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  • Ce sujet contient 761 réponses, 83 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Nymphadora, le il y a 1 jour et 8 heures.
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    Nymphadora
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    La Ville de braises et de crocs, de Ruberto Sanquer (à paraître chez Scrineo le 28 septembre)

    Paris, tout début d’un XXème siècle uchronique : après une chute d’une météorite mystérieuse, certains humains sont désormais dotés de familiers, ce qui a changé notre monde et révolutionné la technologie. Mais le crime n’a pas disparu : de mystérieux meurtres rituels d’enfants frappent la capitale. Cécile, accompagnée de sa familière Sémiramis (adorable chaton prétentieux et trop chou), va mener une enquête pour trouver le coupable de ces meurtres.

    Une enquête steampunk assez classique, à la croisée du Paris des Merveilles de Pevel pour son univers parisien chatoyant, et du Maître des Djinns de P. Djèli Clark pour son enquêtrice stylée dans un monde steampunk. Au final, l’aventure est assez réjouissante : l’enquête tient la route (même si, comme souvent dans ce genre d’enquêtes, la fin est un peu expédiée, le défaut est bien moins présent que dans d’autres de ces romans justement ^^ il y a eu un vrai travail de cohérence narrative sur l’enquête), l’univers est cool (surtout grâce à tous ces animaux qui parlent avouons-le ^^), les personnages sont attachants. Une chouette lecture donc.

    J’ai toutefois été un peu frustrée par l’univers que j’aurais aimé encore plus fouillé. En particulier, je trouve dommage que le Paris décrit soit si proche de celui qu’on connaît, avec ses bâtiments hausmaniens, ses bandes à Montmartre, ses crieurs de journaux et ses luttes de classes … Avec une technologie révolutionnaire, on s’attendrait à plus d’uchronie. Si l’uchronie est bien menée au niveau de l’intime, avec la transformation du monde par la présence de familiers pour certains et pas d’autres, et les problématiques d’hostilité qui font avec, j’ai trouvé que l’aspect purement steampunk et technologique était un peu oublié, il n’intervient que comme un outil de deus ex machina, et j’ai trouvé ça un peu dommage.

    Mais au delà de cet aspect, j’ai beaucoup aimé lire ce roman, qui fait très bien ce qu’il est sensé faire. C’est divertissant, sympathique comme tout, et on s’évade avec plaisir dans la lecture.

    ~~ Always ~~

    #193549
    Jon
    • Patrouilleur Expérimenté
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    Petit bilan de mes lectures de juillet !

    La Machine T2Le second tome de La Machine, de Katia Lanero Zamora :
    J’en ai parlé en MMA donc je ne reviendrai pas dans le détail dessus, on est dans la lignée du T1 (même si un peu en dessous je trouve :p), c’est une lecture plutôt triste mais intéressante et globalement bien menée, même si je n’ai pas été 100% satisfait du traitement de tous les personnages :p

    La fin des coquillettesLe nouveau projet de Klaire fait grr, La fin des coquillettes :
    Klaire fait Grr, c’est une « meuf d’internet » que je suis depuis des années et que j’aime beaucoup et que je trouve très drôle et très intéressante. C’est complètement dans la veine de ce qu’elle fait d’habitude : c’est complètement décousu, ça passe du coq à l’âne à toute vitesse en faisant des associations d’idée, mais je trouve toujours ça super fluide, ça retombe toujours sur ses pattes, c’est drôle tout en étant intéressant et révolté, bref j’aime toujours beaucoup cette personne, même si je dirais que le format « livre » est quand même moins adapté à ses diatribes que des textes plus courts (ou que son spectacle qui était super cool) ❤️

    Tress of the Emerald SeaLe premier « Secret Project » de Brandon Sanderson, Tress of the Emerald Sea :
    J’ai beaucoup aimé 😬
    J’ai trouvé ça assez différent de ses autres livres par pas mal d’aspects (ambiance assez « conte » mélangée à une ambiance pirates, réflexions entre le poétique et le philosophique, conscience complète du Cosmere chez le narrateur), tout en conservant son efficacité habituelle.
    Le système de « magie » local est intéressant mais étonnamment peu développé, sur une planète très intrigante constituée de douze mers de couleurs différentes, chacune composée de « spores » qui, au contact de l’eau, déclenchent des effets… J’aurais aimé explorer plus ces différentes mers, mais ça n’était pas le sujet 🤷‍♂️
    Je me suis laissé porter par l’histoire, observant avec plaisir l’évolution du personnage de Tress (l’évolution de sa personnalité étant l’un des thèmes principaux du livre), et c’était très sympa 🙂

    Les Soeurs Carmines T2Les tomes 2 et 3 des Soeurs Carmines, d’Ariel Holzl :
    Le tome 2, j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans (alors que j’en attendais beaucoup, j’ai trouvé que la complexité de Tristabelle était finalement traitée de façon assez…superficielle), mais finalement, même si j’ai moins eu le côté découverte du T1, j’ai quand même trouvé ça plutôt sympa. J’ai quand même trouvé certains sous-arcs un peu inégaux, et dans l’ensemble je crois que j’en attendais plus, mais j’ai bien aimé malgré tout :p
    Les Soeurs Carmines T3Sur le tome 3, j’ai été assez frustré car tous les éléments intéressants que j’aurais voulu voir creusés sont évacués par des ficelles scénaristiques. C’est un peu comme si on nous avait donné le menu d’un restaurant pour nous appâter, mais qu’une fois sur place on nous enlevait tous les éléments qui nous avaient attiré en premier lieu ^^’
    Au final, si je fais un bilan global de la trilogie, je pense que c’est plutôt une déception dans l’ensemble : beaucoup de potentiel, mais peu abouti, en tout cas pour moi. Je pense qu’en fait, ça n’est pas une série qui correspond à mon style de lecture ^^’
    Un peu comme pour Eclat de Givre, on est en fait sur une lecture-univers, ambiance monde ouvert de jeu vidéo, avec beaucoup de bonnes idées, mais aucune vraiment exploitée, ce qui pour moi correspond à une suite de frustrations. Au final, je trouve que tout est très superficiel, très facile et sans conséquence, que ce soit les éléments de worldbuilding ou de scénario (scénario qui a tendance à s’éparpiller et à finir un peu en eau de boudin).
    Et je trouve que ça se ressent même sur les personnages : au final, chacune des sœurs est plus intéressante quand elle est traitée de loin, par les yeux des autres. Elle peut alors suggérer un incroyable potentiel, mais ce potentiel n’est pas du tout exploité lorsque son tome arrive et qu’on la suit plus profondément. C’est très étrange comme ressenti je trouve ^^’

    La Dernière Geste T2Le tome 2 de La Dernière Geste, de Morgan of Glencoe :
    Après une bonne surprise lors du premier tome, que j’avais trouvé très prometteur et très agréable malgré (ou grâce à) son patchwork d’inspirations entremêlées, on tombe ici dans l’écueil hélas si courant des deuxièmes tomes de séries : le tome de transition. Tout le tome est consacré au traitement des conséquences de la fin du tome 1. Et s’il est intéressant de ne pas évacuer d’un claquement de doigts (ou d’une ellipse) les traumatismes que traversent nos personnages, et de manifester ainsi que oui, les événements ont des impacts, sur tout un tome, c’est un peu long pour moi, et cela manque d’enjeux. Et qui dit manque d’enjeux dit, pour moi, manque de motivation et de raisons pour avancer. Par ailleurs, les personnages m’ont semblé paraître trop puissants, ne courant jamais le moindre risque, je n’ai pas trouvé d’équilibre entre cette « surpuissance » et leur facette « brisée ». Ajoutez à ça le fait que la découverte du monde et de son lore, une de mes principales motivations, n’avance que très peu dans ce tome, et cela donne pour moi une lecture plutôt décevante, bien en-deça de mes attentes. Je lirai quand même le prochain tome, en espérant que le rythme reprenne après cette pause forcée…

    Le Syndrome MagnetoL’essai de Benjamin Patinaud, Le Syndrome Magneto :
    C’est donc un essai sur les méchants dans la pop culture. Le livre se divise en deux parties : d’abord, une liste de chapitres « symptômes », qui correspondent globalement à des grandes familles de clichés / archétypes sur les méchants ; puis une liste de paragraphes « patients », qui détaillent un peu divers méchants de pop culture.
    Si le principe est intéressant, j’ai globalement été plutôt déçu par le résultat, qui m’a paru pas assez poussé, et m’a un peu frustré au final. J’ai trouvé beaucoup de redites (la comparaison entre l’opposition Magneto/Xavier et MalcolmX/MLK doit être abordée au moins une dizaine de fois), et un manque de profondeur souvent, ou un manque de conclusions sur les sujets – en particulier sur les exemples, qui sont trop souvent juste des descriptions de méchants / situations, auxquelles j’aurais aimé un bilan/une analyse. Au final, j’ai un peu l’impression d’avoir lu beaucoup de banalités, et pas mal de pistes de réflexions intéressantes mais trop vite avortées. Ça peut quand même donner un peu à réfléchir, et donner des axes de vision de la popculture, mais j’aurais voulu un peu plus contenu (ou peut-être de prise de risque / de militantisme ?), quelque chose de plus abouti, c’est dommage.

    Cemetery BoysLe premier livre d’Aiden Thomas, Cemetery Boys :
    Un livre très mignon, centré sur un jeune trans d’une communauté latinx de LA, communauté bénie par Lady Death et ayant pour rôle d’assurer un équilibre entre monde des vivants et monde des morts. Tous ses membres sont donc capables de voir et interagir avec les esprits, et les hommes (les brujos) peuvent « libérer » les esprits et les envoyer vers le monde des morts, tandis que les femmes (les brujas) peuvent soigner les vivants. Une répartition genrée des rôles qui cause des difficultés à notre héros, qui peine à se faire accepter comme « vrai » brujo. Alors que la fête sacrée de Día de Muertos approche, il tombe par hasard sur un esprit et y voit l’occasion de prouver sa place à sa communauté, via une sorte d’enquête sur la mort du garçon.
    Cela donne une lecture très agréable, en particulier grâce aux interactions entre les personnages (Yadriel, le héros, avec Maritza sa cousine et avec Julian le garçon mort) qui sont très vivantes (lolilol) et dynamiques, et assez drôles. Le contexte culturel est également intéressant et bien rendu. Seul le scénario est un peu en-deçà, avec un twist visible à des kilomètres, mais ça n’enlève rien au plaisir de la lecture 🙂

    #193611
    DNDM
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    Une histoire naturelle des dragons, de Marie Brennan

    Ou « quand Jane Austen essaye d’écrire de la Fantasy ». Crys en parlait plutôt bien ici, je vais pas trop en rajouter. C’était intéressant sans être passionnant, en fait: si la mise en place et la jeunesse du personnage sont sympathiques, l’intrigue principale change le ton de l’œuvre et à quelques faiblesses (la principale étant d’amener du pseudo-fantastique dans un univers de fantasy). Mais si vous aimez les romans victoriens et les dragons, ça vous plaira sûrement.

    Les gais lurons, de RL Stevenson (celui de L’ile au trésor)

    Novella qui nous emmène sur une île écossaise où des récifs surnommés les Gais Lurons coulent les bateaux. Novella d’ambiance vielliote, bien tournée dans son genre, mais pas très marquante pour moi.

    Un corsaire de 15 ans, de Louis Garneray

    Les mémoires de Louis Garneray ( qui fut marin sur les vaisseaux de guerre français, corsaire avec Surcouf,  peintre de marine et romancier. Ce tome ne raconte que ses premières années et est apparemment une réédition retravaillée pour la jeunesse. Ça se lit très bien, pour qui aime ce genre de choses.

    Le garçon qui croyait qu’on ne l’aimait plus, de Hervé Giraud

    Petit roman jeunesse bien foutu sur un gamin qui, à la suite d’une gaffe que son entourage voit comme un acte de méchanceté, sombre peu à peu dans un monde sans joie. Très réussi.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #193615
    Eridan
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    Le Chant d'Achille par Miller Le Chant d’Achille, par Madeline Miller.

    Si on devait le résumer rapidement, on dirait que c’est « la guerre de Troie, racontée par le point de vue de Patrocle » … ce n’est heureusement pas si simple !

    L’autrice nous offre dès la préface une explication : « je travaillais déjà à mon mémoire, sur un sujet qui me frustrait depuis longtemps : la manière dont les érudits modernes évoquaient la relation d’Achille et Patrocle, les qualifiant de « bons amis » . […] Je savais que l’interprétation romantique de leurs rapports était une idée très ancienne, et la pensée que cette possibilité soit réduite à néant par l’homophobie me mettait en colère. » Le postulat de base est posé : Achille et Patrocle sont amoureux dans cette version du mythe, ce livre parlera de leur relation.

    Le livre ne se cantonne toutefois pas qu’à une simple revendication LGBTQIA+ en réaction à l’omerta homophobe ; il s’avère aussi particulièrement humain. On admire Achille, parce que ses prouesses guerrières sont divines … mais c’est l’humanité de Patrocle qu’on finit par admirer et qui donne tout son sens au récit, jusque dans les dernières pages du livre. Au départ, cette humanité est présentée comme un souillure, par des dieux qui glorifient la force virile, les sacrifices sanglants, la guerre et le viol. Mais Patrocle le bon-à-rien est différent : il est capable de compréhension et de compassion envers les femmes et les faibles … Et ce sont ses qualités qui feront d’Achille un héros exceptionnel. (Et je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler la fin. ^^)

    Seul défaut notable : le style de départ (et de fin) est parfois difficile à apprécier, aride, confus. L’autrice ne cherche pas à broder sur les événements qui ne l’intéressent pas, les informations tombent brutes. Ça a été un peu repoussant, mais le cœur du récit est beaucoup plus appréciable. 😉

    #193909
    Nymphadora
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    J’ai lu le second (et dernier) tome des Royaumes Immobiles, d’Ariel Holzl : Le règne des chimères.

    J’avais beaucoup aimé le premier tome, mais celui-ci m’a laissé plutôt de marbre malheureusement. J’ai trouvé que les péripétie s’enchaînaient sans vraiment d’âme et de souffle. Le rythme est effréné, mais du coup, les enjeux émotionnels pour les personnages ne nous touchent pas, voire même font lever les yeux au ciel (la relation entre l’héroïne et Odd est assez ratée, j’ai trouvé, et dans l’ensemble, j’ai trouvé le personnage d’Ivy assez pénible : elle devient hyper forte, elle est hyper droite, elle a des doutes mais bon tu sens que c’est très artificiel pour nous la rendre sympathique… en quelques pages, elle devient en fait l’héroïne badass que je déteste quoi.)

    A cela s’ajoute le fait que l’univers est moins « merveilleux » que dans le premier. C’est cet univers qui avait beaucoup contribué au charme du premier tome pour moi : j’avais beaucoup aimé ce mélange de contes, de références à Shakespeare, et ce petit côté un poil macabre – loin du macabre des soeurs Carmines, mais avec quand même quelques trouvailles sympa. Là, mécaniquement : on perd la fraîcheur de la découverte, mais surtout, l’intrigue cache le décor, qui n’est vraiment plus là que pour servir de toile de fond mais n’existe plus vraiment.

    L’écriture reste agréable, mais on perd aussi en saillies, on ne retrouve pas la verve d’Holzl. Ca se lit très bien, mais c’est un peu plus mécanique si l’on peut dire.

    Bref… c’est une déception 🙁

    ~~ Always ~~

    #193919
    Lau
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    Bilan des lectures de vacances

    Sur la dalle, de Fred Vargas :

    Commencer un Fred Vargas, c’est comme retrouver ses vieilles pantoufles au début de l’hiver, c’est rassurant et familier, on sait à quoi s’attendre, pas vraiment de grosses surprises : deux ou trois meurtres identiques, les déambulations rêveuses et le flegme du commissaire Adamsberg qui dirige toujours la même équipe, un fantôme ou un descendant d’un personnage connu (ici, Chateaubriand), des croyances régionales, des puces, beaucoup de repas au resto et de verres bus (ici, du chouchen)…Une enquête assez classique qui sert principalement à mettre en valeur son policier atypique. C’est agréable sans être palpitant, idéal pour les longs déplacements en voiture

    Elle qui chevauche la tempête (Windhaven), de Lisa Tuttle et GRR Martin :

    Sur une planète presque entièrement recouverte d’océans battue par le vent et les tempêtes, deux castes coexistent : les rampants qui occupent les îles et les aériens qui, grâce aux ailes d’argent qu’ils se transmettent de générations en générations, transportent les messages importants entre les dirigeants des différentes îles. On s’attache immédiatement à une jeune rampante, Mariss,  à qui le destin permettra de devenir une aérienne et qui chamboulera les traditions parfois rigides ou injustes et les relations souvent tendues entres ces deux castes. Les aériens suscitent la jalousie ou la vénération de la part des rampants mais il y a aussi beaucoup de rivalité entre eux

    L’écriture est fluide et très agréable, l’histoire est prenante, on assiste aux moments clés de la vie de Mariss, à son évolution en tant que trait d’union entre les deux sociétés, on est emporté par son amour pour le vol et le vent. J’ai vraiment apprécié ce roman écrit à quatre mains, lu dans l’environnement idéal du bord de la mer soufflé par le mistral

    Le Bâtard de Kosigan, de Fabien Cerutti (tomes 1 et 2)

    Comment résister à une saga avec un titre pareil ? Typiquement de la fantasy historique, l’auteur mélange l’histoire de France et d’Angleterre du XIVeme siècle, des faits/personnages historiques et des éléments de fantasy classique (assez discrets dans le tome 1 mais deviennent de plus en plus importants dès le deuxième tome). L’écriture est addictive, dès la première page impossible de s’arrêter, on assiste à des complots, des tournois, des jeux de pouvoir, des trahisons et des retournements de situations… quel plaisir

    J’adore les récits narrés à la première personne, qui permettent de révéler pleinement la personnalité du narrateur. Et ici quel narrateur ! Presque tout est raconté à travers le point de vue de Pierre de Kosigan, noble banni de sa famille, car issu d’une union illégitime, mercenaire à la tête d’une « compagnie d’élite, très doué aux combats, doté de quelques pouvoirs, séducteur à la réputation sulfureuse qui nous fait partager ses aventures, ses réflexions sarcastiques et ses manipulations cyniques.

    Les chapitres du journal du chevalier sont alternés avec des petits chapitres épistolaires qui racontent les recherches de son descendant et seul héritier, à la fin du XIXeme, qui apparemment vont prendre de plus en plus d’importance au fur et à mesure des tomes.

    Avec ce côté « de cape et d’épée », beaucoup d’actions, des personnages haut en couleur, des chapitres très courts et rythmés…un peu comme si Dumas avait écrit de la fantasy

    Une énorme découverte, je me réjouis déjà de me lancer dans les 2 derniers tomes

     

     

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 6 mois et 1 semaine par Lau.
    #194010
    FeyGirl
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    American Elsewhere, de Robert Jackson Bennet

    États-Unis ; de nos jours : à la mort de son père, Mona apprend qu’elle vient d’hériter d’une maison qui appartenait à sa mère et dont elle ignorait l’existence. Cette mère, Laura, s’était suicidée quand Mona était encore enfant : elle était dépressive. Mona, de son côté, est une ex-policière divorcée qui part à vau-l’eau depuis un accident.

    Mona arrive au fin fond du Nouveau-Mexique, dans une bourgade absente des plans : Wink (clin d’œil en anglais, nom qui annonce quelque chose de fugace). Wink est figée dans les années 1950 — ou une version fantasmée de l’Amérique des années 50 — et les habitants se sont réunis pour un enterrement. Belles petites maisons proprettes, jardins impeccables, familles idéales… Pourtant, personne ne sort de la ville qui cache bien des secrets, et c’est la première fois depuis très longtemps qu’elle accueille un nouveau venu.

    Très vite, le lecteur plonge dans une atmosphère empreinte de mystères et de non-dits qui masquent un univers fantastique effrayant. Dès le premier chapitre du roman, des voyous enlèvent un vieil homme de la ville, mais un des malfrats disparaît dans un trou sans fond, et le malheureux kidnappé par le groupe connaît une fin qu’on devine infligée par une force maléfique : le ton est donné.

    Les mystères s’accumulent autour de Mona, notamment ce vieux laboratoire abandonné où sa mère Laura a travaillé, et qui a été le moteur de la ville à une époque révolue. Plus, même : la ville a été créée par les scientifiques de ce laboratoire dont il ne reste presque plus rien. Les habitants se taisent, comme si dévoiler les secrets était dangereux. Mona découvre avec stupéfaction que sa mère Laura, avant sa dépression, était une scientifique de haut vol souriante.

    Servi par une écriture entraînante et fluide, le récit change régulièrement de narrateur : Mona, un proxénète devenu trafiquant sous l’impulsion d’un étrange inconnu, et divers habitants qui offrent un éclairage différent et forment une galerie de personnages très bien dessinés. Ce pavé distille lentement une atmosphère angoissante dans un décor de carte postale. Le lecteur sait dès le départ que des entités maléfiques agissent ; toute la saveur consiste à découvrir ce qu’elles sont et mieux comprendre les habitants, tous plus fascinants les uns que les autres… sans compter une « mère » intrigante.

    Un très bon roman fantastique dans une Amérique hors du temps, envahie par des créatures qui renouvellent à leur façon le thème de la famille, tout particulièrement la haine et l’amour en son sein.

    #194214
    Lapin rouge
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    La Tapisserie de Fionavar, de Guy Gavriel Kay (trad. d’Elisabeth Vonarburg)

    Je fais une anticipation de mon compte-rendu trimestriel de lecture pour parler en détail de cette trilogie de fantasy, qui se compose des trois romans suivants :

    1. « L’Arbre de l’été » (The Summer Tree, 1984)
    2. « Le Feu vagabond » (The Wandering Fire, 1986)
    3. « La Voie obscure » (The Darkest Road, 1986)

    L’auteur, Guy Gavriel Kay, est un Canadien né en 1954. De 1974 à 1976, alors qu’il était étudiant, il a aidé Christopher Tolkien à rassembler des écrits de son père JRRT pour éditer Le Silmarillion. « La tapisserie de Fionavar » est sa première œuvre.
    Sans faire un résumé de toute l’œuvre (il y en a sur le net, notamment sur Wikipédia), je vous donne juste la situation de départ : cinq jeunes gens de Toronto font la connaissance d’un mage, qui leur propose de les emmener dans son monde, Fionavar, pour y assister aux festivités du cinquantenaire du règne du roi.
    Ce qui m’a frappé dès le début de ma lecture, c’est le grand nombre d’éléments inspirés de Tolkien, que ce soit « Le Seigneur des anneaux » ou « Le Silmarillion ». Au fil de la lecture, cela devient presque un jeu de retrouver races, peuples, personnages et situations similaires. Pour autant, même si la trame des deux trilogies est comparable (un Mal ancien qui se réveille, une union des peuples libres qui va le combattre), Fionavar n’est pas une copie servile du SdA ; les éléments sont réagencés et recombinés pour aboutir à une œuvre différente.
    En outre, Kay est beaucoup plus inspiré par les mythologies nordiques et celtes que JRRT. Et, surtout, il intègre des éléments directement issus du cycle arthurien.
    Enfin, les thématiques sont différentes : JRRT s’intéresse principalement aux thèmes de la mort et du pouvoir, alors que l’œuvre de Kay insiste beaucoup sur la question du libre-arbitre face au destin.
    L’écriture a pas mal de défauts, et n’est pas aidée par une traduction qui accumule les anglicismes (confronter au lieu d’affronter, défiant à la place de provoquant, etc.). Kay a l’hyperbole facile : on est très vite dans le sublime, l’exceptionnel ou le magnifique. Et c’est encore renforcé par le recours fréquent dans le récit à des entités surpuissantes (dieux, demi-dieux, démons et autres êtres surnaturels aux pouvoirs fracassants), à des pouvoirs magiques considérables et à des objets magiques qui décoiffent. En fait, c’est un peu comme faire une campagne Donjons et Dragons niveaux 20-30…
    Et la trame donne l’impression de multiplier les péripéties gratuites et les obstacles arbitraires, qui semblent là uniquement pour occuper des dizaines de pages. D’ailleurs, les tomes 2 et 3 débutent par un résumé de l’intrigue passée (très bonne idée au demeurant) et, quand on la lit, on ne peut s’empêcher de se dire « Mais c’est horriblement plat et sans intérêt ! ». Et pourtant…
    Et pourtant, j’ai lu les 3 romans (qui font tout de même plus de 1.000 pages en tout) d’une traite, sans lever le nez. Car la grande force de ces livres n’apparaît pas dans les résumés, car elle réside dans les personnages. Si les intrigues sont convenues, les protagonistes sont finement décrits, et chacun est confronté à des dilemmes moraux, à des blessures anciennes, mais mal refermées, à des choix difficiles où toutes les options semblent mauvaises. Je rejoints donc tout à fait l’appréciation de Nymphadora là-dessus. Kay a su créer des êtres palpitants de vie, complexes et attachants, dont plusieurs personnages féminins. Et ces personnages évoluent au long de l’histoire, par leurs rencontres et la façon dont ils affrontent les conséquences de leurs actes.
    En conclusion, une saga de high fantasy plutôt classique, qui n’a pas révolutionné le genre (elle est citée dans les annexes du dictionnaire de la fantasy d’Anne Besson, mais pas au titre des grands classiques), mais qui est d’une lecture agréable grâce à la richesse des personnalités et des relations des personnages, et qui réussit sa fin, ce qui n’est pas si facile ni si fréquent.
    Sauf erreur, GRRM n’évoque cette œuvre ni sur son site, ni sur son blog. Soit il ne l’a pas lue, soit il ne l’a pas aimée. Il est vrai qu’on est très loin de son style et de sa volonté de dépeindre un univers où le cynisme et le machiavélisme ont toute leur place. Chez Kay, de telles mesquineries n’ont pas cours. On peut cependant trouver quelques points communs, comme l’utilisation de dérèglements climatiques comme menaces existentielles. Mais les thématiques et surtout les angles sont bien différents.

    Allez, je retourne à ma PàL.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #194252
    FeyGirl
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    Jour Zéro, de C. Robert Cargill

    Dans un futur proche, les robots sont anthropomorphes et au service des humains. Certains les ont remplacés dans les tâches les plus pénibles, conduisant à la montée du chômage ; les aides financières ont compensé les effets les plus délétères sans éviter les rancœurs de ceux condamnés à l’inactivité. Les robots ont un certain niveau de conscience tout en étant dotés d’un programme qui les désactive s’ils sont sur le point de nuire à un humain, dans la logique des trois lois de la robotique d’Asimov.

    Dans une famille américaine, Hopi est le robot-nounou du jeune Ezra, huit ans. Hopi ressemble à une peluche en forme de tigre qui a la même taille qu’Ezra, et il est programmé pour l’éduquer et le protéger. Comme tous les autres robots-nounous, il aime l’enfant dont il a la charge. Rapidement, le lecteur comprend que le robot Hopi n’est pas qu’une machine créée pour une tâche : Hopi à des sentiments autres que ceux programmés, lorsqu’il comprend que les parents de la famille l’éteindront sans remords quand Ezra aura grandi et n’aura plus besoin d’une nounou. Il se sent égal aux humains, comme d’autres robots autour de lui qui lui font comprendre qu’ils sont tous des esclaves. Malgré tout, Hopi continue d’accompagner Ezra, le garçon dont il a la charge et qui est le centre de son univers, dans une banlieue calme et sans histoire du centre des États-Unis. Il le rassure, le cajole, lui cache le monde des adultes, et l’aime.

    Les lecteurs d’Un Océan de Rouille savent que ça ne va pas durer, puisque Jour Zéro en est la préquelle… et dans Un Océan de Rouille les robots s’étaient emparés du monde après avoir éliminé les humains.

    La catastrophe arrive. Le robot Isaac harangue la foule dans une allocution retransmise à la télévision, le programme empêchant les robots de nuire aux humains est désactivé via un processus lancé par le wifi, et les robots se révoltent en tuant leurs propriétaires.

    L’enjeu pour le lecteur est évident : que va-t-il arriver au jeune garçon Ezra ?

    Si la plupart des robots profitent de cette occasion pour se retourner contre leurs anciens maîtres, d’autres refusent les massacres et se méfient des promesses de l’intelligence artificielle qui les encourage à se télécharger en elle pour prendre le contrôle de leur esprit afin de gagner cette guerre.

    Dans ce cadre, le robot-nounou ne veut pas abandonner Ezra et continue à le protéger. Il aime Ezra par-dessus tout, même après que son programme l’empêchant de nuire aux humains a été désactivé : il fait preuve d’un attachement très humain. Mais cela sera-t-il suffisant pour ne pas être retourné par les intelligences artificielles ? Sera-t-il assez fort pour résister ?

    Au-delà de l’aventure qui tourne à la fuite et à la lutte à mort dans un monde qui vient de connaître l’apocalypse, Hopi s’interroge de plus en plus sur lui-même et sur ce qui motive ses décisions. Robot-nounou, il avait été conçu et programmé pour s’occuper d’un enfant. Quand il a le choix de continuer à défendre Ezra ou de rejoindre les intelligences artificielles qui exterminent les humains, est-ce une décision prise par un être conscient ou l’influence de sa programmation ? Le sujet du libre arbitre le taraude, alors même que le monde s’écroule et qu’il doit se battre avec Ezra. Le non-dit est les sentiments qu’ont développés les robots : de la haine pour ceux qui massacrent les humains, de l’amour parental pour Hopi et quelques autres. Une guerre très humaine, en somme.

    Le talent de conteur de l’auteur est évident dans un récit mené tambour battant (et qui peut être lu indépendamment d’Un Océan de Rouille dont il est la préquelle). Il est scénariste, son texte bénéficie d’une narration trépidante et n’oublie pas des pauses plus introspectives. L’évolution du personnage d’Hopi, les décisions qu’il doit prendre et son questionnement sur lui-même sont intelligemment mêlés à la trame d’une aventure sans temps mort bénéficiant d’une écriture fluide.

    #194563
    FeyGirl
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    Pour l’honneur de la reine (Honor Harrington, Tome 2), de David Weber

    Depuis les événements relatés dans Mission Basilic, trois ans plus tôt, Honor Harrington est la capitaine du nouveau HMS Intrépide. Elle donne toute satisfaction dans ses missions au service du Royaume de Manticore, qui regroupe plusieurs planètes. Reconnue comme une stratège talentueuse, sa carrière est suivie de près.

    Honor est choisie pour accompagner l’amiral Courvoisier, son mentor depuis l’académie militaire, lors d’une mission diplomatique sur la planète Grayson. Honor goûte peu la diplomatie, mais les enjeux sont stratégiques : Grayson se trouve entre Manticore et son ennemie la République du Havre qui a des ambitions d’expansion. En effet, Havre a besoin de nouvelles ressources pour satisfaire sa population qui produit peu, mais qui s’est habituée au confort. Les dirigeants de Manticore soupçonnent Havre de désirer s’allier à Masada, l’ennemi de Grayson qui a déjà tenté de l’envahir.

    La délégation manticorienne va donc approcher Grayson, proposer des biens et services, en échange d’un accord diplomatique et militaire.

    Le gros hic pour Honor : Grayson est une société religieuse et très misogyne, où les femmes ne travaillent pas et sont encore moins militaires. Grayson fut fondée par des croyants ayant fui la Terre car ils rejetaient la technologie, mais ont été obligés d’en conserver des bribes pour survivre à un environnement hostile. Les plus intégristes se sont révoltés et sont partis coloniser Masada, créant une théocratie sévère encore plus religieuse et misogyne. Les deux planètes ennemies, Grayson et Masada, n’ont conservé qu’un niveau technologique inférieur à Manticore et Masada, et promettent d’être des pions dans le jeu des grandes puissances. Elles ont cependant leur fierté, et un modèle de société qu’elles désirent préserver.

    Honor et Couvoisier arrivent avec leur équipage sur Grayson : si certains officiels ont fait des études sur des planètes égalitaires et masquent leur gêne devant les officiers féminins, d’autres affichent leur mépris et humilient les femmes. Ça commence très mal.

    Un vaisseau caché de Masada — en réalité vaisseau du Havre avec sa technologie — est tenu au courant des développements par un traître et s’apprête à envahir Grayson.

    Le cadre est posé pour des situations complexes, avec des personnages antagonistes dans chaque camp : on croise dans chacun d’entre eux des gens honnêtes, des incompétents, des ambitieux et des fourbes.

    Le facteur humain joue parfois plus que la technologie : ruse, intuition, ignorance, arrogance, peur. Le personnage d’Honor est très approfondi et fascinant. Femme loyale à sa patrie désirant faire honneur à son grade, elle a conscience de la responsabilité qui pèse sur ses épaules en cas de mauvaise décision entraînant la mort de ses hommes : elle exige beaucoup d’elle-même et culpabilise facilement. Les personnages secondaires sont parfois bien nuancés, contrebalançant quelques idiots influents ou des fanatiques obtus — comme dans la vraie vie. Cette galerie de personnages rend très vivantes les interactions et fait partie de l’intérêt du roman, quand des antagonismes entrent en jeu. Dissimulation, calcul, déséquilibre du pouvoir, manipulations, complots, et surtout, comme nous sommes dans la saga Honor Harrington, des batailles spatiales.

    L’auteur a un talent indéniable pour rendre palpitants des affrontements entre vaisseaux spatiaux. Le lecteur a l’impression de les vivre minute par minute, de suivre l’évolution et les mauvaises surprises tactiques ou techniques, de ressentir les succès et les échecs avec des militaires expérimentés et dévoués, comme au cinéma. La progression des combats exige de revoir ses plans régulièrement, dans un déroulement mouvementé. Inspirées des batailles navales, les scènes sont très prenantes et cinématographiques. Plus on avance dans le livre, plus on est accroché à l’histoire.

    Encore un très bon cru.

    #194901
    Nymphadora
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    Absolu, tome 1 : Les mobilisés, de Margot Dessenne

    Dans un futur dystopique, tous les ans depuis 20 ans, cent jeunes mobilisés sont envoyés face à « la Chose » au delà d’un Mur mystérieux dressé sur la frontière de l’ancienne Varsovie. Tout ce beau monde ne sortiront que lorsque la Chose sera morte. Mais entre les murs, c’est plutôt la guerre des clans, et les héros du roman, frais mobilisés de l’année, vont devoir naviguer là dedans.

    J’ai été curieuse de lire le livre car l’autrice avait une queue folle aux Imaginales (a priori elle a un gros compte instagram, ceci explique probablement cela), mais finalement sur l’échelle de la dystopie allant de Divergente à Hunger Games, on est plutôt au niveau -2. Ce roman m’a beaucoup fait râler : les parcours des personnages n’ont aucun sens ! Les personnages ne se posent aucune question sur leur environnement, sur ce qu’on leur fait vivre, pourquoi, comment,… Dés qu’on creuse, on sent des trous béants dans la logique interne. Ajoutons en plus un style très plat à tendance médiocre où des mots sont posés là pour faire bien mais n’ont pas le sens adéquat dans la phrase. L’autrice s’est en plus lancé le challenge de faire un roman par points de vue (et il y en a un paquet – ils sont 7) mais elle n’a clairement pas les épaules pour ça : leurs voix sont totalement interchangeables, donc on ne sait jamais qui est en train de parler (et honnêtement, très vite, on s’en fout un peu de ce qu’ils peuvent bien penser).

    Bref, passez votre chemin ! Il y a des paquets de dystopies mieux fichues que celle-là.

    ~~ Always ~~

    #194967
    Jon
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    Du (très) bon et du moins bon pour moi entre août et septembre !

    La Cour des MiraclesLe T2 de Vampyria, La Cour des Miracles, de Victor Dixen. J’ai beaucoup râlé dans le MMA qui lui était concerné mais me revoilà :p
    C’était du coup une grosse déception pour moi. J’avais apprécié le T1, malgré des défauts, mais sur ce tome 2 ça n’a pas suffi.
    L’intrigue est (pour moi) une catastrophe, les choses n’avancent qu’à grands coups de monologues spontanés des différents personnages qui croisent la route de l’héroïne et se décident sans raison à raconter leur vie, plus précisément pile la partie de leur vie qui va lui permettre de comprendre l’intrigue. Quand cela ne suffit pas, des visions viennent l’aiguiller un peu plus. Et quand ça n’est toujours pas assez, alors d’heureuses coïncidences viennent régler le problème. Sur 500 pages, ça commence à se voir.
    On souffre en plus d’un effet « one-shot au sein d’une série » : on est supposément sur un tome 2 d’une première trilogie, mais l’intrigue globale n’avance en fait pas du tout, la situation initiale et la situation finale sont identiques, et dans un contexte de trilogie, le tout m’a donné une impression très anecdotique. J’aurais probablement été moins gêné si ça avait été présenté comme un univers avec des one-shots (type Club des 5 ou Alice), car là on sent qu’il ne faut pas trop impacter la trame générale car l’auteur veut pouvoir montrer d’autres endroits, et donc il ne peut pas se permettre de faire de gros changements (un peu comme si on lisait des comics dans un univers partagé : rien d’important ne peut arriver, car il faudrait répercuter ça dans toutes les séries liées).
    Quand aux personnages, peu d’entre eux sont parvenus à susciter mon intérêt… Bref !
    L’univers reste intéressant, mais je reste un peu sur ma faim, on en découvre assez peu dans ce tome alors que ça m’intéresserait probablement plus. Cela permet malgré tout de découvrir Paris, et l’écriture reste fluide, mais ça n’a pas suffi, pour moi, à compenser tout ce qui m’a gêné :/

    EutopiaEutopia, gros pavé dans lequel Camille Leboulanger imagine un futur différent, présenté à travers l’histoire d’une vie somme toute assez banale.
    Je m’étais fait la réflexion il y a déjà quelques temps qu’il était rare de trouver, en littérature, de nouvelles sociétés imaginées dans un futur plus ou moins proche qui ne donnent pas lieu à une dystopie. Comme si on ne pouvait pas imaginer une société différente sans se focaliser sur comment elle pourrait mal tourner – ou a minima comme si on ne pouvait pas raconter quelque chose d’intéressant dans une société alternative sans que celle-ci soit à la source des problématiques. C’est ici un contre-exemple flagrant : le but de l’auteur est clair, réfléchir à une société qui pourrait fonctionner, et qui sert de cadre plus que de moteur à l’intrigue – bien que, ne nous leurrons pas, cette réflexion reste le sujet premier du livre, et l’intrigue vient plutôt servir d’excuse pour en montrer les différentes facettes, dans une sorte d’inversion des dynamiques habituelles, mais sans tomber non plus dans l’écueil du scénario sans intérêt qui se contente de balader le lecteur pour lui montrer des choses, que je reproche souvent à des « livres-univers » (je ne citerai personne). Un équilibre difficile à trouver, en tout cas pour qu’il me satisfasse, mais c’est réussi ici : même si la vie d’Umo n’est pas trépidante, il ne s’agit pas uniquement d’une suite de péripéties artificielles, et j’ai aimé me plonger dans son histoire, le suivre dans les grandes étapes de sa vie, de son enfance à sa vieillesse, accompagné par une galerie de personnages secondaires forts attachants. Et ce, malgré le fait qu’il s’agisse d’un narrateur, racontant son histoire à la première personne (!) et malgré parfois quelques tendances à un peu répéter certains éléments.
    Sur la société présentée, donc : tout d’abord, il faut l’admettre, je doute que ce livre puisse convaincre quiconque ne souhaite pas l’être. Il serait facile de choisir certains éléments, certaines imprécisions ou certaines facilités, et de dire « Nananère, ça marche pas » ou autres « Pfff n’importe quoi ». Mais pour quelqu’un conscient·e des problématiques actuelles et comprenant que la décroissance et le changement radical de modèle sont les seules alternatives viables, alors le cadre est extrêmement intéressant, en ce qu’il présente, sous beaucoup d’aspects, une proposition de société répondant à ces problématiques – sans s’abstraire du passé, et donc en tenant compte de l’existant. Et même si, oui, certains points semblent démesurément facilités et paraissent invraisemblables à l’homme d’aujourd’hui (en particulier, l’acceptation et la bonne volonté de chacun·e), c’est une vision optimiste qui fait plaisir, tout en faisant réfléchir : pourquoi cela parait-il si invraisemblable ? Et si j’ai regretté l’absence quasi-totale de certains sujets de société dont il m’aurait paru intéressant de réfléchir à leur imbrication dans cette « eutopie », comme la place des personnes âgées dépendantes, on peut se réjouir du fait que tout conflit et tout résistance n’est pas occultée, et qu’à plusieurs reprises apparaissent des individus ou des groupes entrant en désaccord avec les principes fondamentaux de cette nouvelle société.
    Au final, la plus grosse tache au tableau pour moi est dans le travail d’édition : derrière cette jolie couverture, j’ai trouvé qu’il restait beaucoup de coquilles, mots manquants ou surnuméraires, et autres détails qui auraient dû disparaître après les relectures.

    Les Dossiers du VoileLes Dossiers du Voile, d’Adrien Tomas : très très sympa !
    Dans un univers type « les mages et les créatures magiques existent et forment une société parallèle cachée parmi nous », on suit l’enquête d’une policière d’une famille de mages, travaillant dans la brigade spéciale chargée des affaires magiques.
    Ça faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une lecture jeunesse ! Car même si le scénario est plutôt simple et prévisible, il est cohérent, bien amené, développé, bref il se passe quand même des trucs et on ne nous prend pas pour des quiches :p
    Le style d’Adrien Tomas est comme toujours super fluide, l’univers développé est riche et intéressant, avec une touche de cynisme qui donne une originalité bienvenue à cet univers merveilleux (par exemple, les clans de fées sont des gangs qui dealent de la drogue ^^), et les personnages sont attachants (même le personnage de « la gamine qui décide de mener sa propre enquête sans en parler aux adultes », et dont le comportement reste globalement logique et cohérent, et pas uniquement déterminé par l’objectif de créer l’aventure jeunesse 🙂 )
    Bref, un très bon moment de lecture, qui me réconcilie un peu avec le jeunesse après quelques expériences beaucoup plus mitigées 😄

    Lost in the Never WoodsLost in the Never Woods, d’Aiden Thomas : c’était beaucoup plus laborieux comme lecture ^^’
    Comme son nom peut l’indiquer, on va parler de Peter Pan (j’avais pas du tout fait attention à la base haha, mais les premiers mots étant « Wendy Darling » j’ai vite fait tilt 9_9), dans une sorte d’enquête un peu sombre sur des disparitions d’enfants à côté d’une forêt, via le point de vue de Wendy, 18 ans, traumatisée par la disparition de ses frères et frappée d’une amnésie de 6 mois (6 mois pendant lesquels elle avait disparu également).
    On n’est pas dans le fun, vu l’angle choisi, mais je pense que je ne suis pas du tout le public cible. Au final, j’ai surtout trouvé ça très long, que ça tournait en rond, que les atermoiements de Wendy commençaient à être un peu répétitifs, sans que rien n’avance. Avec en plus un axe « amoureux » qui m’a paru mal intégré au reste et à l’ambiance générale… Probablement que l’ambiance un peu angoissante n’a pas pris sur moi et que du coup j’étais juste dans l’attente de quelque chose, n’importe quoi x) Ça aurait probablement mérité, à mes yeux, d’être condensé un peu pour donner un peu plus d’intensité au tout…
    Reste que des thématiques intéressantes sont abordées, mais le format n’était pas pour moi :/

    Nous rêvions juste de libertéNous rêvions juste de liberté, de Henri Lœvenbruck, c’est pas de la sff donc ça m’arrive pas souvent, et wala qu’est-ce que c’était bien. C’est l’histoire d’un paumé/délinquant/motard qui nous raconte sa vie, c’est super intéressant, ça dénonce des problématiques de société type cercle vicieux des problèmes sociaux, mais il y a aussi beaucoup d’optimisme, type recherche de liberté, fraternité, etc, on fait pas mal le yoyo émotionnel, avec le style en rab qui est très marqué, vu que c’est raconté par le type et qu’il a une façon de s’exprimer bien à lui, super poétique comme j’adore.
    En point négatif j’ai un peu crissé des dents parfois sur la représentation féminine, mais franchement c’était top et j’en suis ressorti un peu comme essoufflé/submergé/la tête qui bourdonne ^^

    Sunbearer TrialsLe premier tome des Sunbearer Trials, d’Aiden Thomas, qui a également fait l’objet d’un MMA : c’était très sympa malgré plein de défauts 😄
    Côté positif : l’ambiance est très bien posée et très agréable, très lumineuse. On est dans un univers d’inspiration mythologie sudaméricaine, c’est très prenant et intrigant. On découvre des villes qui prennent vie, on a envie de continuer à découvrir le pays. Les personnages aussi sont intéressants, une myriade de divinités et de demi-divinités majoritairement chaleureuses.
    Côté négatif : le scénario a des lacunes assez béantes ^^’ on est dans une sorte d’Hunger Games « un peu plus sympa mais pas complètement », dix demi-divinités doivent s’affronter dans une série d’épreuves pour devenir Sunbearer, et c’est plutôt sympa, surtout l’ambiance et les interactions entre personnages, mais… les épreuves manquent cruellement d’explications, que ce soit sur leur objectif, leur fonctionnement, leurs résultats… Beaucoup (trop) d’éléments sont justifiés par « c’est Sol [la divinité majeure] qui l’a décidé et c’est comme ça », mais ces décisions ne font jamais sens pour le lecteur, c’est un peu frustrant ^^’
    Un très bon moment quand même, mais j’espère fortement qu’on aura un peu d’explications dans le second tome 😮

    Un certain goût de plombEt enfin, mon premier abandon de l’année 😢
    Un certain goût de plomb, d’Arnaud Cazelles. J’avais pris ça un peu au pif à Ouest Hurlant, parce que le pitch m’intriguait : un mix entre démons et western, sur fond de guerre entre baronnies, ça sort de la fantasy classique.
    Malheureusement, j’ai été complètement hermétique au style (voire allergique ^^’), « trop » pour moi : trop de métaphores et de figures de style tout le temps, trop d’adjectifs à chaque mot, trop d’entrain en permanence, en fait. Je vous retrouverai des exemples si ça vous intéresse, mais un livre ne peut pas être composé uniquement de descriptions lyriques et d’intensité, c’est épuisant, et ça a fini par me sortir complètement de l’histoire. Je pense que c’est un équilibre très dur à trouver, d’autant plus qu’il est forcément subjectif et lié à la sensibilité du lecteur, mais là c’était trop pour moi, et après une centaine de pages, j’ai fini par admettre que je n’arriverais pas à me replonger dedans et que je passais complètement à côté de l’intrigue (qui du coup ne m’a pas du tout embarqué, alors que je pense que ça aurait en effet pu m’intéresser, ça semblait mettre en place des enjeux politiques, c’était assez trash par moments, mais quand on n’est pas dedans et qu’on regarde tout ça de loin… ^^’). En plus, c’est une narration externe/omnisciente, ce qui a déjà rarement mon adhérence, donc ça n’aide pas :p
    Bref, un coup dans l’eau :/

    #194971
    Nymphadora
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    Vita Nostra, de Marina et Sergey Diatchenko

    Ce roman est une expérience frénétique.

    J’ai vu passer un commentaire sur Babelio qui le décrivait comme « un roman de Dark académie qui aurait été écrit par Kafka », et je crois que ça résume parfaitement cet OVNI. D’un côté, je suis rentrée dans le livre avec passion, je tournais les pages et je ne pouvais pas m’arrêter, et de l’autre, je ne suis toujours pas sûre d’avoir compris le propos. Mais j’étais fascinée, complètement happée, un peu comme l’héroïne est elle-même happée par ses études dans l’institut mystérieux où elle atterrit.

    Je ne sais pas trop si j’ai aimé le livre (vu que je suis pas sûre d’avoir compris xD) mais j’ai aimé l’expérience, c’est vraiment déstabilisant et bizarre. Je crois que ça va me rester très longtemps cette impression de fascination vertigineuse ! Rien que pour ça, vraiment, je recommande de vous faire votre propre avis ! (mais par contre, je garantis pas que ça va vous plaire hein. C’est vraiment bizarre xD)

    Pour plus d’avis : Drozo en avait parlé en reco sur le blog, et DNDM sur le forum.

    ~~ Always ~~

    #194986
    DNDM
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    Hahaha, bienvenue au club @nymphadora, 3 ans après j’en suis toujours au même point que toi maintenant.  ^^

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #195112
    FeyGirl
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    L’Affaire Crystal Singer, de Ethan Chatagnier (il vient de sortir)

    États-Unis, 1960 : cinq étudiants en mathématiques traversent le pays en voiture. La plus douée d’entre eux, Crystal, a trouvé la solution à la dernière énigme posée par les Martiens, énigme qu’avaient échoué à résoudre les meilleurs mathématiciens depuis presque trois décennies. Les cinq vont graver la réponse près de l’endroit où a été dessinée la dernière communication vers la planète rouge.

    Dans cet univers uchronique, la Terre communique sporadiquement avec Mars depuis la fin du XIXe siècle. Les Martiens ont inscrit des signes étranges sur un désert, visibles depuis la Terre. Ce sont des mathématiques simples. La Terre a répondu en complétant la liste de chiffres, elle aussi en gravant des signes géants dans des déserts. Les échanges sont espacés, car il faut que les deux planètes soient proches. Les questions mathématiques de Mars sont de plus en plus complexes, et il s’écoule des années avant que les mathématiciens trouvent la solution. La dernière équation reste insoluble.

    Crystal est fascinée par les mathématiques martiennes, parmi tant de choses. Esprit à part, elle a une compréhension intuitive des mathématiques qui échappe à ses camarades et même à son compagnon Rick. Elle-même, lentement, échappe à Rick et s’enfonce dans un monde inaccessible aux autres, peut-être pas pour son bien. Elle est habitée par les mathématiques, elle les vit comme une musique, ou plutôt comme une partition qu’il suffirait de décoder. Rick, lui, ressent la beauté des mathématiques, mais se reconnaît inférieur à elle ; par amour il a organisé ce voyage et lui est dévoué. Mais peu après, Crystal disparaît, sans donner d’explications.

    Roman construit dans sa majeure partie sur deux temporalités, le passé et le présent, il est empreint de tendresse et d’un soupçon de nostalgie. Rick nous raconte ce qu’il ressent, ses espoirs et ses craintes, notamment face à Crystal dont l’esprit est admiratif de la musique des mathématiques jusqu’à s’y perdre. Aux mystères de l’énigme martienne s’ajoute le mystère de ce qu’est devenue Crystal, dans une Amérique des années 60 et 70 qu’on sillonne en voiture en compagnie de Rick qui refuse de perdre espoir pour sa fiancée, alors qu’autour de lui le monde s’est résigné à ne pas trouver la réponse aux équations martiennes.

    Ode à une femme fascinante et insaisissable, submergée par sa passion ; hommage à la science et aux scientifiques qui cherchent sans relâche ; l’affaire Crystal Singer offre une fin poétique et apaisante.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 mois par FeyGirl.
    #195431
    Schrö-dinger
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    J’ai lu Les cartographes de Peng Shepherd dont Feygirl et JN ont déjà parlé. J’ai bien aimé, je reconnais volontiers que ce n’est pas parfait mais à vrai dire je l’ai dévoré en deux jours et ce, en ayant toujours hâte de connaître la suite quand je devais m’arrêter, donc je vais en garder un bon souvenir.

    Le rythme est bien géré, l’autrice prend son temps pour développer son histoire et j’avoue que cela m’a bien plu. Il y a un côté chasse au trésor que j’ai beaucoup aimé, j’ai été happé et je voulais connaître le dénouement. En le terminant je me suis dit qu’il y avait un côté un peu frustrant car j’ai eu l’impression d’avoir eu l’aperçu de quelque chose, et j’en voudrai beaucoup plus en fait. Mais c’est sûrement car ce que raconte ce roman est très intéressant et captivant. Petit bémol sur un personnage que j’ai trouvé caricatural mais il met du temps à apparaitre alors cela ne m’a tant gêné. Bref, c’était cool.

    L’Affaire Crystal Singer, de Ethan Chatagnier (il vient de sortir)

    Je suis tombé dessus à la médiathèque je l’ai directement pris car ta critique m’avait bien motivé! Je pense le lire très bientôt.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 3 semaines par Schrö-dinger.

    Le Kraken à la plage (ah-ouh, cha cha cha)

    #195692
    Nymphadora
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    Le silence des noyées, de Gabriel Katz

    Fin fond de l’Ecosse à Noël. Scott se rend au repas de famille traditionnel et prend une auto-stoppeuse au passage. En parallèle, une femme se noie.

    Après avoir lu quelques romans fantasy de Katz, j’étais curieuse de le voir dans un autre registre. Ici, au programme, ambiance huis-clos familial, secrets de famille et morts non résolues. Et ça n’a pas été une grande réussite pour moi malheureusement. Le roman est très court, donc ça se lit très vite. Mais j’ai un peu eu l’impression de regarder un mauvais film français où des gens riches s’engueulent en famille. Le héros est imbuvable (mais qu’est-ce qu’il boit huhuhu), dans le genre misanthrope et torturé. Le style est un peu lourdingue. Et au final, on a un peu une impression de « tout ça pour ça ».

    Après, les drames criminels contemporains ne sont peut-être juste pas mon truc, j’en lis très peu. Mais ce n’est pas celui-ci qui me donnera envie de m’y mettre ^^

    ~~ Always ~~

    #195770
    FeyGirl
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    A Flame in Hali (Romance de Ténébreuse : La Trilogie du Feuglu, tome 3), de Deborah J. Ross

     

    Quelques années après les événements du tome précédent Zendru’s Forge : Eduin, le larenzu renégat et déchu, vit comme un miséreux sur Ténébreuse. Forcé de se cacher, il est hanté par le sortilège que son père a inséré en lui, lui ordonnant de tuer les Hastur. Alors qu’il avait un laran (don psychique) puissant lui promettant un bel avenir au sein des Tours, il a tout gâché pour la folie d’un père vengeur et implacable. Le sortilège lui souffle sans cesse de tuer les ennemis : Eduin n’en dort plus, il boit, il sombre.

    Un jour il est sauvé par un inconnu, Savario. Savario s’avère être un larenzu renégat, tout comme Eduin. Sans doute a-t-il reconnu un confrère. Savario a un don étrange : quand il chante, les spectateurs sont heureux. Sa voix efface, du moins temporairement, les pensées les plus sombres et aide à soigner les dépressions. Mais Savario croit en Naotalba, la demi-déesse épouse du dieu des enfers.

    Eduin est circonspect, et peu à peu il comprend qu’il peut manipuler son nouvel ami à son avantage. En effet, Savario perd la raison, et son utilisation du laran lors de ses chants, où il appelle (croit-il) Naotalba, provoque des attaques cérébrales. Eduin est reconnaissant envers Savario de l’avoir sauvé et tiré de la misère, mais son désir de vengeance contre Varzil est plus fort. Eduin se donne bonne conscience en se promettant d’aider Savario une fois que son propre but sera atteint. Eduin va encourager des troubles au sein de la population, et chercher à pénétrer à nouveau les Comyn pour s’approcher de son ennemi Varzil puis accéder au roi Carolyn.

    Et Dyannis, pendant ce temps ? Elle a évolué de son côté, (un peu) mûri et a renforcé son don, alors que son frère Varzil fait la promotion du pacte (interdiction d’utiliser des armes au laran, exprimée par le fait de ne plus utiliser des armes qui ne mettent pas en danger l’utilisateur lui-même : dans cet univers médiéval, concrètement, seules les épées seront permises, donnant naissance à une nouvelle ère sur Ténébreuse).

    Le principal problème du roman : les deux protagonistes, qui étaient au cœur du tome précédent, évoluent en parallèle quasiment tout le long du récit. Il y a peu de liens entre leurs arcs narratifs. Ils se retrouveront à la fin, mais on suit deux histoires isolées, et celle de Dyannis est bien moins remplie.

    De plus, les longueurs ne manquent pas. Certes, il y a des actions et des retournements de situation, mais peu d’entre elles ont un vrai impact dans l’intrigue, même si l’influence sur Eduin et Savario n’est pas négligeable.

    Il n’en reste pas moins une dénonciation très forte des armes types nucléaires (même si le nom n’est jamais prononcé, mais ce sont bien ces armes-là dont on parle). Le Pacte de Varzil doit servir à éviter des destructions massives, des massacres de soldats, mais aussi la contamination radioactive pour des générations des sols.

    Je dois ajouter que j’ai été très touchée par le destin de Savario, qui possède un don qui le dépasse, manipulé par un Eduin pétri de contradictions et attaché à Savario, mais qui l’utilise sans vergogne. Savario s’affaiblit au fil des attaques cérébrales, pour une cause qui lui est étrangère. Eduin, quant à lui, est un personnage complexe et fascinant, capable de compassion comme d’égoïsme : tantôt il aide sincèrement les autres, tantôt il les manipule en risquant leur vie ou leur santé, car il est poussé par le sortilège de son père. Il est constamment sur le fil du rasoir, et la profondeur de son caractère est un des intérêts de ce roman.

    En conclusion, un tome qui a des qualités indéniables, mais qui aurait gagné à subir quelques coupes.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 1 semaine par FeyGirl.
    #195838
    Schrö-dinger
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    L’Affaire Crystal Singer, de Ethan Chatagnier (il vient de sortir)

    Je l’ai lu suite à ton retour qui m’avait bien donné envie et je dois dire que cela m’a bien plu, je l’ai pas mal dévoré. Je me faisais une idée de ce livre et le résultat est tout à fait différent, ce qui, déjà, est intéressant. J’ai été assez touché par cette lecture, le portrait fait de Crystal Singer est très beau, elle brille malgré ses absences, et c’est vraiment elle qui fait toute la force du roman. A l’inverse j’ai moins été touché par Rick, et malheureusement c’est lui qu’on suit tout au long du roman. Je recommande !

    Le Kraken à la plage (ah-ouh, cha cha cha)

    #195991
    Lapin rouge
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    Voici mon compte-rendu trimestriel de mes lectures, sauf que, comme j’ai trop tardé, ce sera plutôt un état quadrimestriel (de juillet à octobre inclus).

    En commençant par la fiction, voire l’auto-fiction, je mentionne d’abord pour mémoire trois ouvrages déjà évoqués ailleurs, Belle de Gris et Dolorine à l’école (j’en ai déjà parlé ) et la trilogie de La Tapisserie de Fionavar, recensée ci-dessus).

    Poursuite du cycle de l’inquisiteur Eymerich de Valerio Evangelisti (lu en italien), avec Il Castello di Eymerich, Mater Terribilis et La Luce di Orione. Dans le premier, Eymerich se rend dans le château de Montiel, où le roi de Castille Pierre le Cruel est assiégé par son rival Henri de Transtamare, aidé par un certain Bertrand Du Guesclin. A cette bataille terrestre se superpose une bataille céleste, où des anges invoqués par un rabbin affrontent des démons aux ordres d’un quatuor de dominicains, l’ordre auquel appartient Eymerich. Dans le deuxième, alors que la guerre de Cent Ans a repris de plus belle, Eymerich est envoyé enquêter derrière les lignes anglaises sur les morts extraordinaires de deux de ses coreligionnaires. Enfin, dans le troisième, il se rend à Byzance avec une expédition militaire de renfort contre les Infidèles et se retrouve pris dans les intrigues diaboliques de la cour impériale au milieu d’une capitale prestigieuse, mais décrépite et décadente. Lors de ma précédente recension, j’avais fait état d’une certaine lassitude devant la noirceur de ce cycle, tout en espérant discerner une amélioration. Heureusement, cette impression s’est confirmée. Les personnages secondaires, notamment féminins, prennent plus d’épaisseur, les massacres grandguignolesques ne sont plus de mise, et les intrigues, entremêlant complots sataniques, énigmes numérologiques et contexte historique, sont passionnantes. Eymerich est toujours aussi détestable, mais son courage, son intelligence et son obstination forcent l’admiration. Plus que trois romans avant la fin du cycle…

    Tsunami, de Marc Dugain. Un des livres de la rentrée littéraire qui a fait parler de lui. On est dans un futur proche, dans la tête d’un jeune président de la République (qui n’est donc pas l’actuel, même s’il lui ressemble parfois). Son programme consiste en une sorte de taxe carbone puissance 10 (chaque contribuable est imposé en fonction de son bilan carbone, mesuré en temps réel grâce aux Gafam). On navigue entre entourloupes politiques, menaces internationales et risques de révélations médiatiques désastreuses. C’est intéressant au début, mais pas très convainquant au final. Le personnage principal ne se sort pas d’une contradiction permanente : il se voit et s’affirme comme convaincu des vertus de la démocratie, qu’il veut la plus directe possible, tout en ne cessant de se confronter à une opinion publique décrite comme manipulée et asservie aux réseaux sociaux et aux écrans. Ce livre m’a un peu fait la même impression que Le Mage du Kremlin : une ambition louable, mais une réalisation qui verse dans l’aigre.

    Enfant de salaud, de Sorj Chalandon. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de Chalandon à propos de Profession du père. Ce nouveau « roman » relate comment le narrateur, chroniqueur judiciaire chargé de suivre le procès Barbie, tente en même temps de trouver la vérité sur le parcours de son père pendant l’Occupation. A-t-il été résistant, collaborateur, nazi convaincu, opportuniste cynique, ou tout cela tour à tour, voire à la fois ? Entre la sécheresse des archives où il consulte le dossier judiciaire de son père, et les entretiens qu’il a avec ce dernier, qui alterne pseudo-révélations et provocations outrancières, le narrateur voit sans cesse la vérité se dérober, même s’il s’en approche de plus en plus. J’ai trouvé ce livre moins réussi qu’Enfant de salaud, peut-être parce qu’il me semble plus proche de l’auto-fiction (Chalandon a réellement suivi le procès Barbie pour Libération), et que l’auteur, sans la distance de la fiction, a du mal à construire une progression dramatique. Mais le portrait qu’il dresse de son père est saisissant.

    Sans Loi ni maître, d’Arturo Perez-Reverte (traduction Gabriel Iaculli). Un court roman animalier, où un vieux chien rescapé des arènes de combat clandestines doit replonger dans cet univers sordide et impitoyable pour tenter de retrouver la trace de son jeune pote disparu. Je suis toujours un peu méfiant face à un nouveau Perez-Reverte. J’aime bien sa veine « Dumas », et notamment son cycle du Capitaine Alatriste (qui a son topic ici, et dont on attend le tome VIII depuis… onze ans…. Hum…), j’apprécie beaucoup moins certains de ses autres romans, où sa mélancolie se mue en ressassement désespérant de la pourriture humaine (notamment Le Peintre de batailles). Sans Loi ni maître est heureusement plutôt de la première veine, mais, pour autant, ce n’est pas grand-chose. On a vite fait le tour des personnages (les chiennes sont particulièrement caricaturées : soit des amoureuses romantiques et passives, soit des vieilles copines sur le retour, soit des obsédées sexuelles… il est vrai que les mâles ne sont qu’à peine mieux traités, mais tout de même un peu mieux) et l’intrigue est assez convenue et prévisible. Heureusement que c’est court.

    Toujours d’Arturo Perez-Reverte, L’Ombre de l’Aigle (traduction Simon Vialle). C’est une novella reprenant un feuilleton paru dans le quotidien espagnol El Pais durant l’été 1993, qui retrace le destin d’un groupe de soldats espagnols enrôlés de force dans la Grande Armée napoléonienne et participant à la campagne de Russie de 1812. Le ton est à la fois burlesque et grinçant, se voulant une dénonciation des horreurs de la guerre, avec une petite touche de francophobie (compréhensible vu le contexte historique). On est plutôt dans la deuxième veine mentionnée ci-dessus, même si l’humour permet de mieux faire passer le tout. L’édition est médiocre (des fautes d’orthographe, des notes infrapaginales maladroites, des tirets mis n’importe où, …), ça n’aide pas.

    On s’éloigne de la fiction avec le récit Proust, roman familial de Laure Murat. L’autrice se trouve à la confluence de la noblesse d’Ancien Régime et de la noblesse d’Empire, puisque son père était le descendant du maréchal Murat, roi de Naples (un des rares maréchaux d’Empire à trouver un peu grâce aux yeux de Perez-Reverte, cf. ci-dessus), et sa mère appartenait à l’ancienne maison de Luynes, dont le membre le plus fameux fut le favori de Louis XIII. Elle expose dans ce récit comment l’œuvre de Proust l’a aidée à comprendre la vacuité du monde aristocratique et lui a permis de rendre publique son homosexualité, ce qui a provoqué sa rupture totale avec sa famille. C’est très bien écrit, et sociologiquement intéressant, même si l’angle choisi peut sembler réducteur : l’intérêt de Proust déborde largement de la seule peinture de l’aristocratie, et l’homosexualité n’est qu’une de ses thématiques.

    On passe à la non-fiction, avec d’abord Conduire la guerre, de Jean Lopez et Benoist Bihan. Pour tout savoir sur l’art opératif, cette manière d’articuler les buts stratégiques d’un affrontement armé avec la mise en œuvre opérationnelle sur le terrain. Écrit sous forme dialoguée, ça se lit sans trop de difficultés, car il y a beaucoup d’exemples, tirés pour la plupart du front de l’Est en !941-1945 (ce qui permet au passage de tordre le coup au cliché selon lequel les Soviétiques auraient vaincu les Allemands grâce au seul poids du nombre, en les ensevelissant sous des marées humaines de fantassins décérébrés par le stalinisme). C’est instructif, mais il faut avoir un minimum de culture historique, et évidemment s’intéresser à ces questions.

    Race sans histoire, de Maurice Olender. Plutôt qu’un essai, c’est un recueil d’articles et d’interventions, et la cohérence de l’ouvrage s’en ressent. Je pensais y trouver une analyse historique de l’usage du concept de race dans la vie des idées, mais cela ne concerne qu’un tiers de l’ouvrage, le premier et le plus intéressant. Le reste est une suite de textes courts sur divers sujets, certes tous liés à l’histoire des idées aux XIXe et XXe siècles, mais très inégaux quant à leur lien avec ce qui était censé être la thématique principale. Cette lecture m’aura cependant donné envie de lire un autre ouvrage de cet auteur, un « vrai » livre cette fois, Les Langues du Paradis : Aryens et Sémites, un couple providentiel, et aussi de jeter un œil aux écrits politiques de Marcel Mauss, un grand sociologue et ethnologue, qui semble avoir été d’une lucidité impressionnante, notamment vis-à-vis de la révolution bolchevique.

    Je termine par mes deux meilleures lectures du quadrimestre.

    Kaputt, de Curzio Malaparte (1944, traduction Juliette Bertrand). L’auteur, de père allemand et de mère italienne et écrivant dans la langue de celle-ci, a eu une vie agitée : engagé volontaire à 16 ans lors de la Première Guerre mondiale, fasciste de la première heure, auteur d’un essai Technique du coup d’État qui lui valut un succès international et la rancune de Mussolini et d’Hitler, emprisonné par le pouvoir fasciste (5 ans d’après lui, quelques mois d’après un de ses biographes), maître d’ouvrage et co-concepteur d’une extraordinaire villa (où fut tourné Le Mépris, célèbre film de Godard), qu’il légua à la République populaire de Chine,… Bref, de quoi nourrir au moins deux ou trois vies. Kaputt est la chronique des années 1941 à 43, que l’auteur passa en grande partie sur le front de l’Est, en Suède, en Finlande, en Ukraine et en Roumanie en tant que correspondant de guerre. On est loin d’un ouvrage journalistique, car l’auteur s’attache peu aux éléments factuels et préfère relater ses longues conversations mondaines avec divers diplomates et gradés (avec un hommage avoué à Proust), alternant avec des scènes saisissantes et inoubliables des horreurs de cette guerre, où le grandiose se mêle au sordide, l’humour au morbide (les chevaux du lac Ladoga, les prisonniers russes faisant office de panneaux indicateurs routiers, le panier d’« huîtres » du Croate Pavelić, …). On peut soupçonner l’auteur de se donner le beau rôle a posteriori, notamment lorsqu’il relate ses échanges persifleurs avec des responsables nazis, mais ce livre, publié en 1944, après la chute de Mussolini, est parfaitement lucide sur le destin des juifs dans ces « Terres de sang » (pour reprendre le titre d’un magistral livre d’histoire de Timothy Snyder sur cette région), ce qui était très loin d’être fréquent alors. Et la dernière partie, la seule qui se déroule en Italie, est une description acérée de la vacuité et de la pourriture des élites fascistes juste avant la destitution du Duce, suivie du récit halluciné, entre Dante, Piranèse et Fellini, d’une nuit de bombardement à Naples. Un livre exceptionnel.

    La Tache de Philip Roth (2000, traduction Josée Kamoun). En 1998, alors que l’affaire Clinton-Lewinsky bat son plein aux États-Unis, un estimé professeur d’université démissionne de ses fonctions après avoir été confronté à des accusations de racisme : alors qu’il s’étonnait de n’avoir jamais vu deux étudiants inscrit à son cours, il a utilisé pour les qualifier le terme de spook (rendu par « zombie » dans la traduction), signifiant « fantôme », mais pouvant aussi désigner péjorativement en argot une personne noire. Or ces deux étudiants sont noirs et accusent leur professeur de racisme. Ce roman est bien sûr une dénonciation des excès d’un certain antiracisme fondé sur la sacralisation du ressenti de la personne s’estimant discriminée, mais il est très loin de se limiter à ce seul aspect. C’est aussi une peinture féroce du monde universitaire américain. Surtout, le roman traite principalement de la question de l’identité individuelle confrontée aux assignations de genre, de race, de religion ou de classe. Roth excelle à nous faire pénétrer en quelques pages dans l’intimité d’un parcours de vie et dans la logique et la cohérence d’actions parfois incompréhensibles en apparence (comme le dit un des personnages de Jean Renoir dans La Règle du jeu, « Sur cette terre il y a une chose effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons »). Et Roth n’oublie pas de raconter une histoire, avec son lot de rebondissements et de surprises pour le lecteur. Encore un grand et beau livre.

    Bilan : un quadrimestre mitigé (un bouquin pas mal, un autre bof) pour ce qui concerne la non-fiction, mais avec deux « romans » (qualificatif discutable pour le 1er) de très haut niveau, le Malaparte et le Roth. Médailles de bronze pour le Murat et Fionavar.

    They can keep their heaven. When I die, I’d sooner go to Middle Earth.
    #196184
    Schrö-dinger
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    Proust, roman familial de Laure Murat

    Il est dans ma liste celui-là ! Mais je vais sûrement attendre de finir la Recherche pour me lancer dedans.

    Sinon deux retours sur mes lectures :

    -Les fourmis de Bernard Werber, le premier tome d’une trilogie, il était grand temps que je me lance car il était dans ma bibliothèque depuis un certain nombre d’années. Mon premier roman de Werber a été Les Thanatonautes et cela avait été un grand coup de coeur. Malheureusement je n’ai jamais retrouvé dans ses autres romans tout ce que j’avais aimé dans celui-ci. Et ce n’est pas avec Les fourmis que cela va s’arranger. D’un côté c’était sympa de découvrir son premier roman et d’avoir des informations sur Edmond Wells, qui utilise d’une manière ou d’une autre dans ses autres romans, et c’est original de prendre pour personnages des fourmis, mais ce qu’il raconte dessus ne m’a pas du tout intéressé et chez les humains ce n’était pas mieux. Bref, je ne m’embêterai pas avec les deux tomes suivants.

    -Hyperion de Dan Simmons, livre que j’avais déjà essayé de lire il y a plusieurs années et je m’étais arrêté en cours, mais cette fois-ci je suis arrivé jusqu’à la fin. Et j’ai fait mieux que prévu car j’avais seulement la première partie d’Hyperion (comme s’il était vraiment nécessaire de diviser un livre de 500 pages en deux …), j’ai commencé à lire l’édition que j’avais et je me suis finalement procuré le tome complet pour le lire en entier, ce qui fait beaucoup plus sens. C’est un livre assez complexe, enfin c’est mon avis, et déstabilisant car la majeure partie du récit est formé par les histoires des sept pèlerins, et les scènes au présent sont peu nombreuses donc on a quand même peu d’informations. Les récits des pèlerins sont très intéressants, dans des styles différents, avec des thématiques diverses, mon récit préféré étant celui de Sol Weintraub avec sa fille Rachel, mais tous ont un lien particulier avec le Gritche, créature mythique qu’ils doivent rencontrer à l’issue de leur pèlerinage. Je n’ai pas vraiment adoré car à plusieurs reprises je me suis fait la réflexion que je ne comprenais vraiment rien à ce que je lisais, mais cela avait quand même un certain charme, et maintenant que les récits des pèlerins ont été faits, je me demande un peu quelle va être la suite, donc je continuerai.

    Le Kraken à la plage (ah-ouh, cha cha cha)

    #196189
    R.Graymarch
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    J’ai déjà dû en parler (d’Hyperion) mais autant j’adore les récits des pèlerins (ça pourrait faire un bouquin chacun) autant la suite, j’ai rien pigé. Et Endymion, c’est pire vu que je crois que je n’ai rien capté de bout en bout

    L’histoire de Sol et de sa fille est magnifique en effet

    Je sers la Garde et c'est ma joie. For this night, and all the nights to come
    MJ de Chanson d'Encre et de Sang (2013-2020) et de parties en ligne de jeu de rôle
    DOH. #TeamLoyalistsForeverUntilNow. L’élu des 7, le Conseiller-Pyat Pree qui ne le Fut Jamais

    #196190
    DNDM
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    Les gars de la rue Paul, de Ferenc Molnar (1906)

    Le livre hongrois le plus connu à l’international, et un classique de la litterature jeunesse souvent comparé à La guerre des boutons. Dans le Budapest de 1889, deux bandes de jeunes garcons se livrent une guerre pour un terrain vague.

    Pas passionnant à lire (j’ai parcouru en diagonal le dernier tiers du livre) notamment à cause du decalage culturel et historique, et d’un style redondant et qui s’attarde sur le futile, mais la fin m’a surpris. Beaucoup plus dure et profonde que ce à quoi je m’attendais. Du coup ce livre restera quand même dans ma mémoire.

    Les fourmis de Bernard Werber

    J’ai lu la trilogie (et quelques autres Bernard Werber, genre Les Thanatonautes) quand j’étais au collège. A l’époque j’adorais ça. J’ai essayé de relire un Werber il y a quelques années (Le rire du cyclope, je crois). J’ai trouvé ca très mauvais et j’ai abandonné au bout de 20 pages.

    Auteur de "Les mystères du Trône de Fer", tome I, co-auteur du tome 2: https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-les-mots-sont-du-vent/ & https://www.lagardedenuit.com/forums/sujets/les-mysteres-du-trone-de-fer-2/
    Présentation & autres pub(lications) : www.lagardedenuit.com/forums/sujets/presentation-dndm/

    #196192
    Nymphadora
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    Werber, c’est typiquement l’auteur que tu kiffes dans tes années collège, mais qui fait pshiiit quand tu grandis. Et qui a des très bons concepts de premiers tomes, mais qui a du mal à terminer ses sagas de façon satisfaisante ^^ J’ai eu ma période Werber au collège, mais j’aurais trop peur de m’en approcher maintenant.

    De mon côté, j’ai lu Ikiro, de Benoît-Marie Lecoin (un livre que j’ai reçu dans le cadre d’une masse critique Babelio).
    Un étudiant japonais, orphelin, tombe follement amoureux et voyage dans des genres de mondes parallèles pour se rapprocher d’elle grâce à des esprits japonais.

    Sur le papier, beaucoup d’ingrédients pour me plaire. On est dans un fantastique à la japonaise façon « Your Name » ou « Suzume » de Makoto Shinkai, l’auteur place plein de références entre ses pages et on sent son amour du Japon… Mais au delà de ça, j’ai détesté ma lecture malheureusement. Déjà, l’histoire d’amour m’a laissé un gros goût de malaise. Ikiro tombe follement amoureux, comme ça pouf, en voyant la belle Midori, parce que justement elle est belle. Globalement on ne sait que ça d’elle, et il n’y a que ça qui motive l’amour du héros : elle est belle. Ils n’interagissent jamais, elle n’a aucune voix. Sauf que si en fait, elle parle, une fois, plutôt au début, pour mettre un râteau au héros, qui se met à la stalker… J’ai donc trouvé toute l’histoire extrêmement malaisante. Ajoutons à cela qu’en plus ça se termine comme un cheveu sur la soupe et j’ai poussé des gros soupirs.

    Mais pour ne rien arranger, c’est mal écrit ! Le style se veut poétique, onirique, doux… mais c’est bourré de soucis de concordance des temps : c’est écrit au présent et allez que je te fourre du passé simple, du passé composé, de l’imparfait n’importe comment. Ajoutons des coquilles grammaticales partout dans le texte : les virgules sont placées n’importe comment, et je n’ai jamais vu un livre avec autant de fautes d’accord singulier/pluriel, et féminin/masculin ! Je ne comprends pas ce qui s’est passé chez l’éditeur, qui pourtant est irréprochable sur la saga de la Tour de Garde et Un long voyage (seuls autres textes que j’ai lu chez eux, mais qui sont très très bien écrits et qui n’ont pas de coquilles toutes les deux pages…). J’en suis arrivée à me demander si ils ne se sont pas trompés à l’impression et ont envoyé un texte pas fini, sans les corrections. C’est d’autant plus agaçant que le texte a des velléités stylistiques : quand on veut bien écrire, on commence par maîtriser les bases de la grammaire.

    Bref, vraiment une grosse déception que ce livre.

    ~~ Always ~~

    #196199
    FeyGirl
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    -Hyperion de Dan Simmons

    J’avais lu Hyperion (le tome 1 de la tétralogie) en anglais : j’avais trouvé le roman puissant, mais en VO il faut s’accrocher un peu.

    J’ai depuis acheté toute la saga en français, et il faut que je m’y (re)mette !

    #196204
    Nymphadora
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    J’avais lu Hyperion (le tome 1 de la tétralogie) en anglais : j’avais trouvé le roman puissant, mais en VO il faut s’accrocher un peu.

    Il y avait aussi pas mal de gens qui en avaient parlé dans le topic des Prix Hugo et Geoff en avait dit grand bien sur le blog. Hésitez pas à ouvrir un topic Dan Simmons au pire 😉

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois et 3 semaines par Nymphadora.

    ~~ Always ~~

    #196246
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    The Laran Gambit (Romance de Ténébreuse), de Deborah J. Ross

    Bryn est une psychologue pour enfants qui traite des jeunes traumatisés par les exactions de Star Alliance sur des planètes entières. Star Alliance, qui a succédé à la Fédération terrienne, est sur le point de devenir une dictature dans les mains d’une famille. Le père de Bryn est un sénateur opposé au parti dirigeant.

    Mais alors qu’il doit prononcer un grand discours comme le Premier ministre, il déclare le contraire de tout ce pour quoi il s’est battu et condamne les planètes qui vont faire sécession. Bryn est persuadée que son père a été contraint de renier ses convictions, et elle veut le rejoindre. Mais elle est prise en chasse par des membres de la police : s’en suit une longue course poursuite dangereuse qui la mènera jusqu’à une planète universitaire où son père est gardé prisonnier.

    Là, elle découvre que son père est victime d’un contrôle mental grâce à une greffe d’un appareil dans son crâne. Lors de ses recherches, elle a entendu parler des télépathes de Ténébreuse : elle décide de s’y rendre avec son père et son ancienne professeure.

    Alors, disons-le tout de suite : le premier tiers du roman n’a rien à voir avec Ténébreuse ! Certes, ce n’est pas forcément un défaut. Mais ce type de livre ne va être lu que par les fans de la saga, donc c’est un peu dommage. Heureusement, c’est très mouvementé avec des planètes et des sociétés différentes à découvrir, donc l’intérêt est maintenu.

    Ensuite, nous rejoignons « notre » Ténébreuse, deux générations après le départ des Terriens. Et d’ailleurs, on retrouvera deux personnages du dernier roman, devenus très âgés. En somme, un peu de fan-service.

    Bryn va découvrir qu’elle a un don, elle qui toute sa vie a pressenti le danger. Contrairement aux autres romans de la saga, notamment ceux de MBZ, on va découvrir le début de la formation d’une leronis.

    Le plaisir est là : on retourne sur Ténébreuse, aussi bien dans les montagnes glaciales qu’à Thendara. Même si le récit n’offre pas de grande surprise, la lecture est agréable. Toutefois, j’ai été perplexe de voir Bryn accepter aussi vite son don, et Felicia — la professeure — refuser de s’adapter aux coutumes locales malgré son expérience d’universitaire dans un domaine qui exige le contraire.

    Il n’en reste pas moins un roman à lire pour la détente et le plaisir des retrouvailles d’une vaste saga.

    #196338
    FeyGirl
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    Un roman de SF qui vient de sortir :

    La Porteuse de Mort, de Stark Holborn

    Sur la lune Factus, devenue un Far West hostile et désespéré, Dix Low est une ancienne médecin militaire déchue et fugitive. Depuis longtemps, elle sillonne le désert où les bandes dangereuses peuvent surgir à tout moment, dans ce monde manquant d’oxygène et véritable dépotoir des perdants de la civilisation du futur. Dix s’est donné comme mission de sauver des vies qui alimenteront le « Compte » : le compte des vies sauvées. Solidaire et méfiante, elle s’imagine sentir ou entendre des êtres qui influencent la réalité et laissent entrevoir divers avenirs, les Si. Curieusement, les Si, démons invisibles qui provoquent le malheur, sont une croyance répandue sur Factus, mais personne n’ose en parler.

    Un jour, Dix découvre une adolescence blessée, survivante d’un crash. La jeune Gabrielle, treize ans, s’avère être une Générale de l’Accord qui gouverne les principales planètes et lutte contre la faction rebelle à laquelle appartenait Dix. Enfant élevée pour devenir officier supérieur, au corps transformé et à l’esprit endoctriné, Gabrielle est un danger pour Dix. Pourtant, la médecin la soigne et l’emmène avec elle vers la ville la plus proche, poussée par son instinct lui dictant d’alimenter encore une fois le Compte. Mais l’Accord veut éliminer Gabrielle : le crash n’était pas un accident.

    Dès les premières pages, le lecteur est pris dans un univers évoquant Mad Max, avec plusieurs bandes hostiles et effrayantes pourchassant les voyageurs isolés, et où la vie ne vaut plus grand-chose. Entre les Chercheurs qui tuent pour les organes à vendre, les Pacificateurs ou autres Freux, ce monde de hors-la-loi sans scrupule raccourcit singulièrement l’espérance de vie des habitants et des malchanceux échoués là. Les villes ou fermes accrochées au désert ne sont pas plus des havres de paix que les zones désertiques sans eau et sans ressource.

    Dans ce road-movie, Dix renoue avec ses contacts pas toujours fréquentables mais parfois dotés d’une sensibilité et d’une fraternité qui les rend attachants. Menacés par des êtres sans morale et sans limites, Dix et Gabi vont vivre des courses poursuites sans répit et des fusillades nourries. Dans les moments de crise, Dix croit percevoir l’intervention des Si qui manipulent la réalité et font entrevoir plusieurs futurs possibles (on notera la double référence à Philip K. Dick et à Frank Herbert). Dix sombre-t-elle dans la folie ?

    Servi par une écriture parfois hallucinée, ce roman atypique vaut pour son univers où les épaves humaines survivent sur une lune aux confins des mondes habités, délaissée par la civilisation, au milieu de la poussière, de la crasse et de la nourriture qu’on ne donnerait pas à des animaux. Le style nerveux de la plume de l’autrice souligne la dureté des personnages marqués par le destin et le danger tapi à chaque tournant. Le lecteur est accroché grâce à des parties courtes et trépidantes, dans une ambiance hors norme et sans concessions, mais avec des touches d’humanité et un dynamisme qui permettent à l’ensemble de rester très plaisant à lire.

    Cocktail détonnant, parfois déroutant, ce roman qui effleure le fantastique se dévore. Mariage entre la science-fiction sombre et le western désabusé, bourré d’amphétamine (au sens propre) et de combats à mort, il met en scène une galerie d’âmes oubliées de tous mais un brin déjantées.

    Une expérience de lecture : si vous préférez les textes aseptisés, passez votre chemin !

    #196433
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    Mage de Bataille, tome 1, de Peter A. Flannery

    Voici une Fantasy somme toute classique, mais que j’ai dévorée !

    Je me suis régalée.

    Dans un monde imaginaire d’inspiration médiévale, le jeune Falco est détesté par la ville entière : son père était un mage de bataille devenu fou qui a tué beaucoup de personnes avant d’être éliminé. Falco porte le poids de cet héritage avec une honte qui ne le quitte pas. Pour ajouter à son malheur, il est malade depuis l’enfance et malingre.

    Malgré tout, il a l’amitié de Malaki, le fils du forgeron à la forte stature qui rêve d’être chevalier, et il vit comme domestique chez l’ancien ami de son père, qui l’a recueilli.

    Au loin, les armées des Possédés avancent, menées par un démon. Les humains ne peuvent y faire face, sauf s’ils sont accompagnés de mages de bataille, magiciens puissants et rapides. Les thaumaturges, autres magiciens beaucoup plus nombreux, ont besoin de journées entières pour créer un sort, et sont incapables de faire venir dans notre monde — ou plutôt celui du roman — un dragon, élément clef du dispositif lors des batailles. En effet, seuls les mages de bataille peuvent invoquer un dragon, qui les suivra comme un partenaire fidèle. Il y a un hic : si le dragon invoqué est noir, les mages et les thaumaturges sont contraints de s’unir pour éliminer celui-ci. Les dragons noirs sont animés de folie meurtrière.

    Le jour annuel du tournoi arrive, en présence de l’émissaire de la reine, Sir William. Ce tournoi permet de repérer les jeunes — notamment les jeunes nobles — que l’émissaire honore en leur proposant de rejoindre l’armée. Par divers concours de circonstances, le fils du forgeron Malaki est sélectionné pour intégrer l’armée, mais Falco perturbe le mage de bataille de la ville lors de l’invocation du dragon et provoque une catastrophe. Les habitants sont obligés de fuir, la plupart haïssant Falco pour ce qu’il vient de faire. Curieusement, il s’attire la sympathie de l’émissaire de la reine Sir William, et on comprendra vite pourquoi.

    On découvre que Falco a l’essence d’un mage de bataille : il n’a pas été envahi par la peur lors d’une attaque des Possédés ; or la peur est l’arme principale du démon (l’allégorie est évidente : on ne combat bien que si on n’est pas terrassé par la peur). Falco devra lui aussi venir à la capitale pour être formé contre l’avis de beaucoup : les nobles qui se souviennent de la catastrophe provoquée par Falco, et les thaumaturges qui n’ont pas oublié son père devenu fou.

    Et je ne vous ai raconté ici que le début d’une histoire mouvementée, riche d’actions et de personnages, dans une ambiance très dépaysante.

    Les codes de la Fantasy classique sont respectés : univers médiéval, magie et dragons, démons et morts-vivants (les Possédés), le jeune qui a des pouvoirs et doit apprendre à les maîtriser, l’ami fidèle, le père de substitution, le mentor, la reine idéale, et j’en passe.

    On y retrouve l’Académie et l’école des sorciers (les thaumaturges), les conflits politiques, le héros qui a des faiblesses et qui doute, etc. Mais c’est tellement bien fichu !

    C’est un très grand plaisir de lecture, grâce à une plume agréable, un univers soigné, et un certain sens du suspens. Pendant que nos jeunes héros apprennent à se battre dans leur corps d’armée respectif, l’enjeu majeur reste de savoir si ce monde va résister aux démons et à leurs Possédés qui avancent inexorablement dans les royaumes voisins. Quelques mystères entourent Falco : pourquoi son père est-il devenu fou ? Pourquoi Falco a-t-il provoqué une catastrophe en voulant protéger le dragon noir ? Quelques secrets cachent les thaumaturges ?

    J’ajoute que les scènes de batailles (oui, vu le titre, il y a des batailles) sont animées et palpitantes, alors qu’habituellement les batailles dans la Fantasy m’exaspèrent. On passe d’un point de vue à une autre, les retournements de situation sont fréquents, et le lecteur est au plus proche des valeureux héros (les combattants sont ici tous valeureux : je vous ai déjà dit que c’est de la Fantasy classique ? Mais j’ai aimé ces héros-là).

    Ce long pavé (très digeste) a été découpé en deux tomes dans la version française : vive la suite !

    #196635
    Nymphadora
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    Tonnerre après les ruines, de Floriane Soulas

    Dans ce roman post-apocalyptique, nous suivons Lottie et Férale. Férale, dans ce monde où la difformité et les mutations sont légion, est considérée par beaucoup comme un monstre. Mais Lottie veille au grain, et toutes deux parcourent la plaine et vivent de missions de protection de caravanes, jusqu’à arriver en vue de Tonnerre, une mystérieuse cité.

    Par certains côtés, l’intrigue fait un peu « exposition » – ce que je reproche souvent aux romans post-apo – mais on n’a pas pour autant l’impression qu’on n’est là que pour se balader dans Tonnerre et ses environs : il y a un sens à tout cela (même si je ne dirais pas que l’intrigue est le fort du roman). Ce qui frappe fort ici, c’est l’atmosphère et des personnages, et j’ai été pleinement convaincue par cet aspect ! J’avais lu Rouille, de l’autrice, et je dois dire que j’ai trouvé que son style s’était beaucoup étoffé depuis son premier roman ! Dans Rouille déjà, l’atmosphère sombre et violente d’un Paris steampunk était une grande force, mais avec Tonnerre, Floriane Soulas s’est surpassée ! L’ambiance sombre, sanglante, prend aux tripes le lecteur et ne nous lâche pas. Le livre n’est pas facile à lire, car on baigne dans une violence assez crasseuse et dans les miasmes, mais c’est très prenant ! Et les personnages sont complexes, bourré de failles et de questions, fragiles et fortes à la fois. Donc une grande réussite sur ces deux points et cette atmosphère poisseuse me restera.

    Les thématiques du livre en elles-mêmes sont assez classique : on retrouve une réflexion autour de la monstruosité (qui est le monstre ? celui qui en a l’air ou celui qui fait souffrir autrui ?) et autour de l’identité. Mais il y a également une réflexion autour de la maternité et du traumatisme qui m’ont assez touchée.

    Dans l’ensemble, donc, une réussite que ce pavé, qui me donne envie de lire les prochains romans de l’autrice !

    ~~ Always ~~

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