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  • Ce sujet contient 301 réponses, 64 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par O’Cahan, le il y a 4 jours et 1 heure.
30 sujets de 271 à 300 (sur un total de 302)
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  • #135564
    R.Graymarch
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    Par curiosité envers ce que lisait une enfant, j’ai lu les 4 tomes d’Oniria de B. F. Parry (nom de plume d’une autrice française). A ne pas confondre avec un autre livre du même titre de Patrick Senecal.

    Oniria est une saga (terminée 2014-2016) en quatre tomes racontant l’histoire d’Eliott un collégien parisien de 12 ans qui vit avec son père, sa belle-mère, la mère de son père et ses deux petites demi-soeurs jumelles. Depuis six mois, son père est hospitalisé et reste dans un étrange coma. Eliott apprend bientôt que la nuit, il peut se rendre grâce à un sablier magique dans le monde des rêves… et qu’il pourrait aider son père à sortir de ce sommeil permanent.

    C’est une série de livres pour enfants/ados (300 à 450 pages par tome, tout de même) qui forcément n’a pas la profondeur de ce qu’on peut lire ailleurs pour une tranche d’âge plus élevée. N’empêche que l’univers est assez dense et qu’on en apprend un peu plus, petit à petit. C’est dur de ne pas voir le stratagème du tome 1 qui ajoute un peu artificiellement des étapes à une quête apparemment simple (« il faut aller voir Machin, mais on ne sait pas où il est. Il faut demander à Truc. Ah mais Truc est absent. Chose sait où il est mais il faut lui rendre un service etc »). C’est mieux tenu par la suite. Seule la fin me laisse un peu perplexe (un peu trop gentille à mon goût même si tout n’est pas rose). Les thèmes abordés sont bien écrits, comme le fait qu’il n’y a pas deux camps opposés bêtement, que des fois il faut (ou pas) s’allier avec des personnes avec qui on n’est pas d’accord, sur la privation de libertés « pour la sécurité de tous » etc.

    Si vous avez parmi votre entourage des personnes de 12-15 ans, ça pourrait peut-être leur plaire.

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
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    #135565
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    L’amant (1984, prix Goncourt, prix Ritz-Paris-Hemingway), de Marguerite Duras.

    Autofiction écrite par l’autrice quand elle avait 70 ans, et dans laquelle elle raconte ses 15 ans (plus ou moins arrangés, j’en sais rien et je m’en tape un peu) en Indochine française, dans les années 30. On peut lire ça comme une histoire d’amour entre elle et son amant deux fois plus âgé (mais on sera alors déçu). On peut lire ça comme un récit d’émancipation d’une jeune fille étouffée entre une mère folle et un frère tyrannique (mais on sera déçu, et on aura l’impression de lire n’importe quel autre roman français). On peut lire ça comme une récit d’époque (mais on sera très déçu).

    C’est décousu, parfois excellent, parfois mouaisbof, ça part un peu dans tous les sens et on se demande souvent, à lire ça aujourd’hui, quoi en penser, quoi en tirer, comment le comprendre.

    Un classique qu’il fallait bien lire un jour. Il a le bon goût d’être très court. Franchement pas sûr qu’il soit indispensable.

    Des souris et des hommes (1937), de John Steinbeck (prix Nobel 1962).

    George et Lennie sont deux saisonniers qui errent de ranch en ranch dans la Californie des années 30. Lennie est un colosse simplet qui aime caresser les petits animaux et les jolis tissus, ne connait pas sa force, et qui fait ce que George lui dit de faire. Ils ont fui leur dernier emploi, parce que Lennie a sans le vouloir effrayé une fille dont il voulait toucher la robe. Ils arrivent dans un nouveau ranch. Il y a Candy, vieux manchot qui entend George et Lennie parler d’un lopin de terre, un bout de paradis sans patron ni contraintes, qu’ils vont acheter un jour. Il y a Curley, le fils du patron, boxeur amateur qui aime provoquer les plus grands que lui, et sa toute nouvelle femme qui tourne autour des saisonniers. Nous sommes déjà là au deuxième des six actes, en dire plus c’est déjà spoiler, lire la suite c’est déjà se spoiler.

    De Steinbeck, j’avais lu La Perle au collège, je ne m’attendais donc pas à quelque chose de très optimiste ou de très joyeux. La Perle et Des souris et des hommes racontent plus ou moins la même histoire, celle des rêves brisés et des espoirs déçus de petites gens qui ne demandent pas grand chose, mais même ça leur est inaccessible.

    Un classique qu’il fallait bien lire un jour. Il a le bon goût d’être très court. Ca le rend lisible même pour qui n’aura pas eu l’impression de lire quelque chose de révolutionnaire.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer – Les mots sont du vent": https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
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    #135568
    R.Graymarch
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    Je pense toujours à Larcenet 🙂

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    #135582
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    C’est une ref au film Des souris et des hommes? Il est fort possible que je n’ai jamais compris cette blague du Combat ordinaire. ^^

    Fun fact, j’ai aussi pensé à Larcenet, y’avait des digital pourpres partout ! ^^

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    #135584
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    Il est fort possible que je n’ai jamais compris cette blague du Combat ordinaire. ^^

    tu as dû l’oublier j’imagine car la blague est expliquée la première fois qu’ils s’appellent Georges. « Mais pourquoi on fait ça, au fait ? » Il dit que c’est lié au film en effet. Et l’autre « mais c’est super con en fait » 🙂

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    #135586
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    Hahaha faut que je le relise. ^^

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    #135587
    Crys
    • Exterminateur de Sauvageons
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    Au rayon, le confinement vous y a amené, je viens de terminer Le Puits des mémoires de Gabriel Katz sur les bon conseils de Namande d’abord, il y a un an ou deux, puis de ma douce une fois qu’elle a eu entamé la trilogie. On y suit trois bonhommes qui s’autobaptisent Olen, Nils et Karib après s’être réveillés dans des cercueils au milieu de la montagne. Une avalanche a eu raison de l’escorte qui encadrait le chariot où ils se trouvaient et les voilà balancés dans le monde avec un léger handicap : ils ont oublié qui ils sont. Et comme si ça ne suffisait pas, leur tête est mise à prix.

    Un roman de fantasy paru chez Scrinéo qui a été estampillé de fait young adult mais qui est plutôt cru pour ce type de littérature je trouve. Attention, on est pas dans Le Trône de Fer non plus, mais j’ai parfois été étonné du ton employé par l’écrivain comme les personnages. Ce n’est pas le roman du siècle, mais la perte de mémoire donne lieu à de jolies révélations et de belles tranches de rire. Bref, une lecture bien agréable en mode « tourneur de pages » (1200 pages avalées en moins de trois semaines, mais c’est écrit gros !) dans un univers de fantasy qui peut sembler un peu cliché mais s’avère assez solide pour son intrigue. Dans les bémols, toutefois, je mettrai la place des femmes dans le roman, vu qu’on y fait la part belle à une franche camaraderie masculine, et un final un poil précipité (dont je n’ai pas encore réussi à déterminer si le caractère antiépique de la chose était un défaut ou une qualité).

    Enfin voilà, si vous cherchez un roman pour l’été, c’est sans doute une belle idée ! 🙂

    #135601
    Tristesire
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    @Crys Merci pour la suggestion ! Au fait, as-tu lu Les Douze enfants de Paris ?

    On ne touche pas aux lapins !

    #135603
    Crys
    • Exterminateur de Sauvageons
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    @crys Merci pour la suggestion ! Au fait, as-tu lu Les Douze enfants de Paris ?

    Non, car j’ai eu beaucoup d’autres choses sur ma PAL et j’avoue que je m’étais dis que je le prendrai chez le bouquiniste ou truc du genre. Donc c’est en stand-by comme projet de lecture. Mais j’y compte bien un jour 🙂

    Et d’ailleurs je suis content que La Religion t’aie plu. 😉

    #135612
    Tristesire
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Je trouve que c’est une super inspiration pour des jdr tels que Solomon Kane, Te Deum ou Striscia…

    On ne touche pas aux lapins !

    #135719
    Fleurdecerisier
    • Éplucheur avec un Économe
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    En tant que blanche qui peut se considérer comme « privilégiée », j’ai eu grand intérêt à lire Ne suis-je pas une femme? de Bell Hooks, sorti en 1981…mais traduit en France en 2015 !

    Il traite de l’afroféminisme, du double fardeau d’être née et femme et noire aux États-Unis. Les femmes noires, qui subissent le racisme et le sexisme de manière plus ou moins insidieuse. Ces femmes noires oubliées par le féminisme blanc dont la majorité des adeptes, sous prétexte d’une lutte commune de « toutes les femmes », faisaient preuve de racisme flagrant. Car la femme noire a souvent été invisibilisée dans de nombreux discours. On parlait ainsi de Noirs (hommes) et de femmes (blanches).

    J’ai trouvé cet essai absolument fascinant et m’a personnellement aidé à mieux comprendre des concepts que je trouvais plutôt flous. Je suis sortie grandie de cette lecture qui m’a ouvert de nouveaux horizons intellectuels.

    #135920
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    Le monde inverti, de Christopher Priest.

    Livre entré dans les classiques de la SF grâce à son incipit très réussi, qui en soi résume tout le concept et tout le mystère de l’oeuvre: « J’avais atteint l’âge de mille kilomètres. »

    Livre difficile à teaser sans spoiler: une bonne partie des pages est consacrée à la découverte du monde lui-même, qui constitue le principal mystère. La couv révèle un peu. La 4e de couv spoile beaucoup.

    Je vais donc me contenter de dire que c’est un livre de SF qui lorgne un peu sur la Hard SF, dans l’idée: l’oeuvre entière repose sur un postulat « physique » (mais qui en revanche est assez peu « scientifique »). Au début on peut croire qu’on va lire un proto-Mortal Engines. Il n’en est rien, cet aspect là n’est qu’accessoire. Le livre, et son monde, révèlent peu à peu leur étrangeté et leur beauté. On va plus, sur la seconde partie, vers quelque chose entre certaines scènes d’Interstellar (spoiler) ou de Le problème à Trois Corps. Et puis ensuite il faut bien finir le livre, et donner des réponses. On aura donc une réponse à la plus grosse question (« WTF am I reading là? ») , plus ou moins satisfaisante, et une ou deux impasses.

    Livre étrange, plongée dans la tête d’un personnage qui découvre le monde qui l’entoure avec circonspection, puis qui accepte ce monde de façon à la fois fataliste et contemplatifo-poétique.

    Livre pas désagréable, qui fascine le temps de sa lecture, laisse un peu dubitatif sur la fin, mais vaut le coup.

    (si quelqu’un d’autre l’a lu, je veux bien des avis sur la fin!)

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    #135922
    FeyGirl
    • Fléau des Autres
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    Christopher Priest fait partie des auteurs dont j’ai entendu du bien, il faudra que je le découvre un jour.

    #135925
    DNDM
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    Christopher Priest fait partie des auteurs dont j’ai entendu du bien, il faudra que je le découvre un jour.

    Egalement auteur du Prestige (l’histoire de lutte entre deux prestidigitateurs adaptée au cinéma par Christopher Nolan en 2006), pour citer son autre oeuvre très connue (au passage, pour ceux qui ont vu le film, on peut dire que Le monde inverti a les mêmes qualités et les mêmes défauts que le Prestige, en fait, même si les histoires n’ont rien à voir). Et ex mari de Lisa Tuttle (qui a écrit Elle qui chevauche les tempêtes avec George R. R. Martin), pour info.

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    #135927
    no_one
    • Pisteur de Géants
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    Livre pas désagréable, qui fascine le temps de sa lecture, laisse un peu dubitatif sur la fin, mais vaut le coup.

    (si quelque’un d’autre l’a lu, je veux bien des avis sur la fin!)

    Yep. Difficile d’en dire plus sans tout révéler, mais je te rejoins : fascinant puis confusant sur la fin… Il y a une lecture alternative de celle-ci mais je ne sais trop qu’en faire, à vrai dire : https://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/WMG/TheInvertedWorld

    "It's both possible, and even necessary, to simultaneously enjoy media while also being critical of its more problematic or pernicious aspects."
    "Damsel in Distress: Part 1", Tropes vs. Women in Video Games, Anita Sarkeesian

    #135945
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    Content de voir que que je suis pas le seul à être confus. ^^

    Je pense qu’il faut accepter le fait que bon, tout ça est très branlant comme explication, mais que c’est voulu. Ou plutôt que Christopher Priest a tout fait pour que ce soit le cas afin de choisir une fin « poétique/subjective » plutôt que « scientifique/objective »: dans le même temps, il nous donne l’explication, et nous rappelle les contre-arguments qui font que cette explication n’est pas satisfaisante.

    Le bouquin laisse une impression étrange quand on le termine, en fait. Le manque de réponse claire et indiscutable joue peut-être aussi dans le fait qu’il marque le lecteur: une autre fin, moins confusionante, aurait peut-être pour effet d’appauvrir l’effet poétique de l’oeuvre. Le traitement du sujet de fond, sur la perception que l’on a du monde, aurait en tout cas été tout autre.

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    #136201
    DNDM
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    Je suis une légende,  de Richard Matheson.

    Je suis une légende de Richard Matheson - Poche - Livre - Decitre

    Pitch: Robert Neville est le dernier survivant d’une pandémie qui a transformé les humains en vampires. Dans sa maison transformée en forteresse, il se terre chaque nuit, tandis qu’à l’extérieur les vampires essayent de le faire sortir. La journée, il sort pour s’organiser et trouver de quoi survivre.

    Contexte: le livre a été repopularisé par le film de 2007 avec Will Smith – qui change totalement la fin de l’histoire pour faire une bouillie hollywoodienne classique. J’avais vu le film, je m’étais spoilé depuis longtemps la « vraie version », l’histoire originelle. Mais en trouvant le livre dans une boite à livre le lendemain de l’annonce du confinement, en mars, l’ironie était trop belle, du coup je l’ai pris, pour voir.

    Résultat: un livre qui se lit extrêmement bien, même quand on connait 90% de l’intrigue et la chute. C’est très bien écrit, très prenant, très entraînant. Et le mix entre science-fiction et vampirisme traditionnel est plutôt pas mal fait. Surtout que, ce à quoi je n’avais jamais fait gaffe, c’est que ce livre date de 1954. Dans mon esprit, il était bien plus récent, genre années 70-80. Du coup, c’est d’autant plus bluffant. Richard Matheson publie en 1954 un livre dont il place l’action en 1976, et quand on lit ce livre en 2020, non seulement ça n’a quasiment pas vieilli, mais en plus le jeu sur les clichés et les renversements de valeur paraît particulièrement novateur. Alors oui, on pourra trouver à redire sur les détails. Mais grosso modo, excellente lecture, très prenante.

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    #136648
    DNDM
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    Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson

    Journal autobiographique d’un type qui décide de fuir le monde et d’aller vivre quelques mois en Sibérie, tout en ayant bien conscience que c’est une solution très égoïste parce que si tout le monde fait comme lui, y’a plus de grands espaces. Il lit beaucoup (mais de la vraie littérature madame, même seul au bout du monde faut lire des trucs chiants et sérieux), se bourre la gueule à la vodka avec les autres rares habitants du coin, se bourre la gueule à la vodka tout seul, à un moment on lui refile deux chiens et c’est vaguement mignon, vers la fin du bouquin il reçoit un texto de la femme qu’il aime dont on avait jamais entendu parler avant, qui ô surprise le plaque, il pleure beaucoup, puis c’est la fin de son séjour et il rentre.

    Inintéressant et suffisant au possible.

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    #136650
    R.Graymarch
    • Vervoyant
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    J’ai vu l’adaptation en film (2016, César de la meilleure musique originale pour Ibrahim Maalouf) de Safy Nebbou avec Raphaël Personnaz. Je lis qu’ils ont ajouté un Russe en cavale dans le film. Sinon, je n’en ai pas un grand souvenir à part les paysages grandioses (ce qui parait un peu le minimum)

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    #136678
    Jean Neige
    • Terreur des Spectres
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    Le film a une réal et une BO sympa, c’est tout ce dont je me souviens. Mais j’en garde un bon souvenir.

    « Edmond Dantès. Nice name. It’d look great in print, you know? Although ‘Le Comte de Monte-Cristo’ would make a better title for a novel. » - Dumas, Fate/strange fake

    #136954
    Crys
    • Exterminateur de Sauvageons
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    J’ai terminé le troisième tome du Bâtard de Kosigan cette semaine, titré Le marteau des sorcières. Le héros éponyme est donc cette fois aux prises tout à la fois avec les forces magico-féeriques sanglantes des sorcelières de Cologne et l’Inquisition dépêchée sur place en la personne du cardinal Las Casas. Le virage à droite sur le plan uchronique opéré dans le précédent tome continue (sans spoiler, je dirais qu’il y a des souverains français dont le destin est radicalement différent de celui qu’on connaît) et l’intrigue est toujours coupée en deux entre la chronique du bâtard de Kosigan en 1341 et la découverte de celle-ci et de ce qu’elle implique à la fin du XIXème siècle par son descendant et ses alliés (en mode Da Vinci Code VS Sherlock Holmes).

    Difficile de juger ce tome tout seul, contrairement aux deux précédents, car on voit bien qu’il forme un tout avec le quatrième tome. Si j’avais un doute au départ, en voyant les intrigues se déployer lentement (contrairement au tome 2 qui était presque trop touffu au départ pour qu’on en saisisse les enjeux dans les 100 premières pages), on a bien droit à un « fin de la première partie » en clôture. Somme toute, ça fait l’effet du MJ quand il est 6h du mat’ qui finit par dire « Non mais là, on est à la moitié de l’intrigue, mais j’ai voulu rebondir sur vos idées donc forcément, sans être inintéressant, on a pris du retard. Vous êtes dispos jeudi prochain ? ». Donc pour juger l’intrigue (même si je me doute bien de ce vers quoi elle s’achemine), je vous donne rendez-vous quand j’aurais terminé le suivant.

    Pour  les défauts, je dirais que cette relation étrange aux femmes des deux protagonistes qui partagent le patronyme de Kosigan est quand même toujours un problème (le soucis avait disparu dans le second tome car ils avaient d’autres chats à fouetter, mais il revient ici, de manière moins maladroite toutefois que dans le tome 1). Y a un truc qui continue de me mettre mal à l’aise, mais après tout, ça permet peut-être de noircir le portrait de ces héros un peu trop forts et un peu trop parfaits. Je n’arrive juste pas à savoir si c’est volontaire de la part de l’auteur ou non. Pour le reste, on a toujours cette volonté de présenter un recueil de sources dans un délire d’historien qui me plaît assez. Le boulot d’érudition est d’ailleurs louable, car on sent qu’il y a beaucoup de travail derrière et ça ancre bien l’histoire dans notre réalité, même si ça peut en rebuter certains j’imagine.

    On passe en tout cas un bon moment et les pages s’enchaînent jusqu’au final qui n’en est pas vraiment un, et on se surprend à avoir envie de lire la suite donc ça reste se confirmer. 🙂

    #137020
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    Tu me donnes envie de choper la suite du Bâtard de Kosigan tient, le délire sur le T1 m’avait pas beaucoup plu.

    De mon côté j’ai lu Les Aigles Endormis, de Danü Danquigny. Court thriller, relativement efficace, qui permet de découvrir en chapitres alternés la descente aux enfers d’un type lambda qui peu à peu devient voyou dans l’Albanie des années 80-90, puis sa vengeance quand il revient au pays qu’il a quitté, en 2017.

    (ha, et j’ai tenté Le Hussard sur le toit, aussi. Abandonné à la fin du premier chapitre parce que bon, 30 pages à suivre un perso qui a chaud et qui mange des melons et qui va au village suivant et qui a chaud et qui mange des melons, c’est super plombant, même quand tout le monde commence à mourir de maladie autour, et à un moment ça serait bien qu’il se passe quelque chose. Le film est mieux?).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 3 semaines par DNDM.

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    #137481
    DNDM
    • Terreur des Spectres
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    La tour du diable, de Mark Sumner.

    « Le chaman arriva en ville juste avant le coucher du soleil, sur un cheval mort. » Dès ce très réussi incipit, ce livre pose son ambiance: on est en pleine western-fantasy. Le premier chapitre est un duel entre le shaman en question et le shérif local, duel qui se fait davantage à coup de magie qu’avec des six-coups.

    Pendant un bon tiers du livre, on est vraiment happé dans ce wild wild west où, depuis la bataille de Shiloh (1862, pendant la guerre de sécession), les cow-boy et tenancières de bar se découvrent des talents magiques, et où les plus puissants d’entre eux deviennent shérif, protecteurs de villes. Malheureusement, ça n’arrive pas réellement à tenir sur le long terme: passé le décor, peu à peu on se retrouve avec l’impression de suivre une partie de jeux de rôle, mais sans pouvoir jouer. Les talents classés en différentes catégories (façonnage, braillage, bavardage, visionnage…), le héros qui se fait un groupe d’amis et va peu à peu se retrouver confronté à des ennemis de plus en plus puissants, jusqu’à se retrouver de façon artificielle face à l’assassin de son père, lui-même entouré de ses lieutenants qu’il faut dézinguer avant d’arriver au boss final… Tout fait au final à la fois classique et forcé, sans réel but (peut-être parce qu’il y a un Tome 2 des aventures du même héros, Le train du diable, qui amène certaines réponses ou développements qui manquent ici?), et les combats se limitent bien souvent à du TGCM. Ca reste au final un bon pulp pour qui cherche une lecture sans grand enjeu, ou un bon backround pour un univers de jeu de rôle, mais guère plus.

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    #137555
    no_one
    • Pisteur de Géants
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    Si néanmoins vous vous sentez l’âme d’un critique littéraire et écrivez un long commentaire, on vous demandera de mettre ce long avis également sur les topics Dernières lectures, Dernières lectures graphiques ou quand ils existent, directement sur les topics spécifiques consacrés au livre/saga/auteur adéquats afin d’en faire profiter les lecteurs du forum qui ne participeront pas au challenge.

    Aurora

    On passe au premier gros morceau avec ce roman d’anticipation par l’auteur de la Trilogie de Mars : histoire d’une tentative de colonisation dans les siècles à venir de planète extrasolaire (l’éponyme Aurora) suivant le vaisseau-générationnel qui y emmène les futurs colons. Le premier et le dernier chapitres sont narrés d’un point de vue différent du reste du roman – constituant à mon sens le point faible (malheureusement d’entrée) d’un récit autrement passionnant et enrichissant (exigeant aussi : gardez sous le coude accès à Wikipédia pour consulter quelques notions de mathématiques, d’astrophysique, d’écologie scientifique…). K.S.R. a fait son travail de recherches pour nous immerger dans un possible spéculatif mais techniquement vraisemblable – peut-être trop, en ceci que les siècles qui nous sépareraient de ce vaisseau ne semblent avoir servi qu’à réaliser ce qu’on conceptualise déjà. En outre le roman a une dimension de fable morale ; il peut alors être frustrant de voir les humains persister à se comporter comme nos contemporains – et tenter de résoudre des situations critiques avec des outils toujours usités de nos jours bien qu’on les sache déjà obsolètes (coucou le scrutin uninominal, oui c’est caca). En bon roman de S-F, Aurora dispose néanmoins d’une indéniable majesté (faisant ressentir le fameux « sentiment d’émerveillement » (Sense of wonder), en particulier sur la planète éponyme) empreinte toutefois d’une mélancolie que la réponse qu’il propose au Paradoxe de Fermi ne fait que renforcer. Loin de s’y complaire, Robinson – sans pour autant se voiler la face – en tire après avoir examiné les implications éthiques du voyage transgénérationnel un puissant constat sur l’importance de l’écologie politique, en sus de réflexions diverses sur l’intelligence humaine, artificielle ou encore l’acte narratif même. (Anecdote curieuse : c’est le 1er roman que je lis qui mentionne la non-binarité mais nullement les sexualités alternatives, dans un contexte qui s’y prête pourtant. ^^’)

    Les deux premières pièces d’un Sartre libre, lues dans le cadre du ARTE Book Club lancé par Le Mock pendant le confinement (accessibles ici : https://la-philosophie.com/wp-content/uploads/2012/12/Sartre-Huis-clos-Texte-complet-pdf.pdf). Huis clos met en scène durant un acte unique 3 persos (+ le garçon d’étage) en enfer – et « l’enfer c’est les autres ! ». Enfin, ce peut l’être. C’est l’œuvre qui inspira certaine série finie récemment, ce qui au fond donne raison à Sarte qui croyait avoir écrit une pièce drôle, juste perçue comme une drôle de pièce (pardon).

    Les mouches reprend, elle, en 5 actes, un épisode du mythe des Atrides, le retour d’Oreste, en lui donnant une nouvelle tournure : celle de l’épiphanie existentialiste. Oreste se libère, et libère les siens, en prenant conscience qu’il a toujours été libre, que Zeus est impuissant à lui imposer des chaînes qu’il n’aurait lui-même choisies, que « le pouvoir réside là où les gens se le figurent »… Ainsi il prend sur lui, dans une conclusion très christique, la culpabilité (incarnée par « les mouches » (les Érinyes)) pour libérer son peuple. Je fus déçu de la trajectoire du personnage d’Electre, instigatrice initiale de la révolte contre le jugement divin, et trouvé l’écriture d’Egisthe confuse, mais tout comme la précédente cela reste une pièce intéressante – surtout si vous êtes intéressé-e par sa philosophie.

    Jane Eyre

    Classique proto-féministe dont je n’ai toutefois lu ici qu’une traduction tronquée pour la bibliothèque verte (la VO empruntée m’attend à présent), résultant une deuxième moitié de roman un peu brouillonne. Néanmoins apprécié cette autobiographie fictive de la vie de Ms Jane Eyre, depuis son enfance malheureuse d’orpheline recueillie à contrecœur à sa vie auprès de son seigneur et maître, Mr Ronchon Rochester, en passant par son temps en internat – et la perte de son unique amour amie, Helen Burns. Si certains aspects ont inévitablement vieilli (les glissements sémantiques qui donnent à certaines descriptions une dimension raciste, a priori infondée, le traitement de « l’antagoniste » du roman…), l’histoire résonne toutefois encore aujourd’hui avec succès, à travers la volonté d’indépendance et de traitement égalitaire (tant dans le rapport de genres que de classes) de son héroïne, et la force de l’amour qui finit par les lier, Rochester et elle, en dépit de tout – relation épicée par les traits d’esprit, en particulier sur leurs physiques respectifs, qui ne les séduit guère initialement, ce qu’ils n’hésitent pas à proclamer haut et fort. Ce faisant, le roman se fait drôle – et ladite relation d’autant plus touchante (et l’évolution des descriptions m’a ainsi rappelé notre bon Martin & les amours de Jon Snow).

    Bethsabée ou l'Eloge de l'adultère

    Nouvelle/roman court réécrivant l’épisode de David et Bethsabée (chapitre 11 du Deuxième Livre de Samuel). C’est une réécriture curieuse, d’un point de vue féministe : d’un côté, on a là une réappropriation du mythe, s’intéressant au point de vue de Bethsabée, à la condition de la femme (adultère) à l’époque, et une franche critique qui devient un enjeu de l’intrigue ; de l’autre, la résolution, sans surprise, contourne ladite critique et le châtiment divin du crime de David (lors même que l’auteur, tout en peignant une Bethsabée amoureuse, nous montre clairement que ses options étaient limitées et qu’elle n’était complice) touche de fait autant les deux (quand bien même la fin se veut heureuse). Qui plus est, en dépit de cette approche du récit à travers les yeux de Bethsabée, de l’attention portée à son désir, les choix de description de Halter relèvent toujours d’un male gaze en contradiction : dès l’incipit, et tout au long du texte, nous sont présentés des paragraphes et des paragraphes de descriptions lascives du corps nu ou presque de Bethsabée quand, alors que son désir pour l’un puis l’autre sont les moteurs de l’histoire, je serais bien incapable de vous dire à quoi ressemble David si ce n’est qu’il est roux – et l’absence d’Urié se fait si littérale qu’il n’a même pas droit à ce minimum. Le fond et la forme me semblent ainsi discordants.

    Protection From Nargles d’Arpad Hrunta

    Fanfiction Harry Potter disponible sur FF.Net – https://www.fanfiction.net/s/7352166/1/Protection-From-Nargles – se déroulant durant le mois de Janvier de la 5e année de Harry et partant d’une simple hypothèse : c’est Luna et non Cho qu’il retrouve sous le gui, à l’issue de la dernière réunion de l’AD avant Noël. S’ensuit le développement d’une chaste romance en 9 chapitres de pur fluff si on excepte le harcèlement scolaire. L’auteur a un très bon style, fait peu de fautes et croque excellemment ses personnages principaux comme secondaires (mention spéciale aux Jumeaux, hilarants). Il ne manque pas d’idées de mise en scène et ne sombre pas dans la caractérisation négative des rivales amoureuses par ricochet. Le tout est juste mignon et drôle comme tout, idéal si vous « shippez » Luna/Harry. Par contre c’est en anglais et certaines réf très canadiennes.

    Le Meilleur des mondes

    Enfin, Le Meilleur des mondes. Des semaines pour finir un bouquin de 280 pages, c’est pas bon signe pour moi. Déjà sur la forme, plus d’une centaine de pages d’exposition, avant d’enfin rencontrer le vrai protagoniste… à qui ledit monde doit être exposé (!), avant enfin d’arriver au cœur du propos, dans les 40 dernières pages, la seule partie qui ne m’aura ennuyé tout compte fait. Et si le style est travaillé, avec quelques réussites comme un montage parallèle, les citations de Shakespeare à côté de la plaque de John – quand bien même ça fait partie du personnage – deviennent vite agaçantes. Quant au fond… il y a les intuitions prémonitoires de Huxley sur l’exposition fœtale à l’alcool, le clonage… et ses présupposés racistes et sexistes qui n’ont pas bien vieilli ; de même que sa vision d’une société supranationale étourdie de divertissement ayant mis fin à la lutte de classes en les institutionnalisant par l’eugénisme peut aujourd’hui encore refléter des risques réels (surtout la première partie)… mais son intégration de la liberté sexuelle dans sa dystopie – semblant moins critiquer (voire n’avoir pas conscience de) la domination patriarcale dans les rapports de force qu’une sexualité féminine libérée, mais toujours hétéronormée étonnamment – fait également réactionnaire. Et à ce titre il y a une occasion manquée dans le perso de Lenina, dont les signes initiaux d’une rébellion contre le système différente de celles de Bernard et Helmholtz, mais bien existante, sont coupés courts par la pudibonderie de John auquel elle devient strictement subordonnée jusqu’à, après l’excellent dialogue avec Mustapha Mond, la fin étrangement évocatrice (anachroniquement) de certaine scène de Sa Majesté des mouches (autre « classique » avec lequel je suis faché) franchement glaçante, ce que Huxley lui-même regretta + tard. Curieux de lire sa propre réponse utopique, Île, néanmoins.

    La Nuit des temps

    Et pour finir cette interminable mise à jour, je m’attaque donc aussi aux « Sept Couronnes » en ayant dévoré depuis mon dernier post La Nuit des temps de René Barjavel (dans la collection « les grands textes du XXe siècle ») : « Nord : Une intrigue qui se déroule dans le froid ». Le froid antarctique où une expédition française découvre un signal émis depuis une source mystérieuse, quelques 900+ mètres sous la surface. Manifeste universaliste empreint de poésie, reflet de la crainte de l’Apocalypse atomique pouvant aboutir de la guerre froide et appel à une révolte universitaire, étudiante, préfigurant de peu Mai 68, mais aussi ode à l’esprit de découverte scientifique et récit d’amour tragique évoquant des couples mythiques, c’est effectivement un « grand texte du XXe siècle ». J’y regrette toutefois une dimension racialiste jurant avec le propos, ainsi que le traitement des 2 seuls personnages féminins (nominatifs) : plus précisément, l’utilisation de Léonova en simple contrepoint de la satire américaine ambulante qu’est Hoover et qui est évidemment « la + belle femme de l’expédition » mais n’y contribue guère par ses compétences supposées ; et le rapport du Dr Simon, et par extension de la narration, à Eléa : le premier en plein « effet Florence Nightingale », jurant avec l’amour entre Eléa et Païkan, et paraissant plus malsain et non-professionnel qu’autre chose ; et la seconde portant systématiquement attention à sa beauté, souvent nue, à travers les yeux d’à-peu-près tous les mâles, en des circonstances parfois inappropriées, comme une crise post-traumatique. Si, à l’inverse de Huxley, Barjavel embrasse la sexualité, au sein de sa relation amoureuse, de son héroïne, et que le double standard de ce qui parait initialement une utopie y semble dénoncé, de par ses conséquences pour le plan de Coban (qui me laisse perplexe par d’autres aspects), reste que la chosification récurrente des femmes par la narration m’a posé problème, d’autant plus pour Eléa en dehors de la relation idyllique avec Païkan. Cela reste toutefois un grand texte.

    "It's both possible, and even necessary, to simultaneously enjoy media while also being critical of its more problematic or pernicious aspects."
    "Damsel in Distress: Part 1", Tropes vs. Women in Video Games, Anita Sarkeesian

    #138580
    Nymphadora
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    Dernière lecture en date : Ninth House de Leigh Bardugo

    J’avais beaucoup aimé Six of Crows de l’autrice (dont @jon vous avait parlé lors d’un Son du Mur ^^) et du coup, je me suis lancée dans Ninth House, le premier tome de sa nouvelle saga. Et j’ai à nouveau beaucoup aimé ! Efficace, rythmé, je n’ai pas lâché le bouquin !

    L’histoire nous amène à Yale, université américaine qui a pignon sur rue. Nos suivons Alex, une étudiante qui a été intégrée pour sa capacité à… voir des fantômes ! En effet, au programme de ce livre fantastique, on retrouve des sociétés secrètes qui pratiquent la magie, des fantômes, des meurtres et disparitions bizarres… Alex, qui a un lourd passé qui ne la destinait absolument pas à l’université, se retrouve plongée là-dedans car sa capacité exceptionnelle en fait un élément rêvé pour faire partie de Lethe, la société secrète qui régule les autres sociétés secrètes et sécurise leurs rituels des fantômes.

    Dit comme ça, ça fait pas forcément rêver… Mais le livre nous montre en fait les dérives d’un système universitaire américain où le plus riche a tous les droits et peut tout se permettre, dénonce la place de la femme dans ces sociétés (les scandales de jeunes athlètes qui abusent en toute impunité d’étudiantes lors de soirées arrosées ne manquent pas), et en fait un livre très actuel. Le mélange de fantastique, d’enquête paranormale et de récit universitaire est vraiment hyper efficace et bien mené. L’héroïne est tourmentée et pas forcément sympathique, mais on s’attache très vite à elle et son regard d’étrangère à ce monde. Bref, une lecture plaisante. Je lirai la suite quand ça sortira !

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    #138978
    DNDM
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    Le lecteur de cadavres, d’Antonio Garrido.

    Roman policier pseudohistorique dans lequel on suit Ci Song, l’un des premiers médecins légistes de l’histoire, dans une sombre intrigue qui va l’emmener de son petit village natal à la cour de l’Empereur, dans la Chine du XIIIe siècle.

    Pseudohistorique car si le personnage a réellement existé, on ne le connait quasiment que par l’ouvrage qu’il a laissé, le Xi Yuan Ji Lu (Cas collectés d’injustices réparées), et on ne sait pas grand chose de sa vie. Si le cadre et les noms des personnages sont réels, à peu près tout le reste est donc totalement inventé.

    Le livre a une certaine efficacité, mais aussi d’énormes défauts: personnages-fonctions sans âme ni personnalité, manque de crédibilité sur pas mal d’aspects, fin décevante, et manque d’ambiance de façon générale. Ha, et des phrases étranges en français qui sont probablement le résultat d’une mauvaise traduction. On tourne les 800 pages en ayant toujours envie de savoir la suite, mais également en râlant sur pas mal d’aspects. Dommage.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer – Les mots sont du vent": https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #139015
    Nymphadora
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    Scythe, de Neal Shusterman

    Dystopie dans la veine de Hunger Games and co, Scythe m’a agréablement surprise. Dans un monde où l’on ne meurt plus et où tout est régit par une intelligence artificielle qui optimise les ressources et parvient à un équilibre idéal, où il n’y a plus de chômage, de famine, de maladies, de crimes… il subsiste une caste de « faucheurs » qui sont chargés de tuer quelques individus pour maintenir un certain équilibre de la population. La tâche doit être remplie par des gens compatissants, qui ne veulent pas tuer… Deux jeunes gens se retrouvent embarqués dans un apprentissage du métier et évidemment ça va un peu déraper.
    Le roman est astucieux, et le monde inventé assez crédible pour que l’on ait envie de se poser des questions théoriques pas si bêtes. L’écriture (comme souvent dans ce genre de dystopies) est extrêmement efficace, donc ça se lit très vite. Un roman divertissant et qui pose des questions intéressantes donc.

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    #139239
    Amarei
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    j’ai également lu La Faucheuse récemment ! Mon avis rejoint à 100% celui de Nymphadora. Donc je ne vais pas développer.

    Sinon, je viens de terminer Le Plongeur de Stéphane Larue.

    Le roman raconte l’histoire d’un étudiant en graphisme luttant contre une addiction aux jeux qui va lui faire perdre presque tout, copine, amis, logement, études, …  A court d’argent, il devient plongeur dans un resto. On le voit découvrir le fonctionnement d’une cuisine et tout le milieu de la restauration.  L’auteur dépeint avec brio l’ambiance survoltée de la cuisine de la Trattoria et celle des nuits de Montréal tout en nous donnant à voir toute une galerie de personnages hauts en couleur. La langue québécoise et les références musicales et cinématographiques très présentes ajoute un charme supplémentaire à ce premier roman.

    “Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.” JR.

    [ spoiler=NOARLAAAK !!!][ img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/11/04//19110409503225014916493113.png[ /img][ /spoiler]

    #139637
    Nymphadora
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    Circé, de Madeline Miller

    Comme son titre le laisse deviner, ce roman est une réécriture du mythe de Circé, fameuse magicienne dont l’un des principaux faits d’arme est d’avoir changé les compagnons d’Ulysse en cochon. On suit donc Circé et son parcours, de sa naissance dans les palais de son père Helios à son exil sur terre. Solitaire, mal-aimée, et soumise à la cruauté des « grands » dieux et à un patriarcat étouffant, elle trouve sa voie, avec une sensibilité et une force de caractère très joliment écrites par l’autrice. Elle découvrira ses pouvoirs de sorcière, nous présentera héros, dieux et demi-dieux qu’elle croisera (ainsi, nous croiserons tour à tour le Minotaure et Dédale, Médée et Jason, Ulysse bien sûr…) et elle nous permettra d’avoir un regard désillusionné sur ces héros fous de guerre et qui ne savent reconnaître l’aide que les femmes autour d’eux leur ont apportées : ils ont un Destin, ils sont des héros et ne le doivent qu’à leur grandeur.

    Du coup l’autrice apporte un regard très moderne et féministe sur le mythe antique, avec beaucoup d’intelligence et de subtilité. La plume est très évocatrice, et j’ai été complètement charmées par le personnage de femme complexe, libre, sensible et attachante qu’on nous offre. J’ai vraiment eu un gros coup de cœur pour ce roman : l’écriture est hyper agréable, le récit à la fois épique et immersif, le personnage principal magnifiquement écrit. Vraiment je recommande très très chaudement !

    ~~ Always ~~

    #139640
    Lapin rouge
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    Circé, de Madeline Miller

    Pour les non anglophones, ce livre a été traduit en français par Christine Auché et est paru chez Pocket (donc à un prix modique).

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
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