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  • Ce sujet contient 385 réponses, 67 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Crys, le il y a 1 jour et 14 heures.
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  • #143973
    Aerolys
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    De mon côté, j’ai terminé Le pays d’Octobre de Ray Bradbury il y a deux jours. C’est un recueil de 19 nouvelles et comme chaque recueil, certaines m’ont marqué, d’autres moins et je n’ai pas aimé certaines. Avant Le pays d’Octobre, j’avais déjà lu quatre œuvres du même auteur, dont deux recueils de nouvelles (Chroniques martiennes et L’homme illustré dont je vous conseille la lecture vivement (surtout le premier)) et il est clair que, pour moi, Le pays d’Octobre est en-dessous des autres oeuvre du même auteur.

    Je vous fais un petit listing des nouvelles et de ce que j’en ai pensé :

    • Le nain : c’est une bonne nouvelle, quelconque quand on a déjà lu des nouvelles de l’auteur. Disons que ça reste du « Bradbury pur jus ».
    • Au suivant : celle-ci, même si elle n’a rien d’extraordinaire, m’a laissé un bon souvenir. L’action se déroule dans une petite ville au milieu de nulle part. J’adore quand l’action se déroule dans un espace restreint et paumé (genre un petit village/hameau), c’est sans doute pour ça que j’en garde un agréable souvenir;
    • Le jeton de poker vigilant d’Henri Matisse : celle-ci, par contre, je n’ai pas du tout aimé. Je l’ai trouvé assez vide, sans intérêt. Je n’ai pas pris de plaisir à la lecture de celle-ci.
    • Squelette : même si je n’ai pas aimé le personnage de cette nouvelle et que la nouvelle est oubliable en soi, j’ai bien aimé la conclusion.
    • Le bocal : cette nouvelle tourne un peu autour du pot (sans mauvais jeu de mot). Pas qu’elle soit mauvaise en soit mais je pense que l’auteur aurait pu faire quelque chose de plus intéressant avec, aller plus loin avec les éléments qu’il a mis en place.
    • Le lac : toute première nouvelle « originale » de l’auteur (selon ses dires). Une nouvelle très courte (10 pages dans ma version). Malgré le fait quel soit très courte, c’est une bonne nouvelle, la première qui m’a vraiment marqué (même si les suivantes m’ont plus marqué que celle-ci). J’ai enfin retrouvé ce petit truc inexplicable qui fait que Bradbury est mon auteur préféré. Je l’aurais sans doute oublié dans quelques temps mais, ça reste une petite nouvelle sympatoche.
    • L’émissaire : c’est vraiment à partir de cette nouvelle que le recueil devient intéressant. Un enfant malade est cloué au lit et son chien lui sert « d’émissaire » de ce qui se passe en-dehors de sa chambre. Dans cette nouvelle, c’est surtout la fin qui m’a marqué. Il y a un aspect terrifiant et qui m’a frustré. J’avais peur pour l’enfant et son chien et je voulais savoir s’ils s’étaient vraiment menacés ou si ce n’était que le peu d’informations et le contexte qui faisaient que je craignais pour eux. Une bonne nouvelle.
    • Canicule : Encore une bonne nouvelle (même si elle n’est pas exceptionnelle). Même si elle n’est pas aussi bonne que la précédente, il y a ce côté « est-ce que ce que pense et dise les personnages principaux est vrai ? Est-ce qu’ils se montent la tête pour rien ou est-ce vrai ? » (Il me semble que c’est du fantastique (Bradbury en a écrit beaucoup)). Bref, une bonne nouvelle.
    • Le petit assassin : une nouvelle bien rythmée, j’ai trouvé. L’auteur arrive à maintenir un certain rythme dans sa nouvelle qui fait que je ne me suis pas ennuyé à la lecture. Encore une bonne nouvelle.
    • La foule : celle-ci m’a laissé indifférente. Elle est beaucoup mieux que certaines. Il y a ce côté angoissant que j’aime bien mais, même si j’en garderais un bon souvenir, elle est juste « moyenne », coincée entre le bon et le mauvais.
    • Le diablotin à ressort : j’ai beaucoup aimé celle-ci. Celle-ci se passe à l’intérieur d’une grande maison. A la lecture, j’ai pensé au manga Dédale de Takamichi. J’ai eu l’impression d’y retrouvé la même ambiance. Même si quelques éléments narratifs (enfin, surtout un) sont évidents (tel un poing dans la figure), la nouvelle reste bien écrite et agréable à lire. Même si je ne suis pas doué avec les allusions, j’ai pu facilement faire certains parallèles.
    • La faux : ma nouvelle préférée du recueil. Une famille, dont le père est un agriculteur ayant perdu tout ce qu’il avait, prend la route et tombe sur une ferme abandonnée depuis peu. Le père retrouve enfin un emploi, une raison de vivre, un toit et de quoi nourrir sa famille. Mais tout ne se passe pas comme cela devrait l’être. Je ne vous en dis pas plus et je vous conseille vivement de lire cette nouvelle.
    • Oncle Einar : une nouvelle qui n’a rien de spéciale mais dont j’ai trouvé la lecture agréable. Je n’ai vraiment pas grand chose à dire sur celle-ci.
    • Le vent : l’ambiance de cette nouvelle est extra. Pendant que je lisais cette nouvelle, je regardais également The Haunting of the Bly Manor donc, j’étais parfaitement dans l’ambiance. Une très bonne nouvelle dont je m’en rappellerais longtemps, je pense.
    • Le locataire : une excellente nouvelle également. J’étais absorbé dans cette nouvelle de bout en bout. Comme la précédente (et celles qui vont venir ensuite), cette nouvelle m’a marqué et je m’en souviendrais pendant un bon moment.
    • Il était une vieille femme : même si je l’ai trouvé moins bonne que les précédentes, elle reste une bonne nouvelle. Celle-ci montre, d’après moi, que Ray Bradbury sait gérer l’ambiance dans ces écrits.
    • Le collecteur : celle-ci m’a laissé indifférent. L’ambiance est ici très bien gérée mais je n’ai pas réussi à vraiment accroché au récit.
    • La réunion : encore une très bonne nouvelle. On retrouve l’Oncle Einar et j’y ai vu plusieurs clin d’œil à d’autres nouvelles. La nouvelle raconte l’histoire d’un jeune garçon différent des autres membres de sa famille et qui essaye d’y trouver sa place tout en sachant qu’il sera toujours à part. Une nouvelle fort sympathique et dont j’ai beaucoup apprécié la lecture.
    • La mort merveilleuse de Dudley Stone : une très bonne nouvelle qui m’a mis de bonne humeur. L’histoire est superbement racontée et dont j’ai été pressé d’en lire la fin pour voir où celle-ci allait me mener. Et c’est sur cette agréable nouvelle que se conclut le recueil.

    Les premières nouvelles m’ont fait très peur. Elles me laissaient indifférent ou ne réussissait pas à me passionner mais celles-ci deviennent meilleures (à mes yeux) au fur et à mesure me laissant terminer le recueil sur une bonne note. Je m’attaque dès à présent à L’arbre d’Halloween du même auteur.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 mois et 3 semaines par Aerolys.

    Toutes les plus belles histoires commencent par une brique sur le pied.

    Si Theon ouvre un bar, c'est le Baratheon.

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    #144150
    DNDM
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    L’adversaire, d’Emmanuel Carrère. Récit-portrait racontant l’affaire Romand (un genre d’affaire Xavier Dupond de Ligonnès, avec plus de mensonges et moins de mystères au final). Morbidement fascinant, écrit avec un vocabulaire riche et précis, mais pas forcément une révélation.

    Watership Down, de Richard Adams. Enorme coup de cœur, de la poésie – fantasy naturaliste à lire aboslument, de 7 à 77 ans. Lu après recommandation de Lapin Rouge. J’ai ouvert un sujet dédié, du coup.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #144157
    R.Graymarch
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    L’adversaire, d’Emmanuel Carrère. Récit-portrait racontant l’affaire Romand (un genre d’affaire Xavier Dupond de Ligonnès, avec plus de mensonges et moins de mystères au final). Morbidement fascinant, écrit avec un vocabulaire riche et précis, mais pas forcément une révélation.

    Je ne sais plus si j’ai vu le film (2002 de Nicole Garcia et avec Daniel Auteuil). Ca a beaucoup fait causer bien entendu (le mec qui arrive à faire croire pendant des décennies qu’il a un poste stable alors que non). Épilogue : il a été libéré sous bracelet électronique mi 2019, pour 2 ans.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #144166
    Lapin rouge
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    L’adversaire, d’Emmanuel Carrère. Récit-portrait racontant l’affaire Romand (un genre d’affaire Xavier Dupond de Ligonnès, avec plus de mensonges et moins de mystères au final). Morbidement fascinant, écrit avec un vocabulaire riche et précis, mais pas forcément une révélation.

    J’avais adoré ce livre, lu lors de sa sortie. Les faits réels sont déjà incroyables, mais la manière dont ils sont scrutés et démontés par Carrère, qui nous fait entrer dans la tête du principal protagoniste, m’avait captivé. Dans le même genre, je conseille le classique « De sang froid », de Truman Capote. Et si vous voulez un aperçu de l’écriture fictionnelle de Carrère (qui sait comme personne instiller le malaise), « La classe de neige » ou « La moustache » sont très bien aussi.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #144167
    Nymphadora
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    Dans le même genre, je conseille le classique « De sang froid », de Truman Capote.

    « De sang froid » de Truman Capote est effectivement un superbe livre : un fait divers sordide et un portrait sans concession, précis, documenté, mais emprunt d’une humanité saisissante des meurtriers qui en disent beaucoup sur l' »Amérique profonde » de l’époque. C’est un monument à lire, ce bouquin <3

    ~~ Always ~~

    #144339
    Aerolys
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    J’ai terminé L’Arbre d’Halloween de Ray Bradbury ce midi.

    Huit enfants fêtent Halloween et se rendent vite compte que l’un d’entre, Pipkin, manque à l’appel. Après l’avoir retrouvé, sans son énergie habituelle, ils partent en direction d’une étrange maison à la demande de leur ami. Sur place, ils rencontrent Montsuaire, un homme aussi étrange que sa demeure. Suite à cette rencontre, ils revoient Pipkin qui se faire capturer par une ombre. Avec l’aide de Montsuaire, ils partent dans des lieux et époques différentes à la recherche de leur ami afin de le sauver tout en découvrant les rites et traditions de différents peuples autour de la mort et du deuil.

    J’ai vraiment eu du mal avec ce livre. J’ai trouvé les phrases alambiquées ce qui m’a perdu plusieurs fois. Cependant, j’ai souvent ce problème qui est de prendre les images au premier degré ce qui rend difficile, pour moi, la compréhension de certaines comparaisons ou  phrases trop longues. Mais si vous n’avez pas cette difficulté, vous prendrez sans doute plus de plaisir que moi à la lecture de ce livre court.

    Toutes les plus belles histoires commencent par une brique sur le pied.

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    #146361
    Obsidienne
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    Puisqu’on reparle de  » La Tour Sombre  » je suis allée au bout par obstination (« on  » m’a dit que c’était bien…) et par curiosité (mais comment va-t-il se tirer de ce monde et de ces intrigues foisonnantes…jusqu’à une fin qui m’a bien déçue… Je n’en dis donc pas d’avantage…
    Du coup, je n’ai jamais lu d’autres Stephen King…il faudra que je redonne sa chance au produit retente…

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 3 semaines par R.Graymarch.

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #147068
    Amarei
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    J’ai lu beaucoup de Stephen King. Pour moi, La Tour sombre est vraiment à part. Ce n’est pas vraiment représentatif de ses autres romans donc si tu en a envie, n’hésite pas à en essayer d’autres.

     

    “Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.” JR.

    [ spoiler=NOARLAAAK !!!][ img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/11/04//19110409503225014916493113.png[ /img][ /spoiler]

    #147099
    Crys
    • Pisteur de Géants
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    Sur les conseils entr eautres de Feygirl lors des recos de la Garde et d’autres échos que j’ai pu avoir de ci de là, je me suis laissé tenté par L’Ours et le rossignol de Katherine Arden. Pour résumer brièvement, il s’agit de l’histoire de Vassia, une jeune fille qui, contrairement aux membres de sa famille et de quiconque dans son village, peut voir les esprits domestiques, sylvestres, lacustres qui vivent autour d’elle. Il s’agit d’un roman qui est le premier d’une trilogie, un peu balisé par les poncifs du genre parfois, mais le contexte de la Russie médiévale qui sert de cadre à l’ensemble suffit à faire souffler un vent de fraîcheur sur la formule. Si vous cherchez donc un joli conte d’hiver (qui m’a évoqué aussi bien les Miyazaki que les films d’animation irlandais de Tom Moore), plus à la recherche d’une atmosphère que de rebondissements, ça devrait vous plaire. 🙂

    #147123
    Nymphadora
    • Vervoyant
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    Après un premier tome réussi, j’ai attaqué le second tome de la trilogie de la Faucheuse, et je dois dire que je suis toujours agréablement surprise par l’ingéniosité de l’histoire. L’intrigue se complexifie en ajoutant des personnages intéressants, permettant de porter un autre focus sur le monde qui est développé en nous sortant de l’univers des « faucheurs », ces femmes et hommes qui donnent la mort dans une société qui a conquis la mortalité. Comme dans le premier tome, l’écriture est très efficace (c’est de la dystopie young adult, ça se lit tout seul, et perso j’ai des moments où lire ce genre de lectures popcorn ça me fait beaucoup de bien^^) et mine de rien, on continue à développer des réflexions et un monde vachement intéressants. L’histoire est efficace, les personnages attachants, le cliffhanger de fin haletant. Franchement une très bonne surprise.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 1 semaine par Nymphadora.

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    #147579
    Prydain
    • Frère Juré
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    L’impératrice de Chine, écrit par Pearl Buck ( Prix Nobel 1938). Ce roman historique retrace le parcours d’un destin remarquable d’une femme de pouvoir et d’influence, aussi redoutable que sage:  Tseu-Hsi dit  » le vieux Bouddah », qui vécut au XIX eme siècle. Le livre retrace la vie et les moeurs d’une Chine ancienne, les intrigues de la Cité interdite, entre autre chose et de la confrontation ultime d’un monde finissant en prise avec les convoitises de pays lointains de l’Ouest ; le trône du Dragon est menacé. 

    L’écriture est délicate, poétique, et terriblement envoûtante. Au fil des pages, vous êtes plongé dans ce passé méconnu et exotique, aux vapeurs opiacés et de jasmin, de l’Empire du Milieu. C’est un livre que j’ai souvent relu, avec gourmandise, comme un voyage vers l’ailleurs, en compagnie d’Orchidée, une jeune personne, dont la métamorphose vous surprendra.

    #147610
    Obsidienne
    • Pas Trouillard
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    L’impératrice de Chine, écrit par Pearl Buck ( Prix Nobel 1938). Ce roman historique retrace le parcours d’un destin remarquable d’une femme de pouvoir et d’influence, aussi redoutable que sage: Tseu-Hsi dit » le vieux Bouddah », qui vécut au XIX eme siècle.

    J’aime beaucoup Pearl Buck mais je n’ai pas lu Impératrice de Chine…une lacune apparemment !
    Je l’ai découverte par un livre de prix à la fin de ma troisième :  » Vent d’Est, Vent d’ouest « . Une jeune fille de bonne famille chinoise va se trouver confrontée à son mari ( =  son fiancé depuis l’enfance ) revenu de ses études en occident avec des idées novatrices…mais extrêmement choquantes pour elle !
    J’ai une grande tendresse pour  » Pavillon de Femmes  » qui parle également d’émancipation féminine…limitée par le contexte de la première moitié du XX° siècle parallèlement à une histoire d’amour délicate.

    Comme dit Prydan, c’est toujours très bien écrit et passionnant au point de vue documentaire !

    "Vé ! " (Frédéric Mistral, 1830-1914)
    " Ouinshinshoin, ouinshinshishoin " ( Donald Duck, 1934)

    #147648
    Ser Damien Florent
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Dernièrement j’ai lu « Ça » de Stephen King

    Après avoir été traumatisé par le téléfilm des années 90 durant ma jeunesse et avoir vu le dernier diptyque cinématographique d’Andrés Muschietti, je me suis dit qu’il fallait bien que je lise livre un jour.

    Bien que le roman soit divisé en 2 tomes, il n’est pas découpé comme les adaptations filmées. les intrigues de l’enfance et de l’âge adulte sont suivies en parallèles, et la partie enfance fait bien 70% du total, ce qui explique peut être pourquoi, dans les adaptations, la partie consacrée aux adulte à l’air plus creuse.

    Je ne suis pas très bon en critique littéraire, mais je ne saurai que top vous conseillez de lire le roman, tant des pans entiers sont passés à la trappe lors des diverses adaptations. Stephen King sait conter l’enfance à merveille (lisez « Le Corps » aka Stand By Me pour vous en convaincre) et parvient a maintenir le suspense alors même que je connaissais la fin et que la partie « adulte » nous permet de savoir avec certitude ce qu’il advient aux « enfants ».

     

    You're gonna carry that weight

    #147714
    Nymphadora
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    Binti, de Nnedi Okorafor

    Binti est une jeune fille Himba, culture isolée d’un petit bout de Terre, et vient d’être admise à l’université d’Oomza, une université interstellaire. A l’insu de sa famille, elle s’enfuit de chez elle pour poursuivre ses rêves et quitte donc pour la première fois sa planète pour partir étudier. Eux la voyaient reprendre le travail de son père, en sa qualité de maîtresse harmonisatrice, une capacité qui lui permet d' »harmoniser » ce qui l’entoure au travers de transes mathématiques. Sur le trajet, une tragédie va frapper son vaisseau… et je ne vous en dirai pas plus ^^

    Le roman est en fait un fix-up de trois nouvelles, qui se suivent comme des chapitres. La première des trois nouvelles a d’ailleurs remporté le prix Hugo 2016 de la meilleure Novella. Et c’est assez mérité : Binti est touchante, et son histoire prenante. L’univers décrit est assez original, mêlant technologies obscures, voyage spacial et espèces extraterrestres à des inspirations africaines, et nous amenant tour à tour dans l’espace, dans des lieux futuristes puis sur une terre désertique au sein d’une culture ancestrale que l’on associerait pas de prime abord avec de SF. Les thématiques des nouvelles nous parlent d’acceptation de soi et de l’autre, et de traumatisme (quelque chose que je salue d’ailleurs : souvent, les héros de l’imaginaire vivent des horreurs tous les quatre matins et passent à autre chose… là ce n’est pas le cas : notre héroïne a vécu un traumatisme que le livre n’a pas peur d’aborder de front). Binti grandit, s’émancipe de sa culture et est déchirée entre plusieurs mondes. Une jolie histoire qui devrait avoir une suite (la troisième nouvelle s’achève sur un cliffhanger assez frustrant) et que j’ai beaucoup appréciée.

    ~~ Always ~~

    #148175
    Emmalaure
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    Le Bâtard de Kosigan (tome 1), de Fabien Cerutti.
    La grosse déception de ce mois. Je n’ai pas du tout accroché à cette lecture, malgré que j’aurais bien aimé. L’idée de départ est bonne et j’étais prête à me laisser embarquer, mais à mon goût le problème principal vient de l’écriture elle-même, du héros caricatural et très « mary sue » dans le mauvais sens du terme.
    Question écriture, elle manque cruellement de naturel et de musicalité : les descriptions pourtant courtes sont très plates et on a l’impression que l’auteur rajoute des adjectifs partout parce qu’il se sent obligé de le faire (quand le paysage est sensé être beau, il ajoute « magnifique », quand un adversaire est à sa mesure, le perso principal se sent « impressionné », etc…). C’était pourtant dispensable, ces tentatives lyriques, puisque le rédacteur est le Kosigan et qu’il n’est pas un homme de lettres mais un homme d’armes. L’art de raconter (qui reste difficile, qu’on veuille adopter la simplicité de ton d’un conte ou un phrasé plus riche et plus dense) perd en fluidité et rend l’histoire complètement artificielle, avec ses ficelles narratives bien apparentes : jamais je n’ai réussi à m’imaginer le Bâtard en train de composer ses mémoires, jamais je n’ai ressenti la moindre de ses émotions (mais en a-t-il vraiment ?) et s’il y avait du second degré dans sa caricature à la « James Bond », il m’a complètement échappé.
    En outre, je me suis sentie violentée dès le tout début avec la présence elfique et l’usage de magie, puis plus tard avec des nains sortis tout droit de l’univers Donjons et Dragons (les nains sont des buveurs de bière et font les meilleures armures du « monde connu » sic, et les elfes ont un lien spécial avec la nature et les arbres… et pourtant, j’adore jouer à D&D), sans mise en condition. Bref, comme l’amour sans préliminaires et sans laisser le temps au partenaire de se mettre en conditions psychologiques pour en profiter, j’aime pas. Après ça, la facilité de Kosigan, les côtés héros superpuissant-superintelligent-superespritrebelle-supertombeur-supersombreetmystérieuxetténébreux ne me sont plus apparus que comme de gros fantasmes de l’auteur, pas même nuancés par les obstacles rencontrés puisque les dits obstacles ne servent qu’à saturer en super plus plus plus.
    Je l’avoue, je n’ai pas réussi à aller au bout du premier tome, donc je n’ai pas pu me rendre compte si au moins le Kosigan avait une ombre d’évolution psychologique. S’il y en avait une, c’est comme le second degré, elle m’a échappé aussi. Pourtant, il y a bien des moments où la sauce aurait pu prendre, comme ce tournoi qui m’a rappelé celui de la première nouvelle de Dunk et l’Oeuf.
    Bizarrement, les passages que j’ai pu apprécier sont ceux qu’apparemment la majorité des lecteurs ont moins aimé : il s’agit de la partie qui se déroule fin 19e siècle, entièrement par lettres plutôt courtes. Elles ressemblent à de vraies lettres (même avec un ton compassé), pour les premières que j’ai lues, en tous cas.

    En version courte : Cerutti est sûrement un bon historien (et peut-être aussi un très bon rôliste), mais je n’ai pas du tout été convaincue par le passage à l’écrit en format roman. J’ai regretté de rester insensible à son Moyen-Âge fantasien, mais quand ça veut pas, ça veut pas.

    #148176
    Ezor
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 963

    Un livre vient de disparaitre de ma PAL ! Je l’avais noté lors des Imaginales, mais ta critique ne donne pas vraiment envie 🙂 . J’ai eu un peu la même impression, en plus nuancée tout de même, avec Sénéchal de G. Da Rosa, que j’avais noté au même moment.
    Je n’ai pas réussi à lire le deuxième tome tant le premier était plat. L’écriture n’est pas fondamentalement mauvaise en soi mais on a un tome entier où il ne se passe à peu prêt rien d’original avec un moyen-âge assez banal et une intrigue qui peine à sortir de l’ordinaire. Da Rosa revendique une inspiration de GRRM que j’ai eu du mal à trouver.
    Ça reste un premier roman d’un jeune auteur, je veux pas trop l’accabler parce qu’il y a aussi du bon (et puis je n’ai finalement lu que la moitié), mais assez décevant.

    --Ezor--

    Spoiler:

    #148178
    Emmalaure
    • Exterminateur de Sauvageons
    • Posts : 852

    En y réfléchissant dans le prolongement de ma critique, je pense que ça vient de la psychologie indigente du personnage central : comme Cerutti ne veut rien dévoiler et garder la surprise de la fin, le récit reste en surface, on n’a que des faits, jamais d’émotion ou de ressenti (ou si peu et anecdotique). Le résultat c’est que l’ambiance n’existe pas. y’a les os, mais sans chair autour et encore moins de sang. Par exemple, il ne suffit pas d’énumérer toutes les sortes de gens qu’on peut trouver à Troyes pour que la ville prenne vie. Pour qu’un lieu prenne vie, il faut que le ou les personnages qui s’y trouvent aient une vie – et une vie intérieure qui entre en résonance avec les lieux pour en dévoiler certains aspects. Cerutti n’ose pas se mouiller de ce point de vue, tout le contraire de ce qu’on trouve chez GRRM, qui arrive à s’engager même avec Cersei ! Et pourtant, tous les persos et les lieux imaginés par GRRM commencent saturés de clichés et de « déjà vu ».

    #148422
    DNDM
    • Fléau des Autres
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    Haha, le Tome 1 du Bâtard de Kosigan je l’avais recommandé y’a un moment sur le blog. Oui, c’est pas de la grande littérature. Mais j’avais trouvé ça fun à lire quand même.

    D’ailleurs, dans la même catégorie (« c’est pas de la grande littérature. Mais j’avais trouvé ça fun à lire quand même), j’ai terminé Lontano et Congo requiem, un dyptique policier de Jean-Christophe Grangé. On y suit les Morvan, une famille bien dysfonctionnelle, avec en père un genre de Charles Pasqua de 67 ans, « premier flic de France » au passé plus que trouble, en mère une ancienne hippie désormais frappée par son mari, et trois (très grands) enfants, l’ainé flic au Quai des Orfèvres, le second trader millionaire, la troisième actrice ratée et prostituée de luxe (plus par envie de faire rager son père que par besoin). Tout ce beau monde va se retrouver imbriqué dans une intrigue bien glauque: des meurtres rappelant ceux de l’homme-clou, terrifiant serial killer arrêté par le père Morvan dans les années 70 quand il était au Congo. Mais l’homme-clou est mort en asile psychiatrique ; qui, donc, est en train de l’imiter?

    J’ai commencé le premier bouquin sans savoir que c’était un dyptique. Arrivé au bout des 800 pages, je me suis rendu compte que si la première intrigue était bouclée, pas mal de questions restaient sans réponse. En râlant un peu, j’ai donc enchainé sur le second tome (700 pages), qui nous entraine pendant une bonne partie de l’histoire au Congo, avant de revenir en France.

    Au final, même s’il m’a fallu un peu d’effort pour entrer dedans, ça se lit très bien: chapitres courts, cliffhangers et tension partout, Jean-Christophe Grangé sait happer et garder son lecteur.

    Par contre il ne sait pas franchement écrire une histoire crédible: après 1500 pages, je me retrouve avec un scénario alambiqué comme pas permis mais peu crédible, et toujours quelques détails inexpliqués. Tout se lit sans problème, mais pour que tout cela fasse à peu près sens au final, il faut accepter des trucs sans queue ni tête, des passages clichés ou bourrins, que les enquêteurs agissent n’importe comment juste parce que le scénario le demande,  et surtout que les « méchants » bénéficient de toutes les coïncidences, aides et coups de pots possibles et imaginables.

    Je lis peu de thriller policiers, c’était mon premier Jean-Christophe Grangé (même si j’avais vu le film Les Rivières Pourpres il y a bien 20 ans), et bon, de ce que m’en dit ma femme, qui lit beaucoup plus de livres de ce genre, c’est du Jean-Christophe Grangé, quoi: bourrin mais tu finis quand même le bouquin, même quand il fait 1500 pages et que dès les premières tu n’étais que moyennement convaincu.

     

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #148428
    Tizun Thane
    • Pisteur de Géants
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    Au final, même s’il m’a fallu un peu d’effort pour entrer dedans, ça se lit très bien: chapitres courts, cliffhangers et tension partout, Jean-Christophe Grangé sait happer et garder son lecteur. Par contre il ne sait pas franchement écrire une histoire crédible:

    J’ai lu pas mal de Grangé, mais pas ceux-ci. Je comprends néanmoins parfaitement ton ressenti ^^

    Grangé est un maître du thriller. Il sait parfaitement construire un mystère qui s’épaissit, qui ouvre des questions vertigineuses dans une ambiance malsaine au delà du bien et du mal, et à la fin, tout se dégonfle tel un mauvais soufflé. Ses fins sont toujours bâclées, mais le voyage était beau.

    J’aime beaucoup sa plume aussi, très incisive. Bref, je recommande, mais avec des réserves.

    #148447
    Emmalaure
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Une de mes lectures estivales dont je n’avais pas parlé, et un retour sur le Bâtard de Kosigan, après avoir relu l’interview que l’auteur avait accordée à la GDN aux Imaginales 2019.

    Commençons par La Route de l’Or (the King’s fifth, « le 5e du roi » en vo), de Scott O’Dell.
    Ce roman n’a plus l’air d’être édité, et c’est fort dommage. Je l’ai trouvé d’occasion et on doit pouvoir également le trouver en bibliothèque. C’est le livre qui a servi de source d’inspiration pour la série animée les Mystérieuses Cités d’or, gros succès des années 80 auprès des enfants (dont moi). Cependant, on constate très vite que la série animée n’a rien à voir avec le roman original et que ce qui en reste, ce sont des noms de personnages, comme Esteban, Mendoza et Zia. J’ai bien dit les noms, car pour le reste, tout a été transformé peu ou prou. Esteban, par exemple, est un jeune cartographe espagnol de 16 ans qui part aux Amériques pour… cartographier de nouvelles contrées, et il n’est pas un enfant adopté, ni le fils caché du grand prêtre du soleil. Zia, elle, est bien une véritable amérindienne, elle a 13 ans, mais elle est guide pour expéditions d’Espagnols et a le physique du Tao du dessin animé (Tao n’existe pas dans le roman). C’est d’ailleurs un personnage plutôt original dans la production littéraire puisqu’il échappe à tous les tropes possible de la jeune première (ni princesse, ni guerrière badass, ni fille à sauver, ni sauveteuse, etc…). Elle existe pour elle-même et n’est pas non plus définie d’emblée comme le « love interest » d’Esteban, le personnage central (le récit est à la première personne), mais leur relation avant tout humaine se construit et déconstruit au fil des pages, en même temps que se déroule l’aventure.
    Cette aventure parlons-en : Scott O’Dell écrit ici un roman historique et se base sur des faits réels, à savoir l’expédition de Vazquez de Coronado et de Hernando de Alarcon à la recherche de la mythique Cibola, une cité d’or, en 1539. A l’époque, les Européens (en particulier les Espagnols) sont à la course pour découvrir les Amériques et en piller le maximum de richesses : une loi stipulait que pour tout trésor découvert (l’or en particulier), un cinquième devait revenir au roi d’Espagne à titre de taxe/impôt/droit/rayer la mention inutile (voilà le titre en vo expliqué). La soif de l’or a poussé de nombreuses personnes fort loin – ici au « Nouveau Mexique » jusqu’en Arizona – et a bouleversé hommes et pays. C’est ce bouleversement que le roman décrit, à la fois celui des coeurs et des esprits, mais aussi celui des régions traversées et des peuples autochtones, en forme de longue descente aux enfers.
    Le récit mène deux intrigues en parallèle : le procès d’Esteban – emprisonné pour avoir « volé » le dû en or du Roi d’Espagne – et l’expédition en elle-même.
    Ca se lit relativement vite, mon édition était clairement pour la jeunesse vu la taille de l’écriture et les petites illustrations, mais c’est encore une de ces classifications commerciales des éditeurs, car ce n’est pas un livre pour enfants.

    Je reviens à présent sur le Bâtard de Kosigan : pour être parfaitement honnête, je ne peux pas prétendre m’être ennuyée à la lecture, parce que comme pour un film d’action, il y a plein d’action tout le temps, sans « temps mort », on s’en prend plein la vue.
    Mais au-delà de ça, on est vraiment dans le degré zéro de la réflexion littéraire et du scénario. Quand il dit dans l’interview qu’il est indulgent avec D&D par rapport au scénario, ça se comprend : il fait exactement pareil et ne s’embarrasse pas de cohérence. Ca donne par exemple une scène où le héros se fait prendre au piège par des gens qui ne veulent pas qu’il dévoile leur secret mais qui s’empressent de lui raconter ce secret – qu’il n’avait aucun moyen de savoir ni de découvrir – dans tous ses détails . Mais ce n’est que le milieu de l’épisode, la façon dont le héros se sort de là atteint les sommets du grotesque (avec un pnj inconnu jusque-là qui poppe). Bon, je reconnais ce mérite à Cerutti, c’est qu’avec mon compagnon, on a vraiment bien rigolé. Et je ne parle pas des fois où les contraintes de la magie (temps de se recharger en mana, dormir pour réapprendre ses sorts, refaire le plain de super, manger comme quatre) varient en fonction des besoins du scénario (coucou Dûn, je suis sûre que tu t’es reconnue).
    Ensuite, le livre coche toutes les cases des poncifs du genre : le héros invincible qui réussit à tous les coups mais in extremis parce qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire (et puis plus basiquement, il faut faire un peu monter l’adrénaline du lecteur quand on a que ça à lui vendre), les filles sont soit superbes et baisables (et donc baisées par le héros même quand ça n’apporte rien à l’intrigue, bien sûr en étant consentantes et même demandeuses), soit grosses et moches (et méchante et lesbienne, des fois qu’on ait des doutes sur leur peu d’attraits pour les hommes, ce qui explique au passage pourquoi le charme de Kosigan est ici inopérant !). Elles ont toutes tendance à montrer qu’elles ont du caractère et de la personnalité en frappant/menaçant le héros ou son double/descendant, c’est-à-dire en singeant la violence masculine… et en échouant immanquablement (la violence masculine, elle, atteint toujours son but, sauf quand l’auteur de la violence est confronté à la violence légitimée et justifiée du héros). Le contexte historique ne peut pas servir d’excuse, puisque ce fameux contexte, non seulement Cerutti s’assoit dessus en choisissant de faire entrer le monde de la fantasy dans celui de l’Histoire, mais en plus, que ce soit au 14e ou à la fin du 19e siècle, les personnages féminins entrevus sont tous interchangeables. Il y a une timide exception à ce traitement des personnages féminins, c’est le pnj Dûn, qui pourrait être intéressant si elle servait à autre chose qu’à faire pnj illusioniste/voleuse crocheteuse (et puis, tout de même, il semblerait qu’elle aussi en pince secrètement pour son patron Kosigan). La phrase fétiche du héros (le récit est à la première personne), c’est « voilà qui n’arrange pas mes affaires » : ça, ça veut dire que jusque-là ses plans se déroulaient trop bien et qu’on va rajouter un peu d’action surprise gratos pour mener le héros jusqu’au point où… on aura la suite au prochain chapitre.
    D’ailleurs, il a des capacités exceptionnelles dans le sang qui lui permettent de se remettre de n’importe quelle blessure même très très grave en quelques heures, ce qui est bien pratique pour enchaîner avec la prochaine action. Y’a même une potion de guérison miracle pour accélérer le processus. Et les antagonistes sont tous « impressionnants » (sic) à un ou plusieurs moments selon la durée de l’affrontement.
    En bref, je n’ai pas réussi à voir où GRRM pouvait l’avoir inspiré, tellement Cerutti se situe aux antipodes à tous les niveaux, si ce n’était dans quelques noms-clins d’yeux, ou dans le fait que toute la magie de cet univers vient du sang (mais les quelques réflexions arrachées au héros sur cette magie n’induisent aucun acte, aucun doute, et n’ont aucune influence sur le cours de l’intrigue, rien, nada, donc on s’en fout complètement); en revanche, la dette envers les jeux de role play en général et en particulier les jeux video RPG est immense : tout y est, du perso principal aux pnj/compagnons chacun avec leurs caractéristiques. Le voleur, le tank, l’archer, le paladin déchu, et les races/classes de persos. On se dit qu’avant d’écrire, il a fabriqué ses fiches de persos comme pour préparer un JDR. Je n’ai jamais joué à Assassin Creed, mais ce n’est pas ce jeu qui joue sur plusieurs époques/temporalités ?
    Et voilà, j’ai vidé mon sac ! Pour mon goût, c’est fun à jouer parce que chacun va investir son perso avec sa propre personnalité et ses propositions et s’identifier facilement en agissant/cliquant, mais à lire, ici, le vide et les clichés crèvent les yeux. Je ne lisais déjà pas les autres prix littéraires, mais cette expérience ne m’a pas encouragée à regarder les prix des Imaginales. Ce qui est sûr, c’est que Cerutti et Emmalaure, c’est fini, son bâtard est parti à la poubelle

    #148459
    DNDM
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    J’ai lu pas mal de Grangé, mais pas ceux-ci. Je comprends néanmoins parfaitement ton ressenti ^^ Grangé est un maître du thriller. Il sait parfaitement construire un mystère qui s’épaissit, qui ouvre des questions vertigineuses dans une ambiance malsaine au delà du bien et du mal, et à la fin, tout se dégonfle tel un mauvais soufflé. Ses fins sont toujours bâclées, mais le voyage était beau. J’aime beaucoup sa plume aussi, très incisive. Bref, je recommande, mais avec des réserves.

    Oui, c’est plus ou moins mon ressenti. Ca donne l’impression qu’il n’avait pas une idée claire d’où il voulait mener son intrigue, et qu’il s’est laissé emporter au fil du courant. Là la fin fait à la fois préparée dans les grandes lignes (il ne nous sort pas un lapin du chapeau) mais aussi bâclée (pleins de détails pas expliqués et beaucoup trop de coïncidences nécessaires pour que cette histoire à tiroirs tienne debout). C’est dommage, quelque part, en préparant ou retravaillant mieux y’avait la matière nécessaire pour ne pas laisser le lecteur sur cette impression là.

    Je reviens à présent sur le Bâtard de Kosigan : pour être parfaitement honnête, je ne peux pas prétendre m’être ennuyée à la lecture, parce que comme pour un film d’action, il y a plein d’action tout le temps, sans « temps mort », on s’en prend plein la vue. Mais au-delà de ça, on est vraiment dans le degré zéro de la réflexion littéraire et du scénario. (…) le livre coche toutes les cases des poncifs du genre : le héros invincible qui réussit à tous les coups mais in extremis parce qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire (et puis plus basiquement, il faut faire un peu monter l’adrénaline du lecteur quand on a que ça à lui vendre), les filles sont soit superbes et baisables (et donc baisées par le héros même quand ça n’apporte rien à l’intrigue, bien sûr en étant consentantes et même demandeuses), soit grosses et moches (et méchante et lesbienne, des fois qu’on ait des doutes sur leur peu d’attraits pour les hommes, ce qui explique au passage pourquoi le charme de Kosigan est ici inopérant !). Elles ont toutes tendance à montrer qu’elles ont du caractère et de la personnalité en frappant/menaçant le héros ou son double/descendant, c’est-à-dire en singeant la violence masculine… et en échouant immanquablement (la violence masculine, elle, atteint toujours son but, sauf quand l’auteur de la violence est confronté à la violence légitimée et justifiée du héros). (…) la dette envers les jeux de role play en général et en particulier les jeux video RPG est immense : tout y est, du perso principal aux pnj/compagnons chacun avec leurs caractéristiques. Le voleur, le tank, l’archer, le paladin déchu, et les races/classes de persos. On se dit qu’avant d’écrire, il a fabriqué ses fiches de persos comme pour préparer un JDR. (…)

    Oui c’est les critiques récurrentes concernant cette oeuvre (le tome 1 en tout cas, je crois que ça s’améliore un peu par la suite): très cliché, parodie de mauvais James Bond dans un monde fantasy historique, tellement inspiré d’une partie de jeu de rôle que ça se voit beaucoup trop (si je ne dis pas de bêtises, son manuscrit est réellement parti d’une partie de jeu de rôle, à la base).

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #148577
    DNDM
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    Le regard, de Ken Liu, novella publiée dans la collection Une Heure-Lumière des éditions Le Belial.

    Dans un futur proche, une prostituée est assassinée. Une détective privée bourrée d’implants pensés pour améliorer son corps est engagée pour trouver le meurtrier.

    Une courte histoire policière SF qui est certes bien écrite, mais que je pense j’oublierais très vite ; pas grand chose de marquant, c’est très classique et sans surprise. J’ai entendu beaucoup de bien de Ken Liu, faudra que je tente d’autres livres de lui, celui-ci n’est clairement pas franchement au-dessus du lot.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #148797
    Yunyuns
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    D’ailleurs, dans la même catégorie (« c’est pas de la grande littérature. Mais j’avais trouvé ça fun à lire quand même), j’ai terminé Lontano et Congo requiem, un dyptique policier de Jean-Christophe Grangé.

    Ah… J’ai commencé Congo Requiem sans savoir que c’était une « suite » (et rien ne le dit), et moi qui ai beaucoup aimé certains Grangé (La ligne noire par exemple), là je trouve le début vraiment… mauvais ? On nous répète toutes les deux lignes que le Congo c’est la jungle, que les blancs ne sont pas les bienvenus, que le danger est partout, qu’ils risquent leur vie à chaque instant, qu’il faut soudoyer tout le monde, tout le temps, pour tout, bla bla bla… On dirait un premier roman d’un jeune auteur qui ne sait pas comment installer une ambiance. Bref, je l’ai laissé tomber.

    Moi qui adorais Grangé et Chattam quand j’avais 15-20 ans, j’ai de plus en plus de mal…

    Fan n°1 de Victarion Greyjoy, futur Roi des Sept Couronnes.

    #148798
    DNDM
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    D’ailleurs, dans la même catégorie (« c’est pas de la grande littérature. Mais j’avais trouvé ça fun à lire quand même), j’ai terminé Lontano et Congo requiem, un dyptique policier de Jean-Christophe Grangé.

    Ah… J’ai commencé Congo Requiem sans savoir que c’était une « suite » (et rien ne le dit), et moi qui ai beaucoup aimé certains Grangé (La ligne noire par exemple), là je trouve le début vraiment… mauvais ? On nous répète toutes les deux lignes que le Congo c’est la jungle, que les blancs ne sont pas les bienvenus, que le danger est partout, qu’ils risquent leur vie à chaque instant, qu’il faut soudoyer tout le monde, tout le temps, pour tout, bla bla bla… On dirait un premier roman d’un jeune auteur qui ne sait pas comment installer une ambiance. Bref, je l’ai laissé tomber. Moi qui adorais Grangé et Chattam quand j’avais 15-20 ans, j’ai de plus en plus de mal…

    En effet, c’est pas présenté comme un dyptique (et c’est à mon sens assez malhonnête). Perso je me suis fait avoir dans l’autre sens, en croyant partir pour 800 pages puis en me rendant compte seulement à la fin qu’il me faudrait le tome 2 . J’ai cru voir quelque part que les deux romans peuvent se lire de façon indépendante, selon l’éditeur… Mais sans avoir lu Lontano avant, je vois pas du tout l’intérêt de lire Congo requiem, même s’il y a des rappels réguliers de l’intrigue de Lontano dans Congo Requiem. Et ne lire que Lontano laisse largement sur sa faim. Donc  faut forcément lire les deux, dans l’ordre, ou ne pas lire du tout. Sinon on se retrouve à devoir ingurgiter 4 intrigues d’un coup (mystères des années 40, mystères des années 70, les 800 pages d’intrigue de Lontano résumées en quelques lignes, l’intrigue de Congo Requiem). Et la fin de l’histoire , déjà très faiblarde, paraitra encore plus faiblarde pour qui n’a lu que Congo Requiem.

    La partie au Congo (qui doit faire dans les 400 pages) a gavé pas mal de lecteurs, de ce que j’ai vu dans les commentaires sur internet. Elle est particulièrement bourrin, Grangé essaye clairement de caser beaucoup trop de choses de façon très maladroite, et mélange une intrigue thriller policière inventée faite pour être fun malgré tout  et des crimes de guerre réels totalement horribles avec la finesse d’un rhinocéros, ce qui peut laisser une impression plus qu’étrange. On se retrouve avec un perso qui a la meilleure plot armure de tous les temps qui mène une enquête débile à un rythme irréel, accumule les coups de pots incroyables, le tout avec l’ambiance d’un First Person Shooter, mais dans des situations d’actualité. Des mots du genre « complaisance » / « voyeurisme » face à la misère et aux horreurs de la guerre peuvent venir à l’esprit. Bref, c’est mauvais.

    Au final, si je regarde le fond et le style de ce bouquin, c’est beaucoup, beaucoup de mauvais. Mais la façon dont Grangé arrive à garder malgré tout son lecteur, avec des chapitres courts et des mystères à résoudre, fonctionne néanmoins, même si arrivé à la fin on a un peu l’impression de s’être fait arnaquer.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #148989
    DNDM
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    Réjouissez-vous, de Steven Erikson.

    Les aliens entrent en contact avec nous. Ils veulent le bien de la planète, et éventuellement le nôtre. Donc ils mettent partout des champs de force pour empêcher les humains d’accéder à certaines zones naturelles, et ils en mettent aussi qui limitent totalement toute possibilité de violence.

    Voila, c’est le pitch du livre, et en gros c’est aussi son résumé global. Oui, il va se passer d’autres trucs sur ces 500 pages, évidemment… mais pas tellement. On va observer ce que les changements imposés par les aliens font dans la tête de divers persos (donc pas un seul ne m’a touché ou paru crédible), on va suivre le plan global en 5 étapes, on va se taper pas mal de tartines politico-philosophiques qui se veulent profondes et sont juste un peu plombantes, et puis voila. Y’a une sous-intrigue qui va vaguement relancer l’intérêt, mais qui est tellement pas dans le ton du reste du livre que du coup, ça grince: soit on aimera les tartines pseudophilosophiques et on détestera le côté un peu plus fun / pulp de cette sous-intrigue, soit le contraire (mon cas, et encore…).

    De façon générale, le bouquin ne sait pas trop sur quel pied danser, parfois il se veut adulte et profond, parfois il se vautre dans des délires complotistes ou populistes qui je pense se veulent marrant, mais au final y’a pas grand chose qui marche. Lu jusqu’au bout, mais en diagonal et en m’ennuyant.

    Du coup, première fois que je lisais du Steven Erikson, et franchement pas emballé. Le Cycle Malazéen est vraiment mieux? parce que c’était vaguement dans mes envies de lecture, un jour… et que là il vient de dégringoler très loin du haut de ma pile virtuelle.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #149002
    DireWolf
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    Du coup, première fois que je lisais du Steven Erikson, et franchement pas emballé. Le Cycle Malazéen est vraiment mieux?

    Juste un grand OUI ! 😉

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    #149037
    Crys
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    Du coup, première fois que je lisais du Steven Erikson, et franchement pas emballé. Le Cycle Malazéen est vraiment mieux?

    Juste un grand OUI ! 😉

    De mon cote j’ai pas dépassé le tome 2 (alors que j’avais vraiment beaucoup aimé le premier) et je comprends que ca plaise mais cest clairement pas ma came. Y a des avis plus développés dans le sujet concerné . Je dirais juste ici que du dialogue politico-philosophique y en a à la pelle dans le Livre Malazéen donc ca dépend si tu as aimé ce côté là de Steven Erikson ou non.

    #149055
    Nymphadora
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    Alias Grace, de Margaret Atwood (le titre VF est Captive)

    Grace Marks, jeune domestique d’une quinzaine d’année, est accusée d’un crime sordide en compagnie de son supposé amant : ils seraient responsables du double meurtre de leur employeur et sa gouvernante, leur supérieure. Condamnée à perpétuité pour le meurtre, elle a donné plusieurs versions des choses, et le docteur Jordan veut percer le mystère de ses souvenirs… Innocente, schizophrène ou perfide manipulatrice, lors d’entretiens où Grace nous conte sa vie, il cherche à comprendre la présumée meurtrière dont la présence sur les lieux du crime ne fait aucun doute… et le lecteur cherche à comprendre avec…

    Fondé sur un fait divers sordide réel des années 1850 au Canada, Atwood ne nous décrit pas tant la culpabilité d’une femme que le destin d’une pauvre fille qui a, au cours de sa courte vie, subit l’immigration (le passage où elle retrace son enfance et son voyage depuis l’Irlande jusqu’au Canada est vraiment prenant), la mort de ses proches, le dur labeur… A aucun moment on ne peut trancher sur sa culpabilité dans le meurtre (ce qui est un sacré tour de force pour un récit en grande partie raconté à la première personne) mais on se laisse porter par le récit, à tel point que la question devient vite accessoire. On est happés par le tableau qu’Atwood nous peint, de ces « gens de maison » qui font vivre les classes qui les oppriment en les traitant comme des moins-que-rien, sauf quand il s’agit de trousser les pauvres filles qui attirent l’œil des hommes bien nés.

    J’ai donc été touchée par le récit de Grace, navrant et bouleversant par moments… mais j’ai en revanche été moins convaincue par toute la partie autour du docteur Jordan, qui se voit comme un grand innovateur dans les sciences médicales (et effectivement il y a du progrès à faire quant au traitement des maladies mentales à cette période ^^) mais qui est un espèce de porc concupiscent. Ces parties intercalées ajoutent un faux rythme au roman, et noient le récit, en en diminuant la portée. Il fallait probablement de la respiration au milieu de toute cette détresse pour éviter le misérabilisme, mais j’ai quand même eu du mal avec le rythme du livre du coup. Il n’en restera pas moins un roman qui, je pense, me marquera.

    ~~ Always ~~

    #149058
    DNDM
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    du dialogue politico-philosophique y en a à la pelle dans le Livre Malazéen donc ca dépend si tu as aimé ce côté là de Steven Erikson ou non.

    Hahaha non j’ai trouvé tout ça hyper enfantin, genre « Coucou je vais vous éblouir avec mes grandes analyses révolutionnaires pompées à Mr Brodeau, mon prof de socio de 2nd B. »

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    #149189
    DNDM
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    L’homme qui mit fin à l’histoire et Carthaginian Rose, novellas  et nouvelle de Ken Liu. Très fort. J’ai ouvert un topic sur Ken Liu, du coup.

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