surgi » en juin. Ils sont identiques (partagent le même ADN et les mêmes souvenirs, à l’exception des 3 derniers mois, que seuls les passagers de « mars » ont vécu).

    On suit les destins croisés de plusieurs de ces « jumeaux », tout en ayant le point de vue de scientifiques appelés à la rescousse pour essayer de percer le mystère de cette anomalie…

    Ce livre m’a profondément marqué, je l’ai lu en 48 heures, et je pense qu’il va me falloir un peu de temps pour le « digérer ». Le style de l’auteur m’a beaucoup plu, il arrive à rendre très vivants et très crédibles une galerie de personnages intéressants avec une économie de mots et de chapitres assez étonnante. Le livre aborde un éventail très large de sujets (le sens de la vie, de la religion, des interrogations et théories scientifiques), le tout avec des réflexions assez profondes. Je compte rapidement m’intéresser aux précédents ouvrages de l’auteur…

    On m’a prêté le Le Tellier, donc je l’ai lu, et j’ai bien aimé aussi. Ce ne sera sans doute pas le livre de l’année pour moi, mais c’est bien fichu, les personnages sont en effet campé efficacement en quelques lignes, les situations sont variées, on ne s’ennuie pas une seconde, et la fin est réussie, ce qui n’est jamais gagné dans ce genre d’intrigue.

    Et, pour reprendre les échanges dans le topic « De la pertinence des étiquettes et de la classification en littérature », je ne le considère pas non plus comme de la SF, ni du fantastique. Il y a certes un élément inexpliqué et inexplicable rationnellement (la duplication à trois mois d’intervalle d’un avion de ligne et de ses passagers), mais cet élément reste isolé, le reste du cadre fictionnel étant conforme à celui du monde réel. C’est donc un parti intellectuel, une hypothèse de travail : « Que se passerait-il dans notre monde si tel évènement impossible survenait ? ». Un roman fantastique amènerait au dévoilement progressif de tout un ensemble d’éléments surnaturels (« Le double de l’avion a été invoqué par une secte d’adorateurs de Janus »), et un roman de SF fournirait une explication « scientifique » (« Une distorsion de l’espace-temps provoquée par la vibration d’une super-corde quantique » [je dis n’importe quoi]). Le roman joue un peu avec cette idée, mais sans y croire vraiment, et ce n’est pas le thème central.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #151523
    Nymphadora
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    En bref du coup, un premier tome qui ne m’a pas passionnée, mais qui n’est pas désagréable non plus, ça se lit bien. Je vais attaquer le second tome que j’ai sous la main sans déplaisir, avec curiosité.

    Du coup j’ai fini le second tome ^^ Les naufragés du Commonwealth, tome 2 : Une nuit sans étoiles de Peter F. Hamilton.
    J’ai nettement préféré ce second tome au premier. Le rythme est enlevé, l’histoire est fluide, et certains passages sont vraiment funs. Le roman nous situe 250 ans après le tome précédent, et les protagonistes doivent arrêter l’apocalypse, donc forcément, en termes d’enjeux, il y a de quoi faire ^^ Au programme du coup, enquête, course-poursuite… ça se lit très bien. Malheureusement, il y a quand même des moments qui noient un peu l’histoire, et notamment sur la fin, certaines storylines sont faiblardes (Chaing je pense à toi…). Les personnages sont un peu unidimensionnels, mais l’action est au cœur de l’intrigue donc on se laisse prendre.
    En bref, du coup, ces naufragés du Commonwealth forment une duologie sympatoche, même si elle ne restera pas dans mon panthéon de lecture. On peut pas tomber à chaque coup sur un chef d’oeuvre, mais dans la catégorie lecture vite lue (mais qui aurait mérité quelques coupes pour que ça soit encore moins longuet xD) vite oubliée, ça fait le job.

    « Que se passerait-il dans notre monde si tel évènement impossible survenait ? ». (…) un roman de SF fournirait une explication « scientifique »

    C’est accessoire, mais des tas de bouquins sont classés comme SF sans apporter d’explication « scientifique » à leur élément pivot… La dystopie ou l’uchronie, c’est classé en SF il me semble (et genre La servante écarlate, d’Atwood, on peut difficilement y voir une explication scientifique). (Après bon, j’ai jamais trop pigé les classifications de l’imaginaire xD)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois et 4 semaines par Nymphadora.

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    #151676
    Nymphadora
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    Un long voyage, de Claire Duvivier

    L’une des forces de la Fantasy, c’est de vous transporter dans un autre monde. L’évasion, la peinture d’un autre monde, sont l’un des aspects du genre qui me parlent particulièrement, et avec le roman Un long voyage, j’ai été servie. Claire Duvivier, dont c’est le premier roman, a une plume très évocatrice, on est vraiment transportés dans le monde de Liesse, qui nous compte son histoire au travers d’un récit à la première personne.

    Loin de la fantasy épique, on est plongés dans le quotidien de Liesse, et au travers de ses yeux, on découvre Malvine, une jeune femme promise à un grand avenir dont il devient le secrétaire. Avec une pointe de nostalgie, en croquant des personnages attachants, avec une « grande » histoire qui se déroule à hauteur d’homme, avec une pointe de magie, et surtout avec des thématiques assez universelles, le roman est vraiment une très très jolie réussite. Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman qui m’avait autant transportée. J’ai vraiment eu un coup de coeur pour ce roman (qui en plus est très court à lire, et a une couverture magnifique).

    Crys et Feygirl en avaient également dit grand bien 🙂 Et Elbakin lui a attribué son prix du meilleur roman francophone 2020, pour achever de vous convaincre qu’il faut lire ce joli roman d’une jeune autrice. Personnellement, je pense en tous cas m’intéresser de près à ses prochains projets !

    ~~ Always ~~

    #151872
    DNDM
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    L’équipage, de Joseph Kessel.

    Après ma lecture (marquante) de La rose de Java, j’avais envie de lire d’autres Kessel (j’ai peut-être lu Le Lion quand j’étais jeune en lecture imposée de collège-lycée, si c’est le cas j’en ai aucun souvenir).

    La rose de Java (1937), de Joseph Kessel. Court roman lu en une soirée, lecture la plus éprouvante depuis un bon moment. Le style Kessel est génial. Le roman est horrible, parce qu’il nous plonge dans un monde ultrasexiste, colonialiste et raciste avec une rare froideur et surtout un profond réalisme. Le pitch: En 1919, deux jeunes aviateurs de guerre français reviennent de Sibérie par bateau. Au Japon, ils embarquent sur la Rose de Java, étrange bateau sur lequel se trouve une femme « surnaturellement belle » et quelques autres secrets mineurs.

    Le roman est en fait une glaçante plongée dans ce que dans certains cercles on appelle apparemment « une vie de jeune homme », ainsi que dans un monde encore ultracolonial. On est en 1919, les deux aviateurs reviennent victorieux d’une guerre horrible, ils se voient immortels, et leurs journées sont consacrées à boire et à courir les filles. Les notions actuelles de consentement sont, dans leur tête, totalement inconnues, et ils ne se posent pas une seule seconde la question des conséquences de leurs actes. J’ai eu envie de cramer le livre à la fin, et en même temps, il va probablement plus me marquer sur le long terme que pas mal d’autres lectures. Bref, à lire si ça vous intéresse, mais ne vous attendez pas à une balade relaxante ou à un roman d’aventure.

    L’équipage part un peu du même postulat de base que La Rose de Java (deux aviateurs, une femme), mais est extrêmement différent… Et surtout, beaucoup moins prenant. Le style Kessel qui m’avait tellement plu sur La Rose de Java et ici totalement différent – ou en tout cas n’a pas du tout marché sur moi. Il m’a fallu plusieurs jours pour finir ce petit roman de 200 pages, en alternant avec d’autres lectures, en me forçant pour y revenir (« allez, il reste que 100 pages, ça sera fini ce soir… Ha bah non, je finirai les 60 dernières pages demain tiens »). L’intrigue met un temps fou à démarrer. En fait, c’est seulement quand on arrive à la « deuxième partie –  chapitre 1 », page 95, soit la moitié du livre, que la lente mise en place de la première partie entraine enfin vers une histoire, plus que vers une simple description des mœurs et amitiés des pilotes d’avions pendant la première guerre mondiale.

    Au final, y’a probablement ici un beau roman un peu cynique et grinçant sur l’âme humaine, l’amitié, la passion… Mais je suis passé à côté, lisant en diagonale la seconde partie du livre pour en voir le bout.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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    #151960
    Amarei
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    Mes deux principales lectures de janvier-février ont été Guerre et Paix et Le tigre des neiges d’Akiko Higashimura.

    J’ai lu Guerre et Paix dans une édition poche avec pas mal de notes, une introduction et diverses autres suppléments qui ont été très bienvenues. Pour ceux qui ne connaissent pas, Guerre et paix est un roman dans lequel on suit plusieurs personnages de la noblesse russe entre les années 1805 et 1820, c’est-à-dire à l’époque des guerres napoléoniennes. Tolstoi nous emmène aussi bien dans les salons de Moscou que sur les champs de batailles. On découvre les intrigues politiques et romantiques mais aussi la guerre racontée chaque fois du point de vue des personnages. Le roman est extrêmement riche et difficile à résumer. Au-delà des évènements racontés, Tolstoi développent des réflexions sur divers sujets et livre sa vision des évènements de l’époque. J’ai trouvé les premiers chapitres un peu difficiles car j’avais du mal à m’y retrouver parmi les nombreux personnages introduits. (L’édition que j’avais comporte en annexe une explication sur les diminutifs des prénoms russes qui m’a été très utile). Mais au final, je ne regrette pas du tout de m’être lancé dans cette lecture qui s’est révélée passionnante par ailleurs.

    Le Tigre des neiges est un manga qui raconte l’histoire de Uesugi Kenshin, un seigneur de guerre du 16e siècle. L’auteure part du principe que Kenshin aurait été une femme (car apparemment il y a bien un doute là dessus) et retrace son parcours. Je ne suis pas amatrice de manga mais celui-ci a été un coup de cœur. La série permet de découvrir un pan de l’histoire du Japon mais si vous n’y connaissez rien, pas de problème, l’auteure a pensé à vous en ajoutant des apartés pour simplifier la vie aux nuls en histoire. J’attends avec impatience d’avoir le 7e tome.

    “Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.” JR.

    [ spoiler=NOARLAAAK !!!][ img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/11/04//19110409503225014916493113.png[ /img][ /spoiler]

    #151993
    Crys
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    De mon côté, j’ai lu Sabotage, d’Arturo Perez-Verde, on me l’a offert à Noël. Je partais plutôt avec un capital sympathie, vu que j’avais plutôt bien aimé lire ses Capitaine Alatriste il y a quelques années (je n’avais pas terminé le cycle mais c’était tout de même très plaisant !). Fi des capes et des épées de ce cycle-ci, son nouveau héros est cette fois un agent des services secrets de Franco pendant la Guerre d’Espagne. Bon, sur ce point, je suis pas sûr d’adhérer au postulat de départ de l’auteur. Même s’il a beau dire que son héros n’est pas un gentil tout au long des pages, faire le choix de le placer du côté des franquistes me fait bizarre (je tiens à préciser qu’une des seules représentations de l’Espagne de Franco dans mon esprit est Le Labyrinthe de Pan). Mais bon, passons sur ce point. Pour le reste, on frôle l’inutilité. L’agent Falco est envoyé à Paris pour saborder l’auteur Léo Bayard (double de Malraux fictionnel) et sa compagne Eddie Mayot (Lee Miller) et au passage détruire Guernica qu’est en train de peindre Picasso. Autant dire, une mission « impossible ». Sauf qu’en fait, le héros réussit tout, il est trop beau, il est trop séduisant, trop intelligent, trop expérimenté, trop tout. Bref, il est trop tout pour être intéressant, et par moment, je me suis demandé si le contexte historique et politique n’était pas juste un enrobage pour coller du cul un peu partout. Car le héros, puisqu’il est un super séducteur, se tape tout ce qui bouge, depuis les amies américaines dans un plan à trois jusqu’à la chanteuse noire du bar de son pote. Et elles sont toutes folles de lui, bref, on est en plein dans les tropes du genre qui n’ont rien compris à la période dans laquelle on vivait aujourd’hui (le livre est de 2020) et dans l’ensemble, cette histoire d’agent secret fourre-tout, c’est quelque chose que je ne veux plus lire. J’ai été jusqu’au bout, par espoir d’un sursaut, mais non, j’ai vraiment eu l’impression d’un auteur machiste (parce que quand même, les femmes sont moins intelligentes que les hommes, faut pas déconner) qui assouvit ses fantasmes en s’appuyant sur l’argument de « c’est la société de l’époque, bébé ! ». Quant au final, il est couru d’avance et se révèle insignifiant.

    Donc à fuir.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois et 2 semaines par Crys.
    #152023
    R.Graymarch
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    L’Étrange défaite de Marc Bloch

    Livre assez court qui cherche les raisons de la défaite de la France en 1940. « T’es gentil, Gray mais des livres comme ça, il y en a des centaines ». Oui, c’est vrai, mais là c’est un écrit par un historien (« moui »), de renom (« admettons ») qui était sur place comme capitaine (« ah ? ») et qui a écrit ça entre juillet et septembre 1940 (« pardon ??? »)

    Ce livre a une énorme réputation (d’ailleurs je l’avais fait deviner il y a 2 ans et demi) car son auteur est un historien majeur et aussi par le fait que sa perception de la situation alors qu’il n’a ni recul ni d’archives a fait date car c’est encore pertinent. En plus, en 1939, Bloch a la cinquantaine et 6 enfants quand il rempile à son grade de 1918 alors qu’il aurait pu rester loin du front. Après l’écriture de son livre (publié seulement en 1946), il rejoignit la Résistance, fut arrêté en mars 1944, torturé par Klaus Barbie et mourut fusillé avec 27 autres résistants le 16 juin 1944.

    Aura prestigieuse mais le début (enfin juste après la présentation qui cloue au sol) est un peu laborieux. Bloch expose les faits, raconte ce qu’il a vu quand il était soldat (si je résume : il s’occupait des dépôts de carburant et a suivi l’armée française dans le Nord, en Angleterre, Normandie, Bretagne). J’imagine qu’il utilise sa méthode universitaire et raconte tout par le menu. Certaines « anecdotes » sont assez confondantes, il faut dire.

    Petit à petit, sa plume (très précise) prend de la hauteur quand, après avoir exposé la situation et reconnu la supériorité de la préparation allemande (même s’il déteste le nazisme), il cherche « à qui la faute ? ». Là, ce profond patriote refuse d’incriminer des personnes mais plutôt des corps, des entités. Et tout le monde en prend pour son grade (lui y compris) : la bureaucratie, la gérontocratie et l’avancement à l’ancienneté, le commandement militaire, les politiques (de tout bord), l’enseignement, les bourgeois, les ouvriers, les alliés britanniques. Mais affleure aussi un sentiment de gâchis pour la jeunesse qu’il veut préserver (il préfère envoyer les vieux au front… comme quoi il joint les actes à la parole). Son final est plein d’espoir ce qui est assez déroutant, en septembre 1940.

    L’édition que j’ai eue avait quelques ajouts de 1942 en notes, puis son testament (« au cas où ») de mars 1943. Testament court mais fort. Alors qu’on affronte nous même une étrange défaite contre un virus, il y a des échos du passé qui piquent un peu

    Récemment le podcast (en principe sur le jeu de rôle) la cellule a fait un épisode sur Bloch et L’Étrange défaite : si vous avez 2h56, c’est par là.

     

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    #152142
    O’Cahan
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    Merci pour ton commentaire Gray, je dois lire ce livre depuis des années, ça me relance pour bientôt m’y mettre.

    please mind the gap between your brain and the platform

    #152143
    R.Graymarch
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    Je t’en prie, ça me fait plaisir.

    J’ai réécouté les 3h de podcast après mon message. Romaric (qui a fait de la philo, donc a beaucoup plus de compétences que moi pour ce genre de choses^^ Il n’en avait jamais entendu parler, ce que je trouve étonnant vu son parcours. Mais ça l’a conquis) est beaucoup plus enthousiaste dans sa formulation que moi dans mon pauvre texte au-dessus. Il arrive à parler de l’apport de Bloch à l’histoire (école des Annales, histoire immédiate) et à intégrer L’Étrange défaite dans la perspective de son œuvre, de sa vie et de ses combats. Cela va du combat pour la jeunesse, du sens du collectif, de la raison pourquoi certaines de ses phrases sont reprises par des gens qui sont plutôt éloignés de ses valeurs, tout en soulignant les prises de position très actuelles par rapport à la situation sanitaire qu’on est en train de vivre et des communications qu’on reçoit. C’est passionnant car je trouve que cela « tire vers le haut » ce texte en soulignant son importance au delà de l’analyse historique de la défaite de 1940.

     

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    #152531
    FeyGirl
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    La Fracture, de Nina Allan.

    Comment le décrire ? Étonnant mariage de littérature introspective, de policier, de science-fiction, voire d’un brin d’ambiance fantastique, ce récit éclaté dans le temps et dans l’espace est avant tout une expérience de lecture.

    1994, à Manchester, la jeune Julie disparaît et la police ne la retrouve pas. La vie de ses parents et de sa sœur Selena sera profondément marquée par ce vide. Pourtant, 20 ans après, Julie contacte Selena et demande à la rencontrer. Ce que raconte Julie de son vécu est énigmatique et intrigant. Où est la vérité ?

    La narration s’aventure dans le passé et le présent, prend le temps de découvrir le quotidien de personnages dont le destin est bouleversé et s’attarde sur les souvenirs de Julie. Les pièces éparses du puzzle se dévoilent, tantôt elles éclairent le mystère et tantôt elles le renforcent. Tout comme sa sœur Selena, nous doutons tout en souhaitant y croire.

    Histoire à la fois ancrée dans la réalité, et troublante par les multiples possibilités de réponses, sa lecture encourage à se laisser emporter par un univers qui, parfois, effleure la folie.

    Je remercie les éditions 10/18 et NetGalley pour l’envoi de ce livre, à l’occasion de la sortie en version poche de ce roman.

    #152534
    Papadoc
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    Suite à un concours de circonstances qu’il serait trop fastidieux de raconter ici, j’ai acquis et lu « The Last Unicorn » de Peter S. Beagle.

    Je pensais avoir manqué un classique du genre (comme cela m’arrive trop souvent cf la Horde du Contrevent, Watership Down) que tout le monde connaît déjà (date de 1968), mais a priori, si c’est bien un livre de référence, il n’est pas (encore) cité sur le forum.

    Et j’ai pris une sacrée claque. Le (court) roman est monté direct sur le podium de mes gros coup de coeur de fantasy, en égalité avec Stardust de Gaiman.

    Le livre sait se vendre avec la critique très positive de Patrick Rothfuss, bien dithyrambique à l’américaine : « The Last Unicorn is the best book I have ever read. You need to read it. If you’ve already read it, you need to read it again »

    Mais il vaut vraiment le détour et se lit facilement (294 pages écrites assez gros).

    Le pitch : une licorne vit tranquillement dans son bois enchanté. Des chasseurs de passage vont lui faire prendre conscience qu’elle (c’est en effet une licorne femelle) est la dernière de son espèce. A contrecoeur, elle quitte donc son bois pour se lancer à la recherche de ses frères et soeurs.

    Une structure de quête classique, des personnages attachants, un mélange d’imagerie de conte avec des éléments modernes.

    Le style m’a accroché non pas dès l’incipit, mais peu de phrases après : « (…) possessing that oldest, wildest grace that horses have never had, that deer have only in a shy, thin imitation and goats in dancing mockery »

    On en ressort avec une douce mélancolie, bien qu’un peu moins triste qu’à la fin du Seigneur des Anneaux, et le désir de croiser un jour, au détour d’une randonnée, une brève vision de ce mythique animal.

    Donc je le recommande très très chaudement pour ceux qui aiment les contes classiques et poétiques.

    Je vais ensuite sur le sujet film parler de l’adaptation de 1982.

    "C'est d'une simplicité absurde, comme la plupart des énigmes quand on en voit la réponse."

    Hodor! [Casting 2019]

    #153135
    R.Graymarch
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    À la ligne – feuillets d’usine de Joseph Ponthus (2019)

    Joseph Pontus a fait des études de lettres avant d’aider des jeunes en difficulté en région parisienne (ils en ont tiré un livre Nous… la cité en 2012). En 2015, il rejoint son épouse à Lorient. Au chômage, il s’inscrit dans une agence d’intérim et décroche des postes courts en tant qu’ouvrier dans l’industrie agro-alimentaire (fruits de mer, poisson, abattoir). Il raconte ici son expérience, sous forme de vers libres : des phrases courtes, mais pas vraiment de la poésie. Aucune ponctuation à part des majuscules en début de phrase. Une sorte de flot continu, comme celui de la ligne des usines, qu’il a écrit pendant plusieurs années en revenant du travail.

    C’est un livre assez court qui surprend par sa forme mais ne m’a jamais ennuyé. Ici, vous ne trouverez pas d’analyses sur la condition ouvrière ni de pamphlet contre le capitalisme. Non, c’est « juste » le quotidien d’un homme que rien n’avait préparé à devenir ouvrier intérimaire dans l’industrie agro-alimentaire et qui raconte comment il s’en sort (ou pas) : les postes de nuit, les week-ends où on ne fait rien à part tenter de retrouver sa force de travail, le décalage avec sa femme, le fait de lire des textos à 3 heures du matin, les collègues qui aident, ceux qui font tout foirer, les « huiles » qui débarquent dans une usine Potemkine, les rituels pause café clope, les tentatives de récupérer les produits dont on s’occupe, le bruit, les douleurs (au corps, à l’âme), les odeurs, l’abrutissement du boulot qui fait qu’il arrive à « gérer » en s’imaginant être un héros de fiction ou en chantant du Trénet, Barbara, Wampas, NTM (etc) ou en se remémorant des poèmes (d’Apollinaire au front, notamment) ou en rigolant de l’ironie de sa situation en évoquant le kamoulox ou de vieux sketchs de Fernand Raynaud.

    Le livre a reçu de multiples récompenses mais il faut bien avouer qu’on le lit différemment aujourd’hui quand on sait que l’auteur est mort le mois dernier d’un cancer. J’ai repensé à ses citations d’Apollinaire, ça prend une autre perspective.

    Un regard rare d’un auteur déjà parti. Merci Joseph (1978-2021)

     

     

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    #153141
    DNDM
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    Rhaa mais arrêtez de faire grimper ma pile à lire les gars.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #153142
    R.Graymarch
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    Hey mais c’est court ^^ Et si tu cherches, il y a plein d’interviews vidéos où il parle de son livre. Ca ne remplace pas la lecture mais ça prend moins de temps 🙂

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    #153513
    Aerolys
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    Il y a moins d’une semaine, j’ai terminé La saison des orages de Andrzej Sapkowski, roman à part dans le cycle du sorceleur. Roman que j’ai beaucoup aimé, d’ailleurs. J’ai entendu certains dire que c’était une succession de quêtes secondaires, ce que je n’ai pas trouvé… J’ai trouvé celles-ci bien reliées entre elles, que ce n’était pas des quêtes sans lien entre elles, que c’était une succession logique d’événements.

    Toutes les plus belles histoires commencent par une brique sur le pied.

    Si Theon ouvre un bar, c'est le Baratheon.

    Spoiler:
    #153572
    Nymphadora
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    Mais qui a attrapé le bison de Higgs ? de David Louapre

    Chercheur en physique, David Louapre est le créateur de la chaîne YouTube « Science étonnante ». Vulgarisateur dans l’âme, il signe ce bouquin très bien construit de vulgarisation scientifique. Loin de se cantonner à la physique, le livre aborde pas mal de questions qui vont des maths (« montrez moi un sujet de recherche en maths intelligible » avec la suite de Syracuse notamment) à la chimie (« pourquoi le Pastis se trouble quand on y met de l’eau ? »), à la biologie (théorie de l’évolution notamment).  Au total, il y a une vingtaine de questions, allant des petites curiosités à des sujets  plus universaux (d’où vient la Lune ? par exemple) Chaque question fait l’objet d’un petit chapitre introduit par l’auteur via un dialogue avec ses petites filles. Didactique, très bien mis en page, et limpide, c’est un chouette bouquin de vulgarisation (peut être parfois limite trop vulgarisé ? En tous cas on risque pas de se perdre, ça se lit tout seul.)

    Pour ceux qui souhaitent aborder les sciences avec légèreté et loin des équations, le livre est vraiment très bien fichu.

    ~~ Always ~~

    #153751
    Aerolys
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    En début de semaine, j’ai terminé les Contes des sages celtes de Patrick Fischmann.

    Le recueil regroupe des contes (spoiler) celtes (double spoiler). On retrouve de la mythologie et des légendes irlandaises, écossaises, bretonnes et du Pays de Galles (la cité d’Ys, Dadga, Etaine, La Morrigan,…) mais également trois contes appartenant au cycle arthurien (notamment le conte de Perceval et du Roi pêcheur).

    C’est une très bonne porte d’entrée pour la mythologie celtique (et si on s’intéresse à la mythologie arthurienne même si c’est assez minoritaire dans ce recueil).

    Toutes les plus belles histoires commencent par une brique sur le pied.

    Si Theon ouvre un bar, c'est le Baratheon.

    Spoiler:
    #153899
    R.Graymarch
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    L’Anomalie d’Hervé Le Tellier (2020)

    Comme Lapin Rouge (et plus haut Corondar), j’ai lu ce livre. J’ai bien aimé, surtout pour son final même si… bref voyez en dessous. Cela dit, ça va être dur d’en parler (du livre, et du final encore plus). J’ai l’impression que l’auteur, que je ne connais pas, est un petit malin : il y a énormément de passages plaisants, rigolos, de clins d’oeil à notre monde actuel (au point que je me demande si cela sera encore lisible dans 50 ans). Il ne nomme pas le président américain mais on dirait qu’il s’est trompé. En revanche, on mentionne un peu la pandémie de 2020 (hum)

    Le livre prend son temps à présenter les personnages (beaucoup de personnages), à faire en sorte qu’on se rende compte qu’il y a beaucoup de références au titre dans l’ouvrage en lui-même. Puis on passe à l’événement et à ses suites. A part les parties rigolotes, j’ai pris ça un peu comme une étude de cas, honnêtement plutôt bien faite car très variée. Et puis arrive la fin et là, c’est très abrupt et surtout ça peut vous emmener dans des affres de réflexion sans réponse. Ou alors on se dit que l’auteur est un Oulipien et qu’il y a certains indices dans le livre qui disent qu’il vaut mieux ne pas chercher. Je note une très bonne utilisation de dés de rôlistes d’ailleurs

    Coup de génie ou arnaque, je vous laisse juges, mais en tout cas, c’est sacrément singulier. A lire avant juin 2021, c’est probablement encore plus savoureux !

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    #153911
    Le_Tardif
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    L’Anomalie d’Hervé Le Tellier (2020)

    Je l’ai commencé hier soir ^^

    Pour l’instant je n’en suis qu’au troisième chapitre, mais j’aime beaucoup le style de l’auteur. Les personnages sont intéressants, sans doute pas révolutionnaires. Pour l’intrigue, je ne peux pas encore me prononcer !

    Not today.

    #154308
    Crys
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    Une belle surprise au détour d’un rayon de la médiathèque avec Nous sommes l’étincelle de Vincent Villeminot (2019). Je ne connaissais pas du tout cet auteur, mais c’est franchement un coup de cœur et je vais suivre ce qu’il fait de près. Alors attention, si le contexte politico-social actuel vous met déjà le moral au fond des chaussettes, c’est sans doute à peu près aussi recommandé que Years and Years de Russel T. Davies. la série.

    L’ouvrage est fait de deux récits croisés. D’un côté des gamins en vadrouille dans la Forêt, devenue pourtant une zone interdite aux humains, en 2061, et de l’autre, leurs parents, leurs grand-parents, leurs luttes personnelles et collectives, ce qui a amené à la situation depuis les années 2020, lorsqu’ils étaient encore mineurs. Le tout dans un roman estampillé « Jeunesse », ce qui peut surprendre. On y parle clairement de violences, physiques, verbales, sexuelles (un personnage parle à une fille de 16 ans de « la lui mettre dans le cul » sans faire de métaphore, âmes sensibles s’abstenir) et sociales. C’est à la fois très dur et très frais, grâce à la langue maniée par l’auteur. Tout fait ici écho aux Marches des jeunes pour le climat, aux ZAD démolies à coups de bulldozers, à l’encadrement du futur SNU, bref, impossible de ne pas voir dans cette histoire l’idée évidente que le futur, c’est maintenant. Il n’y a qu’à voir le triste constat d’une Loi sécurité globale évoquée par l’auteur en 2019 comme potentiellement votée en 2024.

    Bref, je ne sais pas si je résume bien, mais si le roman est résolument engagé (militant serait trop fort), s’il fait de ses héros des rebelles, il porte tout de même un regard critique sur l’expérience du retour à la nature, notamment sur la violence qu’elle induit implicitement, et auxquels les personnages ne sont pas toujours prêts, ce qui tend à renforcer le roman qui n’est jamais moralisateur. Enfin voilà, ruez-vous dessus si cette brève présentation vous a plu, il vient de sortir en poche, et l’auteur manie vraiment très bien les mots ! 🙂

    Le roman est édité chez Pocket Jeunesse, mais clairement, il n’est pas à mettre dans les mains de tous les ados qui pourraient en ressortir un brin choqué. Je pense que cela tient à la relation de l’auteur avec son éditeur, car clairement, on est en face d’un truc qui n’aurait jamais été publié dans cette catégorie si Villeminot n’avait pas déjà été installé au sein de la maison d’édition.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 mois par Crys.
    #154931
    DNDM
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    Binti, de Nnedi Okorafor

    Prix Hugo et prix Nebula de le meilleure novella 2016, pour la première partie de ce récit.

    De la SF young adulte afrofuturiste, dans laquelle on suit une jeune fille qui se débat entre traditions et aspirations personnelles.

    Pitch (pas vraiment représentatif): Binti est maîtresse harmonisatrice du peuple Himba (après 300 pages je suis toujours pas vraiment capable d’expliquer ce que ça veut dire, « maîtresse harmonisatrice »). Son peuple ne quitte jamais sa terre. Mais l’incroyable don pour les mathématiques de l’adolescente lui ouvre les portes de la prestigieuse université interplanétaire Oomza. Dès les première pages, elle fugue de la maison pour rejoindre l’université, avec dans la poche un étrange artefact trouvé dans le désert quand elle était petite. Mais au cours du trajet interplanétaire, les Méduses, ennemies millénaires des humains, abordent le vaisseau et massacrent tous les passagers.

    Du coup on suit un petit génie des maths qui, quand elle panique, récite des équations et divise des trucs par deux, qui est « maitresse harmonisatrice » (me demandez pas), qui peut générer du courant avec ses mains (pas trop compris non plus, ça se trouve c’est lié au titre précédent, ça se trouve non), qui a dans la poche un artefact ancien plein de mystère, et qui par tradition se couvre le corps et les cheveux d’otjize (ce qui va s’avérer important également). Ajoutez à cela un autre petit upgrade spoiler acquis en cours de route lors de la première novella, et vous obtenez un personnage qui est quand même assez cheaté, quelque part – et ça va même pas s’arrêter là, d’ailleurs, la 3e novella rajoute encore une couche.

    Mais c’est pas grave, parce que ça se lit bien. La plume de Nnedi Okorafor est claire et joliment tournée, on entre vraiment dans la tête de cette jeune fille, et les 300 pages de cette édition française passent toute seule. L’univers à la fois hyper lourd traditionnellement et très futuriste est assez étonnant, tout comme pas mal de réactions de l’héroïne ou de son entourage (on peut aussi parler de facilités scénaristiques, parfois, avec des situations qui ne tiennent debout que parce que tout le monde, collectivement, décide d’ignorer l’éléphant dans la pièce), mais la plume fait passer le tout.

    Le problème, en fait, c’est surtout l’édition française, qui reprend:

    • Binti (la novella de 2015),
    • Binti: feu sacré (un nouvelle ajoutée tardivement)
    • Binti: home (2017)

    … Et qui s’arrête là, sans préciser qu’il y a derrière Binti : The Night Masquerade (2018), qui apparemment conclut l’histoire. Cette novella de 250 pages sera pourtant publiée en français, toujours par le label Naos, sous le titre Binti 2, en mai 2021. Mais il m’a fallu regarder la page wikipédia de Nnedi Okorafor pour le découvrir. Du coup, avec Binti tel que paru en français, on enchaine trois novellas plus ou moins indépendantes, et à la fin on reste sur une impression étrange, sans comprendre si on a là un cliffhanger ou si ça s’arrête comme ça.

    Bref, j’ai plus qu’à lire Binti 2 pour pouvoir me faire réellement un avis.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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    #155598
    Ser Damien Florent
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    La Croisade noir du Jedi Fou de Timothy Zahn

    L’improbable alliance entre le dernier Grand amiral de l’Empire et un Maitre Jedi oublié reclus sur une planète isolée. Le premier veux vaincre la Nouvelle République, qu’il continue d’appeler « la Rébellion » et le second rêve d’une domination des Jedis sur les êtres « inférieurs ».

    Ce roman fait partie de l’univers Legends, l’ancien univers étendus que Disney à mis à la poubelle, il présente donc un futur alternatif au nouveau canon mis en place avec la postlogie. D’ailleurs de nombreux fans voulaient qu’il serve de base aux épisodes 7, 8 et 9.

    Il introduit le Grand Amiral Thrawn (depuis Disney l’a inclus dans certaines séries animées), génie de la tactique et de la stratégie, froid et calculateur. de part son intelligence il met a mal la jeune république. Autre personnage emblématique de l’univers Legends fait son apparition, la contrebandière Mara jade qui voue une haine tenace a Luke Skywalker car « il lui aurait tout pris ».

    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, on y découvre des nouveaux mondes, des nouveaux personnages, de nouveaux enjeux sans que cela ne paraisse fouillis un seul instant. Luke y est encore un jeune Jedi, pas très sûr de ses capacités, son coté boy-scout le dessert a quelques reprises. Ses amis et sa sœur sont là aussi pour lui prêter main forte dans la sauvegarde la république.  Les différents personnages et différentes facions s’entrecroisent, s’allient ou se trahissent en fonction de leurs objectifs à courts ou long terme, il est difficile même de définir qui est le personnage principale du roman. Si je devais émettre une réserve, c’est que la fin que je trouve un peu rushée, ou alors je ne voulait pas que ça se termine 😉

    pour résumer, je le conseille fortement !

    You're gonna carry that weight

    #155608
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    Richie, de la journaliste Raphaëlle Bacqué.

    Portrait géant de Richard Descoings (le flamboyant directeur de Science Po retrouvé mort dans une chambre d’hôtel New Yorkaise en 2012), et en même temps d’une certaine élite parisienne. On y croise plein de gens du petit monde intellectuellomédiatique, et quelques noms qui depuis ont fait les gros titres pour d’autres raisons – DSK, Olivier Duhamel, même Juan Branco au détour d’une page.

    Le sujet principal est un peu passé d’actu, on se demande s’il aurait été traité de la même façon post metoo, et bon, tout cela reste un peu un bouquin pour initiés, quand même. Mais excellente plume, qui fait vivre en quelques lignes des personnages bigger than life et pourtant réels, et qui donne envie de lire les autres livres de l’autrice.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #155787
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    Deux novellas parues dans la collection Une Heure-Lumière des éditions le Bélial:

    Amazon.fr - Issa Elohim - Kloetzer, Laurent - LivresIssa Elohim, de Laurent Kloetzer. Dans un camp de réfugié, une journaliste enquête sur l’apparition mystérieuse d’un homme  qui, selon la rumeur, pourrait être un Elohim, c’est-à-dire un extraterrestre, ou peut-être autre chose.

    De la SF moderne (2018) et française, plutôt orientée sur un mix de vision sociale du monde et d’émerveillement, sans explications. Ca tire un peu vers le merveilleux, vers les questionnements sur les croyances. Bien écrit, jolie plume. Mais bon, la fin laisse sur sa faim, et quelques jours après la lecture, franchement il ne m’en reste pas grand-chose.

     

     

    Retour sur Titan - Stephen Baxter - Babelio

     

    Retour sur Titan, de Stephen Baxter. Loin dans le futur, un type se retrouve embrigadé de force dans une expédition illégale visant à prouver que Titan, le satellite de Saturne, n’héberge aucune intelligence digne de ce nom, afin qu’un entrepreneur puisse construire une autoroute stellaire par dessus (je simplifie mais c’est l’idée). Evidemment, ils vont découvrir tout autre chose.

    De la SF moderne (2010, 2018 pour la traduction française) et britannique qui cherche à renouer avec l’âge d’or de la SF, celui du sense of wonder à la Arthur C. Clarke. Belle ambition, tâche difficile, résultat entre deux eaux, qui lorgne parfois un peu trop vers la hard science, parfois un peu trop vers le (mini) space opera. J’ai plutôt bien aimé, malgré des défauts et des choses peu convaincantes. Ca se lit seul mais ça fait apparemment parti du Cycle des Xeelees, cycle apparemment plutôt orienté hard SF et composé d’une dizaine de romans et d’un tas de nouvelles – ce qui peut expliquer cette impression d’entre-deux-eaux, d’univers à la fois trop et pas assez détaillé, d’histoire reposant sur une vertigineuse idée scientifique mais qui s’attarde aussi un peu trop sur des choses annexes et des détails scientifiques. Dommage.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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