De la place des femmes dans les littératures de l'imaginaire

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  • Ce sujet contient 49 réponses, 24 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Nymphadora, le il y a 1 mois et 2 semaines.
30 sujets de 1 à 30 (sur un total de 50)
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  • #74188
    Nymphadora
    • Vervoyant
    • Posts : 5784

    En préparant nos recos du mois, certains d’entre nous ont réalisé que dans nos bibliothèques, l’égalité de sexes, ce n’est pas encore gagné.
    Pourtant, des autrices à succès, il y en a (JK Rowling, Ursula Le Guin, Marion Zimmer Bradley, Robin Hobb… pour ne citer qu’elles) mais elles semblent quand même moins nombreuses que leurs homologues masculins…. De votre côté, des titres à recommander pour sortir de ces schémas ?

    On peut aussi songer aux clichés qui sont parfois associés à la fantasy (un héros sans peur et sans reproche et des perso féminins faire-valoir) qu’on retrouve même dans des livres pourtant récents sous des formes plus insidieuses (je pense par exemple à Gagner la guerre qui m’a un peu fait grincer des dents , mais je peux aussi vous recommander le très bon podcast de la gazette du sorcier sur le féminisme et Harry Potter… Lavande on pense à toi ^^).

    Bref, du coup, ça vous inspire quoi tout ça, vous ?

    ~~ Always ~~

    #74194
    Amarei
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 388

    Il me semble aussi qu’il y a moins de livres avec des personnages principaux féminins.

    “Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.” JR.

    [ spoiler=NOARLAAAK !!!][ img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/11/04//19110409503225014916493113.png[ /img][ /spoiler]

    #74199
    Tifs-trempés
    • Frère Juré
    • Posts : 57

    Un très bon livre qui s’affranchit un peu de ces schémas, c’est Qui a peur de la Mort ? , de Nnedi Okorafor. C’est écrit par une auteure, et ça se ressent sur l’écriture des personnages féminins qui sont excellents.

     

    #74200
    Yavanna
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 288

    J’avais beaucoup apprécié la trilogie « le Don », de Fiona McIntosh : un homme, suite à une malédiction, résuscite à chaque fois qu’il est tué, mais dans le corps de son meurtrier. Et à plusieurs reprises, il se retrouve dans le corps d’une femme… J’avais trouvé très intéressant la façon dont c’était traité.

    Après, des auteurs masculins qui font des personnages principaux féminins qui tiennent bien la route, il y en a plein… Dans l’imaginaire, je dirai bien Pierre Bottero (Ewilan a beau avoir quinze ans, elle n’a pas besoin d’un homme pour s’en sortir) ou Bernard Werber.

    #74201
    Geoffray
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1760

    Ca m’inspire que ça avance. Lentement, doucement, mais ça avance. Il y a aujourd’hui plus d’autrice qu’avant, ou pour être plus factuel les éditeurs osent prendre le risque de sortir leurs livres. Aujourd’hui, je pense (mais je peux me tromper hein) qu’on s’interresse plus au récit en tant que tel qu’à celui ou celles qui l’a écrit. Pour ma part, qu’un texte soit écrit par un homme ou une femme, ça m’importe peu. Tant que le texte est bon, il est bon.

    Concernant les personnages féminins fort et/ou principaux, là aussi j’en vois plus souvent. Personnellement, mon top 10 de mes personnages préféré de fiction (95% de la fantasy, on va pas se mentir :p) contient désormais plus de femmes que d’hommes. Alors évidemment, c’est éminemment personnel, mais quand même.

    Et je pense que c’est aussi un mouvement de fond qui dure depuis plusieurs années dans la pop-culture qui est de dire « la femme est une personnage comme un autre » (pour paraphraser Martin ^^).

    My 2cents comme disent nos cousins Anglois ;)!

    Team Trop Dark Trop Piou xD

    Stannis: Her own father got this child on her? We are well rid of her, then. I will not suffer such abominations here. This is not King's Landing.

    #74203
    Aerolys
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2742

    Je lis très peu d’autrices (enfin, je n’ai lu que du Daphné du Maurier (et encore, je n’ai lu que Rebecca (que je conseille vivement d’ailleurs))).

    Quand je lis un livre, je me base uniquement sur le synopsis dudit livre. Donc, le fait que je n’ai quasiment lu que des auteurs masculins relèvent plus du hasard sur du choix délibéré.

    Enfin bref, tout ça pour dire que je ne serais pas d’une grande aide concernant des propositions d’auteures.

    Toutes les plus belles histoires commencent par une brique sur le pied.

    Si Theon ouvre un bar, c'est le Baratheon.

    Spoiler:
    #74217
    Nymphadora
    • Vervoyant
    • Posts : 5784

    Quand je lis un livre, je me base uniquement sur le synopsis dudit livre. Donc, le fait que je n’ai quasiment lu que des auteurs masculins relèvent plus du hasard sur du choix délibéré.

    Plus que du hasard, j’ai bien peur que cela relève d’éditeurs, et plus globalement d’un milieu, qui, pendant longtemps, n’ont pas laissé beaucoup de place aux femmes. De la même manière que dans les reco de la Garde de Nuit, on s’est aperçu n’avoir recommandé que 10% de livres écrits par des femmes. On ne l’a évidement pas fait consciemment, mais quand on réfléchit à un livre à recommander, qu’on a lu et aimé, il s’avère qu’il a une plus grande chance d’avoir été écrit par un homme parce qu’il a été publié en amont, et que l’égalité des sexes n’est pas acquise. Mettre un doigt sur ce phénomène est déjà un pas en avant pour que demain, les biais se gomment peu à peu.
    Après, comme le dit Geoff, c’est déjà en train de changer petit à petit. Et ce n’est pas le fait qu’un livre soit écrit par une femme qui conditionne spécialement la qualité de la représentation féminine : des hommes peuvent écrire des personnages féminins forts et le font à merveille (encore heureux ! on serait mal barrés sinon ^^).. et vice-versa des femmes peuvent en écrire des très médiocres, ça va dans les deux sens ^^

    ~~ Always ~~

    #74224
    Ysilla
    • Terreur des Spectres
    • Posts : 1626

    À signaler que la prestigieuse édition de la Pléiade n’accueille qu’une toute petite quinzaine d’écrivaines.

     

    "L'imaginaire se loge entre les livres et la lampe...Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire."

    #74228
    R.Graymarch
    • Vervoyant
    • Posts : 8185

    A mon grand dam, je n’ai pas vraiment d’autrices vivantes à recommander (mais vous pouvez lire le Frankenstein de Mary Shelley si vous voulez^^). C’est un biais qu’on n’aperçoit que récemment (et je me mets dans le lot) mais j’ai bon espoir que cette prise de conscience va pouvoir changer les choses dans le futur.

    Au delà des autrices, il y a aussi les personnages féminins et j’ai l’impression que, depuis quelques années, je rencontre moinsde livres qui vont dans le cliché pour les personnages (sauf si j’évite ça de manière plus ou moins consciente) . Récemment (et merci la Garde), j’ai beaucoup apprécié les personnages féminins des Salauds Gentilshommes de Scott Lynch car si on retrouve l’intrigante méchante (à côté de l’intrigant méchant), on a aussi des capitaines de la garde qui sont des femmes ou des capitaines de navire/lieutenant qui en sont. Sans pour autant tomber à mon sens dans les Mary-Sue (un autre écueil du genre). Elles sont juste là et personne n’est étonné. C’est normal. Comme pour un-e personnage gaucher-ère ou droitier-ère.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #74238
    DNDM
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2237

    Pas eu le temps de participer aux recos de Mars, mais je vais profiter de ce fil pour recommander vite fait des autrices ou des œuvres.

    Celles que j’ai spontanément en tête:

    Littérature SFFF anglophone (mais traduite en français):

    Ursula Le Guin, évidemment. Le cycle de l’Ekumen (plein de romans one-shot qui partagent vaguement un même univers), c’est de la SF très sociologique, bourrée de bonnes idées. Je parlais de Les Dépossédés là, mais le must-read, c’est apparemment La Main Gauche de la Nuit, qu’il faudra bien que je lise un jour. J’avais moins accroché au cycle de Terremer (Fantasy), mais j’étais peut-être trop jeune quand j’ai tenté. Une nouvelle très intéressante sur des femmes dominées dans une société d’hommes dans l’anthologie Utopiales 2018, aussi.

    Margaret Atwood, La servante écarlate. Plus vraiment la peine de présenter le livre, mais il reste ma meilleure lecture de 2018, toutes littératures confondues.  J’en parlais là.

    Becky Chambers, le cycle Wayfarers. J’en ai déjà parlé pas mal sur ce forum (, ici, et surtout ici), mais j’aime beaucoup ce que Becky Chambers apporte à la SF contemporaine: une approche calme et bienveillante (certains diront naïves) des problèmes et relations humaines. Une majorité de personnages féminins, aussi. A lire, vraiment.

    J.K Rowling et son cycle de L’école des sorciers. Où les aventures d’Hermione Granger, jeune fille qui se découvre brillante sorcière, et a plein d’aventures avec ses deux potes un brin boulets.

    Kij Johnson. Pas trop mon trip, mais peut plaire à ceux qui aiment le calme et l’onirisme (et elle a quand même eu des Hugo). Lu la novella Un pont sur la Brume (collection Une Heure-Lumière du Belial), mais sur le même thème je préfère le Au Matin tombe la brume de GrrM, et la nouvelle Magie des Renards (dans l’anthologie Utopiales 2018).

    Connie Willis. Plein de prix Hugo. Lu le dyptique Black-out / All Clear dont je parlais ici, puis là. Ça parle d’historiens qui voyagent dans le temps. Bancale mais néanmoins charmant.

    Littérature SFFF francophone:

    Justine Niogret. J’ai une relation un peu ambivalente à son écriture, j’ai pas forcément tout aimé, ou pas forcément aimé 100% de certains de ses livres (Chien du Heaume). Parfois elle part dans des délires qui me passent bien au-dessus (Gueule de truie). Cœurs de Rouille (SF avec des Robots Golems oubliés) est le meilleur, selon moi. Les personnages sont souvent des femmes. Ce sont des livres plutôt court, avec très peu de personnages, et une écriture tranchée.

    Morgane Caussarieu. J’ai juste lu sa nouvelle Le Syndrome de Pan (Anthologie Utopiales 2018), qui m’a beaucoup plu.

    Sylvie Denis. Lu La Saison des Singes, SF transhumaniste qui ne m’a pas totalement convaincu.

    Y’en a sûrement d’autres, faudra que je fouille ma bibli, ça sera pour une prochaine fois. 😉

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #74363
    Crys
    • Pisteur de Géants
    • Posts : 1116

    C’est marrant, j’ai l’impression que ça vient quand même pas mal sur le tapis ces derniers temps. Pour avoir été aux Utopiales l’an passé, y avait l’air d’y avoir pas mal de débats sur cette place des femmes dans les littératures de l’imaginaire, mais ça concernait aussi la tenue des festivals et la représentativité des auteurs, ainsi que les histoires de harcèlement pendant les événements. Alors je suis peut-être tombé sur les deux seules conférences qui en causaient. D’un côté, à propos de la place des minorités (attention, les femmes sont minoritaires mais pas une minorité en soi hein, je dis pas ça) dans les festivals, avec un point de comparaison anglo-saxon, il y avait John Scalzi et un autre dont j’ai perdu le nom qui disaient, face à Sabrina Calvo, qu’aux US ils se moquaient un peu de ces histoires-là, car ils sélectionnaient les auteurs et autrices sans se poser la question en fonction de ce qu’ils trouvaient bons ou pas, mais que l’organisation des conventions étaient très différentes des festivals français (et que sur la question du harcèlement pendant les événements, ils avaient des règlements très clairs qui évinçaient les gens à la moindre incartade, contrairement à nous).

    D’un autre côté, Calvo disait clairement que les festivals français en termes de représentativité étaient vraiment à la ramasse. Et pour avoir assisté à un autre débat avec Catherine Dufour et Mélanie Fazi, ça allait dans le même sens. Genre on invitait les femmes aux tables rondes sur l’amour et la maternité (ou encore la cause animale), mais en revanche, la politique, l’économie et la technologie y avait que des hommes. Donc c’était assez houleux, et dans toutes les confs que j’ai vu les organisateurs des Utopiales en ont un peu pris plein les dents.

    Du coup y avait une conférence à Rennes à laquelle je n’ai pas pu assister pendant le mois de l’imaginaire qui portait sur le sujet. J’imagine que comme il y avait Calvo, on a du retomber sur ce genre de débats.

    De manière générale, je pense comme Nymphadora, que ça tient un peu à la politique des éditeurs. Mais tout pareil, qu’Aerolys, je choisis malheureusement au synopsis (et à la maquette générale du bouquin, si je perds des mots en posant mes pouces sur le bord du livre il y a peu de chances que e l »achète) donc si l’éditeur ne met pas plus en avant ses autrices, je pense que je passe à côté.

    Maintenant, comme signalé par DNDM, y a plein d’autrices de talent qui font un carton. Niogret en est une, Becky Chambers aussi (Rowling j’en parle pas). J’ajouterai Estelle Faye en Fantasy, même si je n’en ai jamais lu (il paraît que Les seigneurs de Bohen, c’est génial, mais le résumé m’a pas fasciné).

    Bref, ce post est un peu le bordel, mais c’était ma petite pierre en termes de contribution. Je pense d’ailleurs que la remarque selon laquelle on a peu d’autrices et beaucoup d’auteurs, est aussi valable en appliquant les filtres LGBT et « couleur de peau ». Mais je pense aussi que dans ces trois cas, il y a plus d’ouverture chez les « petits » éditeurs que chez les grands.

    #74513
    ThalieGaldan
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 220

    Bon, je sais qu’on parle pas de grande littérature, mais si on regarde de plus près, la plupart des grands bestsellers dystopiques ou fantastiques destinés aux ados sont écrits par des femmes ; Twilight, Hunger games, Divergente….)

    Même si on ne peut pas parler de place au panthéon de la littérature, il y a quand même de nombreuses femmes qui connaissent des grands succès !

    Voilà, ma pierre inutile à l’édifice, pour mon retour sur le forum après longtemps en vadrouille !

    "- Que deviennent les rêves qui se brisent ?
    - Les rêves ne se brisent pas"
    - Que deviennent les rêves qui se brisent ?
    - Le terreau des rêves à venir"

    "On peut juger de la beauté d'un livre à la vigueur des coups de poings qu'il vous a donné et à la longueur de temps qu'on met ensuite à en revenir"

    Un jour peut-être, je me remettrai à lire...

    #82119
    Ipiutiminelle
    • Patrouilleur du Dimanche
    • Posts : 198

    Dans les sagas écrites par une femme, qui méritent d’être connues, il y a Kushiel de Jacqueline Carey que j’ai personnellement beaucoup aimé et que je recommande.

    Se glisser derrière l’ombre de la lune. Rêver le vent. Chevaucher la brume. Découvrir la frontière absolue. La franchir. D’une phrase, lier la Terre aux étoiles. Danser sur ce lien. Capter la lumière. Vivre l’ombre. Tendre vers l’harmonie. Toujours.

    #90074
    DNDM
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2237

    Tiens, quelqu’un a un avis sur les écrits d’Aliette de Bodard?

    Elle est française, mais je n’en entendais absolument pas parler jusqu’à récemment. Sans doute parce que bien que française, elle écrit en anglais, et que ses livres n’étaient apparemment publiés qu’en anglais. Pourtant sa biblio est impressionnante.

    Mais j’ai l’impression qu’elle commence à arriver en France suite à la publication de La chute de la maison aux Flèches d’Argent, que je vois souvent en librairie, et de L’Ascension de la maison Aubépine, sa suite, qui a eu le  European Science Fiction Society du meilleur roman en 2018.

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    (Paye ta couv’ d’actualité, pour le Tome 1…)

    Et en fait, quand on regarde sa bio et la liste des prix qu’elle a obtenus, on a là une autrice qui cartonne:

    • Seul auteur à avoir remporté deux British Science Fiction Association awards la même année (2015) dans deux catégories: BSFA Award for Best Novel pour The House of Shattered Wings (La chute de la maison aux Flèches d’Argent) et BSFA Award for Best Short Story of 2015 pour Three Cups of Grief, by Starlight.
    • Une dizaine de nominations, et plusieurs finales pour les Nebula, Locust et Hugo Awards dans les catégories short story, novella, et best novel.
    • 1 Nebula Best novelette
    • 1 Nebula Best Short Story
    • 1 Locus Best Short Story
    • Et depuis cette nuit, 1 Nebula Meilleur Roman pour The Tea Master and the Detective

    Bref, on a là une autrice française qui gagne des prix américains renommés et dont on n’entend jamais parler. Du coup, envie de tester à l’occasion. Si quelqu’un connait et saurait me dire par où commencer…

     

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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    #90080
    FeyGirl
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3400

    (Paye ta couv’ d’actualité, pour le Tome 1…)

    Incroyable !

    Bref, on a là une autrice française qui gagne des prix américains renommés et dont on n’entend jamais parler

    Si elle écrit en anglais, c’est normal qu’on ne la classe pas dans les auteurs « français », terme qui sous-entend une écriture en français. A l’inverse, Patrick K. Dewdney est classé dans les auteurs de Fantasy « français » alors qu’il est britannique, mais il écrit en français. Bref, en littérature, la nationalité ne compte pas tant que ça.

    #98973
    Chat-qui-boite
    • Patrouilleur Expérimenté
    • Posts : 380

    Je ne sais pas si c’est le bon topic mais c’est pile poil le sujet du livre dont je voudrais parler:La place des femmes. Le Dernier Hyver de Fabrice Papillon. Le livre commence en 415 après JC avec le massacre/assassinat d’Hypatie d’Alexandrie, Mathématicienne et philosophe( je pense à toi O’Cahan, qui as apprécié le film Agora) et se termine en 2043. En fait en parallèle on a des chapitres historiques et des chapitres contemporains. Ces derniers sont dédiés à une enquête policière déclenchée par une suite de meurtres de femmes atroce avec mise en scène des restes des victimes.

    Plus qu’un roman historique ou policier, on penche aussi vers le thriller et la science fiction avec une belle réflexion philosophique sur la place des sexes, des genres, dans la société, ainsi que le poids de la religion. La couverture elle même donne le ton puisqu’il s’agit d’un montage à partir d’un tableau disparu de Klimt: La Médecine.

    Petite anecdote: le livre m’a été prêté par ma voisine qui l’a reçu en cadeau d’anniversaire de ses petits enfants pour ses 94 ans. Son commentaire: » C’est affreux! Et plus c’est affreux, plus tu as envie de lire! »

    Un  dernier mot pour vous donner envie de le lire: La richesse de la documentation tant dans les passages historiques que dans les méthodes et ressources  actuelles des différents services de police est impressionnante et donne envie d’approfondir certains sujets.

    Mieux vaut être en retard au paradis qu'en avance au cimetière
    Reste assis au bord de la rivière et tu verras passer le corps de ton ennemi

    #98982
    FeyGirl
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3400

    Tu m’as donné envie de le lire !

    #98994
    Bittersteel
    • Éplucheur avec un Économe
    • Posts : 30

    Comme autrice à succès francophone (elle est québécoise pour être exact), il y’a aussi Anne Robillard avec notamment sa saga de fantasy Les Chevaliers d’Émeraude et sa suite Les Héritiers d’Enkidiev. C’est de la littérature adolescente certes mais les idées de base concernant la construction de l’univers sont très bonnes, les personnages sont classiques mais intéressants (système de pov pour la narration) et j’en garde globalement un bon souvenir. Malheureusement ce même univers de qualité est aussi son plus grand défaut: il grandit au fil des tomes de manière exponentielle compliquant ainsi les relations entre les personnages et leur places dans l’univers et conduisant au final à un important ralentissement de l’intrigue (surtout à partir des Héritiers d’Enkidiev).

    Nul ne devrait connaître trop précisément son destin car aucune vie ne peut grandir dans l'ombre de l'avenir.

    #126715
    Nymphadora
    • Vervoyant
    • Posts : 5784
    #126724
    FeyGirl
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3400

    Je pose cet article ici, cela en intéressera peut-être certains : https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/affaire-gabriel-matzneff/enquete-franceinfo-on-souleve-une-pierre-et-en-dessous-ca-grouille-apres-l-affaire-matzneff-elles-rompent-le-silence-sur-les-violences-sexistes-dans-l-edition_3805705.html?fbclid=IwAR3X-fsyWGYrMOAfElaCO-yW9CE-KmQdppci3wn4tSnanVw2Eg_nnJEIs44

    Oui, on en a beaucoup parlé hier sur un discord de grands amateurs de l’imaginaire (dont les plus gros blogueurs SF et Fantasy), et du coup j’ai partagé l’article sur le slack. Ce qui fait beaucoup de bruit dans le milieu SFFF français, c’est ça :

    ce poids-lourd de l’édition dans la littérature de l’imaginaire, que plusieurs de nos témoins accusent de harcèlement sexuel. Elles font état d’une « technique bien rodée », visant à créer « une relation personnelle », avec la publication d’un manuscrit dans la balance. « C’est la même logique qu’au cinéma, où un jeu de pouvoir se met en place », témoigne une autrice de romans jeunesse et fantasy.

    Une agente littéraire évoque, elle, des « regards appuyés au point de [la] mettre mal à l’aise » lors d’une réunion de travail. « En partant, un bras qui s’attarde un peu trop sur le sien, presque comme une caresse. » Stéphanie*, elle, assure que l’éditeur lui a « arraché » son tee-shirt, lors d’une soirée professionnelle. Elle l’accuse de lui avoir mis des bâtons dans les roues par la suite, après qu’elle lui a reproché son comportement « abject ».

    Juliette* raconte peu ou prou la même histoire. « Il devait me publier et à partir du moment où il a compris qu’il ne m’aurait jamais dans son lit, les textes qu’il avait trouvés si beaux, c’était devenu de la merde », lâche sans ménagement cette autrice de livres fantasy. « Il m’a fait une réputation épouvantable dans le milieu. Ça m’a fermé des portes, j’ai failli arrêter d’écrire. »

    Il y a un nom qui est cité comme une évidence, mais uniquement sur les forums privés, avec la remarque qui m’a un peu énervée : « tout le monde le savait ». Bah non, pas moi.

    Edit : pour des raisons légales je ne peux évidemment pas citer le nom sur ce forum, qui est public.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 année et 10 mois par FeyGirl.
    #126728
    Nymphadora
    • Vervoyant
    • Posts : 5784

    Il y a un nom qui est cité comme une évidence, mais uniquement sur les forums privés, avec la remarque qui m’a un peu énervée : « tout le monde le savait ». Bah non, pas moi.

    C’est malheureusement un secret de polichinelle dans le milieu de l’imaginaire oui. Pour avoir personnellement été mise en garde contre la personne en question, et eu des échos pas glop, le type cité dans l’article je l’ai reconnu immédiatement :/ Il faut espérer que petit à petit il y aura une levée de l’omerta. Mais pour ceux qui s’imaginent que les milieux de l’imaginaire sont épargnés, le témoignage est édifiant.

    ~~ Always ~~

    #126730
    Symedelic
    • Éplucheur de Navets
    • Posts : 21

    Edit : pour des raisons légales je ne peux évidemment pas citer le nom sur ce forum, qui est public.

    Il est cité (même si un peu indirectement), sur des forums publics, celui des éditions du Bélial notamment. Et sur Elbakin également.

    #126731
    FeyGirl
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3400

    Il est cité (même si un peu indirectement), sur des forums publics, celui des éditions du Bélial notamment. Et sur Elbakin également.

    J’ai vu aussi sur twitter 2 ou 3 internautes y faire référence mais indirectement, avec des jeux de mots sur la maison d’édition, mais c’est vraiment trop risqué car on pourrait être accusé de diffamation si on le publiait sur un forum accessible au public.

    Mieux vaut communiquer en MP sur ce sujet.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 année et 10 mois par FeyGirl.
    #126732
    DNDM
    • Fléau des Autres
    • Posts : 2237

    Il y a un nom qui est cité comme une évidence, mais uniquement sur les forums privés, avec la remarque qui m’a un peu énervée : « tout le monde le savait ». Bah non, pas moi.

    Pareil. Je suis loin d’être dans ces réseaux, mais bon, quand on dit « tout le monde savait », bah dans les faits non.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
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    #126734
    FeyGirl
    • Fléau des Autres
    • Posts : 3400

    Pareil. Je suis loin d’être dans ces réseaux, mais bon, quand on dit « tout le monde savait », bah dans les faits non.

    Oui, car si des femmes ont dû subir ses assauts, c’est bien parce qu’elles n’étaient pas au courant qu’il ne fallait pas se retrouver en face de lui. Et l’article cite des autrices de Fantasy et une agente littéraire, donc des personnes déjà un peu dans le milieu.

    #126753
    Yoda Bor
    • Pas Trouillard
    • Posts : 511

    C’est dangereux ce « Tout le monde savait » . Parce que justement tout le monde ne savait pas et que garder ce secret en pensant que c’est bien connu, c’est justement ce qui fait de d’autres personnes se retrouvent à subir ça.

    #126757
    Emmalaure
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    C’est dangereux ce « Tout le monde savait » . Parce que justement tout le monde ne savait pas et que garder ce secret en pensant que c’est bien connu, c’est justement ce qui fait de d’autres personnes se retrouvent à subir ça.

    Tout à fait ! Tout le monde n’est pas Matzneff qui se vante de ce qu’il fait dans ses livres depuis des décennies et qui est même entré dans les classiques de la littérature (ça m’avait dégoûtée que lui et d’autres que je trouvais hyper malsains soient des références littéraires au lycée et en prépa, et même au collège pour l’un).

    Cela dit, il ne faut pas se leurrer, ce genre de comportement existe dans tous les milieux où il y a un peu de pouvoir à guigner et à afficher, partout où l’ego peut se prendre un coup de brosse à reluire et où se trouve en-dessous de la précarité.

    #126758
    euzkadi de dorne
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    Ou qui en sait assez sur les moeurs de gens affluents pour s’acheter des protections bien placés.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 année et 10 mois par euzkadi de dorne.
    #126761
    Nymphadora
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    C’est dangereux ce « Tout le monde savait » . Parce que justement tout le monde ne savait pas et que garder ce secret en pensant que c’est bien connu, c’est justement ce qui fait de d’autres personnes se retrouvent à subir ça.

    C’est facile à dire… Mais pour que l’on dépasse le « tout le monde sait » il faut permettre aux victimes de s’exprimer sans crainte de conséquences (dans ce milieu comme dans beaucoup d’autres… et je crois que c’est aussi se leurrer de ramener ça à des « milieux de pouvoir » : un rapport hiérarchique est déjà un rapport de pouvoir, et dans bien des entreprises, la culture sexiste est bien ancrée, milieu en vue ou pas. C’est pas juste « chez les autres » ça peut arriver partout que des femmes souffrent de harcèlement sexuel à diverses échelles).
    Et une femme victime des agissements d’un type comme ça peut être salariée de sa boîte, auquel cas, dans un tout petit milieu comme l’édition, si elle se plaint des agissements du type – notamment à ses RH qui sont là pour ça – malheureusement le risque d’être cataloguée comme « la fille à problème qui a parlé » un peu partout est réel (pour être dans un tout autre milieu, mais avoir assisté à ce genre de « grillage professionnel », où un femme parle à sa hiérarchie ou ses RH de ce type qui la regarde comme un bout de viande ou bien pire a eu des gestes ou propos problématiques… bah c’est rarement le type à problèmes qui part même si « tout le monde le sait ». Les choses sont progressivement en train d’évoluer, dans les grandes boîtes, avec des procédures d’anonymat etc. sauf que dans les faits, quand tu es dans un microcosme, tu réfléchis quand même à deux fois à parler si tu comptes un jour avoir des promotions et une carrière un minimum linéaire).
    Et là, dans le cas qui nous occupe c’est encore plus complexe car une autrice harcelée, elle n’a pas de recours RH. Elle a déjà un métier extrêmement précaire, et son recours c’est la police (ou elle ne sera pas forcément bien accueillie – surtout si les faits sont « mineurs »… aller voir la police pour dire « bonjour, ce mec m’a mis la main au cul en soirée, et tout le monde le sait » ça motive assez peu je le crains…) et la justice (et comme c’est parole contre parole, la plainte a peu de chance d’aboutir – même une fois la plainte déposée, seule une sur 5 aboutit à une condamnation, et ça c’est déjà quand la victime a porté plainte, ce qui est assez peu courant au final – et par contre c’est un gouffre d’argent… or métier précaire déjà…). Quand elle sait qu’en plus le type en question risque de la griller professionnellement dans d’autres maisons d’édition, elle réfléchira à deux fois à parler…
    Et comme ceux qui savent se sentent possiblement aussi en position de faiblesse… (l’auteur – précaire, je le rappelle encore une fois, mais un auteur en France, notamment en imaginaire, bah ça a pas un chouette statut – qui témoigne de ce qu’il a vu, il sera tout aussi grillé, risque de foutre son amie dans la panade alors qu’elle même a choisi de ne rien dire… et accessoirement peut se retrouver accusé de diffamation).
    Bref le tableau est cynique, mais tant que les victimes ne se sentiront pas soutenues par leur milieu si elles parlent, tant que des gros éditeurs ne diront pas « vas-y parle sans crainte, moi je te soutiendrai et te publierai » il y a peu de chance que ça dépasse le tout le monde sait et ne peut ouvrir sa bouche. (et accessoirement, c’est extrêmement simpliste dire dire que les victimes sont celles qui ne savaient pas… on peut aussi savoir et espérer passer entre les gouttes parce qu’on n’a pas le choix quand on a besoin d’un job…)

    ~~ Always ~~

    #126780
    Emmalaure
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Je ne crois pas que Yoda Bor parlait des victimes « qui ne savait pas » (en tous cas, ce n’est pas comme cela que je l’ai compris), mais plutôt des personnes qui savent, qui ont elles-même un pouvoir, une influence, et qui préfèrent fermer les yeux ou les oreilles plutôt que de faire le choix de responsabilités, en attendant que d’autres le fassent à leur place (et notamment les victimes si isolées).

    tant que des gros éditeurs ne diront pas « vas-y parle sans crainte, moi je te soutiendrai et te publierai » il y a peu de chance que ça dépasse le tout le monde sait et ne peut ouvrir sa bouche.

    C’est précisément à cela que je pensais, et je ne crois pas trop m’avancer si j’estime que Yoda Bor pensait la même chose.

    Peut-être que je me suis mal exprimée et que j’aurais dû remplacer « milieu de pouvoir » par « rapport hiérarchique », également.

    Par ailleurs, pour travailler avec des ados et être responsable « harcèlement » dans mon établissement, je peux certifier que c’est très délicat et complexe de mener une enquête en sachant trier le vrai du faux, les faits du ressenti, tant de la part des filles que des garçons. Cela prend beaucoup de temps d’enquêter (il faut savoir écouter pleinement les victimes présumées et les bourreaux présumés) et chaque cas est véritablement individuel. Si à première vue le schéma parait semblable, quand on creuse, les situations peuvent être radicalement différentes. Il y a des schémas sociaux qui sont déjà complètement intégrés à cet âge et considérés comme naturels, et même là où ils sont normalement tous à égalité, on voit très bien se créer des rapports de pouvoir et de domination dans le groupe, avec tout ce qui en découle.

    Le « parole contre parole » est plus problématique parce que du point de vue de la justice, il y a le droit pour encadrer tout cela. Il reste cependant simpliste, car avec du temps et de l’écoute, on en sort : les faits quels qu’ils soient laissent toujours une trace quelque part (même si cette trace ou ces traces ne sont pas là où on s’attendrait à les trouver), mais c’est sûr que sans formation, on ne peut pas inventer la manière de procéder ni les qualités d’écoute indispensables. Et pour une action en justice, il faut trouver un bon avocat et la bonne assurance qui permettra de couvrir les frais.

    Il paraît plus simple d’apprendre directement à nos garçons que coucher, avoir la plus grosse (épée) et être un homme facile (à dégainer) ne fait pas d’eux des surhommes ! Et que le rose, les poupées, les déguisements de princesses, les larmes et les sentiments amoureux ne sont pas des trucs débilos réservés aux filles. Et à nos filles qu’elles peuvent être des Fiona version ogresse sans perdre leur humanité.

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