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  • #161182
    Nymphadora
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    Je multi-poste avec encore un livre lu ^^

    La Survie de Molly Southbourne, de Tade Thompson

    Il s’agit de la suite de « Les Meurtres de Molly Southbourne », une novella multi-récompensée que j’avais lue l’an dernier et qui m’avait bien plu. Le second tome reprend directement là où le premier nous avait laissés, et nous offre une histoire un peu plus introspective, légèrement moins sanglante mais tout aussi prenante (et tout aussi rapide à lire – on est toujours sur une novella de la super collection « Heure Lumière » du Belial). Si la surprise n’est plus au rendez-vous (le concept de la première nouvelle étant assez inédit, et donc mécaniquement surprenant nettement plus le lecteur que la suite ^^), on suit maintenant plus l’évolution psychologique des personnages, et cela amène un éclairage bienvenu à tout ça. Honnêtement une très bonne duologie, qui ne vous prendra pas du tout de temps à lire mais vous marquera peut-être autant que moi.

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    #161248
    Nymphadora
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    Throne of Glass, de Sarah J. Maas

    Au programme, complots, assassinats, robes de princesse et triangle amoureux. On suit Celeana, membre d’une secte d’Assassins très douée, qui n’a pas la langue dans sa poche. Pour gagner sa liberté, elle doit représenter se distinguer dans un tournoi à mort dont l’unique survivant devra servir un roi méchant très méchant qui a tué la magie. Mais alors que le tournoi bat son plein, de mystérieux meurtres déciment les champions. Et au milieu de ça, Celeana doit vivre à la cour, avec ses bals, ses belles robes, ses princes charmants… On est dans de la fantasy pour midinette, et j’assume totalement être une midinette qui me suis prise au jeu. C’est fluide, léger, ça se lit tout seul. Ca vole pas haut, mais c’est très plaisant ^^ Du plaisir coupable totalement assumé 🙂

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    #162205
    Thistle
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    J’ai entamé ma pile ramenée des Imaginales 2021 par Un long voyage, de Claire Duvivier.

    Bon, je suis toujours une quiche pour rédiger des critiques, mais je me sens obligée de faire un retour ici pour ceux qui voudraient investir aux prochaines Imaginales : p

    J’ai adoré ce bouquin, que j’ai d’ailleurs englouti bien vite.
    L’histoire est très belle, assez contemplative : ce n’est pas toujours le narrateur qui a vécu les événements les plus mouvementés qui nous sont relatés. Mais même les événements les plus insignifiants à première vue sont retranscrits avec habileté et je me suis prise au jeu d’essayer d’identifier les petits détails qui pouvaient avoir une importance dans la suite du récit. Je pense d’ailleurs que c’est un livre que j’aurai envie de relire pour le découvrir sous un autre angle et voir tout ce que j’ai pu louper.
    Les personnages sont très touchants, j’ai passé un bon moment de ma lecture avec l’œil moite, surtout dans la seconde moitié. Il y a un paquet de thèmes qui sont abordés assez subtilement : le rapport aux autres, à la différence, le racisme, la colonisation…
    Ne vous attendez pas à un rythme très soutenu, mais ça reste très prenant, et c’est beau !

    Bref, encore une fois j’ai bien fait d’écouter @nymphadora (et a posteriori, je vois qu’il a également été chroniqué par @crys dans les reco). Et heureusement car j’ai un autre bouquin de Duvivier dans ma pile : D

    Trop Dark. Trop Piou. #teamcorbeauxerrants

    Spoiler for NOARLAAAK !!!

    #162206
    Nymphadora
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    Contente que ça t’ait plu ! J’ai grave la pression si tu aimes pas les prochains maintenant

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    #162359
    Nymphadora
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    L’Arpenteuse de rêves, d’Estelle Faye

    Une très jolie couverture, pour un très joli conte. J’ai eu la chance de recevoir le titre par Netgalley, et j’en suis vachement contente. Estelle Faye (dont j’ai notamment beaucoup aimé la trilogie « La Voie des oracles« ) écrit ici une roman plutôt destiné à la jeunesse, où l’on suit Myri, une Arpenteuse. Elle a le pouvoir de s’immiscer dans les rêves des autres, et vit ce pouvoir comme une malédiction, surtout après un traumatisme que l’on découvre dans les premières pages du livre. Mais elle va devoir surmonter ses doutes, car un mal ronge sa cité et menace sa famille choisie, à cause d’une pollution rampante dans une société où les plus petits n’ont pas leur place. Tantôt fable environnementale et sociétale, tant conte onirique, tantôt récit d’aventure, Estelle Faye signe une très jolie histoire, très riche, où en plus les héros sortent des carcans habituels pour mon plus grand plaisir. Les chevalières tombent amoureuses des reines, et les hommes peuvent rêver de mode et avoir des failles tout en montrant tout leur courage. Une histoire qui fait du bien, dans un univers riche. S’il faut bien un bémol, je pense toutefois que l’intrigue aurait peut être mérité de prendre un peu plus son temps pour totalement me charmer. Les actions s’enchaînent vite, les enjeux se nouent et se dénouent à un rythme effréné, notamment car on s’adresse avant tout à un public jeunesse je pense. Il n’en reste pas moins que c’est un chouette titre, qui devrait plaire aux jeunes ados.

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    #162744
    DNDM
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    Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants | Actes SudParle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, de Mathias Enard (Prix Goncourt des Lycéens 2010) [Audiolivre]

    Roman choisi parce qu’il était court, et que j’aime les audiolivres courts en ce moments. Et en fait c’est seulement en le lançant que je me suis rendu compte que je l’avais déjà lu, probablement peu après sa sortie il y a 10 ans.

    Donc lecture peu marquante? Oui et non. J’ai tout réécouté avec un certain plaisir, voir un plaisir certain. Cette histoire de Michel-Ange embauché pour construire un pont à Constantinople est apparemment très bancale d’un point de vue crédibilité historique, même si des indices montrent qu’il a clairement été approché en ce sens. Mais qu’importe. On se laisse quand même bercer par les errements de l’artiste, et par la plume de l’auteur. Après, est-ce que je m’en souviendrais encore dans 10 ans? Pas sûr. ^^

    Et sinon, j’ai ouvert un topic sur le phénomène SF francophone du moment, Romain Lucazeau et son radical et vertigineux La nuit du Faune.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #162870
    Nymphadora
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    La ville sans vent, d’Eleonore Devillepoix

    Une lecture sympathique, mais sans plus. Nous sommes à d’Hyperborée, une cité au cœur des montagnes, protégée par un dôme. La société est cloisonnée par étages : tout en haut, les mages ont le pouvoir, à la fois magique et politique. Lastyanax, un jeune mage fraîchement diplômé, et Arka, une jeune fille au passé trouble qui débarque à Hyperborée, vont naviguer au milieu des complots et meurtres.
    Sur le papier, la société hiérarchisée et les complots politiques, c’est assez convenu, mais l’univers est suffisamment original pour que ça fonctionne plutôt bien. L’enquête est sympa à suivre, le gros complot derrière a du potentiel. En revanche, le gros point noir pour moi a été la construction des personnages, qui sont assez pénible. Lastyanax, c’est le mec qui a un peu le melon mais est un brave gars, complètement aux fraises alors qu’il est persuadé d’être trop fort et se la joue péteux pour compenser. Et Arka, c’est une sous-Arya Stark : intrépide, pas ultra maligne mais vive d’esprit, impétueuse, au grand cœur mais à la grande gueule. Sur le papier ça peut fonctionner, mais ils manquaient de texture, de substance pour sortir des tropes et devenir vraiment intéressant. Du coup, ma lecture a été en demi-teinte. Ceci dit, c’est le premier roman de l’autrice et ça reste tout à fait original et agréable à lire pour un premier roman !

    Sinon minute superficielle : l’objet livre en lui-même est sublime. La couverture est magnifique, et le travail d’impression, avec des jolies lettrines et tout, rend hyper bien.

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    #163198
    Jon
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    Ça va faire bientôt un mois que nous sommes rentrés des Imaginales, avec plein de livres en stock. Et comme je me fais gronder par la grande cheffe, je vous propose un petit bilan de ce que ça donne de mon côté pour l’instant
    Attention, pavé incoming 9_9

    J’ai commencé par Rouge, de Pascaline Nolot, que j’avais trouvée intéressante en conférences, et toute adorable en dédicace, et…j’ai fini un peu mitigé, ce qui m’a beaucoup embêté, rapport déjà à l’autrice comme je disais, mais rapport également aux thèmes abordés, qui sont intéressants / importants…
    L’histoire en très grossier est une revisite un peu sombre du conte du Chaperon Rouge. Je ne peux pas trop rentrer dans les détails parce que ça spoilerait vite (déjà que je trouve que la conférence nous avait pas mal spoilés…), mais certains passages m’ont laissé un ressenti de trop rapide / artificiel, dans les évolutions de personnages en particulier. J’ai aussi eu un peu de mal parfois avec le style « passéiste » (y’a des moments où ça marche bien et où ça fait des belles phrases, mais sur tout un livre parfois ça rend un peu « too much » pour moi) – et j’avoue que le parti pris des « notes de bas de page » (#Babar) pour définir certains mots « compliqués » a un peu participé à me sortir de ma lecture ^^ »
    Il y a de bonnes choses quand même, j’ai préféré la seconde partie, plus fluide et moins cousue de fils blancs, et encore une fois, beaucoup de réflexions très intéressantes – et ça se lit somme toute assez vite et facilement.
    Bref, si j’étais prof, je mettrais des encouragements et j’attendrais le prochain livre pour voir comment ça évolue 😛

    Ensuite, j’ai lu Phobos, de Victor Dixen, et j’ai plutôt bien aimé 🙂 le pitch est honnêtement une idée de génie (je trouve 😛 ) : l’état américain surendetté a décidé de vendre tous ses services publics, y compris la NASA et tous ses programmes en cours. La boîte qui a racheté ça relance le programme martien et le rentabilise en en faisant une émission de télé-réalité : 6 filles et 6 mecs envoyé-e-s dans la navette pour Mars, destinés à se marier en arrivant (en gros).
    C’est très prenant, j’ai complètement accroché aux enjeux et aux personnages, et ça va très vite. Évidemment, il y a un enjeu caché qu’on découvre assez vite. Et je suis actuellement en grosse frustration de ne pas avoir la suite 😛
    Quelques défauts quand même : les « méchants » sont assez décevants (caricaturaux, et méchants pour être méchants) ; et il y a, surtout dans la première partie, une fâcheuse habitude à faire des « dialogues d’exposition » : expliquer des choses de façon très didactique dans des dialogues, alors que les gens qui parlent n’ont aucune raison d’expliquer ça à ce moment là… Ça se tasse au fil du livre, et on se prend d’affection pour ces jeunes envoyé-e-s dans l’espace pour le divertissement des masses.

     

    Puis j’ai lu Grish-Mère, d’Isabelle Bauthian – qui s’est avéré être en fait un tome 2, mais complètement indépendant du tome 1, ouf ! – et que j’ai trouvé très sympa 🙂
    On est dans un univers plus classique de fantasy, avec des duchés « médiévaux » etc ; et on suit un homme formé par une école de « serviteurs de luxe » (où ils apprennent à la fois à être les meilleurs combattants qui soient et à servir le thé à pile poil la bonne température), qui se retrouve dans un duché insulaire matriarcal, où il va devoir remettre en cause son éducation, ses valeurs, etc. (Le duché matriarcal étant évidemment l’occasion de parler de patriarcat et de sexisme, et il y a aussi des problématiques de racisme qui sont abordées.)
    L’histoire est intéressante, l’univers aussi, le personnage principal un peu à baffer parfois mais c’est volontaire, bref c’était cool 🤷‍♂️ (j’ai l’impression que je sais mieux dire les trucs que j’aime pas que les trucs que j’aime ^^’)

    Est venu ensuite Le chien du forgeron, de Camille Leboulanger, et… j’ai pas trop accroché.
    On nous raconte globalement l’histoire / les origines du personnage celte mythique de Cúchulainn, sa vie, etc.
    Déjà j’ai eu beaucoup de mal avec le style d’énonciation (c’est raconté par un conteur, qui donc parle à son auditoire ; je pense que je conçois l’intérêt théorique, mais ça n’a pas du tout marché sur moi, et les coupures incessantes à base de « resservez-moi à boire pour que je vous raconte la suite » m’ont complètement fait sortir du récit)
    Je n’ai eu aucun attachement aux personnages (encore une fois c’est a priori fait exprès, et le message derrière de « les héros sont créés par les contes mais en vrai c’était plutôt des pourritures » pourrait être très intéressant, mais du coup bah voilà 🤷‍♂️)
    Et en plus, la mythologie celtique est une mythologie que je connais très très peu (genre j’ai écouté Manau, quoi) ce qui rend l’accès au livre et à son message encore plus ardu (c’est intéressant dans l’idée, et il est très probable que le même truc fait plutôt sur Achille ou autre héros mieux installé dans mon imaginaire aurait bien mieux fonctionné. Même si je suis très pour l’ouverture aux autres cultures et que sortir un peu de la réécriture perpétuelle de toujours les mêmes mythes c’est très bien, du coup il me manquait clairement des clefs de lecture)
    Bref, l’idée était intéressante, les messages sous-jacents de féminisme et contre la masculinité toxique sont toujours bienvenus dans un roman, mais malgré tout c’est plutôt passé à côté pour moi 🤷‍♂️

    Enfin, Le chant des cavalières, de Jeanne Mariem Corrèze, que j’ai plutôt bien aimé, « même si ».
    Au rang des points positifs :
    – j’ai beaucoup aimé le style de l’autrice, très poétique ; certain-e-s le trouveraient peut-être « trop » (trop compliqué, trop fleuri, etc), mais ça a bien marché sur moi. Énormément de métaphores filées, d’anthropomorphisations des éléments, et autres figures de style dont je ne saurais donner le nom car je ne suis qu’un S, mais qui donnent une patte vraiment agréable à mon goût.
    – un univers riche et intrigant, qui se dévoile peu à peu. L’organisation des Cavalières, avec leur culte, leurs coutumes, leur organisation, leurs dragons à plumes, leur relation à la nature et aux éléments, leur histoire, on est typiquement dans ce que j’aime bien en fantasy. Quelques touches de magie, suggérée plus que montrée, sans qu’on ne sache jamais exactement son pouvoir ni son fonctionnement, auréolent l’histoire de mystère et aguichent la curiosité et l’imagination. Mention spéciale pour les diverses forteresses démentielles qu’on se plait à essayer de visualiser, et dont les descriptions donnent immédiatement une impression de grandeur et d’ancienneté.
    Au rang des points négatifs :
    – j’ai eu du mal avec l’héroïne principale, parachutée au cœur des événements sans vraiment le mériter, et ayant un caractère à la fois passif et colérique qui m’a rendu difficile l’attachement. J’ai quand même apprécié les personnages qui lui gravitent autour (sauf certaines, mais c’était pas celles auxquelles il fallait s’attacher a priori 😛 )
    – un peu trop de « rêves-visions » à mon goût. Ça se justifie par l’univers un peu mystique, mais ça n’apporte pas toujours grand chose à l’intrigue, et c’est quelque chose dont je ne suis pas friand de base.
    – une tendance de l’intrigue à aller trop vite sur certains points. Certains événements paraissent trop faciles, ou sortir de nulle part, ou avoir un impact décevant, et l’utilisation scénaristique du « plan prévu depuis longtemps » n’est pas toujours bien maniée. Ce qui a créé parfois un décalage avec les points positifs : par moments, je lisais presque plus pour le world-building que pour l’avancée de l’intrigue ^^
    Bref, j’ai quand même apprécié la lecture, et surtout pour un premier roman, je pense que c’est une autrice dont j’essaierai de lire les prochaines œuvres (à commencer par la suite de celle-ci, si elle sort un jour) 🙂

    #163216
    Nymphadora
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    Puis j’ai lu Grish-Mère, d’Isabelle Bauthian – qui s’est avéré être en fait un tome 2, mais complètement indépendant du tome 1, ouf ! – et que j’ai trouvé très sympa

    J’ai lu et apprécié le tome 1 (Anasterry) (lu après le tome 2 xD mais les deux sont totalement indépendants comme tu le dis) mais je l’avais trouvé un cran en dessous de Grish-Mère. Grish-Mère j’avais vraiment beaucoup aimé, et je l’avais recommandé il ya quelques temps.

    (J’ai lu Phobos aussi, et j’avais trouvé le concept croustillant ^^ Mais mon avis global sur la saga – que j’ai lue entièrement – c’était que j’étais un peu vieille pour ces amourettes adolescentes quand même xD )

    De mon côté, j’ai lu Les mondes extraordinaires de Jules Verne : aux origines de la pop culture et de la science-fiction de Nicolas Allard (qui est un habitué du blog : on l’avait interviewé, et Thierry Soulard (aka @dndm) et lui ont longuement papoté parallèles entre ASOIAF et Dune) . Du coup, full disclaimer : Le livre m’a été envoyé par l’auteur, et la Garde de Nuit apparaît dans les remerciements du bouquin.

    Dans son nouvel ouvrage, Nicolas revient sur l’influence de Jules Verne sur les oeuvres majeures de la pop-culture actuelle. On commence par quelques chapitres introductifs qui se concentrent sur l’écrivain et décortiquent la génèse des Voyages extraordinaires, revenant notamment sur le rôle actif de l’éditeur Pierre-Jules Hetzel qui fit beaucoup pour donner son cap à la collection, et revenant également sur le snobisme dont l’écrivain fut victime jusqu’à peu (il n’est entré à la pléiade qu’en 2012, alors qu’il n’est rien de moins que le second auteur le plus traduit au monde – après Agatha Christie et avant Shakespeare). Puis Nicolas dresse un panorama des diverses oeuvres auxquelles on peut rattacher celui qu’on considère souvent comme père du genre de la science-fiction. On brasse large : romans de SF, films, animation japonaise et mangas, BD, culture steampunk… Jules Verne est partout. Le tout est joliment mis en valeur par des illustrations à l’encre qui nous donnent l’impression de plonger dans un vrai bouquin de Verne.

    De mon côté, j’ai appris pas mal de choses, car je suis loin d’être spécialiste de Verne. Mais j’ai une tendresse particulière pour l’auteur, dont mon papa était fan et qui du coup garnissait les bibliothèques de chez mes grands-parents quand j’y allais (mais je lui préférais les club des cinq et autres clan des sept ^^). Du coup, le livre a eu un côté madeleine de Proust sur moi.

    Néanmoins, si je dois reprocher une chose à l’essai, c’est que je me suis parfois perdue entre inspirations assumées et rattachements parfois un peu hasardeux. Typiquement Hayao Miyazaki – qui fut notamment à l’origine de Nadia, le secret de l’eau bleue dont j’étais fan enfant et que j’étais très contente de retrouver au fil des pages – il ne fait aucun doute qu’il connait son Jules Verne. De même, pointer des parallèles avec Hergé et son Tintin – qui nia s’être inspiré de Verne et expliqua n’avoir jamais lu les Voyages Extraordinaires – ça ne me surprend pas spécialement. Convoquer la Ligue des Gentlemen extraordinaires d’Alan Moore et son Nemo, ou le manga français City Hall, c’est totalement légitime, et on apprend plein de trucs, l’ouvrage est documenté. Mais quand on parle par exemple multivers Marvel pour le lier au « multiverne » des Voyages Extraordinaires… bon… Il me semble que c’est aller un peu loin dans le parallèle. Que Verne ait créé son univers en rattachant ses différents romans par des personnages qu’on retrouve en clin d’œil c’est une chose, en faire la source de la notion de multivers, où on retrouve des personnages aimés dans les aventures d’autres personnages, ça me semble un peu exagéré. Du coup, à force de mettre du Verne partout, on perd un peu Verne à mes yeux.

    Il n’empêche que pour les gens qui veulent une introduction aux écrits de Verne et à son influence, l’ouvrage est facile à lire et bien documenté. Je ne saurais dire à quel point il est complet, mais j’ai appris des choses.

    Si le sujet vous intéresse, vous pouvez également écouter l’émission Blockbusters de cet été qui globalement recoupe le contenu du bouquin, et où Nicolas était intervenant : https://www.franceinter.fr/emissions/blockbusters/blockbusters-du-jeudi-29-juillet-2021

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    #163222
    Lapin rouge
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    Que Verne ait créé son univers en rattachant ses différents romans par des personnages qu’on retrouve en clin d’œil c’est une chose, en faire la source de la notion de multivers, où on retrouve des personnages aimés dans les aventures d’autres personnages, ça me semble un peu exagéré.

    A ce compte-là, l’inventeur du multivers, ce serait plutôt Balzac et sa « Comédie humaine ».

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #163588
    Nymphadora
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    After®, d’Auriane Velten

    Tout commence par une société sereine et calme, qui va envoyer deux de ses membres tenter d’en savoir plus sur le passé lointain et le cataclysme qui semble avoir frappé la Terre. Et à partir de là, toutes les certitudes s’envolent à mesure que les explorateurs découvrent qui ils sont… Un tour de force tout en délicatesse, où le lecteur, initialement plongé dans un monde complètement mystérieux, voit ses certitudes et déductions voler en éclat en même temps que celle des protagonistes. L’impression de mystère est en plus renforcée par une écriture qu’on pourrait qualifier d’écriture au neutre, une pseudo-écriture inclusive propre à l’autrice, qui prend tout son sens dans l’histoire, mais perturbe beaucoup la lecture au début. Petit à petit, on se laisse prendre, et on assiste à une certaine poésie, où l’on voit émerger le soi et l’art. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas spoiler, mais j’ai vraiment été charmée par ce petit roman, qui est très humain et optimiste, et laisse une jolie place aux questionnements sur l’humain, avec beaucoup de finesse et délicatesse. Une jolie réussite ! (Le livre a d’ailleurs reçu le Prix Utopiales du meilleur roman 2021, donc je ne dois pas être la seule à avoir apprécié… et vous devriez le revoir passer sur le forum parce qu’on nous l’a si bien vendu aux Imaginales qu’on est plusieurs à l’avoir acheté xD)

    ~~ Always ~~

    #164007
    DNDM
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    Binti, de Nnedi Okorafor Prix Hugo et prix Nebula de le meilleure novella 2016, pour la première partie de ce récit. De la SF young adulte afrofuturiste, dans laquelle on suit une jeune fille qui se débat entre traditions et aspirations personnelles. Pitch (pas vraiment représentatif): Binti est maîtresse harmonisatrice du peuple Himba (après 300 pages je suis toujours pas vraiment capable d’expliquer ce que ça veut dire, « maîtresse harmonisatrice »). Son peuple ne quitte jamais sa terre. Mais l’incroyable don pour les mathématiques de l’adolescente lui ouvre les portes de la prestigieuse université interplanétaire Oomza. Dès les première pages, elle fugue de la maison pour rejoindre l’université, avec dans la poche un étrange artefact trouvé dans le désert quand elle était petite. Mais au cours du trajet interplanétaire, les Méduses, ennemies millénaires des humains, abordent le vaisseau et massacrent tous les passagers. Du coup on suit un petit génie des maths qui, quand elle panique, récite des équations et divise des trucs par deux, qui est « maitresse harmonisatrice » (me demandez pas), qui peut générer du courant avec ses mains (pas trop compris non plus, ça se trouve c’est lié au titre précédent, ça se trouve non), qui a dans la poche un artefact ancien plein de mystère, et qui par tradition se couvre le corps et les cheveux d’otjize (ce qui va s’avérer important également). Ajoutez à cela un autre petit upgrade spoiler acquis en cours de route lors de la première novella, et vous obtenez un personnage qui est quand même assez cheaté, quelque part – et ça va même pas s’arrêter là, d’ailleurs, la 3e novella rajoute encore une couche. Mais c’est pas grave, parce que ça se lit bien. La plume de Nnedi Okorafor est claire et joliment tournée, on entre vraiment dans la tête de cette jeune fille, et les 300 pages de cette édition française passent toute seule. L’univers à la fois hyper lourd traditionnellement et très futuriste est assez étonnant, tout comme pas mal de réactions de l’héroïne ou de son entourage (on peut aussi parler de facilités scénaristiques, parfois, avec des situations qui ne tiennent debout que parce que tout le monde, collectivement, décide d’ignorer l’éléphant dans la pièce), mais la plume fait passer le tout. Le problème, en fait, c’est surtout l’édition française, qui reprend:

    • Binti (la novella de 2015),
    • Binti: feu sacré (un nouvelle ajoutée tardivement)
    • Binti: home (2017)

    … Et qui s’arrête là, sans préciser qu’il y a derrière Binti : The Night Masquerade (2018), qui apparemment conclut l’histoire. Cette novella de 250 pages sera pourtant publiée en français, toujours par le label Naos, sous le titre Binti 2, en mai 2021. Mais il m’a fallu regarder la page wikipédia de Nnedi Okorafor pour le découvrir. Du coup, avec Binti tel que paru en français, on enchaine trois novellas plus ou moins indépendantes, et à la fin on reste sur une impression étrange, sans comprendre si on a là un cliffhanger ou si ça s’arrête comme ça. Bref, j’ai plus qu’à lire Binti 2 pour pouvoir me faire réellement un avis.

    J’ai lu la suite, du coup (Binti 2: La mascarde nocturne). Et je me suis largement ennuyé. :-/

    Déjà, je ne partais pas forcément avec un enthousiasme débordant. 7 ou 8 mois après ma chro ci-dessus, ça laisse le temps de prendre un peu de recul, et le Binti 1 ne m’avait en fait guère marqué. Et du coup, ce Binti 2 me marque encore moins. On s’ennuie. Ca avance pas. On est pas dedans. On ne se lie pas vraiment au personnage. On ne comprend toujours rien à ces histoires d’harmonisatrice, de courant généré avec les mains mais qui ne sert quasiment à rien, d’arborescence mathématiques utilisées pour se calmer, qui nous sont pourtant rabâchées et rabâchées et encore rabâchées. Ce qui faisait le charme et l’intérêt de l’histoire au début, le mélange de science-fiction et de spiritualisme, devient gênant quand on se retrouve en fait avec un mélange de SF et de traditionalisme réac qui n’est jamais interrogé ou remis en question. Il y a des enjeux mais on passe à côté. Un gros mystère tombe à plat. Les conséquences émotionnelles de deux gros rebondissements sont tout simplement évacuées sans être traitées.

    Bref, je suis passé à côté. En fait, l’interview de 20 pages de Nnedi Okorafor, placée en annexe du bouquin, est bien plus intéressante que le bouquin lui-même.

    Dommage. Faudra que je tente un autre bouquin d’elle, voir si c’est moi qui suis hermétique à son univers ou si c’était juste ce livre-là.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #164140
    DNDM
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    Petit Pays, de Gaëlle Faye [audiolivre, lu par l’auteur, qui est également chanteur, donc c’était franchement pas mal comme expérience]

    Petit pays - Gaël Faye - Babelio

    L’histoire d’un enfant né d’un père blanc français et d’une mère noire burundaise (et Tutsi), et qui vit au Burundi au moment où toute la zone s’embrase suite à la guerre civile rwandaise de 1990-1993 et au génocide des Tutsis.

    Une fiction, mais une fiction inspirée des souvenirs et expériences de l’auteur. C’est dur sans être insurmontable, net, terrible, beau parfois. Un génocide raconté à hauteur d’enfant – et d’enfant vivant dans le pays voisin et n’étant pas au cœur des événements, même si la situation n’est pas pour autant sans danger, loin de là. Beaucoup de temps passé sur l’avant, la vie quotidienne, la mise en place des personnages, avant que la guerre ne frappe. Beaucoup d’importance accordé à l’après, les conséquences, le traumatisme. Et pour autant, un livre qui ne parle pas que de ce moment historique, mais qui touche une forme d’universalité en étudiant profondément les relations humaines, et la façon dont celles-ci vont évoluer en temps de crise et face aux traumatismes. A lire.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

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